Tu vas rire, mais je te quitte

ECRANS | de Philippe Harel (Fr, 1h37) avec Judith Godrèche, Sagamore Stévenin, Ariane Séguillon...

Christophe Chabert | Mercredi 12 janvier 2005

Pour son neuvième film, Philippe Harel aurait voulu adapter au cinéma Les Particules élémentaires de Houellebecq, après avoir déjà porté à l'écran Extension du domaine de la lutte. Mais les chaînes de télé ont pris peur, même avec Garcia en haut de l'affiche et, faute de producteur, le projet est tombé à l'eau. Du coup, le réalisateur des Randonneurs s'est rabattu sur ce film de commande adapté d'un roman sans intérêt. Et voilà qu'en grand seigneur, il signe d'entrée de jeu une des comédies les plus spirituelles de l'année. Car derrière le personnage d'Elise, comédienne en galère professionnelle et sentimentale, ce sont des illusions bien contemporaines et universelles que décrit Harel. Comme beaucoup, Elise veut que son tour arrive. Pour ça, elle se vend pour tout et n'importe quoi, à commencer parce qu'elle ne veut surtout pas être : la blonde de service. Toujours à se prendre les pieds dans le tapis de son apparence, elle couche comme elle travaille : en se donnant là où elle est sûre de ne pas se faire respecter. Personnage pas très cohérent, elle est en revanche assez représentative d'un opportunisme bien contemporain. Tout en finesse, Harel raconte à travers elle toutes les petites fables qu'on se raconte à nous-mêmes, les fausses vérités qu'on entretient soigneusement pour continuer de se plaindre. Et se paie du même coup une bonne tranche de dérision quant au petit monde du spectacle : l'avant-première des Hommes préfèrent ma femme (sic), la fausse pub pour les yaourts Baby-Bio ("qui sont si bions qu'on ne peut pas s'empêcher de finir le pot") ou le casting pour le festival d'Avignon sont des petits bijoux d'écriture. On aura rarement vu un film réfléchir aussi bien aux images d'aujourd'hui (celles qu'on subit et celles qu'on s'invente), en gardant l'élégance de sa légèreté. Qu'est-ce que ce sera quand Harel retrouvera un projet personnel...Luc Hernandez

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Mathieu Diez, directeur de Lyon BD : « il est temps pour moi de me redéfinir »

Mercato | À la tête du festival Lyon BD depuis sa création en 2006, Mathieu Diez annonce son départ pour de nouveaux horizons… Il laisse une enviable place vacante pour une institution culturelle riche de projets, solidement amarrée dans le paysage lyonnais, contribuant à son rayonnement international et produisant un festival réputé, à l’édition 2021 prometteuse…

Vincent Raymond | Mardi 13 avril 2021

Mathieu Diez, directeur de Lyon BD : « il est temps pour moi de me redéfinir »

Nous sommes à trois mois de la prochaine édition du Lyon BD Festival. Alors que les annulations de manifestations pleuvent, le festival est-il bien maintenu ? Mathieu Diez : Il est maintenu et confirmé aux 11-12-13 juin pour le cœur de la manifestation. Tous les partenaires du festival sont à nos côtés parce qu'on pense qu’il y a un espace raisonnable et de bonnes chances. Bien sûr, cela tient à la réouverture des lieux culturels à la mi-juin (et donc de l’Hôtel de Ville, qui n'est pas vraiment un lieu culturel mais il faut qu'il puisse nous accueillir, de concert avec les institutions culturelles), ce qui est assez crédible. Et si elle s’accompagnait de contraintes fortes, on a montré qu'on savait faire lors de la Saison d’automne l’an dernier — notamment le concert Acid Arab. On saura faire, autant pour pour le week-end que durant tout le mois de juin. Parce que ce ne sera pas un “mini“ Lyon BD : on a quand même un programme important. Même si on doit supprimer les stands éditeurs, intenables pour des raisons sanitaires, le festival se tiendra sur 60 lieux dans la ville, ave

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Nicolas Galaud : « un des rares mérites de la crise : la prise de conscience de ce à quoi servent les bibliothèques »

Bibliothèques | Nicolas Galaud a pris son poste le 1er octobre à la tête du premier établissement culturel de la Ville de Lyon : le réseau des bibliothèques municipales. Fermées durant le premier confinement, elles sont désormais ouvertes. Et très fréquentées. Ce conservateur général des bibliothèques, passé par Reims, Brest et tout récemment Bordeaux, évoque cette situation particulière et son cap pour les prochaines années.

Nadja Pobel | Mercredi 14 avril 2021

Nicolas Galaud : « un des rares mérites de la crise : la prise de conscience de ce à quoi servent les bibliothèques »

Quel bilan tirer de la réouverture des bibliothèques municipales de Lyon depuis le 1er décembre ? Nicolas Galaud​ : La période actuelle est significative de la place qu’ont aujourd’hui les bibliothèques dans le paysage culturel. Je déplore bien sûr que les autres établissements culturels soient fermés et trouve incompréhensible que les musées soient portes closes, car il n’y a pas plus de risques sanitaires que dans les bibliothèques et nous les maitrisons. Il n’y a pas de clusters, alors que nous recevons 200 000 personnes par mois dans nos lieux. Les décisions gouvernementales répondent à d’autres logiques. Mais les bibliothèques sont partout le premier établissement culturel en terme de fréquentation, c’est l’une des principales portes d’entrée vers la culturel. Dans beaucoup de communes, c’est le seul établissement culturel existant. Les étudiants, les collégiens, les lycéens y trouvent aussi un espace de travail. Un des r

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“Possessor” de Brandon Cronenberg : de la mort des marionnettes

VOD | Possessor aurait pu constituer l’Easter Egg idéal du festival Hallucinations Collectives si… Mais avec des si, les cinémas seraient ouverts et on ne serait pas obligé de voir le Grand Prix de Gérardmer signé Brandon Cronenberg en direct to DVD en espérant qu’il sorte enfin sur grand écran…

Vincent Raymond | Mardi 13 avril 2021

“Possessor” de Brandon Cronenberg : de la mort des marionnettes

Dans un monde parallèle, une firme hi-tech vend à ses très fortunés clients ses “talents“ consistant à téléguider neurologiqument des individus afin qu’ils commettent des meurtres ciblés. Tasya Vos, l’une de ces marionnettistes du subconscient, éprouve de plus en plus de difficultés à sortir de ses missions. Et la dernière qu’elle accepte pourrait bien lui être également fatale… En d’autres circonstances, on aurait été embarrassé d’évoquer le père à travers le fils. Mais ici tout, du thème au style organique choisis par Brandon, renvoie au cinéma de David Cronenberg et tend à démontrer par l’exemple (et l’hémoglobine) la maxime « bon sang ne saurait mentir ». Non qu’il s’agisse d’un film par procuration, plutôt de la perpétuation logique d’un esprit, de la manifestation d’un atavisme cinématographique. Avant que le concept soit énoncé et surtout banalisé dans toutes gazettes, l’idée de l’Humain augmenté — quel que soit le moyen choisi (hybridation vidéo, amélioration psychique,

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Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

Festival | Et si le monde d'après commençait le 25 juin en l'antique théâtre de Vienne avec pour bande-son un peu (beaucoup) de jazz ? Alors que sonne la débandade au royaume des festivals estivaux, Jazz à Vienne veut y croire en dévoilant une programmation à l'ancienne avec de vrais musiciens à présenter à un public en chair et en os. Les promesses n'engageant que ceux qui y croient, eh bien on y croit. Un peu.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 avril 2021

 Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

18 soirées, trois hommages, huit cartes blanches, voilà ce que nous promet Jazz à Vienne pour son édition 2021 placée sous le signe de la « relance », du « combat », et de la « générosité ». Il faudra au moins ça pour que le festival débute bien le 23 juin (prochain, pas 2022) et se termine comme une fleur le 10 juillet. Ça, de bonnes doses de vaccins et accessoirement de chance aussi. Car quand on dit « voilà ce que nous promet Jazz à Vienne », il faut bien admettre qu'il s'agit davantage d'un vœu pieu déguisé en promesse de la part d'un événement malgré tout conscient du caractère incertain de l'avenir quand on se trimballe un présent pareil. Mais enfin bon puisque programmation il y a, alors parlons de programmation sans nous attarder, ça nous changera, sur les moyens de la mettre sur scène cet été et devant un public avec ça. Tout commencerait donc le 23 juin avec une soirée qui commence à trouver le temps long puisque déjà prévue pour l'an dernier : celle de l'ouverture qui accueillera le petit fiancé de Jazz à Vienne, Jamie Cullum, et

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Les deux initiateurs de l'apéro sur les quais de Saône se sont rendus à la police

Lyon | Les deux initiateurs de l'apéro de mardi sur les quais de Saône se sont rendus ce matin au commissariat de police de leur plein gré pour assumer les conséquences de leur appel. La préfecture a de son côté interdit la consommation d'alcool dans les parcs et la Presqu'île jusqu'au 2 mai.

Sébastien Broquet | Vendredi 2 avril 2021

Les deux initiateurs de l'apéro sur les quais de Saône se sont rendus à la police

Mardi 30 mars, un apéro sur les quais de Saône, au niveau du quai de la Pêcherie, avait réuni plusieurs dizaines de personnes qui avaient fini par danser quelques minutes avant le couvre-feu, déclenchant une énième polémique stérile remontant jusqu'au sommet de l'État via Marlène Schiappa, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté. Les deux initiateurs de cet apéro, deux frères qui pensaient juste regrouper quelques amis via Instagram, mais n'avaient pas prévu que les quais seraient déjà bondés en ce jour de grand soleil et veille de nouveau demi-confinement, et n'avaient donc pas anticipé la possibilité de regroupement spontané et bien trop important autour d'eux en pleine crise sanitaire, ont décidé et d'assumer les conséquences de cet événement, et de s'expliquer sur les circonstances qui ont amené ces jeunes à se regrouper et à danser quelques instants avant le couvre-feu — tout s'arrêtant de leur fait à 19h15 sans intervention de la police. Ils ont découvert en rentrant chez eux la polémique et

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De l'imaginaire fête sauvage sur les quais à Lyon, et de l'indignation sélective

Edito | Ou comment créer de toute pièce une polémique remontant jusqu’à l’État — qui pourtant devrait avoir d’autres chats à fouetter — grâce à une poignée de secondes de vidéo sur les réseaux sociaux, montrant des jeunes se lâchant quelques instants à la fin d’un apéro en plein air, alors que le couvre-feu approchait.

Sébastien Broquet | Mercredi 31 mars 2021

De l'imaginaire fête sauvage sur les quais à Lyon, et de l'indignation sélective

Selon plusieurs médias, locaux comme nationaux, une « fête sauvage » aurait eu lieu ce mardi soir sur les quais de Saône, en plein centre-ville. Les plus réactionnaires d’entre-eux, du Figaro au Bonbon en passant par LyonMag, s’en offusquent vigoureusement, s’appuyant en grande partie sur quelques secondes de vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. Des politiques leur emboîtent le pas — Christophe Guilloteau, sur BFM, apparaît scandalisé. Sérieusement, le président LR du département du Rhône était donc le seul politique disponible pour donner son avis sur cette « fête sauvage » ? La ministre Marlène Schiappa n’a pu manquer l’occasion de se faire remarquer à son tour ce matin, stigmatisant les participants et participantes. Ces gens n’ont jamais fait la fête. Ou nous mentent. Assurément. Ils sauraient sinon qu’une grosse demi-heure de liberté et de joie arrachée à une année plombante, ce n’est pas une fête. Juste une soupape de sécurité, une cocotte-minute prête à exploser dont on prend soin de libérer un peu

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Marché Gare : lancement de la deuxième phase des travaux

Lyon | Le Marché Gare, qui fête ses 15 ans dans le contexte que l'on sait, entre ce printemps dans la deuxième phase de ses importants travaux de rénovation. On en sait désormais un peu plus sur ce lifting qui devrait s'achever en début d'année prochaine pour une réouverture de la salle au printemps 2022.

Stéphane Duchêne | Mardi 30 mars 2021

Marché Gare : lancement de la deuxième phase des travaux

Voilà un an et demi que le Marché Gare est fermé. Non pas à cause du Covid-19 mais parce qu'à la rentrée 2019, la salle labellisée Smac en 2018 a commencé de subir d'importants travaux de rénovation afin d'offrir un plus bel écrin à ses différentes activités. En attendant, jusqu'à la crise sanitaire, le Marché Gare investissait les scènes de ses confrères pour des concerts hors-les-murs labellisés "L'Équipée sauvage". La démolition des "ailes" du bâtiment-porche étant achevée, les travaux entrent désormais dans leur seconde phase pour une livraison du bâtiment au printemps 2022. Conduit par la SPL Lyon Confluence pour le compte de la Métropole et de la Ville de Lyon, cette seconde phase de travaux comprend notamment une mise aux normes du bâtiment, entrée historique de l'ancien Marché de Gros, dont le projet a choisi de conserver l'identité pour faire le lien entre le quartier historique de Perrache / Sainte-Blandine et le Quartier du Marché en cours de construction. Deux scènes, de l'ambiance Au programme, notamment, une rénovation énergétiq

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Villeurbanne choisie pour être capitale française de la culture en 2022

Politique Culturelle | Villeurbanne a été sélectionnée par le ministère de la Culture pour être capitale française de la culture en 2022.

Sébastien Broquet | Mardi 30 mars 2021

Villeurbanne choisie pour être capitale française de la culture en 2022

Le résultat a été dévoilé ce mardi midi par le ministère de la Culture : c'est la Ville de Villeurbanne qui a été choisie pour être capitale française de la culture en 2022. En concurrence avec Angoulême, Brest, Laval, Le Mans, Metz, Saint-Paul de la Réunion, Sète et la communauté de communes du Val Briard, la cité du maire Cédric Van Styvendael a emporté la mise et disposera donc de 1 million d’euros pour développer son projet, fortement axé sur la jeunesse, avec par exemple la création d'un festival dans le parc de la Feyssine entièrement conçu par des jeunes. Le maire a rapidement réagit via un communiqué : « nous venons d’apprendre que Villeurbanne vient d’être désignée capitale française de la culture pour l’année 2022. Nous accueillons ce titre avec une grande joie et une grande fierté. C’est la récompense d’un travail engagé il y a maintenant cinq mois avec tous les acteurs culturels villeurbannais. L’engouement partagé par tous ces acteurs aura été communicatif et aura convaincu le jury de faire de Villeurbanne la première capitale française de la culture. Nous remercions le jury qui a eu l'audace

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Red Star : la ligne rouge

Football | Vainqueur de 5 coupes de France dans son âge d'or de l'entre-deux et de l'immédiat après guerre, champion de France en... 1911, en 124 ans d'existence, le Red Star a changé près de dix fois de nom, connu autant de fusions, failli mourir plus souvent qu'à son tour et emprunté une quarantaine de fois le proverbial ascenseur reliant les différentes divisions pro et amateur du football français. Actuellement en National, le club de Saint-Ouen fondé en 1897 par Jules Rimet, le père de la Coupe du Monde, n'en est pas moins un modèle de club populaire, historiquement ancré à gauche et... à la pointe du marketing sportif, assumant ce statut étrange de deuxième grand club d'une agglomération parisienne qui n'en compte qu'un. À l'occasion de son match du 8 avril contre l'OL en huitième de finale de la Coupe de France, focus sur LE club pas comme les autres du football français.

Stéphane Duchêne | Mardi 30 mars 2021

Red Star : la ligne rouge

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“The Last Tree” de Shola Amoo : auprès de son arbre

VOD | Deux ans après sa présentation au festival de Sundance, le film de Shola Amoo arrive enfin sur les (petits) écrans français. Une modeste consolation pour cette histoire illustrant malgré elle un concept à la mode depuis qu’il a été dévoyé par la politique : la résilience.

Vincent Raymond | Vendredi 2 avril 2021

“The Last Tree” de Shola Amoo : auprès de son arbre

Trois moments décisifs de de la vie de Femi. D’abord l’enfance à la campagne chez Mary, mère nourricière, jusqu’à ce que sa mère biologique vienne le récupérer pour vivre dans une HLM londonienne. Puis l’adolescence au lycée, entre rébellion, petite délinquance et aspiration à une autre vie. Enfin début d’âge adulte, avec la rencontre avec son père… Jolie découverte que ce film partiellement autobiographique parvenant à dépasser d’inévitables clichés par ses instants de grâce et une mise en scène immersive, au plus près de son personnage, ainsi que des séquences d’un lyrisme visuel et musical rappelant Terrence Malick ou Benh Zeitlin faisant contrepoint avec la violence psychologique (ou physique) ambiante. Cette alternance savamment maîtrisée donne sa profondeur à The Last Tree. Débutant par la violence d'un arrachage affectif — Femi est ôté d’une famille d’accueil où il est choyé pour atterrir dans un cité blême auprès d’une mère célibataire peu démonstrative —, le fi

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Ils et elles font la ville : Valérie & Patrice Boudier (Librairie La BD)

ARTS | Pim ! Hop ! Bam ! Nous sommes allés à la rencontre de Valérie & Patrice Boudier, fondateurs de la Librairie La Bande Dessinée sur le plateau de la Croix Rousse — une institution du quartier qui a déménagé l'an dernier.

La rédaction | Vendredi 26 mars 2021

Ils et elles font la ville : Valérie & Patrice Boudier (Librairie La BD)

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Bertrand Tavernier (1941-2021)

Disparition | Un mois avant son quatre-vingtième anniversaire, le jour du centenaire de Simone Signoret, Bertrand Tavernier est décédé dans sa propriété de Sainte-Maxime. C’est davantage qu’un cinéaste ou que le président de l’Institut Lumière qui disparaît avec lui : un amoureux total et sincère des films et de ceux qui les font, un promoteur de leur restauration et de leur projection. Sa trace n’est pas près de s’effacer.

Vincent Raymond | Vendredi 26 mars 2021

Bertrand Tavernier (1941-2021)

En ouverture de ce qui demeurera son ultime long-métrage sorti sur grand écran, Voyage dans le cinéma français (2016), Bertrand Tavernier avait placé une citation de Jean-Luc Godard : « il y a quelque chose qui nous lie, Bertrand et moi, c’est que nous sommes tous les deux les enfants de la Libération et de la Cinémathèque ». Certes, on ne peut que relever les concordances objectives dans la formation puis le parcours des deux hommes qui les a fait converger plus d’une fois — et ce en dépit de leur onze années d’écart. Tavernier fut l’attaché de presse de Pierrot le fou de JLG (1965), l’année où celui-ci rafla l’Ours d’Or à Berlin pour Alphaville, récompense que Tavernier emporterait en 1995 pour L’Appât… Tous deux sont des enfants d’une bourgeoisie intellectuelle provinciale, qui vont trouver dans le cinéma une sorte épiphanie, passeront par l’adoration compulsive de l’ère des cinés-clubs, une phase (de) critique avant de s’emparer d’une caméra pour tourner… Mais si avec le temps Godard n’a eu de cesse d’étrécir son audienc

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Bertrand Tavernier est mort

Disparition | On vient d’apprendre la disparition à 79 ans du cinéaste, scénariste et producteur Bertrand Tavernier, par ailleurs président de l’Institut Lumière depuis sa création en 1982. Une perte immense.

Vincent Raymond | Jeudi 25 mars 2021

Bertrand Tavernier est mort

Né à Lyon en 1941, celui qui fut attaché de presse et critique avant de s’emparer de la caméra en 1964 pour son premier court-métrage, puis en 1973 pour son premier long L’Horloger de Saint-Paul, aura signé une des œuvres les plus prolifiques et éclectiques du cinéma français contemporain. Sans pour autant renier ses précurseurs à la différence de la génération précédente — Bertrand Tavernier n’hésitera pas à travailler avec les scénaristes Aurenche et Bost conspués par la Nouvelle Vague. Touchant à tous les styles, du polar à l’anticipation en passant par le documentaire ; manifestant en homme engagé son amour pour le rétablissement de la justice sociale (L. 627, Histoires de vies brisées…), le jazz (Autour de minuit), le cinéma (l’extraordinaire Laisser Passer, Voyage à travers le cinéma Français), sa filmographie est émaillée de nombreux prix — il fut le premier récipiendaire du César du réalisateur en 1976 pour Que la fête commence

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Après la Fête des Lumières, bientôt une Fête de l'Eau

Lyon | Grégory Doucet l'a affirmé ce jeudi matin en préambule du conseil municipal : il veut créer à Lyon une Fête de l'Eau, avec un carnaval, dès l'été 2022.

Sébastien Broquet | Jeudi 25 mars 2021

Après la Fête des Lumières, bientôt une Fête de l'Eau

S'adressant à la presse ce jeudi matin avant que le conseil municipal ne débute, Grégory Doucet, maire de Lyon, a confirmé une information dévoilée par Le Progrès mercredi : la Ville va créer une nouvelle fête dans l'esprit de celle des Lumières se déroulant en décembre, cette fois avec pour thème l'eau, célébrant en particulier le Rhône et la Saône, avec un carnaval et le retour de joutes fluviales. L'édile a déclaré ce matin « vouloir une grande fête populaire, en été, que j'espère joyeuse ». Au Progrès, il déclarait hier au sujet de cette Fête de l'Eau : « dans un temps de l’histoire où l’on doit penser rafraîchissement, célébrer l’eau et lui redonner une importance et une valeur symbolique a du sens. Il m’importe que la transition écologique se fasse en s’appuyant sur l’histoire de la ville, sa géographie, sa culture ; sur ce que Lyon a comme atouts : la Saône

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Rammstein verra le Parc OL, mais en 2022

Report, encore | Le report de la tournée de Rammstein a été officialisé ce mercredi : rendez-vous en 2022 pour voir le groupe allemand au Parc OL de Décines.

Sébastien Broquet | Mercredi 24 mars 2021

Rammstein verra le Parc OL, mais en 2022

C'était prévu en 2020. Puis en 2021. Et ce sera, normalement, en 2022. Rammstein a officialisé ce matin le report à l'été prochain de l'intégralité de sa tournée des stades, qui passera finalement par le Parc OL les vendredi 8 et samedi 9 juillet 2022. Les billets déjà achetés restent évidemment valables pour ces deux nouvelles dates. Pour celles et ceux qui préfèrent se faire rembourser, ce sera possible du 24 mars 2021 au 31 décembre 2021 auprès des points de vente habituels. Toutes les informations ici concernant ce nouveau report pour cause de Covid-19 des concerts du groupe de métal / indus.

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"Je m’appelle humain" : apaisée Joséphine Bacon

VOD | Grande plume de la poésie innue, Joséphine Bacon fait l’objet d’un portrait documentaire encapsulant une part de l’âme de sa culture. À découvrir en exclusivité en VOD, pour le moment.

Vincent Raymond | Mercredi 24 mars 2021

Québec, de nos jours. Poétesse reconnue et célébrée pour son écriture bilingue (en français et en innu-aimun, la langue des Premiers peuples du Canada), Joséphine Bacon évoque devant la caméra de Kim O’Bomsawin son parcours, de son passage au pensionnat à sa jeunesse semi beatnik à Montréal. Et comment, en maintenant vivace le souvenir de sa culture ancestrale faite d’oralité et de coutumes, elle a su en perpétuer l’essence à travers ses écrits… Paysages inspirants, lumière magique, palette harmonieuse… L’image de ce premier film est souvent flatteuse. Kim O’Bomsawin, pour son premier long-métrage, soigne son double sujet : le peuple Innu, survivant malgré l’entreprise d’acculturation destructrice menée par le gouvernement canadien depuis des décennies, et surtout Joséphine Bacon. D’ailleurs, si la réalisatrice ne convoque que si peu d’archives pour illustrer les souvenirs de sa charismatique interlocutrice, c’est s

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La Cité Internationale des Arts du Cirque devrait voir le jour à Vénissieux

Cirque | L’un des grands projets culturels des prochaines années sur le territoire métropolitain, la Cité Internationale des Arts du Cirque portée par la compagnie MPTA et l’école de cirque de Lyon, devrait, selon toute vraisemblance, s’implanter à Vénissieux — et non à Saint-Genis-Laval comme prévu initialement. Explications.

Nadja Pobel | Mercredi 24 mars 2021

La Cité Internationale des Arts du Cirque devrait voir le jour à Vénissieux

Le constat est ancien et cruel pour les circassiens de la région : il n’y a pas assez de lieux d’entraînement et de pratique. La France, de manière globale, en manque. Seule La Grainerie à Toulouse répond à cette demande. Un espace d’entraînement dans La Chapelle de La Cascade (en Ardèche), seul Pôle National de Cirque en Auvergne-Rhône-Alpes, est bien prévu — mais les travaux n’ont pas encore commencé. Pire, le confinement a accentué ces besoins car ces artistes sont aussi des athlètes qui ont besoin d’entretenir leurs corps. Le récent festival Circa qui s'est déroulé à Auch à l’automne a vu se multiplier les blessures : les artistes n'ont pu suffisamment s’exercer en amont. Julie Tavert, acrobate formée à Lyon puis passée par le Graal qu’est le CNAC (Centre National des Arts du Cirque à Châlons-en-Champagne) dit n’avoir pas du tout su où aller lors des six premiers mois de la crise sanitaire. L'école de cirque de Lyon implantée dans l’enceinte de la MJC Ménival est elle trop à l’étroit et jongle a

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Denis Trouxe : « une décision courageuse »

Opéra de Lyon | L'ancien adjoint à la Culture de Raymond Barre, Denis Trouxe, donne à son tour son avis sur la décision de flécher une partie — 500 000€ — de la subvention municipale de l'Opéra de Lyon vers de nouveaux projets.

Vincent Raymond | Vendredi 19 mars 2021

Denis Trouxe : « une décision courageuse »

Dans le dossier de la réattribution d’une fraction de la subvention municipale de l’Opéra vers des nouveaux projets et structures culturels, une voix ne s’était pas faite entendre : celle de Denis Trouxe, qui fut l’adjoint à la Culture de Raymond Barre (1995-2001) — il fut à l’initiative des Subsistances — avant de présider quelques années le Théâtre de la Renaissance à Oullins. Il comprend sans ambiguïté la proposition de Nathalie Perrin-Gilbert, sa lointaine successeure, au nom de la jeune création. Verbatim. « Je la ressens courageuse ! Je mesure toute la difficulté : ça a été mon objectif quand j’étais aux commandes de faire glisser l’argent de certaines institutions vers la création. Parce qu’il y a d’un côté les arguments logiques de l’Opéra qui poursuit des objectifs de rayonnement et qui a besoin de fonds pour y parvenir ; et d’un autre côté la création qui se débat comme elle peut, avec de petits moyens… À

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Collège Truffaut : Lyon BD au tableau d’honneur

Bande Dessinée | Parmi les futurs locataires du Collège Truffaut réhabilité figure Lyon BD Organisation, l’association à la tête du festival homonyme depuis quinze ans et à la manœuvre d’une foultitude d’événements en lien avec les univers graphiques tout au long de l’année. Son projet ? Le Collège Graphique.

Vincent Raymond | Lundi 22 mars 2021

Collège Truffaut : Lyon BD au tableau d’honneur

Un (presque) retour aux sources géographiques pour Lyon BD Organisation. À l’origine créée sur le plateau de la Croix-Rousse, où s’étaient tenues les premières édition du festival, l’association avait dévalé la colline pour trouver refuge sur les quais du Rhône. La manifestation initiale a depuis pris l’ampleur que l’on sait, travaillé avec tous les lieux culturels de la Métropole ou presque, coproduit des spectacles, des expositions ; édité des ouvrages, tendu des passerelles entre Lyon et le monde, en tissant des liens entre auteurs, autrices, lecteurs, lectrices… Actrice incontournable du paysage — de l’écosystème — BD lyonnais, Lyon BD Organisation se positionne également comme un partenaire économique de nombreux artistes et membres de la filière BD locale (scénaristes, coloristes, illustrateurs, éditeurs…), tout particulièrement auprès des talents émergents. L’équipe ne pouvait être qu’intéressée par le cahier des charges du Collège Truffaut.

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Collège Truffaut : en 2022, la rentrée sera très classe…

Urbanisme | Presqu’une décennie après sa désaffection, le Collège Truffaut (Lyon 1er) attaque la seconde grande phase des travaux qui lui permettra d’enfin rouvrir ses portes. Et d'élargir le spectre de ses visiteurs en changeant d’affectation : en 2022, le vénérable bâtiment accueillira notamment une crèche, des logements étudiants, un hostel et un prometteur pôle piloté par Lyon BD Organisation, le Collège graphique…

Vincent Raymond | Lundi 22 mars 2021

Collège Truffaut : en 2022, la rentrée sera très classe…

C’est la fin d’une histoire, ou plutôt d’une parenthèse, et le début d’une autre qui se profilent au Collège Truffaut. D’abord école de filles et de garçons à son ouverture en 1887, puis collège jusqu’à sa désaffection en novembre 2013, l’imposant édifice aura ensuite occupé bien des conversations et des esprits : la question de sa reconversion cristallisant les différences de visions politiques, urbanistiques et sociales entre les élus de la mairie du 1er arrondissement, de la mairie centrale et de la Métropole — propriétaire du site. Occupé, le Collège l'aura d’ailleurs été durant cette longue phase, de façon temporaire à plusieurs reprises : dès décembre 2013 par un collectif citoyen pour reloger des familles à la rue (l’affaire avait valu à la maire du 1er d’alors, Nathalie Perrin-Gilbert qui avait participé au mouvement, d’être placée en garde à vue) ; puis en mai 2016 par des opposants à la Loi Travail ayant laissé de leur passage force slogans tagués.

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À la Fondation Bullukian, chacun sa route

Bande Dessinée | Jochen Gerner, Nicolas de Crécy, Edmond Baudoin. Trois parcours parallèles qui, défiant les lois de la géométrie euclidienne, concourent en un point : la Fondation Bullukian, où ces maîtres de l’illustration exposent à l’invitation de Fanny Robin et Thierry Prat, en partenariat avec LyonBD Festival. À voir jusqu’à juillet sur inscription, en attendant l’ouverture générale…

Vincent Raymond | Jeudi 18 mars 2021

À la Fondation Bullukian, chacun sa route

Les trois illustrateurs-auteurs de BD dont la Fondation Bullukian présente les travaux se complètent dans une prodigieuse harmonie. Explorateurs de formes, avides de renouvellement, ils partagent aussi ce goût du papier — un peu laissé pour compte aujourd’hui par la jeune génération, souvent contrainte de travailler sur tablette graphique — qui fait s’émerveiller Baudoin d’avoir pu, pour Le Chemin de Saint-Jean (2004), poser ses pinceaux sur un papier d’Arches du siècle passé, miraculeusement trouvé dans les caves d’un papetier, susceptible de défier les siècles sans bouger. Sans bouger ? Voilà tout le paradoxe de la thématique réunissant Gerner, de Crécy et Baudoin : immobiliser ces voyageurs à travers leurs voyages pluriels, réels ou imaginaires, vécus et relatés. Car lorsqu’un artiste use de son médium pour retracer son chemin de vie, la traversée se superlative : par la vertu singulière du talent, l’événement le plus ordinaire peut atteindre à l’épopée, l’insignifiant au sublime poétique. La ligne Gerner

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Studio Hirundo : le monde en "Faces"

Sono Mondiale | Le vendredi 12 mars a paru "Faces" de Studio Hirundo, un album 6 titres disponible sur Soundcloud, Bandcamp et YouTube, réunissant une poignée d'individualités en exil. Un projet porté par un quatuor d'étudiants de Lyon 2 avec le soutien de l'association Singa et du Jack Jack. Une belle initiative qui a su se muer en projet artistique à la découverte à la découverte de voix fortes.

Stéphane Duchêne | Lundi 15 mars 2021

Studio Hirundo : le monde en

Au commencement est un projet académique dans le cadre du Master développement de projets artistiques et culturels internationaux à Lyon 2. Quatre étudiants tous musiciens et désireux de faire leur trou dans ce milieu autant qu'intéressés par les liens qu'entretiennent le social et l'artistique projettent une idée un peu folle : créer et enregistrer en cinq mois, à partir d'octobre 2020, un album multiculturel qui puisse être un vecteur d'expression et de visibilisation des personnes exilées, musiciens ou pas. Les quatre se rapprochent alors de l'association Singa, « association et mouvement citoyen qui propose des espaces de rencontres et d'échanges avec des personnes nouvellement arrivées et des membres de la société d'accueil », nous détaille Leïla, l'une des quatre étudiantes à la racine du projet. Rapidement, ils deviennent porteurs de projets pour Singa dans l'idée « de se regrouper autour de la musique et des textes et de montrer notre diversité. » L'association se fait notamment le relais de l'appel à candidature qui voit affluer les participants. Parmi eux, Camara qui

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"La Voix Humaine - The Human Voice" de Pedro Almodóvar : quitte mains libres

Cinéma | Présenté hors compétition à la dernière Mostra de Venise et en première française en clôture du Festival Lumière 2020, le nouveau Almodóvar tient à la fois du renouvellement et de la synthèse en un court-métrage. Exclusivement en DVD ou VOD à partir du 19 mars.

Vincent Raymond | Vendredi 12 mars 2021

C’est un classique bientôt centenaire, pensé pour la scène par Cocteau, et depuis à de nombreuses reprises déjà transposé au cinéma, plus ou moins directement — par Pedro Almodóvar notamment, deux fois (dans La Loi du Désir et Femmes au bord de la crise de nerf). Racontant la consommation d’une rupture amoureuse via le monologue téléphonique de l’abandonnée, La Voix Humaine se révèle tout autant un texte dramatique que conceptuel du début de l’âge du virtuel — invisible et inaudible, le correspondant masculin dématérialisé étant supposé synchrone. Un ovni de luxe dans le ciel du court-métrage, et une parenthèse pour Pedro Almodóvar qui s’essaie pour la première fois à la langue anglaise en confiant à Tilda Swinton ce rôle-trophée de victime superbe, jadis échu à Anna Magnani à l’écran ou Simone Signoret (sur disque)

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Aux Célestins et à l’Auditorium de Lyon, de lourds déficits

Crise Sanitaire | Certes très subventionnées, les structures culturelles en régie directe de la Ville de Lyon n’en sont pas moins fortement impactées par la crise sanitaire, car elles ne peuvent bénéficier d’aucun dispositif d’aide. Les Célestins tablent sur un déficit de 600 000€ en 2021, l’Auditorium affiche déjà un trou de 2M€ pour 2020. Toutes deux en appellent à l’État pour pallier la rupture d’égalité avec d’autres établissements aux missions similaires.

Nadja Pobel | Vendredi 12 mars 2021

Aux Célestins et à l’Auditorium de Lyon, de lourds déficits

« Même si on rouvre en mai et juin, avec une jauge dégradée d’environ 50%, fin décembre la perte de recette de billetterie du théâtre s’élèvera à 600 000€ » affirme Pierre-Yves Lenoir, co-directeur du Théâtre des Célestins. Du côté de l’Auditorium de Lyon, son homologue Aline Sam-Giao estime à un million d’euros ses pertes à la fin de l’année civile avec la même hypothèse de reprise — fatalement très aléatoire —, qui se cumuleront avec les deux millions de déficit sur 2020. Aux Célestins, le dernier exercice s’est terminé à l’équilibre notamment grâce au fonds de soutien de la Ville de Lyon ; et parce qu’ils n’avaient pas prévu de jouer dans la grande salle entre avril et

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CinéFabrique : ça tourne dans le 9e !

Éducation | École Nationale Supérieure à part à qui la Ville de Lyon commence à s’intéresser, la jeune CinéFabrique forme ses élèves aux métiers de l’image et du son. Mais aussi à une approche citoyenne et collective d’une industrie artistique très dynamique. Gros plan sur un concept aussi professionnalisant qu’enthousiasmant où infusent des talents surmotivés.

Vincent Raymond | Vendredi 12 mars 2021

CinéFabrique : ça tourne dans le 9e !

Une cour d’établissement scolaire, en apparence semblable à toutes les autres, à la fin de la pause méridienne. Les élèves (masqués) jouent au foot, au ping pong, discutent sur des bancs avant d’entamer l’après-midi… On surprend des bribes de conversations. Il n’est point question d’exercice de maths ni de bac blanc d’histoire-géo : « non, mais là, je crois que je vais changer la musique de mon documentaire… » Quelque mélomane se met alors à siffler Twisted Nerve, repris en chœur par une bonne demi-douzaine de rossignols, et peu à peu la foule se disperse… Bernard Herrmann ferait-il office de sonnerie autogérée ? On l’a compris, nous ne nous trouvons pas dans un établissement ordinaire, mais à la CinéFabrique, l’École nationale supérieure de cinéma sise dans le 9e arrondissement de Lyon. Deux enseignes discrètes le confirment, rafraîchissant de leur bleu cobalt éclatant des murs d’enceinte à l’ocre fatigué… et détrompant les panneaux indicateurs qui dirigent toujours les visiteurs ver

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Lyon : trois anciens adjoints à la Culture réagissent à la baisse de la subvention de l'Opéra

Patrice Béghain, Georges Képénékian et Loïc Graber | Les trois prédécesseurs de Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture, se prononcent sur l'annonce qui secoue le monde culturel lyonnais depuis quelques heures : la baisse de 500 000€ de la subvention municipale à l'Opéra de Lyon, somme réaffectée à d'autres projets et lieux culturels tels que la CinéFabrique. Magnéto.

Vincent Raymond | Vendredi 5 mars 2021

Lyon : trois anciens adjoints à la Culture réagissent à la baisse de la subvention de l'Opéra

Patrice Béghain, adjoint à la Culture (2001-2008) de Gérard Collomb : Je n’ai jamais eu l’habitude de juger publiquement les décisions de mes prédécesseurs ou de mes successeurs, que ce fût quand j’étais DRAC ou adjoint. Georges Képénékian, adjoint à la Culture (2008-2017) de Gérard Collomb : Nathalie Perrin-Gilbert dit que ce n’est pas une punition. Mais c’est quand même une punition chez elle : elle a eu une telle hargne pendant toutes ces années au sujet du rapport que l’on avait fait sur les frais de Serge Dorny, malgré la mise au point que j’avais essayé de gérer — en reconnaissant qu’il y avait bien eu des anomalies, j’ai travaillé avec Serge Dorny. Mais elle a quelque chose de vengeur. Loïc Graber, adjoint à la Culture de Georges Képénékian (2017-2018) et Gérard Collomb (2018-2020) : Il y a des problèmes de forme et de fond dans cette annonce. Le premier problème, de forme, c’est la précipitation : la Ville, membre de droit de l’Opéra, ne dit rien en décembre lorsque le budget est voté ; et quelques jours avant le conseil

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Subvention de l'Opéra de Lyon : Richard Brunel interloqué, Serge Dorny indigné

500 000€ réaffectés vers d'autres structures | Richard Brunel, futur directeur de l'Opéra, et Serge Dorny, l'actuel dirigeant du lieu, ont vivement réagi à l'annonce de la baisse de la subvention de l'Opéra de Lyon.

Sébastien Broquet | Vendredi 5 mars 2021

Subvention de l'Opéra de Lyon : Richard Brunel interloqué, Serge Dorny indigné

Suite à la confirmation dans nos colonnes par Nathalie Perrin-Gilbert de la baisse prochaine de la subvention de l'Opéra de Lyon de 500 000 euros, qui portera la subvention de fonctionnement à 7M€ annuels au lieu de 7, 5M€ dès cette année si la proposition est votée lors du conseil municipal des 25 et 26 mars prochains, les deux directeurs — l'actuel, Serge Dorny, et le futur, Richard Brunel (actuellement en résidence au sein de l'Opéra pour Mélisande), ont réagi vivement — le premier par un communiqué de presse, le second en sortant de répétition ce jeudi soir. « Des impacts conséquents » pour Richard Brunel Richard Brunel nous a ainsi déclaré : « concernant l'annonce de la Ville sur cette baisse de 500 000€, je laisse Serge Dorny réagir au nom de l’Opéra. Ce que je puis dire c'est que je n’ai, moi-même, pas été directement contacté et informé par l'adjointe à la Culture de cette décision qui semble acqu

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Alain Turgeon : la manière faible

Littérature | Après dix ans de silence éditorial, l'auteur québéco-lyonnais Alain Turgeon livre avec "En mon faible intérieur" un nouvel épisode de sa vie comme elle va et comme elle ne va pas. Un nouveau grand petit livre pour l'un des trésors les mieux cachés – et les plus drôles – de la littérature contemporaine francophone.

Stéphane Duchêne | Vendredi 5 mars 2021

Alain Turgeon : la manière faible

Il y a vingt ans, une paille grosse comme le Ritz, Alain Turgeon trônait en Une de ce journal en drôle de médecin auscultant l'iconoclaste ex-adjoint à la Culture de Raymond Barre, Denis Trouxe. La cause de la mise en scène, l'alors jeune écrivain (il est toujours jeune mais moins et plus écrivain que jamais) venait alors de commettre, comme un forfait, la plus singulière biographie d'homme politique jamais lue, celle dudit Trouxe. Un truc plus ou moins à quatre mains avec pas mal de poils dans chacune d'elles dans lequel l'auteur mettait en scène le making-off méta de l'ouvrage, en même temps qu'il déroulait en alternance la vie du publicitaire devenu chef des arts et père fondateur des Subsistances — on y apprenait entre autres que Trouxe avait fait rajouter un "e" à un état pas très civil qui lui valait trop souvent de se faire appeler "trou". Le titre de l'ouvrage : TNT, comme "Turgeon Naigre Trouxe". "Naigre" et pas "nèg

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La Ville de Lyon supprime 500 000 euros par an de subvention à l'Opéra

Politique Culturelle | Coup de tonnerre à l'Opéra de Lyon : la Ville, par l'intermédiaire de son adjointe à la Culture, a décidé d'ôter 500 000€ par an de subvention au lieu dirigé par Serge Dorny pour quelques mois encore. Ce dernier a été prévenu il y a trois jours. Nathalie Perrin-Gilbert nous explique la raison de ce choix, qu'Étienne Blanc fustige.

Sébastien Broquet | Jeudi 4 mars 2021

La Ville de Lyon supprime 500 000 euros par an de subvention à l'Opéra

C'est Frédéric Martel, journaliste à France Culture, qui a dévoilé l'information ce jeudi via Twitter et que nous pouvons confirmer : la Ville de Lyon a décidé de réduire la subvention de l'Opéra de Lyon de 500 000€ par an. C'était annoncé durant la campagne, Nathalie Perrin-Gilbert avait alors déclaré dans nos colonnes : « oui, il va y avoir une réorientation au sein de ce budget. Je ne veux pas la présenter comme une punition aux institutions, leur dire qu'ils ont fait du mauvais travail. (...) Je souhaite qu'il y ait un audit indépendant qui soit réalisé, notamment, sur la gestion de l'Opéra de Lyon. » De 7, 5M€ à 7M€ par an Après les paroles de campagne, place aux actes et l'adjointe a donc pris sa décision, qui a été annoncée à

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La Daronne, de Jean-Paul Salomé, 17e Prix Jacques-Deray

Cinéma | « La galérance, elle est finie ! » Retour gagnant pour Jean-Paul Salomé qui avait mis sa carrière de cinéaste entre parenthèses quelques années pour se (...)

Vincent Raymond | Mercredi 3 mars 2021

La Daronne, de Jean-Paul Salomé, 17e Prix Jacques-Deray

« La galérance, elle est finie ! » Retour gagnant pour Jean-Paul Salomé qui avait mis sa carrière de cinéaste entre parenthèses quelques années pour se dévouer à la présidence d’Unifrance — l’organisme en charge du “rayonnement” du cinéma français à l’international. Auréolé d’un joli succès dans les salles françaises avec 421 578 spectateurs — cela, du fait d’une exploitation prématurément réduite puisqu’il était sorti avant la seconde fermeture des salles fin octobre 2020 —, très bien accueilli à l’étranger, son huitième long-métrage La Daronne, adapté du polar homonyme d’Hannelore Cayre vient d’être désigné Prix Jacques-Deray par l’Institut Lumière, succédant à Roubaix une lumière d’Arnaud Desplechin, également distribué par

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Barthélemy Thimonnier, inventeur de la machine à coudre, au cœur du nouveau roman de Yamina Benahmed Daho

Littérature | Dans son nouveau roman, "À la machine", Yamina Benahmed Daho retrace la vie, au XIXe siècle, du rhodanien Barthélemy Thimonnier. Où il est autant question du parcours rude de l’inventeur de la machine à coudre que du mécanisme sociétal qui l’a laissé dans la misère. Ceci n’est pas sans rapport avec aujourd’hui.

Nadja Pobel | Mardi 2 mars 2021

Barthélemy Thimonnier, inventeur de la machine à coudre, au cœur du nouveau roman de Yamina Benahmed Daho

15 novembre 1855, Barthélemy Thimonnier est officiellement reconnu inventeur de la machine à coudre lors de l’exposition universelle de Paris, mais l’américaine Singer, plus simple d’utilisation, fera les beaux jours des femmes (surtout elles…) jusqu’à maintenant, encore. Jamais le tailleur n’améliorera sa condition avec ce qu’il a maturé et imaginé. Miséreux, il devra même finir par vendre en pièces détachées les éléments de son engin pour se nourrir. Oui, nous sommes parfois chez Zola. La condition ouvrière est d’une extrême dureté et, passée au tamis de l’écriture très précise de Yamina Benahmed Daho, il en résulte des données chiffrées fondamentales : déjà, Paris « est une ville indécemment chère », il faut seize heures de train pour rallier Lyon à la capitale, l’enterrement de la grand-mère « est privé des apparats que l’industrie de la marbrerie vend à un prix insensé », le tarif du ticket à l’entrée

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Bertrand Tavernier sur Netflix : ça commence aujourd’hui

Plan Canapé | Après Truffaut, Demy, Sautet, Resnais, la plateforme de streaming continue d’élargir son offre en inscrivant dès ce 1er mars quelques-unes des premières œuvres de Bertrand Tavernier. Une mise en bouche avant l’intégrale ?

Vincent Raymond | Lundi 1 mars 2021

Bertrand Tavernier sur Netflix : ça commence aujourd’hui

Rien n’arrête l’appétit de Netflix. Au moment où son concurrent direct Disney lance une plateforme, Star, ayant vocation à le titiller sur le segment “adulte” en proposant notamment des films ou des séries du patrimoine, la firme de streaming opère un nouveau coup d’éclat médiatique en intégrant à son volumineux catalogue cinq titres d’un emblématique auteur français : Bertrand Tavernier. Outre le fait qu’il s’agit pour la plupart d’œuvres parmi les plus primées et célèbres de la première partie de carrière du cinéaste lyonnais (L’Horloger de Saint-Paul (photo), Que la fête commence, Le Juge et l’Assassin, Coup de torchon, La Vie et rien d’autre), elles sont paradoxalement signées par un éminent cinéphile dont on sait l’attachement pour la projection en salle et son soutien au travail d’édition sur support physique des films, qu’il relaie sur son blog. Mais aussi par celui qui assume les f

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Fête du Livre de Bron : une programmation invincible et bien visible

Littérature | Après nous avoir expliqué en quoi consisterait son édition 2021, en ligne, la Fête du Livre de Bron livre les détails de sa programmation, adulte et jeunesse, et donne rendez-vous du 10 au 28 mars, du mercredi au dimanche, sur son site Internet.

Stéphane Duchêne | Lundi 1 mars 2021

Fête du Livre de Bron : une programmation invincible et bien visible

Une cinquantaine d'invités, un événement on line (et non on hippodrome, comme d'usage) étalé sur trois semaines, telle est la formule choisie de l'édition 2021 de La Fête du livre de Bron placée sous le signe de L'invincible été camusien qui ferait ici, davantage que de thème, office de devise de résistance, de vaccin contre la fatalité. Et si rien ne remplacera dans les cœurs des lecteurs une version "en présentiel", selon la formule désormais consacrée, on pourra quand même se contenter d'une jolie programmation tout à la fois resserrée (le nombre d'auteurs : réduit) et rallongée (dans la durée : trois semaines au lieu de cinq jours). Programmation qui, il faut le préciser, s'inspire plus que largement de celle imaginée pour l'édition en bugne à bugne envisagée dans un premier temps. Au programme donc, et comme nous l'expliquait il y a peu Yann Nicol, directeur de l'événement : des rendez-vous récurrents chaque week-end (entendre « s

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Invitation à Re-partir avec le KompleXKapharnaüM

Théâtre de Rue | Treize structures culturelles convient le KompleXKapharnaüM et... vous tous, à un geste artistique commun dans l'espace public ce samedi 27 février.

Nadja Pobel | Jeudi 25 février 2021

Invitation à Re-partir avec le KompleXKapharnaüM

« Nous sommes là. Nous sommes encore là ». Voici une invitation à un geste artistique, mais pas à un spectacle, ce samedi 27 février à 11h. La compagnie maitresse en matière de l’occupation de l’espace public KompleXKapharnaüM en est à l’initiative, car elle ne souhaite plus « attendre » et invite chaque personne qui le souhaite (via une inscription obligatoire sur https://re-partir.net à « se compter, se voir. » Convoqués sur les parvis des théâtres, les participants choisissent un lieu parmi ceux proposés (qui restent secrets avant inscription) et s’installent sur un des points dessinés au sol. Puis : « suivre les indications reçues. Respirer. Laisser venir. Cela commence. Pour une quinzaine de minutes ». À trois mètres de distance, chacun se connecte sur un WebLive, écouteurs sur les oreilles dans lesquels sont diffusés des extraits de Les Potentiels du temps de (l’immense) Camille de Toledo, Kantuta Quiros et Aliocha Imhoff (Le Peuple qui manque) et Cahier d’un guerrier d

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Thierry Frémaux : projection particulière

Récit | Avant les tapis rouges, Thierry Frémaux a longtemps foulé avec une respectueuse gravité les tatamis de judo. Dans "Judoka", un récit où rien ne fait écran à cette part d’intime, le directeur général de l’Institut Lumière/délégué général du Festival de Cannes revient sur son rapport au sport et à l’intériorité.

Vincent Raymond | Vendredi 26 février 2021

Thierry Frémaux : projection particulière

On était ressorti avec un sentiment mitigé de la lecture Sélection officielle (Grasset, 2017), le précédent ouvrage signé Thierry Frémaux, journal d’une année calendaire type de l’homme occupant l’un des centres de gravité du cinéma mondial — le Festival de Cannes — et gravitant dans tous les autres. Précieux mémoire décrivant de l’intérieur la structuration d’une saison “normale” dans la vie du 7e Art (sa foultitude de coulisses organisationnelles, ses mondanités nécessaires, ses voyages à décalages horaires partout mais aussi ailleurs…), gagnant à se détacher de l’actualité immédiate pour offrir de la matière aux historiens des temps futurs, l’ouvrage était aussi constellé de séquences moins gracieuses. À commencer par les catalogues épuisants de célébrités de tous poils et l’avalanche de fleurs jetées sur chacune et chacun qui, entre deux petites forfanteries cyclistes, donnaient de l’homme une impression floue : comme s’il ne s’était pas résolu à aller au-delà de l’écorce, reflétant

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Lavoir Public : l'appel à projets est lancé

1er arrondissement | Quel avenir pour le Lavoir Public ? Les candidats à sa reprise ont jusqu’au 16 avril pour se faire connaître auprès de la mairie du 1er arrondissement, qui a présenté l’appel à projets en conseil d’arrondissement le 17 février dernier. Avec pour mots clés "culture, solidarité, transition écologique", cette nouvelle ère sera différente de la première, gay-friendly. Quoique.

Nadja Pobel | Mercredi 24 février 2021

Lavoir Public : l'appel à projets est lancé

« Ce ne sera pas forcément un lieu LGBT à l’avenir, mais si des propositions en ce sens émanent, elles seront étudiées » confie le conseiller municipal en charge de la vie associative dans cet arrondissement, David Souvestre. « L’important est que ce lieu continue à être en lien avec les écoles, les lycées, les associations avoisinantes » poursuit-il, voulant qu’y règne la convivialité, l’accessibilité (avec des tarifs abordables) et que soient encouragées les rencontres dans une « démarche éco-responsable, avec lutte contre le gaspillage, nourriture de saison. » Ce qui semble évident en 2021... La culture doit être le troisième pilier du projet avec des travaux en diffusion ou en création. La mairie a conservé les planches faites sur mesure pour créer un plateau de jeu par-dessus les bacs du Lavoir. Car, édifié dans les années 30, ce lieu patrimonial a été durant huit années un mini-Berlin. Les soirées Arm aber sexy (pauvre mais sexy, terme emprunté au maire iconique de la capitale allemande Klaus Wo

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L’Institut Lumière aux rayons X de la Chambre Régionale des Comptes

Cinéma | Coutumier d’une certaine discrétion, parfois autarcique, l’Institut Lumière a été contraint à plusieurs séances de rayons X économiques prescrites par la Chambre Régionale des Comptes. Le bilan vient d’être rendu public : si la santé est plutôt correcte, le médecin formules quelques recommandations. Et pour commencer, de bien suivre les protocoles…

Vincent Raymond | Mercredi 24 février 2021

L’Institut Lumière aux rayons X de la Chambre Régionale des Comptes

La CRC (Chambre Régionale des Comptes) vient de publier trois Rapports d’observations définitives portant sur trois structures ayant leur siège rue du Premier-Film : Association Institut Lumière, Société Cinémas Lumière, Société Sortie d’Usine Productions. Trois études connexes puisque la même entité, l’Institut Lumière, les unit et la même personne, Thierry Frémaux, les chapeaute. Trois mémoires mettant au jour non ces

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Festivals d'été, faut pas rêver

Situation (sanitaire) : c'est compliqué | Si la ministre de la Culture se montre optimiste dans ses récents propos concernant les festivals d'été, c'est surtout parce qu'elle occulte tout ce qui concerne la jeunesse et les musiques qui se dansent, du rock à la techno en passant par le rap. Une vision "OK boomer" et bourgeoise de la culture qui laisse sur le carreau un pan entier de la création, et les emplois qui vont avec. Et des publics désemparés, à qui l'on fait croire à tort qu'ils pourront vivre normalement cet été. Explications et tour d'horizon des festivals lyonnais.

Sébastien Broquet | Mardi 2 mars 2021

Festivals d'été, faut pas rêver

C’est la pagaille. Euphémisme ! Solidays, Hellfest, Glastonbury, Garorock — ou Foreztival dans notre région : plusieurs des plus gros festivals européens prennent les devants et ont d’ores et déjà annoncé l'annulation de leur édition 2021. D'autres dévoilent comme si de rien n’était leur programmation et mettent en branle leur billetterie. Et Roselyne Bachelot continue de patauger dans une communication illisible, récupérant au passage l'idée des concerts test à Paris et Marseille dont elle n'est pas à l'origine (un écran de fumée pour les festivals : on ne voit pas à quoi les résultats, obligatoirement tardifs, leur serviront, a contrario des scientifiques — car il sera impossible pour la majorité d'entre eux d'appliquer les mêmes process sanitaires que lors de ces concerts soigneusement encadrés et gourmands en personnels ; à quoi bon essayer d'en organiser

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Roselyne Bachelot à Lyon cette semaine

Politique | La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, vient assister ce mercredi aux Victoires de la Musique Classique à l'Auditorium de Lyon.

Sébastien Broquet | Lundi 22 février 2021

Roselyne Bachelot à Lyon cette semaine

La ministre de la Culture sera à Lyon mercredi 24 et jeudi 25 février : Roselyne Bachelot, que l'on sait amatrice d'art lyrique, ne pouvait manquer les Victoires de la Musique Classique qui se dérouleront ce mercredi 24 février à l'Auditorium de Lyon. L'ancienne chroniqueuse des Grosses Têtes fera donc le déplacement en terre rhône-alpine afin d'assister à la cérémonie retransmise à 21h en direct sur France 3 et France Musique, et présentée par Marina Chiche et Stéphane Bern, avec l'Orchestre national de Lyon dirigé par Nikolaj Szeps-Znaider. Roselyne Bachelot se rendra ensuite jeudi matin à la Villa Gillet pour s'entretenir avec la directrice du lieu,

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Eliott Jane, esprit libre

French Pop | Après avoir étrenné sa soif d'absolu en groupe et en envolées punk, la Lyonnaise Eliott Jane livre un premier EP solo, "Liberté chérie", entre variété pop et new-wave flashy. Où elle explore les chemins, souvent contrariés, qui mènent à la liberté. Celle d'être soi, quoi qu'il en coûte.

Stéphane Duchêne | Vendredi 19 février 2021

Eliott Jane, esprit libre

Liberté Chérie. Si l'on doit être un peu honnête, voilà un titre qui résonnerait presque de toute l'incongruité possible, tant on a fini par davantage la polir, notre liberté, que par la chérir. Pour pas dire qu'on la délaisse : on l'aime bien, hein, mais on l'a remisée, contraints-forcés, dans un coin de notre vie, juste à côté des envies de resto, des pogos baveux, des virées chez mamie avec un rhume et de phrases du genre « oh, ça va, tu peux boire dans mon verre, j'ai pas la gale ». En dépit du contexte, Eliott Jane, elle, n'en a cure, sa Liberté avec un grand Elle, la chanteuse continue de la chérir et au passage, s'il faut, elle vous emmerde. D'ailleurs son EP était sinon déjà en boîte — elle l'a enregistré pendant le confinement — du moins passablement sur le métier au moment où l'on a commencé il y a un an à faire l'expérience des apéros Zoom en pyjama et des séances de step sur la table basse. Il faut dire que ladite Liberté, la sienne, est un peu plus vaste que celle qu'on questionne depuis le début de ce paragraphe. Elle est chevillée au corps de la c

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Nellie Bly, une folle aventure du récit en immersion

Bande Dessinée | La scénariste lyonnaise Virginie Ollagnier et la dessinatrice Carole Maurel se sont emparées du mythique reportage en immersion de Nellie Bly, "10 jours dans un asile", pour façonner un simili-biopic de la journaliste américaine, enfin mise en lumière en France ces dernières années grâce au travail salutaire d'Adrien Bosc, le boss des éditions du Sous-Sol. Les deux autrices sont en dédicace ce vendredi à la Librairie La BD à la Croix-Rousse.

Sébastien Broquet | Vendredi 19 février 2021

Nellie Bly, une folle aventure du récit en immersion

— Quel genre de travail cherchez-vous ? — Je ne sais pas, je suis si lasse... — Vous occuper d'enfants ? Porter une jolie coiffe et un joli tablier blanc ? — Je n'ai jamais travaillé de ma vie. — Vous devez apprendre. Toutes les femmes ont un emploi. — Vraiment ? Cela me surprend, elles sont affreuses. Comme les folles à l'asile. Ainsi débute ce récit situé en 1887, à New York. USA. Par ce dialogue et quelques scènes qui comme dans Shutter Island nous conduisent droit dans un asile, accompagnant un personnage qui ici est une héroïne. Sauf que... Dans le film de Scorsese, Leonardo DiCaprio se présente comme sain d'esprit et le twist repose sur le fait qu'il est justement l'un d'eux, de ces fous. Et qu'ici, Nellie Bly, puisque c'est d'elle dont on parle, c'est l'inverse : elle se fait passer, admirablement bien, pour folle afin d'intégrer le cauchemardesque Blackwell's Island Hopital en tant que pensionnaire. Pour écrire. Raconter. Témoigner. Car Nellie — de son véritable patronyme, Elizabeth Jane Cochrane —, est journaliste, engagée (du moins, en tant que pigiste) en cette même année 1887 par le célèb

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La nuit où U Roy entra dans l’Histoire

Reggae | Non, U Roy — décédé en cette nuit du 17 au 18 février 2021, à 78 ans — n’a pas inventé le ragga ni le rap comme on peut trop souvent le lire. Mais oui, il a bien révolutionné la musique jamaïquaine et fait aujourd’hui figure de pionnier du toasting, ayant enregistré les premiers disques du genre sous la houlette de Duke Reid, après avoir enflammé les dancefloors de Kingston en compagnie de King Tubby. Retour sur la nuit qui a tout fait basculer.

Sébastien Broquet | Jeudi 18 février 2021

La nuit où U Roy entra dans l’Histoire

C’est vendredi soir à Kingston, Jamaïque. Bientôt l’heure de la dance. Nous sommes en 1969. Le rocksteady est encore chaud, mais laisse progressivement sa place au reggae naissant dans les soirées où la foule des massives, c’est ainsi que l’on nomme les adeptes des sound-systems, est toujours avide de nouveautés. Les gars et les filles, de toutes générations, se pointent là pour siffler une Red Stripe, draguer, oublier les soucis de la semaine. Danser. C’est du sérieux : on supporte un sound-system à Kingston comme ailleurs une équipe de football. Ce vendredi soir de 1969, pourtant, n’est pas tout à fait comme les autres. Toute la semaine, les yards, ces cours où se rythme la vie quotidienne de Kingston, ont bruissé de rumeurs. On dit que vendredi, à la dance, quelque chose de vraiment spécial va se passer. Que King Tubby a préparé un truc d’envergure. L’excitation grimpe. Car Tubby, génial ingénieur du son, est réputé pour son sens de l’innovation. Il a monté son sound-system, le Home Town Hifi, l’année précéde

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Martha Spinoux-Tardivat, la pétillante nouvelle directrice des Clochards Célestes

Théâtre | À 34 ans, Martha Spinoux-Tardivat vient d’être nommée directrice des Clochards Célestes, où elle exerçait déjà en accompagnant avec entrain tant les artistes que les spectateurs et spectatrices. Portrait.

Nadja Pobel | Jeudi 18 février 2021

Martha Spinoux-Tardivat, la pétillante nouvelle directrice des Clochards Célestes

Depuis six années, Martha Spinoux-Tardivat est un phare aux Clochards Célestes. Enjouée, professionnelle tant à l’égard des compagnies invitées que du public, des professionnels et des étudiants qui parfois font halte pour leur formation dans ce théâtre de 49 places. Martha est arrivée sous l’ère d’Élisabeth Saint-Blancat et aura prolongé son apprentissage aux côtés de Louise Vignaud dans la foulée. Le 27 août dernier, elles étaient réunies sur la place Chardonnet pour un hommage à la comédienne-directrice décédée d’un cancer six jours plus tôt. Une cérémonie simple, chaleureuse et émouvante pour celle qui porta haut, de 1986 à 2017, cette maison fondée en 1978. Alors, quand Louise Vig

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Yann Nicol : « se contenter d'attendre le retour à la normale n'est pas raisonnable »

Fête du Livre de Bron | Passé entre les gouttes l'an dernier en se tenant un mois plus tôt que d'habitude, la Fête du Livre de Bron a attendu 2021 pour être rattrapée, comme tout le monde, par le Covid. Et à dû renoncer à se tenir autrement que virtuellement. L'occasion pour le festival brondillant de se repenser pour le présent et pour l'avenir et d'être au final plus... présent. Son directeur Yann Nicol nous explique comment.

Stéphane Duchêne | Mercredi 17 février 2021

Yann Nicol : « se contenter d'attendre le retour à la normale n'est pas raisonnable »

Le 2 février, la Fête du Livre a annoncé qu'elle se tiendrait en numérique. Une annonce qui a mis par terre plusieurs mois de préparation d'une édition qui se voulait adaptée à la situation sanitaire. Yann Nicol : Nous avons poussé jusqu'au bout pour essayer de tenir les choses mais au bout d'un moment la persévérance devient de l'entêtement. On a essayé de se mettre en situation de pouvoir répondre, d'être prêt avec une formule "en présentiel", comme on dit, plus adaptable. On avait notamment décidé de ne pas organiser le festival à l'hippodrome de Parilly parce que c'était un lieu très vulnérable à la fermeture, qui nous coûte cher, comme les locations de chapiteaux. Je ne voulais pas mettre de l'argent dans un lieu qui aurait trois chances sur quatre d'être fermé, ça me semblait complêtement déraisonnable. Et ouvrir l'hippodrome avec une jauge de 500 personnes, ça promettait d'être absolument sinistre. M

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"Le Voyage à Lyon" : Claudia, Elisabeth, Flora ou l’éternel retour

En VOD | Tourné à l’été dans une ville quasi déserte, "Le Voyage à Lyon" de Claudia von Alemann avait été présenté au Festival Lumière dans sa version restaurée en 2018. Et voici que Henri, la plateforme en ligne de la Cinémathèque Française, l’accueille à partir du 17 février. À voir !  

Vincent Raymond | Mercredi 17 février 2021

Près de quarante ans jour pour jour après sa sortie sur les écrans berlinois, c’est à une bien troublante expédition que convoque Le Voyage à Lyon (1981). À la fois fascinante par sa beauté de porcelaine et le duveteux de son grain de 16mm (merci la restauration 2K), stupéfiante de modernité quant à son propos (ne s’interroge-t-il pas, notamment, sur la difficulté pour une femme de faire admettre son statut d’égale de l’homme ?), cette fiction trouée de séquences documentarisantes raconte plusieurs histoires. Ou plutôt, plusieurs Histoires. La première est celle de l’héroïne, Elisabeth (la bressonienne Rebecca Pauly), jeune Allemande en rupture de ban conjugal et familial s’octroyant “une semaine de vacances” au bas mot à Lyon afin d’effectuer des recherc

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Eva Offredo : un Japon graphique pour petits et grands

Kids | Voyage en circuit court au lointain. C'est que propose la maison d’édition lyonnaise Maison Georges avec ce merveilleux ouvrage d'Eva Offredo pour enfants, pour tout savoir du Japon via les femmes qui font ce pays.

Nadja Pobel | Mardi 16 février 2021

Eva Offredo : un Japon graphique pour petits et grands

Higasa est ensableuse, Kodomo artiste chingogu, Chawan restauratrice kintsugi. Le vocabulaire n’est pas un verrou mais un délicat mystère qui se résout au fil des pages et des dessins d’Eva Offredo dans Yahho Japon (Yahho étant le « salut que s’adressent les petites filles japonaises »). À travers le portrait de huit femmes se révèle un Japon à la fois ancestral et archi contemporain, pratique et plus contemplatif. À hauteur d’enfants (dès 7 ans), l’autrice et illustratrice n’oublie pas de glisser quelques fondamentaux d’aujourd’hui, sans en faire des slogans : l’écriture inclusive qui ne concerne que quelques mots ici, une attention particulière à un personnage qui préfère moquer plutôt que déifier la surconsommation — en faisant des œuvres muséales d’une capuche à hublots ou d’un refroidisseur de nouilles. Chaque récit — une couleur monochrome attribuée à chacun d’eux — se décline en dix planches qui frayent parfois avec les poupées russes tant l’une entraîne l’autre. Ainsi, en marron, via Tsuyu, meunière et maîtresse soba, il est question

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Au pôle Arts vivants de Vaise, toujours des craintes quant à l’avenir

Bibliothèque | Dans nos colonnes, l’adjointe à la culture Nathalie Perrin-Gilbert, interpellée via une pétition des usagers du département Art vivants de la médiathèque de Vaise, affirmait le mois dernier qu’il n’était « pas question de démanteler ce pôle Arts vivants, bien au contraire ! ». Une partie du personnel doute de l’application de cette volonté.

Nadja Pobel | Jeudi 18 février 2021

Au pôle Arts vivants de Vaise, toujours des craintes quant à l’avenir

Le pôle Arts vivants de Vaise est en réorganisation. Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture de la Ville de Lyon, a récemment présenté son projet pour sa refonte. Marc Fintzi, délégué syndical SUD, en est « très content » — mais il dit « craindre que l’administration ne bouge pas » et soit sourde aux paroles de l'élue, qui affirme notamment que le « même nombre de personnes dédiées au pôle » serait conservé, notamment en recrutant un bibliothécaire dédié suite au départ à la retraite de la personne qui occupait le poste précédemment. C’est là que le bât blesse pour le syndicaliste. La fiche de recrutement est selon lui trop vague : « c’est un poste qui s’occupe de coordination transversale et non de la création. Ce n’est pas tellement "arts vivants " ». Plus précisément, il est question d’assurer « la gestion, l’animation et le développement du pôle Arts vivants et Création — Ce pôle couvre les domaines suivants : Littérature

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Festivals de cinéma : reports pour les Reflets et Les Intergalactiques

Cinéma | Les Reflets du Cinéma Ibérique et Latino-américain comme Les Intergalactiques, échaudés, ont d'ores et déjà ciblé le mois de septembre pour leur édition 2021.

Vincent Raymond | Mardi 9 février 2021

Festivals de cinéma : reports pour les Reflets et Les Intergalactiques

Le 7 février, le symbolique cap des 100 jours de fermeture consécutifs pour les salles de spectacles et de cinéma a été franchi. Prudence étant mère de sûreté, les festivals prennent les devants et commencent à annoncer des décalages, des reports ou des aménagements. Il faut dire que l’exemple vient d’en haut : la Berlinale se déroulera du 1er au 5 mars en ligne et Cannes (qui avait tant tergiversé l’an dernier) s’est positionné du 6 au 17 juillet sur la Croisette. Bien malchanceux en 2020 (le premier confinement les avait frappés de plein fouet, même s’ils avaient pu proposer une version allégée après l’été), Les Reflets du Cinéma Ibérique et Latino-américain ont ainsi choisi de renoncer au mois de mars, ciblant la quinzaine entre le 22 septembre et le 6 octobre, pour une mise à l’honneur « de l’Espagne, du Portugal, du Mexique ». Du côté des Intergalactiques, on la joue aussi rebelote : le 9e édition ne pouvant se tenir en avril 2020 avait é

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"Boire pour éteindre, fumer pour rallumer" : mission pour Mars

Street Art | Gilles Ducloux avec ce documentaire rend hommage à Martial Noury, street artiste des Pentes plus connu en tant que Mars, retrouvé mort en 2019.

Vincent Raymond | Mardi 9 février 2021

Le 16 août 2019, le corps sans vie de Martial Noury est retrouvé dans le Rhône en Ardèche. Street artiste plus connu sous le nom de Mars, cette figure pittoresque (et tatouée) de ce qui reste de marges punk croix-roussiennes menait l’existence des gens vivant dans la rue : soumise aux aléas du quotidien et exposée à mille dangers. Sa disparition fut donc moins une surprise qu’un choc pour ses amis et ses proches. L'autopsie ne révélant aucune trace d’eau dans ses poumons (excluant donc la noyade), ceux-ci manifestèrent le désir qu’une enquête approfondie soit menée afin de connaître les circonstances exactes de la mort de Mars : accidentelle ou… criminelle. Gilles Ducloux, qui avait le projet de consacrer un documentaire à Martial Noury, a ainsi changé son fusil d’épaule et sa démarche. S’ouvrant sur une quinzaine de minutes d’images du disparu plein cadre, pantin désarticulé et poétique expliquant sa philosophie artistique, son film Boire pour éteindre, fumer pour rallumer tente ensuite, avec une maladresse touchante et dans un brouhaha af

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Christophe Simplex : « de l'inédit, rien que de l'inédit »

Lyon, capitale du rock | Musicien, collectionneur compulsif de matière lyonnaise et véritable historien du rock d'ici, Christophe Simplex a monté en 2019 le label Simplex Records, maison portée sur l'artisanat local et l'édition d'inédits et autres trésors cachés de la scène locale des années 60 à 80. Rencontre avec ce puriste quelques semaines après la sortie de la quatrième référence du label, disque d'inédits assez ravageurs du combo 80's Floo Flash, et avant celle qui mettra à l'honneur le Villa Borghese de Gérard Maimone.

Stéphane Duchêne | Vendredi 5 février 2021

Christophe Simplex : « de l'inédit, rien que de l'inédit »

Vous êtes une figure plutôt connue de la scène lyonnaise. Pour commencer peut-on revenir sur votre parcours ? Christophe Simplex : j'ai commencé avec un fanzine, M. Hublot, en 1989 et fait beaucoup de radio, toujours centré sur le rock lyonnais. Pas mal de presse écrite nationale aussi puisque j'ai travaillé pour Jukebox Magazine pendant une vingtaine d'années. Parallèlement à ça, j'ai été chanteur dans différents groupes, notamment Les Inoxydables dans les années 90 avec lesquels j'ai fait un album. Et dans les années 2000, le groupe Deuce qui a duré une quinzaine d'années : deux albums et beaucoup de concerts. Comment vous est venu l'idée de créer Simplex Records ? J'ai toujours été intéressé par le rock lyonnais et toujours collectionné les disques. À partir des années 90, je me suis mis à collectionner ceux de groupes lyonnais sur la période année 60-début 90, notamment des vinyles. Ça m'a amené à m'intéresser aux studios lyonnais qui existaient dans les a

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