"L'Œil égaré" : Hugo délire

Aurélien Martinez | Mardi 11 février 2020

Photo : (c) Jean-Louis Fernandez


Les spectacles qui portent de la poésie sur le plateau ne sont pas les plus faciles à appréhender pour le public, même s'ils peuvent parfois offrir de forts chocs émotionnels à celles et ceux qui en acceptent les codes – notamment le fait qu'il ne faut pas chercher à tout comprendre. La metteuse en scène Muriel Vernet de la compagnie Choses Dites (basée à Meylan) apporte sa pierre à l'édifice poétique avec L'Œil égaré, proposition qui « interroge devant l'infini, questionne sur le sens d'Être au monde » (extrait de la note d'intention).

Soit un montage de fragments poétiques peu connus de Victor Hugo, écrits lors de sa période d'exil, que le comédien Sébastien Depommier, souvent vu sur les scènes de l'agglo il y a quelques années, fait sien. En découle un seul-en-scène intense (à la base créé en extérieur, face à l'océan, mais également présenté dans des théâtres comme ce sera le cas à Grenoble – au Théâtre 145, samedi 15 février) dans lequel on se perd souvent, à l'image du Hugo en plein doute, en pleine introspection métaphysique, qui a couché ces mots sur le papier. Vertige de la poésie...


L'Œil égaré

Texte fragments poétiques de Victor Hugo, conception Sébastien Depommier et Muriel Vernet, par la Cie Choses Dites
Théâtre 145 145 cours Berriat Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Il y a plusieurs manières d’envisager l’art théâtral. Muriel Vernet a choisi pour sa part l’exigence absolue, défendant « un théâtre de la langue » fait de « rencontres avec des écritures ». Un parti pris qui l’a amenée à monter des œuvres de Duras, Siméon, Claudel, ou encore Kundera ; et qui la conduit cette fois-ci sur les traces de Didier-Georges Gabily, auteur de la seconde moitié du XXe siècle qui croyait en l’idée de « faire texte de tout ». La metteuse en scène grenobloise est partie de divers écrits de l’écrivain (articles de journaux, notes de travail...) et livre ainsi un texte-matériau d’une grande richesse pour une troupe de comédiens comme celle qu’elle a réunie, dans la logique du théâtre de bande que portait Gabily. Mais plus qu’un simple exercice de style un brin didactique, À tout va est présenté par Muriel Vernet comme « une invitation au voyage dans l’univers de Gabily ». Une invitation foisonnante, qui file entre les doigts par moments, mais qui passionne pour peu que le spectateur accepte de se perdre

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THÉÂTRE / Pour clore une résidence de quatre ans à l’Hexagone, Muriel Vernet décide de s’attaquer à la prolifique Duras, et au livre-scénario de son film atypique Le Camion. Derrière une trame très simple – une femme d’un certain âge monte dans des camions en faisant du stop, et déballe sa vie aux chauffeurs – se cachent de nombreux ressorts dramatiques avec lesquels la metteuse en scène s’amuse à loisir. D’abord la construction même du récit : dans le film, Duras et Depardieu ne sont pas où on les attend (dans un camion) mais ailleurs, dans une chambre, et ils évoquent cet histoire en train de s’écrire. Subtile mise en abyme que Muriel Vernet accentue en plaçant ses deux comédiens (Isabelle Prim et François Laroche de Féline) sur un simili lieu de tournage. La forme ensuite : Duras ose construire un film autour des seuls mots. Vernet respecte cette idée à la lettre, les artifices de mise en scène – la vidéo, la musique…– n’étant utilisé, avec habileté, dans le seul but de renforcer le propos. Le fond pour finir : Marguerite Duras se sert de cette «histoire de quatre sous» pour aborder de nombreux thèmes qui lui sont chers, avec, en premier lieu, la politique et la désillusion d

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