Indignados
Critique publiée le Vendredi 2 mars 2012 par Jerôme Dittmar Petit Bulletin n°657 consulté 324 fois
De Tony Gatlif (Fr, 1h27) avec Mamebetty Honoré Diallo...
Indignados Tony Gatlif Mamebetty Honore Diallo

Son Stéphane Hessel brandi tel un nouveau Livre rouge, Tony Gatlif parcourt le monde dans l'espoir d'y retrouver la flamme révolutionnaire. En ressort Indignados, mélange d'images prises sur le vif et du faux parcours d'une immigrée clandestine africaine, témoin providentiel de la ferveur que l'auteur voudrait capter. Partant sur de mauvaises bases (un best seller sur les bons sentiments), Gatlif ne montre rien mais résume tout. Il trimballe sa caméra, extatique, s'engouffrant dans un mouvement contestaire éparpillé et fourre-tout qu'il rassemble sous la bannière de l'indigné. Ne quittant ainsi jamais cette vision franco-médiatique balourde, il fait cohabiter une farandole d'images supposées corroborer sa thèse critique sans jamais interroger la réalité qu'il prétend enregistrer. Le film pamphlétaire devient alors un sommet de raccourcis et de niaiserie où le ressentiment est converti en humanisme. Degré zéro du cinéma politique, Indignados est aussi vain qu'affligeant.
Jérôme Dittmar







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