Vizille : Révolution française mon amour

ESCAPADES | Le seul musée au monde consacré à la Révolution française se situe en Isère, à Vizille. Logique : c’est ici qu’en 1788 se déroula la réunion des états généraux du Dauphiné. 200 ans (et des poussières) plus tard, on fait le tour du propriétaire.

Tiphaine Lachaise | Mardi 5 juillet 2016

Photo : Département de l'Isère - Denis Vinçon


Parmi les dix musées gérés par le département de l'Isère, le plus visité est celui de la Révolution française situé à Vizille. Si le magnifique domaine (dont un immense parc) accueille chaque année quelque 800 000 visiteurs, plus de 60 000 viennent pour le musée et le centre de recherche. Créée en 1983 dans la perspective du bicentenaire de 1989, la collection du musée s'est étoffée d'année en année. Dans un premier temps via un fonds propre au château, mais aussi en puisant dans les différentes collections nationales et départementales, ainsi que grâce aux dépôts et autres dons de particuliers.

Aujourd'hui, il est ainsi difficile de dénombrer le nombre exact de pièces présentées. Qu'importe : pour le directeur du musée Alain Chevalier, annoncer un chiffre serait contre-productif puisqu'« un objet de petite taille vaut autant qu'un tableau de huit mètres sur dix… Alors que la proportion n'est pas égale ».

Il suffit d'entrer dans le musée pour se rendre compte de cette profusion d'œuvres de styles, de tailles et de genres différents. Évidemment, la première, « c'est le château lui-même ». L'édifice du XVIIe siècle, aménagé par le duc de Lesdiguières, a connu de nombreux changements. On y produisait ainsi des tissus lorsque l'assemblée des trois ordres ayant mené à la Révolution française se réunit en ses murs appartenant alors à l'industriel Claude Perier.

Allégories mes amours

Et que découvre aujourd'hui le visiteur lorsqu'il arpente les couloirs et les salles du château ? Beaucoup de choses. Comme pour marquer la différence des genres, la visite s'ouvre par exemple sur la salle des céramiques, où de nombreux petits objets sont présentés, mais également des vases plus imposants. « Le but est de se familiariser avec le langage allégorique » que l'on retrouvera partout dans la suite de la visite nous explique Alain Chevalier. La salle est lumineuse et agréable, bien que chargée comme souvent dans le château. Plus loin, on admire évidemment de nombreuses peintures et sculptures centrées sur la période révolutionnaire, comme le tableau d'Alexandre Debelle intitulé L'Assemblée de Vizille.

Mais le château n'est pas qu'un musée consacré à la Révolution française, puisqu'il s'attache aussi aux années ayant précédé et suivi 1789, en France mais également dans les pays voisins, afin de mieux comprendre cette période historique marquante. « C'est donc un musée beaux-arts mais centré sur une thématique historique » conclut le directeur. Original et passionnant.


Exposition permanente

Les collections témoignent de l'état d'esprit des femmes et des hommes contemporains de la Révolution française et des régimes politiques suivants, en tenant compte de la complexité sociale du temps.
Musée de la Révolution Française Place du château Vizille
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"Heurs et malheurs de Louis XVII, arrêt sur images" : petit roi, grande histoire

Exposition | L’exposition "Heurs et malheurs de Louis XVII, arrêt sur images" du Musée de la Révolution française de Vizille donne à voir les différentes représentations artistiques du fils de Louis XVI et Marie-Antoinette mort à dix ans. Visite guidée avec Alain Chevalier, directeur du musée.

Alice Colmart | Mardi 3 juillet 2018

« Fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, mort à l’âge de 10 ans dans la prison du Temple, Louis XVII a attiré les fantasmes de beaucoup d’artistes » : voilà comment Alain Chevalier, directeur du Musée de la Révolution française de Vizille, présente l’exposition Heurs et malheurs de Louis XVII, arrêt sur images. Glorifié en tant qu’héritier du trône, mis en avant comme martyr... : les représentations du « petit roi » ont ainsi fortement évolué à travers le temps. Du personnage incarnant l’avenir, que met par exemple en avant un tableau de Charles-Paul Landon issu du Musée de Grenoble, il devient après sa mort « un enfant de la prison », comme le montre une sculpture en marbre le représentant nu, enchaîné, « pour souligner la dimension sacrificielle de son court règne ». Ensuite, de 1830 à 1848, les peintres romantiques se saisissent de son image, comme Émile Mascré avec le tableau Capet lève-toi ! qui propose une vision de l’enfant blafard, dénudé. « Une création contre-révolutionnaire d’abord interdite, qui émeut et fait même penser aux Misérables de Victor Hugo » pour A

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Une affaire patrimoniale #4 : la République au Musée de la Révolution française de Vizille

ESCAPADES | Mystérieusement réapparu en 2015 à Rome lors d'une biennale d'antiquaires, l’écusson peint par Jean-Baptiste Wicar en 1793 est la première représentation de la première République française, imaginée pour remplacer les fleurs de lys de la monarchie. Le Musée de la Révolution française de Vizille vient de l’acquérir, comme nous l’expliquons dans ce quatrième épisode de notre web-série "Une affaire patrimoniale".

Charline Corubolo | Mercredi 7 décembre 2016

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Le Musée de Vizille veut s'offrir la République

Financement participatif | Et met en place un financement participatif pour acquérir la première peinture conservée représentant la République française, qui a été peinte par Jean-Baptiste Wicar en 1793. On vous explique tout.

Charline Corubolo | Mardi 24 mai 2016

Le Musée de Vizille veut s'offrir la République

Après Spacejunk et son ambitieux projet de restauration de la fresque d'Ernest Pignon-Ernest du côté de la Bourse du travail à Grenoble, c'est au tour du Musée de la Révolution française à Vizille de s'offrir un financement participatif pour, cette fois-ci, acquérir un écusson. Mystérieusement réapparue en 2015 à Rome lors d'une biennale d'antiquaires, l’œuvre peinte par Jean-Baptiste Wicar en 1793 est la première représentation de la première République française, imaginée pour remplacer les fleurs de lys de la monarchie. Une première donc ! Pièce majeure pour l'histoire de France, le médaillon est une esquisse préparatoire d'une peinture murale réalisée sur la façade de la légation française à Florence mais depuis détruite. Afin de participer à cette acquisition, à ce patrimoine collectif, le musée a lancé le 28 avril une campagne de financement participatif. La récolte se termine le 28 juin. Les 15 000 euros espérés viendront s'ajouter aux fonds alloués par le Département de l'Isère. Pour voir rentrer

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