Danse : les cinq spectacles à ne pas louper cette saison

Panorama 2016/2017 | Avec des nouveautés, des reprises, des stars et même un concours. Suivez-nous.

Aurélien Martinez | Lundi 24 octobre 2016

Photo : Sammi Landweer


Pindorama

La Brésilienne Lia Rodrigues, chorégraphe des émotions à fleur de peau et du dépassement des limites du corps, voit la danse comme un combat. Après des passages à la Rampe ou à l'Hexagone, elle sera cette saison à la MC2 avec un Pindorama (un mot qui, dans la langue tupi, désigne le Brésil d'avant la colonisation) que nous n'avons pas vu mais qui nous intrigue fortement. Attention, choc possible, surtout que le dispositif scénique (qu'on ne dévoilera pas) fera tout pour le renforcer.

À la MC2 du mercredi 16 au vendredi 18 novembre

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[re]connaissance

Un concours de danse ? Oui ! Sur deux soirs, douze compagnies de toute la France (voire de l'étranger pour certaines) présentent une pièce courte pour trois à cinq danseurs. Un temps fort appréciable vu la diversité remarquable que l'on découvre chaque année dans la salle qui accueille le concours. Et un temps fort ludique, les spectateurs étant amenés à voter pour décerner l'un des trois prix qui, justement, offriront une importante reconnaissance aux lauréats.

À la Rampe (Échirolles) vendredi 25 et samedi 26 novembre

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Tutu

« Pour se moquer de la danse, il faut la maîtriser » nous déclarait l'an passé en interview le chorégraphe Philippe Lafeuille lors du passage à guichets fermés de sa pièce au Théâtre municipal de Grenoble. Soit six excellents danseurs qui jouent sur les codes de la danse (la classique, la contemporaine, l'acrobatique…) en une vingtaine de tableaux. Un spectacle savoureux, drôle, queer et solidement construit.

Au Grand Angle (Voiron) mardi 29 novembre

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Rain

Bon, là, on est visiblement face à un monument de la danse contemporaine, créé en 2001 par la chorégraphe flamande Anne Teresa De Keersmaeker. « On y retrouve sa signature : occupation géométrique de l'espace, art de la variation permanente, phrases dansées en canon ou en inversion… Mais poussée ici à son paroxysme, de telle sorte qu'on en saisit surtout la folle énergie » nous assure la MC2. Comme on n'a pas vu la pièce, et surtout parce qu'on adore la musique minimaliste du compositeur Steve Reich utilisée, on ira découvrir ça avec intérêt.

À la MC2 du mardi 21 au jeudi 23 mars

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My Rock

Le chorégraphe Jean-Claude Gallotta, légende vivante (et grenobloise) de la danse contemporaine en France qui a dirigé pendant plus de trente ans le Centre chorégraphique national de Grenoble, reprend son spectacle créé en 2004 pour l'ouverture de la MC2. Une pièce énergique qui lie danse contemporaine et standards du rock – Dylan, les Beatles, les Stones, Nirvana… Et une véritable réussite qui fait un bien fou.

Au Grand Angle (Voiron) mardi 4 avril


Pindorama

Chor. Lia Rodrigues, pièce pour 11 danseurs
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


[re]connaissance 16

8e édition, concours de danse contemporaine avec 12 compagnies
La Rampe 15 avenue du 8 mai 1945 Échirolles
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Tutu

Chor. Philippe Lafeuille, par les Chicos Mambo, à partir 14 ans
Le Grand Angle Place des Arcades Voiron
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Rain

Chor. Anne Teresa De Keersmaeker, musique Steve Reich, avec Laura Bachman, Léa Dubois, Anika Edström Kawaji, Zoi Efstachiou...
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


My rock

Chor. Jean-Claude Gallotta
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Panorama de rentrée culturelle 2020/2021 | Avec des chorégraphes qu'on connaît (très) bien, des nouvelles têtes, des reprises... Il y aura de quoi faire cette saison dans l'agglomération grenobloise !

Aurélien Martinez | Lundi 19 octobre 2020

12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Miracles Le très productif chorégraphe hip-hop (mais pas que) Bouba Landrille Tchouda, qu’au Petit Bulletin nous suivons avec plaisir depuis (presque) ses débuts (on en a écrit des lignes élogieuses sur ses spectacles !), dévoilera cet automne sa nouvelle création. Avec, comme souvent avec lui, une note d’intention pleine de beaux principes – extrait : « dans un dispositif scénique léger, trois interprètes exploreront, dans un va-et-vient entre l’intime et l’extérieur, la question de l’inter-dépendance, qui nous bouscule tout autant qu’elle nous enrichit ». D’accord ! AM Au Grand Angle (Voiron) mardi 10 novembre Au Théâtre municipal de Grenoble jeudi 12 et vendredi 13 novembre Loto3000

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Si on chantait ?

GUIDE URBAIN | Un karaoké a récemment ouvert à Eybens. Avec un concept (collectif) un peu différent de ceux dont on peut avoir l'habitude.

Martin de Kerimel | Mardi 8 septembre 2020

Si on chantait ?

Fun / Only the Brain… ce nom vous est familier ? Pas étonnant : depuis 2015, c’est sous cet intitulé cérébral que Thomas Masson et Loïc Salat exploitent un escape game (cinq salles) à Eybens. Leur offre ludique s’enrichit désormais d’une Karaoké Box. Leur idée : dépoussiérer la formule classique qui consiste à chanter devant tout le monde des standards périmés d’une voix souvent hésitante. Cette fois, on s’installe – en groupe d’au moins quatre personnes – pour deux heures environ, pour une expérience décomplexée réservée à sa bande de potes (et/ou à sa famille, si elle l’ose) ! Après l’inauguration du concept en juillet dernier avec une première salle, cinq autres espaces devraient voir le jour d’ici la fin de cette année. Only the Brain promet de mettre à la disposition des chanteurs d’un jour un catalogue riche de plus de 40 000 références. Pourquoi est-ce si différent d’ailleurs ? Pour Thomas et Loïc, c’est aussi parce que le côté privatif de la formule permet d’éviter toute attente avant de récupérer le micro ! Les jeunes patrons espèrent du coup convaincre une clientèle d’entreprises. Un team building en mode Céline Dion et Jean-Jacques Goldman ? Il faut r

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Jean-Claude Gallotta : « J’ai continué à danser dans la nature ! »

Danse | Le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta évoque avec nous son confinement comme son déconfinement, tous deux très créatifs.

Aurélien Martinez | Mardi 9 juin 2020

Jean-Claude Gallotta : « J’ai continué à danser dans la nature ! »

Confinement. J’ai, contre toute attente, vécu cette période avec pas mal de travail. On avait tous – les danseurs, le bureau, moi-même… – absolument envie que la compagnie ne sombre pas. On a donc d’abord essayé de tout faire pour reporter les dates annulées. On en a aussi profité avec Mathilde Altaraz [assistante et répétitrice – NDLR] pour avancer sur les projets que l’on a avec d’autres compagnies, comme une comédie musicale pour enfants d’après West Side Story ou une collaboration avec l’Opéra d’Avignon. Tout ça confiné au-dessus de Grenoble, dans un lieu plaisant, donc je n’avais pas à me plaindre. Surtout que j’ai aussi pu continuer à pratiquer la danse dans la nature environnante, et c’était important de le faire comme j’aurai un solo dans ma prochaine création [Le Jour se rêve, dont la première sera cet automne – NDLR] pensée avec le musicien Rodolphe Burger et la plasticienne Dominique Gonzalez-Foerster. Déconfinement. Pendant le confinement, je contactais

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"Le Parrain, 2ème partie" : Premiers pas dans la mafia

Reprise | La chose semblera aberrante à notre époque mondialisée, où n’importe quel film se retrouve simultanément sur tous les écrans du globe, mais il fut un temps où (...)

Vincent Raymond | Mardi 7 janvier 2020

La chose semblera aberrante à notre époque mondialisée, où n’importe quel film se retrouve simultanément sur tous les écrans du globe, mais il fut un temps où les plus grandes productions états-uniennes prenaient plus de six mois pour traverser l’Atlantique. Ainsi, afin de découvrir la seconde époque de la saga mafieuse de Coppola, les spectateurs français durent attendre août 1975, soit 8 mois après la "première" californienne. Presque trois fois plus longtemps que ce que le public du Ciné-Club aura eu à patienter entre Le Parrain et sa suite ! Le film est programmé mercredi 8 décembre à 20h au Cinéma Juliet-Berto. C’est précédé d’une moisson d’Oscars inédite pour une suite, justement, que Le Parrain, 2e partie, débarque sur les écrans hexagonaux : auréolé de la statuette du meilleur film et meilleur réalisateur, doublement en lice avec Conversation secrète (qui avait ravi la Palme d’Or l’année précédente), le tout juste quadragénaire Francis Ford Coppola a triomphé d’une cérémonie consacrant le Nouvel Hollywood. Mais si les film

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Jean-Claude Gallotta : « Je montre la femme victime, mais aussi la femme qui renaît »

Danse | Dix ans après la création et le succès rencontré, Jean-Claude Gallotta reprend son spectacle "L’Homme à tête de chou", relecture dansée de l’album-concept de Serge Gainsbourg réinterprété par Alain Bashung. C’est toujours une immense réussite, même si la trame narrative questionne davantage aujourd’hui. Rencontre avec le chorégraphe grenoblois avant les représentations prévues à la MC2.

Aurélien Martinez | Mardi 10 décembre 2019

Jean-Claude Gallotta : « Je montre la femme victime, mais aussi la femme qui renaît »

Pourquoi avoir décidé de reprendre votre spectacle L’Homme à tête de chou dix ans après sa création ? Jean-Claude Gallotta : C’est venu d’une proposition du Printemps de Bourges qui, cette année, rendait hommage à Alain Bashung à l’occasion des dix ans de sa disparition. Au départ, j’ai un peu hésité, comme c’est un spectacle assez douloureux [Bashung est mort huit mois avant la première – NDLR]. Puis, après réflexion, je me suis dit que, peut-être, on y goûterait un peu mieux aujourd’hui, l’émotion étant passée. De là, une tournée a rapidement intéressé les programmateurs… La création a été douloureuse, mais le succès grand malgré l’absence d’Alain Bashung sur scène… Quand Alain m’a dit qu’il ne pourrait plus faire le spectacle, je voulais tout arrêter. Je ne voyais pas comment continuer sans lui. Car au départ, oui, il devait chanter sur scène. Il avait simplement enregistré sa voix, pour être sûr de pouvoir bien dire du

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"L'Homme à tête de chou" : la décadanse de Gallotta et Bashung

Danse | Il y a encore une décennie, la société aurait parlé de "crime passionnel" pour évoquer l’histoire de L'Homme à tête de chou, album-concept culte de Serge (...)

Aurélien Martinez | Mardi 10 décembre 2019

Il y a encore une décennie, la société aurait parlé de "crime passionnel" pour évoquer l’histoire de L'Homme à tête de chou, album-concept culte de Serge Gainsbourg sorti en 1976. Où l’on suit la lente dérive d’un homme, journaliste pour une feuille de chou, qui commet un Meurtre à l'extincteur sur Marilou, femme qu’il est censé aimer. Un féminicide, mais artistique, dans la tradition de ces œuvres qui glamourisent la mort des femmes coupables d’en faire voir de toutes les couleurs à ces pauvres hommes. Une histoire tragique, reflet de notre société et rentrée dans le Panthéon de la chanson française, que Jean-Claude Gallotta a pris comme un matériau haut de gamme – ce qu’elle est, tant niveau textes que musiques (on parle de Gainsbourg tout de même). Un matériau relu par Alain Bashung et le musicien Denis Clavaizolle, avec notamment une réorchestration (voire une amplification – congas, guitares, trompettes, violons…) grandiose. Un exemple : le morceau Marilou Reggae, devenu encore plus généreux, gro

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Concours Podium à La Rampe : let’s dance

Danse | Le concours de danse contemporaine (Re)connaissance fait peau neuve. Pour ce qui aurait dû être sa 10e édition, il revient sous le nom de Podium les 29 et 30 novembre à la Rampe (Échirolles). Marie Roche, directrice du Pacifique, lieu grenoblois consacré à la danse, décrypte les coulisses de cet événement dont sa structure est la productrice déléguée.

Nathalie Gresset | Mercredi 27 novembre 2019

Concours Podium à La Rampe : let’s dance

Avis aux amateurs de danse contemporaine : le concours (Re)connaissance, imaginé en 2009 par Le Pacifique, Centre de développement chorégraphique national de Grenoble, est de retour cette année avec une nouvelle formule et, surtout, un nouveau nom : Podium. Pendant deux soirées, six solos-duos et six pièces de groupes proposés par des compagnies françaises et européennes se succèderont à la Rampe (Échirolles), coréalisatrice de cet événement également soutenu par le CCN2. Comme pour tout concours qui se respecte, des récompenses couronneront les gagnants. Ainsi, samedi soir, les prix du meilleur solo-duo, de la meilleure pièce de groupe et du public (deux catégories confondues) seront décernés par un jury de professionnels et par les spectateurs aux trois compagnies qui ont su le plus se démarquer. Avec à la clef pour les lauréats : plusieurs dates de représentation chez les dix-sept salles de spectacle partenaires du concours – qui ont sélectionné en amont les pièces présentées pendant l’événement – et chez des structures voisines, qui programmeront aussi les performances des compagnies gagnantes. Dynamiser la diffusion de la danse

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Rencontres autour du film ethnographique : voyage au bout de la nuit

Festival | Pour leur 23e édition, les Rencontres autour du film ethnographique se focalisent sur le thème alléchant de la nuit. Et proposent, du vendredi 8 au lundi 18 novembre, une programmation d’une époustouflante diversité dans son contenu mais également sa forme.

Damien Grimbert | Mardi 5 novembre 2019

Rencontres autour du film ethnographique : voyage au bout de la nuit

On ne va pas se mentir. Pour le néophyte, un festival dédié au film ethnographique peut a priori sembler une proposition un peu pointue, voire intimidante. Ce dont a parfaitement conscience Jacopo Rasmi, coordinateur du festival aux côtés de Nina Moro : « On est très attentifs à cette notion d’accessibilité : on essaie de construire une programmation très variée, pour permettre au public d’entrer dans le festival avec des films immédiatement abordables pour ensuite transiter vers d’autres formes de cinéma plus exigeantes ou expérimentales. Il y a vraiment l’idée d’accompagner chaque spectateur, à la fois par le biais d’intervenants, qui vont pouvoir créer une forme d’échange entre le film et le public, et par la création de moments de convivialité où l’on peut boire un verre, manger, discuter de manière informelle… ». À ce titre, l’espace du Train Fantôme de la compagnie Ici Même, à côté de l’Estacade, se transformera le temps du festival en une sorte de quartier général permanent pour accueillir le spectateur. Errances nocturnes

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Danse toujours tu m'intéresses

ACTUS | Une, deux représentations, trois grand maximum et puis s'en va. Comment se fait-il que les spectacles de danse restent aussi peu longtemps à l'affiche contrairement au théâtre ? Le phénomène est national, comme l’a démontré une grande enquête publiée mi-octobre, mais est d'autant plus accentué dans une agglomération de la taille de Grenoble. Même si des solutions sont apportées. Explications.

Adeline Gailly | Mardi 5 novembre 2019

Danse toujours tu m'intéresses

« En moyenne, un lieu de diffusion propose entre 2 et 2.3 représentations par an d'un même spectacle [de danse] » révèle une étude sur la diffusion de la danse lancée en 2016 par l'Office national de diffusion artistique et dont les résultats sont sortis mi-octobre. C’est peu. Grenoble ne fait pas exception puisque les pièces chorégraphiques restent à l'affiche un, deux, voire trois soirs maximum. Des chiffres qui incitent à se poser des questions quand on sait qu’au niveau national (et parfois à Grenoble, souvent à la MC2), une pièce de théâtre peut, elle, être jouée plusieurs semaines dans une même salle. Une première explication face à ce constat est apportée par Marie Roche, directrice du Pacifique, centre de développement chorégraphique national basé dans le quartier des Alliés à Grenoble. « La danse contemporaine est apparue dans les années 1980, donc plus tardivement que le théâtre qui avait déjà pris le public e

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Jean-Noël Scherrer (Last Train) : sa petite entreprise rock...

Concert / Portrait | À bientôt 25 ans, Jean-Noël Scherrer assume la double casquette de leader du groupe Last Train et de directeur de l'agence lyonnaise Cold Fame, combinant avec un infatigable panache et une volonté farouche le rock et l'entrepreneuriat. Alors qu’est sorti en septembre dernier "The Big Picture", deuxième album de son groupe, et qu’il sera jeudi 7 novembre sur la scène de la Belle électrique, on lui a taillé le portrait.

Stéphane Duchêne | Dimanche 3 novembre 2019

Jean-Noël Scherrer (Last Train) : sa petite entreprise rock...

Dans le dernier clip de Last Train, montage d'images réalisé par le guitariste Julien Peultier qui illustre The Big Picture, chanson-titre d’un deuxième album sorti en septembre, on peut voir le quatuor à différentes étapes de sa vie musicale, des premières répétitions alsaciennes aux concerts telluriques devant des foules immenses. On y voit surtout le chanteur Jean-Noël Scherrer électriser le public et le même, à 13 ans, martyriser une guitare trop grande pour lui dans quelque salon de rock'n'roll improvisé à la maison. Peut-être le jeune garçon d'alors s'imagine-t-il, comme tous les ados du monde, dans la peau d'une rock star, leader, chanteur et guitariste d'un groupe qui compterait dans le paysage rock français et même au-delà. Mais ce que le novice d'Altkirch (Haut-Rhin) n'imagine alors sûrement pas, c'est qu'une décennie plus tard, il sera aussi dirigeant et/ou associé de cinq sociétés, formateur, intervenant du Chantier des Francofolies, et surtout patron de Cold Fame, agence de diffusion et de production de concerts basée à Lyon

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Le Ciné-Club ouvre sa saison mercredi soir avec "Le Parrain"

ECRANS | Joli coup du Ciné-Club de Grenoble qui, comme en 2017 avec French Connection de Friedkin, programme juste avant le début du Festival Lumière lyonnais un (...)

Vincent Raymond | Mardi 24 septembre 2019

Le Ciné-Club ouvre sa saison mercredi soir avec

Joli coup du Ciné-Club de Grenoble qui, comme en 2017 avec French Connection de Friedkin, programme juste avant le début du Festival Lumière lyonnais un film dont le réalisateur est l’invité. Cette année, c’est rien moins que Le Parrain (1972) du Prix 2019, Francis Ford Coppola, qui est servi en ouverture de saison mercredi 2 octobre à 20h salle Juliet-Berto. Classique superlatif à la beauté ocre, suintant de drame et d’hémoglobine, ce film annonce un cycle Nouvel Hollywood complété par Le Lauréat et La Horde Sauvage.

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Grenoble : 33 concerts pour un automne musicalement dense et varié

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Avec du rock, de la pop, de la chanson, du rap, du jazz, voire tout ça à la fois. Et à Grenoble comme dans l'agglo bien sûr.

La rédaction | Mercredi 18 septembre 2019

Grenoble : 33 concerts pour un automne musicalement dense et varié

Shake Shake Go C'est entre le live et l'infiltration d'internet que le groupe franco-gallois mené par Poppy Jones et Marc Le Goff s’est révélé, à force de tournées aux côtés de pointures comme James Blunt et Rodrigo y Gabriela et par la grâce d'un tube qui fit exploser leur notoriété à travers le monde – la ballade England Skies (2015), tête des charts digitaux, synchro en séries et dans la pub. Quelques mois plus tard sort l'album All in Time auquel succède l'an dernier Homesick mené par un autre single, beaucoup plus rock, Dinosaur. Le formatage est là et bien là mais la formule (on pense à des Lumineers avec une voix féminine) tape toujours dans le mille, mettant d’accord, en plus du public, une partie de la presse, des Inrocks au Figaro – qui sont pourtant rarement d'accord. À la Source jeudi 26 septembre Xavier Machault & Martin Debisschop Jamais à cours de projets, Xavier Machault s'

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Danse : nos huit coups de cœur de la saison

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Un programme entre solo, chorégraphie de groupe, reprise bienvenue ou encore concours tourné vers l'avenir.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Danse : nos huit coups de cœur de la saison

Vertikal À chaque spectacle, Mourad Merzouki confronte la danse hip-hop à une difficulté qui lui donne matière à création. Ce furent la musique baroque (Boxe, boxe), les arts numériques (Pixels) ; voici qu'il titille la verticalité du plateau avec des murs mouchetés de prises d'escalade et des déplacements latéraux. Si, au début, ses danseurs sont trop la démonstration de tous les mouvements possiblement réalisables avec cette contrainte et que le chorégraphe multiplie les séquences de danse qu'il superpose (on ne sait plus où et qui regarder), peu à peu, il oublie l'épate et se dégage alors une sensation d'apesanteur : les interprètes s'emparent des accroches du mur avec une facilité feinte. Et sa troupe respire avant d'embrayer sur un bouquet final saisissant. À la MC2 du mercred

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"Les Forains" : quand ils arrivent en ville…

Danse | Mardi 30 avril, la Rampe d'Échirolles sera en mode grand spectacle grâce au chorégraphe Anthony Égéa.

Aurélien Martinez | Mardi 23 avril 2019

On ne l’a vu qu’en captation vidéo, certes, mais Les Forains a tout du spectacle solidement construit capable de ratisser bien au-delà du simple cercle des amateurs de danse contemporaine. Car le chorégraphe Antony Égéa a remis au goût du jour l’un des premiers ballets de Roland Petit (pas son plus connu, loin de là) datant de 1945, en modernisant la partition d’Henri Sauguet. Comprendre que sur scène, la musique classique s’entrechoque avec des sonorités plus électro (mais pas que) signées Franck II Louise, quand la danse prend elle des accents hip-hop. Le résultat est bondissant, drôle par moments, grandiose souvent, notamment grâce au soin tout particulier apporté aux décors et costumes baroques à souhait. « Les marins sont bien plus marrants que tous les forains réunis » faisaient chanter Jacques Demy et Michel Legrand à leurs personnages dans le cultissime Les Demoiselles de Rochefort. Ce n’est plus tout à fait vrai maintenant ! Les Forains, ballet urbain À

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"Les Terrains incertains" : Vincent Mauger, material boy

Exposition | Accueilli en résidence depuis janvier au Centre d’art Bastille, l’artiste Vincent Mauger a créé pour ce site bien singulier un parcours captivant qui permet de revenir sur les grandes spécificités de sa pratique.

Benjamin Bardinet | Vendredi 19 avril 2019

Au sol, une sculpture imposante qui pourrait être la matérialisation d’une image virtuelle d’un paysage lunaire. Au mur, des dessins nerveux et spontanés qui, lorsqu’on s’en rapproche, semblent avoir été réalisés en partie grâce à des logiciels de création d’images. Cette oscillation permanente entre réel et virtuel traverse l’œuvre de Vincent Mauger. Né en 1976 à Rennes, il appartient à une génération qui a vu son environnement iconographique se transformer avec l’arrivée progressive des images de synthèse. Cependant, comme en réaction, il revendique dans le cadre de sa pratique une approche manuelle, puissante, artisanale, attachée à la manipulation de matériaux aux caractéristiques bien réelles. Il s’inscrit ainsi dans la filiation des grands artistes de l’art minimal des années 1960 qui, bien qu’attachés à développer un art éminemment conceptuel, ont toujours été soucieux du choix des matériaux et sensibles à la manière dont ceux-ci interagissent avec le site d’exposition et le visiteur. Marbre mou et parpaing aérien La seconde grande caractéristique des œuvres de Vincent Mauger est de donner visuellement à certains matériaux

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"Raining Stones" de Ken Loach jeudi soir au Méliès, ça vous dit ?

ECRANS | « Les emmerdes, disait Chirac, ça vole en escadrille. » Quand on est dans la mouise, il pleut de la caillasse tous les jours, ajouterait Ken (...)

Vincent Raymond | Mardi 9 avril 2019

« Les emmerdes, disait Chirac, ça vole en escadrille. » Quand on est dans la mouise, il pleut de la caillasse tous les jours, ajouterait Ken Loach. Le cinéaste britannique en donne une vision concrète dans Raining Stones (1993), portrait d’une famille se livrant à la débrouille par nécessité pour échapper à l’étranglement de la misère sociale frappant la population mancunienne. Des visages et des situations inoubliables, des rires également malgré le contexte. À revoir jeudi 11 avril à 20h au Méliès.

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Who runs the world ? Anne Teresa De Keersmaeker !

Danse | L'immense chorégraphe belge flamande présente, à la MC2 du mercredi 20 au vendredi 22 mars, sa pièce culte "Rosas Danst Rosas" créée il y a vingt-six ans.

Aurélien Martinez | Lundi 18 mars 2019

Who runs the world ? Anne Teresa De Keersmaeker !

Les chorégraphes qui ont marqué (et qui marquent toujours) l’histoire de la danse contemporaine aiment souvent revenir en arrière et donner une nouvelle fois leurs spectacles fondateurs – une démarche plutôt sympathique pour la partie du public qui n’était pas née (ou avait autre chose à faire) lors de la création. C’est ainsi ce à quoi s’emploie depuis plusieurs années l’immense Anne Teresa De Keersmaeker, artiste au langage reconnaissable entre mille : un art à la précision millimétrée (elle est passionnée par les mathématiques) toujours en osmose avec la musique (souvent répétitive) et libérant une folle énergie. Voici donc Rosas Danst Rosas, pièce radicale créée en 1983 que le site de la Flamande présente tout simplement comme « un spectacle devenu depuis lors une véritable référence dans l’histoire de la danse postmoderne ». Une aventure pour quatre danseuses faite de « mouvements abstraits qui constituent la base d’un riche contrepoint chorégraphique dominé par la répétition » qu’on s’empressera d’aller (re)découvrir, après en avoir aperçu des bouts en 2011 dans le clip Countdown de Beyoncé – c

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Mystère et bricolage avec Jean-Louis Bernard

Exposition | Les drôles de sculptures-assemblage de l'artiste isérois sont exposées à la librairie Arthaud jusqu'au 23 février.

Benjamin Bardinet | Mardi 5 février 2019

Mystère et bricolage avec Jean-Louis Bernard

Assiettes ébréchées, bidons d’huile rouillés, verres brisés, plaques de cuivre… Jean-Louis Bernard fait feu de tout bois pour réaliser, depuis une bonne quarantaine d’années, des sculptures-assemblages rustiques qui témoignent autant de son plaisir à jouer avec les matériaux que d’une certaine douce folie surréaliste. Présentée à la librairie Arthaud, l'exposition Ne pas ouvrir avant l’arrêt du train revient sur plusieurs séries d’œuvres dont ses Portraits de famille, personnages auxquels il associe des anecdotes farfelues. Ainsi, la légende « Il était fier de ses nouvelles prothèses et de déclencher les détecteurs de métaux dans les aéroports » accompagne une figurine dont le torse est traversé de clous rappelant certains fétiches d’Afrique centrale. Pas étonnant, l'Isérois est amateur d’art traditionnel africain et a d’ailleurs imaginé une série de Fétiches aux pouvoirs magiques saugrenus comme, par exemple, celui de rassurer les septuagénaires sur leur longévité. À leurs côtés, accrochées au mur, plusieurs œuvres plus abstraites renvoient à

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"Fúria" : le tourbillon de la (dure) vie

Danse | La chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues sera mardi 15 et mercredi 16 janvier à la MC2 avec un nouveau spectacle furieusement réussi.

Aurélien Martinez | Mardi 8 janvier 2019

Il y a des propositions qui plongent le public dans un tourbillon intense, le prennent par les tripes pour le laisser à la fin de la représentation dans un état proche de la sidération. Fúria de la chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues est de celles-ci. Soit un spectacle qui monte, qui monte, qui monte… Et qui explose grâce à neuf interprètes à l’investissement et la technicité (on les croirait pris de spasmes) dingues. Comme un immense cri chorégraphié orchestré par une artiste brésilienne soixantenaire qui compte sur la scène internationale – on a d’ailleurs souvent pu la voir dans l’agglo avec des créations fortes comme Pindorama, Pororoca ou encore Incarnat. Une danse sans frontières et pétrie de références sociopolitiques (celle qui crée ses spectacles dans la favela de Maré, à Rio de Janeiro, là où sa compagnie est basée, a fait de nombreuses recherches en amont, notamment sur la place des Noirs au Brésil) pour une pièce qui n’écrase pourtant pas le spectateur, bien au contraire : libre à chacun de mettre ou non des mots ou des idées derrière les images proposées et savamment construites – tout

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"Comme un trio" : trois à l’étroit

Danse | Le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta sera à la MC2 du mardi 11 au samedi 15 décembre avec sa nouvelle création basée sur le "Bonjour Tristesse" de Françoise Sagan.

Aurélien Martinez | Mardi 4 décembre 2018

Il y a les spectacles de Jean-Claude Gallotta qui s’épanouissent sur les grands plateaux et dans lesquels les interprètes du fameux chorégraphe déploient au mieux la grammaire "gallotienne" à l’œuvre depuis 40 ans. Citons par exemple le dytique My Rock / My Ladies Rock, qu’on prend toujours plaisir à revoir, le tendu Ivan Vaffan, recréé en 2013, ou encore le très réussi Homme à tête de chou, qui aura dix ans l’an prochain – et auquel on repense en ce moment alors que sort un album posthume d’Alain Bashung (qui, pour cette création, avait repris la partition de Gainsbourg). Et il y a les autres, ces petites formes où le Grenoblois se concentre sur une poignée de corps. Comme un trio, sa dernière création en date dévoilée en septembre, est de celles-ci. Sur scène, trois danseurs jouent avec les affres de

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"My Rock" et "My Ladies Rock" : let’s dance, again

Danse | Excellente initiative de la MC2 qui reprogramme, en cette fin novembre, deux spectacles de Jean-Claude Gallotta qui se répondent. D’abord My Rock, créé en (...)

Aurélien Martinez | Mardi 20 novembre 2018

Excellente initiative de la MC2 qui reprogramme, en cette fin novembre, deux spectacles de Jean-Claude Gallotta qui se répondent. D’abord My Rock, créé en 2005 et repris mardi 27 novembre : l’un des tubes du chorégraphe grenoblois dans lequel il fait danser ses interprètes sur des morceaux cultes de l’histoire du rock signés Elvis Presley, Nirvana, les Clash, les Rolling Stones, Patt Smith… Une playlist de luxe qui rend forcément le public complice, et qui permet alors aux tableaux de groupe comme aux petites formes plus intimes de s’épanouir en quelque trois minutes. Puis My Ladies Rock, créé en 2017 et à (re)voir du mercredi 28 au vendredi 30 novembre : le même principe, mais cette fois centré uniquement sur des artistes femmes, Gallotta s’étant rendu compte que dans le premier volet, il avait inconsciemment, et comme finalement toute l’histoire du rock, privilégié les hommes. Où l’on entend donc Patti Smith à nouveau, mais aussi Marianne Faithfull, Aretha Franklin, Jan

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Errances musicales à la Bastille avec Bégayer

Concert | Rendez-vous samedi 20 octobre.

Damien Grimbert | Mercredi 17 octobre 2018

Errances musicales à la Bastille avec Bégayer

C’est rien de moins qu’un triple retour qui nous attend ce samedi 20 octobre à 20h30. Celui des concerts au Centre d’art Bastille tout d’abord, cadre aussi singulier qu’idéal pour accueillir des groupes musicaux aux horizons différents. Celui de l’association Plege ensuite, de retour aux affaires après une longue pause estivale. Et celui de Bégayer enfin (photo), trio alternatif unique en son genre qui viendra dévoiler ses « tristes poèmes bruyants » à l’occasion de la sortie de son très attendu premier album Terrain à mire. Une maison rétive. Contrainte par le toit, coproduit par Les Disques Bongo Joe et le label Le Saule. On ne peut malheureusement pas vous en dire beaucoup plus au stade actuel (seul deux des neuf titres de l’album ont été dévoilés à l’heure où l’on écrit ces lignes), si ce n’est qu’au vu des précédentes prestations du groupe, et de la très bonne formation pop folk qui les accompagne pour l’occasion (les Lyonnais de GHST), tout ça s’annonce sous les meilleurs augures.

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Danse : nos huit coups de cœur ou attentes pour cette saison

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Avec des grands noms de la danse contemporaine comme des plus confidentiels mais non moins passionnants.

La rédaction | Mardi 18 septembre 2018

Danse : nos huit coups de cœur ou attentes pour cette saison

Comme un trio « La littérature, pensais-je, pouvait peut-être encore faire danser les mots, ces mots qui attendent patiemment qu’on les pousse dans un corps brûlant les pieds sur demi-pointe. » Voilà ce qu’écrit le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta en note d’intention de sa prochaine création qu’il dévoilera en avant-première fin septembre à la MC2. Une pièce pour trois interprètes basée sur le fameux Bonjour Tristesse de Françoise Sagan, roman culte plein de fougue. On en attend beaucoup. À la MC2 jeudi 27 septembre et du mardi 11 au samedi 15 décembre À l’Agora (Saint-Ismier) vendredi 28 septembre À l’Oriel (Varces) samedi 29 septembre SEИS La compagnie Arcosm, qui fut en résidence les trois dernières saisons à la Rampe, reviendra à Échirol

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Avec "Smile Jamaica", la Belle électrique se met en mode jamaïcaine

Semaine thématique | Rendez-vous du mercredi 6 au samedi 9 juin pour tout un tas d’événements alléchants.

Damien Grimbert | Lundi 4 juin 2018

Avec

Après avoir proposé en février une semaine d’événements culturels autour du mouvement punk, la Belle électrique remet le couvert cette semaine avec cette fois en ligne de mire le riche univers des musiques populaires jamaïcaines. Point d’orgue de la manifestation, le concert du samedi 9 juin qui réunira sur scène le légendaire U-Roy aux côtés de Mad Professor ainsi que le chanteur d groupe Groundation Harrison Stafford aux côtés de Brain Damage, et qui sera précédé d’un blind test thématique le jeudi, d’une initiation aux chorégraphies envoûtantes du dancehall le vendredi (suivie d’une discussion et d’un show de la compagnie Dance Addict) et d’une vente de disques vinyles jamaïcains d’occasion du mercredi au samedi. Enfin, pour celles et ceux qui souhaiteraient découvrir plus en profondeur la culture reggae, deux projections sont également programmées : le mercredi avec le film culte de 1972 de Perry Henzell The Harder They Come (sans doute l’un des meilleurs métrages de fiction sur le sujet avec le Rockers de Ted Bafaloukos) et

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"May B" : danse-la comme Beckett

Danse | La création culte de Maguy Marin sera reprise à la MC2 du mercredi 25 au vendredi 27 avril par la chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues sous le nom de "De Sainte-Foy-lès-Lyon​ à Rio : May B à la Maré, une fraternité". Immanquable.

Nadja Pobel | Lundi 23 avril 2018

Avec De Sainte-Foy-lès-Lyon​ à Rio : May B à la Maré, une fraternité, c'est une page de l'histoire de la danse que nous verrons à la MC2. Cette pièce n'a jamais cessé d'être présentée depuis sa création en 1981, à l'exception de pauses de deux ou trois ans : dingue ! La danseuse Lia Rodrigues (dont les travaux chorégraphiques récents ont été vus à Grenoble – Pindorama, Pororoca, Incarnat…) faisait alors partie de la distribution. Trente-cinq ans plus tard, elle l’a transmise aux élèves en formation continue de l'École de danse libre qu'elle a montée à la Maré, une des favelas les plus âpres de Rio de Janeiro. Le résultat est remarquable. Inspirée par l’œuvre du dramaturge Samuel Beckett (d’où le côté très danse-théâtre du résultat), May B posait déjà à l’époque tant d'éléments de ce qui fera la force du travail chorégraphique de Maguy Marin : une conscience politique aigüe des dominants et dominés mêlée à un souffle de vie qui affleure des décombres. Semblables à des zombies ayant passé des heures sous les gravas sans doute dus à un séisme ou des bomba

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"Frost" : ça craint en Ukraine

Là-balte si j’y suis | de Šarūnas Bartas (Lit-Fr-Ukr-Pol, 2h) avec Mantas Janciauskas, Lyja Maknaviciute, Andrzej Chyra, Vanessa Paradis…

Vincent Raymond | Mardi 27 mars 2018

Pour dépanner un ami, Rokas et Inga acceptent de convoyer une camionnette humanitaire de Lituanie en Ukraine. Sauf que la zone n’est pas si facile d’accès en période de guerre – une guerre dont Rokas n’avait même pas idée, et qui intrigue ce jeune homme sans but… Cinéaste du politique, voire du géopolitique, Šarūnas Bartas ne pouvait rester insensible à la situation ukrainienne et au chaos qu’elle produit. Un chaos mâtiné d’incertitudes et de danger, conforme à l’ambiance inquiétante de ses premiers films, explorant par la contemplation le flou des frontières et de l’attente. Pourtant, c’est par une structure des plus linéaires que Bartas engage son récit : il faut que ses deux protagonistes se perdent, littéralement ; qu’ils éprouvent la réalité de la guerre en discutant avec des "humanitaires" pour qu’ils se trouvent – ou, du moins, parviennent à orienter leur boussole intérieure. La curiosité de Rokas, cette irrépressible pulsion le menant au plus près du danger (histoire d’en apprécier la réalité mais aussi de tester le hasard) rappelle la démarche de John Locke, héros du Profession : Reporter (1975) de Michelangelo Antonion

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50 ans des Jeux olympiques de Grenoble : le programme des festivités

Événement | Rendez-vous mardi 6 février au parc Paul-Mistral pour du grand spectacle.

Alice Colmart | Mardi 30 janvier 2018

50 ans des Jeux olympiques de Grenoble : le programme des festivités

Coup d’envoi cette fois-ci officiel (certains événements ont débuté depuis plusieurs mois) des festivités du cinquantenaire des Jeux olympiques d’hiver de Grenoble 1968 ce mardi 6 février, dans une forme olympique ! Car les joggeurs, des plus amateurs aux plus confirmés, sont invités à se rendre au Village Olympique à partir de 17h30 pour une course lumineuse prévue sur 5 km. Le parcours passera par les lieux symboliques des JO, comme la MC2, le centre de presse Malherbe ou encore le Palais des sports, et s'achèvera au parc Paul-Mistral – l’arrivée se fera en fanfare avec la 27e Brigade d'Infanterie. Puis, à partir de 19h30, on aura droit à du spectaculaire avec notamment Souvenirs de 13 jours en France, spectacle mené par le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta et environ 100 danseurs, puis le fameux Fugue/trampoline du circassien Yoann Bourgeois – « le spectacle d’un homme qui monte le haut d’un escalier, qui chute et rebondit. Pour moi, une synthèse de l’existence » détaillait-il lors de la conférence de presse officielle. La soirée se terminera par un spectacle pyrotechnique tiré depuis les gradins de l’Anneau de vitesse.

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[re]connaissance : danse avec les stars (de demain)

Danse | Vendredi 24 et samedi 25 novembre aura lieu à la Rampe d’Échirolles la nouvelle édition du concours [re]connaissance : un formidable moyen de découvrir ce qu’il se fait aujourd’hui en danse contemporaine. Et de voter pour son coup de cœur !

Aurélien Martinez | Mardi 21 novembre 2017

[re]connaissance : danse avec les stars (de demain)

La dernière édition avant que tout ne change, avant « le virage de la dixième édition » : voilà comment Marie Roche, nouvelle directrice du centre de développement chorégraphique grenoblois le Pacifique, qui se retrouve donc porteuse du concours que ce même Pacifique a cocréé en 2009 (avec la Maison de la danse de Lyon), nous présente ce [re]connaissance 2017 pensé avec la Rampe d’Échirolles (qui l’accueille une nouvelle fois) et le Centre chorégraphique national de Grenoble (installé dans la MC2). Un événement, on le rappelle pour les oublieux ou les nouveaux venus, temps fort de la danse dans la région, qui a pour but de promouvoir les compagnies professionnelles en manque de reconnaissance, que ce soit de la part du public ou des professionnels – « l’objectif visé est davantage la confirmation de talents que la découverte de compagnies émergentes » (extrait de l’édito). Danse sans frontières Concrètement, sur deux soirées, douze compagnies (nationales et internationales – Afrique du sud, Irlande, A

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Danse : dix spectacles pour une saison

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Que les amateurs de danse se rassurent : plusieurs salles à Grenoble et dans l'agglo proposent d'excellents spectacles de danse. En voici dix, sélectionnés par nos soins.

La rédaction | Mercredi 13 septembre 2017

Danse : dix spectacles pour une saison

Welcome Les spectacles interprétés par des enfants inspirent généralement au critique professionnel la plus profonde méfiance. Sauf quand c’est la chorégraphe Josette Baïz qui met en scène son groupe Grenade, composé de jeunes danseurs issus de quartiers d’Aix-en-Provence et Marseille. Dans ce cas, nos aigreurs s’envolent et l’on applaudit chaudement le résultat au vu du talent des interprètes, qui reprendront ici plusieurs pièces composées uniquement par des chorégraphes femmes comme Dominique Hervieu et Blanca Li Pochette Surprise. On sera dans la salle pour découvrir le résultat. À la Rampe (Échirolles) les 11 et 12 octobre My ladies rock L’un des tubes du chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta s’intitule

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Question simple de l’été #3 : comment transmet-on une chorégraphie à des danseurs ?

ACTUS | Comment un chorégraphe peut-il transmettre ses œuvres aux générations futures, et comment conserve-t-on des chorégraphies qui ont plusieurs siècles ? Réponse à cette simple question avec le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta.

Nicolas Joly | Jeudi 20 juillet 2017

Question simple de l’été #3 : comment transmet-on une chorégraphie à des danseurs ?

« Au XVIIIe siècle, ce sont surtout les danseurs qui se transmettaient les œuvres entre eux, de façon orale ou visuelle. Ce n’est qu’au début du XIXe siècle que des gens comme Rudolf Laban ont commencé à se pencher sur l’écriture de la danse. Il a ainsi développé une méthode de notation qui fait se déplacer un corps dessiné sur une partition verticale. D’autres méthodes similaires voient le jour, mais elles restent des pratiques d’érudits. » Et aujourd’hui ? « Les choses commencèrent vraiment à bouger avec l’arrivée de la danse moderne et de l’image. Les gens n’ont plus besoin d’étudier de la même façon. Ils peuvent simplement regarder une image et reproduire le geste. Personnellement, quand je dois monter mes pièces, je décompose les mouvements grâce à la vidéo pour que les étudiants puissent voir et reproduire les gestes en détail. La transmission d’une danse est en réalité une affaire très personnelle, et chaque chorégraphe fait un peu à sa façon. Il n’y a pas de méthode unique. Certains vont par exemple refuser de montrer les mouvements, en faisant tout passer par l’oral. C’est une façon de faire plus fréquente dans la danse contemporaine, qui laisse p

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Agnès Varda & JR : « Le hasard est notre meilleur assistant »

Interview | On a rencontré Agnès Varda et JR, qui reviennent sur l’aventure inédite de leur tandem (« approcher et photographier des personnes inconnues, anonymes, dans des villages et en tirer le meilleur en paroles et en illustrations sur des murs ») baptisé "Visages, Villages".

Vincent Raymond | Lundi 26 juin 2017

Agnès Varda & JR : « Le hasard est notre meilleur assistant »

Votre film parle des autres, mais aussi de vous puisque vous dialoguez énormément à l’écran… Agnès Varda : On a l’impression d’avoir travaillé modestement pour un projet qu’on avait en commun : approcher et photographier des personnes inconnues, anonymes, dans des villages et en tirer le meilleur en paroles et en illustrations sur des murs pour vous les faire connaître. C’est un documentaire sur les gens qu’on a rencontrés, même si on fait un petit peu les fous dedans. Notre présence dans le film a construit une relation. Mais au départ, je n’ai jamais pensé que ça deviendrait en fait le regard de JR sur moi ! JR : C’est l’un des rôles de l’artiste d’apprendre à re-regarder. Avec Agnès, on s’est rencontrés pour la première fois de notre vie un lundi à son atelier, elle est venue le mardi dans le mien et le mercredi, on a commencé à travailler ensemble. Elle n’avait jamais coréalisé, moi non plus, et on a passé les deux dernières années ensemble. Quand on se voyait pas,

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Le Loco Mosquito, de la salsa au funk (& co)

Nouvelle soirée | Depuis presque 25 ans, le Loco Mosquito fait fiévreusement se déhancher les aficionados de salsa. Mais vendredi 10 mars, c’est le funk qui mettra l’ambiance au 56 rue Thiers, le patron lançant un nouveau type de soirée dans son bar. Tenue vintage conseillée.

Charline Corubolo | Mardi 7 mars 2017

Le Loco Mosquito, de la salsa au funk (& co)

Le moustique qui a piqué Javier Colli, taulier du Loco Mosquito, était sans nul doute porteur d’un joyeux virus gorgé de salsa. Ce dernier a ainsi pris possession du bar du bout de la rue Thiers en 1994 pour en faire une véritable institution grenobloise de la nuit latine. Tous les mardis, chez lui, c’est scène ouverte ; et du mercredi au samedi, on plonge dans la chaleur hispanique avec soirée salsa et initiation à la danse, tout ça dans la convivialité et la gratuité. « J’ai fait un bar à l’espagnol, assez chaleureux. Au début c’était plutôt étudiant. Après presque 25 ans d’existence, maintenant il y a de tous les âges. » Fief du déhanché latino, le Loco Mosquito était également jadis un lieu de passage pour les DJs locaux et souhaite envoyer du mix à nouveau. Vendredi 10 mars, le Last train to London Town sera du coup piloté par Dr J avec une sélection « funk, soul, ska ». « On va essayer de relancer les soirées avec des DJs. Pour cette première, c’est un peu dans l’idée des Dynamita’s nights à la Belle électrique, histoire de revivre les années 1970 avec un dress cod

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"Volver" : les amours "gallottiennes" d'Olivia Ruiz

Danse | Le spectacle du chorégraphe Jean-Claude Gallotta est donné à la MC2 les 3 et 4 mars.

Aurélien Martinez | Mardi 28 février 2017

Entre la chanteuse Olivia Ruiz et le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta, c’est une histoire d’amour qui dure (ils s’étaient déjà rencontrés sur la scène de la MC2 en 2013). La première, qui vient de sortir son cinquième album, illumine ainsi la dernière création du second, dans laquelle elle danse (entourée de fidèles interprètes "gallottiens") mais surtout chante – logique. Une sorte de comédie musicale sur la vie d’une jeune immigrée espagnole (fortement inspirée de l’histoire d’Olivia Ruiz, même si l’on reste dans la fiction) où ses chansons répondent à la narration. Bien que les ficelles soient parfois trop grosses (la voix off notamment, qui veut absolument que le récit se raccroche à tous les titres chantés), il en découle un spectacle plutôt plaisant. C’est déjà ça. Volver À la MC2 vendredi 3 et samedi 4 mars

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"T2 Trainspotting" : l'honnête retour des héro(ïnomane)s

ECRANS | Vingt ans après avoir entubé son monde dans "Trainspotting", Mark (Ewan McGregor) règle ses dettes avec les intérêts. Quant au réalisateur Danny Boyle, il fait sagement fructifier le capital sympathie de ses défoncés en dealant du shoot visuel et sonore aux quadras nostalgiques de leurs vingt ans. Une honnête rechute.

Vincent Raymond | Vendredi 24 février 2017

Saisi par le remords (entre autres impérieuses raisons), Mark Renton quitte sa planque d’Amsterdam et retourne à Édimbourg où Sick Boy semble prêt à tout lui pardonner, à condition qu’il l’aide à ouvrir un bordel. Mais le pire est à craindre : Begbie s’est évadé de prison… Souvent, la suite tardive d’un succès "générationnel" se révèle honteuse ou paresseuse – on s’abstiendra, par charité, de rappeler les exemples des Inconnus, des Bronzés, de Trois Hommes et un couffin ou de tant d’autres merveilles. Montées pour de mauvaises raisons (aisément d€vinabl€$), elles déçoivent leurs fans transis, qui n’osent pas s’avouer désappointés devant le naufrage de leurs illusions. Sans scintiller ni déchoir, Trainspotting 2 peut se targuer d’être une "bonne" suite. On se ca(l)me ! Danny Boyle donne ce qu’ils attendent à ses clients : il prolonge les péripéties de sa bande presque assagie de junkies en usant d’une intriguette prétexte à une suite de sketches parfois réussis – la méthode a jadis fait ses preuves dans les Don Camillo. Il ne se risque pas à la surenchère trash ou destroy ; le ferait-il qu’il tom

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"Jackie" : queen Kennedy, queen Portman

ECRANS | de Pablo Larraín (E.-U., 1h40) avec Natalie Portman, Peter Sarsgaard, Greta Gerwig…

Vincent Raymond | Mardi 31 janvier 2017

Novembre 1963. JFK vient d’être assassiné et sa désormais veuve Jackie Bouvier-Kennedy reçoit un journaliste dans sa résidence glacée pour évoquer l’attentat de Dallas, mais aussi son avenir. Au fil de la discussion, elle se remémore pêle-mêle les jours heureux à la Maison-Blanche, les préparatifs des obsèques et la journée fatale… À l’instar de Neruda sorti il y a un mois, Jackie est un biopic transgressif où le sujet principal ayant la pleine conscience de sa future place dans l’Histoire se permet d’en soigner les contours en abrasant la moindre irrégularité apparente : la si lisse Mrs. Kennedy affirme ainsi ne pas fumer… en écrasant une de ses innombrables cigarettes ; la si droite Jackie tient debout… gavée de calmants et d’alcool. Dans la famille Kennedy, l’apparence prime sur l’expression publique d’un quelconque affect privé ; qu’importent les circonstances, Jackie se doit de participer à l’écriture de la glorieuse geste de cette dynastie. La construction achronologique du fi

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Soirées pré-Oscars avec "La La Land" et "Jackie"

Avant-premières | Deux gros événements cinéma à venir : samedi 21 janvier, "La La Land" sera en avant-première dans plusieurs cinémas de la ville. Et le mardi 24 janvier, c'est "Jackie" que les spectateurs du Club pourront découvrir avant sa sortie officielle. De quoi se préparer en beauté pour la cérémonie du 26 février.

Vincent Raymond | Mardi 17 janvier 2017

Soirées pré-Oscars avec

À présent que les Golden Globes ont été remis, couronnant d'un septuor inédit de statuettes la comédie musicale La La Land de Damien Chazelle (réalisateur du fameux Whiplash), la cote du film pour les Oscars monte plus haut que le contre-ut de la Reine de la Nuit. Et le désir pour nous public de le voir avant sa sortie prévue la semaine prochaine, le mercredi 25 janvier, également. Le distributeur SND l'a bien compris ; aussi a-t-il consenti à programmer une batterie d'avant-premières un peu partout en France, histoire d'étancher les impatiences et d'alimenter davantage le bouche à oreille. Détail amusant : elles ont toutes lieu au même moment, samedi à 19h30. Quant à Jackie de Pablo Larrain, biopic de Mme Bouvier-Kennedy-Onassis, il a déjà fait forte impression à Venise, et pourrait valoir selon les échotiers un second trophée à Natalie Portman après celui remporté pour The Black Swan. Quoi qu’il en soit, le public hexagonal pourra se faire sa propre opinion avant la cérémonie prévue le 26 février,

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"Neruda" : attrape-moi si tu peux !

ECRANS | D’un authentique épisode de la vie clandestine du poète chilien Pablo Neruda, Pablo Larrain tire un dys-biopic tenant de la farce, du polar politique et du western. Une palpitante mise en abyme de la création artistique célébrant la supériorité de tout artiste sur le commun des politiques…

Vincent Raymond | Mardi 3 janvier 2017

1948. Immense figure populaire, poète encensé, Pablo Neruda est aussi un député communiste s’opposant avec vigueur au président Videla. Lequel profite des tensions entre les grands blocs internationaux pour justifier son arrestation. Mais Neruda, pareil à une anguille, échappe à la traque menée par l’inspecteur Óscar Peluchonneau (interprété par Gael García Bernal). Et s’il ne parvient pas à quitter le pays, il va jusqu’à instaurer à distance un dialogue taquin avec son obstiné poursuivant… En préambule à son film, le cinéaste chilien Pablo Larrain aurait pu reprendre le mot de Boris Vian, à propos de L’Écume des jours : « Cette histoire est entièrement vraie puisque je l'ai imaginée d'un bout à l’autre. » Car si Neruda ne respecte pas "l’Histoire" stricto sensu ; si rien n’est authentique dans ce film, rien n’est réellement inexact. Tansformer en acte artistique un biopic d’artiste lui donne sa saveur, sa beauté et pour tout dire son véritable sens. En effet, raconter l’alpha et l’oméga d’une carrière ne présente, à part pour les indécrottables fans, qu’un intérêt médiocre : c’est ce qui di

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"Trois Grandes Fugues" : un quatuor pour trois chorégraphes

Danse | Superbe affiche de rentrée à la MC2 pour le fameux Ballet de l'Opéra de Lyon qui reprend les "Grandes Fugues" magistrales de Maguy Marin et d’Anne Teresa de Keersmaeker. Et s’approprie celle de Lucinda Childs, venue spécialement à Lyon cet été pour la créer. Jean-Emmanuel Denave et Nadja Pobel

La rédaction | Vendredi 23 décembre 2016

Maguy Marin, Anne Teresa de Keersmaeker, et maintenant Lucinda Childs... Que de succès féminins pour Ludwig van Beethoven et sa Grande Fugue, l'une de ses dernières pièces musicales composée entre 1824 et 1825. Ces trois grandes dames de la danse ont, chacune dans leurs univers dissemblables, été fascinées par ce quatuor à cordes, controversé à l'époque de sa création et aujourd'hui considéré comme le sommet de l’œuvre de l’Allemand. Car Beethoven y entremêle la puissance d'expression dramatique qu'on lui connaît à une forme de composition des plus complexes : une savante combinaison de sonate, de fugue et de variation, ainsi qu'une structure contrapuntique. Inventant sa danse au plus proche des partitions musicales qu'elle entreprend de travailler, on imagine alors la jubilation d'Anne Teresa de Keersmaeker devant un tel monstre sacré. Sa Grande Fugue, créée en 1992 et transmise au Ballet de l'Opéra de Lyon en 2006, dessine, avec huit interprètes

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Notre sélection de concerts et spectacles à offrir à Noël

ACTUS | Comme chaque année en décembre, tout le monde se demande quoi mettre à qui sous le sapin. Laissons à nos confrères les suppléments en papier glacé vantant les mérites de produits high-tech capables de vider un porte-monnaie en deux secondes et autres biens de consommation qui en jettent une fois le papier déballé mais n’ont plus aucune utilité dès le 26 décembre, et optons pour une sélection 100% immatérielle à base de spectacles et de concerts. C'est cadeau !

La rédaction | Mardi 6 décembre 2016

Notre sélection de concerts et spectacles à offrir à Noël

Jeff Mills Pour les vétérans de l’électro Jeff Mills ? Une véritable légende de la musique électronique, à la fois technicien hors pair, artiste inspiré et figure historique de la scène techno de Détroit. Avec sa création atypique de 2014 baptisée Planets, il a réinterprété l’une des partitions les plus célèbres du répertoire symphonique classique (Les Planètes de l’Anglais Gustav Holst, composée il y a un siècle) pour un voyage dans le système solaire (d’où le titre) en dix mouvements. Et autant (voire plus) d’émotions, comme « le mélange du classique et de la musique électro produit toujours des résultats inattendus » selon lui. On le croit sur parole. À la MC2 vendredi 31 mars De 10 à 29€ ______ Julien Doré Pour les amateurs de chanson française à tendance hipster On a toujours regardé avec intérêt Julien Doré, même s’il y a toujours eu un petit quelque chose en lui qui ne nous convainquait pas totalement – son personnage de dandy adepte des références

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[re]connaissance : fraternité dansée

SCENES | Les amateurs de danse, de découverte et/ou de concours ont rendez-vous vendredi 25 samedi 26 novembre à la Rampe d'Échirolles. Et, franchement, ça vaut le coup !

Aurélien Martinez | Mardi 22 novembre 2016

[re]connaissance : fraternité dansée

En 2007, Ségolène Royal vantait les vertus de la démocratie participative, « productrice d’intelligence » selon elle. Politiquement, on ne se prononcera pas trop ; mais artistiquement, on est plus que d’accord. Et la huitième édition de concours [re]connaissance nous le prouvera une nouvelle fois. Soit, sur deux jours, douze compagnies professionnelles qui proposeront une pièce d’une durée de 25 minutes maximum. Si, après les avoir toutes vues, un jury décidera de deux des prix, le public pourra s’exprimer sur un troisième – le bien nommé « prix du public » (la vie est bien faite). Mais, au-delà de cet aspect participatif, cet événement est à chaque fois une petite fête en soi, passionnante, offrant ainsi aux spectateurs un panel assez large de ce qui se fait aujourd’hui en danse contemporaine. Tout ça pour la modique somme de 10 euros les deux soirées (ou 6 l’une). « Youpi » comme aurait pu dire Ségolène Royal si on lui avait demandé son avis. [re]connaissance À la Rampe (Échriolles) vendredi 25 à 19h et samedi 26 novembre à 17h30

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The Dizzy Brains, du rock malgache en mégaphone

MUSIQUES | Grande surprise des Trans Musicales de Rennes l'année passée, The Dizzy Brains continue à se révéler au monde. À découvrir jeudi à la Source.

Gabriel Cnudde | Lundi 17 octobre 2016

The Dizzy Brains, du rock malgache en mégaphone

On parle souvent du rap comme de la musique revendicatrice majeure en oubliant que le rock est lui aussi un formidable outil d'expression. Élevés au son des Kinks et des Vines, les quatre Malgaches de The Dizzy Brains sont là pour remettre guitares et batteries au centre des débats. Comme beaucoup de grandes histoires du rock, la leur commence avec deux frères, Eddy et Mahefa Andrianarisoa. Avec Poun et Mirana à leurs côtés, ils chantent la misère de Tananarive (la capitale malgache), la corruption qui gangrène le système politique de leur pays et l'amour inhérent à leur vie de jeunes adultes. Pour soutenir la maturité de leurs textes, les quatre amis font résonner un puissant rock garage à la sauce Stooges et Ramones auquel se mêle une débauche d'énergie naïve et communicative qu'on pouvait retrouver sur le premier album d'Arctic Monkeys. Même pas musiciens il y a cinq ans, tous font aujourd'hui corps avec leur instrument et, visiblement, bluffent le public de chaque salle dans laquelle ils se produisent. Et si les Dizzy Brains jouent fort et parfois même jusqu'à saturation, c'est sans doute pour faire exploser la

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Ce week-end, c'est les Journées Art Contemporain

événement | 9e édition, deux jours, 17 lieux et zéro euro en poche : voici le programme alléchant des Journées Art Contemporain qui se dérouleront le samedi 15 et dimanche (...)

Charline Corubolo | Mardi 11 octobre 2016

Ce week-end, c'est les Journées Art Contemporain

9e édition, deux jours, 17 lieux et zéro euro en poche : voici le programme alléchant des Journées Art Contemporain qui se dérouleront le samedi 15 et dimanche 16 octobre dans divers lieux de Grenoble et de son agglomération.Et au-delà de la gratuité à l’entrée, deux propositions ont retenu notre attention. Tout le week-end, le Magasin organise des visites performées de sa nouvelle exposition Il se passe quelque chose, tandis que la Halle à Pont-en-Royans propose une rencontre avec l’artiste Octave Rimbert-Rivières pour son exposition Hardcore Vercors, pour une fin de semaine artistiquement contemporaine. Le programme complet est à découvrir ici.

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Maison Messiaen : instants de grâce pour l'inauguration

MUSIQUES | Rendez-vous entre le vendredi 1er et le dimanche 3 juillet sur le plateau matheysin (30 mns de Grenoble) pour l'événement baptisé "Passion Messiaen". Tout un programme.

Aurélien Martinez | Mardi 28 juin 2016

Maison Messiaen : instants de grâce pour l'inauguration

L’inauguration de la Maison Messiaen se déroulera donc sur trois jours avec « quatorze stations où seront proposés des concerts, rencontres et autres projections ». Car de nombreux lieux patrimoniaux de la Matheysine accueilleront les divers événements gratuits proposés par l’Aida. Le vendredi 1er juillet, dans l'église de Saint-Théoffrey, le Lyonnais Roger Muraro (photo) ouvrira ainsi le bal des festivités avec Le Loriot, du Catalogue d'oiseaux. Grand nom du piano français, Muraro fût élève d'Olivier Messiaen qu’il côtoya souvent dans sa maison iséroise. Au grand moment possible, le samedi dans l’église de Valbonnais avec le programme baptisé « musiques de l’Inde ». C'est en parcourant les rayonnages du Conservatoire qu’adolescent, Messiaen découvrit dans L'Encyclopédie de la Musique de Lavignac la richesse rythmique des decî-tâlas. Un trésor rythmique de l'Inde antique qu'interpréteront le tablaiste Prabhu Edouard et le flûtiste Rishab Prasann. Et toujours le

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Ce samedi, c'est Uriage en danse avec Jean-Claude Gallotta

SCENES | Ce n’est pas parce que Jean-Claude Gallotta n’est plus directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble qu’il est parti à la retraite ! Avant (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 22 juin 2016

Ce samedi, c'est Uriage en danse avec Jean-Claude Gallotta

Ce n’est pas parce que Jean-Claude Gallotta n’est plus directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble qu’il est parti à la retraite ! Avant de découvrir sa prochaine création la saison prochaine à la MC2, direction le parc d’Uriage ce samedi 25 juin pour la première édition du festival Uriage en danse. Avec plusieurs spectacles (dont un centré sur d’anciennes pièces de l’artiste) et un bal en clôture à partir d’une de ses chorégraphies. Plus d'infos ici.

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Les chansons pas comme les autres d'Eddy Crampes

Chanson | De passage ce mercredi au Bauhaus avec Chevalrex, Eddy Crampes affiche en chanson des influences souterraines qui toujours remontent à la surface avec une douceur qui n'appartient qu'à lui, doux-dingue de plus, plus doux que dingue. À moins que ce ne soit l'inverse.

Stéphane Duchêne | Lundi 6 juin 2016

Les chansons pas comme les autres d'Eddy Crampes

Quand on navigue dans les eaux troubles de La Souterraine, cette drôle de maison underground aux fondations poreuses et aux portes toujours ouvertes aux courants d'air frais d'une french pop pas comme les autres (peut-être la nouvelle french touch, s'il était besoin d'en avoir une), on est forcément un ovni. C'est ce que sont les Aquaserge, Julien Gasc et autres Chevalrex dont les exploits funambules ont déjà été retranscrits ici (et dont on reparlera plus que prochainement). C'est avec ce dernier que va se produire un autre adepte du grand écart quasi vandammien : Eddy Crampes. Eddy Crampes comme la contraction d'Eddy Mitchell et des Cramps, Eddy Crampes comme la décontraction et la décomplexion absolue de la chanson française, dont la base arrière abrite de concert le chanteur de l'amour défiscalisé Alain Barrière et la pop dématée de Daniel Johnston, de Burt Bacharach et d'Alain Souchon – on aurait jamais pensé accoler les deux noms dans le même référencement. Et comme choisir lui donne des crampes, Eddy reprend, couvre, habite les chansons des autr

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France et Taulard, talents musicaux made in France

MUSIQUES | Ce jeudi 2 juin, la Souterraine réunit à la Bobine deux groupes français qui, comme diraient les plus âgés d'entre nous, ganeraient à être connus. Mais qui sont-ils vraiment ?

Stéphane Duchêne | Mardi 31 mai 2016

France et Taulard, talents musicaux made in France

En 2016, la Souterraine est le dernier artisan découvreur de talents de France et se propose de partager avec nous, au coin d'une bonne bière, les produits pop de nos beaux terrooooirs, l'hymne de nos campagnes, de nos rivières, de nos montaaaaagnes. Ce sera prochainement le cas à Grenoble avec un certain Taulard (preuve que, comme nous le disions dans nos éditions précédentes, les délinquants récidivistes ont, quoi qu'on en dise, la part belle dans notre beau pays). Il faudra aussi sans doute prêter en ce 2 juin à la Bobine, jour de la Sainte-Blandine (n'oubliez pas de leur souhaiter bonne fête), une attention toute particulière à un drôle de trioooo venu d'Auvergne et baptisé France (photo) – un très beau nom qu'on apprécie beaucoup à la rédaction de ce journaaaal, dernier artisan de musique de jeunes à combiner batterie, basse et vielle à rooooouuuue. Vous allez le voir, le résultat est assez surprenant et ne sera pas sans rappeler aux amateurs d'Histoire et de psychédélisme l'affaire du pain maudit de Pont-Saint-Esprit à l'été 1951, cet étrange cas d'intoxication alimentaire à l'ergot de seigle, dont la CIA fut un temps tenue responsaaaaable. Aux commande

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Le Pathé Chavant se la joue "Parrain"

ECRANS | Le deuxième volet de la trilogie signée Francis Ford Coppola sera projeté vendredi au Pathé Chavant. Plus qu'une suite, un chef-d'œuvre à lui tout seul.

Vincent Raymond | Mardi 31 mai 2016

Le Pathé Chavant se la joue

Le Pathé Chavant vous fait une proposition que vous ne pouvez refuser : découvrir sur grand écran la plus flamboyante suite que le Nouvel Hollywood n'ait jamais produite – et la seule à avoir remporté comme le premier opus l’Oscar du meilleur film. Davantage qu’une simple suite, Le Parrain 2e Partie est hanté par le premier volet, dont il constitue à la fois le prologue et la prolongation. Coppola y déploie une dramaturgie lente et implacable, montrant l’avènement parallèle des deux chefs de la “famille“ : Vito, le père construisant l’empire (campé par le jeune Bob DeNiro, récoltant comme Brando une statuette pour son interprétation du personnage, mais celle du second rôle) et Michael Corleone, le fils contraint de récupérer l’encombrant héritage… parvenant à le faire fructifier malgré ses scrupules initiaux. Coppola, comme touché par la grâce, traverse sa décennie prodigieuse. Composée comme un opéra, rythmée par les thèmes envoûtants de Nino Rota et Carmine Coppola, sa fresque virtuose ne se résume pas à une histoire folklorique de gangsters, certes matricielle de toute évocation ultérieure de la mafia ; elle dépeint tout un pan

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Le train d'enfer Last Train

MUSIQUES | Feu de paille ou bombe incendiaire, on annonce Last Train, jeunes hommes bien rangés aux concerts dérangés, comme le futur du rock vintage. À voir et surtout à suivre. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 5 avril 2016

Le train d'enfer Last Train

Sur le papier, c'est-à-dire sur leurs affiches ou photos de presse, les membres de Last Train, programmés ici avec Jeanne Added, ont l'air tout droit sorti de la prépa lettres du lycée Fustel de Coulanges de Strasbourg – ils sont Alsaciens. Une fois qu'on monte le son, le quatuor se mue en l'un de ces démonte-pneu du rock qui colle assez facilement au mur le public et la critique qui aurait peur de ne pas être montée dans le bon wagon. Car le leur, de wagon, va vite, très vite ; et il se dit qu'il ira loin très loin, comme un bohémien ou peut-être même comme Muse tiens, s'il leur prenait l'idée plutôt mauvaise de transfmuter leur énergie foudroyante en théâtralité et en lyrisme. On préférerait de loin qu'ils continuent de se vautrer dans une sorte de fange psychédélique dans laquelle une mère ne reconnaîtrait pas ses petits mais qui conserve cette sauvagerie, en la patinant avec ce qu'il faut de bons produits et d'épaisseur – ce qui les rapprocherait aussi des grands zinzins crasseux du Black Rebel Motorcycle Club. Reste à savoir si ce qui fait la gran

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« Pour se moquer de la danse, il faut la maîtriser »

SCENES | Dans "Tutu", six excellents danseurs jouent avec les codes de la danse (la classique, la contemporaine, l’acrobatique…) en une vingtaine de tableaux. Un spectacle savoureux, drôle et surtout solidement construit. Rencontre avec son concepteur avant son passage par le Théâtre municipal de Grenoble. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 2 février 2016

« Pour se moquer de la danse, il faut la maîtriser »

Comment est né le spectacle Tutu ? Philippe Lafeuille : Avec ma compagnie Les Chicos Mambo, on revisite les grandes phases chorégraphiques depuis pas mal d’années. J’ai repris cette idée pour ce nouveau spectacle baptisé Tutu, parce que l’icône tutu est ce qui représente le mieux la danse pour le grand public. Vous jouez justement avec les codes de la danse pour en rire… Oui, je croque les tics de certaines danses en utilisant la parodie, même s’il n’y a pas que des choses parodiques dans le spectacle – il y a même quelques moments plutôt poétiques. Plusieurs niveaux de lecture sont présents dans Tutu. Vous faites ainsi de nombreuses références à l’histoire de la danse, sans que ces références ne soient rédhibitoires si on ne les connaît pas. Comme cette séquence autour de Pina Bausch … Des gens l’autre jour ont pensé que je faisais référence aux princesses Disney ! Chacun y voit donc ce qu’il a en

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Les dix concerts à ne pas louper en mars et avril

MUSIQUES | Ces deux mois seront riches en événements du côté de la Belle électrique, de la Bobine, de la Source, de la MC2... La preuve en dix points à base de Feu! Chatterton, de Rover, de Nada Surf ou encore de Détours de Babel. Stéphane Duchêne et Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 19 février 2016

Les dix concerts à ne pas louper en mars et avril

Feu! Chatterton Voilà un groupe qui aime les transports, qui a déchiré le voile du succès critique avec une chanson sur le Costa Concordia et annoncé son premier album avec un single titré Boeing. Mais quand on parle de transport, il faudrait entendre ce mot selon toutes ses acceptions, à commencer par celle du transport sentimental, du transport amoureux et du voyage des mots. Car si l'on a multiplié les comparaisons musicales ou stylistiques s'agissant de Feu! Chatterton, il faut reconnaître une chose qui n'appartient qu'à eux. Rarement, on a vu si jeune groupe écrire des textes de la sorte : Boeing est une chanson à danser autant qu'à lire comme une suite machiniste à L'Albatros de Baudelaire (« Boeing, Boeing ! Et tes mouvements lents sont de majesté / Est-ce la faute de tes passagers indigestes / Si tu penches ? »). Quant aux paroles de Côte Concorde, elles sont à placer aux côtés des grands textes de la chanson française (« Du ciel tombe des cordes, faut-il y grimper ou s'y pendre ? »). Feu! Chatterton, loin d'être de paille, brûle de mots et sur scène les enflamme. C'est à voir.

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