L'Ange du mal

ECRANS | De Michele Placido (Ita, 2h05) avec Kim Rossi Stuart, Filippo Timi…

Dorotée Aznar | Mercredi 31 août 2011

Après Romanzo Criminale, Michele Placido poursuit son exploration de la criminalité italienne avec ce biopic de Renato Vallanzasca, gangster aussi dangereux que charismatique campé avec beaucoup de conviction par Kim Rossi Stuart. La bonne nouvelle, c'est qu'en dehors de quelques montages syncopés et tape-à-l'œil, le réalisateur arrête de se prendre pour Scorsese et resserre sa mise en scène sur son personnage principal. La mauvaise, c'est que cette sobriété entraîne une absence de point de vue dommageable. L'Ange du mal se contente d'aligner les faits sans jamais les réfléchir, les inscrire dans une quelconque évolution ou tenter de percer les motivations de son antihéros. Braqueur et détenu violent, tueur de flics, fille de l'air devant l'éternel mais pas si mauvais bougre (!), Vallanzasca, dans le film, n'agit finalement que par simple pragmatisme. En taule, il cherche à s'évader ; en liberté, il redevient un criminel. Voilà le constat, pour le moins sommaire, dressé par L'Ange du mal…
François Cau

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La pause s’impose : "7 Minuti"

Social | de Michele Placido (It-Fr-Sui, 1h28) avec Ottavia Piccolo, Anne Consigny, Clémence Poésy

Vincent Raymond | Lundi 30 avril 2018

La pause s’impose :

Dilemme pour un groupe de délégués du personnel, qui doit statuer sur l’abandon de sept minutes de pause déjeuner en échange du sauvetage de son usine. Tel est le marché pervers proposé par leur future actionnaire majoritaire. La division s’installe parmi les salariés et salariées… Mettons au crédit de Michele Placido l’idée de transposer ce fait social survenu à Yssingeaux en Italie puisque le capitalisme n’a pas de frontière, et la pertinence d’en faire un huis clos : cette situation d’un choix cornélien — face à un marché de dupes ! — renvoie à 12 hommes en colère. Les similitudes s’arrêtent là. Du fait de sérieux problèmes d’écriture, dont de grotesques effets de suspense théâtraux destinés à différer la divulgation de la fameuse mesure (on se croirait dans Le Prénom) ; à cause également de quelques personnages féminins au-delà de la caricature et d’une mise en scène contemplative là où du vif aurait été nécessaire, on s’agace au lieu de compatir. Un grand sujet potentiel, qui sans doute eût été plus à sa place sur les planches, devien

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Vincere

ECRANS | De Marco Bellocchio (Italie, 1h58) avec Giovanna Mezzogiorno, Filippo Timi…

Christophe Chabert | Mardi 17 novembre 2009

Vincere

Impressionnant, Vincerecherche, à l’image de son titre, à atteindre les hauteurs triomphales du cinéma d’auteur. Son ambition est de raconter l’ascension puis la chute de Mussolini à travers les yeux de sa première femme, Ida Dalser, que le duce fit interner parce qu’elle se refusait à vivre cette liaison dans l’ombre du pouvoir. La première partie, la meilleure, répercute l’esprit de conquête du leader dans une forme qui emprunte à l’opéra mais aussi au futurisme : les gros titres des articles de Mussolini s’inscrivent en surimpression sur l’écran, la musique inonde la bande-son, et la passion fougueuse des deux amants se traduit par quelques séquences puissantes, dont celle où ils s’isolent d’une manifestation pour faire l’amour. La suite repose beaucoup sur l’interprétation hallucinée de Mezzogiorno, vivant l’obstination d’un personnage que toutes les cellules ne peuvent contenir. Mussolini, au fait de sa gloire politique, devient alors dans le film une pure image publique, celles des actualités et des représentations iconiques. Bellocchio le fait toutefois reparaître au dernier tiers à travers son fils caché, joué par le même acteur. Celui-ci se lance dans une imitation

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