À l'intérieur

François Cau | Lundi 15 novembre 2010

Photo : Fabrice Hernandez


Intervenant régulier en Maison d'arrêt depuis plus d'une dizaine d'années, il semblait logique que Bouba Landrille Tchouda, au vu des interrogations qui parcourent son travail de chorégraphe, se penche un jour sur la question de l'enfermement. C'est désormais chose faite avec sa nouvelle création, Murmures, un duo aux côtés du danseur Nicolas Majou présenté la semaine dernière au Théâtre National de Chaillot, et cette semaine à La Ponatière d'Echirolles, dans le cadre de JeudIsèreDanse. Pas question pour autant de plonger tête la première dans les nombreux clichés trop souvent utilisés pour restituer l'âpreté de l'univers carcéral : « Je n'avais pas envie de dire « c'est une pièce sur la prison », de mettre des barreaux aux fenêtres, de rentrer dans un schéma où un danseur joue le méchant et l'autre le gentil… Je voulais au contraire me protéger un peu de ça, prendre du recul, éviter d'être trop dans le jugement, ou dans l'émotion… Ce que j'ai simplement voulu livrer, c'est la douleur d'être enfermé. À certains moments d'ailleurs, on a plus l'impression de voir un hôpital psychiatrique, à d'autres des personnes handicapées, enfermées dans leur corps… » Si l'on n'a pu voir pour l'heure qu'un extrait, incomplet et non définitif, de cette nouvelle création, force est de reconnaître que le chorégraphe semble avoir une nouvelle fois atteint son objectif. Tension, douleur, frustration, peur, colère, lassitude, énergie, tendresse même parfois, s'expriment bien au travers des mouvements des deux danseurs, influencent leurs interactions, rythment leurs circonvolutions physiques et mentales... Mais toujours de façon ambivalente, ambiguë, et sans jamais céder aux attentes du spectateur sur le sujet. Et l'on retrouve justement là ce qui fait l'une des grandes forces du travail de la compagnie Malka depuis ses débuts : cette capacité à exprimer par la danse des émotions puissantes, indicibles, mais également à faire confiance au ressenti du spectateur, en dépouillant mouvements et scénographie de toute dimension trop démonstrative plutôt que de lui livrer une sage chorégraphie prémâchée. Un courage artistique qu'on aimerait retrouver plus souvent… DG

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Un petit miracle télévisé

Danse | "Miracles", le très beau dernier spectacle de Bouba Landrille Tchouda, est un peu sorti de l’ombre, il y a deux grosses semaines, à l’occasion d’une représentation professionnelle à la MC2. Toujours coupés du public, le chorégraphe grenoblois et ses danseurs seront les invités d’un programme télévisé lundi 29 mars.

Martin de Kerimel | Samedi 27 mars 2021

Un petit miracle télévisé

« Nous avions réussi à créer Miracles après le deuxième confinement. Une série de représentations devait suivre. Tout est tombé à l’eau et, malgré un bon accueil de la presse nationale, nous nous retrouvons avec une pièce que personne n’a vue. Nous sommes privés de ce que j’aime : présenter nos spectacles au plus grand nombre. » Ainsi nous parlait Bouba Landrille Tchouda au début du mois de février dernier, frustré de devoir subir la crise sanitaire et renoncer à présenter son travail dans des conditions "normales". Bien que les choses n’aient pas évolué sur ce point, le chorégraphe grenoblois sera mis en avant lundi 29 mars, à la télévision. Avec sa compagnie, Malka, il sera l’un des invités de Culturebox l’émission, le programme de la chaîne éphémère, animé par Daphné Bürki et Raphäl Yem à partir de 20h10. D’après nos informations, cela permettra de montrer un extrait de Miracles. « Une danse sous influence » Cette pièce met

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En attendant le public... (épisode 2)

SCENES | L'équipe du Petit Bulletin est repartie à la rencontre des compagnies de théâtre et de danse pour recueillir leurs impressions sur la crise sanitaire et l'évolution de leur travail au quotidien. Cinq d'entre elles nous ont répondu pour témoigner de leurs incertitudes persistantes, mais aussi, parfois, d'un relatif optimisme.

La rédaction | Vendredi 5 février 2021

En attendant le public... (épisode 2)

Yoann Bourgeois – Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) « C’est difficile car cette crise a touché le cœur de nos activités. Mais c’est aussi difficile pour moi de dire que c’est difficile parce que je sais que beaucoup d’autres sont plus impactés que nous au CCN2, qui sommes une institution assez solide économiquement. Même si, bien sûr, notre économie repose beaucoup sur la diffusion – on tournait énormément –, presque totalement à l’arrêt depuis un an. » Pour Yoann Bourgeois, codirecteur du Centre chorégraphique national de Grenoble (en binôme avec Rachid Ouramdane), cette crise sanitaire a chamboulé énormément de choses, notamment au niveau artistique puisque trois de ses créations sont en suspens : Hurricane, pour le ballet de l’Opéra de Göteborg en Suède, répétée entre janvier et mars 2020 mais qui n’a pu pour l’instant être jouée que le soir de la première en mars (on devrait cependant la voir la saison prochaine à la MC2) ; I wonder where the dreams I don't remember go, pour la fameuse

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12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Panorama de rentrée culturelle 2020/2021 | Avec des chorégraphes qu'on connaît (très) bien, des nouvelles têtes, des reprises... Il y aura de quoi faire cette saison dans l'agglomération grenobloise !

Aurélien Martinez | Lundi 19 octobre 2020

12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Miracles Le très productif chorégraphe hip-hop (mais pas que) Bouba Landrille Tchouda, qu’au Petit Bulletin nous suivons avec plaisir depuis (presque) ses débuts (on en a écrit des lignes élogieuses sur ses spectacles !), dévoilera cet automne sa nouvelle création. Avec, comme souvent avec lui, une note d’intention pleine de beaux principes – extrait : « dans un dispositif scénique léger, trois interprètes exploreront, dans un va-et-vient entre l’intime et l’extérieur, la question de l’inter-dépendance, qui nous bouscule tout autant qu’elle nous enrichit ». D’accord ! AM Au Grand Angle (Voiron) mardi 10 novembre Au Théâtre municipal de Grenoble jeudi 12 et vendredi 13 novembre Loto3000

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"J’ai pas toujours dansé comme ça" : autoportrait d’un jeune danseur en feu

Danse | Arrivé à Grenoble en provenance du Cameroun alors qu'il n'avait que sept ans, Bouba Landrille Tchouda danse depuis qu'il est enfant. D'où l'idée et l'envie de présenter un solo sur son parcours.

Aurélien Martinez | Mardi 28 janvier 2020

« On n’avait pas besoin de cours de danse, on se jetait juste par terre sur le bitume et c’était tout de suite génial. On dansait pour être ensemble. » Son arrivée gamin à Grenoble depuis le Cameroun et le froid inattendu qui l’a saisi ; sa découverte de la danse et notamment de la capoeira qui a enrichi son hip-hop ; son premier spectacle vu au Cargo (aujourd’hui MC2) qui le fit carrément pleurer ; les rencontres qui, ensuite, changèrent sa vie (notamment Jean-Claude Gallotta)… Avec J’ai pas toujours dansé comme ça, le chorégraphe et danseur Bouba Landrille Tchouda propose un court solo dans lequel il raconte autant qu’il danse ses débuts – il va jusqu’en 2001, année de la fondation de la compagnie Malka. Un solo qui, paradoxalement, peut parler autant à celles et ceux qui le fréquentent et connaissent la vie culturelle grenobloise qu’aux autres, tant sa narration et ses questionnements embrassent large. Bouba Landrille Tchouda ne réécrit pas son histoire pour se donner le beau rôle, ce qui donne une réelle sincérité

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Danse : nos huit coups de cœur de la saison

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Un programme entre solo, chorégraphie de groupe, reprise bienvenue ou encore concours tourné vers l'avenir.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Danse : nos huit coups de cœur de la saison

Vertikal À chaque spectacle, Mourad Merzouki confronte la danse hip-hop à une difficulté qui lui donne matière à création. Ce furent la musique baroque (Boxe, boxe), les arts numériques (Pixels) ; voici qu'il titille la verticalité du plateau avec des murs mouchetés de prises d'escalade et des déplacements latéraux. Si, au début, ses danseurs sont trop la démonstration de tous les mouvements possiblement réalisables avec cette contrainte et que le chorégraphe multiplie les séquences de danse qu'il superpose (on ne sait plus où et qui regarder), peu à peu, il oublie l'épate et se dégage alors une sensation d'apesanteur : les interprètes s'emparent des accroches du mur avec une facilité feinte. Et sa troupe respire avant d'embrayer sur un bouquet final saisissant. À la MC2 du mercred

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Avec Bouba Landrille Tchouda, les amateurs mènent la danse

Danse | Samedi 2 juin aura lieu à l’Heure bleue la première de "Vies violences – Les gens d’à côté", création montée par la compagnie Malka avec des danseurs amateurs. Le chorégraphe Bouba Landrille Tchouda nous en dit plus.

Alice Colmart | Mardi 29 mai 2018

Avec Bouba Landrille Tchouda, les amateurs mènent la danse

Au Petit Bulletin, on connaît bien le travail entre hip-hop et danse contemporaine du chorégraphe Bouba Landrille Tchouda. Mais avec Les gens d’à côté, deuxième épisode de son triptyque Vies violences, ce dernier a changé de créneau. « C’est un projet qui me tenait à cœur depuis la création de la compagnie Malka. Je voulais construire un spectacle réunissant seulement des amateurs dont aucun ne serait auditionné à l’avance » nous explique-t-il. Ainsi, depuis plusieurs mois, des jeunes participants venus de Grenoble, Échirolles et Saint-Martin-d’Hères répètent ensemble sur le thème sensible qu’est la violence. « On a réfléchi en groupe sur ce qui pouvait nous interpeler, nous comme nos voisins, comme étant violent. Et on a monté une chorégraphie qui ne raconte pas la violence mais esquisse des sensations de violence...» Des danseurs, des vrais Si le travail mené tout au long des répétitions avec ces amateurs « n’a pas été le même qu’avec des professionnels », Bouba Landrille Tchouda n’a pourtant pas lésiné sur le niveau d’exigence. « Tu nous

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Le hip-hop dans la chair avec le festival Hip-Hop don’t stop

Danse | Du jeudi 16 au dimanche 19 février, le hip-hop va briller à Saint-Martin-d’Hères avec la première édition du festival Hip-Hop don’t stop. On vous en dit plus.

Charline Corubolo | Mardi 14 février 2017

Le hip-hop dans la chair avec le festival Hip-Hop don’t stop

Pour les aficionados, Saint-Martin-d’Hères est le terreau fertile du hip-hop depuis la fin des années 1980. Mais pour le quidam, cette commune n’est pas forcément connue comme le terrain de jeu des breakers. Pour réveiller cet esprit, Vincent Villenave de l’Heure bleue, ainsi que la compagnie martinéroise Citadanse, organisent du 16 au 19 février le festival Hip-hop don’t stop. Le chorégraphe et danseur Bouba Landrille Tchouda est le parrain de cette première édition qui s’annonce riche et table sur la transmission. Du jeudi au samedi, sur la scène de l’Heure bleue, se succéderont plusieurs créations locales et nationales, avec cette volonté de dévoiler un hip-hop contemporain allant au-delà de la danse pour questionner le regard. On retrouve ainsi le jeudi Citadanse avec Quand le regard parle, la compagnie A-tika pour un hip-hop féminin et les Lézards Dorés qui s’aventurent sur le registre de Bach. Le vendredi, c’est la compagnie Dyptik qui nous entraîne Dans l’engrenage. Et comme il n’y a pas de hip-hop sans battle, huit crews s’affronteront

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Un autre à toutes les sauces

SCENES | On l’a déjà écrit, mais qu’importe : oui, les notes d’intention de certains spectacles de danse ressemblent à des dissertations de philo élaborées à coups de (...)

Aurélien Martinez | Mardi 11 mars 2014

Un autre à toutes les sauces

On l’a déjà écrit, mais qu’importe : oui, les notes d’intention de certains spectacles de danse ressemblent à des dissertations de philo élaborées à coups de poncifs censés légitimer une démarche. La Preuve par l’autre, dernière création du passionnant Bouba Landrille Tchouda (ex artiste en résidence à la Rampe), en est une belle illustration. Le chorégraphe a de nouveau choisi le thème de l’altérité pour une pièce construite autour de trois points de vue : le sien donc, mais aussi ceux des chorégraphes Farid Berki et Anne Nguyen. À lui ensuite de lier l’ensemble, avec cette idée de l’autre comme fil conducteur. Pourquoi pas… Sauf que certains passages sont on ne peut plus didactiques, illustrant platement le sujet, ou travaillés simplement pour faire un tout (et ne pas donner l’impression d’assister à trois pièces différentes), quand d’autres semblent dégagés de toute contrainte. C’est justement dans ceux-c

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"Têtes d’affiche" : Bouba Landrille Tchouda en haut du podium

Danse | Après le défi conséquent que constituait Un Casse-noisette, précédente pièce de la compagnie Malka présentée en décembre à la MC2, il pourrait être aisé de voir en Têtes (...)

Damien Grimbert | Vendredi 29 mars 2013

Après le défi conséquent que constituait Un Casse-noisette, précédente pièce de la compagnie Malka présentée en décembre à la MC2, il pourrait être aisé de voir en Têtes d’affiche une simple respiration. À tort. Porté plus ou moins par les mêmes interrogations que dans ses précédents travaux (notre rapport à l’autre et les motivations profondes qui influent sur l’évolution de celui-ci), Bouba Landrille Tchouda en offre pourtant à travers cette nouvelle pièce une déclinaison inédite, qui passe par un retour à une forme plus épurée, mais également une approche plus émotionnelle et directe. En s’appuyant sur un groupe témoin, une communauté de fait ne reposant sur aucun lien préétabli, il observe, partagé entre empathie et ironie rieuse, la quête d’identité individuelle forcenée et ses différentes manifestations, du besoin inné de séduction à la compétitivité exacerbée, en passant par la nécessaire mise à nu et les risques qu’elle induit. Résumé ainsi, cela pourrait paraître pesant, mais il n’en est pourta

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Bouba light

SCENES | La pièce Têtes d’affiche, créée juste avant Un Casse-noisette et encore inédite dans la région, « parle du besoin parfois maladif de tout faire dans la vie pour (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 9 janvier 2013

Bouba light

La pièce Têtes d’affiche, créée juste avant Un Casse-noisette et encore inédite dans la région, « parle du besoin parfois maladif de tout faire dans la vie pour être le premier, même s’il faut écraser l’autre » comme nous l’expliquait Bouba Landrille Tchouda en décembre dernier. Un travail beaucoup moins lourd que son précédent (Un Casse-noisette donc), à découvrir le 15 février à l’Espace Paul Jargot de Crolles, et le 5 avril à l’Amphithéâtre du Pont-de-Claix.

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L’étrange Noël de Mister Bouba

SCENES | Le chorégraphe estampillé hip-hop Bouba Landrille Tchouda débarque avec sa version du ballet "Casse-noisette", qu’il a tout simplement intitulée "Un Casse-noisette". Un spectacle élancé et coloré qui surprend autant qu’il séduit. Rencontre. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 30 novembre 2012

L’étrange Noël de Mister Bouba

À Grenoble, on connaît bien Bouba Landrille Tchouda, toutes ses créations ayant été présentées dans l’agglo (notamment à la Rampe d’Échirolles, où il fut en résidence pendant huit ans). Aujourd’hui, plus de quinze ans après ses débuts à Saint-Martin-d’Hères, le chorégraphe à la tête de la compagnie Malka monte Casse-noisette, l’un des incontournables de l’histoire de la danse : une surprise, tant ses précédentes chorégraphies semblent loin de l’univers du ballet-féerie de Tchaïkovski datant de 1892. « Je suis arrivé à un moment de mon parcours où j’ai éprouvé le besoin de me confronter à ces œuvres qui traversent les temps sans jamais être écorchées. Et il y a eu tellement de versions que je me suis senti assez libre et tranquille d’en proposer une nouvelle. » Un projet qui murissait en lui depuis dix ans, et qu’il se sent capable d’assumer, aujourd’hui. « C’est une pièce très différente dans mon parcours, c’est presque un ovni. Toutes mes précédentes pièces sont issues de mon imagina

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Du côté de Bouba

SCENES | Le secteur de la danse repose sur une économie fragile. Des chiffres mis en avant par la NACRe (Nouvelle agence culturelle régionale) montrent que la durée (...)

Aurélien Martinez | Lundi 19 novembre 2012

Du côté de Bouba

Le secteur de la danse repose sur une économie fragile. Des chiffres mis en avant par la NACRe (Nouvelle agence culturelle régionale) montrent que la durée de vie d’une création en Rhône-Alpes est d’environ deux représentations, quand on monte à sept pour le théâtre. Un constat lapidaire datant déjà de cinq ans, qui masque pourtant une réalité plus disparate : ce n’est pas parce qu’un spectacle tourne que tout roule. Ainsi, qu’en est-il des artistes qui, aujourd’hui, semblent avoir une renommée suffisante pour pouvoir créer librement ? Eh bien ils doivent aussi se battre, comme nous l’explique Carlos Orube-Caldevilla, administrateur de la compagnie Malka de Bouba Landrille Tchouda. Ce dernier est un artiste isérois qui fut notamment en résidence à la Rampe d’Échirolles, qui participa à la première édition de [re]connaissance en 2009, et qui vient de créer Un Casse-Noisette, sa version du ballet convoquant cette fois-ci l’esthétique hip-hop. Sur le plateau, douze danseurs : un choix que tous les chorégraphes ne peuvent pas se permettre. « Monter une pièce avec douze interprètes, c’est un projet important pour une compagnie indépendante assure C

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Une famille en or

SCENES | Deuxième spectacle pour Aurélia Thierrée, artiste issue d’une famille attachée aux arts du cirque : les Chaplin-Thierrée. Chaplin, oui, comme Charlie Chaplin, (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 13 janvier 2012

Une famille en or

Deuxième spectacle pour Aurélia Thierrée, artiste issue d’une famille attachée aux arts du cirque : les Chaplin-Thierrée. Chaplin, oui, comme Charlie Chaplin, figure tutélaire qui donna entre autres naissance à Victoria Chaplin, qui deviendra Victoria Chaplin-Thierrée en épousant le pluridisciplinaire Jean-Baptiste Thierrée. Ensemble, ils fondèrent Le Cirque bonjour, puis Le Cirque imaginaire, qui deviendra ensuite Le Cirque invisible. Et ensemble, ils ont eu deux enfants : James Thierrée, artiste prodigieux auteur de spectacles renversants, et Aurélia Thierrée, qui nous intéresse aujourd’hui puisqu’elle présentera son Murmures des murs jeudi 19 et vendredi 20 janvier à l’Hexagone de Meylan. Une création toujours conçue par sa mère, et que l’on nous présente comme la reconstruction sur scène d’un monde étrange, onirique et hypnotique, imbibé de cirque, danse et théâtre. Au vu des autres spectacles des Chaplin-Thierrée que nous avons pu voir, on place beaucoup d’espoir dans ce Murmures des murs. AM

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« Cet environnement m’a beaucoup fait grandir »

SCENES | Rencontre avec Bouba Landrille Tchouda

Damien Grimbert | Lundi 15 novembre 2010

« Cet environnement m’a beaucoup fait grandir »

Danseur hip-hop autodidacte, Bouba Landrille Tchouda entame son parcours de chorégraphe en 1995, année où il fonde sa première compagnie, ACA avec Habib Adel, et crée sa première chorégraphie, le duo Hold-Up. Peu de temps après il fait la rencontre de Jean-Claude Gallotta, puis de Colette Priou, auprès desquels il approfondit sa curiosité pour la danse contemporaine. Nous sommes en 1996, et le maire de Saint-Martin-d'Hères découvre soudainement, via un article de Libé, que deux jeunes du coin viennent régulièrement mettre le feu aux festivals hip-hop parisiens. « D’un coup, les gens ont commencé à s’intéresser à nous, à trouver qu’on était des jeunes intéressants, pas des voyous, ou en tout cas pas totalement...» À partir de 1998, Bouba rejoint la compagnie Accrorap, alors basée à Besançon, puis 3 ans plus tard, en 2001, fonde la compagnie Malka aux côtés d'Eric Mezino. S'en suit la première création de la compagnie Paroles de Sable, Paroles de Vent. Puis Mezino déménage à Niort, laissant Bouba seul aux commandes. En 2004, nouveau tournant pour le chorégraphe. Alors directrice de la Rampe, Eliane Baracetti lui propose

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En quête

SCENES | Danseur chorégraphe et directeur artistique de la compagnie Malka, Bouba Landrille Tchouda présente à la Ponatière d’Echirolles sa nouvelle création, Murmures et termine dans quelques mois sa résidence à La Rampe. On l’a rencontré pour faire le point. Propos recueillis par Damien Grimbert

François Cau | Lundi 15 novembre 2010

En quête

Petit Bulletin : À quel moment avez-vous décidé de tout investir dans la danse ?Bouba Landrille Tchouda : Au moment où je me suis rendu compte que je pouvais dire des choses avec ma danse, sans parler, sans ouvrir la bouche, simplement en dansant. C’est à ce moment-là que la danse a commencé à devenir quelque chose de sérieux pour moi. Je n’ai jamais vraiment été un bon orateur, au contraire, parler en public me foutait un trac de fou. La danse hip-hop m’a permis de me découvrir, de voir que j’étais quelqu’un, que j’existais moi aussi, que je pouvais parler, dire des choses, et pas que des choses légères, avec cette danse-là. Le premier déclic, ça a été le "freestyle", le cercle dans lequel tu dois passer. Il s’est passé 5 ans entre le moment où j’ai commencé à danser hip-hop, et le moment ou je suis passé pour la première fois dans le freestyle. Tellement j’angoissais, tellement j’avais peur de mal faire, tellement je croyais que mon cœur allait s’arrêter. La première fois que je suis passé là-dedans, je me suis senti… fort, je me suis dit "plus rien ne peut m’atteindre", il y a une barrière immense qui est tombée. J’allais toujours à l’é

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The who’s who

SCENES | Au Petit Bulletin, on connaît bien le travail de quatre compagnies sélectionnées. On vous les présente, en touchant deux mots des huit autres pour ne pas être accusés de favoritisme ! AM et JED

Christophe Chabert | Vendredi 20 novembre 2009

The who’s who

Effet de chocs On a souvent pu croiser la compagnie Lanabel dans l’agglo (et ailleurs) au cours des dix dernières années. Pour Reconnaissance, Annabelle Bonnéry et François Deneulin (ils travaillent ensemble) présenteront un extrait de RAW.A.R, leur dernière création ayant pour thème principal le conflit. La chorégraphie, que nous avons pu découvrir la semaine dernière, se fait donc physique et violente : les trois danseurs (dont Annabelle Bonnéry elle-même, qui reprend le rôle de Marie Fonte pour ce week-end, cette dernière étant monopolisée par L’Homme à tête de chou) sont en tension permanente les uns par rapport aux autres, travaillant sur le choc et son intensité. Pour info, la pièce sera donnée dans son intégralité en janvier à l’espace Paul Jargot de Crolles et en mai à la Rampe. Vendredi à 18h30 L'homme qui tombe à Pick Né en 1970 en Israël, ancien danseur d'Ohad Naharin et du Ballet de l'Opéra de Lyon, Yuval Pick fonde sa propre compagnie, The Guest, en 2001. Il est à la fois un chorégraphe de l'abstraction et du plus concret des possibilités du corps humain. Expliquons ce paradoxe : à travers ses pièces (une de

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La nuit au musée

SCENES | Le chorégraphe Bouba Landrille Tchouda poursuit avec Meia Lua son exploration d’une danse hip hop affranchie de toute frontière. FC

François Cau | Lundi 2 novembre 2009

La nuit au musée

Pour avoir suivi son parcours au fil des ans, on peut le dire : la trajectoire de Bouba et de sa compagnie Malka s’est affirmée au contact de la culture brésilienne. De la première battle avec des danseurs des rues à la découverte de la capoeira grâce à des pédagogues sociaux du cru, son style s’est imprégné de ces expressions chorégraphiques, dans une dynamique d’échange artistique se nourrissant des fondamentaux de la culture hip hop. Car oui, le danseur chorégraphe a beau désormais se représenter dans des salles imposantes, il n’en a pas pour autant oublié d’où il venait, et revendique pleinement son héritage tout en cherchant à le renouveler. Et cela passe nécessairement, dans son acception de la discipline, par la rencontre et le partage avec l’autre, cet inconnu aux velléités artistiques si puissantes. Sa première collaboration avec des danseurs brésiliens, Malandragem, se posait comme un hommage on ne peut plus vivant, ludique et malicieux à la débrouille quotidienne, à ces gosses des rues qui choisissent d’exprimer leur mal-être par le biais chorégraphique, dans des contextes où la pression sociale intimerait plutôt de prendre la voie des armes. Meia Lua, travail de long

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Tous ensemble

SCENES | Sur la scène, disposés par-ci par-là, un canapé, une table basse et un frigo. Et puis six jeunes au centre, vêtus de tee-shirts et pantalons multicolores. Ça (...)

François Cau | Lundi 9 février 2009

Tous ensemble

Sur la scène, disposés par-ci par-là, un canapé, une table basse et un frigo. Et puis six jeunes au centre, vêtus de tee-shirts et pantalons multicolores. Ça ressemble à une grosse collocation où ça s’apostrophe, s’engueule, s’ignore : bref, où ça vit. Avec Regarde-moi, sa troisième création dans le cadre de sa résidence échirolloise, Bouba Landrille Tchouda s’intéresse, avec sa compagnie Malka, aux relations entre les êtres humains d’aujourd’hui. Dans ce huis clos dansé créé l’année dernière à La Rampe et élaboré avec Pascal Mengelle à la dramaturgie, l’artiste souhaite ainsi mettre en évidence ce qui relie les êtres plutôt que ce qui les divise. Intentions sympathiques, qui se traduisent sur scène par divers tableaux : des solos, des duos, des chorégraphies de groupes. Une énergie débordante, notamment dans certaines scènes scotchantes (notamment une vers la fin, très dynamique et funky), qui s’alternent avec d’autres moments plus calmes, plus doux, où l’on découvre de très bons interprètes. Danseur hip-hop autodidacte, Bouba Landrille Tchouda a ajouté à sa palette, au fur et à mesure de son parcours, la capoeira et la danse contemporaine, ce qui se ressent ici pleine

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