Une rentrée cinéma en apesanteur

ECRANS | De septembre à décembre, le programme de la rentrée cinéma est riche en événements. Grands cinéastes au sommet de leur art, nouveaux noms à suivre, lauréats cannois, blockbusters attendus et peut-être inattendus. Morceaux de choix à suivre… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 21 août 2012

Une rentrée sans Palme d'or cannoise n'est pas vraiment une rentrée. Et même si, comme il y a trois ans, elle est signée Michael Haneke, il ne faudra pas rater Amour (24 octobre), tant le film est un accomplissement encore plus sidérant que Le Ruban blanc dans la carrière du cinéaste autrichien. Avec sa rigueur habituelle, mais sans le regard surplombant qui a parfois asphyxié son cinéma, Haneke raconte le crépuscule d'un couple dont la femme (Emmanuelle Riva) est condamnée à la déchéance physique et qui demande à son mari (Trintignant) de l'accompagner vers la mort. C'est très dur, mais aussi très beau et puissamment universel, grâce entre autres à la prestation inoubliable des deux comédiens, au-delà de tout éloge.

L'autre événement post-cannois est aux antipodes de ce monument de maîtrise et d'intelligence ; pourtant, Les Bêtes du sud sauvage (12 décembre), premier film de l'Américain Benh Zeitlin, procure des émotions et des sensations tout aussi intenses. Osant le grand pont entre un cinéma ethnographique quasi-documentaire et son exact contraire, la fable fantastique à base de monstres mythologiques, Zeitlin fusionne l'ensemble à travers le regard d'une petite fille de huit ans vivant dans la misère joyeuse d'une communauté à la dérive, luttant contre l'industrialisation qui menace de les ensevelir. La force lyrique et quasi cosmique des images et l'ambition du propos obligent à le reconnaître : voilà quelque chose de profondément neuf sur les écrans de cinéma.

Du jamais vu : c'est ce que les premières rumeurs disent à propos de Gravity d'Alfonso Cuaron (28 novembre), film de science fiction en 3D et en apesanteur avec deux acteurs (Sandra Bullock et George Clooney) en perdition dans l'espace. Avec Les Fils de l'homme, Cuaron avait pris dix ans d'avance sur le cinéma contemporain. Il paraît qu'avec Gravity, il en a pris dix de plus ! Question : où s'arrêtera-t-il ?

Après Cannes, c'est encore Cannes

Le palmarès cannois, hors Palme d'or, avait déçu. Les films récompensés débarquent à la queueleuleu dans les salles ce trimestre et on pourra vérifier calmement leurs vertus respectives. Reality (3 octobre) de Matteo Garrone n'avait pas la carrure d'un grand prix, mais cette comédie douce-amère possède quelques très grands moments de mise en scène, d'écriture et de jeu, qui font oublier un dernier acte un peu laborieux. C'est l'inverse pour Au-delà des collines (21 novembre) du Roumain Cristian Mungiu, dont le dogmatisme de la mise en scène est assez contre-productif en regard de son sujet (une critique sourde et subtile du fanatisme religieux et de son autarcie).

L'efficace La Chasse de Thomas Vinterberg (14 novembre) laisse un goût amer après visionnage, tant ce qui en fait la réussite est aussi ce qui rend son discours douteux ; son scénario brillant fait tout pour nous imposer sa thèse, annoncée dès le départ, manipulant les personnages pour mieux les accuser en fin de compte. Enfin, présenté en clôture du festival, le film posthume de Claude Miller Thérèse Desqueyroux (21 novembre) est un de ses meilleurs, son classicisme élégant ne faisant que renforcer la violence cruelle de son propos, labourant un des thèmes fétiches du cinéaste, l'enfermement psychologique.

France-USA : aller-retour

Deux cinéastes français en goguette aux États-Unis livreront deux OVNIS réjouissants en cette rentrée : Quentin Dupieux poursuit sa quête de l'absurde avec Wrong (5 septembre), récit à la fois délirant et très logique d'un homme cherchant son chien kidnappé par un gourou new age, tandis que son jardinier s'échine à comprendre pourquoi un palmier s'est transformé en sapin. Quant à Michel Gondry, il s'est offert une récré avant de humer L'Écume des jours : un film tourné quasi entièrement dans un bus avec de jeunes acteurs amateurs de Brooklyn, The We and the I (12 septembre).

Cette comédie énergique simple et touchante montre que Gondry peut tout faire, qui plus est avec presque rien. L'équipe de Tout ce qui brille (Géraldine Nakache, Hervé Mimran, Leïla Bekhti et Manu Payet) a aussi fait le voyage vers les States pour sa nouvelle comédie Nous York (7 novembre), tandis qu'Yvan Attal, lui, se paie le remake d'un petit film indé américain, Humpday, pour sa troisième réalisation, rebaptisée en presque français Do not disturb (3 octobre).

Une certaine engeance du blockbuster

Une saison cinéma n'en serait pas vraiment une sans son lot de blockbusters américains. On notera un net manque d'imagination cette année (si tant est que les années précédentes, il y en avait, de l'imagination) : tandis que James Bond retrouve une troisième fois les traits de Daniel Craig (Skyfall, le 26 octobe), son cousin éloigné aux initiales similaires s'invente un double (Jeremy Renner) pour palier la défection de Matt Damon dans Jason Bourne : l'héritage (19 septembre). Quant à Frodon, c'est son oncle Bilbo qui prend la relève dans Le Hobbit, la nouvelle trilogie de Peter Jackson (premier volet sur les écrans le 12 décembre). Mais tant que ça reste en famille…

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InDensité : "Si c’était de l’amour"

Documentaire | Au commencement était une pièce chorégraphique, Crowd. Et puis Patric Chiha a posé ses caméras pour suivre le travail de la troupe de Gisèle Vienne, des répétitions aux coulisses, entremêlant instants de vie et bouts de live…

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

InDensité :

Les premières images surprennent autant qu’elles mettent en condition : elles montrent un homme asperger un par un, comme s’il s’agissait de banales récoltes, des couples s’apprêtant à prendre part à une soirée à musique poup-poum. Plus étrange, cette séquence qui semble singulièrement ralentie, défile à sa vitesse normale : ce sont les protagonistes qui freinent leurs mouvements, synchrones dans leurs gestes retenus. L’effet — réussi — restitue sans ses désagréments collatéraux la pulsion stroboscopique de partager la transe d’une rave, sujet de Crowd. Sensoriel, hypnotique, sensuel également, Si c’était de l’Amour n’est pas la “simple“ captation d’un spectacle dont il ne partage pas le nom, mais une interrogation à l’image de son titre, que les échanges qu’il intègre éclairent délicieusement, sans élucider la question en suspens. Ces irruptions dans le processus créatif montrent des danseurs s’interviewant mutuellement sur leur vie ou sur la construction des personnages qu’ils interprètent, à partir des trames fournies par

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Sophia Aram, sensible mais sensée

Humour | L'humoriste Sophia Aram présentera son nouveau spectacle le 18 septembre au Radiant : "À nos amours".

Elliott Aubin | Mardi 10 septembre 2019

Sophia Aram, sensible mais sensée

Nous l'avions découverte dès 2012 au micro de France Inter, chroniqueuse ayant su rapidement bousculer ses auditeurs et auditrices par son insolence piquante et une ironie engagée. Après trois spectacles portant respectivement sur l’école, les religions et la montée des extrêmes, elle s’intéresse ici plus particulièrement au vaste sujet qu’est l’amour. Mais ses thèmes de prédilection seront toujours présents au sein de ce spectacle déjà bien rodé... Attachée à la laïcité et aux droits des femmes, humaniste, Sophia Aram réussit à sa manière à faire percer dans le débat public les convictions profondes qui l'animent. Elle est de ces artistes qui ont choisi le rire pour éveiller les consciences en dévoilant le regard acéré qu'elle porte sur notre époque. Un lyrisme luchiniste Dans ce nouveau spectacle baptisé À nos amours, elle démontre tout son talent pour dénoncer, avec dérision et sarcasme, le sexisme ordinaire et les préjugés de la vie d'un couple. Qu'est-ce qu'un couple féministe ? Voilà une des questions que nous pose Sophia Aram et son compagnon, Benoît Cambillard, avec qui elle écrit ses s

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Tout Melville : L’Hexagone noir

Rétrospective | L’Institut Lumière a débuté une rétrospective intégrale de l’œuvre trop brève du pape du film policier français, Jean-Pierre Melville. Chapeau bas !

Vincent Raymond | Mardi 14 mai 2019

Tout Melville : L’Hexagone noir

Il n'y a pas de plus profonde singularité que celle de Jean-Pierre Melville (1917-1973) dans le cinéma français. Si ce n’est celle d’Alfred Hitchcock à Hollywood… Peut-être… À l’instar de son aîné britannique, le réalisateur français a imprimé une double marque dans le genre policier : en construisant sa silhouette entre mille reconnaissable (lunettes noires & Stetson), mais également en définissant un style de récit où l’action est aussi blanche que les peaux livides et les décors gris, douchés par la pâleur des lumières artificielles. Où les personnages épousent les marges, frayent avec l’ombre, côtoient l’interlope ; où le plomb du silence pèse sur des hommes confrontés à leur solitude, à leur destin et/ou à leurs démons intérieurs. L’amuï américain Cette “formule” trouvant sa quintessence dans Le Samouraï (1967), Melville l’obtient, en patient alchimiste, à force non d’ajouts mais de soustractions et d’épure — ne dit-on pas less is more outre-Manche ? Inspiré par le roman et le cinéma noirs américains, comme par ses a

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Des étoiles dans les yeux : "Les Météorites"

Drame | De Romain Laguna (Fr, 1h25) avec Zéa Duprez, Billal Agab, Oumaima Lyamouri…

Vincent Raymond | Mardi 30 avril 2019

Des étoiles dans les yeux :

Nina, 16 ans, a lâché le lycée et bosse pour l’été dans un parc d’attraction. Seule à voir une météorite zébrer le ciel, elle y lit un signe du destin et se sent invincible. Alors Nina ose, agit selon son cœur et ses envies, quitte à essuyer de cosmiques déconvenues. Elle grandit… Bonne nouvelle : une génération de comédiennes est en train d’éclore et en plus, on leur écrit des rôles à la hauteur de leur talent naissant, donnant au passage de la jeunesse d’aujourd’hui une image plutôt féminine et volontaire. Après la révélation Noée Abita dans Ava de Léa Mysius (2017), voici Zéa Duprez en Nina — la prévalence des prénoms mono ou di-syllabiques riches en voyelles étant fortuite. Mais le volontarisme de Nina n’exclut pas une dose d’ingénuité lorsqu’il s’agit d’affaires de cœur : on n’est pas sérieux quand on a 16 ans, on croit en l’éternité de l’amour et l’on déchante avec d’autant plus de cruauté. Romain Laguna fixe des instantanés d’un été à part, ainsi que les mille et unes facettes d’une héroïne tantôt farouche et rugueuse quand elle r

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Papa poule, papa coule : "C'est ça l'amour"

Drame | de Claire Burger (Fr, 1h38) avec Bouli Lanners, Justine Lacroix, Sarah Henochsberg…

Vincent Raymond | Mardi 26 mars 2019

Papa poule, papa coule :

Sa femme l’ayant quittée, Mario est tout tourneboulé. S’accrochant à l’espoir de la voir revenir, il tente avec sa maladresse bienveillante de préserver ses filles du cataclysme qui les ronge tous. Mais rien n’est facile dans cette famille de guingois : même l’amour en a pris un coup. Ce portrait-mosaïque d’une famille bohème — très loin d’être bourgeoise — dynamitée par la défection maternelle fait penser à un jeu de billard américain, quand la blanche vient de casser le paquet et que les boules s’échappent en tout sens : Claire Burger s’attache en effet à la trajectoire de chacun des personnages de la famille atomisée, dans l’apprentissage de ses nouveaux repères, si bancals soient-ils. Car Mario n’occupe pas seul les premiers plans (à la différence du père joué par Romain Duris dans Nos batailles, confronté à une situation similaire) : le film ménage de la place aux filles, dans leur émancipation de l’âge d’enfant, leur confrontation aux chamboulements multiples secouant par ailleurs l’adolescence (premières amours, désir d’indépendance).

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Vincent Lindon : « on fait ce métier pour s’oublier »

Dernier Amour | Passionné comme toujours et comme toujours passionnant, Vincent Lindon évoque sa nouvelle collaboration avec l’un de ses metteurs en scène fétiche. De l’approche d’un rôle historique et de la philosophie de l’interprétation des personnages…

Vincent Raymond | Mardi 19 mars 2019

Vincent Lindon : « on fait ce métier pour s’oublier »

Comment avez-vous convaincu Benoît Jacquot, avec qui vous avez une longue complicité, de vous confier ce rôle de Casanova ? Vincent Lindon : Au départ, je venais le chercher pour déjeuner, il était dans son bureau et il parlait de son prochain film avec ses producteurs. Il m’a annoncé : « je vais faire Casanova ». Et j’ai aussitôt répondu : « Non, c’est moi qui vais faire Casanova. — Non, il a 26 ans, c’est l’histoire d’un jeune Casanova avec une dame plus âgée. — Ben, c’est plus ça. Il y a bien un moment où il est vieux ? — Tu plaisantes ? — Non, non, je suis très sérieux. — Fais attention, Vincent : si je te prends au mot, tu vas être bien embêté — Pas du tout : prends-moi au mot ! — Il y a bien un épisode avec la Charpillon… » Et ils ont bifurqué sur cette histoire. Qu’est-ce qui vous a séduit à ce point dans ce personnage ? Casanova, quand même ! Il n’y a pas beaucoup de personnages de cette dimension. J’ai fait Rodin, le professeur Charcot. Si demain on me demande de jouer Enzo Ferrari je vais

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Plaire, aimer, éconduire vite : "Dernier Amour", avec Vincent Lindon

Drame | De Benoît Jacquot (Fr, 1h38) avec Vincent Lindon, Stacy Martin, Valeria Golino…

Vincent Raymond | Mardi 19 mars 2019

Plaire, aimer, éconduire vite :

Au soir de sa vie, Casanova évoque à une confidente un épisode de sa vie aventureuse se déroulant à Londres, où il vivait alors en exil ; un souvenir douloureux lié à une femme dont il s’est épris, qui jamais n’a cédé à sa cour : la Charpillon, une courtisane au corps et à l’esprit bien faits… Comment diable éprouver de l’empathie pour la personne de Casanova, l’aventurier qui épousa le XVIIIe siècle en triomphant des geôles, des duels et des revers de fortune ; l’infaillible séducteur que sa réputation en tout lieux précédait et qui, de surcroît taquina la muse pour composer en sus de ses mémoires, quelques ouvrages réputés ? En le dépeignant dépourvu de ses talents et mérites, chevalier à la triste figure confronté au doute, à l’échec et à la déchéance. En rendant, en fait, à ce héros hors normes sa qualité d’humain. Le Casanova façonné par Benoît Jacquot pour Vincent Lindon (et réciproquement) apparaît ainsi comme une montagne de fragilité et de doute, au moment où la certitude de son prestige commence à s’effiloche

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La damnation de Jim Yamouridis

Folk | Événement considérable que la venue en l'antre de l'Opéra du barde Australo-greco-auvergnat Jim Yamouridis, dont les dernières expériences musicales plongent dans les ténèbres du dépouillement avec une grâce quasi-faustienne.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 février 2019

La damnation de Jim Yamouridis

La voix est caverneuse, profonde, sépulcrale, creuse un sillon qui semble vouloir retourner les entrailles de la terre jusqu'aux forges d'Héphaïstos, invoquer par là, en un chant qui confine au religieux, une imprécation immémorielle, un mantra pourvoyeur de transe, quelque Dieu antique retenu prisonnier dans le fond des âges et dont il s'agirait, au passage, d'implorer la pitié, d'apaiser la colère. La chose s'intitule Mercy et ouvre The Other Side, dernier disque solo en date de l'Australien d'origine grecque Jim Yamouridis, exilé depuis quelques lustres en Auvergne (le karma de l'Hermès de Haute-Loire a des miles au compteur). La suite est à l'avenant et se blottit dans la bure d'une guitare acoustique aussi hypnotique que renfrognée et de cette voix d'outre-monde qui réveille les fantômes de Cash (Johnny) et de Cohen (Leonard) et fréquente les mêmes lupanars enfouis que Nick Cave, aux confins de ce folk-blues auquel Yamouridis nous a habitué et de la tradition grecque du rebetiko, cette musique d'outsiders et de haschischins, cette « musique de vérité », c

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Chaplin de mère en fille aux Célestins

Théâtre | Dans la famille Thierrée Chaplin, on demande la sœur : Aurélia. En parfaite héritière de sa célèbre lignée, elle signe un spectacle léger comme des bulles de savons.

Nadja Pobel | Mardi 18 décembre 2018

Chaplin de mère en fille aux Célestins

Des fauteuils claquants d'une vieille salle d'attente et un tournoiement de personnes interchangeables. D'emblée ce spectacle, créé cet été au festival de Spoleto en Italie, est une valse qui ne va cesser durant 1h10. Aurélia Thierrée Chaplin est dirigée par sa mère Victoria Chaplin (fille du cinéaste) qui fait d'elle une cleptomane lunaire. Où qu'elle aille, elle dérobe des bijoux, des vêtements sur des portants, des lampes et se fond illico dans un fauteuil ou disparaît derrière des draps. La magie rôde à chaque coin de ce spectacle car la voleuse est talentueuse. Elle sait en tournant sur elle-même rendre un tailleur volé. C'est bien l'un des soubassements de cette création que ces tours de passe-passe qui font le sel de ce que ses parents ont créé au tout début des années 70, le Cirque Bonjour devenu Imaginaire puis Invisible, aux origines du nouveau cirque. Subrepticement, les objets s'animent et prennent vie. Ainsi un cintre devient oiseau, un porte-manteau se transforme en un ruminant. Et tout une série

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Douceurs aux Célestins

Théâtre | Comme à chaque fin de saison, il n'en reste qu'un pour les fêtes : les Célestins qui double la dose (19h puis 21h) avec cette fois-ci deux spectacles plus que prometteurs.

Nadja Pobel | Mardi 11 décembre 2018

Douceurs aux Célestins

Exit Jamie Adkins et le burlesque lourdigue des Sea Girl, cette année, les spectacles de 19h et 21h des Célestins s'adressent à un seul public qui peut tenter l'aventure en groupe sur les deux créneaux, avec une loufoquerie et une douceur garanties. Sans pouvoir faire de critique faute d'avoir pu voir en amont ces deux propositions, il est évident qu'elles se placent, a priori, du côté de l'enchantement. Dans un premier temps, Aurélia Thierrée (fille de Victoria Chaplin et donc petite-fille du cinéaste, et sœur du James de La Grenouille avait raison) est à l'honneur. Cette dernière interprète ce spectacle imaginé par sa mère et qui ressemble à leur illustre famille. Ici une cleptomane est manipulée par les objets qu'elle dérobe et un porte-manteau se met à marcher, des sièges s’esquivent et une robe prend vie. Elle retrouvera sans doute ici ce qui a fait son enfance lorsqu'elle furetait sur les plateaux de ses parents et leur spectacle éternel joué depuis quarante ans, le Cirque Bonjour

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Catherine Corsini : « l’inceste n’est pas le sujet »

Un amour impossible | Après Laetitia Colombani et sa variation sur "Pourquoi le Brésil ?", Catherine Corsini adapte à son tour un livre de Christine Angot empreint d’un vécu douloureux et de secrets vénéneux. Une grande fresque digne.

Vincent Raymond | Jeudi 8 novembre 2018

Catherine Corsini : « l’inceste n’est pas le sujet »

À quelle occasion avez-vous découvert le roman de Christine Angot ? Catherine Corsini : Par ma productrice, trois-quatre mois après sa parution. J’ai mis un peu de temps à le lire d’ailleurs, mais je suis tombé dedans : je l’ai ressenti à la fois comme une lectrice extrêmement bouleversée et comme une cinéaste qui prend de la hauteur. Il y avait un incroyable mélo à faire ! Et moi qui sortais de La Belle Saison, j’avais curieusement cette envie de mélodrame — une envie qui vient de mon amour des films de Douglas Sirk, revisitée ensuite par Todd Haynes ; ce truc assez formidable de parler des années 1950 jusqu’à aujourd’hui en essayant de moderniser le mélodrame classique hollywoodien. Comment Christine Angot a-t-elle reçu votre proposition ? C’était très courtois, elle a réfléchi. Ensuite, c’était une histoire d’engagement et d’argent, avec une liberté totale d’écrire, en lui soumettant le scénario une fois qu’il était terminé — et le fait qu’elle pouvait retirer son nom et la mention librement adapté si ça ne lui plaisait pas. À partir du mom

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Odieux le père : "Un amour impossible"

Drame | de Catherine Corsini (Fr, 2h15) avec Virginie Efira, Niels Schneider, Estelle Lescure, Jehnny Beth…

Vincent Raymond | Mardi 6 novembre 2018

Odieux le père :

Châteauroux, années 1950. Rachel Steiner est courtisée par Philippe, un fils de famille portant beau. Hostile à toute mésalliance sociale, il repart laissant Rachel enceinte. Bien plus tard, après plusieurs retrouvailles épisodiques houleuses, Philippe renoue le contact avec leur fille Chantal… Adaptant ici le “roman autobiographique“ — on ne sait comment qualifier le genre de récit qu’elle pratique — de Christine Angot, Catherine Corsini réussit plusieurs tours de force. S’approprier son histoire tout en rendant digeste et dicible la voix de l’autrice sans la contrefaire, et raconter avec élégance ce qui rappelle la noirceur incestueuse de Perrault dans Peau d’Âne comme des meilleures tragédies raciniennes (où les amours sont aussi impossibles, car univoques). Renversant le propos du conte, l’ogre symbolique s’incarne ici dans un homme exerçant son emprise toxique et dévorante sur deux femmes… dont l’une est sa fille. À cette lecture analytique se superpose en fin de film une interprétation sociale qui si elle évoque dans la forme le dénouement de Psychose, où le

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Auto-psy d’un couple : "L'Amour flou"

Ex tape | de et avec Romane Bohringer & Philippe Rebbot (Fr, 1h37) avec également Rose et Raoul Rebbot-Bohringer…

Vincent Raymond | Lundi 8 octobre 2018

Auto-psy d’un couple :

Il se sont aimés, ont eu beaucoup enfants (enfin… deux), et puis le quotidien a passé l’amour à la machine. Alors, avant de se détester trop, Romane et Philippe envisagent une séparation de corps mais pas de logis : un appartement chacun, réuni par la chambre des enfants. Une utopie ? L’histoire quasi vraie d’une famille attachante, racontée presque en direct par les intéressés, dans leur ton brouillon d’adulescents artistes, inventant un modèle “désamoureux“ hors normes. Ce qui pourrait ressembler à une soirée diapos prend tout de suite un peu de relief quand les protagonistes sont connus, et que la majorité de leurs parents et amis le sont aussi. Alors, si L’Amour flou tient de la succession de sketches plutôt gentils et tendres, sans auto-complaisance ; il est parfois indiscret, mais pas impudique. Fidèle, sans doute, à ce que dégagent ces deux parents bobos (bourgeois-bohème) et foufous (fouillis-foutraque). Toutefois, on relève (en la regrettant) une faute de goût dans ce film somme toute sympathique : la participation dans son propre rôle de

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De l’amour dans le frigo

Fromagerie | L’Amour de Nuit a ouvert ses portes fin mai rue de Marseille. On se calme tout de suite, il s’agit d’une fromagerie - bar à fromages. Mais il s'agit d’amour quand même.

Lisa Dumoulin | Mardi 25 septembre 2018

De l’amour dans le frigo

Point de rendez-vous polisson dans cette rubrique (encore que, l’amour de la chère et de la chair étant aussi concomitants que leur phonétique le laisse penser, on pourrait se laisser tenter) mais la vérité est ailleurs. À Nuits-Saint-Georges en Bourgogne très précisément, où est élaboré le fromage frais au lait de vache appelé l’Amour de Nuits - avec un “s”. C’est là que vivent les grands-parents de la gérante Agathe Birglin, et ses souvenirs d’enfance : « J’entends encore ma grand-mère me dire à l’heure du goûter “il y a de l’amour dans le frigo” ». L’Amour de Nuit fait donc double emploi pour vous permettre de venir faire vos emplettes à toute heure mais aussi de goûter des spécialités sur place. Et Agathe a réussi son coup : on rêve de passer une soirée dans le canapé de la mezzanine, parfait décor d'une soirée fromton-rouge. « Je voulais qu’on se sente comme à la maison, comme chez mamie, mais en restant propre, on est loin des bouchons surannés... J’ai tout acheté chez Emmaüs ou dans des brocantes, rien n’est neuf, pas même la vaisselle ! »

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"L'Amour est une fête" : et le film, une défaite

Cul-cul | de Cédric Anger (Fr, 1h59) avec Guillaume Canet, Gilles Lellouche, Camille Razat…

Vincent Raymond | Mercredi 19 septembre 2018

Vous qui entrez dans la salle, abandonnez tout espoir de tomber sur un équivalent de Boogie Night à la française. Narrant l’infiltration de deux flics dans l’univers des peep-shows et du X des années 1980 parisiens, ce pensum n’en a ni le rythme, ni la folie. Présente-t-il quelque gravité dramatique, des attraits comiques insoupçonnés ? Pas davantage. Diable… Oserait-il, alors, s’appuyer sur ce décor ou ce contexte favorable pour créer un authentique film érotique doté d’une intrigue ? Pas plus que Yann Gonzalez avec sa (dé)pantalonnade Un couteau dans le cœur : on se trouve en présence de cinéastes qui vendent hypocritement l’idée du soufre, en craignant d’en prononcer le nom, et passent leur film à moquer leurs aînés du cinéma bis ou Z, tout en les pillant et les contrefaisant (mal) à coup de néons roses et de cheveux peroxydés. Ne parlons pas hommage, puisqu'il s’agit de dérision. Il n’y a là ni amour, ni fête ; d’ailleurs, ce n’est ni fait, ni à faire… Seule lumière au tableau : la B.O. de Grégoire Hetzel, et la mélancolie mélodique de ses part

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Familles dé-re-composées au Comœdia

ECRANS | Maintenant que vous avez pris le rythme des avant-premières quasi quotidiennes, conservez-le. Et dirigez vos pas au Comœdia pour deux films très (...)

Vincent Raymond | Mercredi 19 septembre 2018

Familles dé-re-composées au Comœdia

Maintenant que vous avez pris le rythme des avant-premières quasi quotidiennes, conservez-le. Et dirigez vos pas au Comœdia pour deux films très dissemblables. D’abord L’Amour flou, signé Philippe Rebbot et Romane Bohringer (présenté par celle-ci le vendredi 21 septembre à 20h) est inspiré par l’histoire des deux comédiens qui ont décidé de continuer à vivre ensemble après leur séparation — enfin, dans un appartement double uni par la chambre des enfants. Puis avec Amin de Philippe Faucon. Le réalisateur de Fatima viendra lundi 24 à 20h présenter le parcours de ce travailleur écartelé entre deux vies, deux familles, deux pays. Une histoire extraordinaire en apparence, et cependant si courante. Au Comœdia

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Daniel Auteuil : « rêver sa vie, c’est un peu comme mener une rechercher poétique »

Amoureux de ma femme | C’est sur les terres de sa jeunesse avignonnaise, lors des Rencontres du Sud, que le réalisateur et cinéaste Daniel Auteuil est venu évoquer son nouvel opus, Amoureux de ma femme. Le temps d’une rêve-party…

Vincent Raymond | Vendredi 1 juin 2018

 Daniel Auteuil : « rêver sa vie, c’est un peu comme mener une rechercher poétique »

Le scénario est adapté d’une pièce de Florent Zeller que vous avez jouée. Y a-t-il beaucoup de différences ? Daniel Auteuil : Ah oui, il est très très librement adapté ! On a beaucoup parlé : je lui ai raconté à partir de la pièce de quel genre d’histoire j’avais envie. Je voulais parler des pauvres, pauvres, pauvres hommes (rires), et de leurs rêves, qui sont à la hauteur de ce qu’ils sont. Certains ont de grands rêves, d’autres en ont des plus petits. Et puis il y avait l’expérience de cette pièce, qui était très drôle et qui touchait beaucoup les gens. Mon personnage est un homme qui rêve, plus qu’il n’a de fantasmes. Un homme qui, au fond, n’a pas tout à fait la vie qu’il voudrait avoir, peut-être ; qui s’identifie dans la vie des autres. Le cinéma vous permettait-il davantage de fantaisie ? La pièce était en un lieu unique et était très axée sur le verbe, sur le texte. Une grande partie était sur les pensés, les apartés. Ici, c’est construit comme un film : le point de départ était cette idée de rêve et tout ce qu’on pouvait montrer. Que les rêves, ressemblent à

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Sale rêveur : "Amoureux de ma femme"

De quoi Zeller ? | de et avec Daniel Auteuil (Fr, 1h24) avec également Gérard Depardieu, Sandrine Kiberlain, Adriana Ugarte…

Vincent Raymond | Mardi 24 avril 2018

Sale rêveur :

Daniel a invité à dîner son meilleur ami Gérard afin qu’il lui présente, ainsi qu’à sa femme, sa nouvelle compagne. Lorsqu’il découvre sa jeunesse et sa beauté, Daniel se prend à imaginer des choses, sous l’œil de son épouse. Qui n’est pas dupe. Daniel Auteuil signe un film comme on n'en fait plus. Un truc un peu inconscient et naïf, de l’époque où les sexagénaires exhibaient sans complexes leur nouvelle voiture, leur nouvelle montre, leur nouvelle minette, comme autant de gages de succès. Aujourd’hui, on dissimule tout ces “attributs” sous le vocable commun de “bonheurs” — cela fait moins égoïste et moins démon de seize heures. On assume moins que le personnage de Sydney Pollack qui vantait dans Maris et Femmes de Woody Allen (1992) les vertus de sa récente et jeune compagne : « sa bouche ? c’est du velours… » Amoureux de ma femme, raconte peu ou prou la même histoire que Woody Allen, mais corsetée par l’ère du politiquement correct, dans un (vaste) appartement parisien et se sert de l’imaginaire d’un

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Reinhardt en place

Rencontre | Encensé encore en cette rentrée littéraire pour La Chambre des époux, Éric Reinhardt sera à Lyon, ce mercredi 29 novembre pour accompagner le spectacle de (...)

Nadja Pobel | Mardi 28 novembre 2017

Reinhardt en place

Encensé encore en cette rentrée littéraire pour La Chambre des époux, Éric Reinhardt sera à Lyon, ce mercredi 29 novembre pour accompagner le spectacle de Laurent Bazin adapté de son précédent roman L'Amour et les forêts dans lequel la voix de l’icône française par excellence se fait entendre, Isabelle Adjani. L'écrivain rencontrera ses lecteurs pour une séance de dédicace à l'issue de la représentation au Théâtre des Célestins.

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Voltaire, un jeune homme pressé

Bande Dessinée | Après Pablo Picasso et Isadora Duncan, le dessinateur Clément Oubrerie s'attelle à la vie de Voltaire dans une nouvelle série au trait raffiné qu'il vient dédicacer deux jours durant à Lyon.

Sébastien Broquet | Mardi 7 novembre 2017

Voltaire, un jeune homme pressé

De Clément Oubrerie, l'on avait apprécié la série Aya de Yopougon, six tomes parus depuis 2005 en compagnie de la scénariste Marguerite Abouet (chez Gallimard) : un vrai succès que ce tendre récit. Le dessinateur, né en 1968 et prolifique, s'est ensuite attelé en compagnie de Julie Birmant à une biographie en quatre tomes de Pablo Picasso, centrée sur sa jeunesse à Montmartre : Pablo, puis à la vie d'Isadora Duncan en deux tomes, en 2015 (tout ceci étant hébergé chez l'éditeur Dargaud). Le format biographie semble particulièrement inspirer Oubrerie, de retour en cet automne avec le premier volume d'une nouvelle série consacrée cette fois à la vie de Voltaire : Voltaire Amoureux. Comme son titre l'indique, l'on suit le dramaturge au fil de ses passions amoureuses, d'actrice intéressée en maréchale innaccessible. Ce tome 1 le montre impétueux, sûr de son fait comme de ses bons mots qui ne cessent pourtant de lui causer du tort, tabassage ou embastillage se succédant, nourrissant ou ralentissant sa verve créatrice qui ne l'a pas encore menée à son Candide ou à Zadig.

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Mohamed Lamouri : l'enchanteur de la ligne 6

Raï | Soyez à l'heure, samedi : Mohamed Lamouri, programmé en ouverture du concert d'Amadou & Mariam, est trop rare pour être oblitéré.

Sébastien Broquet | Mardi 24 octobre 2017

Mohamed Lamouri : l'enchanteur de la ligne 6

De la ligne 2 du métro parisien s'est déjà envolé autrefois Benjamin Clementine... Parmi ces enchanteurs du quotidien qui égrennent les trajets de quelques notes et mélopées plus ou moins abouties, une autre merveille commence à chevaucher désormais les routes au-delà de la capitale pour promener son raï mélancolique et régaler sans pass Navigo : Mohamed Lamouri, poète au quotidien, héritier du raï sentimental d'un Cheb Hasni tragiquement assassiné en 1994 (idole dont il reprend le chialantTgoul maaraft et quelques autres pépites) qu'il couple avec un clavier minimaliste pouvant rappeler le Dominique A période La Fossette (ou encore Monsieur Orange, pour les old gones). Aveugle de l'œil droit et presque de l'œil gauche depuis sa naissance à Tlemcen, en Algérie en 1982, Mohamed Lamouri étudie avec Hami Benosmane, un luthiste, dans une école pour non-voyants avant de commencer à jouer quelques covers de hits dans les rues et, plus tard, de traverser la Méditerranée pour continuer d'envoûter de sa voix perlant la mélancolie. Discret au possible, under

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Lumière rime avec avant-première

ECRANS | Pathé, UGC… et maintenant les Cinémas Lumière : à chaque circuit son cycle d’avant-premières. Les anciens CNP donnent rendez-vous à leurs spectateurs chaque lundi (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 septembre 2017

Lumière rime avec avant-première

Pathé, UGC… et maintenant les Cinémas Lumière : à chaque circuit son cycle d’avant-premières. Les anciens CNP donnent rendez-vous à leurs spectateurs chaque lundi de septembre à 20h30 avec des films qui seront à l’affiche de leurs salles dans les prochaines semaines. Après Le Redoutable lundi dernier, place au bouleversant Faute d’amour de Zvyagintsev le 11, à Un beau soleil intérieur de Claire Denis le 18 et à Happy End de Haneke — pour conclure fort logiquement le 4 octobre. Soit uniquement des œuvres incluses dans la sélection officielle du dernier Festival de Cannes. Au Lumière Terreaux

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Les films de la rentrée : comme une faim de 2017

14 pépites pour appétits cinéphiles | Bien sûr, on en oublie. Mais il y a fort à parier que ces quatorze films constituent des pierres de touche de la fin 2017. En attendant (entre autres), Joachim Trier, Depardon et Kathryn Bigelow, bon appétit !  

Vincent Raymond | Mercredi 30 août 2017

Les films de la rentrée : comme une faim de 2017

Mother! de Darren Aronofsky Initialement programmée pour novembre, la sortie du nouveau Aronofsky a été avancée pour cause de sélection vénitienne et c’est, à bien des égards, une excellente nouvelle. Déjà victorieux sur la Lagune avec The Wrestler en 2008, l’auteur de Requiem for a dream et de Black Swan convoque ici du lourd — Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Michelle - toujours active - Pfeiffer, Ed Harris — pour ce qui s’annonce comme un bon vieux thriller des familles, mâtiné de fantastique dérangeant. La double affiche préventive, offrande de style sulpicien revisité grand-guignol, tient de la promesse merveilleuse ; il faudra cependant patienter jusqu’à la clôture d’une très alléchante Mostra — le festival qui, désormais, donne avec Toronto le tempo des Oscar — pour savoir si ce mystérieux flacon recèle l’ivresse escomptée. Le 13 septembre

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Métamorphoses : cinéma européen contemporain

ECRANS | Comment commémorer les soixante ans de la signature du Traité de Rome, prémisse de l’actuelle UE, sans tomber dans la pompe ni l’institutionnel ? En (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 juin 2017

Métamorphoses : cinéma européen contemporain

Comment commémorer les soixante ans de la signature du Traité de Rome, prémisse de l’actuelle UE, sans tomber dans la pompe ni l’institutionnel ? En montrant, par exemple, que l’Europe n’est pas une froide instance impalpable et qu’elle s’incarne dans une création culturelle aussi tangible que diverse. Sous le titre Métamorphoses (Ovide apprécierait l’hommage), les Cinémas Lumière proposent un panorama du cinéma européen contemporain conjuguant un florilège de films (pour la plupart inédits et souvent laurés) agrémentée de nombreuses rencontres avec leurs auteurs. Parmi les douze œuvres présentées (longs et courts-métrages confondus), signalons l’avant-dernier Fatih Akin, Tschick (le suivant venant d’être montré en sélection à Cannes) choisi pour l’ouverture mercredi 7 à 18h15, représentant l’Allemagne. Le même soir à 20h30, le cinéaste polonais Jan P. Matuszynski accompagnera The Last Family, primé à Locarno. Pour l’Italie, Marco Segato sera présent le lendemain avec La Pelle dell’Orso, récompensé à Annecy le lendemain.

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Lettre de Cannes #1

Festival de Cannes 2017 | Où  j'ai vu des portiques de sécurité, un film très noir et très fort de Zviaguintsev, et un beau film premier degré de Todd Haynes.

Christophe Chabert | Vendredi 19 mai 2017

Lettre de Cannes #1

Cher Petit Bulletin, M'y voici de nouveau, au soleil de Cannes, pour y humer l'air du temps cinématographique et y humer l'air tout court d'une Côte d'Azur désormais meurtrie par trop de jardinières géantes décourageant badauds et camions de se rencontrer en une étreinte assassine. Le Festival de Cannes fête son 70e anniversaire en étalant à son générique les noms de ses chers cinéastes disparus et en transformant chaque avant-projection en une vaste zone de sécurité pour aéroport : déposons donc quatre fois par jour nos clés, portefeuilles et téléphones avant de franchir de peu esthétiques portiques magnétiques ; ouvrons nos sacs pour en supprimer tout élément dangereux, à commencer par la crême solaire en tube, nous laissant ainsi plus de chances de mourir d'un mélanome que d'un attentat terroriste — pléonasme assumé. Ainsi, l'honneur est sauf car, comme disait Claudette Colbert dans La Huitième femme de Barbe-Bleue, avec l'accent français s'il vous plait : "Don't blame it on the Riviera". De plus, entre le moment où j'ai récupéré mon accréditation et celui où le festival a été officiellement déclaré ouvert, s'est produit un élément d'ampleur stratosphériq

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"Cinéma, mon amour" : un amour sans complexe

Documentaire | de Alexandru Belc (Rou-Tch, 1h10) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 16 mai 2017

Animé d’une foi qu’un charbonnier lui envierait, et de son amour viscéral pour le 7e art, Victor Purice tient à bout de bras le Dacia, seul cinéma de la ville roumaine de Piatra Neamt. Un édifice à l’ancienne, où aidé de ses deux employés, Victor tente d’attirer à nouveau le public. Lors de la sortie de Baccalauréat, Cristian Mungiu rappelait le sort malheureux du parc cinématographique roumain post-Ceaușescu : la libéralisation sauvage et brutale du secteur a fait disparaître 400 salles en une génération, supprimant de facto l’habitude pour les spectateurs de communier ensemble devant un grand écran. À la tête de son Dacia, Victor Purice est un des rares survivants de cette hécatombe : l’un des trente derniers.

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Double expo à l'IAC : L'œil à l'air libre

Institut d'Art Contemporain | Puisant dans ses collections, l'Institut d'Art Contemporain propose deux expositions sur le thème de l’espace et du trouble perceptif.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 janvier 2017

Double expo à l'IAC : L'œil à l'air libre

Depuis sa nomination, il y a dix ans, à la tête de l'Institut d'Art Contemporain, Nathalie Ergino suit un fil rouge aussi simple que cohérent : questionner, bousculer, élargir, libérer notre perception. L'exposition Immersions revient sur un certain nombre d'artistes qui ont été exposés à l'IAC et dont certaines œuvres ont été acquises à ces occasions. Œuvres qui ont pour particularité, souvent, de nous plonger dans un environnement déroutant et de brouiller nos repères : les transes dansées et filmées de Joachim Koester, le sol peint aux courbes ondulatoires de Philippe Decrauzat, la forêt immaculée et artificielle de Berdaguer & Péjus, le "paysage" de grands cubes blancs de Vincent Lamouroux... Bref, dans un premier temps, l'IAC se transforme en terrain d'expériences perceptives (pour la plupart déjà vécues par les habitués de l'IAC) en mobilisant l'ensemble des sens et le corps en mouvement du spectateur. En eaux troubles Dans un second temps, l'exposition Paysages cosmomorphes présente plusieurs œuvres du Frac

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"L’Histoire de l’Amour" : love, etc.

ECRANS | de Radu Mihaileanu (Fr, Can, E-U, Rou, 2h14) avec Derek Jacobi, Sophie Nélisse, Gemma Arterton, Elliott Gould…

Vincent Raymond | Mercredi 9 novembre 2016

Soixante ans après l’interruption de son histoire passionnée avec Alma, Léo, un rescapé de la Shoah croise une adolescente en proie aux tourments de son âge. La donzelle se prénomme également Alma, à cause d’un mystérieux livre narrant l’amour absolu de Léo pour sa dulcinée… Histoires cycliques imbriquées les unes dans les autres, amours transatlantiques, amis imaginaires, toile de fond tragique, brouilles familiales, convoitises, trahisons, décor new-yorkais, imposture littéraire, distribution de prestige et BO appuyant là où ça pique les yeux… En vérité, on avait tout pour composer une fresque comme Radu Mihaileanu se plaisait jadis à les brosser à l’époque de Va, vis et deviens (2005) ; ne manquait qu’un vrai souffle épique pour unifier tout ça. Las ! L’on passe en effet ici d’un chapitre ou d’une époque à l’autre, dans un saute-mouton dépourvu de fluidité. Résultat : ce que récit y gagne en — involontaire — destructuration conceptuelle, il le perd en romantisme ; et l’histoire, en définitive, ne s’élance jamais.

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Kosme, sans fard

Entretien | Fer de lance de la jeune scène techno et house, auteur de DJ sets époustouflants qui ont fait le bonheur des aficionados du Sucre où il était résident, Kosme s'est exilé à... Chamonix pour trouver un nouveau souffle. À savourer ce week-end, du côté de la We Are Reality.

Sébastien Broquet | Mardi 20 septembre 2016

Kosme, sans fard

Est-ce que le fait de quitter Lyon et l’urbanité pour Chamonix et un endroit plus proche de la nature a changé ta manière de composer, ton son, tes DJ sets ? Kosme : Ça a changé entièrement ma vie ! J'arrivais personnellement à la fin d'un cycle à Lyon, pas seulement dans la musique, mais aussi dans ma vie. J'avais besoin d'un nouvel envol, d'un nouvel air, de repousser mes limites et de sortir de ma zone de confort pour évoluer. Depuis deux ans, on a lié des liens étroits avec Chamonix grâce au festival Unlimited alliant musique et montagne, organisé par José Lagarellos : c'est assez naturellement que je me suis installé ici. Chamonix répond actuellement entièrement aux besoins liés à ma vie de DJ. Je trouve ici l'inspiration, mais aussi le mode de vie sportif, la nature et le "bien être" qui m'aident a recharger mes batteries et a être plus performant pour mes dates le week-end. Je pense avoir trouvé le bon équilibre, ça m'a énormément apporté humainement et artistiquement... et ça tente déjà d'autres collègues DJ qui m'envient un peu !

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Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches ce week-end

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 20 septembre 2016

Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches ce week-end

23>09>16 TRANSBORDEUR WE ARE REALITY Ok, l'on parle déjà par ailleurs de Kosme, interviewé en page 3. Mais difficile de ne pas revenir sur cette WAR de rentrée au plateau implacable : outre l'espoir Lyonnais, la légende Carl Craig étant également au programme. Instigateur d'un groove absolument unique, esthète de la techno made in Detroit, inventeur d'un futur pour le jazz (ce qui n'est pas si simple...), immense remixeur et l'on en passe... Difficile de passer outre cet homme sans qui la techno ne serait pas la même. Ah, il y a aussi Marcel Dettman pour conclure la nuit. Béton. 24>09>16 LE SUCRE GARÇON SAUVAGE CLUB Le retour de la soirée queer & sauvage au Sucre, avec l'un des DJs qui colle le mieux à cet esprit : Joe Goddard, membre des indie stars Hot Chip, moitié de The Two Bears et par ailleurs

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Marie-Carmen Garcia : les amants enchaînés

Sociologie | Après les cultures hip-hop et le cirque contemporain, la sociologue Marie-Carmen Garci se donne un nouvel objet d'étude original : les amours clandestines de longue durée.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 28 juin 2016

Marie-Carmen Garcia : les amants enchaînés

« La clandestinité amoureuse paraît méprisable dans un monde qui fournit la possibilité aux couples de se séparer, de s'ouvrir ou de s'échanger d'un commun accord. Les amours clandestines sont ainsi souvent pensées dans différents secteurs de la vie sociale comme le fruit d'une pathologie, d'un problème psychique ou d'un problème de couple faisant porter le poids de la dualité qu'elles supposent sur les individus. » Dès l'introduction de son ouvrage, la sociologue Marie-Carmen Garcia plante le décor : celui de multiples normes sociales qui s'infiltrent jusqu'aux plus intimes de nos activités (on notera aussi ici que la transgression des normes est aujourd'hui souvent traduite par une pathologie mentale, une psyché à la dérive. On ne dit plus : c'est mal, mais va voir un psy !). Malgré ce que notre société offre de possibles séparations simplifiées ou de libertinage assumé officiellement, certains "anormaux" plongent dans la clandestinité et engagent des relations adultères durables (au moins deux ans dans les cas étudiés dans cet ouvrage), objet du livre de la sociologue. Le symbolique caché dans le placard À partir de blogs sur Internet

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Insomniaque : vos trois soirées du week-end

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 7 juin 2016

Insomniaque : vos trois soirées du week-end

10.06.16 > TRANSBORDEUR WE ARE REALITY Le come-back du fils prodigue : Agoria est de retour au Transbordeur pour une nuit où il fait non seulement office de headliner pétri de talent, dont les sets regorgent de ressources, naviguant sur toutes les vagues des musiques électroniques pour agiter le dancefloor, mais aussi d'hôte parfait ; car c'est lui qui convie ici une moitié d'Âme, celle se produisant live, à savoir Frank Wiedemann l'esthète d'une house hypnotique comme on peut la savourer sur son label Innervisions. Communion. 10.06.16 > DV1 KEEPSAKES Voilà, c'est fini. C'est la dernière pour ce petit club du bas des pentes, qui depuis de longues années ne se contentait pas de programmer du DJ techno à la chaîne mais savait donner sa chance à de jeunes talents, à des promoteurs débutants. La mort d'un club, c'est souvent un bout de l'âme d'une ville qui s'envole. Mais aussi, parfois, une

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Lyon BD Festival : le plein de super

Bande Dessinée | Pendant que l’immense machine angoumoisine se prend bide sur bide, au grand dam des auteurs et du public, Lyon BD Festival continue de se muscler. Une décennie seulement après sa création, l’incontournable rendez-vous lyonnais est devenu plus fécond que jamais.

Vincent Raymond | Mercredi 1 juin 2016

Lyon BD Festival : le plein de super

Les plus de 200 illustrateurs, scénaristes et coloristes attendus cette année au Lyon BD Festival savent bien qu’ils n’auront pas à apposer leur signature jusqu’à épuisement sur des albums, ni à pester contre les remises de prix. Choyés par une équipe noyautée depuis l’origine par des consœurs et confrères lyonnais (ça aide), nombre d’entre eux sont des habitués. Certains ont même été sollicités pour co-construire l’événement en participant aux projets ou créations présentés durant le week-end. Ainsi, Obion montrera le fruit de sa résidence au musée Gallo-romain (qu’il publie en album), des auteurs français et espagnols se rencontreront et se raconteront dans l’exposition Influences croisées, quand Jimmy Beaulieu, Rubén Pellejero ou Jean-Yves Mitton croqueront des œuvres au Musée des Beaux-Arts… Entre deux spectacles (Lincoln sur scène) ou BD-concerts (Boulet et Inglenook), Lyon BD initie à nouveau une grande exposition avec la complicité du scénariste JC Deveney. Après la question de la parité en BD (Héroïnes), le festival célèbre les super-héros à travers les éditions Lug, décisives dans l’essor des comics Marvel en France. Le panorama proposé retra

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Melville : Son nom est stetson

Rétrospective Melville | On a tendance à voir dans le polar un genre par essence américain, essaimant de façon univoque sur les autres continents et cultures. S’il suffisait d’un (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 avril 2016

Melville : Son nom est stetson

On a tendance à voir dans le polar un genre par essence américain, essaimant de façon univoque sur les autres continents et cultures. S’il suffisait d’un homme pour dénoncer ce postulat, il aurait un chapeau de cowboy et des lunettes teintées d’aviateur californien. Son nom ? Jean-Pierre Grumbach, dit Melville, cinéaste français comptant parmi les plus déterminants stylistes du 7e art ; auteur d’œuvres épurées jusqu’à l’abstraction cristalline, et maître incontesté de plusieurs générations de réalisateurs nippons, étasuniens ou européens, revendiquant avec déférence son ombre tutélaire. Franc-tireur dans l’industrie, partisan d’un contrôle total de ses productions, Melville a su également extraire de ses comédiens une fascinante quintessence : d’abord, la grâce féline du jeune Belmondo ; ensuite, l’aura hiératique d’un Delon minéral. Deux de leurs trois collaborations ont été retenues par le cycle Ciné-Collection pour illustrer l’œuvre au noir de Melville : Le Samouraï (1967) bien sûr, où le comédien, mutique et glacial, trouva les contours de son personnage totémique ; et Le Cercle rouge (1972), le plus co

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Par Amour

ECRANS | de Giuseppe M. Gaudino (Fr/It, 1h49) avec Valeria Golino, Massimiliano Gallo, Adriano Giannini…

Vincent Raymond | Mardi 5 avril 2016

Par Amour

Il faut apprécier le zigzag pour suivre la trajectoire artistique de Valeria Golino : en France, les cinéastes la cantonnent dans des emplois de sex symbols surgis du passé ou d’un écran — de préférence dans des comédies. Quant aux cinéastes italiens, ils ne songent qu’à la voir interpréter des personnages confrontés à des situations über-dramatiques. Par amour, histoire napolitaine, ne fait pas exception à cette règle. Mais il lui permet d’obtenir un rôle intense à la Anna Magnani (façon mère courage dans un quotidien oppressant face à un conjoint violent et vaguement mafieux) au sein d’une œuvre aux inflexions baroques, lorgnant parfois vers le fantastique, scandée de surcroît par des intermèdes chantés et colorés. Le final onirique, complètement barré, oscille entre le Mocky époque Litan et la publicité pour parfum, à moins qu’il ne s’agisse d’un rituel sacrificiel exhumé de l’Atlantide. Une hétérogénéité qui rend le film bancal, mais terriblement aimable du fait de ses fragilités.

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Clubbing : notre top 3 pour ce week-end

MUSIQUES | 01.04.16 > Les Valseuses BASS MUSIC PARTY Un before tout en basse ? Direction Les Valseuses où l'un des piliers de la scène dubstep (...)

Sébastien Broquet | Mardi 29 mars 2016

Clubbing : notre top 3 pour ce week-end

01.04.16 > Les Valseuses BASS MUSIC PARTY Un before tout en basse ? Direction Les Valseuses où l'un des piliers de la scène dubstep française officie aux platines : Uzul, largement repéré ici pour sa maîtrise des machines au sein de Kaly Live Dub. Depuis 2004, Stéphane a lancé ce side project resté un peu dans l'ombre, mais fort respecté par la scène dubstep internationale depuis son album Travelling Whithout Moving, remixant même la référence en la matière, Skream. Pour ce DJ set, toute la palette sera revisitée, du trap à la UK bass. Wobble. 02.04.16 > Le Sucre GARÇON SAUVAGE La soirée la plus déjantée de la ville part à la recherche de la plus belle drag queen, en mode madame de Fontenay, avec élection de miss très Divine (il faut s'inscrire sur Facebook). Parmi les épreuves, un lancer de sac à main : « comment avoir la classe tout en étant une femme précise, moderne et élégante » nous dit-on... César & Jason, les deux DJ résidents du Terminal, assureront la part

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Mirage d'Amour avec fanfare

ECRANS | de Hubert Toint (Bel/Fr/Sui, 1h37) avec Marie Gillain, Jean-François Stévenin, Eduardo Paxeco.…

Vincent Raymond | Mardi 22 mars 2016

Mirage d'Amour avec fanfare

Sans être à proprement parler un testament, cette œuvre posthume du Bernard Giraudeau scénariste abrite tout ce que cet artiste polyvalent et voyageur appréciait : les grands espaces, l’Amérique du Sud, les ambiances révolutionnaires, les romances tragiques et une dose d’épopée picaresque… Bref, un conte contemporain (ou presque : début du XXe siècle) taillé pour contenir ces paramètres ; un vrai mirage en somme, à l’image du cinéma, permettant aux amoureux de l'histoire de se retrouver à leur manière. Joliment photographié, gentiment sensuel, sympathiquement désuet, ce film est réglé comme du papier à musique ; il lui manque hélas le souffle d’impro l’écartant de la partition un peu trop connue. VR

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Trois questions à Kervern & Delépine

ECRANS | Refaites-vous la route des vins pour présenter votre film ? La stratégie de notre distributeur étant de ne faire aucune avant-première, nous n’allons que (...)

Vincent Raymond | Mercredi 2 mars 2016

Trois questions à Kervern & Delépine

Refaites-vous la route des vins pour présenter votre film ? La stratégie de notre distributeur étant de ne faire aucune avant-première, nous n’allons que dans les cinémas nous suivant depuis le début ou que nous aimons bien, comme le Comœdia à Lyon. Comme nous nous voyons rarement [Delépine vit à Angoulême, Kervern à Paris, NDLR], ça nous permet aussi de réfléchir au film suivant. On écrit au dernier moment, lorsque l’on a une trame sûre. En ce moment, on tourne autour d’un sujet sans l’atteindre. Mais on a tourné autour de Saint Amour au moins quatre ans avant de le concrétiser. Le tournage au Salon de l’Agriculture a-t-il été aisé ? C’est un truc de dingue : vingt minutes du film ont été tournées en deux jours et demi là-bas, quasiment en caméra cachée, avec des acteurs à forte personnalité. On a obtenu l’accord du Salon… pour tourner des ambiances, pas pour des scènes de comédie — elles devaient être réalisées en studio. Mais en studio, ça perd tellement de charme, de force, de vie… Pour les films précédents, on avait pris le parti de plans-séquences assez léchés, avec des formes de tableaux cinématog

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Saint Amour

ECRANS | Le millésime 2016 des plus illustres cinéastes grolandais est arrivé, et il n’a rien d’une pochade : derrière son nez rouge de clown, Saint Amour dissimule une histoire d’amour(s) tout en sobriété.

Vincent Raymond | Mercredi 2 mars 2016

Saint Amour

Pour un réalisateur seul, jongler les yeux bandés avec un baril de pétrole ouvert et un flambeau doit certainement se révéler plus sécurisant que diriger la paire Depardieu-Poelvoorde partant en goguette sur la route des vins. Sur le papier, Kervern & Delépine n’étaient donc pas trop de deux face au fameux duo. Cela dit, les risques étaient limités pour les compères, étant donné leur proximité avec les comédiens (déjà pratiqués dans Mammuth et Le Grand Soir) ; ils partageaient en outre leur science du jus de la treille. Cette… “communion d’esprit” explique comment et pourquoi les auteurs ont pu mener leur barque sans dériver, en nochers précis. Spirituel ou spiritueux Mais Saint Amour ne se limite pas à son germe éthylique : l’essence de ce road movie, c’est le voyage de quelques centimètres que vont parcourir un père et un fils l’un vers l’autre. Un rapprochement sensible et enivrant — facilité par leur hâbleur de chauffeur — donnant l’occasion d’apprécier Depardieu, plus fragile qu’un roseau dans son corps de chêne, lorsqu’il tente avec une maladresse rustaude de parler à son Bruno de fils,

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Bang Gang

ECRANS | Des lycéens comblent le désert de leur existence en se prenant en main, c’est-à-dire les uns avec les autres et dans tous les sens… Inspirée par un fait divers, Eva Husson n’a pas froid aux yeux pour son premier long métrage qui, sans être bégueule, se révèle plus stuporeux que stupreux…

Vincent Raymond | Mardi 12 janvier 2016

Bang Gang

Identifié par ses pom-pom girls aux pectoraux avantageux, ses capitaines d’équipe de football athlétiques mais bas du front, ainsi que par ses forts en thème malingres, myopes, boutonneux et polycomplexés, le film de lycée (high school movie) est un genre à part entière outre-Atlantique. Cette catégorie de comédies plus ou moins émoustillantes destinées à être consommées avec popcorn et boy/girlfriend sort rarement de l’ornière, à moins d’un miracle ou d’une volonté de pervertir les codes — voir Carrie (1977) de De Palma ou Retour vers le futur (1985) de Zemeckis. Si le cinéma français s’adonne parfois à ces bluettes sucrées (La Boum, LOL), il propose aussi des traitements alternatifs de l’âge “ingrat” — ou “des possibles”. Dans des œuvres saisissant l’adolescence comme un état mystérieux ou inquiétant, et ceux qui la traversent pareils à une tribu autonome, abandonnée à elle-même ; des œuvres valant parfois davantage pour les ambiances construites, nimbées d’interdits et de tabous transgressés que les histoires racontées. De par son climat d’étrangeté diffuse, son goût pour l’architectur

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Ostgut Ton, 10 ans de purisme techno

MUSIQUES | Mi-août, Ostgut Ton fêtait ses dix ans à domicile. Cette semaine, c'est au Transbordeur et au Sucre que la (panzer) division discographique du célèbre Berghain poursuit les hostilités. Petites natures s'abstenir.

Benjamin Mialot | Mardi 15 septembre 2015

Ostgut Ton, 10 ans de purisme techno

«Don't forget 2 go home !» N'oubliez pas de rentrer à la maison. Dans la file d'attente grillagée qui mène au Berghain, couloir de la (petite) mort à l'entrée duquel mieux vaut abandonner tout espoir – de passer le contrôle au faciès de Sven Marquardt, l'iconique et impénétrable physionomiste qui sépare le bon grain électromane de l'ivraie party animalière à l'autre extrémité –, voilà le seul conseil qui vaille. Tagué sur un bout de mur du temple berlinois de la culture électronique, il en est même devenu le slogan officieux. Et pour cause : réincarnation de l'Ostgut, haut lieu de la culture queer dont les agents actifs de la gentrification firent table rase début 2003, cette ancienne centrale de l'est convertie un an plus tard en club (techno au Berghain à proprement parler, house au Panorama Bar à l'étage, musique contemporaine à la Kantine, installée dans une aile) / spot de parachutisme (vous voyez très bien de quoi on parle) / boîte à cul (gay au Berghain, hétéro au Panorama) a fait de la désorientation sa marque de fabrique. Pénombre quasi-permanente, sets-marathons (du jeudi soir au l

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Fou d’amour

ECRANS | ​Récemment muté dans un petit village, un curé charmeur et beau parleur fait perdre la tête à ses paroissiennes. La sienne finira par rouler au fond d’un panier... Justement récompensé au Festival des Films du Monde de Montréal, le nouveau Philippe Ramos évoque, sans le plagier, l’esprit de Luis Buñuel.

Vincent Raymond | Mardi 15 septembre 2015

Fou d’amour

Quel dommage que Philippe Ramos soit à ce point rare et discret, voire sauvage ! Car à chaque fois qu’il s’empare d’un sujet, c’est pour soumettre une réelle proposition de cinéma, légitimant le recours à la caméra (tous les réalisateurs ne peuvent pas, hélas, en dire autant). Abordant des thèmes en apparence asséchés — Moby Dick dans Capitaine Achab (2007) ou la Pucelle d’Orléans dans Jeanne Captive (2011) — le cinéaste parvient à créer du spectaculaire dans l’infime ou l’intime. Même heureux constat ici, avec ce fait divers qu’il situe dans les années cinquante : un curé succombant aux beauté terrestres, séduit et met enceinte une jeune aveugle avant de l’assassiner. Loin de se contenter d’une adaptation historique plate, Ramos dégage l’essence trouble et mystique de ce drame complexe, faisant du prêtre (ou plutôt de sa tête décapitée) le narrateur du film. Une sacrée provocation, puisque le suborneur se trouve en position de plaider des circonstances atténuantes : il passe presque pour victime de ne pas avoir pu donner librement l’amour dont il était sincèrement empli. La culpabilité étant, à mots couverts, volonti

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Pour Palandri et Chenelat, l'amour reste une dure lutte

SCENES | Si New York Paradis, la dernière comédie en date de Dominic Palandri, est à voir avant de mourir, ainsi que l'énonce sa tagline, L'Amour est une dure lutte (...)

Benjamin Mialot | Mardi 5 mai 2015

Pour Palandri et Chenelat, l'amour reste une dure lutte

Si New York Paradis, la dernière comédie en date de Dominic Palandri, est à voir avant de mourir, ainsi que l'énonce sa tagline, L'Amour est une dure lutte (créée début 2012) en est une à laquelle il vaut mieux assister avant de s'engager dans une relation, l'image qu'elle renvoie du couple, en l'occurrence celui qu'interprètent le même Palandri et Romy Chenelat (par ailleurs co-auteurs de la pièce), étant celle d'une institution pour le moins mortifère. Lui, bedaine en avant, est un chômeur concupiscent, sorte de Bertrand Cantat en tongs et incapable de lever le poing si ce n'est pour s'en jeter un. Elle, à l'inverse, ne pense au sexe que tous les trente-six du mois et dédie les trente-cinq jours à bavasser au téléphone avec sa mère – alors qu'elle habite l'appartement d'en face. Leur histoire, cousue de fil blanc jusqu'à un happy end forcément temporaire, c'est Vous avez un message chez les prolos : nonobstant quelques éclairs de complicité régressive – des petits noms aux jeux maison, la pièce traduit très bien la façon dont les fulgurances affectives deviennent des habitudes embarras

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Les soirées du 6 au 12 mai

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : la release party du numéro 100 du magazine "Hétéroclite" au Lavoir, Tolouse Low Trax au Terminal et la label night Moonrise Hill Material au Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 5 mai 2015

Les soirées du 6 au 12 mai

07. 05 Hétéroclite fête son n° 100 Pour une fois, débutons cette sélection par un peu de copinage. Nos amis d'Hétéroclite, «mensuel gay et lesbien mais pas que» qui depuis bientôt dix ans réussit le pari de décrypter et défendre la culture LGBT tout en s'affranchissant de ses clichés, fête leur centième numéro. En ces temps de désaveu du papier et de la pensée, ce n'est pas un mince exploit. Ils le fêteront dignement au Lavoir Public avec une résurrection de Pressing, le talk-show théâtral itinérant qui précéda le lieu et, surtout, un mix de la plantureuse et érudite Rihanna Foutre, l'égérie du magazine. On y sera.

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Écully, sempre italiano

ECRANS | Pendant dix jours, le centre culturel d’Écully et son cinéma proposent une superbe programmation autour de l’Italie, avec expositions, concerts et (...)

Christophe Chabert | Mardi 31 mars 2015

Écully, sempre italiano

Pendant dix jours, le centre culturel d’Écully et son cinéma proposent une superbe programmation autour de l’Italie, avec expositions, concerts et surtout films, pris dans l’actualité récente du cinéma transalpin ou dans son histoire, dont on connaît la richesse. Niveau actualité, deux avant-premières notables : Une belle fin d’Uberto Pasolini, certes tourné en anglais, à Londres et avec un casting 100% outre-Manche — dont l’excellent Eddie Marsan, hélas ici dans un registre monoexpressif et dépressif qui ne rend pas justice à son talent — mais signé par un cinéaste certifié italien. Bon, le film n’est vraiment pas notre tasse de thé, comme on l’expliquera la semaine prochaine au moment de sa sortie… En revanche, on a très envie de découvrir Leopardi de Mario Martone, biopic d’un poète majeur du XVIIIe siècle et étudiant rebelle envers sa famille d’aristocrates conservateurs. Parmi les films déjà sortis, il n’est pas inutile de conseiller encore et encore Hungry Hearts de Saverio Costa

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Amours cannibales

ECRANS | De Manuel Martín Cuenca (Esp-Roum-Russie-Fr, 1h56) avec Antonio de la Torre, Olimpia Melinte…

Christophe Chabert | Mardi 16 décembre 2014

Amours cannibales

Carlos, tailleur discret de Grenade, aime les femmes. Mais attention, il les aime bien préparées. Aussi habile avec un fil et des aiguilles qu’avec un couteau de boucher, il déguste ses victimes selon un rituel presque monotone, sans en tirer de plaisir apparent. On a présenté les choses avec un poil d’ironie, mais Amours cannibales en est résolument dépourvu. Au contraire, la froideur de la mise en scène renvoie plutôt à la "glaciation émotionnelle" tant vantée par Michael Haneke. Même lorsqu’une histoire d’amour, une vraie, se profile entre Carlos et la sœur d’une des femmes qu’il a tuées, Cuenca ne déroge pas à sa grammaire : plans tirés au cordeau, absence de musique, quête de distance et d’atonie dans l’approche des événements. Cette forme-là, respectable dans son principe mais devenue très académique à force d’être mise à toutes les sauces, est assez contre-productive dans le cas d’Amours cannibales. On n’est jamais loin du pléonasme tant la grisaille et l’absence de passion semblent envahir en permanence et l’action, et les personnages, et l’approche visuelle de Cuenca. Même les scènes gore ne créent pas vraiment de malaise, fondues dans

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Nosfell in love

MUSIQUES | L’aborigène Nosfell a délaissé le Klokochazia et traversé plusieurs années de danse contemporaine, aux côtés du chorégraphe Philippe Decouflé pour la création Octopus, (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 12 novembre 2014

Nosfell in love

L’aborigène Nosfell a délaissé le Klokochazia et traversé plusieurs années de danse contemporaine, aux côtés du chorégraphe Philippe Decouflé pour la création Octopus, pour revenir sur Terre et déverser un nouveau son. Alors que ses précédents albums dépeignaient les aventures des personnages qui peuplent son univers légendaire, rythmés par un dialecte de son invention une musique à la croisée du funk et de la musique ethnique, Amour massif effectue un tournant radical, et résolument plus accessible. Le titre de ce quatrième album est significatif, et si Nosfell sort de sa mythologie personnelle pour courir les prairies fleuries de l’amour, il change également de cap dans l’écriture. En collaboration avec Dominique A et Dick Annegarn, le texte est abordé en français pour les ballades, tandis que l’anglais est préféré pour les chansons pop. Il est désormais possible

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5 soirées à suivre

MUSIQUES | Chaque semaine à Lyon, on dénombre plus de soirées électro que d'occurrences du mot fuck dans une minute du Loup de Wall Street (soit pas moins de neuf). Histoire d'y voir plus clair, voici les habitués de notre rubrique Insomniaque qui affichent les line-ups de rentrée les plus excitants. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 23 septembre 2014

5 soirées à suivre

We Are Reality A l'heure où des scientifiques étudient sérieusement la possibilité que notre réalité ne soit qu'une simulation informatique, le Sucre s'impose avec ce rendez-vous bi-mensuel comme l'endroit où garder les pieds sur terre. Difficile en effet de faire plus concret que la techno promue par We Are Reality, dont le casting a cet automne, entre les retours du maestro Carl Craig (19 octobre, avec le cogneur britannique Boddika) et des figures de proue du Berghain (Ben Klock le 5 octobre, Marcel Dettman le 2 novembre), des airs de who's who. A ne pas manquer également, un détour house par la case Innervisions avec ses fondateurs, Dixon

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Cinq autres jours de nuit

MUSIQUES | Après Jérôme Kerviel contre la Société Générale, voici une nouvelle relecture contemporaine de l'épisode biblique qui opposa le jeune roi David au géant Goliath : (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Cinq autres jours de nuit

Après Jérôme Kerviel contre la Société Générale, voici une nouvelle relecture contemporaine de l'épisode biblique qui opposa le jeune roi David au géant Goliath : L'Amour contre Nuits Sonores. L'Amour – Jour & Nuit même, du nom d'un festival organisé par Elektro System en parallèle de celui auquel nous consacrons notre Une – et dont Elektro System est d'ailleurs l'un des composants du Circuit – sur le Bateau Bellona, péniche haut de gamme ancrée au quai Perrache depuis le début du mois. Outre un contingent de DJs locaux et des ambassadeurs des labels Cocoon et Mobilee, on pourra notamment y croiser le verre avec la toujours performante Chloe. D'une manière générale, le monde de la nuit ne s'arrête pas de tourner pendant Nuits Sonores : le Terminal recevra ainsi le 30 mai le démiurge Svengalisghost (aux confins de la house, de la techno et de la musique industrielle, ses morceaux sont autant de chaos originels), tandis qu'au DV1 se produiront le même soir Kirikoo Des et Walter Mecca. Autrement dit le duo NS Dos, émetteur d'une techno

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Quentin Dupieux, artiste hors-la-loi

ECRANS | Que ce soit au cinéma avec "Wrong cops", sa nouvelle folie, ou dans la musique électronique en tant que Mr Oizo, Quentin Dupieux confirme qu’il est désormais une figure incontournable et en même temps insituable, ne répondant qu’à une seule loi : la sienne. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 18 mars 2014

Quentin Dupieux, artiste hors-la-loi

L’adage est connu : tout succès repose sur un malentendu. Dans le cas de Quentin Dupieux, le malentendu tient du hold-up : après avoir bricolé une entêtante boucle électronique intitulée Flat Beat — le «rythme plat» — illustrée avec une marionnette grossière, Flat Eric, il est contacté par Levi’s qui souhaite reprendre ce tube minimaliste et le personnage qui l’accompagne pour vendre ses jeans. La pub deviendra culte et Dupieux, qui se fait alors appeler Mr Oizo, va être emporté sans le vouloir par le courant French Touch. Son premier album, Analog Worms Attack, creuse cette veine de techno bricolée, bizarre et rugueuse qui, quand on l’écoute de près, est tout sauf commerciale. Dupieux ramasse le magot empoché grâce à la pub, aux ventes de disques et à ses prestations de DJ, puis part en Espagne tourner un film autofinancé défiant les règles de la narration : Nonfilm, moyen métrage de 44 minutes qui annonce, de façon visionnaire, la disparition du cinéma traditionnel et de ses outils. Un Steak dans ta face Ça pourrait ressembler au suicide d’un type dont la consécration précoce aurait entraîné une mégalomanie furieuse

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