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«Un travail très précis»

Entretien - portrait publié le Mercredi 10 juin 2009 par Nadja Pobel Petit Bulletin n°536 consulté 3418 fois

Entretien / Jeff Thiébaut, co-fondateur de la compagnie Délices DADA, acteur et metteur en scène de "RUSHs" présenté vendredi 26 juin et samedi 27 aux Invites. Propos recueillis par NP

Jeff Thiebaut

Petit Bulletin : Pouvez-vous nous présenter ce nouveau spectacle ?
Jeff Thiébaut : Sur un espace défini, il y a une tente blanche marquée d'une croix rouge et deux baraquements noirs avec un X noir. Sur ces 25 mètres qui figurent une rue, une série d'événements et les fragments de vie de dix personnages défilent. Tout cela est ponctué d'interventions de brancardiers, de vigiles et de transports de panneaux. Le spectacle est muet et très sonorisé avec un travail en direct sur des bandes son qui donnent une impression de continuité. Les passages des gens se chevauchent. Les sujets abordés tournent autour de la sécurité aggravée, du machisme, des révoltes noyées. Nous n'avions jusque-là pas l'habitude de faire du muet. Ce choix nous a dirigés assez naturellement vers des recherches sur le burlesque, le clown, l'absurde sans que ça n'ait de références très directes au cinéma muet. Pourtant, RUSHs empreinte forcément des données au cinéma non-parlant, et même à Jacques Tati. Mais à aucun moment ce n'est une reconstitution, on utilise simplement le même type de jeu. Y a-t-il de la place pour l'improvisation ?
Non, tout est très précis. Le travail gestuel sans parole est très exigeant. L'acteur doit produire quelque chose avec sa tension nerveuse, son corps et son visage sans grimacer. C'est très physique. Sans précision, le comédien ne fait plus comprendre l'histoire qu'il raconte. La proximité avec le public dans le théâtre de rue engage parfois à un échange quand le spectacle est fondé sur la parole. Il y a la possibilité, voire la nécessité, d'échanger des réactions. Là, nous sommes dans des conditions où nous nous adressons moins au spectateur, nous jouons en latéral. Puisque votre dispositif est frontal, ce spectacle pourrait-il être transposé dans une salle ?
Le dispositif frontal est ici imposé par le projet. À Villeurbanne, nous jouons sur un parking. On pourrait jouer dans un hangar, mais on perdrait le ciel bleu, la lumière naturelle, le murmure de la ville autour ainsi que la cohérence et la vraisemblance…

Crédits photo : crédit photo : Jean-Pierre Estournet

 


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