Détours de Babel 2021 : un festival, plusieurs possibilités

MUSIQUES | Annulé l’année dernière pour cause de Covid, le festival de musiques du monde revient pour une nouvelle édition toute particulière, adaptable, bien ancrée dans une réalité sanitaire plus qu’incertaine.

Hugo Verit | Lundi 18 janvier 2021

Photo : DR


« Le moral est plutôt bon, on maintient le cap », assure Benoît Thiebergien, directeur du Centre international des musiques nomades (CIMN), installé depuis 2019 sous les voûtes du Théâtre Sainte-Marie-d'en-bas. Malgré le reconfinement, les faux espoirs de réouverture et l'évolution inquiétante des courbes épidémiques ces jours-ci, l'équipe du CIMN ne baisse pas les bras, loin de là. Depuis le mois de septembre, elle accueille de nombreux artistes en résidence ainsi que des scolaires pour diverses activités. Mais elle planche surtout sur son fameux festival de musiques du monde, Détours de Babel, qui devrait bel et bien avoir lieu du 17 mars au 10 avril.

Bel et bien, oui, car le CIMN envisage toutes les possibilités, toutes les contraintes probables, tous les écueils éventuels. Couvre-feu, confinement, configuration assise ou debout, monde d'avant ou monde d'après... Peu importe, tout a été prévu : « Dans le pire des cas, l'événement sera en livestream uniquement et nous prévoirons, en plus de la diffusion des concerts, des interviews ou des tables rondes pour apporter une touche nouvelle. S'il y a couvre-feu à 18h, seules les représentations du soir se feront en ligne, les brunchs ou les concerts des scolaires en journée pourront peut-être être maintenus en présentiel. L'an dernier, on a tous été pris de court mais cette fois-ci, on a eu le temps d'expérimenter, de tester les dispositifs de retransmission et de réfléchir à la façon dont on peut enrichir ces retransmissions. On s'est préparé à affronter l'évolution de la crise. C'est un challenge », détaille Benoît Thiebergien.

Bien sûr, un programme "normal" (entre guillemets, on insiste…) sera présenté au public prochainement dans l'espoir – puisqu'il en faut – d'un dénouement inattendu à l'entrée du printemps. À l'affiche notamment : le trompettiste Erik Truffaz en dialogue avec un chœur grégorien, le compositeur Andy Emler dans une création pour voix et grandes orgues ou encore le trio lyonnais expérimental PoiL en compagnie de la chanteuse japonaise Yoshitsune. Cependant, le directeur du CIMN reste lucide : « Par exemple, les projets avec les artistes étrangers dépendent de l'ouverture des frontières, de l'obtention des visas… Ça risque d'être compliqué. Mais on a quand même voulu construire l'édition à venir dans l'état d'esprit d'un retour à la normale. »

En attendant, deux concerts – Stratcho Temelkovski et In-Situ Alma-Très-Cloîtres (photo, lors d'une répétition) – enregistrés et retransmis live sur Youtube en décembre dernier, sont à retrouver sur la chaîne "Festival Détours de Babel".

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En 2019, les Victoires du jazz l’avaient couronné comme « artiste qui monte ». Originaire d’Albi, Fidel Fourneyron, 38 ans, joue du trombone depuis l’enfance et a plus d’une inspiration dans son sac. L’une des dernières l’a donc conduit à travailler sur le Roman de Renart. Goupil, Ysengrin, Chantecler… ça vous rappelle des souvenirs ? Ces personnages de poils et de plumes sont nés au Moyen-Âge, d’abord dans de courts récits indépendants. Après avoir retrouvé un livre illustré de son enfance, Fidel Fourneyron a mis au point ce qu’il appelle « un mini-opéra ». Prévu en mars dernier dans le cadre des Détours de Babel, ce spectacle arrive finalement à l’Hexagone mardi 26 janvier : à partir de 19h30, il pourra être suivi en live stream, à la fois sur le site de l’institution meylanaise et sur celui du CIMN, ainsi que sur leurs pages Facebook respectives. Sur scène, les curieux découvriront une chanteuse lyrique, Dalila Khatir, que Fidel Fourneyron accompagnera lui-même. Avec eux, plusie

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Barbarie : le nom fait un peu peur, mais c’est malgré tout de musique qu’il s’agit. C’est en effet le titre du concert que propose le Quatuor à cordes Béla et le pianiste Wilhem Latchoumia samedi 28 novembre, depuis la MC2 et à partir de 19h30. Un concert un peu particulier puisqu’il sera à découvrir gratuitement sur Internet sur le site de la MC2, celui du Centre international des musiques nomades et les pages Facebook des deux institutions. L’événement aurait dû être organisé en public, mais avait déjà été annulé deux fois en raison de la crise sanitaire ! Forcément, derrière un écran, ce ne sera pas la même ambiance. Néanmoins, ce concert virtuel devrait valoir le détour, selon ses promoteurs, qui précise d’ailleurs qu’« un dispositif technique exceptionnel a été mise en place afin de permettre l’enregistrement et la diffusion en direct du concert, dans des conditions optimales d’écoute. » Les connaisseurs apprécieront. Curiosités musicales Vous ne connaissez pas les artistes invités à se produire dans ces conditions or

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Ça ne doit pas être très agréable d’annuler un festival à quelques jours de son lancement… Benoit Thiebergien : On peut même dire que ça n’est pas agréable du tout. On était tous prêts, certaines résidences avaient même déjà commencé… Mais quand, vendredi 13 mars, on a appris que les rassemblements de plus de 100 personnes étaient interdits, on a tout de suite compris que l’on n’avait pas d’autre choix que d’annuler. Tout le monde dans l’équipe était abasourdi. Et les artistes aussi, bien sûr. La dixième édition aurait dû se tenir du 26 mars au 19 avril. Sera-t-elle reportée dans l’année ? Non, on ne peut pas la reporter, en décalant par exemple les trois semaines du festival en septembre, pour la simple et bonne raison que l’on travaille avec des salles partenaires – 48 lieux différents sur 20 communes tout de même, avec des grandes salles comme la MC2, la Belle Électrique ou la Rampe, des plus petites, des bibliothèques… Chaque projet est donc un cas particulier. Si on était un festival dans un lieu unique, on pourrait tout décaler, mais là c’est tout simplement impossible. Surtout qu’avant l’annu

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Ouverture avec star On ne peut pas dire que les Détours de Babel sont réputés pour la foule de têtes d’affiche grand public qu’ils convoquent chaque année – même si, pour les amateurs des genres musicaux défendus par l’équipe organisatrice, celles et ceux dont on va causer dans cet article sont, à leur façon, des têtes d’affiche. Alors quand un nom un tant soit peu grand public ouvre les hostilités, il faut le souligner. La chanteuse et musicienne malienne Rokia Traoré sera ainsi sur la scène de la Belle électrique lors de la première soirée du festival pour un concert mêlant sa culture malienne et des chansons françaises du répertoire comme celles de Brel et Ferré. De quoi commencer sur de bonnes bases, en parfaite adéquation avec le thème de cette édition : retour aux sources. Rokia Traoré À la Belle électrique vendredi 16 mars à 20h John en Cage Parmi les riches festivités du brunch Jazz no Jazz sis dans le quartier Très-Cloîtres, Rencontre d'un univers im

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Experimenta Du 1er au 10 février Nouveau nom pour la biennale arts-sciences pilotée par l’Hexagone de Meylan (elle s’appelait avant Les Rencontres-i) et nouvelles dates (on passe d’octobre à février), mais ligne directrice toujours la même : favoriser la rencontre entre artistes, scientifiques et spectateurs. Avec, pour cela, un (passionnant) salon de trois jours fait d’installations artistiques, de performances, de conférences… ; et bien sûr de nombreux spectacles (comme Digital Vaudou – photo) dans plusieurs salles de l’agglo qui vont matérialiser de différentes formes (de la plus abstraite à la plus poétique par exemple) ce noble dessein. Holocène Festival Du 27 février au 3 mars « Le maximum de styles musicaux possibles » : tel est le mantra, édicté dès sa première édition l'an dernier par le festival Holocène, organisé par le producteur grenoblois le Périscope. Une promesse respectée, c'est bien le moins qu'on puisse dire, tant Holocène compte, réparties

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« Je crois que nous sommes un peu responsables si notre musique est encore trop souvent uniquement associée à la danse. Il faut une volonté énorme pour changer une image dont après tout nous pourrions parfaitement nous satisfaire » lâchait Jeff Mills à Libération, en octobre 2000, alors qu’il venait d'interpréter au Centre Pompidou sa propre vision de la bande son du mythique chef-d'œuvre de Fritz Lang, Metropolis. Une date charnière. L’un des pionniers de la musique techno brisait alors l’idée du BPM roi, art du rythme et du bruit qu'il maîtrisait à merveille depuis de longues années, depuis ses premiers pas dans les années 1980. Art de la danse en pleine conversion "populaire" qui portait vers l’extase des heures durant, lorsque nous nous abandonnions en rave, ces grands sabbats de l’ère digitale dont il était le roi. Le sorcier, plutôt... Depuis sa mythique émission sur la radio WDRQ à Détroit, il était surnommé The Wizard (le sorcier). L’homme surhumain, technologique, aux pouvoirs magiques capables de dompter les platines avec une dextérité hors du commun, d’enchaîner les sons avec

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Les brunchs Au Musée dauphinois dimanche 26 mars et 2 avril de 10h30 à 17h Babel, c’est pas mal d’événements dans des salles classiques, mais c’est aussi des formes de spectacle atypiques. Comme les fameux brunchs qui, dans le cadre majestueux du Musée dauphinois, proposent deux dimanches de découvertes musicales fournies. Avec, par exemple, le 26 mars, de la musique mongole électro-acoustique et le 2 avril des chants sacrés et profanes de Méditerranée ou encore des tambours de la Santería cubaine. Voici comment un festival qui peut parfois faire peur avec son exigence arrive magnifiquement s’ouvrir à tous – chaque année, l’ambiance des brunchs est on ne peut plus conviviale et familiale. ________ Jeff Mills À la MC2 vendredi 31 mars à 20h30 et à la Belle électrique samedi 1er avril à 23h Voir article ici ________ Metropolis À Eve (campus) mardi 4 avril à 20h On ne pr

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Babel nous revoilà

C’est parti pour la septième édition des Détours de Babel, ambitieux festival de « musiques du monde, jazz et musiques nouvelles » prévu à Grenoble et dans l’agglo du vendredi 17 mars au vendredi 7 avril, avec pour thème cette année « Mythes & légendes ». Si nous en parlerons plus amplement dans le prochain numéro, évoquons tout même ici les premiers événements organisés ce week-end. Notamment le ciné-concert du compositeur Arnaud Petit (vendredi au cinéma Juliet Berto) sur le film muet de Cecil B. DeMille Les 10 commandements ; la création 99 du rappeur et poète français d'origine libanaise Marc Nammour, dont le nom évoque le numéro de département d’origine pour les Français né à l’étranger (samedi à la Source) ; ou encore le premier brunch du festival prévu dimanche dans le quartier grenoblois Très-Cloîtres – notamment au Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas et à la salle Olivier Messiaen. Et mardi, c’est à la Belle électrique que ça se poursuivra avec un bal klezmer mené par le fougeux clarinettiste David Krakauer (photo). À mercredi pour la

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La nouvelle édition du festival de « musiques du monde, jazz et musiques nouvelles » Les Détours de Babel, prévue du 17 mars au 7 avril, aura cette année pour thème les « mythes et légendes ». Si nous parlerons plus amplement de la programmation dans notre numéro de rentrée culturelle du 4 janvier (surtout que certains de ses pans donnent envie – Jeff Mills et Ben Klock en électro par exemple), un projet participatif mérite toute notre attention dès aujourd’hui, comme sa première phase se termine le 20 janvier. Un projet, pensé en partenariat avec le festival Les Arts du récit (qui, lui, aura lieu en mai) et intitulé « inventez vos propres légendes urbaines ». Ouvert à tous les styles (fiction, poésie, récit…), il propose à qui le veut de mettre en histoire, en 4000 signes maximum, une légende urbaine fictive à partir d’êtres et de lieux grenoblois sélectionnés par les organisateurs : le cimetière Saint-Roch, la crypte Saint-Laurent, le lion et le serpent de la place de la Cimaise, les moutons de The Sheepest, les géants de la place du même nom… Un jury choisira ensuite plusieurs textes qui feront l

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En 2013, pour la troisième édition du festival, nous avions paraphrasé Antoine Vitez et titré notre article « Élitisme pour tous ». Vous reconnaissez-vous dans cette expression ? Benoît Thiebergien : Oui et non, je me méfie des "ismes". Vitez parlait de « théâtre élitaire pour tous ». Parlerait-on d’un festival « populiste » pour dire populaire ? La formule est à double sens. Soit elle fait référence aux élites qui savent ce qu’il convient de proposer au peuple pour l’éduquer : une vision obsolète de l’action culturelle aujourd’hui dans laquelle nous ne nous retrouvons pas. Soit elle considère qu’une démarche artistique exigeante que l’on pense réservée à quelques-uns est un a priori qui disparait quand elle va à la rencontre de tous les publics, qui sont souvent bien plus curieux qu’on ne le croit. C’est dans ce sens que je vous rejoins dans cette paraphrase. À Babel, on veut maintenir cette exigence artistique au centre de nos préoccupations avec des choix qui ne sont pas forcément "mainstream".

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Détours de Babel : nos quatre coups de cœur

MUSIQUES | 29.03 > Hexagone (Meylan) Strange Strings Le joueur de kora Ballaké Sissoko, que l’on avait mis en "une" du journal l’an passé lors de la précédente (...)

Aurélien Martinez | Mardi 22 mars 2016

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29.03 > Hexagone (Meylan) Strange Strings Le joueur de kora Ballaké Sissoko, que l’on avait mis en "une" du journal l’an passé lors de la précédente édition du festival, va confronter son univers avec celui de trois autres grands solistes dont le violoncelliste Vincent Segal avec qui il collabore souvent – leur album Chamber Music est une pure merveille. Les deux autres invités ? Le contrebassiste Renaud García-Fons et le joueur de kemençe (vielle traditionnelle turque) Derya Türkan. Certes, le concert est complet, mais une liste d’attente a été ouverte. 31.03 > MC2 Yātrā C’est, après Israel Galván, l’autre grand nom espagnol du flamenco qui a fougueusement investi les scènes européennes avec son art ancestral revisité. Dans ce spectacle (que nous n’avons pas vu), Andrés Marín ira ainsi du flamenco à l’Inde du Nord en passant par le hip-hop de Kader Attou. Un grand écart oui, mais souvent parfaitement maîtrisé dans son

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Feu! Chatterton Voilà un groupe qui aime les transports, qui a déchiré le voile du succès critique avec une chanson sur le Costa Concordia et annoncé son premier album avec un single titré Boeing. Mais quand on parle de transport, il faudrait entendre ce mot selon toutes ses acceptions, à commencer par celle du transport sentimental, du transport amoureux et du voyage des mots. Car si l'on a multiplié les comparaisons musicales ou stylistiques s'agissant de Feu! Chatterton, il faut reconnaître une chose qui n'appartient qu'à eux. Rarement, on a vu si jeune groupe écrire des textes de la sorte : Boeing est une chanson à danser autant qu'à lire comme une suite machiniste à L'Albatros de Baudelaire (« Boeing, Boeing ! Et tes mouvements lents sont de majesté / Est-ce la faute de tes passagers indigestes / Si tu penches ? »). Quant aux paroles de Côte Concorde, elles sont à placer aux côtés des grands textes de la chanson française (« Du ciel tombe des cordes, faut-il y grimper ou s'y pendre ? »). Feu! Chatterton, loin d'être de paille, brûle de mots et sur scène les enflamme. C'est à voir.

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On le sait au Mali, comme partout en Afrique subsaharienne mais là particulièrement, la kora (un croisement de luth et de harpe doté de 21 cordes, « sept pour le passé, sept pour le présent, sept pour le futur », dit-on) est un instrument noble aux origines mythiques. Un objet précieux qu'on ne met pas entre toutes les mains car sa pratique est réservée à une élite : les « griots ». Cela peut paraître anti-démocratique (et il existe des musiciens maliens qui n'ont pas hésité à contourner cette règle, et même des musiciennes comme Madina N'Diaye, femme, peule et koriste volontaire) mais c'est là le résultat d'une tradition séculaire construite sur une société de caste qui veut que, par exemple, les Diabaté et les Sissoko soient le plus souvent des dynasties de joueur de kora. De destin plus noble en tant que musicien, on ne peut guère rêver. Nouvelles cordes anciennes L'héritage familial de Ballaké Sissoko pourrait ainsi laisser croire qu'il est un pur fruit de cette tradition quand en réalité, il est surtout un autodidacte, un outsider musical que ses parents destinaient à une carrière d'avocat ou de médecin, comme c'est souvent l

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Ateliers de découverte, conférences, débats, sorties scolaires… Quel est le but de ce programme ? Vincent Tournoud : Pendant le festival, nous proposons un certain nombre de rendez-vous culturels, qui permettent soit d’aller plus loin sur une thématique abordée par un concert, soit de rendre plus accessibles les prestations du festival. Pour ce qui concerne le premier objectif, nous organisons par exemple un colloque sur l’énergie sonore. Et pour le second, nous faisons notre possible pour attiser la curiosité du public. La curiosité ? Oui, étant donné que le festival est tourné vers la musique de création, la plupart des concerts n’ont jamais été joués ailleurs. Les spectateurs n’ont donc aucune idée de ce qu’ils vont voir, ce qui peut en freiner plus d’un. Nous tâchons de faire en sorte que ce caractère inédit suscite la curiosité et non l’appréhension. Comment familiariser le grand public avec ce type de musique ? Nous organison

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Quatrième édition pour les Détours de Babel, festival né – on le rappelle – de la fusion entre les 38e Rugissants (très centrés sur les musiques contemporaines) et le Grenoble jazz festival (qui portait bien son nom). Après la religion en 2013, la politique en 2012 et les questions d’identité en 2011, c’est le thème de la nature qui a été retenu cette année, avec un sous-titre assez large pour ne pas être réducteur : les musiciens de la Terre. Bien appuyé sur ses trois jambes (« les musiques nouvelles – tout ce qui est lié à la musique contemporaine, à la musique électronique… –, le jazz et les musiques improvisées, et enfin les musiques traditionnelles, dites musiques du monde » comme nous l’expliquait son directeur Benoît Thiebergien en 2012), même si ces trois jambes ont de plus en plus tendance à se fondre les unes dans les autres, la manifestation est toujours construite autour du concept que nous lui avions accolé l’an passé :

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Ici et làSamedi 20 avril, deux soirées de clôture de festival se tenaient. Celle des Détours de Babel, à la MC2 : un bal trance (photo) organisé par l’association Hadra, qui avait décoré la Salle de création et proposé de danser jusqu’à huit heures du matin. En début de soirée, si l’ambiance n’était pas encore à son comble, il était assez savoureux (et réussi) de voir le public des Détours se mélanger à celui d’Hadra. Direction ensuite le Drak’Art, pour la soirée de Vues d’en face, le festival du film gay et lesbien : ambiance plus pop (sans sarouels!) et rangée. Moralité toute personnelle de cette virée nocturne : vouloir être à deux endroits à la fois ne marche pas! Ça buzzeLe mois dernier, nous déplorions dans

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Cela fait trois ans que Les Détours de Babel, festival né de la rencontre entre les anciens 38e Rugissants et Grenoble Jazz Festival, investit chaque début de printemps l’agglomération dans son ensemble – aussi bien les salles classiques que l’espace urbain. Et trois ans qu’il se traîne la même image de manifestation élitiste réservée à quelques extatiques amateurs de branlette intellectuelle. Alors que, n’en déplaisent aux médisants, c’est un peu plus compliqué que ça – voire carrément plus ! Les Détours de Babel, ce sont trois volets artistiques : les musiques contemporaines, le jazz, et les musiques traditionnelles (ou dites du monde). Une trinité ambitieuse au sein de laquelle on retrouve des propositions exigeantes, l’équipe organisatrice prenant soin de programmer des artistes qui ne se contentent pas de faire de la musique, mais qui la vivent, la réfléchissent, la réinventent... Alors, certes, il y aura peu de noms connus du grand public pendant ces dix-huit jours de festival, et une poignée d’événements semblent véritablement hermétiques sur le papier... Mais si l’on pr

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Les Détours de Babel, deuxième édition. L’édition de la confirmation ?Benoît Thiebergien : L’année dernière, il fallait lancer la nouvelle manifestation, faire en sorte que son nom et son esprit puissent pénétrer le public de l’agglomération et le milieu professionnel. Et là, évidemment, cette deuxième édition est celle de la confirmation : il faut transformer l’essai, asseoir le festival, conquérir de nouveaux publics… Les Détours de Babel sont présentés comme un « festival des musiques du monde contemporain »… C’est-à-dire ?BT : Le festival explore principalement trois esthétiques musicales : les musiques nouvelles – tout ce qui est lié à la musique contemporaine, à la musique électronique… –, le jazz et les musiques improvisées, et enfin les musiques traditionnelles, dites musiques du monde. On explore donc ces trois champs, en montant des projets avec des artistes qui viennent de ces esthétiques-là, mais qui sont dans des dynamiques d’ouverture et de croisement avec d’autres champs musicaux.Jacques Panisset : Et ce qui fédère l’ensemble, c’est que tous ces

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Sélection (édition 2011)

MUSIQUES | Choc des culturesGrands frissons artistiques prévus dès ce samedi dans l’enceinte de la Maison de la Culture. Pour ce qui est de la claque sonore, la scène (...)

François Cau | Lundi 4 avril 2011

Sélection (édition 2011)

Choc des culturesGrands frissons artistiques prévus dès ce samedi dans l’enceinte de la Maison de la Culture. Pour ce qui est de la claque sonore, la scène accueillera le groupe Phat Jam, la réunion inespérée entre le grand saxophoniste de jazz Archie Shepp (photo) et le rappeur / beat boxer Napoléon Maddox. Ce dernier, au sein de sa formation IsWhat ?!, a plus que fait ses preuves en louvoyant notamment sur des sentiers artistiques dont les sonorités percussives vous font du rentre-dedans jusqu’à ce que vous vous abandonniez totalement, désarmé, sous le charme – écoutez son You figure it out et défaillez donc. Citant à tour de bras l’héritage musicalement revendicatif de Charles Mingus ou de John Coltrane, il était assez logique qu’il saisisse l’opportunité de travailler avec Archie Shepp sur un projet commun : Phat Jam, c’est son nom, ne trahit ni l’un ni l’autre, mais assemble leurs caractéristiques respectives avec bonheur. Et quand on sait qu’en plus, le groupe sera rejoint sur scène par la compagnie de danse sud-africaine Via Katlehong, l’une des plus inventives et explosives représentantes de la danse pantsula, quelque chose nous dit que la soirée s

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Jouer avec la langue

CONNAITRE | Festivals clés de l’agglomération grenobloise, les 38e Rugissants et le Grenoble Jazz Festival ont célébré pendant de nombreuses années de bons et loyaux (...)

François Cau | Mercredi 30 mars 2011

Jouer avec la langue

Festivals clés de l’agglomération grenobloise, les 38e Rugissants et le Grenoble Jazz Festival ont célébré pendant de nombreuses années de bons et loyaux services la création musicale contemporaine, les émulations entre différentes cultures, les passerelles temporelles et autres échos sonores. Forcément, dans leurs recherches respectives, leurs routes se sont croisées plus d’une fois, jusqu’au point où les responsables de chaque structure, liés de plus par une complicité ne datant pas d’hier, se sont demandés si une mutualisation de leurs forces ne pouvait pas donner naissance à une nouvelle entité événementielle, un festival qui conserverait les spécificités de chacun mais qui tendrait vers l’expérimentation libre de nouvelles formes. Bref, l’application de la formule mathématique popularisée par Jean-Claude Van Damme, 1 + 1 = 1, mais dans le domaine de la musique et de la création contemporaines. Les deux structures se fédèrent donc, investissent leur Centre International des Musiques Nomades créé pour l’occasion, et planchent de concert sur la ligne éditoriale de leur projet commun. Village global Comme son nom le laisse délicatement suppose

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