"Une souris grise" : la merditude des choses

SCENES | Avec fidélité, Grégory Faive monte "Une souris grise", un texte de Louis Calaferte à l’humour potache. C’est drôle, vivant, agité, voire même acide par moments. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 26 avril 2012

Photo : Petra Körösi


Ça commence par une scène surprenante : un enfant se plaint de gargouillis au ventre. Il désire se rendre expressément aux toilettes, mais son père, malade comme lui à cause d'une rascasse visiblement avariée, s'y trouve déjà. Sa pauvre mère est donc contrainte de gérer la situation comme elle le peut, en essayant de garder la culotte du petit propre. Car c'est que l'on a du monde à déjeuner qui ne devrait pas tarder, et il s'agirait de ne pas faire mauvaise impression à ces invités si importants.

Une souris grise, pièce de l'auteur français Louis Calaferte (1928 – 1994), se place délibérément du côté comique, en jouant sur l'incongruité d'un tel postulat pour une œuvre de théâtre. Le metteur en scène grenoblois Grégory Faive s'inscrit pleinement dans cette veine, n'hésitant pas à surligner les intentions de Calaferte. Ainsi, quand le couple tant attendu arrive – le nouveau puissant patron de Monsieur, accompagné de sa femme –, les comédiens qui les incarnent parlent tous deux avec un accent allemand proche du surjeu. Normal, le couple est allemand.

Servitude volontaire

Mais derrière ce qui pourrait s'apparenter à un simple vaudeville contemporain aux entournures scatos, se cache en vérité un discours beaucoup plus corrosif qu'il n'y paraît. Sur une durée courte (le temps d'un repas), Calaferte met en lumière la férocité et l'absurdité de la comédie humaine. Un monde où l'on se doit d'épouser benoîtement les desiderata des plus puissants que soi, pour leur plaire d'abord, et surtout pour ne pas se voir éjecté de la course. Quitte à se renier au passage, mais qu'importe, le jeu semble en valoir la chandelle.

C'est la France de la seconde moitié du XXe siècle, au moment où la mondialisation rentre violemment dans les foyers des classes moyennes, et où les femmes sont encore considérées comme des ménagère utiles, voire comme des potiches prises simplement en considération via la galanterie. Grégory Faive pointe avec justesse ce sous-texte, tout en essayant de ne jamais faire retomber le rythme imposé par l'auteur (il n'y arrivait pas toujours le soir de la première). Dans un décor très seventies, les comédiens s'y attèlent aussi, certains avec brio. Notamment Émilie Geymond et Benjamin Meneghini, merveilleux mère et fils qui parviennent à imposer de la retenue et de la finesse dans leurs personnages pourtant taillés à la hache.

Une souris grise, jusqu'au samedi 5 mai, au Théâtre 145 (programmation du Tricycle).

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Actifs malgré tout

SCENES | Témoignages. Ils auraient dû retrouver leur public en novembre, mais le second confinement les en a empêchés. On a pris des nouvelles de trois de nos artistes grenoblois préférés.

La rédaction | Mardi 8 décembre 2020

Actifs malgré tout

Grégory Faive On a adoré sa prestation en Kid survolté et bavard dans Western !, la pièce chorale de Serge Papagalli. Grégory Faive (photo) aurait dû être seul sur la scène du Théâtre 145 du 24 au 26 novembre, pour présenter Le discours, une adaptation du roman-monologue de Fabcaro. Il a finalement dû se contenter d’un filage devant un public professionnel, restreint et masqué. Une aubaine cependant pour le comédien, avide de retours sur son travail et ravi de remonter sur scène, même dans ces conditions particulières. Le spectacle devait partir en tournée : quelques dates ont pu être reportées en mai et juin 2021. Avant cela, il sera finalement joué à Grenoble pour trois autres représentations au 145, les 18, 19 et 20 février prochains. On espère avoir l’occasion d’en reparler avec Grégory, tant il a su nous embarquer dans cette histoire folle autour d’un quadra largué par sa copine et qui psychote sévère au cours d’un repas de famille. Assez en tout cas pour nous faire rire, nous émouvoir et nous suggérer que toute ressemblance avec des personnes réellement existantes n’est pas fortuite. / MK Émilie Le Roux

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Voici 23 spectacles pour une saison théâtrale grenobloise variée

Panorama de rentrée culturelle 2020/2021 | Les théâtres de Grenoble et de l'agglomération ont de nouveau dégainé des programmations bourrées de propositions qu'on avait envie de défendre. Suivez-nous ! Par Aurélien Martinez et Nadja Pobel

La rédaction | Mercredi 14 octobre 2020

Voici 23 spectacles pour une saison théâtrale grenobloise variée

Western ! À Grenoble et aux alentours (ce que l’on appelle de par chez nous le Dauphiné), Serge Papagalli est une légende qui foule les scènes de la région depuis maintenant 50 ans. Pour célébrer cet anniversaire comme il se doit, et avant de le croiser fin novembre sur grand écran dans le film Kaamelott (le fameux Guethenoc le paysan, c’est lui) d’Alexandre Astier, notre homme se lance dans le western-spaghetti et théâtral, lui qui revendique fièrement ses origines italiennes. Avec une douzaine de comédiennes et comédiens à ses côtés (dont pas mal de fidèles de chez fidèles toutes générations confondues), son Western ! était forcément très attendu par un paquet de monde. Dont nous. AM À la MC2 du mardi 13 au jeudi 22 octobre Au Théâtre Jean-Vilar (Bourgoin-Jallieu) vendredi 6 et samedi 7 novembre Au

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Drôles de mamans

Humour | De retour à Grenoble, Valérie Vagné et Émilie Geymond s’amusent à secouer le cocotier de la maternité. Les femmes qu’elles incarnent sont sincères, mais bien loin d’être parfaites. Autant en rire avec elles !

Martin de Kerimel | Mardi 17 décembre 2019

Drôles de mamans

Valérie Vagné approche de la cinquantaine. Cela ne la traumatise pas, mais elle raconte – avec le sourire – qu’elle trouve désormais quelque peu incongru d’être sur scène dans un rôle de jeune maman. La plaisanterie dure pourtant depuis une dizaine d’années : c’est en effet en 2010 qu’elle a écrit Les mères veillent, ce spectacle qu’elle joue en duo avec Émilie Geymond, sa fidèle complice en (fausse) indignité maternelle. Pas question d’accabler les comédiennes pour le comportement discutable de leurs personnages : on sait que c’est pour rire ! L’auteure assume un petit côté grinçant, parfois mal compris : sa comparse et elle ont beau s’habiller en rose pour afficher leur fantaisie, il arrive que certains membres du public prennent leurs blagues très au sérieux. Allez savoir, peut-être qu’il n’est pas facile de rire avec celui qui se moque de vos propres travers… Tendre ironie Une mère qui refuse d’aller chercher son enfant perdu dans un grand magasin, une autre qui s’est fait un lifting sans assumer vraiment sa maternité, une troisième qui cache un ballon sous ses vêtements pour avoir une place assise dans le bus… Les différents modèles choisis pa

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"Tout va s’arranger" : délit de suite

Théâtre | On attendait beaucoup de Tout va s’arranger (à voir du mercredi 10 au vendredi 12 avril à 20h l’Heure bleue de Saint-Martin-d’Hères), spectacle que le (...)

Aurélien Martinez | Mardi 9 avril 2019

On attendait beaucoup de Tout va s’arranger (à voir du mercredi 10 au vendredi 12 avril à 20h l’Heure bleue de Saint-Martin-d’Hères), spectacle que le metteur en scène et comédien Grégory Faive présente comme une suite possible de son seul-en-scène à succès (et immense réussite) Pourvu qu’il nous arrive quelque chose, qu’il avait construit d’après un texte de Philippe Torreton sur les coulisses du théâtre. Un prolongement sur le même thème (« un metteur en scène décide de monter La Mouette de Tchekhov à la manière des comédies musicales de Broadway… mais en France… avec les moyens qu’il possède… c’est-à-dire modestes ») avec cette fois Grégory Faive au texte et de nombreux comédiens et comédiennes à ses côtés sur le plateau. Alors certes, tout ceci est sympathique à suivre par moments (le côté vaudeville contemporain notamment), mais l’ensemble n’a jamais vraiment pris le soir où nous l’avons découvert (cet automne), la faute au manque de co

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PB d'or 2018 : spectacle vivant

C'était 2018... | Où l'on sacre une comédienne et une metteuse en scène.

La rédaction | Mardi 18 décembre 2018

PB d'or 2018 : spectacle vivant

Le PB d’or de la comédienne qu’on pourrait récompenser chaque année : Émilie Geymond Agnès Jaoui a bien reçu six César, alors pourquoi Émilie Geymond ne pourrait-elle pas avoir deux PB d’or ? Surtout que son premier remonte à 2012, soit l’année où nous avons créé ces récompenses très subjectives. On l’avait ainsi dinstiguée dans la catégorie « meilleur espoir ». Six ans plus tard, Émilie Geymond est une comédienne reconnue sur la scène théâtrale locale ; et qui illumine pas mal de spectacles avec son approche fine du registre comique. Voire même clownesque, comme dans son seule-en-scène Cléopâtrak qu’elle tourne depuis un an. On peut dire qu’on est fans, oui. Le PB d’or de la metteuse en scène

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"Attraction" : nous sommes deux sœurs siamoises...

Théâtre | La metteuse en scène Valérie Vagné propose, du jeudi 6 au samedi 8 décembre au Théâtre de Poche de Grenoble, un spectacle sur les sœurs Hilton qui, dans les années 1920, ont connu un important succès avant de sombrer dans l'oubli.

Aurélien Martinez | Mardi 4 décembre 2018

On les voit dans le Freaks de Tod Browning, film américain culte sorti en 1932 et titré en France La Monstrueuse parade. Deux sœurs siamoises anglaises reliées par le bassin qui ont été des stars dans les années 1920 avant de sombrer dans l’oubli. C’est cette histoire pleine de hauts et, surtout, de bas que la metteuse en scène et autrice grenobloise Valérie Vagné (compagnie Telkel) a décidé de raconter en s'inspirant, sur le plateau, des codes du music-hall, les deux petites filles ayant été de véritables bêtes de foire rapportant pas mal d’argent à celles et ceux qui les ont prises sous leurs ailes, souvent par opportunisme. Dans un décor jouant sur l’apparition et la disparition, les comédiennes Emmanuèle Amiell et Émilie Geymond campent Daisy et Violet Hilton jusqu’à leurs 60 ans, alors que les médecins ne leur donnaie

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"Le Disque usé" : 10 ans et toujours inusable

Spectacle | La (géniale) compagnie grenobloise Les Chatoyantes va fêter en octobre l'anniversaire de son cabaret déglingué avec une poignée de dates.

Aurélien Martinez | Mardi 16 octobre 2018

C’est un petit spectacle qui a dix ans et que ses trois interprètes (Émilie Geymond, Doriane Salvucci et Sylvie Ducas), regroupées sous le nom de Chatoyantes, vont reprendre dans l’agglomération grenobloise histoire de marquer le coup. « On l’a bien écumé sur Grenoble en 10 ans, mais je pense qu’il y a encore plein de personnes qui ne nous ont pas vues ! » nous assure Émilie Geymond. Ce qui est bien dommage pour ces personnes-là, tant ce Disque usé est une réussite. Sur scène, deux chanteuses de cabaret accompagnées de leur pianiste mutique font tout pour poursuivre une représentation qui leur glisse entre les doigts – à cause du trac, de l’alcool, de soucis d’équilibre… On est donc bien là sur une mise en abyme savoureuse avec cette proposition évoquant un spectacle en train de se faire. Et on est bien là sur du théâtre plus que sur de la musique, même si les comédiennes poussent la chansonnette (sur du Sheila, Mike Brant, Dalida, Frank Sinatra ou encore Édith Piaf) avec convic

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Émilie Geymond : en présence d’une clown

Portrait | Alors qu’elle brille en gouailleuse Môme Crevette dans la mise en scène de "La Dame de chez Maxim" (Feydeau) d’Emmanuèle Amiell, on a rencontré la comédienne Émilie Geymond qui vient tout juste de créer son premier seule-en-scène clownesque baptisé "Cléopâtrak".

Alice Colmart | Mardi 3 avril 2018

Émilie Geymond : en présence d’une clown

Émilie Geymond semble habitée par le clown. Pourtant, derrière son humour ravageur, les accents qu’elle emploie et les diverses expressions de son visage, la comédienne grenobloise de 37 ans cache une profonde timidité. « À l’école déjà, jouer un rôle m’aidait à vaincre mon trac. Je mettais une perruque lors des exposés. Avec cet accessoire, je ne tremblais plus, ça allait directement mieux. » C’est donc tout logiquement perruquée qu’elle se retrouve aujourd’hui sur le plateau pour défendre son premier seule-en-scène Cléopâtrak, dans lequel elle se met dans la peau de la reine d’Égypte. Une réine délurée qui oscille avec brio entre le gag comique (elle trébuche sans cesse) et la tragédie, puisqu’elle tente par-dessus tout de se donner la mort. Un spectacle prometteur créé il y a quelques mois qui commence tout juste sa vie sur les scènes grenobloises – il sera à la Basse cour fin avril, et au Midi / Minuit fin juin. « Je ne sais pas faire autre chose que le clown » Cet art de la mise en scène et cette maîtrise précise des personnages développés dans Cléopâtrak, la comédienne les doit à d

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Grégory et Lagarce, à table

Soirée lectures | Mercredi 14 février, le metteur en scène et comédien grenoblois Grégory Faive proposera une soirée de lectures autour de textes de Jean-Luc Lagarce, l'un des auteurs contemporains de théâtre les plus joués en France.

Aurélien Martinez | Mardi 6 février 2018

Grégory et Lagarce, à table

Le collectif grenoblois Troisième bureau aime bien défendre les auteurs contemporains de théâtre. L’Université Grenoble Alpes aussi. Du coup, pour la quatrième fois consécutive, les deux se sont associés pour une soirée de lectures, cette année consacrée à Jean-Luc Lagarce (photo), comète de la fin du siècle dernier (il est mort du sida en 1995, à 38 ans) qui a laissé derrière lui une œuvre très appréciée par le monde du théâtre – et même au-delà, sa pièce Juste la fin du monde ayant été adaptée au cinéma en 2016 par Xavier Dolan. Aux commandes de ce projet, le metteur en scène et comédien grenoblois Grégory Faive qui, cela tombe bien, a « une affec

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PB d'or 2016 : musique

C'était 2016... | Avec du changement côté Cabaret frappé, des images fortes ou encore une confirmation.

Aurélien Martinez | Mardi 20 décembre 2016

PB d'or 2016 : musique

Le PB d’or de la bonne surprise : la nouvelle configuration du Cabaret frappé En janvier 2016, la Ville de Grenoble convoquait la presse pour annoncer un changement de taille : le Cabaret frappé, festival musical qu’elle organise chaque été au Jardin de Ville, passerait en gratuité totale – contre, auparavant, une première partie sous le kiosque en accès libre et, ensuite, une série de concerts payants sous chapiteau. Une décision politique motivée par un souci de faire évoluer le festival né en 1999, mais surtout par des considérations financières, cette gratuité permettant paradoxalement de réduire pas mal de coûts – plus de chapiteau par exemple. Pourquoi pas, même si, du coup, nous pouvions craindre une édition 2016 au rabais… Sauf que ça ne s’est pas produit, grâce justement à cette nouvelle organisation qui a redonné du souffle au dispositif. Le Jardin de Ville fut ainsi judicieusement repensé par l’équipe organisatrice autour d’une grande scène et d’un bar sous le kiosque, ce qui ne donnait

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Grégory Faive : « On arrive à la centième représentation ! »

SCENES | Cette semaine est programmé à la Basse cour "Pourvu qu’il nous arrive quelque chose", excellent et très drôle seul-en-scène sur les coulisses du théâtre qui tourne depuis cinq ans. Une des dernières occasions de le voir, avant de découvrir la suite. N’est-ce pas Grégory Faive ?

Aurélien Martinez | Lundi 5 septembre 2016

Grégory Faive : « On arrive à la centième représentation ! »

Le spectacle a vu le jour à l’automne 2011 à Eybens. Cinq ans plus tard, vous le jouez toujours : un succès qui doit être agréable ? Grégory Faive : Ce n’est pas désagréable, en effet ! Surtout qu’à chaque fois, on le réinvente : on passe d’un petit à un grand plateau, d’une petite à une grande jauge… C’est toujours une nouvelle aventure. Et puis dans le parcours d’une compagnie où l’on a souvent joué des spectacles quatre ou cinq fois, c’est appréciable de jouer autant, d’avoir un tel accueil où qu’on aille. Vous en êtes à combien de représentations ? On arrive à la centième ! Ce sera à Champ-sur-Drac le 14 octobre pour être précis. Et ensuite ? Là il y a une saison qui est pas mal remplie, mais je pense qu’on arrive progressivement vers la fin de la vie de ce spectacle. Un spectacle qui a permis de poser les jalons pour la suite que je suis en train de préparer… Vous l’écrivez vous-même (Pourvu qu’il nous arrive quelque chose est basé sur un texte de Philippe Torreton) ? Oui. Et ça y est, je m’y suis mis ! La suite

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Grégory Faive : la mort lui va si bien

SCENES | Alors que son seul-en-scène "Pourvu qu'il nous arrive quelque chose" est toujours en tournée quatre ans après sa création, Grégory Faive dévoile une nouvelle fantaisie : "On aurait dû laisser un mot". Une histoire de défunts qui reviennent sur leur vie passée pour un spectacle joyeux, foisonnant et habilement construit. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 13 octobre 2015

Grégory Faive : la mort lui va si bien

« Pas d'anges, pas de harpes, pas de vertes prairies fleuries, c'est des craques que racontait le curé, que des craques. » Amandine Delput, 1856-1919. À ses côtés dans le cimetière de Moret-sur-Raguse, il y a du monde. Tiens, cette tombe, c'est celle d'une femme qui, visiblement, a été très proche de nombreux villageois de sexe masculin. Là, c'est celle d'un homme qui a fini sa vie au fond d’un fossé à purin à cause d’une vache percutée en solex. Et ici, celle d'un jeune révolté mort bêtement, son cocktail explosif en main. Comment le savons-nous ? Parce qu’ils ont tous décidé de se confier. De raconter leur vie, leur mort, leurs rapports les uns aux autres ou, tout simplement, ce qui leur passe par la tête – « Je suis née un 18 mai, je suis morte le 18 mars, comme quoi ! » C'est Patrick Kermann, auteur de théâtre de la fin du XXe siècle, qui a composé cet « oratorio in progress », cette « polyphonie de l’au-delà » qui, en plus d'être souvent jouée, est devenue un incontournable pour tout apprenti comédien – l’écriture atypique, souvent très orale, change de couleur selon le mort aux commandes et offre donc un éventail infini de poss

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Les Journées du patrimoine s'habillent d'art

CONNAITRE | Malgré leur séduisant manteau minéral (ou synthétique!), les vieilles pierres en tout genre ne détiennent pas à elles seules la vérité de l'héritage culturel. Pour la 32e édition des fameuses Journées européennes du patrimoine qui ont lieu ce week-end, une douce brise (im)matérielle et artistique balaie Grenoble et ses alentours avec des propositions variées et porteuses d'audace. Petite sélection subjective centrée sur l’art. Charline Corubolo et Aurélien Martinez

Charline Corubolo | Mardi 15 septembre 2015

Les Journées du patrimoine s'habillent d'art

Paris retrouvée En juin dernier, on avait écrit ici tout le bien que l'on pensait de la dernière exposition du Musée Géo-Charles consacrée à Émile Savitry, photographe oublié du XXe siècle – la photo ci-dessus est de lui. Un artiste qui a magnifiquement su capter l'essence du Montparnasse des années 1930-1950. Découvrir son travail avec une habitante du Paris de ces années-là est donc une aubaine, réalisable pendant ce week-end. Mais une habitante particulière : pas une relique vivante qui viendrait nous conter son histoire, mais un personnage composé spécialement pour l'occasion par la comédienne Émilie Geymond. Connaissant le talent d'interprète de la Grenobloise, qui sait magnifiquement croquer des figures en appuyant fortement certains traits sans que cela fasse trop (la preuve avec son héroïne fétiche Marie-Christine Duval), on ne peut que vous con

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Une saison théâtrale du côté de la scène locale

SCENES | Plusieurs compagnies grenobloises (ou apparentées) reprennent cette saison des spectacles créés les années précédentes. Mais comme ils sont excellents, pourquoi se priver de les (re)découvrir ?

Aurélien Martinez | Mardi 15 septembre 2015

Une saison théâtrale du côté de la scène locale

Ces dernières années, les metteurs en scène grenoblois ont livré des spectacles qui ont connu un succès considérable ici et là. On va passer rapidement sur le cas Grégory Faive et de son Pourvu qu’il nous arrive quelque chose dont on a dit du bien maintes fois – en gros, c’est du théâtre généreux et drôle sur les coulisses du théâtre. Créée en 2011, la pièce sera de retour dans l’agglo pour deux dates : le vendredi 11 décembre à la Faïencerie (La Tronche) et le jeudi 14 janvier au Grand Angle (Voiron). Une autre aventure théâtrale qui risque de suivre la même voie (celle du succès), peut-être même en encore plus grand : Mon frère, ma princesse (photo) d’Émilie Le Roux. Du jeune public pour tous sur un petit garçon qui veut porter des robes créé en 2014 à l’Espace 600 et repris le mercredi 20 janvier à l’Odyssée d’Eybens. À noter que cette saison, l’Espace 600 pro

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Awards 2014 théâtre

SCENES | L’award de celui qui aurait dû recevoir un award depuis longtemps : Grégory Faive Octobre 2011 : le CLC d’Eybens, lieu notamment tourné vers la création (...)

Aurélien Martinez | Mardi 23 décembre 2014

Awards 2014 théâtre

L’award de celui qui aurait dû recevoir un award depuis longtemps : Grégory Faive Octobre 2011 : le CLC d’Eybens, lieu notamment tourné vers la création contemporaine locale, propose un cycle consacré au monologue. Parmi les trois propositions, on découvre celle de Grégory Faive autour du Petit lexique amoureux du théâtre de Philippe Torreton, qui évoque avec humour tous les à-côtés de son art. Alors qu’on s’attendait à une petite forme bien sympathique à la durée de vie limitée, on assiste à l’éclosion d’une aventure théâtrale passionnante (baptisée Pourvu qu'il nous arrive quelque chose) qui grandira et s’épanouira au fil des mois dans des salles toujours plus grandes. Après quinze jours de représentation en mai dernier à la MC2 et un festival d’Avignon cet été, le spectacle continue encore sa tournée – il sera au Grand Angle et à la Faïencerie la saison prochaine. Un vérita

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Avignon : jouer solidaire

ACTUS | Alors que la CGT appelle à une grève nationale pour le vendredi 4 juillet, jour de l’ouverture du Festival d’Avignon, on fait le point avec les compagnies grenobloises qui ont prévu de jouer dans le "off".

Guillaume Renouard | Mercredi 2 juillet 2014

Avignon : jouer solidaire

Ce sont des questions que chaque artiste et technicien se pose : faut-il annuler une représentation / un spectacle / un festival pour faire avancer la cause des intermittents du spectacle ? Ou, à l’inverse, faut-il continuer à jouer et trouver d’autres moyens de se faire entendre ? Grégory Faive, concepteur de l’excellent spectacle Pourvu qu’il nous arrive quelque chose, a choisi la deuxième solution, comme l’ensemble des compagnies grenobloises programmées dans le "off" du Festival d’Avignon. « Je participerai aux tables rondes et saisirai les occasions de prendre la parole. D’autant que mon spectacle [une réflexion très drôle sur le monde du théâtre – ndlr] m’en fournit déjà. » Sylvie Jacquier, présidente de la compagnie Life is not a picnic de David Bursztein, fait entendre le même son de cloche : « Nous y allons avec

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Grégory Faive : « Je ris pour ne pas pleurer »

SCENES | Quand un comédien et metteur en scène grenoblois s’empare de l’excellent "Petit lexique amoureux du théâtre" de Philippe Torreton et le complète par quelques textes piochés ici et là (du Shakespeare, du Lagarce, voire même du Muriel Robin), ça donne "Pourvu qu’il nous arrive quelque chose". Un spectacle accessible et généreux à mettre devant tous les yeux. Rencontre avec Grégory Faive et critique plus qu’enthousiaste. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 13 mai 2014

Grégory Faive : « Je ris pour ne pas pleurer »

Le spectacle rencontre un succès impressionnant depuis sa création en 2011... Grégory Faive : Je suis très heureux. Je profite de chaque représentation et de chaque retour avec le public parce que c’est rare – c’est la première fois que ça m’arrive ! C’était assez inattendu en plus, parce que j’ai préparé ce spectacle en marge d’un autre [Une souris grise de Louis Calaferte – ndlr]. C’était une tentative, pour voir ce que ça allait donner. Je suis donc heureux que ça plaise, que ça marche, et que ça soit reçu par un public si varié – ce qui, là aussi, n’a pas toujours été le cas dans mes autres spectacles ! Pourvu qu’il nous arrive quelque chose ouvre des discussions avec les amateurs de théâtre, les professionnels, les néophytes... J’imaginais que ce serait intéressant de partager ce texte, mais je n’avais pas prévu qu’il fasse écho aussi positivement chez les gens qui prati

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Pour le meilleur et pour le rire

SCENES | La loge du comédien (« un endroit qui en raconte beaucoup sur ceux que vous voyez sur scène »), le trac avant de rentrer en scène (« le trac, (...)

Aurélien Martinez | Mardi 13 mai 2014

Pour le meilleur et pour le rire

La loge du comédien (« un endroit qui en raconte beaucoup sur ceux que vous voyez sur scène »), le trac avant de rentrer en scène (« le trac, c’est "Pourvu qu’il nous arrive quelque chose... " comme disent les marins lorsqu’ils montent sur leur bateau avant de prendre la mer »), le trou de mémoire (« sensation de chuter, d’être aspiré, le trou noir »)... Mais aussi le métier de comédien (« la plupart des gens vont travailler, les comédiens vont jouer »), le public (« je suis persuadé qu’il y a des gens qui ne toussent qu’au théâtre ») ou encore le rôle des critiques (« une bonne critique fait plaisir, une mauvaise énerve, mais souvent la réciproque est vraie »)... Dans son Petit lexique amoureux du théâtre, le comédien Philippe Torreton ausculte son art avec finesse et surtout recul, très loin des discours verbeux autocentrés. Une véritable déclaration d’amour au théâtre, à ses codes, ses figures, sa magie, que le comédien et metteur en scène grenoblois Grégory Faive transmet magistralement, en se mettant au service du texte – la

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Encore une fois

SCENES | Les salles de spectacle aiment la nouveauté. Mais elles ne se privent pas, parfois, de reprendre une création déjà passée dans le coin – voire même dans leurs murs. Tour d’horizon des quelques reprises immanquables de cette deuxième partie de saison. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 10 janvier 2014

Encore une fois

En février 2013, nous offrions l’une de nos unes au comédien Nicolas Lambert pour son Avenir radieux, une fission française. Un spectacle programmé alors dans trois salles de l’agglo, et que reprendra fin janvier le Diapason de Saint-Marcellin. Une création immanquable par la pertinence de son propos et l’intelligence de son concepteur, qui a effectué un véritable travail d’enquête sur le monde très secret du nucléaire. « Je m’efforce simplement d’avoir un regard de péquenot moyen » nous expliquait-il en interview. Sur scène, il campe donc les différents acteurs du dossier, du technocrate au politicien, en passant par le militant ou le citoyen lambda. Le tout en s’amusant ; car oui, Nicolas Lambert fait avant tout du théâtre. De l’excellent théâtre même. Avenir radieux, une fission française, vendredi 24 janvier à 20h, à la sa

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Jouer de (et avec) la musique

MUSIQUES | Le festival Chants libres est un ovni savoureux concocté par l’équipe du Tricycle qui propose de découvrir de « la chanson à voir » dans un espace théâtral. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 25 novembre 2013

Jouer de (et avec) la musique

Croiser les formes artistiques n’est pas une nouveauté. Qu’importe : quand c’est bien fait, c’est toujours agréable. Ainsi en sera-t-il sûrement de la nouvelle édition de Chants libres, proposée par un Tricycle d’habitude plus tourné vers le théâtre contemporain. Sur une semaine et demie, le Théâtre de poche va ainsi se transformer tantôt en cabaret, tantôt en salle de concert, tantôt en tout autre chose. Parmi les nombreuses propositions, on en a retenu trois.  Bleu/Baudoin Quand le trio grenoblois Bleu, spécialisé dans la « chanson folk-songes », rencontre le dessinateur de BD Baudoin, ça donne un concert dessiné que l’on a hâte de découvrir. Une « fresque musicale » construite en live : « le mélange de l’encre et du son, la fusion de deux entités contraires, arts plastiques et musiques actuelles, aspirant à un même désir de légèreté ». Samedi 30 novembre à 20h

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Awards 2012 théâtre

Théâtre | Les awards des meilleurs espoirs : Émilie Geymond et Julien Anselmino À Grenoble, grâce à un vivier impressionnant (le Conservatoire d’art (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 19 décembre 2012

Awards 2012 théâtre

Les awards des meilleurs espoirs : Émilie Geymond et Julien Anselmino À Grenoble, grâce à un vivier impressionnant (le Conservatoire d’art dramatique doit y être pour quelque chose !), nous avons une poignée d’excellents comédiens. Émilie Geymond et Julien Anselmino sont de ceux-ci. Elle, interprète franchement désopilante et toujours juste, que l’on a pu voir cette année grimée en vieille dame pour un solo joué en septembre lors de la soirée de présentation de saison du Tricycle, ou en avril sur la scène du Théâtre 145 en maîtresse de maison débordée dans Une souris grise (mise en scène de Grégory Faive). Lui, comédien vu cette année dans le spectacle Lys Martagon d’Émilie Le Roux, et que l’on croisera en janvier prochain au Tricycle dans la nouvelle créa

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Sacrée Marie-Christine !

SCENES | On vous en parlait dans notre Panorama de rentrée consacré au spectacle vivant : le Tricycle, soit l’ensemble comprenant le Théâtre 145 et le Théâtre de (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 21 septembre 2012

Sacrée Marie-Christine !

On vous en parlait dans notre Panorama de rentrée consacré au spectacle vivant : le Tricycle, soit l’ensemble comprenant le Théâtre 145 et le Théâtre de Poche, va entamer sa deuxième année d’exercice, après une première en dents de scie – le collectif à la tête du projet le reconnaît aisément. L’ouverture de saison de ce week-end s’apparente donc à un premier test. Pour le réussir, l’équipe a choisi de confier la difficile tâche du spectacle inaugural à la jeune comédienne grenobloise Émilie Geymond, qui présentera son solo Un petit moment en compagnie de Marie-Christine Duval. Soit une dame d’un certain âge qui arrive sur le plateau par hasard, et qui ne le quittera plus quarante-cinq minutes durant. On a pu assister à une générale la semaine dernière : malgré le nombre restreint de spectateurs dans la salle, la rencontre entre Marie-Ch

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Qui se cherche se trouve ?

SCENES | En décembre dernier, nous décernions un award du lieu qui se cherche au Tricycle, le collectif d’artistes locaux qui, poussé par la mairie, reprenait le Théâtre 145 et le Théâtre de Poche. Alors que l’équipe aux commandes va entamer sa deuxième saison, a-t-elle affiné son projet ? Il semblerait que oui... Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 10 septembre 2012

Qui se cherche se trouve ?

« Je ne sais pas si l’on s’est trouvés, mais nous, on a trouvé des trucs en tout cas ! » explique Grégory Faive, jeune metteur en scène membre du collectif Tricycle. « On avait pris votre remarque avec beaucoup d’humour, parce que c’était vrai. Mais l’année qui vient laisse augurer du bon ! » À la lecture de leur nouvelle plaquette de saison, on ne peut qu’acquiescer : le propos semble plus lisible. Les historiques Grégory Faive, Gilles Arbona, Bernard Falconnet et Serge Papagalli (Valère Bertrand a quitté l’aventure), rejoints par d’autres, ont donc revu leur copie. « On s’était astreint un cahier des charges beaucoup trop ambitieux par rapport à nos moyens plus qu’à nos envies. On a donc recentré notre travail de programmation principalement sur l’aide à la résidence de projets où il y a évidemment de l’émergence, mais où surtout l’implication du Tricycle est décisive. » « Très compliqué » Flash back : en septembre 2011, le Tricycle voit le jour dans des conditions qui ne sont pas les meilleures possibles. « Ça a été très compliqué, d’abord parce que se sont juxtaposés l’arrivée du Tricycle et le départ des Barbarins [ces d

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Paroles d'aujourd'hui

SCENES | « Vas-y, traverse » : voilà le thème qu’a choisi l’équipe de Textes en l’air pour la neuvième édition de son festival. On le comprend comme une incitation à ne (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 12 juillet 2012

Paroles d'aujourd'hui

« Vas-y, traverse » : voilà le thème qu’a choisi l’équipe de Textes en l’air pour la neuvième édition de son festival. On le comprend comme une incitation à ne pas se laisser arrêter par des frontières matérielles ou non, réelles ou fantasmées. Une idée concrétisée par la venue de l’auteure québécoise Marylin Perreault, qui a mené deux résidences d’écriture dans deux lieux très différents : Saint-Antoine-l’Abbaye, village médiéval isérois où se déroule chaque été le festival, et le quartier grenoblois de la Villeneuve, où se situe l’Espace 600, scène régionale dédiée au jeune public. Ici et là, Marylin Perreault a récolté la parole des habitants, afin d’écrire une pièce dont elle dévoilera des ébauches lors du festival. Pendant la semaine, on retrouvera aussi deux des trois pièces proposées lors du festival Les Jeunes Pousses(ent), organisé au printemps dernier dans l’agglo. On pourra aussi découvrir une mise en scène du célèbre texte La Grammaire des mammifères ; ou encore un spectacle de Carole Thibaut sur la soi-disant nature féminine. Mais, parmi toutes ces propositions (que nous avons vues ou non), on retiendra celle qui nous avait enthousiasmés l

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Mamma mia !

SCENES | Dernière proposition du cycle de création consacré au monologue, organisé par l’Autre rive d’Eybens. Après Grégory Faive et son réussi Pourvu qu’il nous arrive (...)

Aurélien Martinez | Lundi 30 janvier 2012

Mamma mia !

Dernière proposition du cycle de création consacré au monologue, organisé par l’Autre rive d’Eybens. Après Grégory Faive et son réussi Pourvu qu’il nous arrive quelque chose (d’après un texte de Philippe Torreton sur les coulisses du théâtre), puis Philippe Saint-Pierre et sa relecture fidèle d’une nouvelle de Beckett (Premier Amour), place à Nicole Vautier et son Stabat Mater. La comédienne interprète ainsi une œuvre de l’auteur italien contemporain Antonio Tarantino où il est question d’une femme désœuvrée, toute en gouaille et en alcool. Une mamma italienne aux propos radicaux (euphémisme !) qui déblatère sa colère contre un homme absent et une société qui la rejette, tout en s’inquiétant pour son fils en prison. Il en faut de la présence pour ne pas emmener ce personnage haut en couleur dans la caricature. Dans un subtil numéro d’équilibriste, à l’image d’une actrice comme Yolande Moreau, Nicole Vautier habite littéralement le plateau, 1h20 durant. À découvrir jeudi 2 et vendredi 3 février à 20h30, ainsi que le samedi 4 à 19h

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La comédie du théâtre

SCENES |

François Cau | Lundi 17 octobre 2011

La comédie du théâtre

THÉÂTRE (DONC !)/ Que fait un comédien avant la représentation ? Comment est-il possible de retenir autant de texte ? Et la critique, les artistes, ils s’en contrefoutent, non ? Dans son Petit lexique amoureux du théâtre (2009), Philippe Torreton manie le verbe avec précision et humour, dépeignant une réalité masquée. Le jeune metteur en scène grenoblois Gregory Faive s’empare de ce matériau riche pour le porter sur scène, entrecoupé de courts extraits d’autres textes qu’il affectionne tout particulièrement : du Lagarce, du Shakespeare ou encore du Muriel Robin (pourquoi pas !). Son Pourvu qu’il nous arrive quelque chose devient alors un spectacle d’une générosité évidente qui, pendant 1h30, embarque initié comme néophyte dans le monde très codifié du théâtre. La succession de tableaux (qu’on aimerait tous évoquer ici… ce qui gâcherait le plaisir de la découverte !) rythme l’ensemble, qui oscille perpétuellement entre mise en abyme et second degré : le passage sur l’émission Au théâtre ce soir est ainsi on ne peut plus drôle, quand celui sur l’ego des comédiens se fait plus violent, notamment grâce à l’utilisation judicieuse d’un sketch de Muriel Robin

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