Fameux florilège

MUSIQUES | Punk rap. Artiste polyvalent, Bleu Russe signe un best of remarquable, éclectique et enrichi de morceaux inédits. On l'a écoute et trouvé très bon, jusque dans ses collaborations avec d'autres musiciens.

Hugo Verit | Mardi 8 décembre 2020

Photo : (c) Pierre Gheno


/ Punk rap

Chaque sortie de Bleu Russe est un mélange de surprise et d'évidence. Comme s'il était toujours là où l'on s'attendait à ne pas l'attendre… Et c'est peut-être bien cet équilibre – instable donc subtil – entre cohérence absolue et liberté totale qui donne à son œuvre autant de puissance. Ça n'a jamais été aussi limpide qu'à l'écoute de Poubelle Marron, un best-of soigneusement désordonné augmenté de quelques morceaux inédits, un autoportrait foutraque, malicieux, profond, dur et tendre : très ressemblant. Voilà cinq ans que David Litavicki (son nom sur ses papiers d'identité) a lancé ce projet solo de rap/rock/punk/pop/etc. Quatre albums et un EP dont ce nouveau disque retrace brièvement l'histoire, de son point de départ avec Javel, un premier tube sans batterie, au plus récent La beauté du geste, doux manifeste irrévocable. Une plongée dans tout ce qui fait le style de Bleu Russe : son écriture en cut-up ciselé, sa colère toujours justifiée contre les administrations, une certaine sublimation de la banalité des existences, des instrus précises et efficaces. Et surtout, un sérieux penchant pour le collectif. On compte beaucoup de collaborations très réussies dans cette tracklist, parmi lesquelles Loin, magnifique ballade folk sur un texte d'Heptanes Fraxion, Une ombre géante, en compagnie de Pablo Alfaya, que l'on redécouvre dans une version live parfaite, ou encore Abel danse, valse burlesque avec Piero Quintana au chant. Poubelle Marron confirme donc ce que nous savions déjà : Bleu Russe est l'un des musiciens les plus doués et les plus passionnants de la région grenobloise. Vivement la suite…

Bleu Russe - Poubelle Marron (La Souterraine)

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Bleu Russe, la rage décontractée

Musique | Présentation d'albums (1/3) : Le Petit Bulletin vous propose une nouvelle mini-sélection de disques. Nous avons tout particulièrement aimé les dernières livraisons de Bleu Russe.

Damien Grimbert | Mardi 23 juin 2020

Bleu Russe, la rage décontractée

En dépit de ses cinq années d’existence et d’une discographie mine de rien déjà conséquente, il nous aura fallu un certain temps pour apprivoiser la musique de Bleu Russe, projet solo de David Litavicki (Churros Batiment, Poupard…). Le temps peut-être pour l’artiste de s’affranchir de certaines influences originelles un peu trop présentes à ses débuts (celles du Toulousain Arnaud Michniak et de son groupe Programme pour n’en citer qu’une)… Et pour nous de s’habituer à son flow en mode spoken-word, assez particulier. Sortis respectivement en février et en mai, Serrures et Palmiers, son dernier album, et Missives d’Amour vol. 2, sa dernière mixtape, viennent cependant confirmer ce qu’on avait déjà pressenti lors de ses derniers passages live : l’alchimie entre chant et instrumentaux fonctionne désormais à plein régime, ces derniers, piochant dans une gamme de registres bien trop vaste pour être ici énumérée, dépassant amplement leur simple statut « fonctionnel » pour se révéler de précieux alliés à la création d’une ambiance propre à sublimer les textes incisifs de l’artiste. Désormais frontalement assumé, le caractère parfois bancal du projet est devenu un vérit

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Les 20 concerts de l'hiver et du printemps à Grenoble

Panorama de rentrée culturelle | Avec de la pop d'ici et d'ailleurs, de la chanson en VF ou encore des grosses têtes d'affiche.

La rédaction | Mardi 9 janvier 2018

Les 20 concerts de l'hiver et du printemps à Grenoble

Mendelson 2017, année électorale, Mendelson publie Sciences Politiques, une œuvre au noir sociétale (comme souvent avec la formation de Pascal Bouaziz) dont chaque morceau plaque sur une reprise de classiques de Bruce Springsteen, Marvin Gaye, The Jam, Leonard Cohen, Lou Reed, The Stooges & co un texte en français à la terrible résonance sociétale (Les Peuples, Le Soulèvement, La Guerre) et à la poésie toute mendelsonienne. Un projet à part auquel le live devrait donner une saveur particulière, et qui sera précédé sur scène, en première partie, par l’excellent trio grenoblois Pelouse dont on a souvent vanté les mérites dans ces colonnes. À la Source vendredi 19 janvier Oiseaux-Tempête & Mondkopf La Grèce (Oiseaux-Tempête), la Turquie en révolte (Ütopiya?), le Liban (AL-'AN)... Partout où ils se posen

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Danse dans l’ombre avec Boy Harsher

Concert | Dimanche 3 décembre au Ciel (qui rouvrira exceptionnellement pour l'occasion), on a rendez-vous avec un étrange jeune duo américain. On fait les présentations.

Damien Grimbert | Mardi 28 novembre 2017

Danse dans l’ombre avec Boy Harsher

Auteur d’une pop synthétique à la fois dansante, mélodique et torturée venant puiser ses influences dans le versant le plus sombre de la musique des années 1980 (cold wave, indus, drone, noise et EBM), Boy Harsher évolue dans un créneau musical déjà passablement défriché ces dix dernières années. Pour autant, ce qui fait toute la force de ce jeune duo américain formé en 2013 à Savannah, dans le sud des États-Unis, et désormais relocalisé dans le Massachusetts, c’est justement sa capacité à s’approprier cet univers comme si personne ne l’avait jamais fait avant lui, conférant de fait à sa musique une intensité et une puissance d’évocation assez stupéfiantes au regard de la frugalité des moyens à sa disposition. Hypnotiques et entraînantes, les compositions synthétiques minimalistes de Gus Muller, couplées au chant vaporeux de Jae Matthews, happent ainsi l’auditeur de leurs trois sorties discographiques dans un univers sonore hanté et mélancolique d’une amplitude assez impressionnante, déclinant avec subtilité une myriade de microclimats et d’atmosphères au fil des différents morceaux. Un mot pour finir sur le

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