Où l'on reparle de Françoise Dolto

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 2 octobre 2018

Photo : © Karima Moussaoui / Hippocampe


Renaître de ses cendres

Disparus les centaines de milliers de lecteurs (enfin, n'allons pas trop vite, d'acheteurs) des livres de Foucault et de Lacan dans les années 1960 ? Mortes les sciences humaines dont les noms des auteurs n'évoquent rien à personne au cours d'un dîner, ou sur un plateau TV ? Disons que philosophes et universitaires se font peut-être d'autant plus discrets qu'ils se font plus "travailleurs" ! Et des cendres du 20e siècle, l'on peut renaître comme avec la réédition des écrits esthétiques de l'américain W. J. T. Mitchell, ou avec le court essai roboratif et explosif de Pierre-Henri Castel (Le Mal qui vient, Cerf) portant justement sur les cendres, celles-ci très concrètes et à venir, d'un monde humain voué inéluctablement à son autodestruction !

Des femmes psy

On vous a déjà parlé ici de l'ouvrage de la psychanalyste lyonnaise Anne Brun sur les origines du processus créateur sorti récemment. D'autres psychanalystes femmes occupent la rentrée livresque : Caroline Eliacheff consacre à la psychanalyste, ô combien trop oubliée, Françoise Dolto une passionnante biographie concentrée sur une journée imaginaire, et viendra en parler à la Villa Gillet le 17 octobre. Mélanie Klein quant à elle se retrouvera sur les planches du TNP, du 4 au 22 décembre, dans une mise en scène de Nicholas Wright.

Hippocampe, hyperactif

Hippocampe c'est aujourd'hui, à Lyon, un journal, une revue toujours passionnante et une maison d'édition pugnace. On ne saurait trop vous conseiller le dernier numéro de Hippocampe la revue, avec un dossier sur la peau et des essais sur l'effacement, le cinéma de Michael Snow, et tant d'autres textes inédits. Et le 15 octobre Hippocampe (éditions) publient Bacon le cannibale de Perrine Le Querrec (texte écrit à partir des archives de Francis Bacon, le peintre), avec une rencontre prévue à la Galerie Descours le 18 octobre.

PUL pour l'hiver

Parmi les nombreuses publications des Presses Universitaires de Lyon cet automne-hiver, on notera la réédition d'un classique de l'anthropologie : Le Chamanisme des Kalash du Pakistan : des montagnards polythéistes face à l'islam de Viviane Lièvre & Jean-Yves Loude. Un livre directement lié à l'exposition Fêtes himalayennes, les derniers Kalash présentée au Musée des Confluences du 23 octobre au 1er décembre 2019.



Villa Gillet Parc de la Cerisaie, 25 rue Chazière Lyon 4e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Castel, penseur incisif

CONNAITRE | Psychanalyste de formation lacanienne mais grand lecteur de Bion, philosophe et épistémologue puisant dans l'anthropologie ou la sociologie, Pierre-Henri (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 novembre 2018

Castel, penseur incisif

Psychanalyste de formation lacanienne mais grand lecteur de Bion, philosophe et épistémologue puisant dans l'anthropologie ou la sociologie, Pierre-Henri Castel a le don d'en agacer beaucoup et de se mettre à dos ceux, trop nombreux, qui refusent d'ouvrir leur discipline à d'autres champs... Notre chercheur émancipé a travaillé concrètement sur l'hystérie, le rêve, le transsexualisme et son grand œuvre en deux volumes porte sur l'évolution historique, depuis l'Antiquité, de la conscience morale en Occident. Pierre-Henri Castel y montre notamment que la condition du sujet humain contemporain est la suivante : la société lui attribue de fait (et plus seulement de droit) une "autonomie-condition" qu'il s'agit pour le sujet de faire s'épanouir. Une situation qui ne manque pas de sel, car cette configuration sociale institue concomitamment et paradoxalement l'éclatement possible de toute société, la dissolution de tout lien social. Facteur essentiel du malaise de notre société, qui craint sans cesse de s'auto-dissoudre.

Continuer à lire

Dolto se relève... à 7h du mat'

CONNAITRE | Dans les années 1960-1970, Françoise Dolto (1908-1988) a connu un succès médiatique exceptionnel pour une psychanalyste. Et ce, notamment à travers des émissions (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 9 octobre 2018

Dolto se relève... à 7h du mat'

Dans les années 1960-1970, Françoise Dolto (1908-1988) a connu un succès médiatique exceptionnel pour une psychanalyste. Et ce, notamment à travers des émissions radio où elle répondait aux interrogations concrètes des auditeurs à propos de leurs enfants. Depuis, elle a largement et étrangement disparu des radars : médiatiques, universitaires, bibliographiques... Amie proche de sa fille Catherine Dolto, la psychanalyste Caroline Eliacheff ressuscite Dolto en une petite biographie passionnante et originale. L'auteur a en effet choisi de raconter la vie et l'œuvre de Dolto à partir d'une journée imaginaire de la psychanalyste, de 7h du matin à 23h le soir. En seize heures et deux-cent trente pages, tout est dit avec simplicité et bienveillance : la personnalité de Dolto, les grands axes de sa pensée, sa manière de travailler auprès de ses patients et de ses collègues, ses tribulations médiatiques, la mise en place en 1979 d'une première et fameuse

Continuer à lire

Une saison à la Villa

CONNAITRE | Entre sciences humaines, sciences tout court et bien sûr littérature, c'est à un automne bien chargé que nous invite la Villa Gillet pour ses rencontres de (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 2 octobre 2018

Une saison à la Villa

Entre sciences humaines, sciences tout court et bien sûr littérature, c'est à un automne bien chargé que nous invite la Villa Gillet pour ses rencontres de saison – comprendre, hors Assises Internationales du Roman et La Chose Publique. Cela avait débuté avec un prolongement haïtien du Festival America et se poursuit dès ce mercredi 3 octobre avec le premier volet de rencontres intitulées Le Temps de... On commence donc avec Le Temps du temps à l'Institution des Chartreux le 9 octobre où les toujours passionnants physicien et historien Étienne Klein et Patrick Boucheron, qu'on ne présente plus, se demanderont, en compagnie de la femme rabbin Delphine Horvilleur, directrice de la revue Tenov'a, ce qu'est le temps et si simplement nous en avons la moindre idée. Le cycle se poursuivra le 9 novembre au Grand Amphi de l'Université Lyon 2 avec les écrivains Philippe Sands (Retour à Lemberg, Albin Michel) et Javier Cercas (Le Monarque des Ombres, Actes Sud) pour Le Temps de la Mémoire sur les liens qu'entretienne

Continuer à lire

L’œuvre, une tentative de survie

ARTS | Le peintre et écrivain Henri Michaux, auquel vous avez consacré un ouvrage, Henri Michaux ou le corps halluciné, écrivait « je suis né (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 19 septembre 2018

L’œuvre, une tentative de survie

Le peintre et écrivain Henri Michaux, auquel vous avez consacré un ouvrage, Henri Michaux ou le corps halluciné, écrivait « je suis né troué ». Avec Michaux, nous nous éloignons de l’artiste démiurge, et nous rapprochons d’un artiste "troué", plongé dans le doute, en constante interrogation sur soi et son identité. Est-ce cette dimension qui vous a intéressée chez Michaux, puis chez d’autres créateurs ? Anne Brun : Ce qui m’intéresse dans le processus créateur, c’est en effet la façon dont l’œuvre tente d’explorer ce "troué" dont parle Michaux, c’est-à-dire les parts de soi inconnaissables, infigurables, qui renvoient souvent à des catastrophes psychiques. L’œuvre représente alors une tentative de survie pour échapper à cette véritable mort psychique : elle est une tentative de figuration par les artistes de cet étranger en soi, de ces éprouvés, souvent archaïques, de détresse, qui n’ont pas pu être transcrits, ni en images ni en mots. L’artiste tente de se les approprier, de devenir enfin sujet de ces vécus insaisissables, en leur donnant forme et figure dans son travail créateur. C’e

Continuer à lire

Plongée dans les carnets de Jean-Guy Coulange

CONNAITRE | « Je rencontre Claire Bouteloup et commence la lecture de Mémoires vives, son recueil d'entretiens et d'analyses sur la marée noire de l'Amoco. Je (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 décembre 2016

Plongée dans les carnets de Jean-Guy Coulange

« Je rencontre Claire Bouteloup et commence la lecture de Mémoires vives, son recueil d'entretiens et d'analyses sur la marée noire de l'Amoco. Je note. La mer comme une tôle ondulée avec une espèce de bruit métallique. On n'entend pas un oiseau. Hululements des rouleaux de pétrole. C'est frappant le silence. Tracteurs, tonnes à lisier, pompes, pelleteuses » écrit Jean-Guy Coulange en 2010, dans l'un de ses carnets sonores et photographiques. Chaque carnet évoque ainsi, dans un style elliptique et sobre, le processus de création d'une œuvre sonore ou, plus rarement, d'un projet photographique. Et le lecteur le suit ainsi de Bretagne en Californie, du Havre en Grèce, au plus près de matières sonores et sensibles qui déboucheront ensuite sur des "essais radiophoniques", des "contes radiophoniques", des portraits, des entretiens, diffusés sur France Culture, la RTBF... Après avoir été compositeur et multi-instrumentiste pour la chanson, le théâtre et le cinéma, Jean-Guy Coulange se consacre, depuis 2008, entièrement à la création sonore et radiophonique.

Continuer à lire

Anne Maurel sur les traces de Giacometti

CONNAITRE | Déjà journal bimestriel, revue pluridisciplinaire semestrielle, Hippocampe devient aussi éditeur avec la publication ce mois-ci de Je descends la rue de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 29 novembre 2016

Anne Maurel sur les traces de Giacometti

Déjà journal bimestriel, revue pluridisciplinaire semestrielle, Hippocampe devient aussi éditeur avec la publication ce mois-ci de Je descends la rue de Siam (carnets sonores et photographiques) du créateur sonore Jean-Guy Coulange, et Avec ce qu'il resterait à dire (sur une figurine d'Alberto Giacometti) de Anne Maurel. Cette dernière se lance dans une sorte de fiction-documentaire sur une minuscule sculpture de Giacometti, représentant une femme aimée. « L'émotion ressentie à la vue de la figurine sous sa vitrine est revenue m'envahir, comme si elle me mettait en cause, moi et le sentiment de l'espace devant moi. Dans la distance me séparant d'un autre corps, il y avait comme un élan interrompu. » dit Anne Maurel, dont l'écriture tente de prolonger cet élan avec des mots. Pour lancer sa nouvelle activité d'éditeur et cet ouvrage, Hippocampe organise une soirée avec Anne Maurel à la galerie Michel Descours le mercredi 30 novembre à 19 heures.

Continuer à lire

La Revue des revues

CONNAITRE | Qu'est-ce qu'une revue ? On peut la différencier du livre avec ses contenus plus courts ; du mook qui, lui, concerne plutôt les grands (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 mai 2016

La Revue des revues

Qu'est-ce qu'une revue ? On peut la différencier du livre avec ses contenus plus courts ; du mook qui, lui, concerne plutôt les grands reportages et qui est venu pallier certains manques dans la presse ; et du magazine avec, en ce qui concerne la revue, une périodicité moins fréquente, des textes plus approfondis et plus distanciés d'avec l'actualité. Ceci dit, le "médium revue" peut prendre des formes extrêmement variées, de la revue de poésie MUSCLE qui contient deux textes et se présente sous la forme d'une feuille pliée quatre fois, à la toute nouvelle revue Apulée dirigée par Hubert Haddad qui compte quelque 400 pages. La revue se caractérise aussi par un soin particulier apporté à la typographie, à la mise en page, aux liens entre les textes et les images. En ce sens, il n'existe pas vraiment de revue sur Internet, où les contenus ne sont pas travaillés de la même manière. Comment se portent les revues aujourd'hui ? L'association Livraisons est centrée sur les revues de sciences humaines, d'art et de littérature. En ce qui les concerne, en France, il existe environ un millier de revues (en comptant

Continuer à lire

Hippocampe explore l'enjeu migratoire

CONNAITRE | La revue lyonnaise qui donne à penser est de retour sur les étals des libraires : pour 2€50, Hippocampe offre tous les deux mois un sommaire touffu. Ce (...)

Sébastien Broquet | Mardi 15 mars 2016

Hippocampe explore l'enjeu migratoire

La revue lyonnaise qui donne à penser est de retour sur les étals des libraires : pour 2€50, Hippocampe offre tous les deux mois un sommaire touffu. Ce n°25 ne déroge pas à la règle : dossier sur l'enjeu migratoire, entretien poussé avec l'écrivain islandais Eiríkur Örn Norddahl (en photo) ou l'historien Patrick Boucheron, critiques d'Histoire de la Littérature d'Olivier Cadiot et d'expositions (Dubuffet, etc). La revue, à la maquette aussi sommaire qu'est dense le contenu, est menée par Gwilherm Perthuis. À dénicher chez Passages, rue de Brest.

Continuer à lire

La conjuration des indociles

MUSIQUES | «L’accès au festival se fait uniquement par la commune de Limonest car la route de la Glande est en sens unique» prévient le site du Démon d'or. (...)

Benjamin Mialot | Mardi 23 juin 2015

La conjuration des indociles

«L’accès au festival se fait uniquement par la commune de Limonest car la route de la Glande est en sens unique» prévient le site du Démon d'or. Indirectement, le ton est donné : on ne se rend pas là-haut pour se tourner les orteils, surtout que la programmation de l'édition 2015 de cette chasse aux fantômes de l'ennui en milieu bucolique est particulièrement gratinée. Notamment en matière de musiques à danser, via la présence d'une flopée de Lyonnais bien connus de nos services, selectors au goût sûr (Fabylicious, Freakistan, Boulimix...) ou jeunes talents à bon droit (Submarine FM et son post-dubstep aux reflets d'argent, le dompteur de beats Groove Sparkz, le quatuor de trip-hop de chambre Wild Wild Waves), mais aussi et surtout grâce à une carte blanche au collectif Encore au cours de laquelle la techno se déclinera sur tous les tons, du hardcore cybernétique de Manu le Malin à l'ambient molletonnée de Benjamin Damage. C'est toutefois côté hip-hop, qu'on l'aime détendu

Continuer à lire

Des images au balcon

ARTS | Depuis la rentrée de septembre, nous traquons dans nos papiers l'étrange et passionnant devenir des images à travers certaines expositions. Images réinterrogées (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 novembre 2014

Des images au balcon

Depuis la rentrée de septembre, nous traquons dans nos papiers l'étrange et passionnant devenir des images à travers certaines expositions. Images réinterrogées dans leur essence par Céline Duval à Vénissieux, images remixées et stratifiées à travers plusieurs médiums chez Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize à l'URDLA, collages et montages d'images jusqu'à la démence chez Erró au MAC... Quelques spectacles récents nous ont saisi aussi par l'utilisation singulière des images dans leur mise en scène. C'est Pierrick Sorin, par exemple, qui en juin dernier à l'Opéra montrait la "fabrique artisanale" des images dans sa Flûte enchantée. C'est Philippe Vincent qui, aux Ateliers le mois dernier, fait circuler les spectateurs d'une salle de cinéma à… une salle de théâtre où l'on tourne en direct le film projeté (Rêves Kafka). C'est, enfin, la chorégraphe Michèle Noiret qui, dans Hors champ, parvient parfois à un

Continuer à lire

Revue des revues

ARTS | Désuet le papier ? Enterrées les revues ? Passée de mode la critique d’art prenant son temps et son souffle ? A Lyon, en l’espace de quelques mois et à (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 7 février 2013

Revue des revues

Désuet le papier ? Enterrées les revues ? Passée de mode la critique d’art prenant son temps et son souffle ? A Lyon, en l’espace de quelques mois et à contre-courant de toutes les idioties proférées sur le tout numérique, trois revues d’art de qualité ont vu le jour. Et c’est loin d’être l’affaire de "vieux cons" hors de l’époque et ne sachant pas manier une souris… Gwilherm Perthuis, qui n’a pas passé la barre de la trentaine, a fondé il y a quelques années la belle revue semestrielle et pluridisciplinaire Hippocampe (arts, littérature, sciences humaines), dont nous avons déjà fait l’éloge dans ces colonnes et qui sortira ces jours-ci un nouvel opus consacré au Liban. Non content de cela, l’agitateur d’idées a lancé en octobre dernier un mensuel du même nom : quatre grandes pages débordant de textes où l’on peut lire de longues critiques d’expositions, des chroniques de spectacles, de livres ou de disques. Dans un premier édito tonitruant, il écrit : «De plus en plus de médias publient des papiers généraux sur des expositions qui n’ont pas encore ouvert leurs portes et sur lesquelles ils proposent simplement quelques arguments tirés des dossiers de presse. Les mag

Continuer à lire

Nuits transfigurées

ARTS | En 1952, Robert Rauschenberg fait œuvre, scandale et date en effaçant un dessin de Willem De Kooning. En 2012, le jeune artiste parisien Nicolas Aeillo (...)

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 29 avril 2012

Nuits transfigurées

En 1952, Robert Rauschenberg fait œuvre, scandale et date en effaçant un dessin de Willem De Kooning. En 2012, le jeune artiste parisien Nicolas Aeillo révèle, à travers une vidéo constituée de 127 photographies, le fantôme de ce dessin : un buste, quelques surfaces sombres, des traits dispersés… S’il fallait encore le rappeler, la création contemporaine consciente d’elle-même est «condamnée» au fragment, aux souvenirs fêlés, aux représentations inachevées, au montage d’images et de récits épars. C’est sur ce principe de montage sans unité, cher à Walter Benjamin, que se compose, au fil du temps, la revue Hippocampe dont le 7e et magnifique numéro est consacré à «la nuit». «Évitant de s’en tenir à des propositions illustratives, trop évidentes, nous avons cherché au contraire à réunir des contributions susceptibles de démontrer la complexité de cet espace/temps particulier : la Nuit», écrit Gwilherm Perthuis, responsable de la revue. Gwilerm Perthuis est aussi le commissaire de l’exposition collective Tout s’éteindra qui accompagne la sortie de ce numéro. «Le fil conducteur que nous avons tenté de suivre, sans

Continuer à lire

Vent du sud

ARTS | Arts visuels, philosophie, littérature... Sous la houlette de Gwilerm Perthuis et dans le sillage de l'idée de montage chère à Walter Benjamin, la revue (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 10 février 2012

Vent du sud

Arts visuels, philosophie, littérature... Sous la houlette de Gwilerm Perthuis et dans le sillage de l'idée de montage chère à Walter Benjamin, la revue Hippocampe brasse large. Embrasse beaucoup, bien étreint. Ses numéros proposent alternativement une thématique générale et une thématique géographique. Le sixième consacré à la Catalogne n'avait, a priori, rien de très excitant. Mais comme ce fut déjà le cas pour la Nouvelle-Zélande, la revue aux tonalités catalanes nous surprend encore par la diversité des angles de vue, l'originalité et la qualité de la plupart des articles. On y croise George Orwell à l'engagement relu par Roger Dadoun, le photographe irrévérencieux Joan Fontcuberta, un portrait littéraire de Salvador Dali par Josep Pla, un texte inédit de l'écrivain espagnol Enrique Vila-Matas... Et aussi une passionnante interview, longue et fouillée, de l'artiste Jordi Colomer dont on avait pu découvrir le travail dans une superbe exposition monographique à l'Institut d'Art Contemporain. En m

Continuer à lire

Sous le signe d'Hippocampe

CONNAITRE | Revue / Un phallus blanc pénétrant une femme à tête d'épinards dont le cœur fait «ah !». Telle est la couverture plutôt osée du nouveau numéro de la revue (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 27 mai 2010

Sous le signe d'Hippocampe

Revue / Un phallus blanc pénétrant une femme à tête d'épinards dont le cœur fait «ah !». Telle est la couverture plutôt osée du nouveau numéro de la revue "Hippocampe", consacré au thème de la signature. Il s'agit en l'occurrence d'un cadavre exquis de 1929 signé par André Breton et quelques autres. Mais ce qui est osé surtout avec "Hippocampe", c'est de se lancer dans l'aventure d'une revue dense, «sérieuse», ne répondant à aucune sirène de la mode, et touchant à toutes les disciplines (arts, littérature, philosophie, sciences humaines). L'initiative en revient à Gwilherm Perthuis, jeune doctorant lyonnais en histoire de l'art. La revue a fait des débuts balbutiants sous forme de fascicules, avant de se lancer dans une nouvelle série de numéros plus étoffés. Ce troisième opus est une véritable réussite, avec une pagination augmentée, une maquette remaniée, et des textes et une iconographie souvent passionnants. À partir de l'idée de montage chère à Walter Benjamin, "Hippocampe" se compose d'images et d'écrits aux contenus très divers : une interview de Jacques Aubert qui a dirigé la dernière traduction d'"Ulysse" de Joyce et qui travailla avec Lacan, une courte nouvelle de l'espag

Continuer à lire