«Un film appartient à celui qui le regarde»

ECRANS | Entretien / Alain Cavalier, cinéaste, continue son magnifique parcours en solitaire avec 'Irène', évocation sublime et bouleversante d’une femme aimée et disparue. Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 22 octobre 2009

Photo : DR


Petit bulletin : Comment situez-vous ‘Irène' dans votre veine autobiographique ?
Alain Cavalier : En réalité, dans ‘Irène', il y a trois films : celui que je devais faire avec Irène et que je n'ai pas fait, qui est donc une sorte de trou noir ; après, il y a ‘Ce répondeur ne prend pas de messages', un film un peu compliqué sur une période de ma vie après la mort d'Irène, où elle intervient épisodiquement ; et puis, des années et des années plus tard, ce film ‘Irène' parce que la permanence de cette personne dans ma vie depuis deux ou trois ans était plus forte. Elle frappait à ma porte, alors je suis rentré dans un passé pour revivre cette expérience sentimentale et amoureuse à la fois magnifique et extrêmement compliquée. J'ai essayé au début de rôder autour d'Irène en me disant qu'à un moment, je serai bien obligé d'attaquer le corps d'Irène. Mais comme elle n'est plus de ce monde, le corps de quelqu'un d'autre la remplacerait. J'ai envisagé plusieurs hypothèses, l'idée d'une comédienne connue notamment, mais je me suis rendu compte qu'elle était tellement présente à mes yeux qu'il était impossible de l'incarner par une autre. Alors j'ai continué mon chemin, sans visage, en pénétrant dans la vie d'Irène. Et puis un jour, je me préparais à finir le film, et je suis tombé sur une image d'elle, et elle m'est apparue comme elle apparaît au spectateur.

Le fait de garder cette présence fantomatique pendant aussi longtemps sème le doute dans l'esprit du spectateur, au point de se demander si elle a vraiment existé. Y aviez-vous pensé ?
Ce film est entièrement fondé sur des faits réels, mais on pourrait très bien imaginer qu'un cinéaste à l'esprit un peu particulier se serait dit que c'était le comble d'une fiction, une façon de raconter la disparition et le retour d'une personne, un événement qui relie la communauté des vivants et celle des morts. Si quelqu'un un jour me demande si c'est une fiction, je ne réponds pas. Si on me dit que c'est ma vie, je ne réponds pas non plus — même si je sais que c'est ma vie. Je ne veux pas répondre, car chaque film appartient à celui qui le regarde, pas à celui qui le fait.
Le film pose cette question essentielle : qu'est-ce qu'on peut, ou ne peut pas, représenter ? Cette question doit être au cœur et à l'esprit de tout cinéaste. Si les cinéastes tournaient exactement les films qu'ils ont dans leur tête, ou ils seraient aux trois quarts internés, ou alors ils seraient interdits totalement dans les salles ou à la télévision. Les spectateurs n'ont droit qu'à une petite part de ce qui traverse le cerveau des cinéastes.

Malgré votre manière atypique de tourner vos films, je trouve que, dans ‘Irène', votre démarche s'apparente à celle de n'importe quel cinéaste : chercher une actrice, chercher des décors, susciter des rebondissements…Vous ménagez toujours du spectacle…
Mais je suis un homme de spectacle ! Même quand je tourne des choses que m'offre la vie, qui sont instantanées, s'il n'y a pas un petit récit en route, ça ne m'intéresse pas. J'ai été formé au récit au collège par Homère et par les Évangiles… Il faut toujours un récit avec un début, un milieu, une fin, sinon ça n'a aucun sens.

Cette année est ressorti aux États-Unis votre premier film, ‘Le Combat dans l'île'. Avez-vous accompagné cette reprise ? Quelles sensations cela vous a donné de revenir à ce film fondateur de votre carrière, mais aussi de votre rejet des tournages traditionnels ?
Ils m'ont demandé d'écrire un petit texte là-dessus. Et j'ai écrit : «Je crois que j'ai fait ce film à cause du visage de Romy Schneider. J'ai fait un film sur deux France opposées et toujours irréconciliables. J'ai fait ce film en hommage aux films noirs américains.» C'est tout le souvenir que j'ai de ce film. Je ne sais pas ce qui peut intéresser un Américain dans cette histoire très française, un peu compliquée…

Vous l'avez revu ?
Pas du tout. Je me souviens de comment il commence, et au bout de trois minutes, je perds la trace du film. Et puis je me souviens d'une séquence ou deux… Mais je ne peux pas le revoir, c'est un supplice !

Marc Artigau vient d'être mis à pied du CNP. Il avait beaucoup accompagné vos films depuis ‘Libera Me', vous aviez écrit sur lui dans Libération. Quelle est votre réaction à son départ ?
J'avais écrit une lettre lorsque Moravioff a enlevé les fauteuils à l'Odéon. Et là, mon film sort, je vais au CNP le 5 novembre pour le présenter ; Marc Artigau n'étant plus là, je ferai l'éloge de Marc Artigau avant le film. En plus, j'ai une autre théorie, que je ne dirai pas à Marc Artigau sinon j'en ai pour une demi-heure ou une heure : ce bras de fer avec le Russe avait vraiment perturbé son équilibre personnel. Il avait essayé de racheter le CNP lorsque Planchon avait décidé de le vendre, il avait réuni des fonds. C'est l'autre qui l'a racheté, et ça a beaucoup compté dans sa vie…

Vous écriviez qu'il était un «passeur» pour vos films…
À Lyon, c'était lui. C'était lui ! Il a beaucoup fait pour nous cinéastes, on lui doit beaucoup. Mais il va très bien rebondir, vous allez voir…

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Alain Cavalier : «À mon âge, terminer un film est une victoire»

Comment jugez-vous le retour de la fiction dans votre œuvre entre Pater et Le Paradis ? Est-ce une suite logique ou est-ce plus accidenté ?Alain Cavalier : Je n’ai jamais fait de différence entre fiction et documentaire. Quand je faisais de la fiction, je copiais la vie ; je regardais comment parlaient les gens, comment ils vivaient et quand j’écrivais un scénario, j’essayais de reconstituer ce qui m’avait intéressé dans la vie. Après, pour changer un petit peu, je suis allé filmer les gens directement dans leur vie, comment ils travaillaient… Ce qui m’intéresse, c’est regarder la vie et la copier le mieux possible avec ma caméra pour la proposer au spectateur. Je vous pose cette question car je me souviens qu’au moment de René, vous assumiez le fait d’avoir essayé de réinjecter la fiction dans votre nouvelle manière de tourner…Avant cela, j’avais rencontré quatre jeunes gens pour faire un film qui s’appelait Le Plein de super ; j’avais envie de tourner av

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Le Paradis

ECRANS | En 70 minutes, avec sa seule petite caméra, quelques objets et quelques visages, Alain Cavalier raconte les grandes fictions qui ont marqué son enfance : les Évangiles et "L’Odyssée" d’Homère. Un film sublime, à la fois simple et cosmique, sur la vie, la mort, la mémoire, la grâce et l’origine. Christophe Chabert

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Le Paradis

Voici le corps inerte d’un petit paon, que deux mains manipulent pour constater son absence de vie. On le déposera au pied d’un arbre et des charognards viendront l’emporter. Mais pour garder la trace de son passage sur terre, on construira un mausolée de fortune ; d’abord une pierre, puis quelques clous courbés en croix pour la maintenir. Les saisons passeront, l’arbre sera coupé, la neige l’ensevelira, mais le mausolée résiste et la mémoire du petit paon avec lui. À intervalles réguliers, comme un fil rouge de ce Paradis, Alain Cavalier reviendra filmer ce monument dérisoire mais qui, par la force de son regard, devient essentiel. Non pour célébrer une mystique panthéiste, mais pour montrer que l’acte de se souvenir peut inverser le cycle de la vie et de la mort. Un homme et des Dieux Alors Cavalier se souvient… Il se souvient de ses années au pensionnat catholique où on lui a appris des histoires fantastiques qui n’ont depuis jamais cessé de l’habiter, comme des fictions fécondes ayant forgé son imaginaire. Il en retient deux : les Évangiles et L’Odyssée d’Homère. D’un côté, l’histoire d’un homme qui se prétend fils de Dieu, réalise des mir

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Découvrir le film le plus rare d’un de nos cinéastes préférés, en sa présence : le festival Lumière ne pouvait nous faire plus plaisir qu’en programmant Mise à sac d’Alain Cavalier. Il faut aussi remercier la Cinémathèque française, qui a choisi le film dans le cadre de l’invitation qui lui a été lancée. Mise à sac appartient à la première période de Cavalier, celle où il laisse parler son goût pour les genres cinématographiques, et ce film de casse à l’échelle d’une ville toute entière lui permet de collaborer à l’écriture avec un autre cinéaste qui débuta dans le polar avant d’inventer un cinéma à son image, Claude Sautet. Surtout, Mise à sac est la transposition d’un roman de Richard Stark, The Score (En coupe réglée, en français) qui appartient à sa série racontant les aventures d’un cambrioleur nommé Parker. Derrière le pseudo de Stark se cache l’immense Donald Westlake, et ce héros-là, rebaptisé Georges et incarné par Michel Constantin chez Cavalier, connaîtra une sacrée postérité cinématographique, puisque Lee Marvin — dans Le Point de non-retour — Mel G

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Pater

ECRANS | Alain Cavalier, président de la République, nomme Vincent Lindon Premier ministre, tâche qu’il prend très au sérieux, au point de se lancer dans la course à l’investiture contre son mentor. Ce n’est que du cinéma, bien sûr, mais à ce point d’intelligence ludique, le cinéma est bien plus que la réalité. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 14 juin 2011

Pater

Il était une fois un cinéaste qui avait un acteur pour ami, et qui voulait faire un film avec lui. Précision importante : ce cinéaste, qui s’appelle Alain Cavalier, se méfie depuis vingt ans des acteurs professionnels et de la machinerie qu’implique un tournage de fiction, préférant filmer seul avec sa petite caméra des instants de réalité qu’il transforme par son regard singulier en spectacle cinématographique. Autre précision : l’acteur-ami, c’est Vincent Lindon, sans doute le comédien le plus passionnant du cinéma français, celui qui n’est jamais là où on l’attend, traversant tous les territoires avec un mélange de curiosité et d’intégrité. La rencontre entre ces deux figures rétives à la classification paraît tomber sous le sens, mais de quel film pouvait-elle accoucher ? Pater est d’abord l’histoire de ce tâtonnement : Cavalier retrouve Lindon dans un hôtel, ils discutent sans but précis, notamment de l’emploi du temps de Lindon (il tourne simultanément La Permission de minuit). Et puis, par un coup de force que Cavalier rend immédiatement naturel, les voilà de chaque côté d’une table : Alain Cavalier est président de la République, et il nomme Vincent Lin

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Cannes jour 8 : Pater noster

ECRANS | Melancholia de Lars Von Trier. Pater d’Alain Cavalier.

Dorotée Aznar | Jeudi 19 mai 2011

Cannes jour 8 : Pater noster

Arrivé dans la dernière ligne droite du festival et de sa compétition, on attend toujours le film qui mettra tout le monde d’accord, celui qui trouvera le juste milieu entre film pour festival et œuvre suffisamment audacieuse pour séduire la frange la plus dure de la cinéphilie. On pensait que Melancholia, le dernier Lars Von Trier, allait jouer ce rôle. Présenté ce matin au Grand Palais, le film s’avère en définitive une des déceptions majeures de Cannes 2011. Pourtant, Melancholia démarre par dix minutes de pure sidération visuelle, où Von Trier mélange des ralentis étranges où les personnages semblent flotter au milieu des décors, et des visions spatiales d’une planète en fusion, se terminant par une spectaculaire collision avec la Terre, le tout sur fond de Wagner. C’est magnifique, impressionnant, même si on se souvient que l’ouverture d’Antichrist produisait sensiblement la même sensation. Quand le film retrouve une forme traditionnelle (et même ultra-traditionnelle pour du Lars Von Trier : scope et caméra portée, zooms et raccords dans l’axe), les choses s’enlisent dans un pénible remake de Festen. Un mariage, des

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Irène

ECRANS | De et avec Alain Cavalier (Fr, 1h20)

Christophe Chabert | Jeudi 22 octobre 2009

Irène

Irène est peut-être le plus beau film de l’année, et le meilleur de son cinéaste, du moins dans sa veine «autobiographique». Pourtant, c’est un objet à part, unique, précieux dans tous les sens du terme, c’est-à-dire rare et fragile. Irène, c’est la femme aimée par Cavalier, disparue tragiquement au milieu des années 70 alors que le cinéaste essayait de monter un film avec elle. Cavalier s’engouffre dans cette béance (une femme et un film fantômes) qu’il tente de matérialiser, trente-cinq ans plus tard, avec les moyens rudimentaires qu’il a adoptés depuis La Rencontre : un homme qui regarde et commente, seul derrière sa caméra, des bribes de réel. Alain cherche Irène dans son présent : il la trouve dans une photo de Sophie Marceau, dans l’appartement où ils ont vécu, dans le regard d’une oie, dans des traversins disposés comme les jambes écartées d’une femme… Il part sur ses traces, y risque sa vie — incroyable scène presque gore où il tombe dans les escaliers du métro — et après avoir longuement tourné autour, choisit d’affronter cette présence insaisissable. C’est une simple photo, révélée tardivement, de cette femme sublime, qui donne tout son sens à ce film d’amour

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Blog : Ô Irène !

ECRANS | Mardi 19 mai :

Christophe Chabert | Mardi 19 mai 2009

Blog : Ô Irène !

Le festival continue peinard. On avait vu Looking for Eric avant de partir, on ne l’avait pas beaucoup aimé (pas du tout, même), mais après le Von Trier, les festivaliers avaient manifestement envie de se détendre. Du coup, cette comédie concept très mineure dans l’œuvre de Loach, a reçu un fort bon accueil sur la Croisette. Dans les sections parallèles, on a bien aimé à ‘Un certain regard’ Le Père de mes enfants de Mia Hansen-Love, alors qu’on détestait son premier film, Tout est pardonné. Et à la ‘Quinzaine’, on a découvert le beau film de Denis Villeneuve Polytechnique, sorte d’Éléphant québécois, ainsi que Les Beaux Gosses, comédie ado de l’excellent Riad Sattouf, bientôt en salles et franchement bidonnant. Et puis le deuxième choc de ce festival : Irène d’Alain Cavalier. Continuant son cinéma en solitaire engagé depuis La Rencontre, le cinéaste septuagénaire l’emmène ici à des hauteurs encore jamais atteintes dans son travail (le mot œuvre lui ferait horreur). Irène, c’est une femme aimée au début des années 70, morte dans un accident de voiture et jamais oubliée par le cinéaste. Il veut faire un film s

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Intégrale autobiographique

ECRANS | ALAIN CAVALIER Pyramide

| Mercredi 14 mars 2007

Intégrale autobiographique

Le cinéma d'Alain Cavalier part d'un postulat simple : si le cinéaste est un artisan, son outil est la caméra. Et son travail consiste à filmer le réel dans son immédiateté, sans médiation entre son regard et l'objet filmé. Que Cavalier ait été un formidable cinéaste de fiction, cela ne fait aucun doute. Mais c'est bien dans ses œuvres autobiographiques, aujourd'hui regroupées dans un coffret DVD, que l'on peut voir son art à l'état brut. Trois films tournés à trois périodes et avec trois supports différents, traduisent ainsi à la fois la réappropriation de son outil par Cavalier, mais aussi les soubresauts de son existence. Ce répondeur ne prend pas de message, (16 mm, 1977) le montre enrubanné tel l'homme invisible, repeignant une pièce de son appartement entièrement en noir après la mort de sa compagne. La Rencontre (Hi-8, 1996) filme des objets, des animaux, des paysages et le corps de Françoise Widhoff, dont il vient de tomber follement amoureux. Le Filmeur (DV, 2005) enregistre son quotidien d'homme et de cinéaste, démarche naturelle de celui qui tient son journal et qui n'a plus peur de tout montrer, lui compris. La mort, l'amour, la maladie : Cavalier cherche à capter l'inf

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