Bleu Russe, la rage décontractée

Musique | Présentation d'albums (1/3) : Le Petit Bulletin vous propose une nouvelle mini-sélection de disques. Nous avons tout particulièrement aimé les dernières livraisons de Bleu Russe.

Damien Grimbert | Mardi 23 juin 2020

Photo : (c) Pascale Cholette


En dépit de ses cinq années d'existence et d'une discographie mine de rien déjà conséquente, il nous aura fallu un certain temps pour apprivoiser la musique de Bleu Russe, projet solo de David Litavicki (Churros Batiment, Poupard…). Le temps peut-être pour l'artiste de s'affranchir de certaines influences originelles un peu trop présentes à ses débuts (celles du Toulousain Arnaud Michniak et de son groupe Programme pour n'en citer qu'une)… Et pour nous de s'habituer à son flow en mode spoken-word, assez particulier. Sortis respectivement en février et en mai, Serrures et Palmiers, son dernier album, et Missives d'Amour vol. 2, sa dernière mixtape, viennent cependant confirmer ce qu'on avait déjà pressenti lors de ses derniers passages live : l'alchimie entre chant et instrumentaux fonctionne désormais à plein régime, ces derniers, piochant dans une gamme de registres bien trop vaste pour être ici énumérée, dépassant amplement leur simple statut « fonctionnel » pour se révéler de précieux alliés à la création d'une ambiance propre à sublimer les textes incisifs de l'artiste. Désormais frontalement assumé, le caractère parfois bancal du projet est devenu un véritable moteur créatif, lui assurant une liberté de ton ouverte à toutes les possibilités, mais rétive à tout formatage.

Bleu Russe – Serrures et Palmiers (Petrol Chips)
https://petrolchips.com/album/serrures-et-palmiers

Bleu Russe – Missives d'Amour vol. 2 (autoproduit)
https://bleurusse.bandcamp.com/album/missives-damour-vol-2

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Fameux florilège

MUSIQUES | Punk rap. Artiste polyvalent, Bleu Russe signe un best of remarquable, éclectique et enrichi de morceaux inédits. On l'a écoute et trouvé très bon, jusque dans ses collaborations avec d'autres musiciens.

Hugo Verit | Mardi 8 décembre 2020

Fameux florilège

/ Punk rap Chaque sortie de Bleu Russe est un mélange de surprise et d’évidence. Comme s’il était toujours là où l’on s’attendait à ne pas l’attendre… Et c’est peut-être bien cet équilibre – instable donc subtil – entre cohérence absolue et liberté totale qui donne à son œuvre autant de puissance. Ça n’a jamais été aussi limpide qu’à l’écoute de Poubelle Marron, un best-of soigneusement désordonné augmenté de quelques morceaux inédits, un autoportrait foutraque, malicieux, profond, dur et tendre : très ressemblant. Voilà cinq ans que David Litavicki (son nom sur ses papiers d’identité) a lancé ce projet solo de rap/rock/punk/pop/etc. Quatre albums et un EP dont ce nouveau disque retrace brièvement l’histoire, de son point de départ avec Javel, un premier tube sans batterie, au plus récent La beauté du geste, doux manifeste irrévocable. Une plongée dans tout ce qui fait le style de Bleu Russe : son écriture en cut-up ciselé, sa colère toujours justifiée contre les administrations, une certaine sublimation de la banalité des existences, des instrus précises et efficaces. Et surtout, un sérieux penchant pour le collectif. On compte beaucoup

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Bracco, MoulinexxX et Balladur, à contre-courant

Rock / Électro | Trois groupes en une seule soirée au programme de la Bobine vendredi 7 février : avec Bracco, Balladur et MoulinexxX, la diversité sera de mise. La qualité aussi.

Damien Grimbert | Mardi 4 février 2020

Bracco, MoulinexxX et Balladur, à contre-courant

Alors qu’en 2020, certains s’acharnent encore à enfermer rock et musiques électroniques dans des cases hermétiques à ne surtout pas mélanger, le label parisien Le Turc Mécanique a depuis longtemps pris la direction opposée, alignant depuis 2012 au sein de son foisonnant catalogue post-punk, club music et à peu près tout ce qui serait susceptible de combler, musicalement, l’espace entre ces deux catégories. C’est donc avec un plaisir non dissimulé que l’on attend la soirée du vendredi 7 février à la Bobine, qui, dès 20h30, mettra en avant cette esthétique "fusionnelle" à travers un plateau réunissant trois groupes en tous points irréprochables. Si cela fait déjà longtemps qu’on encense à chacun de ses passages l’excellent duo lyonnais entre pop, post-punk, noise, dance, électronique et musiques tropicales Balladur, il faudra également compter pour l’occasion avec le punk synthétique des Parisiens de Bracco, ainsi qu’avec les expérimentations analogiques entre noise, abstract rock et électronique du très bon duo grenoblois MoulinexxX (en photo).

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Soirée (Petrol ) Chips

MUSIQUES | Le fameux label rhônalpin sera à l'Ampérage jeudi 17 octobre avec, dans ses valises, certains de ses passionnants artistes.

Damien Grimbert | Mardi 15 octobre 2019

Soirée (Petrol ) Chips

On a déjà eu plusieurs fois l’occasion de vous vanter les mérites du label rhônalpin Petrol Chips, créé en 2017 par le musicien Ray Borneo, et déjà à l’origine d’une flopée d’albums d’artistes (essentiellement) grenoblois hautement recommandables : Olivier Depardon, Nuage Fou, Lomostatic, Bleu Russe… Bonne nouvelle, le label organise, jeudi 17 octobre à 20h30 à l’Ampérage, un Chips Fest d’Automne, en écho au Chips Fest de Printemps de mai dernier à la Bobine, qui réunira de nouveau sur scène trois formations du cru. Outre l’excellent Gontard (sur lequel on ne reviendra pas puisqu’on l’a déjà mis maintes fois à l’honneur dans ces pages), cette nouvelle édition sera ainsi l’occasion de retrouver la splendide synth-pop hybride et déviante du duo Poupard (photo), venu défendre son nouvel album Nous avons joué tous les deux, qui sortira le lendemain. Mais également Malentendu, nouveau projet solo chanté-scandé de Nicolas Burtin aussi sombre qu’intense, déjà décliné au format album avec la sortie d’Au pays de nulle part au mois de juin dernier.

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Biscornue Bitch et Secteur Flèche : la glace et le feu

MUSIQUES | Encore un concert plus qu'intrigant qu'organise le Bauhaus Bar samedi 15 juin.

Damien Grimbert | Mardi 11 juin 2019

Biscornue Bitch et Secteur Flèche : la glace et le feu

Avis aux amateurs de musiques intrigantes : samedi 15 juin verra la rencontre au Bauhaus Bar de deux électrons libres comme on n’en croise que trop rarement. Déjà découverte au sein du duo Poupard avec Bleu Russe, Laurie Morcillo viendra présenter son nouveau projet solo Biscornue Bitch, entièrement composé à l’aide d’un iPhone. Mêlant mélodies synthétiques évanescentes, rythmiques brutes et paroles hallucinées scandées / chantées avec un détachement qui ne fait qu’en renforcer la curieuse étrangeté, sa musique joue au mieux sur les contrastes pour créer un univers mental hautement singulier dans lequel on se perd avec fébrilité. Comme en témoigne avec force son premier album autoproduit Les fleurs sauvages brûlent, disponible depuis janvier sur Bandcamp. À pas manquer non plus, la performance du mystérieux Secteur Flèche (photo), auteur d’une sorte de bordel hip-hop chaotique, bruitiste et expérimental noyé sous un déluge de samples, qui rappelle par moments le meilleur du catalogue du label états-unien indépen

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Revue rock moderne avec le Petrol Chips Fest

Concert | Histoire sans doute de fêter sa troisième année d'activité (pour ne pas dire d'activisme), le label Petrol Chips mené par Ray Bornéo (qui, on vous l'a dit tout (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 30 avril 2019

Revue rock moderne avec le Petrol Chips Fest

Histoire sans doute de fêter sa troisième année d'activité (pour ne pas dire d'activisme), le label Petrol Chips mené par Ray Bornéo (qui, on vous l'a dit tout récemment, vient de co-produire le dernier disque de notre cher Gontard) s'offre un festival itinérant pas piqué des hannetons, opportunément baptisé Petrol Chips Fest. Après Valence et Lyon, Grenoble donc, vendredi 3 mai à la Bobine. Petrol Chips s'y livrera à une revue d'effectif quasi complète puisque outre Gontard, on retrouvera le totem grenoblois Olivier Depardon, l'hydre Bleu Russe, la formation Lomostatic qui réunit les trois précités en sus de Jull et Ginger Bread, les expérimentations de Nuage Fou, Vestale Vestale & Ray Bornéo lui-même, La Horde et ce bon J

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Des filles, du pétrole et des chips

Concert | Les groupes Jean-Michel Jarret et Vestale Vestale seront vendredi 16 novembre au Bauhaus à l'invitation du label rhônalpin Petrol Chips.

Damien Grimbert | Mardi 13 novembre 2018

Des filles, du pétrole et des chips

Repéré au printemps dernier par le biais d’une impressionnante salve d’albums d’artistes grenoblois sortis à quelques jours d’intervalle (Missives d’amour de Bleu Russe, Art Autoroutier de Nuage Fou et Avec du noir avec du blanc d’Olivier Depardon), le label rhônalpin Petrol Chips n’a visiblement pas fini de faire parler de lui. Comme en témoigne le concert de ce vendredi 16 novembre à 20h au Bauhaus, qui met à l’honneur deux autres formations du cru qui risquent de provoquer une véritable déflagration en live. Auteur il y a peu d’un album au titre sans équivoque (We Are Not Merchandise), Jean-Michel Jarret (en photo) est un trio féminin qui ressuscite les heures de gloire du mouvement "riot grrrl" au sein d’un écrin synth-punk lo-fi d’une efficacité redoutable. Soutenue par les compositions synthétiques 80’s à la fois dépouillées et puissantes de Ray Bornéo (le fondateur du label), Vestale Vestale dévoile quant à elle sur Pour Adultes et Adolescents une succession irréprochable d’hymnes pop vénéneux au possible,

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Olivier Depardon, le rock en clair-obscur

Concert | Samedi 16 juin, le fameux musicien, ancien du groupe Virago, présentera à l'Ampérage son troisième album solo baptisé "Avec du noir et du blanc".

Damien Grimbert | Mardi 12 juin 2018

Olivier Depardon, le rock en clair-obscur

Riffs hypnotiques et dissonants, textes hantés et élégiaques, atmosphères lancinantes tout en tension retenue… Pas de doute possible, Olivier Depardon est de retour. De ses débuts dans les années 1990 au sein de la formation phare Virago à sa renaissance à l’orée des années 2010 avec son premier album solo Un soleil dans la pluie, le musicien grenoblois n’a en effet cessé de creuser et de perfectionner un sillon bien à part, né d’une synergie entre un rock sombre et incarné et des textes en français d’où surnage une forme de poésie brute et obsédante. Un registre tout en nuances, toujours sur le fil, dont Olivier Depardon est devenu maître sans avoir jamais renoncé pour autant à le faire évoluer. Faisant suite à un deuxième opus paru en 2015 (Les Saisons du silence), Avec du noir et du blanc, nouve

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Les 20 concerts de l'hiver et du printemps à Grenoble

Panorama de rentrée culturelle | Avec de la pop d'ici et d'ailleurs, de la chanson en VF ou encore des grosses têtes d'affiche.

La rédaction | Mardi 9 janvier 2018

Les 20 concerts de l'hiver et du printemps à Grenoble

Mendelson 2017, année électorale, Mendelson publie Sciences Politiques, une œuvre au noir sociétale (comme souvent avec la formation de Pascal Bouaziz) dont chaque morceau plaque sur une reprise de classiques de Bruce Springsteen, Marvin Gaye, The Jam, Leonard Cohen, Lou Reed, The Stooges & co un texte en français à la terrible résonance sociétale (Les Peuples, Le Soulèvement, La Guerre) et à la poésie toute mendelsonienne. Un projet à part auquel le live devrait donner une saveur particulière, et qui sera précédé sur scène, en première partie, par l’excellent trio grenoblois Pelouse dont on a souvent vanté les mérites dans ces colonnes. À la Source vendredi 19 janvier Oiseaux-Tempête & Mondkopf La Grèce (Oiseaux-Tempête), la Turquie en révolte (Ütopiya?), le Liban (AL-'AN)... Partout où ils se posen

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Danse dans l’ombre avec Boy Harsher

Concert | Dimanche 3 décembre au Ciel (qui rouvrira exceptionnellement pour l'occasion), on a rendez-vous avec un étrange jeune duo américain. On fait les présentations.

Damien Grimbert | Mardi 28 novembre 2017

Danse dans l’ombre avec Boy Harsher

Auteur d’une pop synthétique à la fois dansante, mélodique et torturée venant puiser ses influences dans le versant le plus sombre de la musique des années 1980 (cold wave, indus, drone, noise et EBM), Boy Harsher évolue dans un créneau musical déjà passablement défriché ces dix dernières années. Pour autant, ce qui fait toute la force de ce jeune duo américain formé en 2013 à Savannah, dans le sud des États-Unis, et désormais relocalisé dans le Massachusetts, c’est justement sa capacité à s’approprier cet univers comme si personne ne l’avait jamais fait avant lui, conférant de fait à sa musique une intensité et une puissance d’évocation assez stupéfiantes au regard de la frugalité des moyens à sa disposition. Hypnotiques et entraînantes, les compositions synthétiques minimalistes de Gus Muller, couplées au chant vaporeux de Jae Matthews, happent ainsi l’auditeur de leurs trois sorties discographiques dans un univers sonore hanté et mélancolique d’une amplitude assez impressionnante, déclinant avec subtilité une myriade de microclimats et d’atmosphères au fil des différents morceaux. Un mot pour finir sur le

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