Cycle Effondré-es : l'effondrement qui vient

Réflexion | Un peu partout dans la ville et dès le 1er octobre, le Cycle Effondrée-es #3 explore les facettes sombres du monde qui advient.

Stéphane Duchêne | Jeudi 24 septembre 2020

Photo : © DR


Vous en avez assez de cette bande de catastrophes ? Eh ben c'est pas aujourd'hui qu'on va vous débarrasser. En revanche, on peut vous aider à penser la chose. C'est ce que propose le Cycle Effondré-es (oui, l'effondrement est inclusif) du Théâtre du Bruit pour la troisième fois du 1er au 11 octobre. Soit un festival non pas de catastrophes mais de conférences et rencontres de littérature, sciences humaines, économie et politique, dispersés dans une poignée de lieux de l'agglomération lyonnaise.

L'idée étant d'essayer de remédier au pire qui, faut-il le rappeler, n'est jamais certain (mais rarement en retard). La soirée d'ouverture, à la MJC Monplaisir, interrogera l'avenir écologique avec l'expert en risques systémiques Arthur Keller et l'essayiste Vincent Mignerot. S'ensuivra un week-end art et psyché humaine entre théâtre (Transcendo et Là le Feu au Croiseur) et conférences (De l'effondrement au monde d'après ?, La transition, entre illusions et nécessité ? à l'espace Jean Couty ; Forces vives, Requiem pour les temps futurs ? au Périscope).

À noter deux documentaires à l'Aquarium ciné-café et au Zola (Champs de luttes, semeurs d'utopies de Mathilde Syre le 6 octobre et Welcome to Sodom de Florian Weigensamer et Christian Könes le 8), une conférence, avec le journaliste scientifique Laurent Testot à La Rayonne et une flopée de conférences entre la Maison de l'Écologie, celle des Associations de la Croix-Rousse ou les Rancy. En point d'orgue, une rencontre à la Villa Gillet entre Frédérick Keck, anthropologue, et le romancier Xabi Molia (le 5 octobre), Nos catastrophes : récits et imaginaires, et en clôture, une fête des effondré-es (on ne va pas se laisser abattre) avec Ol'd tam & Karaoke Orchestar.

Cycle Effondrée-es #3
En divers lieux du 1er au 11 octobre

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Xabi Molia : « Je place Kad Merad au même rang que Denis Podalydès »

Comme des rois | Dans la peau d’un petit escroc à l’aura pâlissante, Kad Merad effectue pour Comme des rois de Xabi Molia une prestation saisissante, troublante pour lui car faisant écho à sa construction d’acteur. Propos glanés entre les Rencontres du Sud d’Avignon et Paris.

Vincent Raymond | Lundi 30 avril 2018

Xabi Molia : « Je place Kad Merad au même rang que Denis Podalydès »

Xabi, quelle a été la genèse de ce film ? Xabi Molia : L’idée est venue d’une manière assez amusante. Il faut savoir que j’ai le profil du bon pigeon : j’adore qu’on me raconte des histoires. Je me suis donc fait arnaquer assez régulièrement, et notamment une fois à la gare Montparnasse. Pendant que j’attendais le départ de mon train, un type est monté et m’a raconté une histoire très alambiquée… Je ne saurais la raconter, mais l’enjeu c’était 20€. Je me souviens m’être méfié et l’avoir poussé dans ses retranchements ; mais lui retombait sur ses pattes, trouvait de nouveaux trucs pour que son histoire tienne debout. Bref, il me prend ces 20€ et je ne le revois évidemment jamais. J’ai d’abord été déçu de m’être fait délester de 20€. Mais finalement, il les avait quand même gagnés de haute lutte ! Et j’ai imaginé le matin que ce type avait peut-être dit à sa femme : « bon bah moi aujourd’hui je vais Gare Montparnasse, j’ai un nouveau truc ». Et le soir, peut-être qu’elle lui a demandé comment ça s’est passé et qu’il lui a répondu « oh bah aujourd’hui difficile j’ai fait 60 / 80 eur

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L’embrouille en héritage : "Comme des rois"

Le Film de la Semaine | Un bonimenteur de porte-à-porte à la rue donne malgré lui le virus de la comédie à son fils… Xabi Molia signe une splendide comédie sociale aux accents tragiques, portée par Kacey Mottet Klein et Kad Merad, touchants dans l’expression maladroite d’une affection mutuelle.

Vincent Raymond | Lundi 30 avril 2018

L’embrouille en héritage :

Volubile embobineur, Joseph a connu des jours meilleurs dans l’escroquerie. Pour se sortir de cette période un peu délicate, il pense pouvoir compter sur sa famille, en particulier sur Micka, son fils qu’il a patiemment formé. Mais ce dernier rêve d’exercer ses talents ailleurs : sur scène. Aspirer à être comme un roi, c’est un peu construire des châteaux en Espagne : viser un objectif prestigieux, tout en sachant inconsciemment en son for intérieur qu’il est d’une essence incertaine. On ne pourrait mieux résumer le personnage de Joseph, artisan-escroc à l’ancienne dont les talents de hâbleur ne lui permettent plus que de ramasser des miettes dans un monde contemporain le dépassant chaque jour davantage. Bateleur sans public, il demeure seigneur révéré d’une famille soudée dans le délit, mais assiste impuissant à la rébellion paradoxale de son fils dont il réprouve les choix et déplore l’absence de conscience criminelle. Un fils qui, de surcroît, le surpasse dans sa branche. Art, niaque et arnaques Xabi Molia avait entre ses

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Les Super-pouvoirs du Théâtre du Bruit

SCENES | S’immerger dans l’intimité des êtres dotés de super-pouvoirs comme nous y invite l’auteur et metteur en scène Jonathan Lobos, c’est déjà aller à la rencontre de (...)

Nadja Pobel | Mercredi 10 février 2016

Les Super-pouvoirs du Théâtre du Bruit

S’immerger dans l’intimité des êtres dotés de super-pouvoirs comme nous y invite l’auteur et metteur en scène Jonathan Lobos, c’est déjà aller à la rencontre de cette jeune troupe du Théâtre du Bruit qui n’a peur de rien. Surtout pas de monter une pièce (Je suis, jouée la semaine dernière) avec huit comédiens sur un plateau de poche, sans coulisses, et d'y introduire des instruments de musique aussi volumineux qu’une batterie. Non, cette compagnie issue de la formation lyonnaise de l’école Premier Acte ne craint personne. Et ose tout. Dans le premier volet de ce diptyque, durant deux heures, chacun va interpréter maints personnages et inventer une multitude de lieux (salle de classe, cabinet de médecin, salle de concert…). Revêtus de combinaisons en lycra jusqu’au bout des doigts, les personnages de comics tentent de faire en sorte que leurs pouvoirs (tel celui de remonter dans le temps) ne les coupent pas trop du monde qui les entoure. C’est tout le paradoxe de ce spectacle qui met en évidence l’isolement de ses personnages en jouant de l’esprit collectif des comédiens. Bien sûr, à trop vouloir en faire, le metteur en scène entraîne parfois sa créat

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8 fois debout

ECRANS | De Xabi Molia (Fr, 1h40) avec Julie Gayet, Denis Podalydès…

Dorotée Aznar | Vendredi 9 avril 2010

8 fois debout

Elsa est mal. Mal dans sa vie sentimentale (inexistante depuis la rupture avec son ex mari), mal avec son fils (elle ne sait comment se comporter avec lui), mal du fait de l’absence de boulot stable (d’où l’expulsion de son appartement qui la contraint à vivre dans sa voiture)… "8 fois debout" suit ainsi les déboires de cette jeune trentenaire qui semble porter sur elle tous les malheurs du monde (le choix de l’actrice Julie Gayet est, à ce titre, très judicieux). Est-ce suffisant pour en faire un film ? Xabi Molia semble le penser ; et pourquoi pas. Sauf qu’ici, on est très loin de l’univers des Dardenne et consorts, à savoir des cinéastes qui savent filmer ceux que la société considère comme des ratés sans tomber dans la complaisance démagogique ou la leçon de morale. Un travers dans lequel Molia saute à pieds joints ("sept fois à terre, mais huit fois debout" comme dirait le proverbe qui offre son titre au film), ce qui donne un résultat insipide finalement très vite oublié. AM

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