5 rencontres littéraires à ne pas manquer

CONNAITRE | Certains acteurs majeurs du livre ont beau, à l'instar de la Villa Gillet, faire les frais du climat d'austérité qui règne actuellement, ce ne sont pas les rencontres littéraires intéressantes qui manquent cette rentrée. En voici cinq qui méritent particulièrement votre attention.

Benjamin Mialot | Jeudi 1 octobre 2015

Ron Rash

En lointain préambule de son festival, Quais du Polar organise une rencontre avec l'un des grands romanciers policiers américains de ces dernières années, souvent comparé à la fois à Faulkner pour son côté “Southern Gothic” et à Raymond Carver pour la concision éruptive de son style. Or, justement, le bien nommé Ron Rash, enfant des Caroline (Nord et Sud) qu'il n'a jamais quittées, et auteur entre autres de Serena, vient présenter un recueil de nouvelles (Carver), Incandescences, qui prend place dans les Appalaches entre la Guerre de Sécession et aujourd'hui, en une sorte de saga déguisée du Sud profond (Faulkner).

Le 1er octobre aux Célestins

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Une saison à la Villa

Villa Gillet | Toujours aussi éclectique dans ses choix littéraires et scientifiques et exigeante dans ses thématiques, la Villa Gillet inaugure une saison de rencontres qui s'annonce aussi dense que passionnante.

Stéphane Duchêne | Mardi 2 octobre 2018

Une saison à la Villa

Entre sciences humaines, sciences tout court et bien sûr littérature, c'est à un automne bien chargé que nous invite la Villa Gillet pour ses rencontres de saison – comprendre, hors Assises Internationales du Roman et La Chose Publique. Cela avait débuté avec un prolongement haïtien du Festival America et se poursuit dès ce mercredi 3 octobre avec le premier volet de rencontres intitulées Le Temps de... On commence donc avec Le Temps du temps à l'Institution des Chartreux le 9 octobre où les toujours passionnants physicien et historien Étienne Klein et Patrick Boucheron, qu'on ne présente plus, se demanderont, en compagnie de la femme rabbin Delphine Horvilleur, directrice de la revue Tenov'a, ce qu'est le temps et si simplement nous en avons la moindre idée. Le cycle se poursuivra le 9 novembre au Grand Amphi de l'Université Lyon 2 avec les écrivains Philippe Sands (Retour à Lemberg, Albin Michel) et Javier Cercas (Le Monarque des Ombres, Actes Sud) pour Le Temps de la Mémoire sur les liens qu'entretienne

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Mode d'Emploi 2015 : déboussolant Mathias Énard

CONNAITRE | En 2008, cinq ans après ses débuts littéraires (La Perfection du crime), Mathias Énard avait frappé fort et dur le monde des Lettres avec Zone, un exercice de (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 17 novembre 2015

Mode d'Emploi 2015 : déboussolant Mathias Énard

En 2008, cinq ans après ses débuts littéraires (La Perfection du crime), Mathias Énard avait frappé fort et dur le monde des Lettres avec Zone, un exercice de style tenant en une phrase longue de 500 pages. L'érudition et la maîtrise du jeune écrivain qui parle perse et arabe sont déjà vertigineuses et si ses livres sont opaques, inégaux en épaisseur comme en qualité, ils font parler et ramassent les prix comme des attrape-poussière. Le voilà pour Boussole, son dernier roman, couronné du Goncourt – ce qui fait instantanément de lui la vedette de cette édition de Mode d'Emploi. Cette érudition a transparu jusque dans les commentaires de jurés du Goncourt, reconnaissant avoir été déboussolés par le livre et n'y avoir pas tout compris – il faut, comme le personnage principal du roman, Franz, être musicologue mais aussi germanophile et incollable sur l'Orient pour s'y retrouver. Mais Boussole est bien plus qu'un roman que l'on trouve génial parce qu'il nous met face à nos lacunes – le génie attribué au bénéfice du doute en quelque sorte. Car ce prix vient notamment couronner, et c'est heureux, un courant passionnant : celui d'u

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Aux voleurs

CONNAITRE | Après l’évocation de la Constantinople du XVIe siècle de Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, dans lequel Mathias Enard revenait sur la découverte (...)

Gaël Dadies | Vendredi 16 novembre 2012

Aux voleurs

Après l’évocation de la Constantinople du XVIe siècle de Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, dans lequel Mathias Enard revenait sur la découverte de l’Orient par Michel-Ange, invité par le sultan Bayezid le Juste pour construire un pont sur la Corne d’Or, son dernier roman, Rue des voleurs (Actes Sud), s’ancre de plain-pied dans l’actualité brûlante du Printemps arabe et de la crise économique ébranlant un peu plus les pays du Sud de l’Europe. Lakhdar, jeune Marocain vivant à Tanger, est chassé de sa famille après avoir fauté en couchant avec sa cousine. Livré à la rue, à l’errance, dépossédé de tout, il choisira de se lancer dans un périple à travers l’Espagne (jusqu'à Barcelone), dont les côtes visibles depuis Tanger sont la porte d’entrée vers un Eldorado européen fantasmé. Débouchant sur la découverte d’une société espagnole exsangue et d’une misère insoupçonnée par Lakhdar, ce livre est, plus qu'un album de voyage, le récit de la quête identitaire d’un héros se construisant à travers l’écriture, la langue et qui affirme : «je suis ce que j’ai lu, je suis ce que j’ai vu, j’ai en moi au

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