Cinéma in vitro

| Mercredi 29 novembre 2006

Photo : Propos sur le sida de Vincent Boujon


Festival / Pour la 20e année, le festival À nous de voir à Oullins cherche à abattre les clichés sur le cinéma scientifique, en ouvrant grand les vannes de ses sélections sur des questions de société, accueillant des documentaires dont les sujets et la forme garantissent à la manifestation un caractère populaire et présentant l'ensemble avec un souci constant de pédagogie (chaque séance est précédée d'une conférence ou d'un débat). Deux grands cinéastes ont cette année les honneurs du festival : Frederic Wiseman et Gérard Mordillat. Wiseman, c'est un peu le Depardon américain. On connaît ses grandes enquêtes documentaires sur les institutions que sont Welfare et Public Housing, moins ses films consacrés aux comportements des animaux ; c'est cet aspect de son œuvre qui sera discuté à Oullins, avec une conférence et un film, Primate. Quant à Gérard Mordillat, après une carrière en demi-teintes comme réalisateur de fictions, c'est bel et bien le documentaire (et sa rencontre avec Jérôme Prieur) qui lui offrit un second souffle : un film sur Antonin Arthaud, et une longue enquête historico-scientifique sur le Christ, Corpus Christi, présentée cette année. Pour ce qui est des thèmes retenus pour cette édition, cinq programmes se pencheront sur la question de la sexualité, quatre traiteront de l'économie. On s'arrêtera sur cette dernière thématique puisque, dans un probable souci de rigueur intellectuelle, le festival y alternera documentaires plutôt critiques sur la mondialisation et ses conséquences (malbouffe, faillite du politique...) et visions «humaines» du point de vue des petits patrons. Enfin, la traditionnelle nuit de la science-fiction sera cette année moins portée sur le cinéma d'anticipation parano, mais vers le futur animé, avec des choses aussi recommandables que Final Fantasy, Métal Hurlant ou le méconnu Gandahar, un des chefs-d'œuvre du regretté René Laloux...CCÀ nous de voirÀ la MJC de Oullins du 23 novembre au 3 décembrewww.mjc-oullins.com

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Passé, présent, futur

ECRANS | Actu / Le Festival À nous de voir de Oullins a 25 ans. Un quart de siècle que cet événement consacré aux films scientifiques explore tous les domaines de (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 10 novembre 2011

Passé, présent, futur

Actu / Le Festival À nous de voir de Oullins a 25 ans. Un quart de siècle que cet événement consacré aux films scientifiques explore tous les domaines de son concept : sciences dures, mais aussi sciences sociales, sciences de la terre et de l’environnement… Pour cette édition anniversaire, À nous de voir récapitule avec panache cette ouverture maximale. D’abord en choisissant la réactivité face à l’actualité : l’Histoire en marche du côté des pays arabes sera doublement représentée au sein de sa sélection, avec Tahrir (place de la libération) de Stefano Savona et Fragments d’une révolution, montage de documents amateurs tournés pendant l’insurrection réprimée en Iran. Actualité encore avec un double programme consacré à la crise financière où seront projetés Les Coulisses de la crise d’Hervé Vacheresse et La Stratégie du choc de Michael Winterbottom. Actualité enfin avec la venue d’Ariane Doublet, une des grandes documentaristes françaises, qui présentera son dernier film, La Pluie et le beau temps, où elle évoque la mondialisation à travers la production du lin en France et son exploitation en Chine. Dans ce festival riche en proposi

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Laboratoires d’images

CONNAITRE | Les images de la guerre, la question du travail, les mutations urbaines… Les thèmes du 24e festival À nous de voir ne dépareilleraient pas au milieu d’un (...)

Christophe Chabert | Jeudi 11 novembre 2010

Laboratoires d’images

Les images de la guerre, la question du travail, les mutations urbaines… Les thèmes du 24e festival À nous de voir ne dépareilleraient pas au milieu d’un grand forum d’actualité façon Libé. Mais non ; la manifestation reste fidèle à son projet initial : expliquer la science à travers le regard des cinéastes, qu’ils soient documentaristes, cinéastes de fiction, ou qu’ils aillent au gré de leur carrière de l’un à l’autre. C’est le cas cette année de trois personnalités importantes : Sergey Loznitsa, dont le premier film de fiction, "My joy", sort justement cette semaine sur les écrans. À Oullins, on pourra découvrir un de ces documentaires, "Blockade", qui retrace à travers un montage d’archives resonorisées le siège de Saint-Petersbourg pendant la Deuxième Guerre mondiale ; René Vauthier, auteur du film référence sur la guerre d’Algérie, "Avoir vingt ans dans les Aurès". Un cinéaste engagé et infatigable, victime de la censure, dont le festival présentera un court métrage de 1971, mais aussi un documentaire sur son travail, "Algérie, images d’un combat", signé Jérôme Laffont ; enfin, José Luis Guerin, cinéaste barcelonais qui s’était fait connaître avec le beau "Innisfree", où il re

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Viens voir les physiciens…

ECRANS | La place particulière que tient dans le paysage des événements cinématographiques lyonnais le festival À nous de voir tient à son thème : le film scientifique. (...)

Christophe Chabert | Vendredi 13 novembre 2009

Viens voir les physiciens…

La place particulière que tient dans le paysage des événements cinématographiques lyonnais le festival À nous de voir tient à son thème : le film scientifique. D’où question : qui es-tu, le film scientifique ? Certainement pas un machin bricolé avec le caméscope de mamie dans un labo par un chercheur en physique quantique ou le délire d’un geek fabriquant, tel Woody Harrelson dans l’épouvantable 2012, des vidéos animées expliquant que la fin du monde est pour demain… À nous de voir propose à l’inverse des films scientifiques qui sont avant tout des œuvres d’auteur et de recherche au sens cinématographique autant que scientifique du terme. C’est leur réunion en thématiques qui finit par poser des questions globales et actuelles sur le monde dans lequel nous vivons. Pour son édition 2009, le festival présente ainsi un triptyque opportun et éloquent autour d’Internet. Le web 2.0 et son utopie participative sont ainsi interrogés dans leurs possibles politiques (La Campagne du net, sur son efficacité démocratique), via l’explosion des blogs (Twenty show, où des jeunes racontent leur rapport à cet outil banalisant la fiction de soi) et, plus étonnant, l’apparition du web-documentaire int

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Scientiflicks !

ECRANS | Quoi de commun entre la maladie d’Alzheimer, l’analyse d’une toile de maître, le quotidien d’un chirurgien au bloc opératoire ou la diminution de la (...)

Christophe Chabert | Jeudi 13 novembre 2008

Scientiflicks !

Quoi de commun entre la maladie d’Alzheimer, l’analyse d’une toile de maître, le quotidien d’un chirurgien au bloc opératoire ou la diminution de la fécondité masculine dans les espèces animales ? Ce sont tous des sujets abordés par un des films présentés au cours de la 22e édition d’À nous de voir. Cela devrait suffire à convaincre de l’approche extrêmement large et variée que le festival a de la science : sciences dures, sciences humaines, sciences sociales et même science de l’art. «Ça fait très longtemps qu’on cherche à être sur toutes les sciences» confirme Pascale Bazin, déléguée générale de la manifestation. «Sachant que le festival pose aussi la question de comment la science affecte notre environnement et en quoi elle concerne en priorité l’individu». Autrement dit : pas de déconnexion entre le quotidien et les œuvres présentées, mais une authentique interaction qui se traduit par la formule adoptée pour «montrer» les films : chaque projection est suivie d’un débat avec un intervenant, qu’il soit cinéaste, chercheur, scientifique ou, plus inattendu, game designer ou infirmière ! Les films plutôt que les sujetsAinsi, l’ambition du festival a toujours été d’établ

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Images sans équations

CONNAITRE | Avec À nous de voir, c'est chaque année la même histoire. Il faut faire tomber les préjugés : un festival de films scientifiques ? À Oullins, en plus ? Sur le (...)

Christophe Chabert | Mercredi 28 novembre 2007

Images sans équations

Avec À nous de voir, c'est chaque année la même histoire. Il faut faire tomber les préjugés : un festival de films scientifiques ? À Oullins, en plus ? Sur le papier, ça fait forcément un peu peur... Mais voilà, le festival aime autant le cinéma que les leçons scientifiques, et le "thème" des films présentés, même s'il offre ensuite la matière à un débat avec des invités "spécialisés", n'interdit pas de le déborder par une approche d'auteur. Prenons un des programmes les plus stimulants de cette édition... Consacré à l'autisme, il se divise en trois parties : un documentaire de cinquante deux minutes signé Adrien Rivollier traitant de la musicothérapie comme approche communicative pour les enfants autistes (Les Notes au-delà des maux), puis le portrait intime que Sandrine Bonnaire a réalisé sur sa sœur malade (Elle s'appelle Sabine) et finalement une rencontre avec un écrivain (Jacqueline Berger) et un médecin (Anne Visdomine)... De l'objectif de la caméra à l'objectivité du regard scientifique, en passant par la subjectivité du drame personnel, ce programme dessine un cercle parfait qui montre que les regards peuvent se croiser et s'enrichir. Le quotidien extraordinaire

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