La Fête des Lumière

ECRANS | Cinéma / Pendant une semaine, Lyon va vivre au rythme du cinéma de patrimoine grâce à la première édition du festival Lumière. Un nouvel événement aux enjeux nombreux et passionnants. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 6 octobre 2009

Photo : Légende : "— J'sais pas quoi faire, qu'est-ce que j'peux faire ? — Aller au festival Lumière !"


On a déjà beaucoup parlé ici du festival Lumière. On ne saurait trop vous recommander de vous procurer le supplément spécial que nous lui avons consacré, et qui sera distribué pendant toute la semaine sur les nombreux sites du festival. Non seulement il est fort bien fait (quoi, on n'a plus le droit de s'envoyer des fleurs ?), mais on y parle en long, en large mais pas tellement de travers des nombreux événements incontournables qui vont s'y dérouler. Pour ceux qui voudront en savoir encore plus au jour le jour, un blog quotidien sera disponible pendant toute la durée du festival sur notre site (petit-bulletin.fr). Prenons donc, avant l'orgie goûteuse qui s'annonce, le temps de se pencher sur les enjeux de ce nouveau festival de cinéma qui s'attaque à un territoire encore inédit en la matière (du moins, en France) : le cinéma de patrimoine.

Lyon au patrimoine mondial de la cinématographie

Équation simple : d'un fait historique — le cinéma a été inventé à Lyon par les frères Lumière, l'Institut Lumière a donc tiré un festival — c'est à Lyon que les films vont renaître. En coulisses, ce fut moins évident que cela : depuis des années, la Ville voulait un grand festival de cinéma pour compléter sa vitrine culturelle (littérature avec les Assises du Roman et Quais du polar, musique avec Nuits Sonores, art et danse avec les deux Biennales…). Prévu au programme des deux candidats à la dernière élection municipale (M. Gérard Collomb et M. Dominique Perben), le festival se sera donc monté en à peine un an, sous l'égide de M. Thierry Frémaux et de l'Institut Lumière. Les caisses de la Ville de Lyon étant vides, c'est finalement le Grand Lyon qui a sorti le chéquier, à hauteur d'un million d'euro, conduisant le festival à jouer l'inter-communalité, avec des séances dans tous les cinémas de la périphérie lyonnaise. La Région a complété avec 200 000 euro supplémentaires, et une cinquantaine d'entreprises privées ont participé modestement — les petits ruisseaux faisant les grandes rivières — au budget global du festival. Impossible cependant de tenter l'aventure du festival international consacré au cinéma contemporain (Frémaux ne pouvait pas décemment entrer en concurrence avec lui-même, en tant que délégué artistique du festival de Cannes) ; l'idée du Prix Lumière, équivalent cinématographique d'un Prix Nobel de littérature, évoqué depuis des années, a donc ressurgi et la construction d'un événement autour du cinéma de patrimoine s'est imposé peu à peu. Cela tombe bien : depuis quelques années, l'idée de préservation et de redécouverte du cinéma du passé a trouvé une nouvelle actualité, grâce à des ambassadeurs de prestige (Martin Scorsese en tête) et, en France, des activistes de talent au sein de la distribution. Les évolutions techniques, avec le développement du numérique, ont permis de donner un coup d'accélérateur à la restauration des films et à leur projection. Et il y a même un public, comme en témoigne le succès de certaines reprises événement.

Populaire, vous avez dit populaire ?

Dès l'annonce du festival, on a vu fleurir sur Internet des commentaires grognons sur le mode «festival intello bobo». Un reproche amusant, qu'on pourrait faire à peu près à tous les festivals de cinéma du monde sur le principe du «il faut être snob pour s'intéresser à des choses que l'on ne connaît pas». Mais les 100 000 Lyonnais qui ont applaudi Gran Torino cette année seront aussi sans doute flattés de se voir traiter de bourgeois, tout comme ceux, plus âgés certes mais encore plus nombreux, qui ont passé leurs samedis soirs devant les westerns de Sergio Leone. Le cinéma montré au festival Lumière est donc un cinéma éminemment populaire (que ce soient les films noirs inédits présentés par Eddie Muller, les séries B de Don Siegel, ou la plupart des copies neuves ou restaurées au programme du festival), et globalement moins chiant que la deuxième heure de District 9. La vraie question sera donc celui de l'engouement qu'il suscitera ; et là, à part être devin ou spéculer à partir des premières ventes des séances spéciales (une razzia pour les deux soirées Eastwood !), il faudra tirer le bilan une fois la dernière projection effectuée. En espérant qu'en cas de succès, l'édition prochaine durera un peu plus longtemps (cinq jours pour 70 films, c'est court…) et qu'il poussera l'Institut Lumière, pour sa programmation régulière, vers encore plus de propositions différentes, à l'image de celles faites par le festival.

Lumière 2009
Jusqu'au 18 octobre.

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Blog : Lumière jours 5 et 6 Dernières lueurs avant l’extinction

ECRANS | Autant passer tout de suite aux aveux : une autre casquette m’a poussé hier soir à sécher le Prix Lumière remis à Clint Eastwood… En même temps, aveu numéro 2 : après (...)

Christophe Chabert | Dimanche 18 octobre 2009

Blog : Lumière jours 5 et 6

Dernières lueurs avant l’extinction

Autant passer tout de suite aux aveux : une autre casquette m’a poussé hier soir à sécher le Prix Lumière remis à Clint Eastwood… En même temps, aveu numéro 2 : après 18 films et près de 35 heures de projection, le moteur est presque à sec, et c’est passablement épuisé que j’ai fini le festival, tentant vaillamment de garder les yeux ouverts à la projection ce dimanche matin de Et pour quelques dollars de plus. Quand ça ne veut plus, ça ne veut plus. C’est d’ailleurs une leçon de choses : le cinéma de patrimoine englobe des réalités tellement variables que l’on doit en quelques minutes passer d’un code de jeu à l’autre, traverser des époques entières à pied joint, reprendre tous ses repères à chaque film ou presque. En comparaison avec d’autres festivals, où le cinéma d’avant est une récréation bienvenue face au formatage des films contemporains qui composent la majeure partie de la programmation, Lumière nécessite une sacrée ouverture d’esprit et, plus encore, une grosse endurance intellectuelle quand on se plonge à haute dose dans les films qui y sont montrés… Un bon exemple avec Extérieur nuit, l’étrange film de Jacques Bral. Véritable OVNI dans la programma

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Blog : Lumière jour 4 : Clint et Don

ECRANS | Il n’y a pas que du bon dans ce festival Lumière. Le troisième jour de projections réservait même quelques déconvenues qui, dans un tel marathon, n’avait qu’un (...)

Christophe Chabert | Samedi 17 octobre 2009

Blog : Lumière jour 4 : Clint et Don

Il n’y a pas que du bon dans ce festival Lumière. Le troisième jour de projections réservait même quelques déconvenues qui, dans un tel marathon, n’avait qu’un seul intérêt : baisser la garde et souffler un peu. Le pire dans ce que l’on a vu, c’est L’Arche de chasteté, un des cinq films de Shin Sang-ok présentés au festival, cinéaste sud-coréen inconnu — on n’osera pas aller jusqu’à dire qu’il aurait mieux fait de le rester… Certes, l’état du matériel original, même restauré en numérique, handicape grandement la vision ; à certains moments, la bande-son semble parcourue dans son arrière-plan par les cris de possession de Linda Blair dans L’Exorciste lorsque le prêtre les réécoute sur son vieux magnéto. L’image aussi est parfois floue, ce qui ne rend pas justice au noir et blanc du cinéaste, qui devait avoir plus de classe à l’origine. Mais tout de même : ce mélodrame paraît terriblement attendu, sauf dans son point de départ — une femme sacrifie sa vie à une grand-mère acariâtre et obsédée par la chasteté, au point d’en abandonner amant et enfant. Shin Sang-Ok, par ailleurs, aime énormément filmer en mettant sa caméra de travers. Au début, ces cadres font leur

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Blog : Lumière jour 3 Un homme sans prix

ECRANS | L’expression «révisez ses classiques» fonctionne à plein sur ce festival Lumière… Quand, à 10h30 et après une nuit de sommeil pour le moins courte, on se (...)

Christophe Chabert | Vendredi 16 octobre 2009

Blog : Lumière jour 3
Un homme sans prix

L’expression «révisez ses classiques» fonctionne à plein sur ce festival Lumière… Quand, à 10h30 et après une nuit de sommeil pour le moins courte, on se retrouve devant un film de 2h40 que l’on connaît par cœur et qui, malgré la fatigue, vous subjugue de nouveau à chacun de ses plans, on ne peut que se rendre à l’évidence : voilà un chef-d’œuvre de l’histoire du cinéma. C’est donc par la projection, dans une copie restaurée magnifique, d’ Il était une fois la Révolution de Sergio Leone que l’on a entamé un jeudi mouvementé. Le cinéaste y effectue la deuxième mue de sa carrière : il s’éloigne en cours de route du western et, comme ses deux personnages, s’apprête à mettre le cap vers l’Amérique, la vraie, qui fournira le décor de son ultime film et l’accomplissement éblouissant de son œuvre. Pour arriver à ce but, il fait un détour par la Révolution mexicaine emmenée par Pancho Villa ; mais ce qui frappe le plus, c’est la manière dont Leone fait basculer son récit de la comédie à la tragédie en cours de route. Pendant une heure trente, on rit de bon cœur aux tribulations de John l’Irlandais revenu de ses illusions révolutionnaires et de Juan le Mexicain qui profite du ch

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Blog : Lumière jour 2 Dollars, désert, grève et justice

ECRANS | C’est avec le sourire que la journée commence : Marjane Satrapi, en grande forme, vient présenter la copie restaurée de Pour une poignée de dollars au Pathé (...)

Christophe Chabert | Lundi 29 avril 2013

Blog : Lumière jour 2 
Dollars, désert, grève et justice

C’est avec le sourire que la journée commence : Marjane Satrapi, en grande forme, vient présenter la copie restaurée de Pour une poignée de dollars au Pathé Bellecour, et arbore fièrement une (fausse) moustache avant de dégainer un colt et de tenter quelques moulinets en hommage à ceux effectués par Eastwood dans le film de Leone. Le cinéaste — dont c’était le deuxième long-métrage — y faisait son entrée dans le western, et posait les bases de ce qui, ensuite, allait faire sa légende. En comparaison avec les films suivants de Leone, Pour une poignée de dollars fait figure de série B brillante, avec des éclats de mise en scène déjà fulgurants qui viennent élever un scénario assez classique. C’est un remake déguisé du Yojimbo de Kurosawa, mais on peut aussi le lire comme une variation autour de La Moisson rouge de Dashiell Hammet, roman noir qui inspirera aussi les frères Coen dans Miller’s crossing. Pour une poignée de dollars fonctionne cependant encore aujourd’hui grâce à ce schéma assez jubilatoire : l’homme solitaire, fièrement individualiste, qui met en échec deux clans rivaux en passant de l’un à l’autre, monnayant à cha

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Blog : Lumière, jour 1

ECRANS | On le sait, les ouvertures de festival ne sont pas ce qu’il y a de plus trépidant pour le cinéphile. The place to be est rarement the place to see et (...)

Christophe Chabert | Mercredi 14 octobre 2009

Blog : Lumière, jour 1

On le sait, les ouvertures de festival ne sont pas ce qu’il y a de plus trépidant pour le cinéphile. The place to be est rarement the place to see et l’ouverture du festival Lumière n’a pas franchement dérogé à la règle, même si on a évité les scories les plus rasoirs du genre. À commencer par les discours des partenaires, dégagés avec humour par un Thierry Frémaux bondissant, toujours à l’aise dans son rôle de MC. Gérard Collomb lui a malgré tout forcé la main (et le micro) pour s’offrir un petit laïus d’une consternante banalité, qu’il pourra aisément recycler lors d’un prochain colloque international de chirurgiens proctologues. Passons aussi sur l’acoustique toujours aussi agréable de la Halle Tony Garnier, qui a transformé le morceau introductif d’Ennio Morricone en torture pour les tympans. Et, pour continuer sur les fausses notes, on se serait bien passé de la projection du court-métrage interactif Le Coq est mort, sorte de scie cinématographique ringarde reposant sur la reprise en canon d’une chanson qui, c’est la double peine du film, ne sortira plus jamais du crâne des spectateurs — j’ai vu le film il y a dix ans, je n’ai jamais pu me l’enlever de la tête ! Le hors-d’œ

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Des invités partout chez eux

ECRANS | Les coulisses du festival Lumière / Avec l’ultime acte de son long dévoilement, celui des nombreux invités du festival, Lumière 2009 a enfin justifié sa dimension périurbaine : les cinéastes-cinéphiles iront présenter des films dans tous les cinémas de l’agglomération… CC

Christophe Chabert | Vendredi 2 octobre 2009

Des invités partout chez eux

À six jours de son ouverture, la révélation façon puzzle du festival Lumière touche enfin à son terme. Le village de jour sera inauguré ce vendredi (le cinéphile a déjà mal au porte-monnaie à l’idée de son passage au stand DVD), et la grande soirée d’ouverture aura lieu mardi soir à la Halle Tony Garnier. Sold out, et ce sur la seule promesse de voir des films Lumière restaurés numériquement (le reste est une surprise !) : de bon augure pour la suite des événements… Surtout depuis que les fameux invités du festival ont été dévoilés, avec une guest list qui envoie du bois : Kusturica venant présenter avec une certaine logique Il était une fois la révolution, ou Claudia Cardinale en chair et en os pour rendre un autre hommage au maître Sergio en accompagnant les séances d’Il était une fois dans l’Ouest ; c’est classe, et ce n’est pas tout… Gaspar Noé, les frères Dardenne, Paolo Sorrentino, Marjane Satrapi, Robert Guédiguian, Walter Salles, Souleymane Cissé, Aki Kaurismaki, Christian Mungiu, Raymond Depardon, Xavier Gianolli font aussi partie d’un impressionnant casting à forte tonalité internationale, avec quelques accroches purement locales (comme la présence, incongrue, de Laure

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«Le cinéma doit s'inventer un âge classique»

ECRANS | Entretien avec Thierry Frémaux, directeur de l'Institut Lumière et du festival Lumière.

Dorotée Aznar | Mercredi 30 septembre 2009

«Le cinéma doit s'inventer un âge classique»

Petit Bulletin : Quel est votre objectif avec ce festival Lumière ? Donner une image différente de la cinéphilie ? Créer un engouement populaire autour du cinéma de patrimoine ?Thierry Frémaux : Avec Bertrand Tavernier et Gérard Collomb, notre objectif est d'abord d'organiser un événement de cinéma à Lyon qui est l'une des rares grandes villes européennes et française à ne pas en avoir. Deuxièmement, un événement de grande envergure, populaire, grand public : rester entre spécialistes ne nous intéresse pas. Nous voulions aussi un festival qui corresponde à l'image de la ville et qui s'inscrive dans une problématique d'aujourd'hui : il est vite apparu naturel de se consacrer à l'histoire du cinéma parce que Lyon en est la ville natale mais aussi parce que la “civilisation numérique” est au coeur de la cinéphilie à travers les DVD, les restaurations, la VOD. On est actuellement dans un cycle très actif, à échelle internationale, et on souhaite en être le reflet, et dire que le cinéma doit s'inventer un “âge classique”, comme on le dit de la littérature ou de la musique. Si c'est à Lyon que ça se fait dans les années qui viennent, si on arrêt

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Leone, enfin !

ECRANS | Difficile à croire, mais les films de Sergio Leone ne sont pas visibles sur les écrans depuis de nombreuses années. Même en DVD, la copie de Pour une poignée de (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 30 septembre 2009

Leone, enfin !

Difficile à croire, mais les films de Sergio Leone ne sont pas visibles sur les écrans depuis de nombreuses années. Même en DVD, la copie de Pour une poignée de dollars est médiocre. À cela s'ajoutent les nombreuses versions de ses films, fruits d'incessants remontages liés aux exigences des producteurs. L'intégrale que lui consacre le festival Lumière est donc un événement : non seulement la plupart des copies ont été fraîchement restaurées (notamment celles d'Il était une fois la Révolution et du Bon, la brute et le truand, enfin dans leurs montages définitifs), mais elle permettra d'envisager l'importance capitale de cette oeuvre dans le cinéma mondial. Leone est certes l'inventeur du western à l'italienne (laissons le terme “western-spaghetti” à tous ceux qui l'imitèrent par la suite...) qui est autant une relecture qu'une renaissance du genre par un de ses admirateurs les plus fervents. Mais c'est surtout un adepte d'un cinéma total : spectaculaire, riche en émotions, ambitieux formellement, moderne face à l'histoire de son art et révolutionnaire face à l'Histoire tout court. Un cinéma qui passera, en vingt ans à peine, de l'archétype fulgurant (Pour une poignée de dollars,

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Clint consacré

ECRANS | Au coeur du festival, le Prix Lumière sera remis à Clint Eastwood, en sa présence, lors d'une soirée à la Salle 3000 qui s'achèvera avec la projection de Sur la (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 30 septembre 2009

Clint consacré

Au coeur du festival, le Prix Lumière sera remis à Clint Eastwood, en sa présence, lors d'une soirée à la Salle 3000 qui s'achèvera avec la projection de Sur la route de Madison. Ce choix, effectué par un collège de cinéphiles et de critiques, récompense un cinéaste dont l'oeuvre a contribué à l'art cinématographique. C'est une belle revanche pour Eastwood, dont les films auront mis près de vingt ans, et la reconnaissance conjointe d'Impitoyable par la critique, le public et les professionnels — premier doublé meilleur cinéaste, meilleur film aux Oscars — pour être appréciés à leur juste valeur. Encore regardé de travers pour son personnage de Dirty Harry, vite taxé de fasciste par la presse à l'époque, la critique néglige ses premiers travaux derrière la caméra : l'impeccable thriller Un frisson dans la nuit et le mélodrame Breezy. Cherchant une parfaite liberté créatrice avec sa société de production Malpaso, Eastwood se forme une écurie de collaborateurs fidèles, une économie de tournage — beaucoup de préparation, peu d'axes de prises de vue — et alterne films commerciaux (parfois remarquables comme L'Épreuve de force ou Pale Rider

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Lumière, Première !

ECRANS | Guide pratique du premier festival Lumière : cinq jours de cinéphilie intense à Lyon intra et extra muros, pour refaire de la ville le berceau d'un septième art à l'histoire plus vivante que jamais.

Dorotée Aznar | Mercredi 30 septembre 2009

Lumière, Première !

En choisissant de dédier un festival au cinéma “de patrimoine”, donc à l'histoire d'un art encore jeune mais déjà riche, l'Institut Lumière poursuit ce qui est son but depuis l'inauguration de sa nouvelle salle. C'est ici, à Lyon, que le cinéma est né, et chaque cinéaste a une petite dette envers cette “usine Lumière” immortalisée par deux frères entrepreneurs et pionniers dont l'invention allait connaître une pérennité qu'ils ne soupçonnaient sans doute pas. Le festival débutera donc par là, lors d'une soirée d'ouverture où les films Lumière seront projetés dans des versions restaurées numériquement. Puis les hostilités commenceront avec les films eux-mêmes, projetés dans quatre lieux principaux à Lyon intra-muros (le CNP Terreaux, le Pathé Bellecour, le Comoedia et l'Institut Lumière), ou plus occasionnellement dans d'autres salles lyonnaises (Pathé Vaise, UGC Ciné Cité et Astoria, Cinéma Opéra), mais aussi dans une trentaine de salles du Grand Lyon, de Villeurbanne à Charbonnières, de Bron à Décines, qui participeront à l'événement le mercredi et le week-end. Chaque film sera présenté par un invité, cinéphile, cinéaste, comédien venu indépendamment de toute opération de promo

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L’œil de Schatzberg

ECRANS | Cinéaste et photographe américain mythique, le grand Jerry Schatzberg sera l’invité du «village de jour» du festival Lumière pour une exposition inédite où son regard singulier s’est porté sur… Lyon ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 21 septembre 2009

L’œil de Schatzberg

Jerry Schatzberg est devenu, au fil des années, un «ami» de l’Institut Lumière. Il faisait partie des cinéastes qui, cent ans jour pour jour après le premier film tourné par les Frères Lumière, en avaient joué un remake au même endroit, les Usines Lumière devenues entre temps Hangar du Premier film. Et on se souvient de son émotion quand il était venu assister à la projection de son chef-d’œuvre, 'L’Épouvantail' : il n’avait pas revu le film sur grand écran depuis sa sortie ! Schatzberg est une figure mythique du nouvel Hollywood dans les années 70, mais son parcours est assez singulier par rapport à ceux de Coppola, Scorsese ou De Palma. Avant de passer derrière la caméra avec ce triptyque fondamental composé de 'Portrait d’une enfant déchue', 'Panique à Needle Park' (le premier rôle d’Al Pacino) et 'L’Épouvantail' (Palme d’or à Cannes en 1971), il avait obtenu la reconnaissance pour son travail de photographe au cours des années 60. Schatzberg a immortalisé toute la contre-culture de la décennie à travers des portraits publiés dans les magazines les plus hypes de l’époque ('Vogue', 'Life' ou 'Esquire'). Une de ses photos de Bob Dylan va même passer à la postérité, puisqu’elle

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Lumière sur l’affaire Étaix

ECRANS | Le festival Lumière 2009 sera, le temps d’une soirée, au cœur d’une actualité qui a enflammé la cinéphilie : l’affaire Pierre Étaix. Ou comment le droit moral d’un auteur sur son œuvre se transforme en procédure judiciaire. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 14 septembre 2009

Lumière sur l’affaire Étaix

Pierre Étaix, aujourd’hui âgé de 80 ans, est une figure singulière du cinéma français. Clown, magicien, acteur et finalement auteur et réalisateur d’une œuvre qui doit autant à Tati — son maître, pour qui il a dessiné les affiches de Mon Oncle et scénarisé quelques-uns de ses gags — qu’à Buster Keaton — référence évidente, y compris physiquement. Ceux qui ont vu sur arte Le Soupirant (1962), lors de sa dernière diffusion télévisuelle il y après de quinze ans, savent que ce cinéma à l’humour essentiellement visuel, très beau et particulièrement poétique, a une importance particulère dans le grand chambardement qu’était le cinéma français des années 60. Premier cinéaste hexagonal a avoir tourné un film avec la technologie Imax, titulaire de prix dans la plupart des festivals et d’un oscar du meilleur court-métrage, Étaix a pourtant été largement oublié par les historiens du cinéma. Bataille cinéphile À ce déficit de notoriété s’est ajoutée une bataille juridique comme la cinéphilie n’en avait pas connue depuis l’affaire Langlois. Au moment de la restauration de Yoyo (son deuxième long métrage, tourné en 1964), une société de pro

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Pleine Lumière

ECRANS | Coulisses du festival Lumière / Le festival Lumière est en ordre de marche : la programmation est complète, la billetterie ouverte et la géographie du festival s’éclaire. En attendant la liste des invités… CC

Christophe Chabert | Vendredi 4 septembre 2009

Pleine Lumière

Lors d’une des soirées de présentation du futur festival Lumière, un spectateur exprima avec humour sa déception face à la programmation : «70 films en cinq jours, je n’aurai pas le temps de tout voir…» En effet, si on pouvait craindre, après l’été, un petit reflux quantitatif par rapport à ce qui fut d’abord annoncé, son dévoilement la semaine dernière a rassuré tout le monde : la liste des films à voir est aussi riche que variée. Aux titres déjà annoncés dans nos colonnes la semaine dernière, il faut ajouter le ciné-concert à l’Épicerie Moderne autour du Président de Dreyer, qu’assurera l’excellent Olivier Mellano, dont on avait applaudi en début d’année la relecture musicale du Duel de Spielberg ; dans la catégorie ressorties en copies neuves, Senso de Visconti, La Bandera de Duvivier, Les Visiteurs du soir de Carné, Brigadoon de Minelli et le film collectif Loin du Vietnam ; et les films de Eastwood qui accompagneront son Prix Lumière. Une judicieuse sélection loin d’être exhaustive qui pioche dans toutes les époques de sa carrière, des méconnus Breezy et Bronco Billy à la trilogie qui l’imposa comme un cinéaste majeur (Impitoyable, Un monde parfait et Sur la route de Madiso

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Lumière dans les villes

ECRANS | C’est le grand enjeu de la rentrée cinéma lyonnaise : un festival aux moyens conséquents, s’attaquant à un continent gigantesque de la cinéphilie (le cinéma de patrimoine), mêlant invités prestigieux et programmation pointue et investissant le territoire lyonnais et sa périphérie. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 28 août 2009

Lumière dans les villes

Petit à petit, le festival Lumière prend forme. Rappel pour ceux qui sont partis prématurément en vacances : sous l’égide du Grand Lyon (la communauté de communes lyonnaise) et de l’Institut Lumière (avec à sa tête Thierry Frémaux, par ailleurs délégué général du Festival de Cannes), cette nouvelle manifestation cherche à mettre en «lumière» le cinéma de patrimoine, autrement dit le «cinéma d’avant», que ce soit celui d’hier, d’avant-hier ou d’il y a déjà un siècle. Un vaste territoire cinéphile, donc, pour un tout aussi vaste territoire géographique à investir, de la Presqu’île jusqu’aux Monts-d’or. Pas de compétition, ni de jury dans ce qui est avant tout une joyeuse vitrine cherchant à arrêter le temps du cinéma (et sa frénésie de nouveautés) autant qu’à le remonter. Moment central du festival, le Prix Lumière sera décerné à un cinéaste vivant dont l’œuvre a participé au rayonnement de l’art cinématographique. C’est Clint Eastwood qui inaugurera la distinction en personne, lui l’ultime et flamboyant représentant du cinéma classique américain. Son dernier film, Gran Torino, un des meilleurs de 2009, vient à lui seul justifier largement ce choix, tant Eastwood s’y livre à une b

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Lumière en clair obscur

ECRANS | Le futur festival Lumière 2009 a dévoilé ses grandes lignes et son principe. Mais il faudra encore attendre pour connaître le détail de sa programmation… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 26 juin 2009

Lumière en clair obscur

L’Institut Lumière, Thierry Frémaux et Maëlle Arnaud en tête, se lance dans le pari hautement louable d’un grand festival consacré au cinéma de patrimoine. Baptisé Lumière, il se déroulera du 13 au 18 octobre. Explosée le soir dans 37 salles du Grand Lyon (entité administrative métamorphosée pendant six jours en réalité culturelle), articulée autour d’un poumon central permanent (Institut Lumière, CNP Terreaux, Comœdia, Pathé Bellecour), encadrée par des séances événement dans des lieux massifs (l’Amphi 3000, la Halle Tony Garnier), la manifestation apparaît cohérente dans son concept comme dans son organisation. Elle répond surtout à une réalité publique et professionnelle : en ces temps de progressisme trafiqué et de consommation frénétique de n’importe quoi tant que c’est nouveau, coco ! spectateurs, critiques, cinéastes, distributeurs et exploitants sentent le besoin de se retourner sur l’Histoire du cinéma pour y tracer des perspectives pertinentes pour le présent et renouer du lien au-delà la simple projection. Le succès de certaines reprises et le développement d’initiatives locales (la Ciné-collection du GRAC, le cycle 70’s du Comœdia, la naissance de l’Étrange festival)

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