Polar sans frontières

Stéphane Duchêne | Mardi 1 avril 2014

«Je suis devenu un écrivain de roman noir le jour où j'ai réalisé que le genre policier n'avait pas besoin de parler de meurtres pour exister». Voilà une citation, signée Thomas H. Cook, qui peut paraître en totale contradiction avec l'invité d'honneur de ce festival : James Ellroy. Encore que. A l'aube de sa dixième édition, avec une équipe de passionnés de la littérature noire, le "petit" festival Quais du Polar est parvenu à devenir l'un des incontournables du genre en France et même au-delà des frontières. Et surtout à faire admettre que cette littérature, faite de clichés et de prétendus figures imposées, était comme le dit ici Cook, bien plus protéiforme qu'imaginée.


Le succès croissant du genre et du festival le prouve et a permis à notre horizon polar de s'élargir non seulement stylistiquement, mais aussi géographiquement. Nous faisant quitter le pré-carré franco-américain pour, par exemple, un nouvel eldorado scandinave – dont la vénéneuse Camilla Läckberg est la nouvelle égérie. Mais aussi des contrées plus exotiques dont on découvre chaque année les nouveaux talents : Israël avec Liad Shoham, l'Equateur avec Alfredo Noriega, la Pologne avec Zygmunt Miloszewski. Certains comme le sud-africain Deon Meyer sont devenus aussi populaires que leurs homologues américains ou britanniques (R.J. Ellory, Peter James...). Même s'il est évident qu'avec la vieille et la jeune garde française, ceux-ci continuent de tenir le haut du pavé, non sans continuer à étendre à l'infini la portée du propos polar. Ainsi de l'Anglais Tim Willocks qui plonge son héros Matthias Tannhauser, mercenaire et trafiquant d'armes dans un XVIe siècle de bruit et de fureur. Ou de ces écrivains de l'Ouest perdu que sont Bruce Holbert et Craig Johnson.


Ce dernier est en plus assez symptomatique de la porosité du polar d'aujourd'hui, dont le festival tente de s'approcher au plus près. Si George Pelecanos, l'une des stars de cette édition, est devenu scénariste des séries The Wire et Treme, Johnson a lui vu son personnage Walt Longmire prendre vie sur petit écran. Avec ce dixième rendez-vous, touffu et dégoupillant tous azimuts (cinéma, théâtre, BD, séries, photos, gastronomie), Quais du Polar devrait donc démontrer que quelles qu'elles aient pu être, le polar ne connaît plus de frontières. Il est un grand brouillard intrigant dans lequel on aime se perdre.


Quais du Polar

Du vendredi 4 au dimanche 6 avril


Stéphane Duchêne

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Polar partout...

Quais du Polar | Si on ne sait pas ce que nous réserve la météo du printemps, on est sûr d'une chose : comme chaque année Lyon sera le temps d'un week-end ensevelie sous un (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 7 janvier 2020

Polar partout...

Si on ne sait pas ce que nous réserve la météo du printemps, on est sûr d'une chose : comme chaque année Lyon sera le temps d'un week-end ensevelie sous un raz-de-marée policier. Non pas que BAC et CRS déferleront dans les rues LBD en main (encore qu'on n'est pas à l'abri) mais parce que se tiendra l'événement littéraire le plus couru de la métropole : le gigantesque Quais du Polar, ses dizaines d'auteurs stars, ses multiples animations (grande enquête, dictée...), son ouverture à toutes les formes d'expression (cinéma, musique, séries, théâtre, gastronomie). Des noms ? Grisham, Pelecanos, Winslow, Khouri, Lisa Gardner, Craig Johnson, Leonardo Padura, Boris Quercia, Martín Caparrós, Valerio Varesi, Petra Hammesfhar, Michel Bussi, Fra

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Los Angeles, versant sombre

Polar | James Ellroy passe par Vienne à l'occasion de la parution du second tome de sa dernière fresque noire, de nouveau située à Los Angeles : La Tempête qui vient.

Sébastien Broquet | Mardi 19 novembre 2019

Los Angeles, versant sombre

C'est un maître que l'on vous invite à aller visiter ce jeudi du côté de Vienne, où le Californien signera quelques exemplaires de son dernier ouvrage à l'initiative de la librairie Lucioles et du festival Quais du Polar : en effet, James Ellroy, l'auteur du Dahlia Noir, celui qui ausculte les bas-fonds d'un Los Angeles qui l'a vu naître en 1948, est de passage en France. Pour lire quelques-uns de ses poèmes lors d'une émission spéciale du France Inter lundi dernier, à réécouter en podcast, et donc en virée sur les routes pour promouvoir le second tome de sa nouvelle fresque, La Tempête qui vient, parue chez Rivages. Ce grand pourvoyeur d'adaptations sur grand écran (outre Brian de Palma, Curtis Hanson s'est par exemple penché sur L.A. Confidential) replonge avec ce second volet faisant suite à Perfidia (paru en 2015) dans ce qui

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James Ellroy, storyteller

CONNAITRE | Pour ses dix ans, Quais du Polar ne pouvait trouver plus prestigieux invité d’honneur que James Ellroy, l’homme qui a réinventé le roman noir américain en fusionnant jusqu’au vertige ses obsessions, sa vie et l’Histoire secrète de l’Amérique. Texte : Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 1 avril 2014

James Ellroy, storyteller

Avril 2001. Quelques semaines après la sortie d’American Death Trip, James Ellroy s’offre une tournée promo en Europe. Il enchaîne interviews et signatures. Pendant les interviews, il prend un malin plaisir à donner des réponses plus courtes que les questions. Il les balance avec un phrasé aussi sec et saccadé que l’écriture de ses bouquins. Pour les séances de dédicace, avec chacun de ses fans, il échange une poignée de main bien virile et un «Hi buddy, what’s your name ?» avant de signer. Concis, efficace, Américain. Le géant cultive sa légende. L’auteur conserve son aura et son mystère. Mai 1988. Quelques lecteurs connaissent déjà James Ellroy grâce à une trilogie ultra-noire ayant pour héros le flic névrosé et obsédé Lloyd Hopkins. Et puis Le Dahlia Noir arrive dans les librairies. Une déflagration. Le meurtre non résolu d’Elizabeth Short, aspirante actrice retrouvée nue, coupée en deux et les lèvres tailladées dans un rictus de clown façon L’Homme qui rit devient une odyssée de fiction pleine de sang, de sexe et de décadence hollywoodienne. Les années 50 de Los Angeles vues par

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Polar maxi best-of

CONNAITRE | En dévoilant officiellement sa programmation ce 26 février, Quais du Polar a confirmé la venue en grande pompe de James Ellroy comme tête – et quelle tête ! – de gondole d'une 10e édition assez largement commémorative et aussi dense qu'un bon gros pavé noir. Une programmation qui, quantitativement et qualitativement, mettra en appétit les polardeux les plus boulimiques tout en ne manquant pas d'attiser la curiosité des amateurs plus volatiles. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 26 février 2014

Polar maxi best-of

Cela avait été annoncé, c'est confirmé : James Ellroy sera bien le roi de la 10e édition du festival Quais du Polar, récompensé ainsi de sa persévérance à tenter d'attirer dans ses filets l'auteur du Dahlia Noir. Qui plus est, le taciturne auteur californien ne sera pas là – à ce qui est promis – pour faire de la figuration ou de courtes apparitions papales sur un balcon pour bénir d'une main désinvolte la foule de ses fans. Il participera à plusieurs conférences, présentera, comme un certain nombre d'autres grands auteurs et comme c'est désormais la tradition, son film noir préféré à l'Institut Lumière (Le Rôdeur de Joseph Losey, le 4 avril) et investira l'Opéra pour une rencontre exceptionnelle intitulée « Une heure avec James Ellroy : American Death Trip » (le 6 avril) où il faudra probablement jouer des coudes pour se faire une place. Pour autant, l'invité-événement de cette édition ne devra pas éclipser le reste d'une programmation dont le dossier de présentation se veut aussi épais qu'un roman de gare. Car cette année Quais du polar va agir à la fois comme un laboratoire de réflexion

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Quais du polar - Votez pour le prix BD Expérience / Le Petit Bulletin

CONNAITRE | La librairie Expérience et Le Petit Bulletin s’associent pour remettre le prix BD Polar Expérience – Le Petit bulletin à l’occasion du festival Quais du (...)

Benjamin Mialot | Mardi 18 février 2014

Quais du polar - Votez pour le prix BD Expérience / Le Petit Bulletin

La librairie Expérience et Le Petit Bulletin s’associent pour remettre le prix BD Polar Expérience – Le Petit bulletin à l’occasion du festival Quais du Polar, qui fêtera son dixième anniversaire du 4 au 6 avril, et vous invitent à voter pour son récipiendaire. Neuf titres sont en lice (ne rentrent en compte que des albums ou séries terminés en 2013) : Silas Corey de Alary et Nury (Glénat)Tyler Cross de Brüno et Nury (Dargaud)Ma Révérence de Rodguen et Lupano (Delcourt)Au Vent mauvais de Murat et Rascal (Futuropolis)Le Dahlia noir de Hyman, Ellroy, Matz et Fincher (Casterman)W.W.2. T3 : Secret service de Cara et Gabella (Dargaud)Losers de Jock et Diggle (Urban)Scène de crime de Lark, Phillips et Brubaker (Delcourt)Parker T3 de Cooke et Stark (Dargaud)   Envoyez votre choix à lexperience@free.fr (sujet : Sélection prix BD EXPÉRIENCE / LE PETIT BULLETIN). Clôture des votes le 20 mars à minuit. Le prix sera remis pendant le festival, samedi 5 avril.

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Le Dahlia Noir, œuvre au noir

CONNAITRE | "L'affaire du Dahlia Noir", c'est l'histoire d'un meurtre non élucidé, celui d'une jeune femme de vingt-deux ans à la chevelure florale, Elizabeth Ann (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 14 novembre 2013

Le Dahlia Noir, œuvre au noir

"L'affaire du Dahlia Noir", c'est l'histoire d'un meurtre non élucidé, celui d'une jeune femme de vingt-deux ans à la chevelure florale, Elizabeth Ann Short, retrouvée mutilée dans un terrain vague du Los Angeles de l'immédiate après-guerre. C'est aussi et surtout le point de départ du roman le plus important de James Ellroy, polar vénéneux, cathartique – sous le vernis écaillé de l'enquête criminelle affleure l'adieu de l'auteur à sa propre mère assassinée – et, depuis sa parution en 1987, réputé inadaptable. A raison si l'on se réfère au film auto-parodique qu'en a tiré Brian De Palma.   A tort dans le cas de la bande

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Craig Johnson, lonesome cowboy

CONNAITRE | Auteur chapeauté et de plus en plus culte de la série de romans mettant en scène le shériff Walt Longmire, Craig Johnson s’exile quelques jours de son erratique Wyoming pour une résidence lyonnaise au Musée d’Art Contemporain, ponctuée de quelques rencontres en librairie. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 14 novembre 2013

Craig Johnson, lonesome cowboy

Il n’y a pas à aller chercher bien loin pour déterminer ce qui a inspiré Craig Johnson au moment de tirer le portrait de son flic anti-héroïque Walt Longmire. Le shériff du comté (fictif) d’Absaroka lui ressemble en effet beaucoup : même chapeau vissé sur la tête, même âge, même empathie naturelle pour l'environnement, même philosophie de vie, même détermination lasse – Johnson a exercé mille métiers avant d’oser prendre la plume. Et surtout même localisation, ce Wyoming désert, étendu à perte de vue mais adossé aux Bighorns Mountains, vaste zone tampon entre les plaines du Midwest et l’Ouest, le vrai, mais aussi entre blancs et native americans. C’est ce contexte même qui constitue la chair des romans de Johnson et des aventures de son héros récurrent – adaptées en série par la chaîne A&E, diffusée sur D8 à partir du 30 novembre. Un Longmire dont l’auteur, fou de littérature française, avoue avoir emprunté quelques traits de caractère à l’Athos de Dumas, ce mousquetaire du milieu, et au Jean Valjean d’Hugo, figure de l’homme libre au grand cœur qui cache mille blessures.

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Vote noir

CONNAITRE | Retour aux sources du polar noir américain pour la 8e édition des Quais du Polar en cette année électorale des deux côtés de l’Atlantique. Avec les États-Unis comme invité d’honneur, la présence exceptionnelle de Michael Connelly et un programme foisonnant mêlant polar et politique, le nouvel opus de ce festival promet une immersion dans les arcanes du roman noir et ses univers parallèles. Gaël Dadies

Dorotée Aznar | Vendredi 23 mars 2012

Vote noir

Du 30 mars au 1er avril, la planète polar se donne rendez-vous à Lyon le temps d’un week-end pour vivre au rythme d’une nouvelle édition du festival Quais du Polar. En cette année électorale, aussi bien en France qu’en Amérique, la programmation met à l’honneur les États-unis. Avec une quinzaine d’auteurs présents sur les soixante-dix attendus, cette délégation américaine compte dans ses rangs quelques maîtres de la discipline. Et pas des moindres : Michael Connelly, invité vedette de cette édition 2012 et qui vient pour la première fois au festival où sera présenté en avant première son prochain roman à paraître au mois de mai, Volte face ; Craig Johnson, dont les divers romans, parmi lesquels le très remarqué Little Bird, nous entraînent pour des enquêtes dans les contrées paumées du grand Ouest américain ; Donald Ray Pollock, auteur du sombre et violent Le Diable tout le temps ; Patricia Mac Donald, Dan Fante… Le Palais du Commerce, centre névralgique du festival depuis trois ans, accueillera des conférences faisant la part belle à une analyse de la société américaine à travers le filtre du roman noir ; conférences durant lesquelles ces r

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La Malédiction Hilliker

CONNAITRE | James Ellroy Rivages

Christophe Chabert | Jeudi 27 janvier 2011

La Malédiction Hilliker

Moins d’un an après "Underworld USA", pavé à l’ambition démesurée concluant une trilogie qui n’est pas ce qu’Ellroy a produit de meilleur, revoici l’auteur du "Dahlia noir" avec une œuvre inattendue : le deuxième volet de son autobiographie après le fabuleux "Ma part d’ombre". Les premières pages, d’ailleurs, reviennent littéralement sur les lieux du crime, celui de la mère d’Ellroy, Jean Hilliker. Cette scène traumatique, que le romancier cherchait à élucider dans "Ma part d’ombre", devient ici une «malédiction» qui s’abat sur toutes les femmes rencontrées au cours de sa vie chaotique. Tel James Stewart dans "Vertigo", James Ellroy cherche à incarner le fantôme de sa mère à travers ses compagnes, vivant avec des souvenirs d’adolescence (une femme croisée à une laverie automatique, une autre rencontrée dans un train) qu’il espère voir se matérialiser au gré de ses turpitudes de jeune homme à la dérive, d’apprenti écrivain et de bête de scène littéraire. C’est donc un grand livre romantique, mais sans aucune naïveté, Ellroy renversant sur son autoportrait le même vitriol qu’il envoie sur ses personnages de fiction. La franchise avec laquelle il décrit ses névroses et ses obsessions

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