Danse : nos huit coups de coeur ou attentes pour cette saison

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Avec des grands noms de la danse contemporaine comme des plus confidentiels mais non moins passionnants.

La rédaction | Mardi 18 septembre 2018

Photo : Stella Olivier


Comme un trio

« La littérature, pensais-je, pouvait peut-être encore faire danser les mots, ces mots qui attendent patiemment qu'on les pousse dans un corps brûlant les pieds sur demi-pointe. » Voilà ce qu'écrit le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta en note d'intention de sa prochaine création qu'il dévoilera en avant-première fin septembre à la MC2. Une pièce pour trois interprètes basée sur le fameux Bonjour Tristesse de Françoise Sagan, roman culte plein de fougue. On en attend beaucoup.

À la MC2 jeudi 27 septembre et du mardi 11 au samedi 15 décembre
À l'Agora (Saint-Ismier) vendredi 28 septembre
À l'Oriel (Varces) samedi 29 septembre


SEИS

La compagnie Arcosm, qui fut en résidence les trois dernières saisons à la Rampe, reviendra à Échirolles dévoiler sa dernière création qui partira ensuite en tournée. « Et si nous déplacions le centre de gravité pour que l'enjeu de cette pièce ne soit pas de comprendre le sens mais d'accepter de le perdre ? … de ressentir, de lâcher prise, d'envisager de nouvelles possibilités parce qu'elles sont nombreuses… » Au vu de ce que nous a précédemment livré le chorégraphe Thomas Guerry (une danse solide, joueuse et pleine d'ouverture, comme avec Subliminal en 2016), on ira découvrir sa nouvelle proposition avec intérêt.

À la Rampe (Échirolles) mardi 6 et mercredi 7 novembre


Giselle

Après les claques Swan Lake et Carmen, toutes deux présentées à la Rampe, la bondissante chorégraphe sud-africaine Dada Masilo reviendra à Échirolles pour, cette fois, donner sa version du fameux ballet romantique du XIXe siècle Giselle centré sur une jeune paysanne morte par amour. Mais une version pour douze danseurs qu'on nous assure féministe, combative et musicalement percussive, loin de la naïveté de l'héroïne originelle. Un grand moment de danse en perspective, comme c'est toujours le cas avec Dada Masilo.

À la Rampe (Échirolles) mercredi 21 et jeudi 22 novembre


Furia

Nous l'avons souvent écrit lors de ses nombreux passages dans l'agglo (comme par exemple en 2016 à la MC2 avec son hypnotique Pindorama) : la Brésilienne Lia Rodrigues, chorégraphe des émotions à fleur de peau et du dépassement des limites du corps, voit la danse comme un combat. À ce que l'on en a compris (nous ne l'avons pas encore vue comme elle sera créée cet automne à Paris), sa nouvelle pièce pour dix danseurs serait de la même trempe que ses précédentes. Et pleine de « fureur ». Choc possible.

À la MC2 mardi 15 et mercredi 16 janvier


D'Est en Ouest

Le Groupe Grenade de la chorégraphe Josette Baïz, ex-danseuse de Jean-Claude Gallotta, est une compagnie de danse atypique puisque composée de jeunes issus de quartiers d'Aix-en-Provence et Marseille. Mais des interprètes au talent certain et à l'exigence professionnelle (comme on a souvent pu s'en rendre compte) qui interprèteront des extraits de pièces de six grands chorégraphes internationaux – le Belge Wim Vandekeybus, l'Anglo-Bengali Akram Khan, l'Autralienne Lucy Guerin, la Sud-Coréenne Eun-Me Ahn, l'Isréalien Barak Marshall et la Canadienne Crystal Pite. « Jamais, me semble-t-il, nous ne sommes allés aussi loin dans notre recherche chorégraphique, tant au niveau du corps qu'au niveau de l'esprit » assure la chorégraphe. Grand moment en perspective.

À la MC2 du jeudi 14 au samedi 16 février


Rosas Danst Rosas

Les chorégraphes qui ont marqué la danse contemporaine aiment souvent revenir en arrière et donner une nouvelle fois leurs pièces fondatrices. C'est ainsi ce à quoi s'emploie depuis plusieurs années Anne Teresa De Keersmaeker, artiste au langage artistique reconnaissable entre mille. Voici donc Rosas Danst Rosas, pièce créée en 1983 que le site de la Flamande présente tout simplement comme « un spectacle devenu depuis lors une véritable référence dans l'histoire de la danse postmoderne ». Une aventure pour quatre danseuses faite de « mouvements abstraits qui constituent la base d'un riche contrepoint chorégraphique dominé par la répétition » qu'on s'empressera d'aller (re)découvrir.

À la MC2 du mercredi 20 au vendredi 22 mars


Happy manif

Il n'y a pas de spectacles à regarder mais à fabriquer puisque le chorégraphe David Rolland fait de ses supposés spectateurs ses danseurs. Casque vissé sur les oreilles, il vous dirige. Non seulement il faut déambuler et souvent découvrir les à-côtés du théâtre mais aussi se mouvoir pour reproduire (ou tenter de…) des gestes d'Anna Halprin, Nijinski, Isadora Duncan ou Merce Cunningham. Drôle, légère, récréative, cette Happy manif est une bonne façon de désacraliser le théâtre – si tant est qu'il le faille.

À la Faïencerie (La Tronche) mercredi 15 mai à 15h et 19h30


Summerspace & Exchange

Au cours de sa longue carrière, Merce Cunningham (1909-2009) n'a cessé d'inventer et d'expérimenter de nouveaux dispositifs de création : disjonction entre la danse et la musique, introduction de combinaisons aléatoires, utilisation de logiciels informatiques pour le développement de mouvements… Le précis Ballet de l'Opéra de Lyon reviendra à Grenoble avec deux pièces du maître à l'occasion des 100 ans de sa naissance : Summerspace (1958) inspirée par les théories d'Einstein (!) sur une musique de Morton Feldman ; et Exchange (1978) basée sur la récurrence de certains gestes. Immanquables pour tous les amoureux et amoureuses de la grande danse moderne.

À la MC2 mardi 28 et mercredi 29 mai

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12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Panorama de rentrée culturelle 2020/2021 | Avec des chorégraphes qu'on connaît (très) bien, des nouvelles têtes, des reprises... Il y aura de quoi faire cette saison dans l'agglomération grenobloise !

Aurélien Martinez | Lundi 19 octobre 2020

12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Miracles Le très productif chorégraphe hip-hop (mais pas que) Bouba Landrille Tchouda, qu’au Petit Bulletin nous suivons avec plaisir depuis (presque) ses débuts (on en a écrit des lignes élogieuses sur ses spectacles !), dévoilera cet automne sa nouvelle création. Avec, comme souvent avec lui, une note d’intention pleine de beaux principes – extrait : « dans un dispositif scénique léger, trois interprètes exploreront, dans un va-et-vient entre l’intime et l’extérieur, la question de l’inter-dépendance, qui nous bouscule tout autant qu’elle nous enrichit ». D’accord ! AM Au Grand Angle (Voiron) mardi 10 novembre Au Théâtre municipal de Grenoble jeudi 12 et vendredi 13 novembre Loto3000

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Jean-Claude Gallotta : « J’ai continué à danser dans la nature ! »

Danse | Le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta évoque avec nous son confinement comme son déconfinement, tous deux très créatifs.

Aurélien Martinez | Mardi 9 juin 2020

Jean-Claude Gallotta : « J’ai continué à danser dans la nature ! »

Confinement. J’ai, contre toute attente, vécu cette période avec pas mal de travail. On avait tous – les danseurs, le bureau, moi-même… – absolument envie que la compagnie ne sombre pas. On a donc d’abord essayé de tout faire pour reporter les dates annulées. On en a aussi profité avec Mathilde Altaraz [assistante et répétitrice – NDLR] pour avancer sur les projets que l’on a avec d’autres compagnies, comme une comédie musicale pour enfants d’après West Side Story ou une collaboration avec l’Opéra d’Avignon. Tout ça confiné au-dessus de Grenoble, dans un lieu plaisant, donc je n’avais pas à me plaindre. Surtout que j’ai aussi pu continuer à pratiquer la danse dans la nature environnante, et c’était important de le faire comme j’aurai un solo dans ma prochaine création [Le Jour se rêve, dont la première sera cet automne – NDLR] pensée avec le musicien Rodolphe Burger et la plasticienne Dominique Gonzalez-Foerster. Déconfinement. Pendant le confinement, je contactais

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Jean-Claude Gallotta : « Je montre la femme victime, mais aussi la femme qui renaît »

Danse | Dix ans après la création et le succès rencontré, Jean-Claude Gallotta reprend son spectacle "L’Homme à tête de chou", relecture dansée de l’album-concept de Serge Gainsbourg réinterprété par Alain Bashung. C’est toujours une immense réussite, même si la trame narrative questionne davantage aujourd’hui. Rencontre avec le chorégraphe grenoblois avant les représentations prévues à la MC2.

Aurélien Martinez | Mardi 10 décembre 2019

Jean-Claude Gallotta : « Je montre la femme victime, mais aussi la femme qui renaît »

Pourquoi avoir décidé de reprendre votre spectacle L’Homme à tête de chou dix ans après sa création ? Jean-Claude Gallotta : C’est venu d’une proposition du Printemps de Bourges qui, cette année, rendait hommage à Alain Bashung à l’occasion des dix ans de sa disparition. Au départ, j’ai un peu hésité, comme c’est un spectacle assez douloureux [Bashung est mort huit mois avant la première – NDLR]. Puis, après réflexion, je me suis dit que, peut-être, on y goûterait un peu mieux aujourd’hui, l’émotion étant passée. De là, une tournée a rapidement intéressé les programmateurs… La création a été douloureuse, mais le succès grand malgré l’absence d’Alain Bashung sur scène… Quand Alain m’a dit qu’il ne pourrait plus faire le spectacle, je voulais tout arrêter. Je ne voyais pas comment continuer sans lui. Car au départ, oui, il devait chanter sur scène. Il avait simplement enregistré sa voix, pour être sûr de pouvoir bien dire du

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"L'Homme à tête de chou" : la décadanse de Gallotta et Bashung

Danse | Il y a encore une décennie, la société aurait parlé de "crime passionnel" pour évoquer l’histoire de L'Homme à tête de chou, album-concept culte de Serge (...)

Aurélien Martinez | Mardi 10 décembre 2019

Il y a encore une décennie, la société aurait parlé de "crime passionnel" pour évoquer l’histoire de L'Homme à tête de chou, album-concept culte de Serge Gainsbourg sorti en 1976. Où l’on suit la lente dérive d’un homme, journaliste pour une feuille de chou, qui commet un Meurtre à l'extincteur sur Marilou, femme qu’il est censé aimer. Un féminicide, mais artistique, dans la tradition de ces œuvres qui glamourisent la mort des femmes coupables d’en faire voir de toutes les couleurs à ces pauvres hommes. Une histoire tragique, reflet de notre société et rentrée dans le Panthéon de la chanson française, que Jean-Claude Gallotta a pris comme un matériau haut de gamme – ce qu’elle est, tant niveau textes que musiques (on parle de Gainsbourg tout de même). Un matériau relu par Alain Bashung et le musicien Denis Clavaizolle, avec notamment une réorchestration (voire une amplification – congas, guitares, trompettes, violons…) grandiose. Un exemple : le morceau Marilou Reggae, devenu encore plus généreux, gro

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Danse toujours tu m'intéresses

ACTUS | Une, deux représentations, trois grand maximum et puis s'en va. Comment se fait-il que les spectacles de danse restent aussi peu longtemps à l'affiche contrairement au théâtre ? Le phénomène est national, comme l’a démontré une grande enquête publiée mi-octobre, mais est d'autant plus accentué dans une agglomération de la taille de Grenoble. Même si des solutions sont apportées. Explications.

Adeline Gailly | Mardi 5 novembre 2019

Danse toujours tu m'intéresses

« En moyenne, un lieu de diffusion propose entre 2 et 2.3 représentations par an d'un même spectacle [de danse] » révèle une étude sur la diffusion de la danse lancée en 2016 par l'Office national de diffusion artistique et dont les résultats sont sortis mi-octobre. C’est peu. Grenoble ne fait pas exception puisque les pièces chorégraphiques restent à l'affiche un, deux, voire trois soirs maximum. Des chiffres qui incitent à se poser des questions quand on sait qu’au niveau national (et parfois à Grenoble, souvent à la MC2), une pièce de théâtre peut, elle, être jouée plusieurs semaines dans une même salle. Une première explication face à ce constat est apportée par Marie Roche, directrice du Pacifique, centre de développement chorégraphique national basé dans le quartier des Alliés à Grenoble. « La danse contemporaine est apparue dans les années 1980, donc plus tardivement que le théâtre qui avait déjà pris le public e

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Danse : nos huit coups de cœur de la saison

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Un programme entre solo, chorégraphie de groupe, reprise bienvenue ou encore concours tourné vers l'avenir.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Danse : nos huit coups de cœur de la saison

Vertikal À chaque spectacle, Mourad Merzouki confronte la danse hip-hop à une difficulté qui lui donne matière à création. Ce furent la musique baroque (Boxe, boxe), les arts numériques (Pixels) ; voici qu'il titille la verticalité du plateau avec des murs mouchetés de prises d'escalade et des déplacements latéraux. Si, au début, ses danseurs sont trop la démonstration de tous les mouvements possiblement réalisables avec cette contrainte et que le chorégraphe multiplie les séquences de danse qu'il superpose (on ne sait plus où et qui regarder), peu à peu, il oublie l'épate et se dégage alors une sensation d'apesanteur : les interprètes s'emparent des accroches du mur avec une facilité feinte. Et sa troupe respire avant d'embrayer sur un bouquet final saisissant. À la MC2 du mercred

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"Summerspace & Exchange" : danse décentrée par Merce Cunningham et le Ballet de l'Opéra de Lyon

Danse | Mardi 28 et mercredi 29 mai à la MC2, ce sera tout simplement grandiose.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 21 mai 2019

Il y a quelque chose de fascinant chez Merce Cunningham (1919-2009) qui découle d'un apparent paradoxe. Chantre du hasard et de la liberté, le chorégraphe états-unien était aussi d'une exigence inouïe, voire draconienne, quant à la précision des mouvements. Chez lui, il était possible à la fois de décider des séquences et des mouvements à coups de dés, et de défier les capacités techniques et virtuoses des danseurs ! C'est le cas par exemple avec sa pièce emblématique pour six interprètes, Summerspace, créée en 1958, où l'ordre des mouvements fut tiré au sort, et où la chorégraphie de Cunningham, le décor et les costumes du célèbre plasticien Robert Rauschenberg, ainsi que la musique de Morton Feldman ont été conçus indépendamment. Le tout est une ode au déplacement et à la traversée, qui refuse aussi toute centralité de l'action. Chaque danseur est un "centre" potentiel de la pièce. « L'univers est une sphère i

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"Happy Manif" : alors on danse ensemble avec David Rolland

Danse | Attention, spectacle participatif ! Avec Happy Manif, à vivre en plein air mercredi 15 mai à 15h et 19h30 à La Tronche grâce à la Faïencerie, le (...)

Nadja Pobel | Mardi 30 avril 2019

Attention, spectacle participatif ! Avec Happy Manif, à vivre en plein air mercredi 15 mai à 15h et 19h30 à La Tronche grâce à la Faïencerie, le chorégraphe David Rolland (un diplômé en pharmacie qui fut l'interprète de Blanca Li ou Odile Duboc) demande aux spectateurs de jouer le jeu. Casque vissé sur les oreilles, chacun exécute ainsi les demandes des chefs de bande. On voyage alors à travers l'histoire de la danse en reproduisant (ou en tentant de reproduire !) des gestes d’Anna Halprin, Vaslav Nijinski, Isadora Duncan ou encore Merce Cunningham. « La voix favorise à la fois des moments de contemplation (regarder un même paysage en écoutant différentes musiques) et des temps d’expérimentation physique (vibrer comme une feuille, apprendre à faire onduler ses bras…) » (extrait de la note d’intention). Une proposition tout autant ludique que riche en informations qui contribue parfaitement à désacraliser le spectacle vivant – si tant est qu’il le faille.

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Who runs the world ? Anne Teresa De Keersmaeker !

Danse | L'immense chorégraphe belge flamande présente, à la MC2 du mercredi 20 au vendredi 22 mars, sa pièce culte "Rosas Danst Rosas" créée il y a vingt-six ans.

Aurélien Martinez | Lundi 18 mars 2019

Who runs the world ? Anne Teresa De Keersmaeker !

Les chorégraphes qui ont marqué (et qui marquent toujours) l’histoire de la danse contemporaine aiment souvent revenir en arrière et donner une nouvelle fois leurs spectacles fondateurs – une démarche plutôt sympathique pour la partie du public qui n’était pas née (ou avait autre chose à faire) lors de la création. C’est ainsi ce à quoi s’emploie depuis plusieurs années l’immense Anne Teresa De Keersmaeker, artiste au langage reconnaissable entre mille : un art à la précision millimétrée (elle est passionnée par les mathématiques) toujours en osmose avec la musique (souvent répétitive) et libérant une folle énergie. Voici donc Rosas Danst Rosas, pièce radicale créée en 1983 que le site de la Flamande présente tout simplement comme « un spectacle devenu depuis lors une véritable référence dans l’histoire de la danse postmoderne ». Une aventure pour quatre danseuses faite de « mouvements abstraits qui constituent la base d’un riche contrepoint chorégraphique dominé par la répétition » qu’on s’empressera d’aller (re)découvrir, après en avoir aperçu des bouts en 2011 dans le clip Countdown de Beyoncé – c

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"Fúria" : le tourbillon de la (dure) vie

Danse | La chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues sera mardi 15 et mercredi 16 janvier à la MC2 avec un nouveau spectacle furieusement réussi.

Aurélien Martinez | Mardi 8 janvier 2019

Il y a des propositions qui plongent le public dans un tourbillon intense, le prennent par les tripes pour le laisser à la fin de la représentation dans un état proche de la sidération. Fúria de la chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues est de celles-ci. Soit un spectacle qui monte, qui monte, qui monte… Et qui explose grâce à neuf interprètes à l’investissement et la technicité (on les croirait pris de spasmes) dingues. Comme un immense cri chorégraphié orchestré par une artiste brésilienne soixantenaire qui compte sur la scène internationale – on a d’ailleurs souvent pu la voir dans l’agglo avec des créations fortes comme Pindorama, Pororoca ou encore Incarnat. Une danse sans frontières et pétrie de références sociopolitiques (celle qui crée ses spectacles dans la favela de Maré, à Rio de Janeiro, là où sa compagnie est basée, a fait de nombreuses recherches en amont, notamment sur la place des Noirs au Brésil) pour une pièce qui n’écrase pourtant pas le spectateur, bien au contraire : libre à chacun de mettre ou non des mots ou des idées derrière les images proposées et savamment construites – tout

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"Comme un trio" : trois à l’étroit

Danse | Le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta sera à la MC2 du mardi 11 au samedi 15 décembre avec sa nouvelle création basée sur le "Bonjour Tristesse" de Françoise Sagan.

Aurélien Martinez | Mardi 4 décembre 2018

Il y a les spectacles de Jean-Claude Gallotta qui s’épanouissent sur les grands plateaux et dans lesquels les interprètes du fameux chorégraphe déploient au mieux la grammaire "gallotienne" à l’œuvre depuis 40 ans. Citons par exemple le dytique My Rock / My Ladies Rock, qu’on prend toujours plaisir à revoir, le tendu Ivan Vaffan, recréé en 2013, ou encore le très réussi Homme à tête de chou, qui aura dix ans l’an prochain – et auquel on repense en ce moment alors que sort un album posthume d’Alain Bashung (qui, pour cette création, avait repris la partition de Gainsbourg). Et il y a les autres, ces petites formes où le Grenoblois se concentre sur une poignée de corps. Comme un trio, sa dernière création en date dévoilée en septembre, est de celles-ci. Sur scène, trois danseurs jouent avec les affres de

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"Giselle" de Dada Masilo : mourir d'amour déchaînée

Danse | La chorégraphe et danseuse sud-africaine star sera mercredi 21 et jeudi 22 novembre sur la scène de la Rampe d'Échirolles pour une nouvelle relecture bondissante d'un des classiques de l'histoire de la danse.

Aurélien Martinez | Lundi 19 novembre 2018

Depuis six ans (son premier passage à la Biennale de la danse de Lyon date de 2012), les théâtres français s'enflamment pour une jeune chorégraphe venue d'Afrique du sud où elle a été formée (même si elle est également passée par la Belgique et l'école de la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker). Ses relectures de classiques de la danse (Le Lac des cygnes et Carmen) ont ainsi énormément tourné, souvent à guichets fermés – comme ce sera d'ailleurs le cas cette semaine à la Rampe d'Échirolles. Elle, c'est Dada Masilo, qui s'attaque cette fois au mythique personnage de Giselle, jeune paysanne trompée sur les intentions de celui qu'elle aime et qui en mourra. Mais entre ses mains, l'héroïne presque naïve devient une femme forte : une nouvelle direction qui éclate énergiquement dans la deuxième partie du spectacle, lorsqu'il s'agit pour la défunte de se

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"My Rock" et "My Ladies Rock" : let’s dance, again

Danse | Excellente initiative de la MC2 qui reprogramme, en cette fin novembre, deux spectacles de Jean-Claude Gallotta qui se répondent. D’abord My Rock, créé en (...)

Aurélien Martinez | Mardi 20 novembre 2018

Excellente initiative de la MC2 qui reprogramme, en cette fin novembre, deux spectacles de Jean-Claude Gallotta qui se répondent. D’abord My Rock, créé en 2005 et repris mardi 27 novembre : l’un des tubes du chorégraphe grenoblois dans lequel il fait danser ses interprètes sur des morceaux cultes de l’histoire du rock signés Elvis Presley, Nirvana, les Clash, les Rolling Stones, Patt Smith… Une playlist de luxe qui rend forcément le public complice, et qui permet alors aux tableaux de groupe comme aux petites formes plus intimes de s’épanouir en quelque trois minutes. Puis My Ladies Rock, créé en 2017 et à (re)voir du mercredi 28 au vendredi 30 novembre : le même principe, mais cette fois centré uniquement sur des artistes femmes, Gallotta s’étant rendu compte que dans le premier volet, il avait inconsciemment, et comme finalement toute l’histoire du rock, privilégié les hommes. Où l’on entend donc Patti Smith à nouveau, mais aussi Marianne Faithfull, Aretha Franklin, Jan

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Arcosm : c’est leur dernière surprise partie

Événement | Vendredi 4 et samedi 5 mai, la Rampe d'Échirolles fêtera la fin de la résidence de la compagnie de danse contemporaine avec une "Surprises Party" qui promet.

Aurélien Martinez | Lundi 30 avril 2018

Arcosm : c’est leur dernière surprise partie

« L’idée est de clore la résidence avec un bouquet final, une espèce de fête où l’équipe de la Rampe nous donne les clés du théâtre et, surtout, carte blanche pour proposer quelque chose. » Voilà comment Thomas Guerry, chorégraphe et directeur de la compagnie Arcosm associée depuis trois ans à la scène échirolloise, présente son Surprises party organisé vendredi 4 et samedi 5 mai. Un gros événement découpé en deux temps, avec le vendredi une « grosse soirée cabaret » elle aussi scindée en deux : une première partie plus spectacle avec des extraits de trois pièces phares de la compagnie (Echoa, Bounce! et Subliminal) agrémentés de prestations musicales (les joyeusement théâtraux – mais c

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"May B" : danse-la comme Beckett

Danse | La création culte de Maguy Marin sera reprise à la MC2 du mercredi 25 au vendredi 27 avril par la chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues sous le nom de "De Sainte-Foy-lès-Lyon​ à Rio : May B à la Maré, une fraternité". Immanquable.

Nadja Pobel | Lundi 23 avril 2018

Avec De Sainte-Foy-lès-Lyon​ à Rio : May B à la Maré, une fraternité, c'est une page de l'histoire de la danse que nous verrons à la MC2. Cette pièce n'a jamais cessé d'être présentée depuis sa création en 1981, à l'exception de pauses de deux ou trois ans : dingue ! La danseuse Lia Rodrigues (dont les travaux chorégraphiques récents ont été vus à Grenoble – Pindorama, Pororoca, Incarnat…) faisait alors partie de la distribution. Trente-cinq ans plus tard, elle l’a transmise aux élèves en formation continue de l'École de danse libre qu'elle a montée à la Maré, une des favelas les plus âpres de Rio de Janeiro. Le résultat est remarquable. Inspirée par l’œuvre du dramaturge Samuel Beckett (d’où le côté très danse-théâtre du résultat), May B posait déjà à l’époque tant d'éléments de ce qui fera la force du travail chorégraphique de Maguy Marin : une conscience politique aigüe des dominants et dominés mêlée à un souffle de vie qui affleure des décombres. Semblables à des zombies ayant passé des heures sous les gravas sans doute dus à un séisme ou des bomba

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50 ans des Jeux olympiques de Grenoble : le programme des festivités

Événement | Rendez-vous mardi 6 février au parc Paul-Mistral pour du grand spectacle.

Alice Colmart | Mardi 30 janvier 2018

50 ans des Jeux olympiques de Grenoble : le programme des festivités

Coup d’envoi cette fois-ci officiel (certains événements ont débuté depuis plusieurs mois) des festivités du cinquantenaire des Jeux olympiques d’hiver de Grenoble 1968 ce mardi 6 février, dans une forme olympique ! Car les joggeurs, des plus amateurs aux plus confirmés, sont invités à se rendre au Village Olympique à partir de 17h30 pour une course lumineuse prévue sur 5 km. Le parcours passera par les lieux symboliques des JO, comme la MC2, le centre de presse Malherbe ou encore le Palais des sports, et s'achèvera au parc Paul-Mistral – l’arrivée se fera en fanfare avec la 27e Brigade d'Infanterie. Puis, à partir de 19h30, on aura droit à du spectaculaire avec notamment Souvenirs de 13 jours en France, spectacle mené par le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta et environ 100 danseurs, puis le fameux Fugue/trampoline du circassien Yoann Bourgeois – « le spectacle d’un homme qui monte le haut d’un escalier, qui chute et rebondit. Pour moi, une synthèse de l’existence » détaillait-il lors de la conférence de presse officielle. La soirée se terminera par un spectacle pyrotechnique tiré depuis les gradins de l’Anneau de vitesse.

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Danse : dix spectacles pour une saison

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Que les amateurs de danse se rassurent : plusieurs salles à Grenoble et dans l'agglo proposent d'excellents spectacles de danse. En voici dix, sélectionnés par nos soins.

La rédaction | Mercredi 13 septembre 2017

Danse : dix spectacles pour une saison

Welcome Les spectacles interprétés par des enfants inspirent généralement au critique professionnel la plus profonde méfiance. Sauf quand c’est la chorégraphe Josette Baïz qui met en scène son groupe Grenade, composé de jeunes danseurs issus de quartiers d’Aix-en-Provence et Marseille. Dans ce cas, nos aigreurs s’envolent et l’on applaudit chaudement le résultat au vu du talent des interprètes, qui reprendront ici plusieurs pièces composées uniquement par des chorégraphes femmes comme Dominique Hervieu et Blanca Li Pochette Surprise. On sera dans la salle pour découvrir le résultat. À la Rampe (Échirolles) les 11 et 12 octobre My ladies rock L’un des tubes du chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta s’intitule

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Question simple de l’été #3 : comment transmet-on une chorégraphie à des danseurs ?

ACTUS | Comment un chorégraphe peut-il transmettre ses œuvres aux générations futures, et comment conserve-t-on des chorégraphies qui ont plusieurs siècles ? Réponse à cette simple question avec le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta.

Nicolas Joly | Jeudi 20 juillet 2017

Question simple de l’été #3 : comment transmet-on une chorégraphie à des danseurs ?

« Au XVIIIe siècle, ce sont surtout les danseurs qui se transmettaient les œuvres entre eux, de façon orale ou visuelle. Ce n’est qu’au début du XIXe siècle que des gens comme Rudolf Laban ont commencé à se pencher sur l’écriture de la danse. Il a ainsi développé une méthode de notation qui fait se déplacer un corps dessiné sur une partition verticale. D’autres méthodes similaires voient le jour, mais elles restent des pratiques d’érudits. » Et aujourd’hui ? « Les choses commencèrent vraiment à bouger avec l’arrivée de la danse moderne et de l’image. Les gens n’ont plus besoin d’étudier de la même façon. Ils peuvent simplement regarder une image et reproduire le geste. Personnellement, quand je dois monter mes pièces, je décompose les mouvements grâce à la vidéo pour que les étudiants puissent voir et reproduire les gestes en détail. La transmission d’une danse est en réalité une affaire très personnelle, et chaque chorégraphe fait un peu à sa façon. Il n’y a pas de méthode unique. Certains vont par exemple refuser de montrer les mouvements, en faisant tout passer par l’oral. C’est une façon de faire plus fréquente dans la danse contemporaine, qui laisse p

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"Volver" : les amours "gallottiennes" d'Olivia Ruiz

Danse | Le spectacle du chorégraphe Jean-Claude Gallotta est donné à la MC2 les 3 et 4 mars.

Aurélien Martinez | Mardi 28 février 2017

Entre la chanteuse Olivia Ruiz et le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta, c’est une histoire d’amour qui dure (ils s’étaient déjà rencontrés sur la scène de la MC2 en 2013). La première, qui vient de sortir son cinquième album, illumine ainsi la dernière création du second, dans laquelle elle danse (entourée de fidèles interprètes "gallottiens") mais surtout chante – logique. Une sorte de comédie musicale sur la vie d’une jeune immigrée espagnole (fortement inspirée de l’histoire d’Olivia Ruiz, même si l’on reste dans la fiction) où ses chansons répondent à la narration. Bien que les ficelles soient parfois trop grosses (la voix off notamment, qui veut absolument que le récit se raccroche à tous les titres chantés), il en découle un spectacle plutôt plaisant. C’est déjà ça. Volver À la MC2 vendredi 3 et samedi 4 mars

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PB d'or 2016 : théâtre et danse

C'était 2016... | Une excellente surprise dansée et une salle qui mériterait d'être plus exposée.

Aurélien Martinez | Mardi 20 décembre 2016

PB d'or 2016 : théâtre et danse

Le PB d’or de la salle discrète mais nécessaire : l’Espace 600 Lové dans le quartier grenoblois de la Villeneuve, au rez-de-chaussée d’une barre d’immeuble, l’Espace 600 mène depuis des années un travail capital en direction du jeune public, avec une ligne artistique forte qui veut qu’un spectacle dit tout public soit aussi travaillé et réfléchi qu’un spectacle dit pour adulte. Comprendre, du coup, que cette scène est plus proche artistiquement de ses voisines type MC2 & co que d’une garderie où l’on demanderait simplement aux enfants de s’époumoner et de taper des mains face à des comédiens infantilisants simplement là pour obtenir un cachet. « Faisons confiance à la jeunesse pour recevoir les créations les plus audacieuses. Faisons confiance aux artistes qui choisissent de se frotter à ce public d’une extrême exigence » comme l’écrivait en octobre dans une tribune publiée par nos soins la directrice Lucie Duriez. C’est exactement ça.

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"Trois Grandes Fugues" : un quatuor pour trois chorégraphes

Danse | Superbe affiche de rentrée à la MC2 pour le fameux Ballet de l'Opéra de Lyon qui reprend les "Grandes Fugues" magistrales de Maguy Marin et d’Anne Teresa de Keersmaeker. Et s’approprie celle de Lucinda Childs, venue spécialement à Lyon cet été pour la créer. Jean-Emmanuel Denave et Nadja Pobel

La rédaction | Vendredi 23 décembre 2016

Maguy Marin, Anne Teresa de Keersmaeker, et maintenant Lucinda Childs... Que de succès féminins pour Ludwig van Beethoven et sa Grande Fugue, l'une de ses dernières pièces musicales composée entre 1824 et 1825. Ces trois grandes dames de la danse ont, chacune dans leurs univers dissemblables, été fascinées par ce quatuor à cordes, controversé à l'époque de sa création et aujourd'hui considéré comme le sommet de l’œuvre de l’Allemand. Car Beethoven y entremêle la puissance d'expression dramatique qu'on lui connaît à une forme de composition des plus complexes : une savante combinaison de sonate, de fugue et de variation, ainsi qu'une structure contrapuntique. Inventant sa danse au plus proche des partitions musicales qu'elle entreprend de travailler, on imagine alors la jubilation d'Anne Teresa de Keersmaeker devant un tel monstre sacré. Sa Grande Fugue, créée en 1992 et transmise au Ballet de l'Opéra de Lyon en 2006, dessine, avec huit interprètes

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"Subliminal" : Arcosm image par image

Danse | Mardi 8 et mercredi 9 novembre, la compagnie en résidence à la Rampe d’Échirolles dévoilera sa nouvelle pièce baptisée "Subliminal". Et au vu des quelques extraits que nous avons pu découvrir avant la première, on peut espérer un beau moment !

Aurélien Martinez | Mercredi 2 novembre 2016

Présentée comme un prolongement de leur création Sublime dévoilée l’an passé (un jeu sur notre rapport à l’image, assez festif malgré le propos), Subliminal s’attaque aux images et aux idées qui nous imprègnent plus ou moins consciemment – d’où le titre. Avec, pour la première fois chez Arcosm (le chorégraphe Thomas Guerry nous l’a confirmé), une confrontation forte avec le réel : un tableau d’ouverture où les cinq danseurs peuvent être vus comme des réfugiés, un autre où le musicien tient un discours politique nébuleux mais dont certains mots résonnent fortement avec l’actualité… Même si (et là aussi Thomas Guerry nous l’a assuré), on reste dans le style Arcosm, dans ce mélange poétique entre danse et musique qui ouvre de nombreux possibles aux spectateurs – comme ce duo entre deux danseuses ne semblant faire qu’une. Rendez-vous à Échirolles pour en savoir plus. Subliminal À la Rampe (Échirolles) mardi 8 et mercredi 9 novembre à 20h

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Danse : les cinq spectacles à ne pas louper cette saison

Panorama 2016/2017 | Avec des nouveautés, des reprises, des stars et même un concours. Suivez-nous.

Aurélien Martinez | Lundi 24 octobre 2016

Danse : les cinq spectacles à ne pas louper cette saison

Pindorama La Brésilienne Lia Rodrigues, chorégraphe des émotions à fleur de peau et du dépassement des limites du corps, voit la danse comme un combat. Après des passages à la Rampe ou à l’Hexagone, elle sera cette saison à la MC2 avec un Pindorama (un mot qui, dans la langue tupi, désigne le Brésil d’avant la colonisation) que nous n’avons pas vu mais qui nous intrigue fortement. Attention, choc possible, surtout que le dispositif scénique (qu’on ne dévoilera pas) fera tout pour le renforcer. À la MC2 du mercredi 16 au vendredi 18 novembre ______ [re]connaissance Un concours de danse ? Oui ! Sur deux soirs, douze compagnies de toute la France (voire de l’étranger pour certaines) présentent une pièce courte pour trois à cinq danseurs. Un temps fort appréciable vu la diversité remarquable que l’on découvre chaque année dans la salle qui accueille le concours. Et un temps fort ludique, les spectateurs étant amenés à voter pour décerner l’un des trois prix qui, justement, offriront une im

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Ce samedi, c'est Uriage en danse avec Jean-Claude Gallotta

SCENES | Ce n’est pas parce que Jean-Claude Gallotta n’est plus directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble qu’il est parti à la retraite ! Avant (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 22 juin 2016

Ce samedi, c'est Uriage en danse avec Jean-Claude Gallotta

Ce n’est pas parce que Jean-Claude Gallotta n’est plus directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble qu’il est parti à la retraite ! Avant de découvrir sa prochaine création la saison prochaine à la MC2, direction le parc d’Uriage ce samedi 25 juin pour la première édition du festival Uriage en danse. Avec plusieurs spectacles (dont un centré sur d’anciennes pièces de l’artiste) et un bal en clôture à partir d’une de ses chorégraphies. Plus d'infos ici.

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Josette Baïz s'offre de vrais Roméo et Juliette

SCENES | La chorégraphe à la tête du Groupe Grenade propose une version dansée de la pièce de Shakespeare dans laquelle les rôles sont tenus par des interprètes de l'âge des personnages de Shakespeare – des ados. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 1 mars 2016

Josette Baïz s'offre de vrais Roméo et Juliette

Dans la pièce culte de Shakespeare, Roméo et Juliette sont des gamins : Juliette n’a même pas quatorze ans comme précisé dans l’une des premières scènes, et si l’âge de Roméo n’est pas mentionné, on l’imagine lui aussi très jeune. Par facilité ou simple envie de s’affranchir des indications de l’auteur, de nombreux metteurs en scène et cinéastes ont utilisé des comédiens plus vieux pour camper les deux amoureux tragiques – Leonardo DiCaprio avait déjà dépassé les vingt ans dans le clinquant Roméo + Juliette de Baz Luhrmann. Pour le passage de l’histoire par la case danse, la chorégraphe Josette Baïz a décidé de s'offrir deux amants du bon âge : facile pour elle vu qu’elle est à la tête du Groupe Grenade, composé de jeunes danseurs issus de quartiers d'Aix-en-Provence et de Marseille. Mais des enfants et adolescents au niveau technique digne de professionnels, comme on a pu s’en rendre compte dans toutes les pièces de la compagnie, Roméo et Juliette incluse. Au vu des extraits qui nous ont été fournis, cette nouvelle proposition semble renfermer toute la force du drame shakespearien, même si la chorégraphe s’est éloignée d’une transcription

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PB d'or 2015 : théâtre et danse

SCENES | Cette année, deux spectacles de théâtre nous ont fait un bien fou. Et un ponte de la danse a dû faire ses cartons.

Aurélien Martinez | Mardi 22 décembre 2015

PB d'or 2015 : théâtre et danse

Le PB d’or des spectacles grenoblois qui font du bien : Rue des voleurs (Bruno Thircuir) et Mon frère, ma princesse (Émilie Le Roux) Que ce soit avec le roman Rue des voleurs de Mathias Énard (sur un jeune ­Marocain qui finira à Barcelone) ou la pièce jeune public Mon frère, ma princesse de Catherine Zambon (sur un gamin de cinq ans qui veut simplement porter des robes), deux metteurs en scène grenoblois (Bruno Thircuir de la Fabrique des petites utopies et Émilie Le Roux des Veilleurs) ont, cette année, embrassé avec finesse des thèmes sociétaux forts pourtant sujets aux crispations et aux délires les plus dingues – la question des migrants pour l’un et celle des études de genre pour l’autre. En a résulté deux spectacles dépassionnés et, surtout, passionnants qui illustrent parfaitement comment des artistes peuvent défendre un discours humaniste et intelligent simp

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Sublime Arcosm

SCENES | On en avait déjà causé en septembre dans notre Panorama de rentrée culturelle : c’est la compagnie lyonnaise Arcosm de Thomas Guerry (à gauche) et (...)

Aurélien Martinez | Mardi 10 novembre 2015

Sublime Arcosm

On en avait déjà causé en septembre dans notre Panorama de rentrée culturelle : c’est la compagnie lyonnaise Arcosm de Thomas Guerry (à gauche) et Camille Rocailleux (à droite donc !) qui sera en résidence à la Rampe d’Échirolles pendant trois saisons. Une bonne nouvelle tant les deux artistes (l’un chorégraphe, l’autre musicien) ont développé un langage commun original, matérialisé notamment dans Echoa, leur plus grand succès. Une résidence qui commence officiellement cette semaine avec la présentation de leur nouvelle pièce jeune public Sublime. Une pièce imaginée au sein d’un ensemble plus grand comme nous l’explique le chorégraphe Thomas Guerry : « On a d’emblée pensé ça en deux temps. Sublime est donc le premier volet de ce diptyque. Quant au second volet, il s’appellera Subliminal. Deux pièces qui vont tourner autour de notre rapport à l’image : pour Sublime, cette manière que l’on a de sans cesse sublimer notre image, de la manipuler pour ressembler à une icône ou à

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Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane nommés au Centre chorégraphique national de Grenoble

ACTUS | On a le nom du successeur (ou plutôt des successeurs) de Jean-Claude Gallotta. Ils entreront en fonction le 1er janvier 2016.

Aurélien Martinez | Jeudi 1 octobre 2015

Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane nommés au Centre chorégraphique national de Grenoble

Après trente ans passés à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble, outil installé au sein de la MC2, Jean-Claude Gallotta a été sommé de passer la main. Un appel à candidature a donc été lancé pour trouver son successeur, et d'une première sélection sont sortis en juillet dernier deux dossiers : d'un côté le duo Rachid Ouramdane / Yoann Bourgeois ; de l'autre Julie Desprairies. Vu la renommée et le parcours différents des artistes, le duo semblait en bonne voie pour remporter la mise. Ce que le dernier tour, qui a eu lieu mardi 29 septembre, a conf

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Gallotta loves rock ’n’ roll !

Danse | Jean-Claude Gallotta reprend "My Rock", créé en 2004 pour l’ouverture de la MC2. Un spectacle qui lie danse contemporaine et standards du rock – Dylan, les Beatles, les Stones, Nirvana… Et une véritable réussite qui fait un bien fou.

Aurélien Martinez | Mercredi 30 septembre 2015

Gallotta loves rock ’n’ roll !

Il se passe souvent quelque chose de magique lorsque le spectateur entend sur scène une chanson populaire. Comme si la barrière imaginaire entre les artistes et le public s’effondrait, comme si une nouvelle langue commune et on ne peut plus accessible venait d’être inventée (The Show must go on de Jérôme Bel est un sommet dans le genre). Le chorégraphe Jean-Claude Gallotta est un spécialiste de la chose : du Gainsbourg chanté par Bashung dans L’Homme à tête de chou, du Delpech dans Racheter la mort des gestes… Et, aujourd’hui, les plus grandes stars du rock dans le bien nommé My Rock. Enfin, aujourd’hui mais aussi hier, My Rock étant la reprise d’une pièce créée il y a plus de dix ans que le Grenoblois souhaite donc à nouveau adresser au public : une ex

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Danse : une saison, cinq spectacles

SCENES | On a épluché les programmations des différentes salles de l'agglo qui proposent de la danse. On a retenu cinq propositions, à base d'Akram Khan, de Kaori Ito, de Josette Baïz, d'Arcosm ou encore de Chicos Mambo.

Aurélien Martinez | Lundi 14 septembre 2015

Danse : une saison, cinq spectacles

Sublime « Arcosm, une nouvelle compagnie en résidence pour trois saisons » : voilà, la plaquette de la Rampe d’Échirolles confirme la nouvelle. L’excellente nouvelle même, le danseur et chorégraphe Thomas Guerry et le musicien et compositeur Camille Rocailleux ayant mis en place en presque quinze ans un univers artistiquement fort matérialisé notamment dans Echoa, leur plus grand succès, ou dans des pièces aussi originales que, par exemple, La Mécanique des anges. Un univers où la danse côtoie la musique le plus simplement du monde, comme une évidence. On pourra donc suivre de près la naissance de leurs deux prochaines créations présentées sous forme d’un dytique : Sublime cette saison, proposition tout public pour quatre interprètes sur le paraître, l’apparence et toutes les dérives qui en découlent, et Subliminal à l’automne 201

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L'Étranger : Gallotta en situation irrégulière

SCENES | C’est l’un des romans les plus célèbres du siècle dernier. Le voilà transposé sur scène par Jean-Claude Gallotta, qui a sorti de la trame narrative quelques (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 11 juin 2015

L'Étranger : Gallotta en situation irrégulière

C’est l’un des romans les plus célèbres du siècle dernier. Le voilà transposé sur scène par Jean-Claude Gallotta, qui a sorti de la trame narrative quelques images propices à des tableaux dansés entrecoupés par les mots d’Albert Camus (car oui, on parle ici de L’Étranger) lus par Gallotta en voix off. Sur le plateau, trois fidèles danseurs de la compagnie semblent figurer tour à tour les différents personnages, même si le chorégraphe se limite à quelques évocations qui n’enferment aucun des interprètes dans un rôle. « Je voulais offrir une traduction physique aux mots de Camus » explique-t-il dans l’interview qui lui sert de note d’intention. C’est fait, poliment, dans l’ordre chronologique, rappelant par moments son précédent spectacle

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"Bounce !", la bloc party d'Arcosm

SCENES | Deux hommes, deux femmes, un parallélépipède et des tas de possibilités : avec "Bounce !", Thomas Guerry et Camille Rocailleux de la compagnie Arcosm affinent avec brio leur idéal de mise en geste du rythme. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 21 avril 2015

Dans 2001 : l'odyssée de l'espace, un enregistrement dans lequel le Dr. Floyd fait état de la découverte, sur la Lune, d'un monolithe de fabrication extraterrestre, se conclut par ces mots : « Son origine et sa fonction demeurent totalement mystérieuses. » On pourrait en dire autant de l'hexaèdre en bois qui se dresse au milieu du plateau de Bounce !, la nouvelle création de Thomas Guerry et Camille Rocailleux. En tout cas pendant ses cinq premières minutes. Passé ce délai et une collision inopinée avec un interprète, il deviendra tour à tour, par le truchement de subtils jeux de lumière et de la propension de ses concepteurs à faire du moindre élément de décor un support de jeu, une bombe à retardement, un bord de précipice, un cajón géant ou encore, justement, une allusion au film de Kubrick. Pour la beauté du geste Au fil des minutes, il apparaît surtout comme un condensé de la structure métallique d'Echoa, (l'indépassable ?) première création de la compagnie Arcosm, magnifiant comme elle par l'

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Jean-Claude Gallotta va devoir tourner une page

ACTUS | Le ministère de la culture souhaite un nouveau directeur pour le Centre chorégraphique national, qui était dirigé depuis 1984 par Jean-Claude Gallotta

Aurélien Martinez | Mardi 7 avril 2015

Jean-Claude Gallotta va devoir tourner une page

« Pour moi, le CCN n’est qu’un outil – qu’on a fabriqué d’ailleurs ! Je suis à Grenoble, j’ai besoin d’un atelier. Qu’on l’appelle l’Orangerie, le CCN ou la Maison de la culture, c’est pareil. Je demande juste des moyens pour continuer à travailler. Et si ça peut se faire à Grenoble, j’aime autant. » Voilà ce que nous déclarait le chorégraphe Jean-Claude Gallotta en 2012, lorsqu’à l’occasion de la reprise de son très beau Racheter la mort des gestes, nous l’interrogions sur sa longévité à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCNG) qu’il dirige depuis 1984. Une situation assez inédite dans un milieu culturel où le jeu des chaises musicales est de mise, dans un souci de partage de ces outils issus des politiques de décentralisation culturelle impulsées dans les années 1980. Mais Grenoble ne fera désormais plus exception puisque le ministère de la culture a décidé que Jean-Claude Gallotta allait devoir laisser sa place à un nouveau chorégraphe qui entrera en fonction en janvier 2016. Alors que lui se voyait

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Mon voisin Gallotta

SCENES | Créée en 1984, la pièce "Yvan Vaffan" de Jean-Claude Gallotta revient cette semaine à la MC2. Une synthèse parfaite de l’univers du plus grenoblois des chorégraphes. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 28 octobre 2014

Mon voisin Gallotta

La relation qu’entretient le chorégraphe Jean-Claude Gallotta, aux commandes du Centre chorégraphique national de Grenoble depuis plus de 30 ans (aujourd’hui hébergé au sein de la MC2), avec la ville qui l’a vu naître est bien installée : un amour sincère entre un public fidèle et un artiste dont on connaît parfaitement l’univers, ce qui peut être parfois lassant – la routine, ça n’arrive pas qu’aux autres. Mais un artiste auprès duquel on revient sans cesse, au vu de son parcours hors norme et de son importance dans le paysage chorégraphique contemporain. Une importance que l’on redécouvre notamment ces dernières années à travers la recréation par lui-même de plusieurs de ses pièces phares, comme Daphnis é Chloé, L’Enfance de Mammame ou encore Yvan Vaffan. Yvan le guerrier Cette dernière, dévoilée en 1984, installa l’idée de tribu gallotienne autour de la figure romancée d’un danseur échappé du ballet de l’opéra d’Istanbul. « "Tribu" parce que garçons et filles se donnaient des airs de guerriers et d’amazones incontrôlables venus d’on ne sait quelle Mongolie, harnachés comme des barbares, barbus, vêtus de loques et de strass, agi

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"Carmen" de Dada Masilo : amour à mort (ou presque)

SCENES | Après un magnifique et unanimement ovationné Swan Lake dans lequel elle revisitait Le Lac des cygnes, Dada Masilo, bondissante chorégraphe sud-africaine de (...)

Aurélien Martinez | Mardi 23 septembre 2014

Après un magnifique et unanimement ovationné Swan Lake dans lequel elle revisitait Le Lac des cygnes, Dada Masilo, bondissante chorégraphe sud-africaine de 29 ans, revient avec sa version de Carmen, reprise d’une création de 2009. Une Carmen libre et sensuelle, en robe rouge sang, pour qui les hommes se déchirent. Une Carmen moderne qui garde pourtant les traits que la culture populaire lui prête, grâce notamment à l’œuvre de Bizet : tout sauf lisse, à la fois bourreau et victime. Carmen, sur scène, c’est Dada Masilo elle-même, à la présence magnétique, qu’elle incarne à la croisée des genres – le flamenco bien sûr (on est à Séville), le contemporain (elle est passée par l’école d’Anne Teresa de Keersmaecker) ou encore la danse zoulou (dans les tableaux de groupe). « Carmen parle de sexe, de manipulation, de douleur, d’ambition et de mort – ce dont le monde est vraiment fait. Donc, je ne veux pas être polie ou timide à propos de quoi que ce soit. Je suis aussi influencée par ce qui se passe autour de

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100 % Gallotta

SCENES | Alors que la question de la fusion (ou non) du Centre chorégraphique national de Grenoble et de la MC2 se pose toujours (à l’imagine de celle du CDNA et (...)

Aurélien Martinez | Mardi 9 septembre 2014

100 % Gallotta

Alors que la question de la fusion (ou non) du Centre chorégraphique national de Grenoble et de la MC2 se pose toujours (à l’imagine de celle du CDNA et de la MC2 l’an passé), son directeur Jean-Claude Gallotta continue de revisiter son impressionnant répertoire. Cette saison, la MC2 propose ainsi de nouveau la très pertinente reprise d’Yvan Vaffan (photo) dévoilée en 2013, à l’énergie visiblement intacte (oui, visiblement, comme on n’avait pas vu l’original il y a trente ans), ainsi qu’une nouvelle relecture (qui sera aussi donnée dans diverses salles de l’agglo) de L’Enfance de Mamamme, pièce jeune public de 2002. Avant de dévoiler en juin, toujours à la MC2, L’Étranger, dernière création de Gallotta d’après le roman d’Albert Camus. AM Yvan Vaffan, du mardi 4 au jeudi 6 novembre, à la MC2 L’Enfance de Mammame, vendredi 12 décembre au Pot au noir (Saint-Paul-Les-Monestiers ), dimanche 14 au Diapason (Saint-Marcellin), du vendredi 19 au

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Le blues des intermittents

ACTUS | Fatigués d’être pris pour cible et constamment attaqués, les intermittents du spectacle (artistes et techniciens) haussent le ton au moment où leur régime est renégocié à la baisse. Et proposent de repenser ce modèle perfectible mais néanmoins capital pour ce qu’il est coutume d’appeler « l’exception culturelle française ». Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 22 avril 2014

Le blues des intermittents

Manifestation, interruption du JT de France 2, perturbation de réunion politique... : depuis quelques semaines, les intermittents du spectacle sont revenus sur le devant de la scène médiatique. La mobilisation est nationale, avec des actions prévues en marge des grands événements culturels des prochaines semaines (comme le vendredi 25 avril au Printemps de Bourges). À Grenoble, on s’organise aussi, au sein d’un collectif dont on a rencontré quelques membres jeudi 17 avril à la Bobine. Leur but : « informer et agir ». Niveau information, le boulot est immense, tant le régime des intermittents peut être difficile à comprendre de l’extérieur, d

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Danse haut de gamme

SCENES | Depuis une trentaine d’années, c’est vers la musique classique ou contemporaine que portent tous les efforts de la chorégraphe flamande Anne Teresa De (...)

Aurélien Martinez | Mardi 15 avril 2014

Danse haut de gamme

Depuis une trentaine d’années, c’est vers la musique classique ou contemporaine que portent tous les efforts de la chorégraphe flamande Anne Teresa De Keersmaeker. La danse et la musique, ce vieux couple ancestral abandonné par beaucoup, qu’elle ne cesse, quant à elle, d’analyser, décortiquer, frotter l’un à l’autre, en créant notamment ses pièces par annotations quasi musicales : canons, contrepoints, variations… Pour sa dernière création, elle s’est confrontée au Vortex Temporum, œuvre de Gérard Grisey, compositeur français de la seconde moitié du XXe siècle. Sur scène, les musiciens d’Ictus (ensemble belge de musique contemporaine) interprètent donc la partition spectrale de Grisey aux côtés des danseurs de la compagnie Rosas. Un croisement, sorte de « tourbillon des temps », que la chorégraphe a savamment orchestré via des lignes sur le sol aux architectures complexes – nous avons eu droit à une passionnante conférence sur le sujet le soir où nous avons découvert le spectacle. Un spectacle du coup très (voire trop) intellectualisé, intimidant parfois, qui reste tout de même un fascinant voyage dans l'univers d'une des plus grandes chorégrap

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Cabaret frappé

SCENES | Disons-le d’entrée : Et pourquoi pas la Lune ?, le spectacle présenté cette semaine au Tricycle, est le meilleur de la saison du lieu, car le plus abouti, (...)

Aurélien Martinez | Lundi 17 mars 2014

Cabaret frappé

Disons-le d’entrée : Et pourquoi pas la Lune ?, le spectacle présenté cette semaine au Tricycle, est le meilleur de la saison du lieu, car le plus abouti, le plus audacieux et le plus intéressant. Et ce, même s’il n’est basé sur aucun grand texte et ne raconte rien sur l’état désastreux du monde (petite pique pour ceux qui semblent toujours vouloir que le théâtre pèse trois tonnes). Nous l’avons découvert vendredi dernier, soit quatre jours avant la première : une générale anticipée où Cédric Marchal, le maître de cérémonie (presque) seul en scène, a fait le show pendant 1h10. Le comédien (et auteur ici, par forcément très à l’aise dans ce rôle d’ailleurs – ce sera notre seul bémol), qui officie notamment dans le duo de chansons théâtralisées Oskar et Viktor, campe le monsieur loyal d’un cabaret visiblement haut en couleur, mais aussi d’autres personnages fort en gueule – une ancienne ballerine, une vieille femme ou encore le bonhomme Monsieur Raymond. L’envie de jouer avec les codes du cabaret en amusant le public transparaît dans

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Encore une fois

SCENES | Les salles de spectacle aiment la nouveauté. Mais elles ne se privent pas, parfois, de reprendre une création déjà passée dans le coin – voire même dans leurs murs. Tour d’horizon des quelques reprises immanquables de cette deuxième partie de saison. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 10 janvier 2014

Encore une fois

En février 2013, nous offrions l’une de nos unes au comédien Nicolas Lambert pour son Avenir radieux, une fission française. Un spectacle programmé alors dans trois salles de l’agglo, et que reprendra fin janvier le Diapason de Saint-Marcellin. Une création immanquable par la pertinence de son propos et l’intelligence de son concepteur, qui a effectué un véritable travail d’enquête sur le monde très secret du nucléaire. « Je m’efforce simplement d’avoir un regard de péquenot moyen » nous expliquait-il en interview. Sur scène, il campe donc les différents acteurs du dossier, du technocrate au politicien, en passant par le militant ou le citoyen lambda. Le tout en s’amusant ; car oui, Nicolas Lambert fait avant tout du théâtre. De l’excellent théâtre même. Avenir radieux, une fission française, vendredi 24 janvier à 20h, à la sa

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Les stars

SCENES | Le spectacle Vortex Temporum ? Un Anne Teresa De Keersmaeker mineur et trop intellectualisé qui reste tout de même un fascinant voyage dans l'univers (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 10 janvier 2014

Les stars

Le spectacle Vortex Temporum ? Un Anne Teresa De Keersmaeker mineur et trop intellectualisé qui reste tout de même un fascinant voyage dans l'univers d'une des plus grandes chorégraphes de sa génération. Rien que pour ça, les amateurs de danse se doivent d’être à la MC2 entre le 23 et le 25 avril. Ils se doivent aussi d’être à la MC2 début avril (les 1er et 2) pour découvrir Tauberbach, la nouvelle création d’Alain Platel des Ballets C de la B (que nous n’avons pas vue). « Comment (sur)vivre avec dignité quand il nous reste très peu ? » se demande l’un des plus grands chorégraphes européen (qui est belge, comme Anne Teresa De Keersmaeker) ? On lui fait confiance pour trouver la réponse. Et l’on se dit que la MC2 a quand même une prog danse qui envoie du lourd !

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"Swan Lake" de Dada Masilo : black Swan

SCENES | Dada Masilo ? Une jeune chorégraphe sud-africaine formée à l’école bruxelloise d’Anne Teresa de Keersmaecker qui solde l'héritage des années Mandela d'une manière (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 7 novembre 2013

Dada Masilo ? Une jeune chorégraphe sud-africaine formée à l’école bruxelloise d’Anne Teresa de Keersmaecker qui solde l'héritage des années Mandela d'une manière radicale. Comment ? En faisant du Lac des cygnes un manifeste contre la rigidité de la société sud-africaine – ici, c'est pour un homme que Siegfried se détourne du mariage qu'on lui impose. Ce n'est pas la première fois que Dada Masilo se frotte à des mythes classiques (elle a déjà relu Roméo & Juliette et Carmen à travers le prisme de son iconoclasme), mais jamais elle n'avait poussé aussi loin le métissage : des spasmes zoulous répondent aux postures romantiques, les envolées orchestrales de Tchaïkovski aux minimalismes implacables de Steve Reich, la clarté des tutus à la noirceur des peaux, l'humour et la fantaisie à la douleur et à la gravité... Autant de frictions qui font de ce Swan Lake un monument de courage et d'humanité. Car ce n’est pas tant la puissance évocatrice qui impressionne et émeut le plus dans le spectacle, mais l'absolue générosité des forces de la nature qui l'interprètent. « On voit à la démarche de chacun s'il a t

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"L’Histoire du soldat / L’Amour sorcier" : mention assez bien

Spectacle | Réunir les trois directeurs des centres de création affiliés à la MC2 pour un spectacle forcément événement : voilà le projet du diptyque composé de "L’Histoire du soldat" d'Igor Stravinsky et de "L’Amour sorcier" de Manuel de Falla. Avec donc aux commandes Marc Minkowski des Musiciens du Louvre Grenoble, Jacques Osinski du Centre dramatique national des Alpes, et Jean-Claude Gallotta du Centre chorégraphique national de Grenoble. Pour une création agréable mais finalement assez convenue.

Aurélien Martinez | Jeudi 17 octobre 2013

C’est l’histoire de trois artistes (plus ou moins) installés dans les murs de la MC2, évoluant chacun dans son domaine (la musique classique pour Minkowski, la danse contemporaine pour Gallotta et le théâtre pour Osinski), livrant régulièrement de nouvelles propositions artistiques. Trois figures emblématiques d’une certaine culture grenobloise qui ont fini par bosser ensemble – une idée vieille comme le monde comme nous l’expliquait le trio en interview. Le fil directeur de leur réunion ? Un projet qui puisse laisser chacun de trois participants s’exprimer. Le choix effectué ? Un diptyque composé du ballet-opéra de chambre L’Histoire du soldat (1917) d’Igor Stravinsky et du ballet-pantomime L’Amour sorcier (1915) de Manuel de Falla, dévoilé mercredi 16 octobre à la MC2. La soirée se découpe donc en deux parties. On a d’abord droit à une Histoire du soldat tirée à quatre épingles, où l’histoire (justement) de ce soldat pactisant avec le diable se

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À la merveille

SCENES | Echoa, première création de la compagnie Arcosm datant de 2001, a connu (et connaît toujours) un succès international impressionnant avec ses quelque 800 (...)

Aurélien Martinez | Lundi 14 octobre 2013

À la merveille

Echoa, première création de la compagnie Arcosm datant de 2001, a connu (et connaît toujours) un succès international impressionnant avec ses quelque 800 représentations (peu d’artistes français tournent autant, et ceux qui y arrivent sont généralement des stars de la danse déplaçant les foules sur le seul nom). Un spectacle qui se base sur deux questions : comment sonne la danse, et comment danse la musique ? Sur le plateau, ils sont quatre interprètes, dont Thomas Guerry et Camille Rocailleux eux-mêmes (*), qui s’aventurent l’un et l’autre dans une discipline qu’a priori ils ne maîtrisent pas. Mais avec un souci de la perfection et une intelligence dans la conception de l’ensemble qui brouillent habilement les frontières pourtant superbement dessinées dans la très courte scène d’ouverture – un duo de danse aérien au son de deux xylophones. Pendant une heure, en sept tableaux imaginés au sein d’une gigantesque structure métallique, les corps s’expriment avec grâce... et beaucoup humour ! « Tendre un arc entre corps et son pour d

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Les trois mousquetaires

SCENES | Casting de luxe pour le diptyque "L’Histoire du soldat" / "L’Amour sorcier". Aux commandes de ce double spectacle, qui sera dévoilé cette semaine, rien de moins que les trois artistes résidents de la MC2 : Marc Minkowski des Musiciens du Louvre Grenoble, Jacques Osinski du Centre dramatique national des Alpes, et Jean-Claude Gallotta du Centre chorégraphique national de Grenoble. Du coup, on a rencontré les trois. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 11 octobre 2013

Les trois mousquetaires

La collaboration Marc Minkowski : Réunir les directeurs des trois centres de création de la maison, c’est en discussion depuis que je suis arrivé ici, il y a 17 ans. Le projet était déjà évoqué du temps de Laurent Pelly, le prédécesseur de Jacques, mais n’a jamais abouti...Jacques Osinski : Quand je suis arrivé en 2008, l’idée est revenue, mais elle a mis du temps à se matérialiser compte tenu des agendas de chacun. Et surtout du fait que l’on devait apprendre à se connaître...Jean-Claude Gallotta : Une fois le projet lancé, j’étais sur l’idée de l’amitié, de faire quelque chose ensemble. On est partis sur ces deux pièces, mais à la limite – et c’est un peu con ce que je vais dire ! –, ils auraient proposé n’importe quoi, j’aurais quand même accepté ! L’Histoire du soldat MM : Avec Jean-Claude, on a souvent parlé de Stravinsky, et notamment du Sacre du printemps, qu’on avait imaginé faire ensemble – mais ça ne s’est pas fait. Puis Jacques est arrivé dans la boucle : j’ai alors essayé d’imaginer une œuvre qui mélange nos trois disciplines. L’Histoire du soldat

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« Nous ne sommes pas des artistes du mot »

SCENES | Depuis douze ans, le chorégraphe Thomas Guerry et le percussionniste Camille Rocailleux, fondateurs de la compagnie lyonnaise Arcosm, imaginent et défendent aux quatre coins du monde des spectacles inclassables, entre fantaisie et prouesse. À l'occasion de la reprise à la Rampe cette semaine de leur première pièce (Echoa, un véritable chef-d’œuvre), rencontre avec ces deux grands enfants à la complicité féconde. Propos recueillis par Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 10 octobre 2013

« Nous ne sommes pas des artistes du mot »

Vous vous êtes rencontrés au Conservatoire national supérieur musique et danse de Lyon il y a une quinzaine d’années. Qu’est-ce qui vous a attirés l’un vers l’autre ?Thomas Guerry : C’est le langage qui nous a rapprochés. Camille utilisait son corps comme instrument, et ma danse était très musicale : on se comprenait sans se parler. Frustrés du manque d’échange qu’il y avait entre la musique et la danse au conservatoire, on a partagé un atelier le temps d’un été, sans autre volonté que d’échanger. À l’issue de cette session, nous avons présenté quelques rendus dans un festival et c’est André Curmi, directeur de la scène nationale d’Angoulême, qui nous a mis au défi de monter un spectacle à partir de cette matière. L’été suivant, nous avons créé Echoa.Camille Rocailleux : Il n’y avait aucun plan de carrière au départ. Nous étions portés par un sursaut d’énergie lié au terme de notre cursus, et voulions juste voir comment nos univers pouvaient s’imbriquer. Comment expliquez-vous la longévité de votre rela

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L'union des trois

MUSIQUES | Belle ouverture symbolique : pour la première fois les trois compagnies associées à la MC2 – les Musiciens du Louvre Grenoble, le Centre Dramatique National (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 5 septembre 2013

L'union des trois

Belle ouverture symbolique : pour la première fois les trois compagnies associées à la MC2 – les Musiciens du Louvre Grenoble, le Centre Dramatique National des Alpes et le Centre Chorégraphique national de Grenoble – se retrouveront réunis sur un même plateau. Selon leurs affinités, chacun des directeurs a pris part au projet monté autour de L'Histoire du soldat d'Igor Stravinsky et de L'Amour sorcier de Manuel de Falla. Marc Minkowski ayant proposé dans le rôle de l'ardente gitane la non moins incandescente Olivia Ruiz, c'est à Jean-Claude Gallota qu'il échoit de régler les pas de danse tandis que Jacques Osinski officie à la mise en scène des intrigues. En toile de fond, la figure du mal et de l'amour. Ainsi le ballet-opéra de chambre de L'Histoire du soldat cristallise, par le gage avec le diable d'un violon contre le livre de la fortune, la concupiscence et la perte du soldat. Quant au ballet pantomime L'amour sorcier, c'est le spectre de l'ancien amant que vient contrarier l'union de la belle Candelas à son hidalgo. RLR L'Histoire du soldat / El Amor brujo, du mercredi 16 au samedi 19 octobre, à la MC2

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En avant la musique

SCENES | On appelle ça un succès. Et dans le monde de la danse, où les créations ne tournent pas tant que ça (encore moins que les spectacles de théâtre), les plus de (...)

Aurélien Martinez | Mardi 3 septembre 2013

En avant la musique

On appelle ça un succès. Et dans le monde de la danse, où les créations ne tournent pas tant que ça (encore moins que les spectacles de théâtre), les plus de 800 représentations en France et dans une vingtaine de pays font de cet Echoa une pièce totalement unique. Créée en 2001 par Thomas Guerry,  danseur et chorégraphe et Camille Rocailleux, percussionniste, pianiste et compositeur, elle est l’acte fondateur de la compagnie lyonnaise Arcosm – dont on a souvent dit du bien dans ces colonnes. Et a ainsi installé l’univers du duo : celui du croisement entre la danse et la musique avec des spectacles d’une grande inventivité visuelle. Pour Echoa, à ce jour leur plus grande réussite, on croise sur scène deux danseurs qui dialoguent avec deux musiciens dans une scénographie grandiose. Un concert dansé intense qui parle autant au jeune public qu’aux adultes. Immanquable. Echoa, samedi 19 octobre à la Rampe (Échirolles)

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La nuit je flâne

ARTS | C’est le marronnier du printemps : la traditionnelle Nuit des musées, couplée depuis huit ans à la manifestation iséroise Musées en fête (pour les musées départementaux). L’occasion pour nous de mettre en avant les expositions à voir ou revoir ce week-end, et les animations organisées spécialement pour l’occasion. Suivez le guide. Laetitia Giry et Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 3 mai 2013

La nuit je flâne

La Cage de Giacometti Expo / Énième événement au Musée de Grenoble, l’exposition consacrée au sculpteur Alberto Giacometti bat son plein depuis le début du mois de mars. Déjà plus de 50 000 visiteurs se sont bousculés dans les salles blanches présentant les œuvres du maître italien, et son travail autour de l’une de ses pièces maîtresses : La Cage. En marge de l’exposition, les ateliers pour les enfants sont toujours plus que complets, contribuant à une notoriété intergénérationnelle méritée. On ne saurait trop vous recommander d’aller jeter un œil à tout cela avant la retraite des œuvres dans les réserves de la Fondation Giacometti… Événement / Pour la Nuit des musées, le musée voit les choses en multiple : concert à l’auditorium, visite insolite des collections et diffusion de

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Dans le rétro

SCENES | Jean-Claude Gallotta, à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble depuis presque trente ans, a décidé depuis un certain temps de se replonger dans (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 20 décembre 2012

Dans le rétro

Jean-Claude Gallotta, à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble depuis presque trente ans, a décidé depuis un certain temps de se replonger dans son répertoire, et ainsi offrir des relectures de ses pièces phares qui ont marqué la danse contemporaine française – comme il l’a fait par exemple en transmettant son trio Daphnis é Chloé à trois jeunes interprètes. Cette fois-ci, c’est aux Aventures d'Ivan Vaffan qu’il s’attèle, pièce de 1984 dont une captation d’époque est disponible sur www.numeridanse.tv (le site est un véritable trésor). Une chorégraphie de groupe étrange, où les danseurs ressemblent à des guerriers issus de tribus lointaines que l’on aurait déposés dans un studio de danse. Une recréation qui permettra sans nul doute de constater que l’esthétique Gallotta, très marquée et originale, traverse le temps. À découvrir du mardi 8 au vendredi 11 janvier, à la MC2. AM

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