Grenoble : zoom sur douze bâtiments phares du XXe siècle

Sélection | Grenoble est une très vieille ville, pleine d’impressionnants vestiges des siècles passés. Mais Grenoble est également une ville en mouvement que les architectes ont continué de façonner au siècle dernier. La preuve en douze monuments phares du XXe siècle, de la fameuse tour Perret au grandiose Musée de Grenoble, en passant par l’imposant Palais des sports ou le moderne (pour l’époque) Hôtel de Ville. Suivez-nous, la visite commence.

Charline Corubolo | Mardi 18 avril 2017

Photo : OTGM / Laurent Sauvebois (Flickr) / Ville de Grenoble


La tour Perret, phare grenoblois en quête d'avenir

Illuminée de bleu en son sommet et révélée une fois par an par les feux d'artifices du 14 juillet, la tour Perret, située en plein parc Paul-Mistral, demeure un emblème grenoblois, à plus d'un titre. Car malgré sa façade grisâtre, l'édifice de presque un siècle, inauguré en 1925 pour l'Exposition internationale de la houille blanche et du tourisme, porte les ambitions modernistes du début du XXe, entre esthétique épurée et béton armé. Mais malgré les prouesses techniques, la tour se dégrade. Un chantier de rénovation va donc être lancé pour redorer le phare Perret. On remonte le fil de l'histoire dans cet article.


Des halles au Magasin

La tour Perret n'est pas le seul monument à être né dans le contexte d'une exposition, il y a aussi les halles du quartier Bouchayer-Viallet, plus connues aujourd'hui pour être le Centre national d'art contemporain (Cnac) de la région. Inaugurées en 1900 pour l'exposition Universelle de Paris, les halles sont l'ouvrage des ateliers Eiffel. Avec sa grande verrière et sa structure métallique rivetée, le bâtiment offre de grands espaces à l'architecture splendide. Démonté et remonté un an après sa construction, l'édifice se trouve alors au cœur d'un quartier qui, de 1898 à 1972, produit des conduites forcées, des turbines mais aussi des minutions et des obus lors la Première Guerre mondiale.

Aujourd'hui, le grand hall-atelier demeure le seul site industriel à Grenoble de cette époque et abrite depuis 1986 l'un des premiers Cnac de France, suite à la politique de décentralisation mise en place. Récemment renommée le Magasin des Horizons, l'institution promeut l'art contemporain tout en dévoilant toute la finesse des architectes d'hier. Alors ne serait-ce que pour la beauté du lieu, réfractaire ou pas à l'art contemporain, n'hésitez pas à pousser la porte du Magasin.


MC2, temple de la culture

Autre bâtiment phare de la décentralisation culturelle : la MC2, située le long de l'avenue Marcelin Berthelot. Construite par André Wogenscky (1916-2004), architecte français disciple de Le Corbusier, à l'occasion des Jeux Olympiques d'hiver de Grenoble, la Maison de la culture est inaugurée en février 1968 par André Malraux, alors ministre des affaires culturelles et père du concept des maisons de la culture.

Avec sa façade blanche aux lignes épurées et son avancée arrondie surmontée d'un cylindre noir, l'édifice fait penser à un cargo d'où son nom dans les années 1980. Suite à des travaux de réhabilitation et d'agrandissement pour 38 millions d'euros, la scène nationale a réouvert ses portes au public en septembre 2004, devenant ainsi la MC2.

Labellisée "Patrimoine du XXe siècle de Grenoble", cette salle de spectacle est un véritable concentré de productions artistiques pour le théâtre, la danse et la musique, notamment grâce à des studios de création et de répétition. Offrant une salle de plus de 1 000 places et un vaste auditorium, la MC2 est aujourd'hui une institution de premier plan sur la scène nationale, qui détonne avec son esthétique futuriste.


La Bibliothèque d'étude et du patrimoine, navire littéraire

Autre paquebot grenoblois, la Bibliothèque d'étude et du patrimoine qui fend le béton au niveau des boulevards Maréchal Lyautey et Jean Pain, en face du Pathé Chavant. De l'autre côté du cinéma s'affiche ainsi fièrement la Mecque littéraire de la ville avec pas moins de 600 000 volumes conservés en ces murs. Des murs dont la façade extérieure répond à une géométrie carrée, modèle d'un ordonnancement aussi précis qu'un rayonnage de librairie rompu par un arrondi à l'avant du bâtiment qui donne cette impression d'immense navire livresque.

Construit en 1961 par l'architecte Jean Benoît, l'édifice décroche le précieux label "Patrimoine du XXe siècle" en 2003. Mais les réelles pépites se trouvent à l'intérieur avec 23 kilomètres de rayonnage comprenant presque l'intégralité des manuscrits de Stendhal, de nombreux incunables ainsi que la plus ancienne bible de Notre-Dame-de-Casalibus, ce qui en fait l'un des plus importants fonds dauphinois.

En plus de cet incroyable dédale d'ouvrages, une salle de lecture, une salle de recherche ainsi qu'une salle d'exposition sont ouvertes au public, afin de profiter du livre sous toutes ses couvertures. Ou en graff, grâce au sublime renard de Veks van Hillik qui habille depuis 2016 le mur arrière du bâtiment.


Garage hélicoïdal de Grenoble : vue sur le ciel

Béton armé un jour, béton armé toujours, tout du moins au XXe siècle. Du côté de la rue Bressieux se cache, derrière la façade d'immeubles style Art Déco, le garage hélicoïdale de Grenoble, autrement dit en forme d'hélice. Édifié à la fin des années 1920 par le binôme Louis Fumet et Louis Noiray, épaulé par l'entreprise Cepeca spécialisée en béton armé, le garage demeure un vestige de l'art industriel de l'entre-deux-guerres.

Bâti en seulement un an, le lieu déploie une rampe de 65 mètres de long pour 7 mètres de large, s'ouvrant sur un puits de lumière grâce à la verrière métallique à son sommet. S'élevant sur 8 niveaux depuis la petite cours triangulaire, le bâtiment est visitable du mardi au samedi de 7h30 à 11h et de 15h à 19h. Il serait dommage de ne pas profiter de cette architecture hallucinante labellisée "Patrimoine du XXe siècle" en 2003, à la géométrie proche de l'abstraction.


Les Trois tours de l'Île Verte, reines d'urbanisme

Depuis la Bastille, il n'y a pas que la tour Perret qui émerge dans le panorama, mais aussi les trois tours du quartier de l'Île Verte. Dressées en plein milieu du parc, ces grandes bandes blanches d'habitations sont inaugurées en 1964. Malgré un style quelque peu passéiste années 1960-1970, ces constructions témoignent d'un pari esthétique et technique d'une ville alors tournée vers le futur, en pleine période des Trente Glorieuses.

Avec leurs 28 étages pour 98 mètres de haut, les trois immeubles sont les plus hauts d'Europe à leur achèvement. Ce sont également les premières constructions du type à avoir des équipes antisismiques. Quant à l'architecture, elle fait référence aux alvéoles d'abeille avec des façades formées de modules cubiques. Offrant une vue imprenable sur les massifs, les trois tours sont logiquement nommées selon le paysage environnant : la Tour Mont-Blanc, la Tour Belledonne et la Tour Vercors.


L'Hôtel de Ville de Grenoble, modernité sobre

Aux abords du parc Paul-Mistral, l'Hôtel de Ville de Grenoble tente de faire de la concurrence à la tour Perret. Et si le bâtiment arrive tout juste à la cheville de cette dernière avec ses 12 étages de 46.5 mètres de haut, contre 95 mètres pour la tour, il représente cependant la modernité de l'époque.

Commandité par le maire Albert Michallon en 1960, l'édifice inauguré en 1967 a été réalisé par l'architecte français Maurice Novarina, en collaboration avec Jean Prouvé. Souhaitant insuffler une vision moderniste aux futurs locaux, les architectes l'ont pensé de façon rectiligne avec des formes épurées. Le béton armé, l'acier et le verre s'allient alors avec simplicité pour répondre à cette attente et offre un mur-rideau de verre impressionnant.

Aujourd'hui labellisée "Patrimoine du XXe siècle de Grenoble", le monument n'abrite pas seulement les services administratifs de la Ville mais aussi des œuvres des sculpteurs Étienne Hajdu et Émile Gilioli ou encore des tapisseries de Raoul Ubac et Alfred Manessier, pour ne citer qu'eux.


Le Palais des Sports, de glace en tous genres

Étrange créature de béton en plein parc Paul-Mistral, le Palais des sports est l'œuvre des architectes Robert Demartini et Pierre Junillon. Alors que Grenoble s'apprête à recevoir les Jeux Olympiques d'hiver de 1968, un bâtiment pour les épreuves de patinage artistique est construit. Inauguré en octobre 1967, l'édifice est logiquement appelé le Palais de glace avant de porter, à partir de 1982, le nom de Pierre Mendès France.

Avec quatre paraboloïdes hyperboliques symétriques, dont l'intersection en forme un cinquième, l'architecture s'impose tel un triomphe au mouvement moderne qui prône la promesse technique avant toute chose. L'intérieur est composé d'une salle modulable qui peut accueillir 12 000 personnes assises, qui aujourd'hui ne s'y rendent non plus seulement pour du patin mais aussi pour des manifestations culturelles et festives. Le lieu est ainsi devenu un palais des événements pluriels, marqué du label "Patrimoine du XXe siècle de Grenoble".


Cémoi, du chocolat à la start-up

En plein cœur du quartier Bouchayer-Viallet, il n'y a pas que le Magasin des Horizons qui a su se faire une place dans le paysage urbain. Le long de la rue Ampère apparaît ainsi entre deux barres d'immeubles modernes les anciennes usines Cémoi. Doux nom aux accents chocolatés d'antan, les locaux abritent aujourd'hui des entreprises, des start-ups et des associations.

Mais avant de se transformer en espace de cohabitation professionnelle, c'était bien le chocolat qui régnait en maître dans ce bâtiment à la façade parsemée de rouge. Construit en seulement un an, le bâtiment concasse ses premières fèves dès 1920 sous la direction d'Aimé Bouchayer. Mais la gestion financière désastreuse pousse au rachat de l'entreprise seulement quelques mois après par Félix Cartier-Millon, dépositaire de la marque Cémoi. Même son de cloche cependant en 1970 avec un dépôt de bilan qui permet le rachat de la bâtisse par la Ville de Grenoble et une rénovation des espaces en 2008. Aujourd'hui, l'édifice carré abritant une petite cour intérieure et s'élevant sur deux niveaux loge vos humbles serviteurs du Petit Bulletin depuis 1997.


L'église Saint-Jean, marquante nouvelle

Dans la vague des églises nouvelles, il n'est pas rare d'avoir vu apparaître de véritables ovnis architecturaux. Celle qui s'est posée le long du boulevard Joseph Vallier en fait partie. L'église Saint-Jean, par sa forme circulaire montée sur pilotis, demeure une réelle curiosité monumentale.

Construite entre 1963 et 1965, l'édifice religieux se compose d'un diamètre de 37 mètres offrant une capacité d'accueil de 1 300 personnes. La nef, surélevée de 5 mètres, forme une cuvette supportée par 18 piliers en béton armé, tandis que le dôme est composé de cônes renversés. Suite à des problèmes d'infiltration, la toiture autoportante en hyperboloïde a été refaite en 1979 et accueille désormais à son sommet un lanternon de 9 baies duquel émerge une croix jusqu'à 27 mètres de haut. Labellisé "Patrimoine du XXe siècle de Grenoble", l'édifice Saint-Jean est à ce jour la plus marquante des églises nouvelles de Grenoble.


Le nouveau Palais de Justice, architecture transparente

Si le béton armé a du succès dans l'urbanisme grenoblois, le verre aussi. En plein cœur du quartier Europole, le long de la rue Pierre Sémard, s'érige tout verre le nouveau Palais de Justice de Grenoble. Inauguré en septembre 2002 (en remplacement du trop étroit Palais du parlement place Saint-André), le projet a été amorcé en 1993 suite à une campagne du ministère de la Justice afin de moderniser le patrimoine et renouveler l'image de l'institution. Un an plus tard, Claude Vasconi remporte l'appel à projets et souhaite transmettre par la façade translucide l'idée de « transparence de la justice ».

De la base triangulaire de l'architecture s'élève ainsi une construction de glace où se mêlent le métal et la pierre, combinaison de matériaux qui joue sur le gris et le bleu du ciel. Seul bâtiment en France à réunir toutes les juridictions sous le même toit, le mobilier a également été dessiné par l'agence Vasconi pour une continuité entre extérieur et intérieur. Le granit du parvis fait preuve de cette homogénéité d'ensemble en se prolongeant dans la salle des pas perdus jusqu'aux salles d'audience. Alors n'hésitez à suivre les pas à l'intérieur, pour notamment découvrir les œuvres de Denis Arino qui ornent les murs jusqu'au 17 juin.


Le Musée de Grenoble, joyau artistique

D'un parterre de sculptures étranges émerge, place Lavalette, le Musée de Grenoble. Joyau architectural autant qu'artistique, l'institution a connu plusieurs demeures avant de trouver son écrin idéal le long de l'Isère. Créés en 1789, les collections du musée sont abritées, à partir de 1867, dans le Musée-Bibliothèque place Verdun. Plus d'un siècle après, le projet d'un nouveau bâtiment est lancé. Ce sont les architectes grenoblois Antoine Félix-Faure, Olivier Félix-Faure et Philippe Macary qui conçoivent les plans qui prennent vie à partir de 1990.

En septembre 1994, le Musée de Grenoble est inauguré. Avec plus de 50 salles, le public peut profiter de 900 pièces au cœur des expositions permanentes, mais aussi temporaires. L'éclairage zénithal naturel, ainsi que les façades ajourées, offrent des espaces d'exposition qui mettent parfaitement en valeur les œuvres, dont les collections ballaient l'art international jusqu'au XXIe siècle, faisant du Musée de Grenoble, en plus de son élégance architecturale épurée, l'un des plus importants de France.

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Une Nocturne en forme de jeu vidéo

Musée imaginaire des étudiants | Cette année, la Nocturne des étudiants du Musée de Grenoble prend la forme d’un jeu vidéo immersif accessible pendant plusieurs soirées. Les projets artistiques sont mis en scène dans un espace muséographique inédit que le visiteur peut parcourir à loisir depuis son ordinateur.

Hugo Verit | Mardi 23 mars 2021

Une Nocturne en forme de jeu vidéo

Décidément, la Nocturne des étudiants du Musée de Grenoble sait se réinventer en ces temps de pandémie. Après une édition 2020 numérique diffusée en streaming le 7 octobre dernier, les organisateurs creusent encore plus le concept de virtualité cette année en proposant, les 24, 25, 26 et 30 mars de 18h à 23h, le Musée imaginaire des étudiants (MIE). Le principe de la Nocturne reste le même : des étudiants grenoblois volontaires élaborent et présentent au public un projet artistique (danse, musique, théâtre, etc.) en lien avec une œuvre du Musée. En revanche, les spectacles s’intègrent cette fois-ci dans un jeu vidéo immersif inspiré de Second Life. Les équipes de la Nocturne travaillent depuis janvier avec l’entreprise Immersive CoLab qui met à leur disposition une plateforme virtuelle nommée Calypso 3D. « Cette société développe ce type d’outil collaboratif dans le domaine de l’éducation et de la formation. Ils n’avaient pas encore de projet artistique. Ils ont tout de suite été conquis par notre idée », raconte Alexis Chareyre, chargé de relation

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Morandi en (future) prolongation

Exposition | Le Musée de Grenoble l’a confirmé : sa grande exposition consacrée au peintre italien, qui devait ouvrir en décembre dernier et reste actuellement portes closes, verra sa date de clôture reportée.

Martin de Kerimel | Mardi 2 mars 2021

Morandi en (future) prolongation

Cela fera bientôt trois mois que le Petit Bulletin a, comme d’autres médias, eu la chance de découvrir le nouvel accrochage du Musée de Grenoble. Cette mise à l’honneur de Giorgio Morandi, maître italien méconnu et spécialiste des natures mortes, nous avait emballés. On imagine volontiers le désarroi de l’équipe du Musée face à l’impossibilité de la présenter au grand public, crise sanitaire oblige, et alors même que l’ouverture officielle de l’événement était prévue le 12 décembre dernier. On est donc ravi d’apprendre que la date de clôture a pu être reportée : alors que tout devait s’achever le 14 mars, c’est finalement jusqu’au 4 juillet que le Musée pourra jouer les prolongations. Un rappel : c’est à travers le regard de l’un de ses collectionneurs que l’exposition entend proposer une introduction intimiste à l’univers de l’artiste bolonais. Aux cinquante pièces prêtées par la Fondation italienne Magnani-Rocca s’en ajoutent d’autres conservées en France. Reste en suspens la question du premier jour d’ouverture. C’est aussi parce que l’événement est double – et propose une section Italia Moderna, autour de la présentation d’une soixantaine d’œuvres de la co

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Morandi comme espéré

ARTS | Peinture. C'est LE grand événement du Musée de Grenoble prévu pour la fin de l'année : une grande exposition consacrée au peintre italien Giorgio Morandi doit ouvrir ses portes le 16 décembre. Et ce n'est pas tout...

Martin de Kerimel | Mardi 8 décembre 2020

Morandi comme espéré

Le prochain grand événement du Musée de Grenoble approche à grand pas : du 16 décembre au 14 mars prochain, l’établissement mettra à l’honneur le grand peintre et graveur italien Giorgio Morandi (1890-1964). De quoi surprendre les visiteurs du Musée des deux précédentes expositions temporaires, consacrées à Pablo Picasso et aux artistes grenoblois du XIXe siècle. Les esthètes apprécieront cette diversité thématique, mais on veut croire que les profanes seront eux aussi intéressés par les œuvres de ce spécialiste des natures mortes. Une précision issue du dossier de presse : « C’est à travers le regard de l’un de ses collectionneurs, Luigi Magnani, que l’exposition se propose d’aborder l’univers du maître bolonais. Grâce au prêt généreux consenti par la Fondation Magnani-Rocca de 50 œuvres de l’artiste, complété par celles conservées dans les musées français, le parcours se veut avant tout une introduction intimiste à l’univers de Morandi. » Le Musée parvient à faire coup double, en organisant – aux mêmes dates – une exposition en contrepoint : Italia Moderna, autour d’une sélection d’une soixantaine d’œuvres de sa collection d’art italien du XXe siècle. On a h

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Les artistes de Saint-Roch

Visite guidée | Après le Musée de Grenoble, le cimetière Saint-Roch est un bon endroit pour découvrir les artistes grenoblois du XIXe siècle. Une association assure la visite. Explications.

Nathalie Gresset | Mardi 23 juin 2020

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Et si vous prolongiez la visite de l’exposition temporaire “Grenoble et ses artistes au XIXe siècle”, visible en ce moment au Musée de Grenoble, en déambulant… au milieu des sépultures ? Depuis sa création en 2004, l’association “Saint-Roch ! Vous avez dit cimetière ?” s’attache à faire découvrir la richesse patrimoniale, historique, culturelle et artistique du cimetière éponyme. En juin, et certainement aussi cet été, la structure propose aux visiteurs d’aller à la rencontre des artistes grenoblois du XIXe dans ce lieu particulier. « Victor Sappey, Aimé-Charles Irvoy, Jean Achard, Henriette Deloras… Beaucoup de sculpteurs et peintres de cette époque ont été inhumés ici, explique Marie-Claire Rivoire, présidente de l’association. Certains sculpteurs ont également laissé leur empreinte dans ces allées en érigeant des stèles et monuments funéraires pour des familles grenobloises aisées ou pour leurs amis peintres. Ce sont des œuvres remarquables qui sont souvent méconnues du public. » Menée par Mao Tourmen, guide-conférencière, cette visite « très accessible », d’environ 1h30, « rend vie au cimetière en évoquant l’histoire des personnages en

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Une journée au Musée

Exposition | C'est un avant-goût de la grande exposition du Musée de Grenoble consacrée aux artistes du XIXe siècle : dimanche 15 mars, l'association Musée en musique organise une journée découverte. On vous en donne les détails...

Nathalie Gresset | Mardi 10 mars 2020

Une journée au Musée

À chaque nouvelle exposition au Musée de Grenoble, Musée en musique propose une journée spéciale en trois temps, ponctuée de deux concerts et d’une présentation illustrée des nouvelles œuvres accueillies dans l’enceinte du bâtiment. Dimanche 15 mars, c’est autour de l’expo temporaire “Grenoble et ses artistes au XIXe siècle”, qui succède à celle de Picasso, que l’association consacre sa Journée au musée. Avec en ouverture et en fermeture, un concert mettant à l’honneur des artistes isérois des XIXe et XXe siècles : Ninon Vallin, cantatrice, et Hector Berlioz, compositeur. Entre temps, une présentation illustrée sera donnée dans l’auditorium par Candice Humbert, assistante de conservation au musée et docteure en histoire de l’art, et Bernadette Lespinard, musicologue. Grâce à elles, les visiteurs auront toutes les clés nécessaires pour appréhender l’exposition et les concerts.

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Musée de Grenoble : Andry-Farcy, un conservateur pas très conservateur

Exposition | Conservateur du Musée de Grenoble de 1919 à 1949, l’intuitif et audacieux Andry-Farcy (1882-1950) contribua largement à l’enrichissement en œuvres d’art moderne de la collection grenobloise. Retour sur le parcours de ce touche-à-tout au caractère bien trempé à l’occasion de la bien nommée exposition "Hommage à Andry-Farcy, un conservateur d'avant-garde [1919-1949]" que lui consacre le musée.

Benjamin Bardinet | Mardi 2 juillet 2019

Musée de Grenoble : Andry-Farcy, un conservateur pas très conservateur

« Mes projets sont simples : continuer en faisant le contraire de ce qu’ont fait mes prédécesseurs qui n’ont ouvert leur musée à aucun des grands maîtres du XIXe siècle. J’ouvre la porte aux jeunes. » Le ton est donné et la formule témoigne bien de la personnalité de son locuteur : Pierre-André Farcy dit Andry-Farcy, tout fraîchement nommé conservateur du Musée de Grenoble. On est en 1919, à la sortie de la Grande Guerre, et celui-ci a pour projet de faire prendre à son institution (alors basée place de Verdun) un tournant résolument moderne en enrichissant sa collection d’œuvres d’artistes d’avant-garde. « Mieux vaut balbutier des vérités naissantes que d’affirmer avec facilité des vérités conquises par nos aînés » ajoute-t-il lors d’un discours en 1921. Tandis que la plupart des musées français, crispés sur l’art du passé, laissent filer les œuvres des grands noms français et internationaux de l’art moderne (pourtant souvent basés à Paris), le conservateur grenoblois prend le risque de miser sur ces artistes audacieux que sont Ossip Zadkine, Maurice de Vlaminck ou encore Henri Matisse. Le

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Cet automne, le Musée de Grenoble exposera Picasso

Annonce | Alors que s’ouvrira le 27 avril la nouvelle exposition temporaire du Musée de Grenoble consacrée à la collection très contemporaine du collectionneur Antoine (...)

La rédaction | Mardi 12 mars 2019

Cet automne, le Musée de Grenoble exposera Picasso

Alors que s’ouvrira le 27 avril la nouvelle exposition temporaire du Musée de Grenoble consacrée à la collection très contemporaine du collectionneur Antoine de Galbert, l’équipe des lieux a annoncé qu’elle proposera du 5 octobre 2019 au 5 janvier 2020 une exposition intitulée Picasso 1939 – 1945, au cœur des ténèbres et réalisée avec le fameux Musée Picasso de Paris. Un temps fort « qui rassemblera une centaine d’œuvres (peintures, sculptures, dessins, gravures…) et qui se propose d’étudier l’une des périodes les plus sombres de la vie et de l’œuvre du maître espagnol » comme l’écrit le communiqué de presse. De quoi, on l’imagine, attirer un public très large, malgré la dureté du sujet.

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Simple question de l’été #7 : comment préserve-t-on un tableau ?

ACTUS | Pourra-t-on encore admirer le sourire de la Joconde dans 500 ans ? Pas sûr, car même l’œuvre la plus visitée au monde n’est pas à l’épreuve du temps. Valérie Huss, conservatrice au Musée de Grenoble, nous en dit plus.

Nicolas Joly | Vendredi 21 juillet 2017

Simple question de l’été #7 : comment préserve-t-on un tableau ?

« Les musées aujourd’hui travaillent beaucoup sur cette notion de conservation préventive. Il s’agit de faire attention aux conditions dans laquelle l’œuvre est conservée, dans les réserves ou les salles d’exposition. Plusieurs paramètres peuvent avoir une incidence sur l’état d’un tableau : l’humidité, la température, la lumière, l’empoussièrement, les problèmes d’infestation d’insectes et les éventuelles manipulations. » Et concrètement ? « Chaque œuvre va, selon sa nature, nécessiter une attention particulière. Un dessin sur papier sera par exemple bien plus sensible à la lumière qu’un tableau verni. Des protections physiques sont également mises en place lors du conditionnement. Au Musée de Grenoble, nous conservons les œuvres en les accrochant sur des grilles, qui sont des sortes de compactus. Mais lorsqu’il s’agit de pièces plus compactes, nous les plaçons dans des caisses faites de matériaux neutres. Cela permet de limiter l’influence de l’environnement sur l’œuvre. » Plus d'infos sur le Musée de Grenoble : www.museedegrenoble.fr

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Nuit des musées 2017 / Musées en fête : notre sélection

Événement | Samedi 20 mai, c’est la fameuse Nuit européenne des musées, événement couplé en Isère à un week-end baptisé Musées en fête. On a bien lu tous les programmes des lieux qui participeront (des musées donc, mais aussi d’autres institutions culturelles) et on en a sélectionné six, en accès libre bien sûr. Suivez-nous.

Aurélien Martinez | Mardi 16 mai 2017

Nuit des musées 2017 / Musées en fête : notre sélection

Une nuit portes ouvertes au Musée de Grenoble Un week-end festif dédié aux lieux d'expo de Grenoble et de l'agglo doit forcément prendre en considération le Musée de Grenoble et ses collections impressionnantes qui, on le rappelle une nouvelle fois, rivalisent avec celles des grands musées français – voire internationaux. Et ce même si rien de fou n'est organisé pendant ces deux jours par la vénérable institution. Le musée et son expo temporaire consacrée au peintre Fantin-Latour seront ainsi en accès libre le samedi de 18h30 à minuit et le dimanche toute la journée. C’est déjà ça. À noter tout de même que l’association Musée en musique proposera, le dimanche à 14h30, une « sieste musicale » dans le patio du musée avec le quintette vocal Sparkling Voices, et ce sera en accès libre. Une visite des coulisses au Musée dauphinois Un musée, c'e

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Musée de Grenoble : « Aller au plus près de la population »

Hors les murs | En 14 ans, le Musée de Grenoble s’est aventuré par douze fois hors de son enceinte. La dernière excursion, qui commence ce mercredi 10 mai, se joue à la bibliothèque Abbaye-les-Bains avec l’exposition "Au rythme des formes". Un programme artistique hors les murs qui connaît un franc succès à chaque fois. Nous avons rencontré Pierre Bastien, médiateur au musée, pour en savoir plus.

Charline Corubolo | Mardi 9 mai 2017

Musée de Grenoble : « Aller au plus près de la population »

Pour sa 12e édition, le projet hors les murs du Musée de Grenoble investit la bibliothèque Abbaye-les-Bains, elle aussi à Grenoble. Quel est l’intérêt d’un tel dispositif ? Pierre Bastien : L’idée est de faire le chemin inverse du chemin habituel : là, c’est le musée qui se déplace avec, à chaque exposition, des œuvres des collections permanentes qui sont exposées dans un lieu de proximité : une bibliothèque de quartier, une MJC, un centre social… L’idée est vraiment d’aller au plus près d’une population qui vit dans un quartier qui n’est pas forcément très fourni en équipements culturels et de toucher des visiteurs qui ne viennent pas au musée pour toutes sortes de raisons. C’est l’occasion d’une rencontre. En quoi cette rencontre est-elle différente de celle vécue au musée ? Si on se contente d’accrocher des œuvres et de dire « venez les voir », ça n’a aucun sens. Le projet hors les murs, c’est à la fois monter une exposition, qui est différente chaque année, et travailler en partenariat avec l

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La Ville de Grenoble va fermer trois bibliothèques

ACTUS | Jeudi 9 juin, Éric Piolle et plusieurs de ses élus ont annoncé publiquement les contours de leur plan dit de « sauvegarde des services publics locaux ». Son but ? Faire des économies, dans tous les domaines.

Jean-Baptiste Auduc | Vendredi 10 juin 2016

La Ville de Grenoble va fermer trois bibliothèques

L’heure est grave. Une bonne partie des élus de la Ville de Grenoble est réunie au douzième étage de la mairie. Corinne Bernard, adjointe aux cultures, a les traits tirés lorsqu’elle annonce les conséquences sur sa délégation du « plan de sauvegarde des services publics locaux ». Certes, les baisses de subventions aux associations culturelles, c’est fini assure l’élue. Mais pas les baisses de financements, tous secteurs confondus – action sociale, petite enfance, accueil des usagers, culture… Objectif : économiser 14 millions d’euros sur les deux prochaines années. Un « plan de refondation » dévoilé à la presse ce jeudi 9 juin qui n’épargne donc pas la culture, domaine qui va faire les frais de cette « frugalité » volontaire. Une des décisions les plus marquantes : le réseau de bibliothèques va être affecté. Trois d’entre elles (sur les quatorze), « les plus petites », vont fermer –

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Le Greco et sa "Pentecôte" en parade au Musée de Grenoble

ARTS | Jusqu'au 31 juillet, le Musée de Grenoble propose une exposition-dossier sur ce tableau du Greco venu spécialement de Madrid. Zoom sur les coulisses de son arrivée.

Tiphaine Lachaise | Mardi 31 mai 2016

Le Greco et sa

Jusqu’au 31 Juillet, le Musée de Grenoble accueille de façon exceptionnelle un chef-d'œuvre du Greco, peintre crétois du XVIe siècle. Sa Pentecôte est normalement conservée au Prado à Madrid. Tout a commencé par une demande du musée espagnole qui organise une exposition monographique sur le peintre Georges de La Tour. Il se trouve que la toile Saint Jérôme pénitent, sur laquelle le Prado a des vues, se trouve au Musée de Grenoble. « Comme le de La Tour est un tableau très important de nos collections, le directeur du Musée de Grenoble en a profité pour demander un prêt d’un tableau un peu exceptionnel » explique Valérie Huss, conservatrice en charge des collections anciennes. Guy Tosatto choisit La Pentecôte et organise du coup une exposition-dossier événement sur le tableau. Un échange qui n’est pourtant pas unique pour le musée, comme nous l'explique Valérie Huss. « Il y a des centaines de tableaux qui circulent de musées à musées pour les besoins d’expositions. » La pratique est en fait quasi quotidienne au point qu’une régisseuse y soit dédiée – il y aurait entre « 150 ou 200 œuvres, et p

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Les musées à l’assaut des réseaux sociaux

ACTUS | Troisième édition pour la Museum Week, semaine mondiale des musées sur Twitter. Sept jours de partages et de découvertes culturels en ligne qui débutent ce lundi 28 mars. À Grenoble, quatre institutions joueront le jeu. On a rencontré la responsable du projet pour le Musée de Grenoble. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 22 mars 2016

Les musées à l’assaut des réseaux sociaux

Le chiffre clé de cette troisième édition de la Museum Week demeure le même que les années précédentes : 7. Rien de divin dans tout cela, seulement un programme savamment étudié : 7 jours offrant 7 thèmes différents, reconnaissables avec 7 mots-dièse – "hashtags" en anglais et, surtout, dans le langage de Twitter. Mais avant de rentrer dans le vif du virtuel, revenons sur la genèse de ce projet : en 2014, douze musées français se réunissent pour lancer le premier événement culturel mondial sur Twitter. Intitulée Museum Week, pour semaine des musées sur Twitter, l'opération vise à dévoiler au grand public le quotidien et les coulisses des établissements culturels. Un partage qui se fait alors en ligne grâce à des anecdotes, des photographies ou encore des vidéos avec un thème différent chaque jour. Les quatre Grenoblois À Grenoble, pour cette troisième semaine en réseau, on retrouve les mêmes que l’an passé : le Musée de Grenoble, la Casemate, le

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Le Musée de Grenoble s'offre un Morandi à 1.1 million

ACTUS | Début octobre, le Musée de Grenoble accrochait sur ses cimaises une nouvelle œuvre : une peinture de l'Italien Giorgio Morandi réalisée en 1939 et représentant une "Nature morte". Du coup, le tableau devient l'acquisition la plus chère effectuée par l'établissement.

Charline Corubolo | Jeudi 15 octobre 2015

Le Musée de Grenoble s'offre un Morandi à 1.1 million

Si le papier collé de Pablo Picasso intitulé Verre était jusqu'à présent l’œuvre la plus chère acquise par le Musée de Grenoble, elle vient d'être détrônée mardi 6 octobre par l'entrée dans les collections de la Nature morte de Giorgio Morandi (1939) pour 1.1 million d'euros. Suite à la reconnaissance par le Ministère de la culture de l'intérêt majeur que constitue la tableau pour le patrimoine national, le Musée de Grenoble a sollicité le club des mécènes afin de l'acheter. Club qui a contribué à hauteur de 830 000 euros. Quant à la Ville de Grenoble, elle a également mis la main au portefeuille avec 270 000 euros. Une vente qui pourrait sembler dispendieuse. Pourtant, l'arrivée de cette toile dans les murs du Musée de Grenoble consiste un événement important et nécessaire.

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Deux musées grenoblois s'associent numériquement

CONNAITRE | Certaines œuvres paraissent parfois très éloignées de notre époque ou un brin compliquées à analyser. Le Musée de Grenoble et celui de la Résistance et de la (...)

Charline Corubolo | Mardi 19 mai 2015

Deux musées grenoblois s'associent numériquement

Certaines œuvres paraissent parfois très éloignées de notre époque ou un brin compliquées à analyser. Le Musée de Grenoble et celui de la Résistance et de la Déportation de l'Isère ont trouvé, à l'occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale, une solution à la fois ludique et innovante : explorer un tableau numériquement par le biais d'un écran tactile dans chacun des établissements. Pour ce coup d'essai (transformé), c'est la peinture La Guerre (1915) d'Othon Friesz que l'on découvre selon deux angles : l'histoire et l'art. Il faut commencer à la Résistance, ce qui donne un accès gratuit au Musée de Grenoble où se trouve physiquement la toile, pour rentrer historiquement dans l’œuvre en choisissant un des seize détails proposés soit sur le tableau, soit selon une thématique. Une question est alors posée avec un code dont la réponse est donnée dans l'autre musée. Chaque morceau dévoile deux contenus différents selon l'institution, créant un ping-pong culturel. Un dispositif qui permet non seulement d'apprendre mais aussi de pénétrer dans l’œuvre en la « touchant » et en zoomant à souhait, afin de découvrir une multitude d'informations sur ce

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Guy Tosatto : « Un musée existe par sa collection »

ARTS | Rencontre avec Guy Tosatto, directeur du musée, pour en savoir plus sur l’objectif d'une collection à l'occasion de l'exposition "De Picasso à Warhol - Une décennie d'acquisitions".

Charline Corubolo | Mardi 12 mai 2015

Guy Tosatto : « Un musée existe par sa collection »

À quoi sert une collection ? Elle sert à donner des repères, c’est constitutif d'un musée. C’est-à-dire qu’un musée n’existe que par sa collection. D’ailleurs, à l’origine, ils ont été créés pour abriter des ensembles d’œuvres à la suite de la Révolution française. On a eu cette chance à Grenoble d'avoir un conservateur au début du XXe siècle qui a ouvert la collection à l’art moderne, ça a été le premier en France : Andry-Farcy. Tous ses successeurs ont emboîté le pas en partant de l’existant. C’est cette matière qui va vous guider. Par ailleurs, une collection, c’est aussi ce qui reste après une exposition temporaire, c’est l’élément stable. C'est à partir de cette collection qu’on peut faire un vrai travail dans le temps auprès de nos publics pour les initier aux formes artistiques, que ça soit l’art ancien ou moderne parce que les œuvres sont là et qu’ils peuvent les retrouver. Une collection ne doit donc pas s'arrêter... Effectivement, une collection doit être en mouvement, il faut qu’elle s’enrichisse en permanence d’où la nécessité des acquisitions, d’essayer d'avoir des dons, de continuer à l’élargir la part

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« Friend request » du Musée de Grenoble

ACTUS | On a beau être reconnu comme l’un des plus beaux musées d’Europe et se vanter de toucher à tous les styles artistiques et toutes les époques majeures de (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 24 octobre 2014

« Friend request » du Musée de Grenoble

On a beau être reconnu comme l’un des plus beaux musées d’Europe et se vanter de toucher à tous les styles artistiques et toutes les époques majeures de l’art, on en reste pas moins comme tout le monde : on a besoin de l’affection d’amis attentionnés. Nichés au cœur du musée, et travaillant en étroite collaboration avec les conservateurs du lieu, les Amis du Musée de Grenoble offrent ainsi tout leur amour à l’institution, et ce depuis 1987. Sauf que ces fameux Amis du Musée aimeraient bien que tout le monde soit au courant de leur existence et de leurs nombreuses activités – conférences, ateliers, visites privées, voyages culturels... Notamment les jeunes adultes, cible qu'ils ont plus de mal à toucher. Hervé Storny, le président de l’association, et la secrétaire générale Annie Panel nous ont donc sollicités pour lancer une « invitation » amicale à de nouveaux publics. On a dit oui, parce que comme eux, on adore le Musée de Grenoble.

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Plasticien, statut fantôme

ACTUS | Alors que ces derniers mois les intermittents du spectacle manifestaient pour sauvegarder un régime toujours plus instable, les artistes plasticiens, eux, ne se sont pas montrés. Pour cause : en plus de pâtir de la précarité et de difficultés financières, ils ne possèdent aucun statut au contraire des musiciens, acteurs et autres danseurs. On a rencontré plusieurs figures locales pour en savoir plus. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 28 octobre 2014

Plasticien, statut fantôme

Tout esprit créatif rêve de vivre de son art. Mais voilà, être artiste au XXIe siècle est surtout synonyme de galère et de débrouille, dans un monde où il est monnaie courante de faire des plasticiens les "esclaves" créateurs des temps modernes, au service des grandes institutions. Et ce n'est pas leur statut social qui l'empêchera. De statut d'ailleurs, ils n'ont point : ils sont considérés par Pôle emploi comme travailleurs indépendants au même titre qu'un plombier ou qu'un programmateur informatique. Pourtant, leur activité et surtout leurs revenus ne sont pas comparables. Un plasticien a pour principal salaire la recette des ventes de ses œuvres, le temps de recherche et de création ou encore les expositions étant rarement monnayés. Pour le fisc, les artistes sont donc des libéraux puisqu'ils travaillent en indépendants et que leur production comporte une dominante intellectuelle. Pour avoir une reconnaissance légale en France, les peintres, les sculpteurs et autres vidéastes doivent s'inscrire à la Maison des artistes, organisme indépendant agréé de protection social

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Aux arts, étudiants

ARTS | Étudiant, viens donc faire le plein de culture afin d'éviter que ton cerveau ne se transforme en marmelade anglaise. Pour cela, rendez-vous au Musée de (...)

Charline Corubolo | Mardi 7 octobre 2014

Aux arts, étudiants

Étudiant, viens donc faire le plein de culture afin d'éviter que ton cerveau ne se transforme en marmelade anglaise. Pour cela, rendez-vous au Musée de Grenoble le mercredi 15 octobre avec ta carte étudiante et zéro euro en poche pour la soirée gratuite "Osez le musée". L'idée est de partir à la découverte des différents métiers de ce temple de l'art, du conservateur au documentaliste en passant par le technicien, au gré de déambulations libres dans les différentes salles. Cet événement, coup d'envoi de la saison étudiante 2014/2015 du musée, se terminera autour d'un verre. Et puisqu'il vaut mieux prévenir que guérir, et que tu ne veux pas risquer que ta matière grise ne devienne du pudding, rendez-vous aussi sur la fac. Organisé par le service culture de l'Université Grenoble Alpes (renseignement au 04 76 81 61 90), "Campus des arts" propose à l'année des visites guidées et gratuites afin de découvrir les 40 sculptures dissimilées sur le campus. Tu pourras y croiser la trace de Venet, Morellet ou encore Leveque, qui ne sont pas des noms d'oiseaux mais bien des artistes contemporains.

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En bref

ACTUS | Quoi de neuf ? Du côté de la mairie Début septembre, nous avions rencontré Corinne Bernard, nouvelle adjointe aux cultures de Grenoble, pour causer avec (...)

Aurélien Martinez | Mardi 30 septembre 2014

En bref

Quoi de neuf ? Du côté de la mairie Début septembre, nous avions rencontré Corinne Bernard, nouvelle adjointe aux cultures de Grenoble, pour causer avec elle de la future politique culturelle de la municipalité. On avait publié l’intégralité de l’interview, en gardant seulement sous le coude les questions relatives aux arts plastiques. Les voici ! Sur la demande du directeur du Musée de Grenoble quant à la construction d’une nouvelle aile dédiée au XXIe siècle, l’élue l’entend mais assure que si ça se fait, ce sera au niveau de la communauté d’agglo – donc pas tout de suite vu que la compétence culturelle de la Métro n’est toujours pas actée! Corinne Bernard explique aussi réfléchir avec le musée à des résidences d’artistes – « notre équipe est plus sur l’aide aux artistes vivants ». Sur les artistes vivants grenoblois justement, elle assure qu

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Musée de Grenoble : J’ai 20 ans

ACTUS | Le 29 janvier 1994 était inauguré le flambant neuf Musée de Grenoble. Pour célébrer cet anniversaire, quatre jours de gratuité et d’animations sont organisés. Mais avant de se (re)plonger dans l’une des plus impressionnantes collections d’œuvres d’art en Europe, on est allés poser quelques questions à Guy Tosatto, actuel directeur des lieux. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 24 janvier 2014

Musée de Grenoble : J’ai 20 ans

Le Musée de Grenoble a vingt ans. Enfin, le bâtiment actuel, puisque le musée, lui, date de 1798. Mais plus qu’un changement de maison (au revoir la place de Verdun et ce que l’on appelle aujourd’hui l’Ancien Musée de peinture), ce déménagement a surtout été synonyme de « cap » comme l’explique Guy Tosatto, directeur des lieux depuis 2002. « Ça a représenté un bond en avant dans la présentation des collections. » Le nouvel espace, trois fois plus important que l’ancien (18 000 mètres carrés), a permis de sortir bon nombre d’œuvres des réserves. « Aujourd’hui, tous les chefs-d’œuvre sont bien là pour ce qui est de l’art ancien et de l’art moderne [Rubens, Courbet, Renoir, Matisse... – ndlr]. Pour l’art contemporain, c’est plus discutable, car la notion de chef-d’œuvre évolue avec le temps. » Dans ce domaine, quelque 900 pièces sont exposées, avec un système de rotation. Ce qui est tout de même insuffisant aux yeux du directeur, qui aimerait à l’avenir disposer d’une nouvelle aile uniquemen

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Musée en fête

ARTS | L’exposition Sigmar Polke, au Musée de Grenoble, finira de la meilleure des façons avec la célébration des 20 ans du bâtiment à la fin du mois de janvier. Pour (...)

Charline Corubolo | Vendredi 10 janvier 2014

Musée en fête

L’exposition Sigmar Polke, au Musée de Grenoble, finira de la meilleure des façons avec la célébration des 20 ans du bâtiment à la fin du mois de janvier. Pour l’occasion, de nombreuses animations sont prévues du jeudi 30 janvier au dimanche 2 février, pour la majorité gratuites. Visites commentées, ateliers ou encore projections, autant de manifestations qui permettront de découvrir l’importante collection du musée, avec pas moins de 900 œuvres. Allant des fonds d’antiquités égyptiennes jusqu’à l’art contemporain, la diversité est au rendez-vous et l’accent est mis sur l’histoire de la peinture occidentale du XIIIe au XXIe siècle, avec l’un des ensembles les plus denses d’Europe. Pour prolonger votre soif de découverte, le cycle consacré au cabinet graphique mis en place en 2010 reprendra en mars avec pour thématique cette fois les dessins nordiques. L’exposition La pointe et l’ombre mettra en lumière les plus belles feuilles de maîtres de Rembrandt à Ridinger. Un trait qui se balade du XVIe à la fin du XVIIIe siècle, pour un panorama qui s’annonce riche.

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Un été au Musée de Grenoble

ARTS | Rendez-vous sur le Facebook du Petit Bulletin à partir du 1er août

Aurélien Martinez | Mardi 23 juillet 2013

Un été au Musée de Grenoble

Les expos temporaires des musées, c’est bien. Elles permettent de mettre en avant un artiste, un courant, une thématique... Au fil des semaines, le Petit Bulletin vous propose donc des critiques sur les expositions qui font l’actualité dans la région. Mais ces événements spéciaux ne doivent pas faire oublier qu’un musée, c’est aussi des collections permanentes, visibles à l’année. Cet été, nous avons donc décidé de mettre en avant des œuvres piochées dans les collections du Musée de Grenoble, sans doute l’un des plus importants et passionnants musées de France (voire d’Europe). À partir du 1er août, découvrez tous les deux jours sur le Facebook du Petit Bulletin, à midi pile, un zoom sur l’un des trésors connus et moins connus qui ont attiré notre attention et attisé notre curiosité… De Fantin-Latour à Matisse, en passant par Soulages et Warhol, le musée regorge de pièces maîtresses de l’histoire de l’art. Suivez-nous sur Facebook pour découvrir au fil des jours notre sélection. Et que les récalcitrants au réseau social se rass

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Partenaires particuliers

ACTUS | En décembre dernier, le Musée de Grenoble a enrichi sa collection d'art moderne avec le petit format en papier collé "Verre" de Pablo Picasso. Une acquisition impossible sans le soutien de son Club de mécènes qui a financé l'achat de cette toile rare et onéreuse (750 000 euros) pour plus des deux tiers. Coup de projecteur sur ce modèle de partenariat privé, devenu un atout puissant du musée et un exemple de mécénat qui fait ses preuves. Christine Sanchez

Christine Sanchez | Lundi 14 janvier 2013

Partenaires particuliers

C'est en 2010 que le Club des mécènes du Musée de Grenoble a vu le jour, à l'initiative du député maire Michel Destot qui a voulu fédérer les principaux entrepreneurs investis sur le territoire local pour mettre en place un pôle de partenaires privés et favoriser le rayonnement culturel de la ville. Depuis, ce club fonctionne « en harmonie » avec la direction du Musée, sous la présidence du grand industriel lyonnais Alain Mérieux. Composé de trois membres fondateurs (bioMérieux, la Caisse d'Epargne Rhône-Alpes, la Fondation Schneider Electric) et de deux partenaires (Le Crédit Agricole Sud Rhône-Alpes, Soitec), il a deux objectifs majeurs : acquérir de nouvelles œuvres d'art et accroître la visibilité régionale et nationale du Musée. Des missions bien remplies, selon Danièle Houbart, chargée du mécénat au Musée de Grenoble. « Ce mécénat d'entreprise est un plus financier de poids, sans lequel les acquisitions des deux grandes œuvres que sont Le Songe de Jacob de Gioacchino Assereto et le collage cubiste Verre de Pablo Picasso n'auraient pas été imaginables. Le Club nous permet encore d'atteindre d'autres publics, en allant bien au

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Awards 2012 expo

ARTS | L’award de la meilleure exposition : Philippe Cognée au Musée de Grenoble Le Musée de Grenoble est un joyau local (voire plus), dirigé par un Guy Tosatto qui (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 19 décembre 2012

Awards 2012 expo

L’award de la meilleure exposition : Philippe Cognée au Musée de Grenoble Le Musée de Grenoble est un joyau local (voire plus), dirigé par un Guy Tosatto qui sait concevoir des expositions intelligentes sur des figures passionnantes de l’histoire récente de l’art. La dernière en date, visible jusqu’au 3 février, met en avant l’œuvre singulière de Philippe Cognée, peintre français qui s’inscrit dans la lignée d’artistes comme Gerhard Richter, exposé quant à lui en 2009. Un travail précieux très habilement mis en espace. Étaient également en lice pour obtenir ce (prestigieux) prix : Marc Desgrandchamps au Vog, Kimura au Musée Hébert (jusqu’au 6 janvier 2013), et

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Collections à Durée Indéterminée

ARTS | C’est le propre des collectionneurs dans le domaine privé, et celui des musées dans le domaine public : préserver et acquérir les œuvres d’art qui, au fil du temps, constituent les témoins de l’évolution des civilisations. A Grenoble, plusieurs musées tiennent ce rôle fondamental, mis en lumière lors d’évènements comme celui de la Nuit des musées de ce week-end… Laetitia Giry

Laetitia Giry | Lundi 14 mai 2012

Collections à Durée Indéterminée

Le statut de l’objet d’art par rapport aux autres productions artistiques est de fait particulier. Le théâtre et la danse offrent une œuvre qui correspond à un moment et ne peut qu’être éphémère, le cinéma s’appréhende par l’intermédiaire d’un support qui enregistre et diffuse, la musique propose les deux à la fois… L’œuvre plastique, elle, est par définition matérialité suprême, à laquelle l’homme confère un certain sens, une certaine forme. A partir de ce postulat, les phénomènes de vente, échange et conservation de ces objets deviennent les pendants de leur création. Legs, dons, achats, vols, confiscations : chaque époque voit se développer des intérêts différents, se cristalliser des problématiques nouvelles, un marché de l’art à son image (comme le prouve la bulle spéculative de nos temps voraces et démesurément fascinés par l’argent). Les collections peuvent se vanter d’être un véritable patrimoine et un outil d’absorption du contemporain. Et, malgré les évolutions incessantes, persiste une certitude : celle de toucher là à un enjeu de civilisation, autant culturel qu’essentiel. Le privilège grenoblois Si le Musée de Grenoble jouit d’une réputation nation

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Awards 2011 exposition

ARTS | L’award de l’expo blockbusterLe hors-les-murs du fameux et parisien Centre Pompidou sur Chagall et l’avant-garde russe (il ne fallait pas oublier la (...)

François Cau | Lundi 19 décembre 2011

Awards 2011 exposition

L’award de l’expo blockbusterLe hors-les-murs du fameux et parisien Centre Pompidou sur Chagall et l’avant-garde russe (il ne fallait pas oublier la seconde partie du titre, sous peine d’être terriblement déçu) a été l’un des grands évènements de l’année culturelle grenobloise – à l’image de ceux qui attirent les foules dans les grands musées parisiens. Il permit d’approcher au mieux l’univers foisonnant de l’artiste, et de contextualiser son art singulier à travers « un dialogue fertile » comme nous l’expliquait en mars dernier Angela Lampe, conservatrice à Beaubourg et co-commissaire de l’exposition. L’award de l’éléganceÉlégance et sobriété sont deux qualificatifs qui conviennent parfaitement à l’univers du peintre Jean-Frédéric Coviaux, que l’on a pu découvrir en février dernier à l’Espace Vallès de

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Tirer à la ligne

ARTS | À l’occasion des trois expositions présentées au Musée de Grenoble, on a rencontré Guy Tosatto, le maître des lieux, pour évoquer avec lui plusieurs sujets d’actualité touchant de près son établissement. Magnéto. Propos recueillis par Aurélien Martinez

François Cau | Vendredi 4 novembre 2011

Tirer à la ligne

Oui, c’est la crise, tout le monde est au courant. Et en cette période d’incertitudes prolongée, la culture n’est pas forcément en odeur de sainteté. Le contexte isérois est à ce titre un exemple probant d’un certain malaise, les acteurs culturels du département (principalement dans le domaine du spectacle vivant) étant fortement mobilisés contre des pouvoirs publics jugés démissionnaires – le conseil général en tête (même si la situation s’est récemment décantée, le département ayant en partie rattrapé ses baisses de subventions pour la plupart des structures – sauf pour celles de la MC2, de la Chambre Philharmonique ou encore des Musiciens du Louvre). Le constat est-il le même au Musée de Grenoble, mastodonte local au rayonnement national ? « Les inquiétudes sont là, comme pour tout le monde » explique le directeur Guy Tosatto, qui l’assure : « le monde des musées est aussi touché. Je n’ai encore jamais rencontré de collègue qui ne me dise pas qu’il a des problèmes soit de réduction budgétaire, soit de réduction d’effectifs. C’est donc un phénomène général, à la fois d’ampleur nationale et internationale. Je rentre des États-Unis, et je vous assure que mes collègu

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Dessins, saison 2

ARTS | Après les feuilles de l’école italienne, voici le fonds graphique français. Le musée de Grenoble présente le deuxième volet de son triptyque consacré aux collections de dessins anciens, avec une exposition très dense et exigeante. REINE PARIS

François Cau | Vendredi 4 novembre 2011

Dessins, saison 2

Un véritable travail de fourmi est à l’origine de l’exposition « L’idée et la ligne ». Pendant près de quatre ans, les mille dessins appartenant au fonds graphique français du musée et issus en grande partie du legs Mesnard ont été étudiés pour qu’en soient finalement extraites cent vingt-cinq feuilles. Quand on y songe, l’élagage a été sévère. Et pourtant, à la fin de l’exposition, le visiteur néophyte se sent légèrement écrasé par le nombre d’œuvres qu’il a vues et il ressortira avec un torticolis s’il a soigneusement lu les textes explicatifs – par ailleurs clairs et synthétiques –, inscrits très haut pour quiconque n’est pas un joueur de basket (ce qui n’est pas le cas de l’auteur de ces lignes). Présentées de manière chronologique, les feuilles s’échelonnent sur trois siècles et offrent l’avantage de montrer comment le dessin s’est autonomisé alors qu’il n’était au départ qu’un outil d’étude, le parent pauvre de la peinture en quelque sorte... Vouet, David et les autres C’est tout l’ennui avec les dessins : le plus souvent, ils sont riquiquis et faits de mille et un détails minuscules qu’il devient difficile d’apprécier en restant debout d

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