"Une plage au Pont-de-Claix" : sea, sex and sun

Spectacle | Un petit tour à la plage ? C’est ce que nous propose Catherine Contour, avec cette « expérience esthétique » créée in situ. Rencontre avec cette artiste atypique, aussi bien formée à la danse qu’aux arts décoratifs, pour en savoir plus sur cette curieuse et alléchante proposition.

Aurélien Martinez | Jeudi 24 mai 2012

Vous vous définissez comme une "artiste plagiste". C'est-à-dire ?

Catherine Contour : J'ai une petite histoire à vous raconter. Depuis longtemps, je fais des propositions aux formes multiples et variées. On me demande souvent ce que c'est, si je suis plasticienne, chorégraphe, on voit que j'aime le son, le design, les jardins... Je suis en fait sur plusieurs domaines, de façon transversale, alors qu'en France, c'est plutôt sectorisé. Ça pose des questions.

Pour ma part, j'aime beaucoup les passages de frontières, la porosité entre les différents genres... Pour un festival sur ces formes hybrides venues d'ailleurs, on m'avait incitée à définir mon travail, comme je ne fais pas vraiment de spectacle, ni de workshop, ni d'atelier... J'ai alors pris mon dictionnaire, je l'ai ouvert au hasard, et je suis tombée sur le mot plagiste. En lisant la définition, je me suis dit que c'était tout à fait ça ! Car je travaille sur les espaces, sur les gens qui viennent dans ces espaces, sur l'organisation du temps qui passe.... Donc si je suis plagiste, je peux dire que je fais des plages ! À partir de là, tout s'est un peu construit suivant cette relation : les artistes qui collaborent avec moi seront des nageurs, et j'y inviterai des baigneurs [le public – NdlR]...

Concrètement, quelle(s) expérience(s) vont vivre ces baigneurs ?

Quand vous allez à la plage, qu'est ce que vous cherchez, vous ?

Le soleil, la mer, le repos...

Bah voilà ! On trouvera tout ça, dans le cadre d'une expérience esthétique, dans laquelle les baigneurs vont s'immerger de différentes manières... C'est comme quand vous allez à la plage : il y a des moments où vous voulez dormir, d'autres où vous vous baignez, jouez au ballon, lisez...

Avez-vous un schéma narratif en tête ?

Le schéma est vraiment très proche d'un travail de montage cinématographique. Une séquence, puis une autre séquence, mais ce ne sont pas des parties de spectacle. Même quand je les écris, ça ressemble plus à un storyboard qu'à une pièce de théâtre...

Une plage au Pont-de-Claix, vendredi 1er et samedi 2 juin, à 19h, à l'Amphithéâtre de Pont-de-Claix. Durée approximative : 3h.

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Catherine Contour : « Inventer des manières de se relier à l’autre à travers la danse »

Spectacle | La chorégraphe-exploratrice aime « suivre des chemins buissonniers ». Dans le cadre de la programmation de l’événement isérois Paysage > Paysages, elle présentera vendredi 7 et samedi 8 juin, de 9 à 23 h (oui !), sa création "Une Plage en Chartreuse", dernier opus de ses "Suites japonaises". L’artiste nous en dit plus sur les coulisses de ces journées itinérantes entre Grenoble et le massif chartrousin, et entre « danses, écoutes, gestes, films, collations, déplacements, échanges ou encore rêveries ».

Nathalie Gresset | Lundi 3 juin 2019

Catherine Contour : « Inventer des manières de se relier à l’autre à travers la danse »

Comment le projet Une Plage en Chartreuse est-il né ? Catherine Contour : C’est une idée ancienne. Je vis dans la région depuis une vingtaine d’années et je suis amoureuse de la Chartreuse. La culture japonaise m’intéresse aussi depuis longtemps, notamment dans le rapport à la nature et au temps. Depuis trois ans, j’ai effectué plusieurs résidences en France et au Japon qui m’ont permis d’élaborer cette pièce mettant en résonance ce massif et la région du Kyushu. Je suis entourée pour ce projet par une équipe d’une quinzaine de personnes, constituée notamment de danseurs, musiciens et chercheurs. Quels parallèles dessinez-vous entre la Chartreuse et cette région japonaise ? Il existe pas mal de correspondances entre les deux, dans les paysages notamment. Tout comme certaines régions du Japon, la Chartreuse recèle des endroits sauvages, abrupts et contrastés, à la fois sombres et lumineux. Une certaine spiritualité reliée à la nature habite également ces deux lieux. Lors de ce

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