"En cas de nécessité absolue, lâche la bride" : ah, la rigueur...

Aurélien Martinez | Jeudi 9 janvier 2014

La jeune metteuse en scène grenobloise Marie Brillant est de ceux qui se servent du théâtre pour questionner habilement notre société. Dans ses précédents spectacles, collages de différents textes, elle nous a causé de la famille (Familière Familie), de la croyance (Au Nom de, photo) ou encore du couple (Copula).

Cette fois-ci, pour En cas de nécessité absolue, lâche la bride, à découvrir du jeudi 30 janvier au samedi 1er février au Tricycle / Théâtre de poche (puis du jeudi 20 au samedi 22 février à l'Autre rive-CLC à Eybens), elle se confronte à la question d'actualité qu'est la rigueur. Trois acteurs (les fidèles et souvent excellents Grégory Faive, Émilie Geymond et Christelle Larra) se retrouvent enfermés dans un Centre de Redressement Disciplinaire pour Mous Désinvoltes... « Déjà, la première cure de rigueur débute. » Au vu de la manière de procéder de Marie Brillant, on espère beaucoup d'un thème si riche.


En cas de nécessité absolue, lâche la bride

Par la Cie Allerlei, écriture, adaptation et ms Marie Brillant. Là où tout peut être à la fois juste ou absurde, là où il y a conflit ou tension, alors il est possible pour nous de créer, possible de jouer
Théâtre de Poche 182 cours Berriat Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


En cas de nécessité absolue, lâche la bride

Par la Cie Allerlei, écriture, adaptation et ms Marie Brillant. Là où tout peut être à la fois juste ou absurde, là où il y a conflit ou tension, alors il est possible pour nous de créer, possible de jouer
L'Autre rive 27 rue Victor Hugo Eybens
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

"Copula" : amoureux solitaires (bis)

Théâtre | L’année dernière, pour la troisième pièce de sa compagnie Allerlei, la metteuse en scène grenobloise Marie Brillant s’était penchée sur la notion de couple, avec un (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 30 novembre 2011

L’année dernière, pour la troisième pièce de sa compagnie Allerlei, la metteuse en scène grenobloise Marie Brillant s’était penchée sur la notion de couple, avec un montage de différents textes (Pinter, Deleuze, Plath…). Présenté au CLC d’Eybens, le résultat, assez agréable à suivre, manquait toutefois de corps. Marie Brillant a dû s’en rendre compte elle aussi, puisque la revoilà avec une nouvelle version de Copula, réécrite par ses soins. Certes, la trame reste la même (très inspirée par les auteurs évoqués ci-dessus), les personnages (deux femmes, deux hommes) aussi, mais l’ensemble renferme cette fois-ci une cohérence intrinsèque, proposant un véritable point de vue. On découvre ainsi le regard d’une jeune adulte sur le passage obligé par certains stades de la vie amoureuse comme condition sine qua non au bonheur tant recherché. Ce qui implique forcément des cassures dans ce parcours balisé (le célibat est vu comme un état temporaire à fuir au plus vite), et aussi des désillusions une fois le bu

Continuer à lire

"Copula" : amoureux solitaires

Théâtre | Marie Brillant, jeune metteuse en scène grenobloise que l’on avait ardemment soutenue l’an dernier avec Au nom de, dévoile aujourd’hui Copula, réflexion (...)

Christophe Chabert | Lundi 17 janvier 2011

Marie Brillant, jeune metteuse en scène grenobloise que l’on avait ardemment soutenue l’an dernier avec Au nom de, dévoile aujourd’hui Copula, réflexion théâtrale sur la notion de couple. Avec toujours le même principe de création : aller chercher ici et là (pas forcément dans le théâtre) des textes originaux et porteurs de sens, pour les emboîter les uns aux autres et ainsi élaborer un spectacle chapitré. Méthode toujours aussi efficace, malgré cette fois-ci un enfermement dans une logique temporelle en s’intéressant au couple du début (rencontre, séduction…) à la fin (lassitude, rupture…). Ce qui donne un rendu forcément attendu et assez noir, du fait de cet enchaînement conduisant vers une fin inéluctable. Les quatre jeunes comédiens, épaulés par une cinquième plus âgée intervenant épisodiquement, composent des tableaux à l’ironie grinçante, en portant sur scène les mots de Deleuze, de l’écrivain érotique Pierre Louÿs, de l’Américaine Sylvia Plath, ou e

Continuer à lire

Marie Brillant : « "Au nom de…" n’est pas un spectacle militant »

Théâtre | « – Que gagnez-vous à ne pas croire ? – Rien du tout Madame. Est-ce que l’on croit parce qu’il y a quelque chose à gagner ? » (Diderot). Avec "Au nom de…", Marie Brillant, jeune metteuse en scène grenobloise, a élaboré un spectacle intelligent et drôle, à partir de plusieurs auteurs critiques sur la notion de croyance.

Aurélien Martinez | Jeudi 18 mars 2010

Marie Brillant : «

Tout est parti de l’idée d’ausculter le fait religieux ? Marie Brillant : Sur ma première création [Familière Familie, NDLR], j’avais travaillé sur le thème de la famille et des normes, à partir de l’auteur Octave Mirbeau. Il mettait ainsi en évidence trois oppressions principales que sont la famille, l’école et l’église au niveau des dogmes. Ce dernier point m’a vraiment intéressée : on parle beaucoup de la croyance aujourd’hui, mais on n’explique pas véritablement ce que veut dire le fait de croire. Donc j’ai fait un spectacle à partir de ce seul thème. Avec l’idée de « s’amuser ensemble à remettre en question nos certitudes » [extrait de la note d’intention du spectacle]… Tout le monde a des croyances, religieuses ou non. Il se trouve que je suis partie de la culture que je connais le mieux – la culture chrétienne –, mais je parle de toutes les croyances, même les superstitions. Je veux simplement mettre en évidence que tout part de l’humain : l’homme n’aura jamais la réponse de l’existence ou non de Dieu, ou sur pourquoi il serait là. L’homme est donc responsable de se

Continuer à lire

La croyance sur le billard

SCENES | En ce début de saison théâtrale, les pièces coup de poing pleuvent, tant du côté des grands noms que des jeunes metteurs en scène. Et rangez vos a priori, les (...)

François Cau | Mercredi 12 novembre 2008

La croyance sur le billard

En ce début de saison théâtrale, les pièces coup de poing pleuvent, tant du côté des grands noms que des jeunes metteurs en scène. Et rangez vos a priori, les seconds ne sont pas forcément moins intéressants que les premiers. Cette semaine au Théâtre Prémol, la compagnie Allerlei présente ainsi Au Nom de, sa deuxième création après Familière Familie (l’année dernière au Théâtre de création). Non sans cacher une certaine part d’amusement, Marie Brillant a décidé de s’intéresser à la religion et aux dogmes en juxtaposant différents textes d’Octave Mirbeau, Diderot, du Baron d’Holbach et de l’historien Paul Veyne ; le tout dans un décor savamment étudié, avec d’un côté le paradis, de l’autre enfer : voilà qui justement plante le décor ! Le rendu présente tous les différents aspects de la religion (croyance, culpabilité, prosélytisme, rationalisme…), souvent avec intelligence. Les saynètes se suivent sans se ressembler, certaines étant extrêmement réussies (on pense à celle du téléachat sur le presse agrume symbolisant le rapport entre l’âme - le jus d’orange - et le corps - les pépins, la peau…-, ou celle du repas avec le pauvre). Au final, on se l

Continuer à lire