Remettre le monde à l'endroit

Villa Gillet | Michel Lussault vient débattre à la Villa Gillet de son regard de géographe singulier sur le monde contemporain et de son dernier ouvrage explorant en particulier les hyper-lieux.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 31 janvier 2017

Photo : © Bertrand Gaudillère / Item


Depuis le début des années 2000, Michel Lussault met au centre des sciences sociales la géographie, une géographie très humaine en l'occurrence. Après les philosophies de l'histoire du 19e siècle, l'objectivité anti-humaniste et structurale des sciences humaines au 20e siècle (psychanalyse, sociologie, anthropologie...), le géographe défend une approche du contemporain à partir des vécus physiques, de la subjectivité des expériences individuelles ou collectives au sein d'espaces et de lieux particuliers.

Avec l'anthropologue Tim Ingold, l'historien Patrick Boucheron, le philosophe Guillaume Leblanc, le sociologue Richard Sennett, Peter Sloterdijk et bien d'autres, on pense que l'espace n'est pas seulement un décor, un théâtre, mais une dimension explicative de la vie. Il y a là peut-être même un tournant spatial des sciences sociales. » nous confiait Michel Lussault dans un entretien.

Le monde n'est pas plat

Son nouveau et passionnant ouvrage, Hyper-lieux (Seuil), revient d'emblée sur deux faits majeurs du monde contemporain : l'urbanisation généralisée (depuis 2008, plus de 50% de la population mondiale vit en ville), et l'entrée dans ce qu'on appelle l'anthropocène, nouvelle époque géologique où l'activité humaine influe directement et massivement sur le système biophysique.

Mais contrairement aux penseurs de la mondialisation, Michel Lussault ne considère pas que notre monde en serait devenu, pour autant, « plat », « uniforme », « homogène »... Il constate que la mondialisation produit simultanément l'inverse : « l'apparition, partout, de lieux singuliers ».

Parmi eux, le géographe se penche tout particulièrement sur les « hyper-lieux » caractérisés par un surcumul en un endroit donné de réalités matérielles et immatérielles, l'ubiquité médiatique, une expérience sensible particulière, un partage collectif éphémère, une concentration d'activités (commerce, tourisme, loisir, finance...)...

Times Square à New York en serait l'exemple emblématique, et Lussault déclinera ensuite d'autres hyper-lieux dans son livre : les centres commerciaux géants, les aéroports, les gares... Sous sa plume, le monde contemporain s'éclaire à travers une dimension essentielle et directement saisissable par chacun : la spatialité.

Rencontre avec Michel Lussault autour de son livre Hyper-lieux (Seuil)
À la Villa Gillet le mardi 7 février


Hyper-lieux

Entretien avec Michel Lussault
Villa Gillet Parc de la Cerisaie, 25 rue Chazière Lyon 4e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Lucie Campos : « ne pas faire silence dans un tel moment d'incertitude »

Assises Internationales du Roman | Pour sa première édition en tant que directrice, Lucie Campos essuie avec les Assises Internationales du Roman les plâtres de l'assignation à une "réinvention" culturelle, qui a poussé, Covid-19 oblige, le festival à une formule repensée en format numérique. Un réflexe de survie qui pourrait bien livrer des pistes pour l'avenir de la Villa, les Assises et du festival Mode d'emploi.

Stéphane Duchêne | Lundi 11 mai 2020

Lucie Campos : « ne pas faire silence dans un tel moment d'incertitude »

Qu'est-ce qui vous a poussé à candidater à la direction de la Villa Gillet ? Lucie Campos : Comme beaucoup de gens je suis depuis longtemps la Villa Gillet, je fais partie du public idéal de cette maison. Je travaille depuis pas mal d'années également et de manières différentes avec les auteurs étrangers et en traduction. D'abord parce que j'ai entamé une carrière de chercheuse en littérature comparée, puis d'enseignante-chercheuse, pour travailler autour des auteurs vivants. Je les ai étudiés à travers leurs livres, puis enseignés dans différentes universités en France. Ce qui conïncidait à une époque où la Villa Gillet était pionnière sur le front de l'invitation d'auteurs étrangers, un domaine vraiment particulier. Mais également sur des thèmes très porteurs qui invitaient les écrivains à s'exprimer comme des acteurs dans la cité. J'ai pu travailler avec la Villa, rencontrer Guy Walter et son équipe, il y a une dizaine d'années, je commençais à travailler pour l'Institut Français. Nous avons alors travaillé côte-à-côte sur des projets différents mais dont l'esprit était similaire. Po

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Quand on arrive en Villa

CONNAITRE | Bientôt nantie d'une directrice toute neuve pour succéder à Guy Walter, la Villa Gillet attaque la saison pied au plancher entre littérature, sciences humaines et réflexion contemporaine. En attendant l'avènement des deux navires-amiraux, Mode d'emploi en novembre et les AIR en mai.

Stéphane Duchêne | Mardi 1 octobre 2019

Quand on arrive en Villa

En attendant l'arrivée de sa nouvelle directrice Lucie Campos, début novembre, la Villa Gillet a d'ores et déjà un agenda bien chargé. La saison des rencontres d'automne s'ouvrira le 2 octobre sur le thème À la lisière des Villes pris en main par deux primo romanciers. Moins d'une semaine plus tard, on décortiquera, le 8 octobre, à l'Amphi Fugier de Lyon 2, Le mythe de la virilité autour des derniers ouvrages d'Ivan Jablonka (Des hommes justes, très acclamé) et de la philosophe marocaine Nadia Tazi (Le Genre intraitable. Politiques de la virilité dans le monde musulman). Le l

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Lucie Campos nouvelle directrice de la Villa Gillet

Mercato | Le successeur de Guy Walter à la tête de la Villa Gillet est désormais connu et c'est une femme : il s'agit de Lucie Campos, membre du jury du Booker International Prize et de la revue La Vie des idées. Elle prendra son poste le 1er novembre.

Sébastien Broquet | Jeudi 5 septembre 2019

Lucie Campos nouvelle directrice de la Villa Gillet

Guy Walter, l'historique directeur de la Villa Gillet, a pris sa retraite avant l'été. La question de sa succession était donc posée depuis plusieurs mois, avec d'autant plus d'acuité que les tutelles (Région, Ville, DRAC) réfléchissaient en parallèle à l'évolution du modèle et au projet à défendre dans le futur par ce lieu créé en 1989, le jeune retraité l'incarnant autant qu'un Thierry Frémaux à l'Institut Lumière et l'ayant clairement marqué de son empreinte durant 30 ans, l'imposant comme un spot incontournable des idées et de la littérature en France, à travers en particulier les Assises Internationales du Roman. Un audit a ainsi été commandé à un cabinet extérieur en début d'année, afin d'évaluer les possibles changements comme les désirs et idées de l'équipe en place, fortement réduite après la baisse drastique de subventions faisant suite à un rapport incisif de la Chambre Régionale des Comptes début 2016, qui mettait alo

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Anthropocène : à l’école de la vie

Penser | La croissance, le réchauffement climatique, le féminisme, la biodiversité, l’urbanisme… À l’École de l’Anthropocène nous invite à repenser ces notions pour construire un avenir meilleur.

Lisa Dumoulin | Mardi 22 janvier 2019

Anthropocène : à l’école de la vie

L’ère de l’Humain : c’est la définition littérale de l’anthropocène. Un terme de chronologie géologique partant du principe que « L'Homme est devenu une force telle qu'il modifie la planète ». Ce sont les mots de Catherine Jeandel, directrice de recherche au Laboratoire d'études en géophysique et océanographie spatiales au CNRS, membre des experts réunis au Congrès géologique international de 2016 qui a reconnu officiellement le terme “Anthropocène”... L’École Urbaine de Lyon, dirigée par le géographe Michel Lussault, tente de répondre aux questions posées par ces enjeux avec ce premier rendez-vous intitulé À l’école de l’Anthropocène qui prend place aux Halles du Faubourg. Au travers des nombreux rendez-vous prévus tout au long de la semaine, tout un chacun est invité à découvrir, réfléchir, échanger avec des scientifiques, des penseurs, des artistes, des associations, pour tenter de dessiner ensemble les pistes d’un futur possible. Parmi les invités, notons la présence de l'ancienne ministre Delphine Batho (le vendredi 25) pour une rencontre intitulée "vers une nouvelle Terr

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Florence Aubenas et Ted Conover à la Villa Gillet

Journalisme | Outre la programmation du festival d'idées La Chose Publique qui commence à se dévoiler, la Villa Gillet continue sa programmation de rencontres et (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 30 août 2018

Florence Aubenas et Ted Conover à la Villa Gillet

Outre la programmation du festival d'idées La Chose Publique qui commence à se dévoiler, la Villa Gillet continue sa programmation de rencontres et conférences. Le jeudi 29 novembre seront ainsi conviés autour du thème de l'enquête et de l'immersion Florence Aubenas et Ted Conover. Grand reporter pour Le Monde, Florence Aubenas est l'une des journalistes les plus en vue en France actuellement. L'Américain Ted Conover est lui un spécialiste de l'immersion au long cours, s'étant fait embaucher comme gardien de prison à Sing Sing pour l'ouvrage Newjack. La rencontre aura lieu au Grand Amphi de l'Université de Lyon.

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Christiane Taubira invitée à Lyon par la Villa Gillet

La Chose Publique | L'ancienne ministre Christiane Taubira est conviée au festival des idées La Chose Publique, qui se déroulera en novembre prochain et dont le thème est "L'invention démocratique : la place du citoyen en démocratie".

Sébastien Broquet | Jeudi 30 août 2018

Christiane Taubira invitée à Lyon par la Villa Gillet

On se souvient que sa dernière venue à Lyon en mars 2017 avait provoqué des remous en pleine campagne pour la présidentielle : Gérard Collomb, alors maire de la ville, avait refusé la salle des Rancy à l'ancienne ministre qui venait présenter son livre, Nous sommes sur Terre, à l'invitation de la librairie du Tramway. La préfecture avait pourtant donné son accord. Mais le maire avait utilisé l’interdiction pour une collectivité de faire bénéficier un candidat d’avantages avant une élection pour justifier sa décision, considérant que l'écrivaine était un soutien actif de Benoît Hamon. La rencontre avait finalement pu avoir lieu dans l'enceinte de l'université Lyon 2. Christiane Taubira sera donc de retour dans la ville du désormais ministre de l'Intérieur le vendredi 23 novembre prochain, conviée par la Villa Gillet et Res Publica, les concepteurs du festival des idées La Chose Publique : rendez-vous est pris pour un Grand Entretien, à 21h, dans le grand amphithéâtre cet

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La ville anthropocène, exploration

Réflexion | Toute une soirée et même un peu plus pour « entrevoir les possibles », comme l'écrit le géographe Michel Lussault dans la présentation de cette Nuit des Idées (...)

Sébastien Broquet | Mardi 23 janvier 2018

La ville anthropocène, exploration

Toute une soirée et même un peu plus pour « entrevoir les possibles », comme l'écrit le géographe Michel Lussault dans la présentation de cette Nuit des Idées conçue par l'École Urbaine de Lyon, dont il est le directeur : voici le programme, articulé autour de l'idée « d'imaginer la ville anthropocène ». On notera parmi les ateliers et rencontres celle entre le susnommé Michel Lussault et la philosophe Catherine Larrère, qui œuvre sur les questions de justice climatique, d'écologie politique et d'agentivité humaine. La crise migratoire sera au centre des attentions : par une rencontre (réunissant la photographe Anne A-R, François Gemenne, l'architecte Cyrille Hanappe et la juriste Claire Rodier) mais aussi l'intervention de deux plasticiens afghans, Kabir Mokamel et Omaid Sharifi. Un atelier d'écriture queer (animé par Émilie Notéris) et une rencontre "grand témoin" avec la journaliste Marie-Monique Robin, réceptrice du prix Albert-Londres en 1995, auteure du Monde selon Monsanto sont aussi prévus. On guettera aussi le lendemain les

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Je est un migrant : Patrick Chamoiseau dialogue avec Michel Lussault

Littérature | Le géographe Michel Lussault, dont nous vous avons parlé avec enthousiasme dans ces colonnes, s'entretiendra à Bron avec l'écrivain Patrick Chamoiseau qui vient de publier un essai revigorant, "Frères migrants".

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 16 mai 2017

Je est un migrant : Patrick Chamoiseau dialogue avec Michel Lussault

« L'Europe envisagée comme solitude au monde ! » Rien ne saurait plus indigner l'écrivain martiniquais Patrick Chamoiseau, penseur avec Édouard Glissant du concept de "Tout monde". Contre la mondialisation capitaliste et financière (la « barbarie » dit-il), Patrick Chamoiseau rappelle, dans Frères migrants, que « la planète n'est pas seulement globalisée par l'appétit capitaliste. Elle est par nature une. Un seul lieu où l'horizon ne s'ouvre que sur lui-même, où la perspective se renouvelle autour d'un cœur unique. Les mondes multiples se percevant autonomes et se croyant étanches n'existent que dans les stases de nos imaginaires. » Cette globalité des multitudes, cette humanité transversale faite de pluralité, Patrick Chamoiseau lui donne une figure, une existence concrète à travers la richesse, la beauté et la matérialité de sa langue. Celle-ci prend en écharpe lyrique (c'est-à-dire : en sonorités, en couleurs, en parfums) les rêves comme les cauchemars du monde contemporain.

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Villa Gillet : police partout, confiance nulle part

Réfléchir | Politologue, spécialiste de la délinquance et de la police, Sébastian Roché vient présenter à la Villa Gillet De la Police en démocratie (Grasset), dans lequel il examine la dégradation des rapports police/population à l'œuvre en France depuis des décennies, à la recherche de solutions pour restaurer une confiance mutuelle garante de l'équilibre de la démocratie.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 mars 2017

Villa Gillet : police partout, confiance nulle part

La police française aurait-elle oublié sa mission première ? À savoir, produire de la confiance en défendant des valeurs supérieures, comme l'égalité, et ainsi contribuer à la cohésion sociale. C'est la question que se pose dans De la police en démocratie, Sébastian Roché, politologue spécialiste de la délinquance et de la police, directeur de recherche au CNRS à Sciences Po Grenoble et expert pour les Nations Unies, déjà auteur de Police de proximité et Violences urbaines et banlieues. Elle résonne d'autant plus fortement quelques semaines après la surréaliste "affaire Théo", mais resterait tout aussi pertinente sans elle. Car c'est ici un problème de fond et quotidien que tente d'analyser Sébastian Roché, partant du constat que si toute démocratie a besoin d’une police, celle-ci a besoin que les citoyens la soutiennent, qu’ils la considèrent comme « leur police. » Mauvais élève Dans cet ouvrage, il s'agit d'abord de mesurer la confiance d’une part, et l’égalité devant les contrôles d’identité en France et en Allemagne, d’autre part. Et le constat est plutôt accablant

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La Villa Gillet a de la repartie

Penser le monde | Certains annonçaient la Villa Gillet moribonde après ses déboires des derniers mois. Visiblement, le directeur Guy Walter et son équipe, réduite de moitié juste (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 13 octobre 2016

La Villa Gillet a de la repartie

Certains annonçaient la Villa Gillet moribonde après ses déboires des derniers mois. Visiblement, le directeur Guy Walter et son équipe, réduite de moitié juste avant l'été suite à la baisse drastique de ses subventions, ont de la repartie : on n'attendait pas si rapidement l'arrivée d'un nouveau rendez-vous, en l'occurrence La Chose Publique, qui se tiendra du 21 au 26 novembre dans les locaux de la Villa Gillet. Prenant la place laissée vacante par Mode d'Emploi, cette nouvelle semaine de débats d'idées s'articulera « autour de l'actualité française en philosophie, en sciences humaines et sociales. La Villa Gillet en assurera le commissariat scientifique » nous explique-t-on du côté de l'équipe. C'est l'arrivée d'un mécène qui permet la tenue de cet événement, en l'occurrence l'association Res Publica, basée à Lyon - et au Burkina Faso via son ONG - et

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La fin pour Mode d'Emploi

Villa Gillet | Suite à la baisse drastique du budget de la Villa Gillet, Guy Walter, son directeur, se voit contraint de mettre fin à Mode d'Emploi, le rendez-vous consacré aux sciences humaines. Avant de probables licenciements.

Sébastien Broquet | Mardi 24 mai 2016

La fin pour Mode d'Emploi

Voilà, c'est fini. Mode d'Emploi s'arrête, après quatre éditions seulement. Et la Villa Gillet elle-même est dans la tourmente : probablement avant l'été, un plan social sera mis en place, et une partie des seize salariés de la structure sera licenciée et devra voguer vers d'autres aventures. Ces derniers ont lancé une pétition sur Internet ayant récolté 4177 signatures lundi soir. Au cours d'une réunion s'étant déroulée le mercredi 18 mai au matin dans le bureau de son directeur Guy Walter, mis en difficulté depuis plusieurs semaines par un rapport incisif de la Chambre Régionale des Comptes qu'il conteste ardemment, les différentes parties ont acté une baisse drastique des subventions accordées au lieu l'obligeant à amputer de sa programmation le festival Mode d'Emploi, son rendez-vous annuel consacré aux sciences humaines qui se déroulait en novembre. Les dixièmes Assises Internationales du Roman, qui se déroulent en ce moment-même, n'ont pas été impactées ; mais si la question de leur tenue l'an prochain ne se pose a priori pas, celle de la même exigence dans la programmation le sera inévitablement. Les trois tutelles (l'État via la DRAC et le Centre Nati

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Florence Verney-Carron : "Il faut dialoguer avec les artistes"

Florence Verney-Carron | Depuis l'élection de Laurent Wauquiez à la tête de la Région en décembre dernier, le monde de la culture s'est inquiété, parfois offusqué, au minimum s'est posé des questions : d'une déclaration pour le moins malheureuse de son président sur les formations de clowns en pleine campagne, jusqu'au traitement du dossier de la Villa Gillet, c'est peu dire que la vice-présidente en charge de la Culture est attendue. Florence Verney-Carron s'exprime ici pour la première fois sur l'ensemble de ces sujets.

Sébastien Broquet | Mardi 26 avril 2016

Florence Verney-Carron :

En janvier, après l'élection, vous demandiez du temps avant de dévoiler votre feuille de route concernant la culture. Aujourd’hui, pouvez-vous nous dire quels sont les points qui vont être privilégiés ? C’est la première fois qu'une élection se déroulait en décembre. C’était très compliqué de nous atteler à ce budget 2016 en si peu de temps. Durant ces trois premiers mois, j’ai analysé pas mal de choses. On avait un certains nombre de principes, déjà évoqués par Laurent Wauquiez durant la campagne, notamment deux points très forts : d'abord, accompagner évidemment les créateurs culturels de premier plan. Ensuite, encourager l’émergence ; ce qui est l’essentiel pour une collectivité publique. Ça nous a amené à tracer deux grands points de notre politique culturelle : avoir une offre de qualité partout, même dans les endroits les plus reculés du territoire et y apporter beaucoup d’attention : ce peut-être une librairie, un festival, un cinéma. Le second point, ce sera de respecter et d’encourager tous les lieux de création. Ce qui est important pour nous, puisque nous arrivons au moment de la fusion des régions, c'est aussi de faire la conver

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Joann Sfar, croqueur en série

Bande Dessinée | Convier Joann Sfar pour évoquer son dernier ouvrage paru exige de se tenir à la page : il en a peut-être sorti un ou deux nouveaux depuis la semaine dernière…

Vincent Raymond | Mardi 19 avril 2016

Joann Sfar, croqueur en série

On ne dira rien ici du nouvel opus de Joann Sfar, Tu n’as rien à craindre de moi — la bande dessinée dont la récente parution chez Rue de Sèvres est prétexte à l’organisation de cette causerie-rencontre aux Célestins à l’invitation de la Villa Gillet — pour la simple raison qu’on ne l’a pas encore lue. Pardonnez cet aveu coupable, mais il faut bien reconnaître que le stakhanoviste auteur place ses lecteurs-spectateurs dans une situation compliquée : à peine a-t-il achevé un album qu’il publie un roman, juste avant la sortie d’un long-métrage, lequel précède un film d’animation ou une collaboration à quelque aventure collective… Et en marge (ou dans les marges) des Donjons, du Chat du Rabbin ou de Grand et Petit Vampire, l’ubiquiste hypergraphe dévoile avec une générosité rare ses notes intimes et travaux préparatoires dans des carnets ou des recueils parfois volumineux — voir le pavé de dessins et d’aquarelles inspirés durant la conception de son Gainsbourg… Cette somme ne compose pourtant qu’un fragment de son œuvre multimédiatique. Sfar est aussi, au risque que certains s’en étranglent, un chronique

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Gagnez votre entrée aux Asisses du roman

CONNAITRE | Comme chaque année, le Petit Bulletin et la Villa Gillet s'associent pour vous faire gagner votre entrée aux Assises Internationales du (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 29 avril 2015

Gagnez votre entrée aux Asisses du roman

Comme chaque année, le Petit Bulletin et la Villa Gillet s'associent pour vous faire gagner votre entrée aux Assises Internationales du Roman. Petit twist cette année : ce n'est pas un texte que nous attendons de vous, mais un selfie. Plus précisémment, un selfie sur lequel vous brandissez le livre que vous auriez rêvé d'écrire et qu'il vous faudra poster sur Twitter et/ou Facebook avec le hashtag #AIRselfie. Vous avez jusqu'au 22 mai à 12h pour trouver l'inspiration. Trois gagnants seront ensuite tirés au sort (ce qui ne vous interdit pas, au contraire, de faire preuve de fantaisie dans votre mise en scène). Ils remporteront chacun un pass pour les Assises.

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Interview de Jean-Noël Orengo

CONNAITRE | Ville-paradoxe, royaume de la prostitution et, pour Jean-Noël Orengo, « capitale invisible de l'humanité », Pattaya est au cœur de "La Fleur du Capital", roman polyphonique d'une poésie folle qui, à travers la description fouillée et crue d'un endroit unique au monde, fait aussi le portrait en creux d'un Occident qui s'effondre sur lui-même. Amorce d'une discussion à poursuivre à la Villa Gillet. Propos recueillis par Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Lundi 30 mars 2015

Interview de Jean-Noël Orengo

Á la lecture de La Fleur du Capital, on se débat, comme ses personnages, avec le mystère de Pattaya sans jamais parvenir à le résoudre. Avant de se dire que, peut-être, le mystère de cet endroit c'est justement d'être une énigme insolvable. Une énigme intrinsèque... Jean-Noël Orengo : Oui, absolument. Pattaya, c'est un avis partagé par la plupart de ceux qui sont allés là-bas, est unique. L'architecture, la culture des corps, des êtres même, le mélange des peuples, celui du tourisme familial et du tourisme sexuel, même si je récuse ce terme... C'est à la fois infiniment sordide et infiniment beau. Et puis Pattaya pose, via la prostitution, la question du sexe par rapport au puritanisme ambiant. Pattaya est, comme le disait Lowry du Mexique à une époque, le lieu de rendez-vous de l'humanité, et plus que ça, la capitale invisible d'une humanité inquiète qui a l'impression d'être conditionnée. C'est Babel réconciliée dans la nuit et dans la fête. Ce qui est paradoxal, et cette ville n'est qu'une suite de paradoxes, d'ailleurs pleine d'êtres paradoxaux, c'est qu'on vient à Pattaya pour oublier, s'immerger dans la

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Orengo, Merle et Bayamack-Tam à la Villa-Gillet

CONNAITRE | "Désastre, chaos et réalité", ce sera le thème plus réjouissant qu'il n'y paraît de la rencontre qui se tiendra à la Villa Gillet mardi 31 mars en compagnie d'Emmanuelle Bayamack-Tam, Loïc Merle et Jean-Noël Orengo, autour de trois romans forts, entropiques et incroyablement vivants. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Orengo, Merle et Bayamack-Tam à la Villa-Gillet

On dit souvent – et c'est malheureusement trop souvent vrai – que la réalité dépasse la fiction. Mais que quand cette-même fiction s'empare de la réalité dans ce qu'elle a de plus chaotique ce peut-être aussi beau que violent. Comme une loupe aveuglante plaquée sur notre monde, nous le rendant à la fois insupportable – ne l'est-il pas déjà trop souvent ? – mais surtout fascinant. Et soudain éclairé. En partie du moins. C'est l'un des points commun que l'on peut trouver aux romans Je viens d'Emmanuelle Bayamack-Tam (qui reconvoque pour l'occasion l'un de ses personnages favoris, Charonne, à la fois guerrière et bouc émissaire du monde), Seul, invaincu, deuxième roman tendu, serré du lyonnais Loïc Merle et La Fleur de Pattaya de Jean-Noël Orengo, récits d'existence voués à l'entropie d'une réalité rarement arrangeante. Dans ce dernier roman, La Fleur du Capital, on part à Pattaya, capitale mondiale de la prostitution et de la fête – et si l'on y part, on y reste, ou du moins y laisse-t-on une partie de soi – pour changer sa vie et transformer son monde, selon le mot d'ordre de Breton, fusionné de Marx et Ri

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Villa Gillet : annulation de la rencontre du jeudi 22 janvier.

CONNAITRE | Initialement prévue ce jeudi 22 janvier en partenariat avec le Petit Bulletin, la rencontre autour du thème "Désastre, chaos et réalité" qui devait réunir les (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 19 janvier 2015

Villa Gillet : annulation de la rencontre du jeudi 22 janvier.

Initialement prévue ce jeudi 22 janvier en partenariat avec le Petit Bulletin, la rencontre autour du thème "Désastre, chaos et réalité" qui devait réunir les auteurs Jean-Noël Orengo, Emmanuelle Bayamack-Tam et Loïc Merle ne pourra malheureusement pas se tenir, pour des raisons indépendantes de notre volonté et de celle de la Villa Gillet. Nous vous tiendrons informés d'un éventuel report.

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Jouez avec la Villa Gillet et le Petit Bulletin : Mettez en musique vos romans préférés !

CONNAITRE | Pour tenter d’être publié dans le Petit Bulletin du 21 mai et de gagner des pass pour les AIR, des places de concert, des livres, de la musique...

Benjamin Mialot | Mardi 1 avril 2014

Jouez avec la Villa Gillet et le Petit Bulletin : Mettez en musique vos romans préférés !

Envoyez à jeu-concours@villagillet.net : 1. Le titre de votre roman favori et son auteur.2. La musique à laquelle vous associez ce roman (un album ou un simple titre) et le nom de l’artiste.3. En 500 signes, expliquez-nous pourquoi cette association ! Jeu gratuit sans obligation d’achat, valable du 1er avril au 21 mai 2014.   Règlement du concours d’écriture Article 1. OrganisationLa Villa Gillet, association loi 1901 dont le siège social est situé au 25 rue Chazière 69004 Lyon, et le Petit Bulletin, S.A.R.L dont le siège est situé au 16 rue du Garet, 69001 Lyon, co-organisent du 1er avril au 21 mai 2014 un concours d’écriture dans le cadre des Assises Internationales du Roman 2014. Article 2. ConsignesCiter le titre de son roman favori et son auteur, ainsi qu’une musique (un album, un titre, un extrait de chanson…) à laquelle peut s’associer ce roman. Proposer une explication personnelle, décalée et atypique de cette association dans un texte de 500 signes, espaces compris.

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De la suite dans les idées

CONNAITRE | Nuire à la bêtise. Tel est le stimulant projet du festival Mode d'emploi. Sa deuxième édition réunit philosophes et spécialistes des sciences sociales internationaux, afin de débattre, dans le cadre de tables rondes et de spectacles, du monde contemporain dans toute sa complexité. Michel Lussault, géographe et directeur adjoint du festival, nous éclaire sur ses grands axes et revient sur les fondamentaux de sa propre pensée singulière. Propos recueillis par Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 7 novembre 2013

De la suite dans les idées

A quelle(s) nécessité(s) répond le «festival des idées» Mode d'emploi ? 
Michel Lussault : Avec Guy Walter, nous avons voulu trouver les moyens de redonner de l'ampleur aux débats en sciences sociales et en philosophie. Il existe une grande tradition française dans ce domaine avec de grands noms - dans les années 1970, tout le monde lisait Barthes, Lacan, Foucault, Bourdieu... Mais depuis une quinzaine d'années, on observe un repli des sciences humaines, alors même que l'activité universitaire n'a jamais été aussi riche ! En tant qu'universitaire, je cherche à ce que les sciences sociales soient présentes dans l'espace public. J'écris pour une part des ouvrages un peu "chiants" et académiques - attention, je précise que le jargon est aussi une nécessité des sciences sociales - et pour une autre part des livres plus écrits et ouverts avec ma trilogie L'Homme spatial, De la lutte des classes à la lutte des places, L'Avènement du Monde. On ne s'intéresserait donc plus aux sciences sociales ?

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Espace en voie de réapparition

ARTS | Que sculpture et peinture soient par définition liées à des problèmes d'espace paraît une évidence. Que l'art contemporain reprenne la question à nouveaux frais est plus excitant et essentiel. Quelques-unes des expositions de la saison 2013-14 entament le sujet... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 13 septembre 2013

Espace en voie de réapparition

C'est en général lorsqu'on perd quelque chose qu'on lui reconnaît sa pleine importance... Ainsi de l'espace qui, avec l'accélération et la vitesse chez Paul Virilio et le simulacre chez Jean Baudrillard, se serait, sous nos yeux contemporains, réduit à la portion congrue du pixel à la surface d'un écran. À l'heure de cette disparition problématique, l'Institut d'Art Contemporain axe toutes ses expositions et événements sur l'espace : Fabricateurs d'espaces, une exposition récente, son Laboratoire Espace Cerveau, la prochaine exposition consacrée à Manfred Pernice du 6 décembre au 16 février, artiste allemand interrogeant l'espace urbain. L'occasion de saisir les enjeux du travail philosophique de Peter Sloterdijk, qui ne pose plus les traditionnelles questions «Qui  ? Comment  ?  Quand  ?» mais se demande «Où ?» se trouve l'individu humain. Et traque dans sa trilogie Sphères les espaces relationnels, les résonances, les lieux, les contacts, les espaces fragiles et poreux. Qui nous sont essentiels.

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Du bon usage de la matière grise

CONNAITRE | Avant la Fête des Lumières, c'est fête des cerveaux sur Lyon et sa région avec la première édition de Mode d’emploi, festival dédié à la réflexion tous azimuts, avec des invités de toutes obédiences. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 16 novembre 2012

Du bon usage de la matière grise

Alors qu’on évoque souvent la gastronomie, le football et les lumignons high-tech pour résumer Lyon à grands traits, la ville (et plus largement la région Rhône-Alpes) serait-elle en passe de devenir aussi une capitale intellectuelle, quelques siècles après sa grande période humaniste ?  C’est en tout cas le pari que prennent les pouvoirs publics (Le Centre National du Livre, La Région et le Grand Lyon), la Villa Gillet et son hyperactif directeur Guy Walter (directeur par ailleurs des Subsistances et responsable des Assises Internationales du Roman) avec Mode d'Emploi. Un tout nouveau «festival des idées» qui s’étalera sur deux semaines, plusieurs villes et réunira moult invités pour des débats, rencontres, tables rondes… «L’idée, confie Guy Walter, est de redonner au débat intellectuel toute sa vigueur, surtout en ces temps de crise où se pose le problème crucial du vivre ensemble. On a vu avec les activités de la Villa Gillet que la demande de débat était très forte à Lyon». Quelques signes épars confirment la montée en puissance de la ville dans le domaine de la production de savoir : l’arrivée pas si ancienne que cela de l'ENS (Ecole Norma

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