Bonnefoy, la référence

| Mercredi 13 décembre 2006

Rencontre / Yves Bonnefoy est, au même titre que beaucoup des artistes qu'il a fréquentés (André Breton, Raoul Ubac, Pierre Leyris, Alberto Giacometti), une des figures de l'histoire littéraire, artistique et intellectuelle du XXe siècle. C'est dans l'immédiate après-guerre qu'il publie son premier recueil de poèmes, intitulé Du mouvement et de l'immobilité de Douve. Suivront des livres comme Hier régnant désert ou Dans le leurre du seuil qui sont tous marqués par la fameuse «quête de présence» qui anime son art poétique : «Aussi peu le poème aura-t-il réussi à être le dévoilement de la présence, autant il a été en son commencement, et demeure - c'est là sa qualité négative, mais qu'il ne faut pas méconnaître - le dégel des mots, la dispersion des notions qui figent le monde, en bref un état naissant de la plénitude impossible : et s'il ne peut s'y tenir, il en dit au moins l'espérance». Mais l'influence de Bonnefoy ne s'arrête pas à la sphère poétique. Elle s'étend en effet à l'ensemble du panorama artistique, puisque il est aussi un essayiste de talent qui aborde la peinture ou la littérature avec érudition et singularité. Ses ouvrages sur Giacometti, Baudelaire, Aléchinsky ou Leopardi sont devenus de véritables classiques. On le retrouve ces jours ci avec la parution d'essais sur Goya, Piero Della Francesca ou une réflexion sur L'Imaginaire métaphysique qui prouvent son incroyable appétit d'écriture. Si l'on pense qu'en plus de tout cela, il est aussi le traducteur émérite d'auteurs comme Shakespeare ou Yeats, à qui il avait d'ailleurs consacré une étude (Théâtre et poésie : Shakespeare et Yeats), on comprend aisément que l'homme que vous avez l'occasion de rencontrer cette semaine à la bibliothèque de la Part-Dieu est plus qu'un grand écrivain. C'est un maître. Yann Nicol Yves BonnefoyPoésie parléeÀ la Bibliothèque de la Part-DieuJeudi 7 décembre à 18h30

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter