Le Fils de l'épicier

ECRANS | D'Eric Guirado (Fr, 1h35) avec Nicolas Cazalé, Clotilde Hesme...

Christophe Chabert | Mercredi 5 septembre 2007

Le titre est-il vraiment un hommage à Pagnol ? Si c'est le cas, on hallucine un peu, car réduire le grand cinéaste marseillais à des vignettes pittoresques d'une Province des vrais gens revient à faire passer Jean-Pierre Pernaud pour un Jean Giono moderne. Ainsi, Le Fils de l'épicier a des relents de téléfilm pour France 3 Région : il en a l'esthétique (il faut le dire, le film est réalisé en dépit du bon sens...), le sujet (un petit gars d'la ville retourne faire l'épicier ambulant pour la boutique familiale dans la Drôme) et la même gentillesse traître. Dans le fond, Guirado ne vise pas plus loin que la chanson de Kent sur les néo-ruraux («Cherchons z'à la campagne / le vrai sens de la vie»), sans sa nécessaire distance ironique. En tout cas, un mystère nous taraude : quelle étrange ambition peut conduire un cinéaste dont on connaît les qualités à se satisfaire d'un film aussi étriqué ?

Christophe Chabert

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«Un divorce, une rupture définitive…»

ECRANS | Révélé par Quand tu descendras du ciel, un premier film qui prolongeait le court-métrage qui lui avait valu un césar, Éric Guirado avait connu son premier succès (...)

Christophe Chabert | Mardi 6 mars 2012

«Un divorce, une rupture définitive…»

Révélé par Quand tu descendras du ciel, un premier film qui prolongeait le court-métrage qui lui avait valu un césar, Éric Guirado avait connu son premier succès public avec Le Fils de l’épicier, un film qui s’inspirait des nombreux reportages réalisés au cours de ses années France 3 Rhône-Alpes. Aujourd’hui, après de longs mois d’attente, sort Possessions, libre adaptation de l’affaire Flactif. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, il se livre avec une franchise devenue rare sur son métier de réalisateur, l’état du cinéma français et de la société française. On dit souvent qu’un cinéaste fait toujours un film contre le précédent, mais cela m’a paru rarement aussi flagrant qu’entre Possessions et Le Fils de l’épicier…Éric Guirado : C’est vrai, je ne sais pas si c’est conscient ou pas… J’aime beaucoup Le Fils de l’épicier, mais ce qui me dérangeait, c’est qu’au cours des cent proje

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Possessions

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Christophe Chabert | Jeudi 1 mars 2012

Possessions

L’affaire Flactif (ou affaire du Grand Bornand) avait marqué la France : un couple de prolos du nord avait assassiné puis tenté de faire disparaître les corps d’une famille, dont les époux étaient aussi leurs propriétaires. Qu’on le prenne par tous les bouts, le fait-divers disait avec une grande brutalité l’écart béant qui se creusait entre ceux qui ont tout (réussite, argent, maison) et ceux qui doivent leur donner le peu qu’ils ont. Éric Guirado, en transposant librement cette histoire traumatisante, fait lui aussi un grand écart avec l’optimisme réconciliateur du Fils de l’épicier : Possessions est une œuvre au noir, jamais rassurante, et c’est cette obstination à plonger au fond de l’horreur qui en fait le prix. L’or blanc vire au rouge Le couple formé par Jérémie Rénier (gras et lourd : parfait !) et Julie Depardieu (inquiétante de ressentiment contenu) a tout du cliché : lui adepte du tuning, elle braquée sur des images de bonheur superficiel, co

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