«Le cinéma doit s'inventer un âge classique»

ECRANS | Entretien avec Thierry Frémaux, directeur de l'Institut Lumière et du festival Lumière.

Dorotée Aznar | Mercredi 30 septembre 2009

Petit Bulletin : Quel est votre objectif avec ce festival Lumière ? Donner une image différente de la cinéphilie ? Créer un engouement populaire autour du cinéma de patrimoine ?
Thierry Frémaux : Avec Bertrand Tavernier et Gérard Collomb, notre objectif est d'abord d'organiser un événement de cinéma à Lyon qui est l'une des rares grandes villes européennes et française à ne pas en avoir. Deuxièmement, un événement de grande envergure, populaire, grand public : rester entre spécialistes ne nous intéresse pas. Nous voulions aussi un festival qui corresponde à l'image de la ville et qui s'inscrive dans une problématique d'aujourd'hui : il est vite apparu naturel de se consacrer à l'histoire du cinéma parce que Lyon en est la ville natale mais aussi parce que la “civilisation numérique” est au coeur de la cinéphilie à travers les DVD, les restaurations, la VOD. On est actuellement dans un cycle très actif, à échelle internationale, et on souhaite en être le reflet, et dire que le cinéma doit s'inventer un “âge classique”, comme on le dit de la littérature ou de la musique. Si c'est à Lyon que ça se fait dans les années qui viennent, si on arrête de parler de “vieux films” et de dire que c'est passéiste d'aimer les films de John Ford, de Maurice Pialat ou les comédies de Woody Allen, Georges Lautner ou Ettore Scola, on aura gagné notre pari.

Le festival s'est construit autour du Prix Lumière, une idée que vous évoquiez depuis de nombreuses années comme un “prix Nobel du cinéma”. Pourquoi a-t-il fallu autant de temps pour voir aboutir ce projet ?
Le temps est toujours un allié à Lyon. Un tel projet nécessite un peu d'argent et de l'intérêt politique. Les conditions n'ont pas toujours été réunies dans le passé ; peut-être aussi n'étions-nous pas prêts. Là, il est clair que les élus du Grand Lyon et de la Région Rhône-Alpes d'un côté et le public de l'autre sont dans une dynamique favorable. Ça tombe bien, nous aussi ! 2500 personnes dans l'Amphithéâtre de la Cité Internationale seront là pour “remercier” Clint Eastwood : il faut savoir prendre le temps de l'admiration et de la reconnaissance.

Pourquoi et comment ce choix s'est-il porté sur Clint Eastwood ?
Le Prix Lumière, que nous avons imaginé avec Bertrand Tavernier, récompensera chaque année un cinéaste pour l'ensemble de son oeuvre mais aussi pour le lien qu'il entretient avec l'histoire du cinéma. Nous avons réuni quelques spécialistes mondiaux, qui seront d'ailleurs présents à Lyon, en leur demandant vers qui irait leur préférence : le nom de Clint Eastwood s'est vite dégagé. Et qui pourrait contester la pertinence de ce choix : Eastwood a une oeuvre de cinéaste et d'acteur incomparable et il est animé par un magnifique esprit d'admiration et de fidélité à ses aînés. Et en même temps, c'est un cinéaste actif, qui vient de terminer un film en Afrique du Sud et qui en commence un autre bientôt. Rien de passéiste, donc. On ne pouvait guère rêver mieux. Quand il a accepté, nous étions fous de joie. Je sais que nous ne sommes pas les seuls !

Le festival bénéficie d'un budget important...
Au moment où nous nous parlons, le moment du bouclage et des finitions, nous aimerions que le budget soit plus élevé ! Tout dépend à quoi on se compare. Le Grand Lyon et la Région Rhône- Alpes ont répondu présents, comme les partenaires historiques de l'Institut Lumière, le CNC, la Ville de Lyon ou le Département du Rhône. De nombreux partenaires privés ont suivi et une multitude d'entreprises lyonnaises. Cet engouement nous a beaucoup frappés. Encore une fois, le moment est favorable.

Comment ce budget est-il réparti ?
L'organisation, la communication, la programmation, rien que de très classique. Comme dans le cinéma d'Howard Hawks : tout l'argent est sur l'écran ! Nous avons dû renforcer l'équipe de l'Institut Lumière. Et pour une première année, nous avons fait quelques investissements : une projection à la Halle Tony Garnier nécessite un peu d'exigence si on veut que cela soit spectaculaire. Quand Clint Eastwood viendra y présenter Le Bon la Brute et le Truand, il va être épaté. Comme les 4 000 lyonnais qui ont déjà acheté leur place…

Le festival a-t-il contribué financièrement à la restauration de certaines copies ? Est-ce un objectif pour les prochaines éditions ?
C'est en effet l'un de nos objectifs : que le Festival ne se contente pas de montrer des films mais contribue à la préservation et à la restauration du cinéma classique. Notre carburant, ce sont les oeuvres et nous voulons des copies restaurées, des projections de qualité. Le festival a donc contribué financièrement à la restauration des films de Sergio Leone avec la Cineteca de Bologne. Des distributeurs ont aussi profité de l'occasion pour montrer des films qui seront bientôt dans les salles. Nous en profitons aussi pour commencer par le début : les films Lumière, restaurés en numérique haute définition, avec le soutien de la famille Lumière et de l'État. C'est une splendeur. Et on y a ajouté quelques surprises en avantpremière mondiale ! Même pour les Lumière, on peut encore surprendre.

Comment envisagez-vous la place du festival dans la mission générale de l'Institut Lumière ? Comme un complément luxueux ? Ou comme une vitrine ?
Comme quelque chose de naturel. La perspective de l'Institut Lumière est triple : tout d'abord renforcer la structure permanente qui gère des collections, une programmation, des actions du côté des scolaires ou de l'édition, ensuite veiller sur le site de la rue du Premier-Film pour lequel nous, la Ville de Lyon et les Lyonnais avons des responsabilités historiques et enfin aller vers l'événementiel sans lequel tout cela resterait dans l'ombre. Le festival est un moteur de développement de l'Institut Lumière, dont les missions sont ainsi plus que jamais réaffirmées. C'est notre “Champion's League” à nous ! Mais nous ne délaissons pas le championnat pour autant. Juste après le Festival, nous accueillerons Terry Gilliam !

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Thierry Frémaux : projection particulière

Récit | Avant les tapis rouges, Thierry Frémaux a longtemps foulé avec une respectueuse gravité les tatamis de judo. Dans "Judoka", un récit où rien ne fait écran à cette part d’intime, le directeur général de l’Institut Lumière/délégué général du Festival de Cannes revient sur son rapport au sport et à l’intériorité.

Vincent Raymond | Vendredi 26 février 2021

Thierry Frémaux : projection particulière

On était ressorti avec un sentiment mitigé de la lecture Sélection officielle (Grasset, 2017), le précédent ouvrage signé Thierry Frémaux, journal d’une année calendaire type de l’homme occupant l’un des centres de gravité du cinéma mondial — le Festival de Cannes — et gravitant dans tous les autres. Précieux mémoire décrivant de l’intérieur la structuration d’une saison “normale” dans la vie du 7e Art (sa foultitude de coulisses organisationnelles, ses mondanités nécessaires, ses voyages à décalages horaires partout mais aussi ailleurs…), gagnant à se détacher de l’actualité immédiate pour offrir de la matière aux historiens des temps futurs, l’ouvrage était aussi constellé de séquences moins gracieuses. À commencer par les catalogues épuisants de célébrités de tous poils et l’avalanche de fleurs jetées sur chacune et chacun qui, entre deux petites forfanteries cyclistes, donnaient de l’homme une impression floue : comme s’il ne s’était pas résolu à aller au-delà de l’écorce, reflétant

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L’Institut Lumière aux rayons X de la Chambre Régionale des Comptes

Cinéma | Coutumier d’une certaine discrétion, parfois autarcique, l’Institut Lumière a été contraint à plusieurs séances de rayons X économiques prescrites par la Chambre Régionale des Comptes. Le bilan vient d’être rendu public : si la santé est plutôt correcte, le médecin formules quelques recommandations. Et pour commencer, de bien suivre les protocoles…

Vincent Raymond | Mercredi 24 février 2021

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La CRC (Chambre Régionale des Comptes) vient de publier trois Rapports d’observations définitives portant sur trois structures ayant leur siège rue du Premier-Film : Association Institut Lumière, Société Cinémas Lumière, Société Sortie d’Usine Productions. Trois études connexes puisque la même entité, l’Institut Lumière, les unit et la même personne, Thierry Frémaux, les chapeaute. Trois mémoires mettant au jour non ces

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Métropole de Lyon : 200 000 euros pour le Festival Lumière

Covid-19 | La commission permanente de la Métropole de Lyon a voté ce lundi 14 septembre une subvention exceptionnelle de 200 000€ pour garantir la tenue d'un Festival Lumière fragilisé par la crise sanitaire.

Sébastien Broquet | Mardi 15 septembre 2020

Métropole de Lyon : 200 000 euros pour le Festival Lumière

Cédric Van Styvendael, tout nouveau vice-président à la Culture de la Métropole de Lyon — et maire de Villeurbanne — l'annonçait dans nos colonnes en juillet : c'est une année compliquée pour le Festival Lumière et Thierry Frémaux, son directeur, n'avait alors pas réuni la totalité des fonds nécessaires à l'organisation du festival dans sa forme habituelle, suite au désistement de mécènes durant la crise sanitaire. Ce petit coup de pression d'une nouvelle équipe tout juste élue n'était pas passé inaperçu, d'autant que celui qui est présenté comme le "monsieur cinéma" de Lyon n'avait alors rencontré ni Cédric Van Styvend

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Thierry Frémaux : « pourquoi Lyon, sa ville natale, n’en fait-elle pas plus pour le cinéma et les Lumière ? »

Institut Lumière | Alors qu’il vient de délivrer la liste des 57 films dotés du label Cannes 2020, Thierry Frémaux évoque la situation actuelle du cinéma post-Covid, et notamment ses impacts possibles sur l’Institut et le Festival Lumière qu’il dirige. Cela, l’année des 125 ans du Cinématographe Lumière. Une année particulière…

Vincent Raymond | Mardi 9 juin 2020

Thierry Frémaux : « pourquoi Lyon, sa ville natale, n’en fait-elle pas plus pour le cinéma et les Lumière ? »

Après l’annonce de la sélection officielle du 73e festival de Cannes mercredi dernier, quel a été votre sentiment : du soulagement, des regrets ou de l’impatience ? Thierry Frémaux : Chaque année, je me demande ce qui va empêcher que Cannes se tienne, et chaque année — miracle — rien ne pose problème ; là on a bien vu que l’affaire était sérieuse. Le report au mois de juillet nous a permis d’espérer tout en n’y croyant guère et quand le président de la République a dit « il ne se passera rien cet été », on a compris. Mais on a eu la conviction qu’il fallait rester présent. On recevait des films — plus de 2000 –, ça nous a obligé. Cannes ne pouvait pas avoir lieu sous forme d’événement mais Cannes n’est pas que ça : c’est une distinction, c’est un goût, une façon de mettre le cinéma au cœur du monde ; on a décidé de lui faire prendre une forme différente et d’abord d’annoncer une Sélection officielle et de réunir les professionnels en ligne. Mercredi dernier, grâce à

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Lumière se rallume avec son Festival (et Audiard)

Festival Lumière | Le Festival Lumière, qui se déroulera (presque) comme prévu en octobre prochain, dévoile les premiers noms de sa programmation.

Vincent Raymond | Jeudi 28 mai 2020

Lumière se rallume avec son Festival (et Audiard)

Après deux mois d’extinction des feux et de quasi silence médiatique, l’Institut Lumière sort de sa veille. Dans la soirée du mercredi 27 mai, son directeur général Thierry Frémaux signait un communiqué adressé aux publics, adhérents et abonnés pour les informer que l’équipe, partiellement de retour depuis le 11 mai, réfléchissait « à une réouverture pertinente et cohérente de [ses] différents secteurs » — soulignant au passage que le mode de fonctionnement de l’Institut consistait « depuis plusieurs années (…) à ne pas faire abusivement et systématiquement appel aux subventions publiques, plus utiles à [ses] yeux pour d’autres causes et dont l’usage systématique a parfois dégradé dans l’opinion l’image des institutions culturelles. » Indiquant qu’il annoncerait ultérieurement les modalités diverses de remboursement ou de compensation pour les personnes n’ayant pu assister aux séances déjà payées, il glissait aussi que le Festival Lumière était dans la liste des tâches en cours. Comme u

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Thierry Frémaux et Cécile Bourgeat : « dans dix ans, le cinéma classique continuera d'être partout »

Festival Lumière | À la veille de l’ouverture de la 10e édition du Festival Lumière, il nous semblait naturel d’interroger celui qui en est à l’origine, le dirige en assumant par ailleurs au cours de l’année les fonctions de directeur de l'Institut Lumière et de délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux. Il a choisi de répondre avec Cécile Bourgeat, secrétaire générale du festival — une première. L’occasion d’évoquer le passé, le futur immédiat, mais aussi l’avenir.

Vincent Raymond | Lundi 15 octobre 2018

Thierry Frémaux et Cécile Bourgeat : « dans dix ans, le cinéma classique continuera d'être partout »

En neuf éditions, le festival a-t-il pris la forme que vous escomptiez et atteint sa forme d’équilibre : dix jours, des rendez-vous et des lieux clairement identifiés, et peu ou prou 180 films ? Thierry Frémaux : Le festival Lumière a pris la forme populaire dont nous rêvions, et plus encore. Nous voulions ça : un festival pour tous, une pâtisserie de cinéma classique qui donne le désir d'aller en salles voir ou revoir de grands films. À quelques jours du festival, nous avons déjà vendu 80 000 tickets ! Cécile Bourgeat : Le souhait au départ était de permettre au public de goûter le cinéma de multiples manières : en allant voir des films en salles, en écoutant des artistes dans des masterclass, en se rendant au village pour acheter des DVD et des livres, pour écouter des comédiens sur le plateau de Radio Lumière. C’est bien que la ville natale du cinéma le célèbre ainsi, avec le sentiment que tout le monde y participe. Et ce tout le monde, c’est aus

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Lumière : et la couleur fut

Exposition | La très réussie exposition consacrée aux frères Lumière s'installe dès cette semaine au Musée des Confluences, légèrement revisitée : une plongée dans l'histoire d'une famille, mais surtout aux origines du cinéma comme de la photographie couleur.

Sébastien Broquet | Mardi 13 juin 2017

Lumière : et la couleur fut

Évidemment ! L'on pénètre dans le dédale en gardant un œil sur l'une des trois vues de La Sortie de l'usine : comme au Grand Palais à Paris et comme à Bologne où elle a fait halte auparavant, l'exposition Lumière ! le cinéma inventé, s'ouvre par le premier film de l'Histoire, tourné à quelques encablures. Car enfin, la voici à la maison, cette exposition : « nous avions souhaité débuter à Paris, au Grand Palais, à proximité de là où a eu lieu la première séance publique de cinéma » explique Thierry Frémaux, le directeur de l'Institut Lumière, qui s'est mis dans la peau du guide le temps d'une visite. Sa verve légendaire trouve ici matière à faire feu de tout bois : tout dans cette exposition prête à l'anecdote, à la digression, au plaisir de conter cet éternel sujet pour nuits blanches qu'est le cinéma. Mais pas seulement. Et c'est là, aussi, la grande richesse de ce rendez-vous avec le Musée des Confluences : la geste des frères Lumière ne se limite pas au cinéma. Frémaux le rappelle : « ils arrêtent le cinéma car ils pensent avoir rempli leur mission, et veulent inventer la photographie couleur

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"Lumière ! L’aventure commence" : retour en salles

ECRANS | de Louis Lumière et de nombreux opérateurs (Fr, 1h26) documentaire commenté par Thierry Frémaux

Vincent Raymond | Mardi 24 janvier 2017

Qui a déjà assisté à une séance d’ouverture/clôture du Festival Lumière, voire à l’invitation à un(e) cinéaste ou à quelque personnalité rue du Premier-Film, a forcément entendu Thierry Frémaux s’acquitter d’un commentaire en direct de vues Lumière, dévidant force anecdotes historiques sur le mode badin — il est rompu à cet exercice depuis le Centenaire du Cinématographe, en 1995. Ces inestimables bobines des premiers temps du 7e art venant d’être restaurées numériquement, l’idée a germé d’en faire revivre une sélection sur grand écran, histoire que les yeux du XXIe siècle redécouvrent le monde du XIXe. Au bilan, 108 vues figurent dans ce programme composé suivant des chapitres thématiques plus que chronologiques ; 108 ultra courts métrages “escortés” par la voix du patron de l’Institut Lumière — son ton ici plus solennel qu’à l’accoutumée, atteste qu’il est conscient de l’éternité à laquelle il se soumet en posant son timbre sur ces enveloppes cinématographiques. Projetés dans le respect de la vitesse du tournage — donc sans ces odieux accélérés transformant le moindre plan en saynète comique

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Thierry Frémaux reste à l'Institut Lumière

ACTUS | L’information, publiée par Tribune de Lyon, s’est propagée dans la ville comme une traînée de poudre ces derniers jours : l’emblématique Thierry Frémaux, (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 5 février 2016

Thierry Frémaux reste à l'Institut Lumière

L’information, publiée par Tribune de Lyon, s’est propagée dans la ville comme une traînée de poudre ces derniers jours : l’emblématique Thierry Frémaux, directeur de l’Institut Lumière, âme du festival Lumière, également délégué général du Festival de Cannes, a été approché par un grand groupe du privé et pourrait céder aux sirènes d’un salaire mirobolant et d’un nouveau challenge. En laissant un vide à Lyon… Du côté de la Ville, un élu nous confirmait aujourd’hui même être au courant depuis décembre de cette sollicitation, sans sembler inquiet outre-mesure. Et pour cause : dès ce soir, Thierry Frémaux a choisi de clarifier la situation par le biais d’un communiqué sur le site de l’Institut Lumière : sans grande surprise, il reste. À Cannes comme à l’Institut Lumière. « L’information parue récemment dans la presse sur la sollicitation professionnelle dont je fais l’objet est exacte, même si cette offre date de plusieurs semaines. C’est après une longue réflexion que j’ai pris la décision de ne pas l’accepter et de conserver les fonctions qui sont les miennes au Festival de Cannes, ainsi qu’à l’Institut Lumière à

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114 films des frères Lumière sur grand écran

ECRANS | Ce fut l'un des événements du dernier festival de Cannes : la projection d'un montage de 114 films des frères Lumière, restaurés en très haute définition (...)

Benjamin Mialot | Mardi 25 août 2015

114 films des frères Lumière sur grand écran

Ce fut l'un des événements du dernier festival de Cannes : la projection d'un montage de 114 films des frères Lumière, restaurés en très haute définition pour l'occasion. Mardi 29 septembre à 20h, l'Institut Lumière vous invite à découvrir ces images historiques à l'Auditorium, le temps d'une projection commentée par l'inénarrable Thierry Frémaux (et accompagnée au piano en direct par Romain Camiolo). De quoi s'échauffer la rétine avant le grand raout cinéphile maison qui consacrera Martin Scorsese deux semaines plus tard.

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Thierry Frémaux

ECRANS | Directeur de l’Institut Lumière, délégué général du festival de Cannes. CC

Dorotée Aznar | Mercredi 8 décembre 2010

Thierry Frémaux

Petit Bulletin : De 1997 à aujourd'hui, quelle est votre vision de l'évolution culturelle de Lyon ? Thierry Frémaux : Vaste question ! L'évolution culturelle de Lyon, comme souvent dans cette ville, passe par la gestion lente mais sûre de son projet général. La culture en fait partie et il me semble que la ville a toujours su tirer parti de ses acteurs culturels, qu'ils soient institutions ou hommes/femmes. Il y a toujours eu à Lyon une sorte de dream team de la culture parce que la ville est à une bonne échelle humaine. Les arts nobles (Opéra, Musées, Spectacle vivant, Musique, Bibliothèque Municipale) continuent d'avoir la plus belle place, tant sur le plan financier que symbolique mais d'autres sont venus s'installer tout en haut : les musiques contemporaines, les musiques électroniques, le cinéma, la vidéo, et la littérature même. Il a fallu lutter et rien n'a été donné spontanément mais les deux maires (Raymond Barre, puis Gérard Collomb) ont suivi. Il manque juste d'en favoriser l'éclosion des marges, de créer des lieux alternatifs plus nombreux, de permettre aux bars d'entretenir la flamme. Mais pour cela il faut des gens de talent.

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Blog : Lumière jours 5 et 6 Dernières lueurs avant l’extinction

ECRANS | Autant passer tout de suite aux aveux : une autre casquette m’a poussé hier soir à sécher le Prix Lumière remis à Clint Eastwood… En même temps, aveu numéro 2 : après (...)

Christophe Chabert | Dimanche 18 octobre 2009

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Dernières lueurs avant l’extinction

Autant passer tout de suite aux aveux : une autre casquette m’a poussé hier soir à sécher le Prix Lumière remis à Clint Eastwood… En même temps, aveu numéro 2 : après 18 films et près de 35 heures de projection, le moteur est presque à sec, et c’est passablement épuisé que j’ai fini le festival, tentant vaillamment de garder les yeux ouverts à la projection ce dimanche matin de Et pour quelques dollars de plus. Quand ça ne veut plus, ça ne veut plus. C’est d’ailleurs une leçon de choses : le cinéma de patrimoine englobe des réalités tellement variables que l’on doit en quelques minutes passer d’un code de jeu à l’autre, traverser des époques entières à pied joint, reprendre tous ses repères à chaque film ou presque. En comparaison avec d’autres festivals, où le cinéma d’avant est une récréation bienvenue face au formatage des films contemporains qui composent la majeure partie de la programmation, Lumière nécessite une sacrée ouverture d’esprit et, plus encore, une grosse endurance intellectuelle quand on se plonge à haute dose dans les films qui y sont montrés… Un bon exemple avec Extérieur nuit, l’étrange film de Jacques Bral. Véritable OVNI dans la programma

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Blog : Lumière jour 4 : Clint et Don

ECRANS | Il n’y a pas que du bon dans ce festival Lumière. Le troisième jour de projections réservait même quelques déconvenues qui, dans un tel marathon, n’avait qu’un (...)

Christophe Chabert | Samedi 17 octobre 2009

Blog : Lumière jour 4 : Clint et Don

Il n’y a pas que du bon dans ce festival Lumière. Le troisième jour de projections réservait même quelques déconvenues qui, dans un tel marathon, n’avait qu’un seul intérêt : baisser la garde et souffler un peu. Le pire dans ce que l’on a vu, c’est L’Arche de chasteté, un des cinq films de Shin Sang-ok présentés au festival, cinéaste sud-coréen inconnu — on n’osera pas aller jusqu’à dire qu’il aurait mieux fait de le rester… Certes, l’état du matériel original, même restauré en numérique, handicape grandement la vision ; à certains moments, la bande-son semble parcourue dans son arrière-plan par les cris de possession de Linda Blair dans L’Exorciste lorsque le prêtre les réécoute sur son vieux magnéto. L’image aussi est parfois floue, ce qui ne rend pas justice au noir et blanc du cinéaste, qui devait avoir plus de classe à l’origine. Mais tout de même : ce mélodrame paraît terriblement attendu, sauf dans son point de départ — une femme sacrifie sa vie à une grand-mère acariâtre et obsédée par la chasteté, au point d’en abandonner amant et enfant. Shin Sang-Ok, par ailleurs, aime énormément filmer en mettant sa caméra de travers. Au début, ces cadres font leur

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Blog : Lumière jour 3 Un homme sans prix

ECRANS | L’expression «révisez ses classiques» fonctionne à plein sur ce festival Lumière… Quand, à 10h30 et après une nuit de sommeil pour le moins courte, on se (...)

Christophe Chabert | Vendredi 16 octobre 2009

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Un homme sans prix

L’expression «révisez ses classiques» fonctionne à plein sur ce festival Lumière… Quand, à 10h30 et après une nuit de sommeil pour le moins courte, on se retrouve devant un film de 2h40 que l’on connaît par cœur et qui, malgré la fatigue, vous subjugue de nouveau à chacun de ses plans, on ne peut que se rendre à l’évidence : voilà un chef-d’œuvre de l’histoire du cinéma. C’est donc par la projection, dans une copie restaurée magnifique, d’ Il était une fois la Révolution de Sergio Leone que l’on a entamé un jeudi mouvementé. Le cinéaste y effectue la deuxième mue de sa carrière : il s’éloigne en cours de route du western et, comme ses deux personnages, s’apprête à mettre le cap vers l’Amérique, la vraie, qui fournira le décor de son ultime film et l’accomplissement éblouissant de son œuvre. Pour arriver à ce but, il fait un détour par la Révolution mexicaine emmenée par Pancho Villa ; mais ce qui frappe le plus, c’est la manière dont Leone fait basculer son récit de la comédie à la tragédie en cours de route. Pendant une heure trente, on rit de bon cœur aux tribulations de John l’Irlandais revenu de ses illusions révolutionnaires et de Juan le Mexicain qui profite du ch

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Blog : Lumière jour 2 Dollars, désert, grève et justice

ECRANS | C’est avec le sourire que la journée commence : Marjane Satrapi, en grande forme, vient présenter la copie restaurée de Pour une poignée de dollars au Pathé (...)

Christophe Chabert | Lundi 29 avril 2013

Blog : Lumière jour 2 
Dollars, désert, grève et justice

C’est avec le sourire que la journée commence : Marjane Satrapi, en grande forme, vient présenter la copie restaurée de Pour une poignée de dollars au Pathé Bellecour, et arbore fièrement une (fausse) moustache avant de dégainer un colt et de tenter quelques moulinets en hommage à ceux effectués par Eastwood dans le film de Leone. Le cinéaste — dont c’était le deuxième long-métrage — y faisait son entrée dans le western, et posait les bases de ce qui, ensuite, allait faire sa légende. En comparaison avec les films suivants de Leone, Pour une poignée de dollars fait figure de série B brillante, avec des éclats de mise en scène déjà fulgurants qui viennent élever un scénario assez classique. C’est un remake déguisé du Yojimbo de Kurosawa, mais on peut aussi le lire comme une variation autour de La Moisson rouge de Dashiell Hammet, roman noir qui inspirera aussi les frères Coen dans Miller’s crossing. Pour une poignée de dollars fonctionne cependant encore aujourd’hui grâce à ce schéma assez jubilatoire : l’homme solitaire, fièrement individualiste, qui met en échec deux clans rivaux en passant de l’un à l’autre, monnayant à cha

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Blog : Lumière, jour 1

ECRANS | On le sait, les ouvertures de festival ne sont pas ce qu’il y a de plus trépidant pour le cinéphile. The place to be est rarement the place to see et (...)

Christophe Chabert | Mercredi 14 octobre 2009

Blog : Lumière, jour 1

On le sait, les ouvertures de festival ne sont pas ce qu’il y a de plus trépidant pour le cinéphile. The place to be est rarement the place to see et l’ouverture du festival Lumière n’a pas franchement dérogé à la règle, même si on a évité les scories les plus rasoirs du genre. À commencer par les discours des partenaires, dégagés avec humour par un Thierry Frémaux bondissant, toujours à l’aise dans son rôle de MC. Gérard Collomb lui a malgré tout forcé la main (et le micro) pour s’offrir un petit laïus d’une consternante banalité, qu’il pourra aisément recycler lors d’un prochain colloque international de chirurgiens proctologues. Passons aussi sur l’acoustique toujours aussi agréable de la Halle Tony Garnier, qui a transformé le morceau introductif d’Ennio Morricone en torture pour les tympans. Et, pour continuer sur les fausses notes, on se serait bien passé de la projection du court-métrage interactif Le Coq est mort, sorte de scie cinématographique ringarde reposant sur la reprise en canon d’une chanson qui, c’est la double peine du film, ne sortira plus jamais du crâne des spectateurs — j’ai vu le film il y a dix ans, je n’ai jamais pu me l’enlever de la tête ! Le hors-d’œ

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La Fête des Lumière

ECRANS | Cinéma / Pendant une semaine, Lyon va vivre au rythme du cinéma de patrimoine grâce à la première édition du festival Lumière. Un nouvel événement aux enjeux nombreux et passionnants. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 6 octobre 2009

La Fête des Lumière

On a déjà beaucoup parlé ici du festival Lumière. On ne saurait trop vous recommander de vous procurer le supplément spécial que nous lui avons consacré, et qui sera distribué pendant toute la semaine sur les nombreux sites du festival. Non seulement il est fort bien fait (quoi, on n’a plus le droit de s’envoyer des fleurs ?), mais on y parle en long, en large mais pas tellement de travers des nombreux événements incontournables qui vont s’y dérouler. Pour ceux qui voudront en savoir encore plus au jour le jour, un blog quotidien sera disponible pendant toute la durée du festival sur notre site (petit-bulletin.fr). Prenons donc, avant l’orgie goûteuse qui s’annonce, le temps de se pencher sur les enjeux de ce nouveau festival de cinéma qui s’attaque à un territoire encore inédit en la matière (du moins, en France) : le cinéma de patrimoine. Lyon au patrimoine mondial de la cinématographie Équation simple : d’un fait historique — le cinéma a été inventé à Lyon par les frères Lumière, l’Institut Lumière a donc tiré un festival — c’est à Lyon que les films vont renaître. En coulisses, ce fut moins évident que cela : depuis des an

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Des invités partout chez eux

ECRANS | Les coulisses du festival Lumière / Avec l’ultime acte de son long dévoilement, celui des nombreux invités du festival, Lumière 2009 a enfin justifié sa dimension périurbaine : les cinéastes-cinéphiles iront présenter des films dans tous les cinémas de l’agglomération… CC

Christophe Chabert | Vendredi 2 octobre 2009

Des invités partout chez eux

À six jours de son ouverture, la révélation façon puzzle du festival Lumière touche enfin à son terme. Le village de jour sera inauguré ce vendredi (le cinéphile a déjà mal au porte-monnaie à l’idée de son passage au stand DVD), et la grande soirée d’ouverture aura lieu mardi soir à la Halle Tony Garnier. Sold out, et ce sur la seule promesse de voir des films Lumière restaurés numériquement (le reste est une surprise !) : de bon augure pour la suite des événements… Surtout depuis que les fameux invités du festival ont été dévoilés, avec une guest list qui envoie du bois : Kusturica venant présenter avec une certaine logique Il était une fois la révolution, ou Claudia Cardinale en chair et en os pour rendre un autre hommage au maître Sergio en accompagnant les séances d’Il était une fois dans l’Ouest ; c’est classe, et ce n’est pas tout… Gaspar Noé, les frères Dardenne, Paolo Sorrentino, Marjane Satrapi, Robert Guédiguian, Walter Salles, Souleymane Cissé, Aki Kaurismaki, Christian Mungiu, Raymond Depardon, Xavier Gianolli font aussi partie d’un impressionnant casting à forte tonalité internationale, avec quelques accroches purement locales (comme la présence, incongrue, de Laure

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Leone, enfin !

ECRANS | Difficile à croire, mais les films de Sergio Leone ne sont pas visibles sur les écrans depuis de nombreuses années. Même en DVD, la copie de Pour une poignée de (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 30 septembre 2009

Leone, enfin !

Difficile à croire, mais les films de Sergio Leone ne sont pas visibles sur les écrans depuis de nombreuses années. Même en DVD, la copie de Pour une poignée de dollars est médiocre. À cela s'ajoutent les nombreuses versions de ses films, fruits d'incessants remontages liés aux exigences des producteurs. L'intégrale que lui consacre le festival Lumière est donc un événement : non seulement la plupart des copies ont été fraîchement restaurées (notamment celles d'Il était une fois la Révolution et du Bon, la brute et le truand, enfin dans leurs montages définitifs), mais elle permettra d'envisager l'importance capitale de cette oeuvre dans le cinéma mondial. Leone est certes l'inventeur du western à l'italienne (laissons le terme “western-spaghetti” à tous ceux qui l'imitèrent par la suite...) qui est autant une relecture qu'une renaissance du genre par un de ses admirateurs les plus fervents. Mais c'est surtout un adepte d'un cinéma total : spectaculaire, riche en émotions, ambitieux formellement, moderne face à l'histoire de son art et révolutionnaire face à l'Histoire tout court. Un cinéma qui passera, en vingt ans à peine, de l'archétype fulgurant (Pour une poignée de dollars,

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Clint consacré

ECRANS | Au coeur du festival, le Prix Lumière sera remis à Clint Eastwood, en sa présence, lors d'une soirée à la Salle 3000 qui s'achèvera avec la projection de Sur la (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 30 septembre 2009

Clint consacré

Au coeur du festival, le Prix Lumière sera remis à Clint Eastwood, en sa présence, lors d'une soirée à la Salle 3000 qui s'achèvera avec la projection de Sur la route de Madison. Ce choix, effectué par un collège de cinéphiles et de critiques, récompense un cinéaste dont l'oeuvre a contribué à l'art cinématographique. C'est une belle revanche pour Eastwood, dont les films auront mis près de vingt ans, et la reconnaissance conjointe d'Impitoyable par la critique, le public et les professionnels — premier doublé meilleur cinéaste, meilleur film aux Oscars — pour être appréciés à leur juste valeur. Encore regardé de travers pour son personnage de Dirty Harry, vite taxé de fasciste par la presse à l'époque, la critique néglige ses premiers travaux derrière la caméra : l'impeccable thriller Un frisson dans la nuit et le mélodrame Breezy. Cherchant une parfaite liberté créatrice avec sa société de production Malpaso, Eastwood se forme une écurie de collaborateurs fidèles, une économie de tournage — beaucoup de préparation, peu d'axes de prises de vue — et alterne films commerciaux (parfois remarquables comme L'Épreuve de force ou Pale Rider

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Lumière, Première !

ECRANS | Guide pratique du premier festival Lumière : cinq jours de cinéphilie intense à Lyon intra et extra muros, pour refaire de la ville le berceau d'un septième art à l'histoire plus vivante que jamais.

Dorotée Aznar | Mercredi 30 septembre 2009

Lumière, Première !

En choisissant de dédier un festival au cinéma “de patrimoine”, donc à l'histoire d'un art encore jeune mais déjà riche, l'Institut Lumière poursuit ce qui est son but depuis l'inauguration de sa nouvelle salle. C'est ici, à Lyon, que le cinéma est né, et chaque cinéaste a une petite dette envers cette “usine Lumière” immortalisée par deux frères entrepreneurs et pionniers dont l'invention allait connaître une pérennité qu'ils ne soupçonnaient sans doute pas. Le festival débutera donc par là, lors d'une soirée d'ouverture où les films Lumière seront projetés dans des versions restaurées numériquement. Puis les hostilités commenceront avec les films eux-mêmes, projetés dans quatre lieux principaux à Lyon intra-muros (le CNP Terreaux, le Pathé Bellecour, le Comoedia et l'Institut Lumière), ou plus occasionnellement dans d'autres salles lyonnaises (Pathé Vaise, UGC Ciné Cité et Astoria, Cinéma Opéra), mais aussi dans une trentaine de salles du Grand Lyon, de Villeurbanne à Charbonnières, de Bron à Décines, qui participeront à l'événement le mercredi et le week-end. Chaque film sera présenté par un invité, cinéphile, cinéaste, comédien venu indépendamment de toute opération de promo

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L’œil de Schatzberg

ECRANS | Cinéaste et photographe américain mythique, le grand Jerry Schatzberg sera l’invité du «village de jour» du festival Lumière pour une exposition inédite où son regard singulier s’est porté sur… Lyon ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 21 septembre 2009

L’œil de Schatzberg

Jerry Schatzberg est devenu, au fil des années, un «ami» de l’Institut Lumière. Il faisait partie des cinéastes qui, cent ans jour pour jour après le premier film tourné par les Frères Lumière, en avaient joué un remake au même endroit, les Usines Lumière devenues entre temps Hangar du Premier film. Et on se souvient de son émotion quand il était venu assister à la projection de son chef-d’œuvre, 'L’Épouvantail' : il n’avait pas revu le film sur grand écran depuis sa sortie ! Schatzberg est une figure mythique du nouvel Hollywood dans les années 70, mais son parcours est assez singulier par rapport à ceux de Coppola, Scorsese ou De Palma. Avant de passer derrière la caméra avec ce triptyque fondamental composé de 'Portrait d’une enfant déchue', 'Panique à Needle Park' (le premier rôle d’Al Pacino) et 'L’Épouvantail' (Palme d’or à Cannes en 1971), il avait obtenu la reconnaissance pour son travail de photographe au cours des années 60. Schatzberg a immortalisé toute la contre-culture de la décennie à travers des portraits publiés dans les magazines les plus hypes de l’époque ('Vogue', 'Life' ou 'Esquire'). Une de ses photos de Bob Dylan va même passer à la postérité, puisqu’elle

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Lumière sur l’affaire Étaix

ECRANS | Le festival Lumière 2009 sera, le temps d’une soirée, au cœur d’une actualité qui a enflammé la cinéphilie : l’affaire Pierre Étaix. Ou comment le droit moral d’un auteur sur son œuvre se transforme en procédure judiciaire. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 14 septembre 2009

Lumière sur l’affaire Étaix

Pierre Étaix, aujourd’hui âgé de 80 ans, est une figure singulière du cinéma français. Clown, magicien, acteur et finalement auteur et réalisateur d’une œuvre qui doit autant à Tati — son maître, pour qui il a dessiné les affiches de Mon Oncle et scénarisé quelques-uns de ses gags — qu’à Buster Keaton — référence évidente, y compris physiquement. Ceux qui ont vu sur arte Le Soupirant (1962), lors de sa dernière diffusion télévisuelle il y après de quinze ans, savent que ce cinéma à l’humour essentiellement visuel, très beau et particulièrement poétique, a une importance particulère dans le grand chambardement qu’était le cinéma français des années 60. Premier cinéaste hexagonal a avoir tourné un film avec la technologie Imax, titulaire de prix dans la plupart des festivals et d’un oscar du meilleur court-métrage, Étaix a pourtant été largement oublié par les historiens du cinéma. Bataille cinéphile À ce déficit de notoriété s’est ajoutée une bataille juridique comme la cinéphilie n’en avait pas connue depuis l’affaire Langlois. Au moment de la restauration de Yoyo (son deuxième long métrage, tourné en 1964), une société de pro

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Pleine Lumière

ECRANS | Coulisses du festival Lumière / Le festival Lumière est en ordre de marche : la programmation est complète, la billetterie ouverte et la géographie du festival s’éclaire. En attendant la liste des invités… CC

Christophe Chabert | Vendredi 4 septembre 2009

Pleine Lumière

Lors d’une des soirées de présentation du futur festival Lumière, un spectateur exprima avec humour sa déception face à la programmation : «70 films en cinq jours, je n’aurai pas le temps de tout voir…» En effet, si on pouvait craindre, après l’été, un petit reflux quantitatif par rapport à ce qui fut d’abord annoncé, son dévoilement la semaine dernière a rassuré tout le monde : la liste des films à voir est aussi riche que variée. Aux titres déjà annoncés dans nos colonnes la semaine dernière, il faut ajouter le ciné-concert à l’Épicerie Moderne autour du Président de Dreyer, qu’assurera l’excellent Olivier Mellano, dont on avait applaudi en début d’année la relecture musicale du Duel de Spielberg ; dans la catégorie ressorties en copies neuves, Senso de Visconti, La Bandera de Duvivier, Les Visiteurs du soir de Carné, Brigadoon de Minelli et le film collectif Loin du Vietnam ; et les films de Eastwood qui accompagneront son Prix Lumière. Une judicieuse sélection loin d’être exhaustive qui pioche dans toutes les époques de sa carrière, des méconnus Breezy et Bronco Billy à la trilogie qui l’imposa comme un cinéaste majeur (Impitoyable, Un monde parfait et Sur la route de Madiso

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Lumière dans les villes

ECRANS | C’est le grand enjeu de la rentrée cinéma lyonnaise : un festival aux moyens conséquents, s’attaquant à un continent gigantesque de la cinéphilie (le cinéma de patrimoine), mêlant invités prestigieux et programmation pointue et investissant le territoire lyonnais et sa périphérie. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 28 août 2009

Lumière dans les villes

Petit à petit, le festival Lumière prend forme. Rappel pour ceux qui sont partis prématurément en vacances : sous l’égide du Grand Lyon (la communauté de communes lyonnaise) et de l’Institut Lumière (avec à sa tête Thierry Frémaux, par ailleurs délégué général du Festival de Cannes), cette nouvelle manifestation cherche à mettre en «lumière» le cinéma de patrimoine, autrement dit le «cinéma d’avant», que ce soit celui d’hier, d’avant-hier ou d’il y a déjà un siècle. Un vaste territoire cinéphile, donc, pour un tout aussi vaste territoire géographique à investir, de la Presqu’île jusqu’aux Monts-d’or. Pas de compétition, ni de jury dans ce qui est avant tout une joyeuse vitrine cherchant à arrêter le temps du cinéma (et sa frénésie de nouveautés) autant qu’à le remonter. Moment central du festival, le Prix Lumière sera décerné à un cinéaste vivant dont l’œuvre a participé au rayonnement de l’art cinématographique. C’est Clint Eastwood qui inaugurera la distinction en personne, lui l’ultime et flamboyant représentant du cinéma classique américain. Son dernier film, Gran Torino, un des meilleurs de 2009, vient à lui seul justifier largement ce choix, tant Eastwood s’y livre à une b

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Lumière en clair obscur

ECRANS | Le futur festival Lumière 2009 a dévoilé ses grandes lignes et son principe. Mais il faudra encore attendre pour connaître le détail de sa programmation… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 26 juin 2009

Lumière en clair obscur

L’Institut Lumière, Thierry Frémaux et Maëlle Arnaud en tête, se lance dans le pari hautement louable d’un grand festival consacré au cinéma de patrimoine. Baptisé Lumière, il se déroulera du 13 au 18 octobre. Explosée le soir dans 37 salles du Grand Lyon (entité administrative métamorphosée pendant six jours en réalité culturelle), articulée autour d’un poumon central permanent (Institut Lumière, CNP Terreaux, Comœdia, Pathé Bellecour), encadrée par des séances événement dans des lieux massifs (l’Amphi 3000, la Halle Tony Garnier), la manifestation apparaît cohérente dans son concept comme dans son organisation. Elle répond surtout à une réalité publique et professionnelle : en ces temps de progressisme trafiqué et de consommation frénétique de n’importe quoi tant que c’est nouveau, coco ! spectateurs, critiques, cinéastes, distributeurs et exploitants sentent le besoin de se retourner sur l’Histoire du cinéma pour y tracer des perspectives pertinentes pour le présent et renouer du lien au-delà la simple projection. Le succès de certaines reprises et le développement d’initiatives locales (la Ciné-collection du GRAC, le cycle 70’s du Comœdia, la naissance de l’Étrange festival)

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