Le Rouge et le Noir

| Mercredi 16 mai 2007

Théâtre / La sensualité et la monstruosité. Le rouge et le noir. La lumière et l'obscurité. Le silence et le mouvement. La belle et la bête. Des contrastes, des oppositions, des extrêmes dans cette mise en scène de Un Petit Chaperon rouge de Florence Lavaud aux partis-pris visuels. En effet, aucune parole ne vient déranger cet univers profond et silencieux, architécturé par des mouvements et des gestes. Son interprétation du conte Le petit Chaperon rouge s'apparente au fantasme féminin : onirique et violent, c'est un monde mental qui se construit par touches fugitives. À savoir une jeune fille, comme tant d'autres, (très expressive et fraîche Joke Demaitre), se réveille. Elle se vêt d'une capeline rouge vif et joue, peut-être devant un miroir imaginaire, de sa séduction naissante. L'homme-loup danseur de tango (Xavier Bermudez impavide) la séduit avec ses roses qu'elle cueille comme autant de pièges amoureux. Il y a quelque chose du Nosferatu de Murnau dans cet homme-loup, et la mise en scène évoque à la fois l'expressionnisme allemand et la grandiloquence propre à l'Opéra. La couleur rouge fait le lien entre chaque fondu enchaîné. Ainsi, l'homme engloutit la grand-mère (un mannequin sur chaise roulante) dans son âme écarlate. Le tissu rouge devient le drap, qui devient la robe de tango de la jeune femme. La compagnie Chantier Théâtre livre un itinéraire flottant, inquiétant d'une jeune fille à la conquête de la femme, à la rencontre de l'homme. Les visions esquissées, les passages du noir à la lumière, s'aventurent du côté du fantasme, dessinent les étapes floues et tortueuses d'une jeune fille aux prises avec ses désirs.Séverine DelrieuUn petit chaperon rouge le 15 mai à 19h30 à L'Espace 600

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