David Vann : « Les lois n'ont souvent pas de sens »

Quais du Polar | Révélé par le magistral et outre-sombre Sukkwan Island (Prix Médicis étranger 2010), David Vann revient avec Aquarium, roman apaisé d’une déchirure familiale recousue. Avant de faire escale à Quais du Polar dont il est un des invités de marque, rencontre avec ce géant de la littérature contemporaine.

Vincent Raymond | Mardi 28 mars 2017

Photo : © VR


Vous venez pour le seconde fois à Quais du Polar. Vous considérez-vous comme un auteur de roman noir ?
David Vann : Je suis très heureux de revenir : c'est un grand festival. Bien que je ne considère pas que mes romans s'intègrent dans la “fiction criminelle” aux États-Unis ou au Royaume-Uni, je pense qu'il est possible qu'ils s'inscrivent dans une plus large conception française du roman noir. De la même manière, mes romans ne correspondent pas au nature writing aux États-Unis, alors qu'ils s'inscrivent dans la conception plus large qu'en a Gallmeister, mon éditeur français.

Mes romans se concentrent sur le paysage reflétant la vie intérieure des personnages — et cette réflexion est généralement sombre. Je me suis inspiré de cinq suicides et d'un meurtre dans ma famille (ou ma famille élargie), mais aussi de la tragédie Medée. J'écris sur des personnages qui s'aiment, mais se détruisent ; des personnages qui agissent inconsciemment, hors de contrôle, qui brisent des tabous, souvent violemment. Comme je m'intéresse à ces moments où les gens enfreignent les règles, vous pourriez dire que cela fait de moi un auteur de roman noir.

Mais j'ai aussi enquêté sur une fusillade d'école dans mon livre de non-fiction Dernier jour sur Terre, qui est une histoire de véritable crime, où j'établis le profil du tireur après avoir obtenu l'accès à tous les fichiers de la police.

Une fois encore, Aquarium parle d'adolescence et montre que la famille est le lieu du traumatisme. Mais ici, vous faites de la famille en question le lieu de la résilience…
Oui, Aquarium marque un énorme changement de cap dans mon écriture ; c'est mon premier roman à ne pas finir en tragédie. Au lieu de cela, la famille se montre résiliente et reste soudée. C'est une histoire sur le pardon, pile au moment de Noël ; une histoire sur l'amour que peut déployer Caitlin, une jeune fille de 12 ans, pour réunir sa famille.

Dans Aquarium, le genre polar fait irruption par la faute des adultes, qui noircissent le monde des adolescents…
C'est une observation vraiment intéressante — et c'est exact, je pense. Les enfants fonctionnent selon des règles différentes, fondées sur l'équité et la brutalité, l'attachement et le besoin. Les lois qui régissent la société américaine sont souvent non intuitives, non liées à la justice ; seulement au pouvoir. En d'autres termes, les lois n'ont souvent pas de sens. Dans mon roman, un agent des douanes commet un abus de pouvoir en menaçant injustement Caitlin et sa mère, et la relation innocente que la fillette a avec un vieil homme dans l'aquarium public devient un crime possible…

Le personnage de Shalini donne à Caitlin l'opportunité de quitter son" aquarium" en lui offrant d'autres perspectives — notamment par la richesse de sa culture indienne. Craignez-vous, dans la situation politique actuelle, le rétrécissement de "l'aquarium étasunien” ?
Oui, absolument. Ce personnage a le même nom que l'une de mes meilleures amies, qui m'a ouvert à un monde plus vaste. Son grand-père était wazir en Inde, c'est-à-dire le deuxième personnage le plus haut placé après le roi. À travers elle, j'ai découvert une classe dirigeante que je n'imaginais même pas.

Toute la grandeur des États-Unis dépend bien évidemment de l'immigration ; d'un mélange dynamique et productif de personnes venues du monde entier. C'est dégoûtant de la voir stupidement attaquée par Trump, dont la fortune provient de son grand-père immigrant allemand qui a tenu des bordels en Alaska — mon État d'origine.

Nous assistons à présent à un mélange dangereux de nationalisme et de religion visant à diaboliser d'autres religions ou groupes considérés comme des étrangers. Cela s'accompagne d'une tentative de délégitimation de l'indépendance de la presse et du pouvoir judiciaire, comme de la science, des faits et de toute dissidence, dans le but de favoriser un État militarisé. J'espère cependant que les États-Unis seront résilients. Que notre système judiciaire ainsi que les autres institutions ne seront pas brisées. Et que l'aquarium restera diversifié en refusant de rétrécir.

Vous allez présenter le splendide Winters's Bone, de Debra Granik. Qu'avez-vous ressenti en le découvrant ? Était-ce la première fois que vous vous sentiez à ce point en osmose avec un univers cinématographique ? Un(e) cinéaste doit-il être à ce point proche de vos écrits pour pouvoir les adapter ?
Winter's Bone fait preuve d'un tel sens du risque imminent… J'ai grandi très loin de l'univers qu'il décri, en Alaska et en Californie du Nord. Et ma vie était beaucoup plus facile — j'avais des parents beaucoup plus instruits et je ne connaissais personne de prisonnier de la drogue ou de l'alcoolisme ; c'était donc un cadre très différent — mais j'ai ressenti la même menace de violence de la part des rednecks (ces hommes blancs ruraux de la classe ouvrière, chasseurs, peu instruits, conservateurs) dans plusieurs villes. Quand j'ai vu ce film pour la première fois, certaines situations m'ont semblé étonnamment familières : par exemple, j'ai chassé et éviscéré des écureuils, j'ai été menacé par mon grand-père parce que je l'avais traité de menteur — alors que ce n'était pas vrai. Je n'avais à l'époque que 8 ou 10 ans.

La pertinence du film est accrue aujourd'hui, alors que nous cherchons à comprendre pourquoi les partisans de Trump ne font confiance à aucune autorité (telle que le New York Times), et comment ils peuvent finir par voter contre leurs propres intérêts.

Quant aux adaptations de mes livres pour le cinéma, plusieurs sont en cours, y compris Sukkwan Island par les producteurs parisiens Haut et Court, et Aquarium par les Londoniens de Ink Factory. Ils sont en train de désigner les réalisateurs. Je pense qu'ils choisiront des personnes se sentant proches de la sensibilité et de la sociologie de mon écriture. Un cinéaste doit s'accaparer une histoire pour la faire sienne, afin qu'elle devienne sa propre œuvre, indépendante du livre. Cela n'est possible, je le suppose, que dans une connexion profonde et largement inconsciente. Mais je ne suis pas réalisateur, donc je n'ai pas de certitude absolue sur cette question…

Lors de votre dernière visite, vous étiez en train d'écrire une histoire où Jésus buvait des tequilas sur la plage de Mexico en traduisant Les Métamorphoses d'Ovide et parlant d'archéologie. À quand ce roman au résumé prometteur ?
(rires) Vous avez une bonne mémoire ! C'était amusant de travailler sur ce roman, mais je l'ai mis de côté pour en écrire un autre auparavant. Après Aquarium, le prochain publié sera Bright Air Black, sur Médée, ensuite Woman, Desiring, à propos d'un femme qui quitte son mari ; puis Halibut On The Moon, qui parle de la dernière visite de mon père à l'ensemble de sa famille, juste avant son suicide. J'espère retourner bientôt boire de la tequila avec Jésus sur la plage !

David Vann, Aquarium (Gallmeister)
Dans le cadre du festival Quais du Polar
Au Palais du Commerce et autres lieux de Lyon du 31 mars au 2 avril


Une heure avec David Vann / Îles noires


Palais de la bourse Place de la Bourse Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Petits poissons deviennent grands. Après trois années d’intenses activités, le ciné-café croix-roussien poursuit son développement façon pieuvre : à la fois vidéo-club, troquet associatif, lieu de projections et d’échanges cinéphiliques, mais aussi ateliers de formation à la pratique de l’image, l’Aquarium constitue désormais l’indispensable pendant alternatif du Saint-Denis, la vénérable salle de quartier du Plateau. Et pour bien lancer sa quatrième saison, la salle repense ses rendez-vous thématiques. Pas de panique : les fondamentaux sont conservés (Ciné-Mystère, soirées impro avec le CLAP, séances jeune public, cycles…) ; il faut compter avec de nouveaux repères. Comme l’anime du dimanche, qui une fois par mois, reprend à l’heure du goûter une œuvre emblématique de la japanimation — premier sur la liste, Your Name de Makoto Shinkai le 22 septembre. Autre bonne idée, le projet de remettre en lumière de futurs classiques injustement passés inaperçus, voire boudés lors de leur sortie : baptisée Films 21, Les Pépites du XXIe siècle, cette section prend un pari sur l’avenir en supprimant la périod

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[Moment vieux con] Aux jeunes publics qui pensent que Freddie Mercury et Queen ont tout inventé avec Bohemian Rhapsody, on recommande chaudement d’aller faire un tour à l’Institut Lumière pour découvrir en grand Phantom of the Paradise (1974) pour tant de raisons que cette page n’y suffirait pas. Essayons tout de même. Il s’agit d’abord d’une relecture-réactualisation du classique Fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux — déjà porté à l’écran avec Lon Chaney —, mâtinée de références au Faust de Gœthe comme à l’indispensable figure matricielle du cinéma de Brian De Palma, Alfred Hitchcock. S’il reçoit un très mérité Grand Prix au festival d’Avoriaz en 1975, c’est en tant que comédie musicale rock innovante qu’il marque autant les yeux et les oreilles, s’inscrivant automatiquement comme un marqueur de son temps et un classique du 7e art. Paul Williams, qui compose en sus le méphistophélique Swan, signe une bande-originale magistrale, enchaînement de tubes pop-rock, du dia

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Roberto Saviano et Brian de Palma invités à Quais du Polar

Double annonce choc pour Quais du Polar, qui annonce la venue de deux stars au pedigree long comme un épisode de Derrick : Roberto Saviano et Brian de Palma. Le premier est un journaliste Italien rendu immensément célèbre par la parution en 2006 (en France, 2007) de Gomorra, mettant crûment à jour l'ampleur de la main-mise de la camorra, la mafia napolitaine, sur la ville et au-delà. Une enquête minutieuse qui lui vaudra d'être publié dans 42 pays, mais aussi des menaces de mort de la part de la camorra. Roberto Saviano vit toujours, depuis, sous protection policière. Mais ne s'est pas calmé : il est aujourd'hui l'un des plus farouches opposants à l'extrémiste Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur. Saviano a depuis publié d'autres ouvrages, dont le tout aussi intéressant Extra pure : Voyage dans l'économie de la cocaïne en 2014. La rencontre "Une heure avec…" Roberto Saviano est programmée le samedi 30 mars à 11h, au Théâtre des Célestins. Brian de Palma également convié Brian de Palma, cinéaste, vient lui présenter son premier roman écrit

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Fête du Livre de Bron Retour à une thématique cette année, et même à une thématique forte pour la Fête du Livre de Bron qui explorera les recoins littéraires de "La Vie sauvage" : animalité de l'humain, violence du monde, libéralisme sauvage, question environnementale mais aussi subversion et insoumission. Où l'on retrouvera notamment le prix Goncourt Nicolas Mathieu pour Leurs enfants après eux (pour une collaboration qui s'annonce savoureuse avec le musicien Florent Marchet), mais aussi de nombreux autres comme Serge Joncour, David Diop, Charif Majdalani, Marielle Macé, Pascal Blanchard. Florence Aubenas, Andreï Kourkov, Domonique A, François More, FabCaro ou Jérôme Ferrari. Plus de détails sur cet alléchant programme le 23 janvier. À l'Hippodrome de Parilly du 6 au 10 mars Quais du Polar En dépit du réchauffement climatique, ils seront un peu glacés, cette année, les Quais du Polar. Le festival ayant choisi de rendre hommage au polar nordique et à ses joyeuses spécificités littéraires, culturelles et politiques. En invitant pas moins de 25 auteurs

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"La Loi de la jungle", à voir à L'Aquarium

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S’il s’est de doté de nouveaux meubles pour la rentrée, l’Aquarium n’a pas remisé ses bonnes habitudes : le Ciné-Café du plateau de la Croix-Rousse accueille toujours conférences, débats, rencontres avec les associations de scénaristes, impros théâtrale du CLAP, festivals (celui du Film Jeune de Lyon s’y tiendra samedi 22 à 20h45), documentaires et courts-métrages. Sans oublier les projections surprises mensuelles du “Ciné-Mystère“ (l’idée de voir un film choisi pour vous n’est-elle pas excitante ?) ni le non moins fameux ciné-club. Celui-ci frappe un grand coup en programmant jeudi 20 septembre à 20h45 un chef-d’œuvre incompris (on assume cette position à 200%, plus les taxes), auquel ce genre de séance doit permettre de rendre justice : La Loi de la jungle (2016). Dans la droite lignée de son premier long La Fille du 14 juillet et de la tripotée de courts-métrages qu’il a tournés auparavant, Antonin Peretjatko compose ici une comédie néo-burlesque trépidante à l’hygrométrie saturée et à l’affolante sensualité (à cause de Vimala Pons ou de Vincen

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Bientôt vingt ans que le Kino a vu le jour à Montréal. Favorisé par l’essor des “petites caméras“, ce mouvement réunissant des techniciens, artistes et créateurs audiovisuels répond au besoin d’expérimenter et obéit à une philosophie collectiviste et optimiste, pouvant se résumant à cette joyeuse maxime : « Faire bien avec rien, faire mieux avec peu, mais le faire maintenant ». Tous les mois, les participants se réunissent au cours de soirée “cabaret“, durant lesquelles ils projettent leur œuvres respectives, réalisées avec ou sans contrainte (de durée, de thème). Une “démo“ permanente des talents de toutes et tous, créant une saine dynamique de groupe, et incitant chacune à travailler avec chacun. Lancée en octobre dernier à l’initiative de deux transfuges de Montréal, la cellule lyonnaise a immédiatement connu le succès : « le modèle est mûr », analyse Nayan Ducruet, l’un des animateurs du groupe, qui programme déjà chaque mois une dizaine de courts métrages de moins de 3 minutes. En avril, la thématique Super-héros avait permis de couronner le film

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Vincent Raymond | Mardi 7 novembre 2017

Aquarium & science-fiction

Le ciné-café de la Croix-Rousse va profiter du mois de novembre pour explorer des espaces insolites grâce à une sélection d’œuvres de science-fiction mêlant alien sexy (Under the skin le jeudi 9), amnésie sélective (Eternal Sunshine of the Spotless Mind, jeudi 16), ou grosses cylindrées (Redline, samedi 11). Cette thématique vient bien entendu en complément du reste de la programmation habituelle, qui propose documentaires, courts-métrages, spectacle vivant ou concerts, ainsi que son désormais traditionnel rendez-vous avec un film surprise choisi et présenté par Marc Artigau : le ciné-mystère. Prochaine séance, dimanche 12 novembre à 18h.

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Plan 9 from Outer Space

Ciné-Concert | Nouveauté chez Aquarium : le ciné-concert, assuré par le bien-nommé quatuor Improjection. L’ensemble inaugure la formule avec un monument du cinéma Z, adulé (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 septembre 2017

Plan 9 from Outer Space

Nouveauté chez Aquarium : le ciné-concert, assuré par le bien-nommé quatuor Improjection. L’ensemble inaugure la formule avec un monument du cinéma Z, adulé notamment par Tim Burton, Plan 9 from Outer Space (1959), qui en a fait une des substances lointaines de Mars Attacks mais également de Ed Wood — ce dernier étant le réalisateur de cet improbable nanar de science-fiction. Si vous aimez les décors en carton-pâte qui bougent tous seuls, les comédiens faux comme des billets de 3$ et les scénarios en forme de gruyère, allez-y ! C’est tellement raté que ça en devient irrésistiblement drôle. Alors, avec de la musique en direct… Plan 9 from Outer Space À l’Aquarium Ciné-Café ​le samedi 16 septembre

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Ciné Mystère à l’Aquarium Ciné-café

Ciné Club | « Puisque ces mystères me dépassent, feignons d’en être l’organisateur », écrivait Cocteau. De mystères, il va être ici question en effet — de (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 septembre 2017

Ciné Mystère à l’Aquarium Ciné-café

« Puisque ces mystères me dépassent, feignons d’en être l’organisateur », écrivait Cocteau. De mystères, il va être ici question en effet — de films-mystères, plus précisément, passant sur l’écran de l’Aquarium Ciné-Café. Mais on ne feindra pas de découvrir l’existence de ce nouveau rendez-vous, l’honnêteté poussant l’'auteur de ces lignes à avouer sa contribution saisonnière à l’organisation de ces séances surprises. Histoire d’éclaircir le lecteur en le convertissant à la salle obscure, levons un pan du voile sur le principe de ces soirées mensuelles, en conservant intacte ce qui en garantit la pleine saveur : la confidentialité absolue quant au titre du film projeté. Eh oui : les spectateurs sont conviés à la (re)découverte d’une œuvre sans savoir laquelle. Ils peuvent néanmoins se reposer sur l’éclectisme et la curiosité érudite du programmateur, Marc Artigau — déjà à la manœuvre au mois de juin à l’Aquarium pour un cycle en solo. Chaque film “secret“ bénéficiera en sus de son accompagnement (une présentation apéritive, puis une dis

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Polars en vacances

Quai du Polar | Vendredi 21 et samedi 22 juillet, Quais du Polar va donner un sens nouveau au fameux oxymore “soleil noir”… tout en vous permettant de prendre des couleurs.

Vincent Raymond | Vendredi 21 juillet 2017

Polars en vacances

À l’occasion de la manifestation nationale Partir en Livre, l’association lyonnaise organise deux après-midi de festivités littéraires en plein air dans le parc de l’Institut Lumière. Au programme, des rencontres avec l’autrice Camille Brissot (photo), des ateliers BD, maquillages ciné et jeux de société avec les illustratrices Evemarie et Sandrine Goalec mais également des jeux de piste ainsi que l’incontournable visite du Musée du Cinéma ! Si vous préférez le farniente et arrivez les mains dans les poches, un espace détente et une librairie vous attendent. Ah, inutile d’essayer de les voler : vous pourrez même en gagner sur place… Inscriptions sur www.quaisdupolar.com

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Marc Artigau à l’Aquarium

Dépêche | Les cinéphiles lyonnais doivent énormément à Marc Artigau. Programmateur historique des cinémas CNP — leur âme après Robert Gilbert —, intarissable puits de culture (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 juin 2017

Marc Artigau à l’Aquarium

Les cinéphiles lyonnais doivent énormément à Marc Artigau. Programmateur historique des cinémas CNP — leur âme après Robert Gilbert —, intarissable puits de culture à la curiosité sans limite, il a montré les œuvres les plus exigeantes avec la plus absolue des passions. Absent depuis trop longtemps des écrans, ce merveilleux bavard se voit confier une carte blanche chaque jeudi de juin par l’Aquarium Ciné-Café, histoire de partager ses enthousiasmes et ses emportements. À (re)découvrir en sa compagnie le 8 juin La Forteresse cachée d’Akira Kurosawa (1958), précédé d’une présentation et suivi d’une discussion. Suivront Poussières dans le vent de Hou Hsiao-hsien (1986) le 15 et L’Adversaire de Satyajit Ray (1970) le 22 juin. Le rendez-vous mériterait d’être pérennisé… Marc Artigau À l’Aquarium Ciné-Café tous les jeudis jusqu’au 22 juin à 20h45

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Patricia Tourancheau, la rafleuse de tuyaux

Du fait divers à la littérature | La littérature s'abreuve depuis la nuit des temps de faits divers. Mais le fait divers lui-même, dès la lecture des pages du quotidien matinal, peut être (...)

Sébastien Broquet | Mardi 28 mars 2017

Patricia Tourancheau, la rafleuse de tuyaux

La littérature s'abreuve depuis la nuit des temps de faits divers. Mais le fait divers lui-même, dès la lecture des pages du quotidien matinal, peut être littérature à part entière, dès lors qu'une plume alerte s'en empare. Patricia Tourancheau est de celles-ci. Longtemps, elle a noirci les feuilles de Libération de ses enquêtes, souvent au long cours, nourries de détails que les autres ne relevaient pas, d'informations qu'elle seule dénichait. Elle en a fait des livres, aussi, ces dernières années : sur la traque du tueur en série Guy Georges (adapté au cinéma sous le titre L'Affaire SK1), sur le fameux gang des Postiches, qui vaut tous les romans noirs. Et ce mois-ci, sur le légendaire 36 quai des Orfèvres, dont les dernières heures sur l'île de la Cité se seront vues rythmées par un procès pour vol de cocaïne en son sein-même... Dans quelques mois, le 36 sera transféré dans le 17e arrondissement de Paris. Et rien ne sera plus pareil. Pour Patricia Tourancheau non plus, qui a arpenté ses couloirs des années durant, depuis 1990, pour le compte de Libé qu'elle a comme beaucoup quitté, rej

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Michel Pastoureau : « Je n'aime pas beaucoup "Le Rouge et le Noir" »

CONNAITRE | Amateur de roman policier, l'historien des couleurs, Michel Pastoureau vient commenter "Le Rouge et le Noir" de Claude Autant-Lara et le tableau "Les Otages" de Jean-Paul Laurens. En avant-première, cet amoureux des films... en noir et blanc, nous entretient ici du choix – parfois pragmatique et paradoxal – de ces œuvres, nous livre ses considérations sur la prégnance du noir et du rouge dans l'imaginaire du roman policier.

Stéphane Duchêne | Lundi 3 avril 2017

Michel Pastoureau : « Je n'aime pas beaucoup

L'amoureux des couleurs que vous êtes nourrit ce paradoxe de préférer de préférer les films en noir et blanc... Michel Pastoureau : C'est mon goût personnel, sans doute lié à mon enfance, j'avais une grand mère qui aimait énormément le cinéma et m'y emmenait fréquemment. Dans les années 50, le cinéma en couleur existait déjà mais la majorité des films étaient quand même en noir et blanc donc je me suis forgé une sensibilité, un imaginaire du cinéma en noir et blanc. Et je reconnais que le cinéma en couleur ce n'est pas tout à fait le cinéma pour moi, c'est un peu autre chose. À Quais du Polar vous venez justement présenter un film en noir et blanc, que l'on ne peut bien sûr détacher de vos travaux sur la couleur puisqu'il s'agit du Rouge et Le Noir adaptation du roman de Stendhal par Claude Autant-Lara (1954). Pourquoi ce choix ? Pour Quais du Polar, on m'a demandé de choisir un film qui ait un rapport avec la notion de polar, j'ai donc choisi quelque chose qu'il me serait assez facile de commenter, n'étant pas un spécialiste du cinéma (rires). A la fois parce que Le Rouge et le Noir c'e

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Michel Pastoureau : Haut en couleurs

Portrait | Médiéviste reconnu et spécialiste émérite de l'histoire des couleurs, Michel Pastoureau est l'invité de Quais du Polar pour une triple intervention : des commentaires d'œuvres autour du Rouge et le Noir de Claude Autant-Lara et du tableau Les Otages de Jean-Paul Laurens, ainsi qu'une conférence baptisée La vie en couleurs, qui pourrait être le résumé de la sienne, tout entière dévolue à une dévorante passion chromatique.

Stéphane Duchêne | Mardi 28 mars 2017

Michel Pastoureau : Haut en couleurs

Partons du principe, comme le chantait Johnny, que « Noir c'est noir » et que cela vaut pour toutes les couleurs. Elles sont partout, sont comme elles sont, et il n'y aurait rien à en dire. De Johnny on pourrait, une fois n'est pas coutume, convoquer le philosophe logicien Ludwig Wittgenstein et ses Remarques sur les couleurs : « Si l'on nous demande : que signifient les mots rouge, bleu, noir, blanc ? Nous pouvons bien entendu montrer immédiatement des choses qui ont de telles couleurs. Mais notre capacité à expliquer la signification de ces mots ne va pas plus loin. » Mais ça, c'était avant Michel Pastoureau, qui a consacré une grande partie de sa vie et de ses recherches à l'étude des couleurs, de leur histoire, de leur symbolique. Ainsi a-t-il livré, depuis 2002 et avec une passion communicative, d'imposantes monographies publiées au Seuil, sur le Bleu, le Noir, le Vert et dernièrement le Rouge (il s'attaque désormais au Jaune), aussi enthousiasmantes qu'instructives. Une démarche qui ne doit rien au hasard, la passion de

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Quiz show à l’Aquarium

ECRANS | La dynamique équipe de l’Aquarium, qui ne laisse pas filer une journée sans proposer un événement, a bien entendu repris sur son calendrier les fameux blind (...)

Vincent Raymond | Mardi 24 janvier 2017

Quiz show à l’Aquarium

La dynamique équipe de l’Aquarium, qui ne laisse pas filer une journée sans proposer un événement, a bien entendu repris sur son calendrier les fameux blind tests concoctés par Entre les mailles. Le principe est des plus ludiques : des questions partant dans mille directions, histoire d’éprouver vos connaissances cinématographiques — de la face cachée jusqu’au côté obscur des anecdotes les moins connues —, dans une ambiance bon enfant, avec en plus des cadeaux pour les plus érudits. Le monde se divise en deux catégories : ceux qui refusent une telle proposition, et ceux qui demain matin se font des gaufres au sucre. Blind Test À L’Aquarium Ciné-Café le samedi 28 janvier à 20h45

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Benedetto Bufalino : "faire du monde une chambre d'enfants"

Fête des Lumières | Il y a les mercenaires de la Fête des Lumières (TILT, Joseph Couturier…) ; et quelques outsiders qui (re)passent par là, cette année. Parmi eux Ez3kiel, Christophe Bauder et surtout Benedetto Bufalino. Celui qui avait transformé une cabine téléphonique en aquarium revient, en cette édition ultra-sécurisée et post black-out des attentats, éclairer un dancefloor grâce à une bétonnière à facettes.

Nadja Pobel | Mardi 6 décembre 2016

Benedetto Bufalino :

Ne jamais réduire un artiste à une œuvre. Tenter d'épaissir le trait. Mais indubitablement, réapparaît la cabine téléphonique / aquarium lorsqu'il est question de Benedetto Bufalino. En 2007, le Lyonnais n'est titulaire que depuis deux ans de son diplôme supérieur d'arts appliqués de la Martinière Terreaux et, après avoir imaginé des interventions sur le territoire du premier arrondissement (mettre des échafaudages pour tutoyer le sommet des arbres, poser des bandes de prairie entre les mini fontaines au sol de la place des Terreaux...), il répond avec son ami concepteur lumière Benoit Deseille à un appel à projet pour la Fête des Lumières, qui ne connaît pas alors l'affluence d'aujourd'hui. Se considérant plus comme un plasticien que comme un designer, aimant « jouer avec le réel, le décaler, le laisser divaguer », il s'empare d'un objet existant – quoique voué à disparaître, la cabine téléphonique, et la détourne de sa fonction en y logeant un aquarium. Cette « évasion urbaine » telle qu'il l'avait nommée sera l’une des a

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Quais du Polar lance son appel à Jury

CONNAITRE | Comme chaque année, le festival Quais du Polar lance un appel à candidatures pour former son jury officiel du Prix des lecteurs. Il s'agira de désigner le (...)

Lisa Dumoulin | Mercredi 9 novembre 2016

Quais du Polar lance son appel à Jury

Comme chaque année, le festival Quais du Polar lance un appel à candidatures pour former son jury officiel du Prix des lecteurs. Il s'agira de désigner le meilleur polar francophone de l'année 2016, parmi une sélection de six romans. La délibération avec les 10 jurés aura lieu le 11 mars et la remise du prix pendant le festival, le samedi 1er avril 2017. Modalités sur le site www.quaisdupolar.com - vous avez jusqu'au 1er décembre pour postuler !

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Mise à l’eau pour l’Aquarium

ECRANS | Un navire se baptise au champagne, mais un aquarium ? Repris par l’équipe de cinéphiles et de court-métragistes d’Entre les mailles, le vidéoclub Atmosphères va (...)

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Mise à l’eau pour l’Aquarium

Un navire se baptise au champagne, mais un aquarium ? Repris par l’équipe de cinéphiles et de court-métragistes d’Entre les mailles, le vidéoclub Atmosphères va donc enfin rouvrir en version “augmentée” et sous l’enseigne associative L’Aquarium ciné-café. En plus de la préservation de l’activité vidéo-DVD (et des 15 000 titres du catalogue !), des projections type ciné-club, des ateliers vidéo, des rencontres inter-professionnelles, des soirées festives ainsi que la possibilité de siroter (avec modération) une boisson fraîche ou chaude en croquant un en-cas issu d’une agriculture locale et responsable. En attendant, une inauguration d’Aquarium, ça s’arrose : rendez-vous le samedi 29 octobre à 20h, au 10 rue Dumont, dans le 4e.

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Deux jours de cinéma et de moments récréatifs à la Croix-Rousse

Blop Festival | Bouillonnante équipe d’Entre les mailles ! Bien engagée dans sa campagne de financement participatif destinée à soutenir l’ouverture de son premier ciné-café (...)

Vincent Raymond | Mardi 21 juin 2016

Deux jours de cinéma et de moments récréatifs à la Croix-Rousse

Bouillonnante équipe d’Entre les mailles ! Bien engagée dans sa campagne de financement participatif destinée à soutenir l’ouverture de son premier ciné-café alternatif Aquarium (plus des deux tiers des 20 000 euros demandés ont déjà été réunis sur la page www.kisskissbankbank.com/aquarium-cine-cafe, active jusqu’au 7 juillet), l’association n’en néglige pas pour autant les bonnes initiatives. L’événement qu’elle organise deux jours durant place de la Croix-Rousse n’est rien moins qu’un échantillon de l’esprit éclectique appelé à régner dans son futur lieu. Le Blop Festival marie en effet brocante cinéma, des projections de courts-métrages, des ateliers de réalisation, un ciné-concert, un grand quiz (une des marques de fabrique d’Entre les mailles), des concerts (J’accuse, Erwan Pinard, Les Leprechauns, Too Many Monkeys)… bref, une avalanche de moments récréatifs, complétés par un rendez-vou

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Julie Rocheleau en dédicace à Expérience

Bande Dessinée | Actuellement en tournée française pour la promo de La Petite Patrie (La Pastèque), la Québécoise Julie Rochereau passe par la librairie Expérience. L’occasion (...)

Vincent Raymond | Mercredi 1 juin 2016

Julie Rocheleau en dédicace à Expérience

Actuellement en tournée française pour la promo de La Petite Patrie (La Pastèque), la Québécoise Julie Rochereau passe par la librairie Expérience. L’occasion pour elle de recevoir son Prix Quais du Polar-Expérience-Le Petit Bulletin, diablement mérité, pour La Colère de Fantômas. Ce triptyque qu’elle a co-signé avec Olivier Boquet revendique respectueusement les racines du roman-feuilleton de Souvestre & Allain, et s’insère avec grande intelligence dans le contexte de l’époque. Trait dynamique, dessin élancé, couleurs éclatantes et ambiances macabres composent l’ordinaire de cette relecture d’un mythe extraordinaire, si loin des adaptations aseptisées les plus connues. À la librairie Expérience le jeudi 2 juin à 15h

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Aquarium, la nouvelle gueule d’Atmosphères

Cinéma | Évoquant aux cinéphiles le thème de Saint-Saëns habillant la montée des marches à Cannes, Aquarium sera aussi le nom d’une nouvelle salle de cinéma alternative à la Croix-Rousse. Ouverture le 1er octobre.

Vincent Raymond | Mardi 3 mai 2016

Aquarium, la nouvelle gueule d’Atmosphères

Ceux qui tremblaient pour les destinées d’Atmosphères, le dernier vidéoclub croix-roussien, peuvent se réjouir. Son activité va se poursuivre et prendre un jour nouveau sous l’impulsion d’un fier équipage : les membres de l’association Entre les mailles. Fondé en 2009, ce collectif de cinéastes rhodaniens s’était déjà fait remarquer en autoproduisant plusieurs court-métrages, en proposant des cours d’éducation aux images ; mais aussi en organisant une kyrielle de soirées “hors les murs” (blind tests, Court mais bref) ou en réunissant 500 personnes place Sathonay pour La Belle Journée en septembre dernier. « Des tests in vivo, explique Sébastien Joly, l’un des quatre porteurs du projet. Dès le départ, nous voulions structurer l’association autour d’un lieu de diffusion permanent, adossé à un bar. » « On a appris que Thierry Chatipoglou, le patron d’Atmo', voulait s’arrêter en 2016, poursuit Damien Vildrac. Reprendre son fonds impliquait de devenir en plus un vidéoclub, mais cela rentrait dans notre cahier des charges, comme Vidéodrome à Marseille. » Soutenu par la Mairie du 4e arrondissement et par les a

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Romans noirs sur carrés verts

Quais du polar | Au cœur d'un festival qui s'ouvre au football se trouve David Peace, prince du roman noir anglais réaliste, auteur chez Rivages qui fête ses 30 ans de "The Damned United" et "Red or Dead", respectivement consacrés à Brian Clough et Bill Shankly, immenses figures dirigeantes du football britannique entrées dans la pop culture. Où se dessine le mythe de l'entraîneur démiurge, passeur d'idées et d'imagination, à la fois témoin et architecte, à l'image de l'écrivain.

Stéphane Duchêne | Mardi 29 mars 2016

Romans noirs sur carrés verts

« Je ne dirais pas que je suis le meilleur entraîneur. Mais je suis dans le Top 1 ». Cette citation pourrait sortir de la bouche de José Mourinho. Mais le Special One n'était encore ni spécial, ni unique quand Brian Clough a prononcé ces mots, s'affichant sans doute comme le premier manager de football moderne, conscient que poser le décor et impulser la dramaturgie, réussir son entrée, sa sortie et si possible ce qu'il y a entre les deux est primordial. À n'en pas douter, demandez à n'importe quel spécialiste du football anglais, Clough figure dans le Fab Five des grands entraîneurs britanniques aux côtés de Matt Busby et Alex Ferguson — les hommes qui ont fait et refait Manchester United — Bill Shankly du Liverpool FC et son successeur à l'effarant palmarès Bob Paisley, dont Clough dira qu'il a « fait briller le château de Shankly », bâti entre 1959 et 1974. L'Histoire d'un Saint 1974, c'est justement la date clé. Celle de la retraite de Shankly mais aussi l'année où Peace entre en football dans un contexte très particulier : il est au stade de Leeds lorsque l'équipe locale fraîchement reprise par l'ennemi intime de l'ancien en

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Quais du Polar : De la suite dans les idées

CONNAITRE | Les diamants ne sont pas seuls à être éternels. Non contentes de survivre à leurs créateurs, les grandes figures du roman policier ou d’espionnage s’offrent même des prolongations en se faisant adopter par de nouveaux parents : de quoi reconsidérer les liens du sang.

Vincent Raymond | Mardi 29 mars 2016

Quais du Polar : De la suite dans les idées

Le sort est injuste pour les auteurs de polars : ils suent sang et whisky pour inventer des personnages originaux, s’esquintent la santé à créer des structures narratives innovantes, des formes stylistiques inédites et/ou des intrigues insensées… Tout ça pour qu’après leur trépas des godelureaux qu’ils ne connaissent en général ni des lèvres, ni des dents, reprennent la boutique d’un clavier enfariné ! Si la pratique semble hérétique dans l’édition francophone, à moins de travailler en famille (l’épouse et les enfants de Jean Bruce lui ont succédé aux commandes de OSS 117 et Patrice Dard a pris la relève de son paternel Frédéric pour la série San-Antonio), elle semble naturelle chez les voisins anglo-saxons, où de Sherlock Holmes à Hercule Poirot récemment (sous la plume de Sophie Hannah), la plupart des détectives de papier bénéficient d’un bonus en librairie. Les lecteurs sont loin de s’en offusquer : d’abord, parce que le cinéma a ouvert la brèche en multipliant adaptations et avatars des héros populaires ; ensuite parce que le culte de l’auteur se révèle moins exacerbé qu’on ne le croit. Cette année, Quais du Polar donn

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Nature Writing : La littérature des grands espaces

ECRANS | Aux racines du film d'Iñárritu se trouve un livre éponyme de Michael Punke, romançant l’épopée de Hugh Glass : l’histoire extraordinaire du trappeur de la (...)

Vincent Raymond | Mercredi 24 février 2016

Nature Writing : La littérature des grands espaces

Aux racines du film d'Iñárritu se trouve un livre éponyme de Michael Punke, romançant l’épopée de Hugh Glass : l’histoire extraordinaire du trappeur de la Rocky Mountain Fur Company, abandonné vivant en 1823 par ses compagnons pensant qu’il ne survivrait pas à ses blessures infligées par une ourse, est authentique. Elle appartient même à ces légendes fondatrices du continent nord-américain, circulant de bouche (édentée) de pionnier à oreille (déchiquetée) de maréchal-ferrant, colportées de péripatéticienne en tenancier de saloon. L’auteur évoque dans son ouvrage d’autres figures emblématiques de la conquête de l’Ouest — tel George Drouillard — ayant payé de leur vie leur soif de grands espaces, de fortune et d’aventures. Disposant de sources lacunaires, Punke reconnaît avoir laissé son inspiration galoper : sa trame se révèle d’une tonalité plus noire, moins mystique et complexe que celle développée dans le film. Iñárritu a ajouté la concurrence de pilleurs de peaux, brodé sur le passé familial du trappeur pour lui donner des motifs de vengeance supplémentaires dépassant sa seule personne. Et justifié les attaques indiennes par de sombres antécédents, pour le

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Quais du Polar 2016 : les premiers noms

CONNAITRE | Richard Price, Jo Nesbo, David Peace, Tim Dorsey et Arnaldur Indridason (photo) : voici quelques-uns des auteurs, disons les (...)

Benjamin Mialot | Lundi 30 novembre 2015

Quais du Polar 2016 : les premiers noms

Richard Price, Jo Nesbo, David Peace, Tim Dorsey et Arnaldur Indridason (photo) : voici quelques-uns des auteurs, disons les plus bankable, qui seront présents à la douzième édition de Quais du Polar, les 1er, 2 et 3 avril prochains. Également au programme pour l'heure : un panorama francophone (Jean Van Hamme, Jacques Côté, Joseph Incardona, Janis Otsiemi, Kangni Alem...), une dictée noire sous la houlette d'Amélie Nothomb et une autre, réservée aux scolaires, sous celle de François Morel.

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Série(s) noire(s) pour Quais du polar

ECRANS | Artillerie lourde cette année en matière de cinéma pour Quais du Polar : de plus en plus de lieux — Comœdia, Institut Lumière, Pathé Cordeliers, Toboggan, (...)

Christophe Chabert | Mardi 24 mars 2015

Série(s) noire(s) pour Quais du polar

Artillerie lourde cette année en matière de cinéma pour Quais du Polar : de plus en plus de lieux — Comœdia, Institut Lumière, Pathé Cordeliers, Toboggan, UGC Ciné Cité Confluence — de plus en plus de films, de plus en plus d’auteurs pour les présenter. La quantité y est, mais la qualité aussi. Immanquable, par exemple, la soirée Serial Killer autour de Maxime Chattam et Stéphane Bourgoin le samedi 28 mars à 19h15, avec l’extraordinaire et traumatisant Henry portrait of a Serial Killer de John MacNaughton et le tout aussi puissant Black Coal de Diao Yinan, Ours d’or mérité de la Berlinale 2014. Niveau grands classiques, l’Institut Lumière proposera une sélection idéale qui va du Chinatown de Polanski à The Big Lebowski des frères Coen — un enchaînement logique pour ses deux relectures, l’une révérencieuse, l’autre iconoclaste, de la figure du privé chandlerien — en passant par La Soif du mal de Welles et Mystic River de Ea

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Étoiles noires sur Quais du Polar

CONNAITRE | Un an après la venue exceptionnelle et fort réussie de l'immense James Ellroy, Quais du Polar revient avec une édition 2015 non moins riche en figures importantes et en questionnements de fond sur l'état de l'art noir. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Étoiles noires sur Quais du Polar

Le public n'est semble-t-il plus le seul à se bousculer pour assister au festival Quais du polar – et participer à sa désormais célèbre enquête grandeur nature dans la ville. Même les auteurs, y compris les plus prestigieux, feraient des pieds et des mains pour s'y montrer. Ceci explique sans doute pourquoi Quais du Polar est chaque année aussi bien fréquenté – même s'il faut bien admettre que l'édition 2014 a placé la barre à une hauteur quasi inatteignable. Aucun Michael Connelly ou John Grisham, pour parler des principales têtes d'affiches, ne s'est ainsi fait prier pour rejoindre la toujours impressionnante cohorte d'auteurs de cette édition 2015 – les deux rois du procedural sont d'ailleurs conviés à régaler les fans autour d'une rencontre front contre front. Nord/Sud On imagine qu'il n'a guère été plus difficile de convaincre Luis Sepùlveda, Paco Ignacio Taïbo II (Mexique), Santiago Gamboa (Colombie) ou Leonardo Padura (Cuba) – l'accent étant mis cette année, on l'aura compris, sur l'Amérique latine, notamment lors d'une alléchante rencontre "Nord/Sud", ainsi que d'incontournables évocations de cartels et de dictatures qui ont au mo

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Votez pour le prix BD Expérience / Le Petit Bulletin / Quais du Polar

CONNAITRE | Comme l'an passé, Le Petit Bulletin et la librairie Expérience s'associent pour la remise d'un prix BD lors de la prochaine édition de Quais du Polar. Voici les albums sélectionnés :

Benjamin Mialot | Mardi 3 mars 2015

Votez pour le prix BD Expérience / Le Petit Bulletin / Quais du Polar

Balles perdues de Matz, Watler Hill et Jef (Rue de Sèvres) Blast de Manu Larcenet (Dargaud) Bonbons atomiques d'Anthony Pastor (Actes Sud) Choc d'Éric Maltaite et Stéphane Colman (Dupuis) Fatale de Max Cabanes et Jean-Patrick Manchette (Dupuis) La Main de Dieu de Marc Védrines (Glénat) Little Tulip de François Boucq et Jérôme Charyn (Le Lombard) Moi, assassin d'Antonio Altarriba et Keko (Denoël) Paci de Vincent Perriot (Dargaud) Et une fois de plus, votre avis comptera dans la délibération. Vous avez à cet effet jusqu'au lundi 16 mars pour élire votre titre préféré à l'adresse suivante : lexperience@free.fr

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Quais du polar 2015 : le casting

CONNAITRE | Fort d'un dixième anniversaire mémorable (grâce à la présence du maître Ellroy, mais pas que), Quais du polar s'active à la préparation de son édition 2015. Programmée (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 18 décembre 2014

Quais du polar 2015 : le casting

Fort d'un dixième anniversaire mémorable (grâce à la présence du maître Ellroy, mais pas que), Quais du polar s'active à la préparation de son édition 2015. Programmée les 27, 28 et 29 mars, elle marquera le retour du festival à ses aspirations vagabondes : après l'Europe du Nord ou l'Asie, c'est vers l'Amérique du Sud qu'il nous entraînera, sur les traces de Paco Ignacio Taibo II (Mexique), Leonardo Padura (Cuba), Horacio Castellanos Moya (Salvador), Daniel Quirós (Costa Rica), Paulo Lins et Edyr Augusto (Brésil), Luis Sepúlveda (Chili), Santiago Gamboa (Colombie), Ernesto Mallo (Argentine) et Diego Trelles Paz (Pérou). Sont également annoncés des usual suspects de gros calibre (Michael Connelly, Ian Rankin, Tom Rob Smith, Michel Quint, Michel Bussi, Maxime Chattam, Jacques Expert, Yasmina Khadra, Caryl Férey et Ian Manook) et des grands noms du crime fictif en devenir (Kishwar Desai, Saul Black, Dror Mishani, Gert Nygårdshaug et les Français Elena Piacentini, Michaël Mention, Christophe Reydi-Gramond et Nicolas Matthieu), ainsi qu'une palanquée d'auteurs qui n'avaient encore jamais honoré le fe

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Quais du polar ouvre les Vann

CONNAITRE | Encore auréolé du succès de sa dixième édition, Quais du polar passe la démultipliée, pavant de rencontres épisodiques le chemin qui nous sépare du printemps 2015. (...)

Benjamin Mialot | Mardi 16 septembre 2014

Quais du polar ouvre les Vann

Encore auréolé du succès de sa dixième édition, Quais du polar passe la démultipliée, pavant de rencontres épisodiques le chemin qui nous sépare du printemps 2015. Premier rendez-vous cette semaine avec David Vann, équivalent littéraire de ces songwriters esseulés qui chantent l'Amérique des grands espaces et des esprits à l'étroit. La musique de l'écorché texan Possessed by Paul James, notamment, ferait une bande son rêvée, ou plutôt cauchemardée, aux trois romans qui ont fait connaître ici ce natif de l'île Adak, un bout de toundra flottant au sud de l'Alaska qui disparaît régulièrement de la planisphère sous un brouillard à couper à la hache. Il y eut d'abord Sukkwan Island, l'histoire, infernale (ah ! le fameux coup de théâtre de la page 113), d'un père raté décidé à refaire sa vie à l'écart du monde, seul avec son fils. Puis Désolations, où l'obsession de Vann pour la folie se nichait cette fois tel le ver dans le fruit au sein d'un couple rendu à une nature tout sauf rédemptrice. Et enfin Impurs, troisième huis clos familial opposant, cette fois sous le soleil californien, un puceau à sa famille de femmes castratrices. Ce ne sont

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Polar sans frontières

CONNAITRE | «Je suis devenu un écrivain de roman noir le jour où j'ai réalisé que le genre policier n'avait pas besoin de parler de meurtres pour exister». Voilà une (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 1 avril 2014

Polar sans frontières

«Je suis devenu un écrivain de roman noir le jour où j'ai réalisé que le genre policier n'avait pas besoin de parler de meurtres pour exister». Voilà une citation, signée Thomas H. Cook, qui peut paraître en totale contradiction avec l'invité d'honneur de ce festival : James Ellroy. Encore que. A l'aube de sa dixième édition, avec une équipe de passionnés de la littérature noire, le "petit" festival Quais du Polar est parvenu à devenir l'un des incontournables du genre en France et même au-delà des frontières. Et surtout à faire admettre que cette littérature, faite de clichés et de prétendus figures imposées, était comme le dit ici Cook, bien plus protéiforme qu'imaginée. Le succès croissant du genre et du festival le prouve et a permis à notre horizon polar de s'élargir non seulement stylistiquement, mais aussi géographiquement. Nous faisant quitter le pré-carré franco-américain pour, par exemple, un nouvel eldorado scandinave – dont la vénéneuse Camilla Läckberg est la nouvelle égérie. Mais aussi des contrées plus exotiques dont on découvre chaque année les nouveau

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James Ellroy, storyteller

CONNAITRE | Pour ses dix ans, Quais du Polar ne pouvait trouver plus prestigieux invité d’honneur que James Ellroy, l’homme qui a réinventé le roman noir américain en fusionnant jusqu’au vertige ses obsessions, sa vie et l’Histoire secrète de l’Amérique. Texte : Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 1 avril 2014

James Ellroy, storyteller

Avril 2001. Quelques semaines après la sortie d’American Death Trip, James Ellroy s’offre une tournée promo en Europe. Il enchaîne interviews et signatures. Pendant les interviews, il prend un malin plaisir à donner des réponses plus courtes que les questions. Il les balance avec un phrasé aussi sec et saccadé que l’écriture de ses bouquins. Pour les séances de dédicace, avec chacun de ses fans, il échange une poignée de main bien virile et un «Hi buddy, what’s your name ?» avant de signer. Concis, efficace, Américain. Le géant cultive sa légende. L’auteur conserve son aura et son mystère. Mai 1988. Quelques lecteurs connaissent déjà James Ellroy grâce à une trilogie ultra-noire ayant pour héros le flic névrosé et obsédé Lloyd Hopkins. Et puis Le Dahlia Noir arrive dans les librairies. Une déflagration. Le meurtre non résolu d’Elizabeth Short, aspirante actrice retrouvée nue, coupée en deux et les lèvres tailladées dans un rictus de clown façon L’Homme qui rit devient une odyssée de fiction pleine de sang, de sexe et de décadence hollywoodienne. Les années 50 de Los Angeles vues par

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Polar maxi best-of

CONNAITRE | En dévoilant officiellement sa programmation ce 26 février, Quais du Polar a confirmé la venue en grande pompe de James Ellroy comme tête – et quelle tête ! – de gondole d'une 10e édition assez largement commémorative et aussi dense qu'un bon gros pavé noir. Une programmation qui, quantitativement et qualitativement, mettra en appétit les polardeux les plus boulimiques tout en ne manquant pas d'attiser la curiosité des amateurs plus volatiles. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 26 février 2014

Polar maxi best-of

Cela avait été annoncé, c'est confirmé : James Ellroy sera bien le roi de la 10e édition du festival Quais du Polar, récompensé ainsi de sa persévérance à tenter d'attirer dans ses filets l'auteur du Dahlia Noir. Qui plus est, le taciturne auteur californien ne sera pas là – à ce qui est promis – pour faire de la figuration ou de courtes apparitions papales sur un balcon pour bénir d'une main désinvolte la foule de ses fans. Il participera à plusieurs conférences, présentera, comme un certain nombre d'autres grands auteurs et comme c'est désormais la tradition, son film noir préféré à l'Institut Lumière (Le Rôdeur de Joseph Losey, le 4 avril) et investira l'Opéra pour une rencontre exceptionnelle intitulée « Une heure avec James Ellroy : American Death Trip » (le 6 avril) où il faudra probablement jouer des coudes pour se faire une place. Pour autant, l'invité-événement de cette édition ne devra pas éclipser le reste d'une programmation dont le dossier de présentation se veut aussi épais qu'un roman de gare. Car cette année Quais du polar va agir à la fois comme un laboratoire de réflexion

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Quais du polar - Votez pour le prix BD Expérience / Le Petit Bulletin

CONNAITRE | La librairie Expérience et Le Petit Bulletin s’associent pour remettre le prix BD Polar Expérience – Le Petit bulletin à l’occasion du festival Quais du (...)

Benjamin Mialot | Mardi 18 février 2014

Quais du polar - Votez pour le prix BD Expérience / Le Petit Bulletin

La librairie Expérience et Le Petit Bulletin s’associent pour remettre le prix BD Polar Expérience – Le Petit bulletin à l’occasion du festival Quais du Polar, qui fêtera son dixième anniversaire du 4 au 6 avril, et vous invitent à voter pour son récipiendaire. Neuf titres sont en lice (ne rentrent en compte que des albums ou séries terminés en 2013) : Silas Corey de Alary et Nury (Glénat)Tyler Cross de Brüno et Nury (Dargaud)Ma Révérence de Rodguen et Lupano (Delcourt)Au Vent mauvais de Murat et Rascal (Futuropolis)Le Dahlia noir de Hyman, Ellroy, Matz et Fincher (Casterman)W.W.2. T3 : Secret service de Cara et Gabella (Dargaud)Losers de Jock et Diggle (Urban)Scène de crime de Lark, Phillips et Brubaker (Delcourt)Parker T3 de Cooke et Stark (Dargaud)   Envoyez votre choix à lexperience@free.fr (sujet : Sélection prix BD EXPÉRIENCE / LE PETIT BULLETIN). Clôture des votes le 20 mars à minuit. Le prix sera remis pendant le festival, samedi 5 avril.

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Le cercle polar

CONNAITRE | A mesure que le polar élargit ses horizons, que les frontières entre les genres, les sociétés et les supports tombent, Quais du polar se régale à repousser chaque année un peu plus les contours de son sujet. Garantissant par là même de ne jamais résoudre l'énigme qui préside à une littérature de "divertissement" qui console nos misères en les autopsiant. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 22 mars 2013

Le cercle polar

Il est loin le temps où, dans nos bibliothèques, polar et série noire se résumaient à un triptyque américano-anglo-franchouillard. Sans doute le symbole ultime de ce bouleversement est-il le très prisé polar polaire, mis à l'honneur cette année via l'invité d'honneur Henning Mankell, le "père" du commissaire Wallander. Une fausse piste toutefois, puisque Quais du Polar ira fouiner du côté d'un continent assez peu exploré, vu d'ici du moins, par la littérature policière (et qui pourtant nous abreuve de polars hard-boiled au cinéma) : l'Asie. Seconde fausse piste en réalité car hormis le Chinois Qiu Xiaolong, créateur de l'Inspecteur Chen, les deux autres invités "asiatiques" sont des occidentaux aux œuvres infusées aux sociétés thaïe (John Burdett) et japonaise (Romain Slocombe). Sans doute un indice de la mondialisation à l'œuvre au sein d'une forme de littérature qui voit de plus en plus loin que La Blonde au coin de la rue chère à David Goodis. Du Noir et du futur D'un continent l'autre, d'un univers l'autre au

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4h44, dernier jour sur terre

ECRANS | Si l’on devait mesurer la qualité d’un film à la sincérité de son auteur, il n’y aurait aucun doute : 4h44 est un chef-d’œuvre, Abel Ferrara ayant (...)

Christophe Chabert | Mardi 11 décembre 2012

4h44, dernier jour sur terre

Si l’on devait mesurer la qualité d’un film à la sincérité de son auteur, il n’y aurait aucun doute : 4h44 est un chef-d’œuvre, Abel Ferrara ayant définitivement renoncé à toute volonté de séduction pour une expression spontanée et éminemment personnelle de son art. En regardant la fin du monde depuis un loft new-yorkais et le couple qui l’occupe — Skye, une jeune peintre, et Cisco, un ancien junkie — Ferrara met en scène ce qui reste de l’humanité quand celle-ci s’apprête à partir en fumée : l’amour physique, les regrets, la colère, la résignation…  L’extérieur, il ne le filme que via des écrans (de télé, de smartphone, d’ordinateur) ou aux fenêtres des voisins dont le comportement, désespéré ou absurdement quotidien, reflète en petites touches impressionnistes cette sensation d’inéluctable. Le risque de cette démarche anti-spectaculaire, c’est de flirter avec le vide intégral ; c’est flagrant quand Ferrara tente de relancer sa machine par de maigres soubresauts scénaristiques : ainsi de la dispute entre le couple, qui conduit à la seule scène cassant le huis clos (les retrouvailles entre Cisco et son frère amènent ici le film à un quas

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Itinéraire d’un «serial writer»

CONNAITRE | Invité exceptionnel de ces 8e Quais du Polar où il vient pour la première fois, Michael Connelly est l’une des pointures mondiales du roman noir. Né en (...)

Gaël Dadies | Lundi 26 mars 2012

Itinéraire d’un «serial writer»

Invité exceptionnel de ces 8e Quais du Polar où il vient pour la première fois, Michael Connelly est l’une des pointures mondiales du roman noir. Né en juillet 1957 à Philadelphie, il se passionne très tôt pour la littérature policière et découvre l’œuvre de Raymond Chandler, déterminante pour sa future carrière : il écrira des polars. Diplômé de l’Université de Floride en journalisme en 1980, il fait ses premières armes comme chroniqueur judiciaire pour le News-Journal et le Fort Lauderdale Sun-Sentinel (Floride), lui permettant ainsi d’accumuler et de parfaire ses connaissances du monde criminel tout en engrangeant assez d’expériences pour les retranscrire ensuite dans ses romans. Son enquête avec deux confrères sur les rescapés d’un terrible accident d’avion lui vaut d’être finaliste pour le prix Pulitzer en 1987. Fasciné par L. A., il s’y installe en 1991 et enquête sur l’affaire Rodney King. La vidéo de ce jeune Afro-Américain passé à tabac par quatre policiers, et qui seront finalement acquittés, déclenche alors des émeutes qui embraseront la ville. L’année suivante, son travail sur cette affaire lui vaut le prix Pulitzer, qu’il

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Vote noir

CONNAITRE | Retour aux sources du polar noir américain pour la 8e édition des Quais du Polar en cette année électorale des deux côtés de l’Atlantique. Avec les États-Unis comme invité d’honneur, la présence exceptionnelle de Michael Connelly et un programme foisonnant mêlant polar et politique, le nouvel opus de ce festival promet une immersion dans les arcanes du roman noir et ses univers parallèles. Gaël Dadies

Dorotée Aznar | Vendredi 23 mars 2012

Vote noir

Du 30 mars au 1er avril, la planète polar se donne rendez-vous à Lyon le temps d’un week-end pour vivre au rythme d’une nouvelle édition du festival Quais du Polar. En cette année électorale, aussi bien en France qu’en Amérique, la programmation met à l’honneur les États-unis. Avec une quinzaine d’auteurs présents sur les soixante-dix attendus, cette délégation américaine compte dans ses rangs quelques maîtres de la discipline. Et pas des moindres : Michael Connelly, invité vedette de cette édition 2012 et qui vient pour la première fois au festival où sera présenté en avant première son prochain roman à paraître au mois de mai, Volte face ; Craig Johnson, dont les divers romans, parmi lesquels le très remarqué Little Bird, nous entraînent pour des enquêtes dans les contrées paumées du grand Ouest américain ; Donald Ray Pollock, auteur du sombre et violent Le Diable tout le temps ; Patricia Mac Donald, Dan Fante… Le Palais du Commerce, centre névralgique du festival depuis trois ans, accueillera des conférences faisant la part belle à une analyse de la société américaine à travers le filtre du roman noir ; conférences durant lesquelles ces r

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