La Nostra Vita

ECRANS | De Daniele Luchetti (Italie, 1h33) avec Elio Germano, Raoul Bova…

Christophe Chabert | Jeudi 31 mars 2011

Claudio, ouvrier dans le bâtiment, doit se remettre de la mort de sa femme, s'occuper de ses enfants et camoufler une négligence professionnelle ayant entraîné un accident mortel. Luchetti nous demande, dès le premier tiers de "La Nostra Vita", de compatir à la dégringolade de son héros. Mais Claudio est avant tout un imbécile, macho et égoïste, raciste et irresponsable. Ce n'est pas un jugement moral mais un fait indéniable, que le cinéaste passe pourtant la majeure partie de son film à ignorer. Sous couvert de comédie, il ferme les yeux sur des plaisanteries douteuses («Tu as déjà vu un noir construire un toit à sa cabane ?»), et au prétexte du mélodrame, il se met au diapason du mauvais goût de son personnage. Sa démission de metteur en scène (le film est hideux visuellement, proche d'un téléfilm de la RAI) ne fait que renforcer l'odeur nauséabonde qui se dégage jusqu'au bout de cette "Nostra Vita" aux relents berlusconiens. Christophe Chabert

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L’Ami, François d’Assise et ses frères

ECRANS | Sortez vos bréviaires, règle numéro un du petit sanctifié : s’il veut que son message bénéficie d’une postérité, un prédicateur doit toujours être trahi par l’un de ses (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 décembre 2016

L’Ami, François d’Assise et ses frères

Sortez vos bréviaires, règle numéro un du petit sanctifié : s’il veut que son message bénéficie d’une postérité, un prédicateur doit toujours être trahi par l’un de ses proches — voyez Jésus, qui a d’ailleurs prédit la traîtrise de Judas à ses ouailles lors de son dernier banquet. Pour Saint-François-d’Assise, c’est pareil : il aura fallu qu’un de ses apôtres assouplisse en douce les commandements rigides de sa radicale fraternité de mendiants pour que l’Église consente à la reconnaître comme étant de sa Maison. Ah, ces bonnes intentions pavant la route vers l’enfer… C’est bien joli ces plans extatiques avec petits oiseaux devant la caméra de Fely & Louvet. Et puis la verte nature rugueuse mais bienfaisante, l’hostilité du haut clergé méfiant face au vœu de pauvreté, et celle des gens d’armes imperméables aux farandoles exaltées de ces gueux hurlant leur amour… Du nanan pour le catéchisme. Bon, on ne verse pas non plus dans l’hagiographie mystique d’un Delannoy déclinant : il y a quand même des corps derrière ces esprits. Et surtout un défilé de têtes, qui porte à croire que la totalité des comédiens italiens francophones disponibl

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Magnifica Presenza

ECRANS | Film après film, Ferzan Özpetek fait varier son petit univers fait de culture gay et de relents de comédie italienne, dans un style sage et propret qui ne (...)

Christophe Chabert | Dimanche 14 juillet 2013

Magnifica Presenza

Film après film, Ferzan Özpetek fait varier son petit univers fait de culture gay et de relents de comédie italienne, dans un style sage et propret qui ne prête ni à l’enthousiasme, ni à la raillerie. Bien écrit, bien filmé, bien interprété, Magnifica Presenza ne déroge pas à la règle, et introduit dans une mécanique bien huilée deux ingrédients qui relèvent la sauce : une pincée de fantastique, via cette histoire de maison hantée par une troupe de comédiens qui vont d’abord effrayer l’apprenti acteur (Elio Germano, ex-prix d’interprétation cannois) sentimentalement paumé qui s’y installe, avant qu’il ne se résigne à les libérer de leurs tourments éternels. C’est le deuxième intérêt du film : faire ressurgir le souvenir des résistants massacrés sous le fascisme, sans pour autant tomber dans le pamphlet. Magnifica Presenza joue ainsi une curieuse partition entre tragédie passée et comédie de mœurs contemporaine — avec des seconds rôles stéréotypés comme souvent chez Öztepek, qui se rêve en Almodovar transalpin, mais en est encore loin. Christop

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