"Attraction" : nous sommes deux soeurs siamoises...

Théâtre | La metteuse en scène Valérie Vagné propose, du jeudi 6 au samedi 8 décembre au Théâtre de Poche de Grenoble, un spectacle sur les sœurs Hilton qui, dans les années 1920, ont connu un important succès avant de sombrer dans l'oubli.

Aurélien Martinez | Mardi 4 décembre 2018

Photo : Brigitte Designolle


On les voit dans le Freaks de Tod Browning, film américain culte sorti en 1932 et titré en France La Monstrueuse parade. Deux sœurs siamoises anglaises reliées par le bassin qui ont été des stars dans les années 1920 avant de sombrer dans l'oubli. C'est cette histoire pleine de hauts et, surtout, de bas que la metteuse en scène et autrice grenobloise Valérie Vagné (compagnie Telkel) a décidé de raconter en s'inspirant, sur le plateau, des codes du music-hall, les deux petites filles ayant été de véritables bêtes de foire rapportant pas mal d'argent à celles et ceux qui les ont prises sous leurs ailes, souvent par opportunisme.

Dans un décor jouant sur l'apparition et la disparition, les comédiennes Emmanuèle Amiell et Émilie Geymond campent Daisy et Violet Hilton jusqu'à leurs 60 ans, alors que les médecins ne leur donnaient pas longtemps à vivre. Elles sont là, face au public, évoquant le tourbillon de leur vie, et répondant aux questions que tout un chacun se pose – sur l'amour et le sexe notamment. Car c'est leur intimité qui a véritablement intéressé Valérie Vagné : elle s'est donc plongée dans le peu de sources documentaires aujourd'hui disponibles pour livrer ce spectacle touchant et astucieusement construit (mais bizarrement titré Attraction), grâce notamment à la présence d'un Monsieur Loyal (Yannick Barbe) rythmant l'ensemble.

Attraction
Au Théâtre de Poche du jeudi 6 au samedi 8 décembre


Attraction

Par la Cie Telkel. Spectacle inspiré de la vie des soeurs siamoises Daisy et Violet Hilton
Théâtre de Poche 182 cours Berriat Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Drôles de mamans

Humour | De retour à Grenoble, Valérie Vagné et Émilie Geymond s’amusent à secouer le cocotier de la maternité. Les femmes qu’elles incarnent sont sincères, mais bien loin d’être parfaites. Autant en rire avec elles !

Martin de Kerimel | Mardi 17 décembre 2019

Drôles de mamans

Valérie Vagné approche de la cinquantaine. Cela ne la traumatise pas, mais elle raconte – avec le sourire – qu’elle trouve désormais quelque peu incongru d’être sur scène dans un rôle de jeune maman. La plaisanterie dure pourtant depuis une dizaine d’années : c’est en effet en 2010 qu’elle a écrit Les mères veillent, ce spectacle qu’elle joue en duo avec Émilie Geymond, sa fidèle complice en (fausse) indignité maternelle. Pas question d’accabler les comédiennes pour le comportement discutable de leurs personnages : on sait que c’est pour rire ! L’auteure assume un petit côté grinçant, parfois mal compris : sa comparse et elle ont beau s’habiller en rose pour afficher leur fantaisie, il arrive que certains membres du public prennent leurs blagues très au sérieux. Allez savoir, peut-être qu’il n’est pas facile de rire avec celui qui se moque de vos propres travers… Tendre ironie Une mère qui refuse d’aller chercher son enfant perdu dans un grand magasin, une autre qui s’est fait un lifting sans assumer vraiment sa maternité, une troisième qui cache un ballon sous ses vêtements pour avoir une place assise dans le bus… Les différents modèles choisis pa

Continuer à lire

PB d'or 2018 : spectacle vivant

C'était 2018... | Où l'on sacre une comédienne et une metteuse en scène.

La rédaction | Mardi 18 décembre 2018

PB d'or 2018 : spectacle vivant

Le PB d’or de la comédienne qu’on pourrait récompenser chaque année : Émilie Geymond Agnès Jaoui a bien reçu six César, alors pourquoi Émilie Geymond ne pourrait-elle pas avoir deux PB d’or ? Surtout que son premier remonte à 2012, soit l’année où nous avons créé ces récompenses très subjectives. On l’avait ainsi dinstiguée dans la catégorie « meilleur espoir ». Six ans plus tard, Émilie Geymond est une comédienne reconnue sur la scène théâtrale locale ; et qui illumine pas mal de spectacles avec son approche fine du registre comique. Voire même clownesque, comme dans son seule-en-scène Cléopâtrak qu’elle tourne depuis un an. On peut dire qu’on est fans, oui. Le PB d’or de la metteuse en scène

Continuer à lire

"Le Disque usé" : 10 ans et toujours inusable

Spectacle | La (géniale) compagnie grenobloise Les Chatoyantes va fêter en octobre l'anniversaire de son cabaret déglingué avec une poignée de dates.

Aurélien Martinez | Mardi 16 octobre 2018

C’est un petit spectacle qui a dix ans et que ses trois interprètes (Émilie Geymond, Doriane Salvucci et Sylvie Ducas), regroupées sous le nom de Chatoyantes, vont reprendre dans l’agglomération grenobloise histoire de marquer le coup. « On l’a bien écumé sur Grenoble en 10 ans, mais je pense qu’il y a encore plein de personnes qui ne nous ont pas vues ! » nous assure Émilie Geymond. Ce qui est bien dommage pour ces personnes-là, tant ce Disque usé est une réussite. Sur scène, deux chanteuses de cabaret accompagnées de leur pianiste mutique font tout pour poursuivre une représentation qui leur glisse entre les doigts – à cause du trac, de l’alcool, de soucis d’équilibre… On est donc bien là sur une mise en abyme savoureuse avec cette proposition évoquant un spectacle en train de se faire. Et on est bien là sur du théâtre plus que sur de la musique, même si les comédiennes poussent la chansonnette (sur du Sheila, Mike Brant, Dalida, Frank Sinatra ou encore Édith Piaf) avec convic

Continuer à lire

Émilie Geymond : en présence d’une clown

Portrait | Alors qu’elle brille en gouailleuse Môme Crevette dans la mise en scène de "La Dame de chez Maxim" (Feydeau) d’Emmanuèle Amiell, on a rencontré la comédienne Émilie Geymond qui vient tout juste de créer son premier seule-en-scène clownesque baptisé "Cléopâtrak".

Alice Colmart | Mardi 3 avril 2018

Émilie Geymond : en présence d’une clown

Émilie Geymond semble habitée par le clown. Pourtant, derrière son humour ravageur, les accents qu’elle emploie et les diverses expressions de son visage, la comédienne grenobloise de 37 ans cache une profonde timidité. « À l’école déjà, jouer un rôle m’aidait à vaincre mon trac. Je mettais une perruque lors des exposés. Avec cet accessoire, je ne tremblais plus, ça allait directement mieux. » C’est donc tout logiquement perruquée qu’elle se retrouve aujourd’hui sur le plateau pour défendre son premier seule-en-scène Cléopâtrak, dans lequel elle se met dans la peau de la reine d’Égypte. Une réine délurée qui oscille avec brio entre le gag comique (elle trébuche sans cesse) et la tragédie, puisqu’elle tente par-dessus tout de se donner la mort. Un spectacle prometteur créé il y a quelques mois qui commence tout juste sa vie sur les scènes grenobloises – il sera à la Basse cour fin avril, et au Midi / Minuit fin juin. « Je ne sais pas faire autre chose que le clown » Cet art de la mise en scène et cette maîtrise précise des personnages développés dans Cléopâtrak, la comédienne les doit à d

Continuer à lire

Les Journées du patrimoine s'habillent d'art

CONNAITRE | Malgré leur séduisant manteau minéral (ou synthétique!), les vieilles pierres en tout genre ne détiennent pas à elles seules la vérité de l'héritage culturel. Pour la 32e édition des fameuses Journées européennes du patrimoine qui ont lieu ce week-end, une douce brise (im)matérielle et artistique balaie Grenoble et ses alentours avec des propositions variées et porteuses d'audace. Petite sélection subjective centrée sur l’art. Charline Corubolo et Aurélien Martinez

Charline Corubolo | Mardi 15 septembre 2015

Les Journées du patrimoine s'habillent d'art

Paris retrouvée En juin dernier, on avait écrit ici tout le bien que l'on pensait de la dernière exposition du Musée Géo-Charles consacrée à Émile Savitry, photographe oublié du XXe siècle – la photo ci-dessus est de lui. Un artiste qui a magnifiquement su capter l'essence du Montparnasse des années 1930-1950. Découvrir son travail avec une habitante du Paris de ces années-là est donc une aubaine, réalisable pendant ce week-end. Mais une habitante particulière : pas une relique vivante qui viendrait nous conter son histoire, mais un personnage composé spécialement pour l'occasion par la comédienne Émilie Geymond. Connaissant le talent d'interprète de la Grenobloise, qui sait magnifiquement croquer des figures en appuyant fortement certains traits sans que cela fasse trop (la preuve avec son héroïne fétiche Marie-Christine Duval), on ne peut que vous con

Continuer à lire

« Une rave party pour insectes »

CONNAITRE | Franchement, à l’idée de visiter une installation sonore et visuelle prenant la forme d’un « manège polyphonique » à base de haut-parleurs recomposés, (...)

Damien Grimbert | Mercredi 13 mai 2015

« Une rave party pour insectes »

Franchement, à l’idée de visiter une installation sonore et visuelle prenant la forme d’un « manège polyphonique » à base de haut-parleurs recomposés, on était partagés entre saine curiosité… et appréhension de ne rien capter. Première surprise, la visite se déroule à la nuit tombée, téléphone portable coupé. Une fois arrivés à l’étage, à l’entrée des deux salles dans lesquelles se déroule l’installation, on ne voit pas grand-chose (si ce n’est un assemblement de petites structures diverses plongées dans la pénombre et quelques ombres mouvantes) ; et, surtout on entend encore moins. Pourtant, après une bonne dizaine de minutes à errer les bras ballants, d’attraction en attraction, la magie commence à opérer. Dans la salle du fond, des micro-sons cycliques à peine discernables au premier abord prennent peu à peu plus d’importance jusqu’à former un intrigant ballet sonore. Et sous la yourte improvisée de la première pièce, on se retrouve immergés par diverses sources sonores aléatoires, évoluant dans un chaos apparent Portés par l’ambiance singulière, les jeux de lumières et les bruits et chuchotements discrets des quelques personnes présentes, on ent

Continuer à lire

Awards 2012 théâtre

Théâtre | Les awards des meilleurs espoirs : Émilie Geymond et Julien Anselmino À Grenoble, grâce à un vivier impressionnant (le Conservatoire d’art (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 19 décembre 2012

Awards 2012 théâtre

Les awards des meilleurs espoirs : Émilie Geymond et Julien Anselmino À Grenoble, grâce à un vivier impressionnant (le Conservatoire d’art dramatique doit y être pour quelque chose !), nous avons une poignée d’excellents comédiens. Émilie Geymond et Julien Anselmino sont de ceux-ci. Elle, interprète franchement désopilante et toujours juste, que l’on a pu voir cette année grimée en vieille dame pour un solo joué en septembre lors de la soirée de présentation de saison du Tricycle, ou en avril sur la scène du Théâtre 145 en maîtresse de maison débordée dans Une souris grise (mise en scène de Grégory Faive). Lui, comédien vu cette année dans le spectacle Lys Martagon d’Émilie Le Roux, et que l’on croisera en janvier prochain au Tricycle dans la nouvelle créa

Continuer à lire

Sacrée Marie-Christine !

SCENES | On vous en parlait dans notre Panorama de rentrée consacré au spectacle vivant : le Tricycle, soit l’ensemble comprenant le Théâtre 145 et le Théâtre de (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 21 septembre 2012

Sacrée Marie-Christine !

On vous en parlait dans notre Panorama de rentrée consacré au spectacle vivant : le Tricycle, soit l’ensemble comprenant le Théâtre 145 et le Théâtre de Poche, va entamer sa deuxième année d’exercice, après une première en dents de scie – le collectif à la tête du projet le reconnaît aisément. L’ouverture de saison de ce week-end s’apparente donc à un premier test. Pour le réussir, l’équipe a choisi de confier la difficile tâche du spectacle inaugural à la jeune comédienne grenobloise Émilie Geymond, qui présentera son solo Un petit moment en compagnie de Marie-Christine Duval. Soit une dame d’un certain âge qui arrive sur le plateau par hasard, et qui ne le quittera plus quarante-cinq minutes durant. On a pu assister à une générale la semaine dernière : malgré le nombre restreint de spectateurs dans la salle, la rencontre entre Marie-Ch

Continuer à lire

"Une souris grise" : la merditude des choses

SCENES | Avec fidélité, Grégory Faive monte "Une souris grise", un texte de Louis Calaferte à l’humour potache. C’est drôle, vivant, agité, voire même acide par moments. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 26 avril 2012

Ça commence par une scène surprenante : un enfant se plaint de gargouillis au ventre. Il désire se rendre expressément aux toilettes, mais son père, malade comme lui à cause d’une rascasse visiblement avariée, s’y trouve déjà. Sa pauvre mère est donc contrainte de gérer la situation comme elle le peut, en essayant de garder la culotte du petit propre. Car c’est que l’on a du monde à déjeuner qui ne devrait pas tarder, et il s’agirait de ne pas faire mauvaise impression à ces invités si importants. Une souris grise, pièce de l’auteur français Louis Calaferte (1928 – 1994), se place délibérément du côté comique, en jouant sur l’incongruité d’un tel postulat pour une œuvre de théâtre. Le metteur en scène grenoblois Grégory Faive s’inscrit pleinement dans cette veine, n’hésitant pas à surligner les intentions de Calaferte. Ainsi, quand le couple tant attendu arrive – le nouveau puissant patron de Monsieur, accompagné de sa femme –, les comédiens qui les incarnent parlent tous deux avec un accent allemand proche du surjeu. Normal, le couple est allemand. Servitude volontaire Mais derrière ce q

Continuer à lire