La Malédiction Hilliker

CONNAITRE | James Ellroy Rivages

Christophe Chabert | Jeudi 27 janvier 2011

Moins d'un an après "Underworld USA", pavé à l'ambition démesurée concluant une trilogie qui n'est pas ce qu'Ellroy a produit de meilleur, revoici l'auteur du "Dahlia noir" avec une œuvre inattendue : le deuxième volet de son autobiographie après le fabuleux "Ma part d'ombre". Les premières pages, d'ailleurs, reviennent littéralement sur les lieux du crime, celui de la mère d'Ellroy, Jean Hilliker. Cette scène traumatique, que le romancier cherchait à élucider dans "Ma part d'ombre", devient ici une «malédiction» qui s'abat sur toutes les femmes rencontrées au cours de sa vie chaotique. Tel James Stewart dans "Vertigo", James Ellroy cherche à incarner le fantôme de sa mère à travers ses compagnes, vivant avec des souvenirs d'adolescence (une femme croisée à une laverie automatique, une autre rencontrée dans un train) qu'il espère voir se matérialiser au gré de ses turpitudes de jeune homme à la dérive, d'apprenti écrivain et de bête de scène littéraire. C'est donc un grand livre romantique, mais sans aucune naïveté, Ellroy renversant sur son autoportrait le même vitriol qu'il envoie sur ses personnages de fiction. La franchise avec laquelle il décrit ses névroses et ses obsessions évite toute complaisance ; le but est de disséquer en médecin légiste du cœur la source d'une incapacité à aimer et à être aimé malgré les torrents d'amour qui débordent sans cesse de ce drôle de type, mystique de droite s'éprenant d'intellectuelles de gauche et de femmes mal mariées. CC

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Los Angeles, versant sombre

Polar | James Ellroy passe par Vienne à l'occasion de la parution du second tome de sa dernière fresque noire, de nouveau située à Los Angeles : La Tempête qui vient.

Sébastien Broquet | Mardi 19 novembre 2019

Los Angeles, versant sombre

C'est un maître que l'on vous invite à aller visiter ce jeudi du côté de Vienne, où le Californien signera quelques exemplaires de son dernier ouvrage à l'initiative de la librairie Lucioles et du festival Quais du Polar : en effet, James Ellroy, l'auteur du Dahlia Noir, celui qui ausculte les bas-fonds d'un Los Angeles qui l'a vu naître en 1948, est de passage en France. Pour lire quelques-uns de ses poèmes lors d'une émission spéciale du France Inter lundi dernier, à réécouter en podcast, et donc en virée sur les routes pour promouvoir le second tome de sa nouvelle fresque, La Tempête qui vient, parue chez Rivages. Ce grand pourvoyeur d'adaptations sur grand écran (outre Brian de Palma, Curtis Hanson s'est par exemple penché sur L.A. Confidential) replonge avec ce second volet faisant suite à Perfidia (paru en 2015) dans ce qui

Continuer à lire

Polar sans frontières

CONNAITRE | «Je suis devenu un écrivain de roman noir le jour où j'ai réalisé que le genre policier n'avait pas besoin de parler de meurtres pour exister». Voilà une (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 1 avril 2014

Polar sans frontières

«Je suis devenu un écrivain de roman noir le jour où j'ai réalisé que le genre policier n'avait pas besoin de parler de meurtres pour exister». Voilà une citation, signée Thomas H. Cook, qui peut paraître en totale contradiction avec l'invité d'honneur de ce festival : James Ellroy. Encore que. A l'aube de sa dixième édition, avec une équipe de passionnés de la littérature noire, le "petit" festival Quais du Polar est parvenu à devenir l'un des incontournables du genre en France et même au-delà des frontières. Et surtout à faire admettre que cette littérature, faite de clichés et de prétendus figures imposées, était comme le dit ici Cook, bien plus protéiforme qu'imaginée. Le succès croissant du genre et du festival le prouve et a permis à notre horizon polar de s'élargir non seulement stylistiquement, mais aussi géographiquement. Nous faisant quitter le pré-carré franco-américain pour, par exemple, un nouvel eldorado scandinave – dont la vénéneuse Camilla Läckberg est la nouvelle égérie. Mais aussi des contrées plus exotiques dont on découvre chaque année les nouveau

Continuer à lire

James Ellroy, storyteller

CONNAITRE | Pour ses dix ans, Quais du Polar ne pouvait trouver plus prestigieux invité d’honneur que James Ellroy, l’homme qui a réinventé le roman noir américain en fusionnant jusqu’au vertige ses obsessions, sa vie et l’Histoire secrète de l’Amérique. Texte : Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 1 avril 2014

James Ellroy, storyteller

Avril 2001. Quelques semaines après la sortie d’American Death Trip, James Ellroy s’offre une tournée promo en Europe. Il enchaîne interviews et signatures. Pendant les interviews, il prend un malin plaisir à donner des réponses plus courtes que les questions. Il les balance avec un phrasé aussi sec et saccadé que l’écriture de ses bouquins. Pour les séances de dédicace, avec chacun de ses fans, il échange une poignée de main bien virile et un «Hi buddy, what’s your name ?» avant de signer. Concis, efficace, Américain. Le géant cultive sa légende. L’auteur conserve son aura et son mystère. Mai 1988. Quelques lecteurs connaissent déjà James Ellroy grâce à une trilogie ultra-noire ayant pour héros le flic névrosé et obsédé Lloyd Hopkins. Et puis Le Dahlia Noir arrive dans les librairies. Une déflagration. Le meurtre non résolu d’Elizabeth Short, aspirante actrice retrouvée nue, coupée en deux et les lèvres tailladées dans un rictus de clown façon L’Homme qui rit devient une odyssée de fiction pleine de sang, de sexe et de décadence hollywoodienne. Les années 50 de Los Angeles vues par

Continuer à lire

Polar maxi best-of

CONNAITRE | En dévoilant officiellement sa programmation ce 26 février, Quais du Polar a confirmé la venue en grande pompe de James Ellroy comme tête – et quelle tête ! – de gondole d'une 10e édition assez largement commémorative et aussi dense qu'un bon gros pavé noir. Une programmation qui, quantitativement et qualitativement, mettra en appétit les polardeux les plus boulimiques tout en ne manquant pas d'attiser la curiosité des amateurs plus volatiles. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 26 février 2014

Polar maxi best-of

Cela avait été annoncé, c'est confirmé : James Ellroy sera bien le roi de la 10e édition du festival Quais du Polar, récompensé ainsi de sa persévérance à tenter d'attirer dans ses filets l'auteur du Dahlia Noir. Qui plus est, le taciturne auteur californien ne sera pas là – à ce qui est promis – pour faire de la figuration ou de courtes apparitions papales sur un balcon pour bénir d'une main désinvolte la foule de ses fans. Il participera à plusieurs conférences, présentera, comme un certain nombre d'autres grands auteurs et comme c'est désormais la tradition, son film noir préféré à l'Institut Lumière (Le Rôdeur de Joseph Losey, le 4 avril) et investira l'Opéra pour une rencontre exceptionnelle intitulée « Une heure avec James Ellroy : American Death Trip » (le 6 avril) où il faudra probablement jouer des coudes pour se faire une place. Pour autant, l'invité-événement de cette édition ne devra pas éclipser le reste d'une programmation dont le dossier de présentation se veut aussi épais qu'un roman de gare. Car cette année Quais du polar va agir à la fois comme un laboratoire de réflexion

Continuer à lire

Le Dahlia Noir, œuvre au noir

CONNAITRE | "L'affaire du Dahlia Noir", c'est l'histoire d'un meurtre non élucidé, celui d'une jeune femme de vingt-deux ans à la chevelure florale, Elizabeth Ann (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 14 novembre 2013

Le Dahlia Noir, œuvre au noir

"L'affaire du Dahlia Noir", c'est l'histoire d'un meurtre non élucidé, celui d'une jeune femme de vingt-deux ans à la chevelure florale, Elizabeth Ann Short, retrouvée mutilée dans un terrain vague du Los Angeles de l'immédiate après-guerre. C'est aussi et surtout le point de départ du roman le plus important de James Ellroy, polar vénéneux, cathartique – sous le vernis écaillé de l'enquête criminelle affleure l'adieu de l'auteur à sa propre mère assassinée – et, depuis sa parution en 1987, réputé inadaptable. A raison si l'on se réfère au film auto-parodique qu'en a tiré Brian De Palma.   A tort dans le cas de la bande

Continuer à lire