Quai d'Orsay

ECRANS | De Bertrand Tavernier (Fr, 1h54) avec Thierry Lhermitte, Raphaël Personnaz, Niels Arestrup…

Christophe Chabert | Mercredi 30 octobre 2013

Le cinéma de Bertrand Tavernier ne brille pas par sa légèreté ; d'où étonnement de le voir s'emparer de la BD de Blain et Lanzac relatant sur un mode de comédie picaresque le passage au ministère des Affaires étrangères de Dominique de Villepin, rebaptisé Alexandre Taillard de Worms. Grand bien lui en a pris : c'est son meilleur film depuis des lustres, malgré ses évidentes faiblesses. Adoptant le point de vue du candide Arthur Wlaminck, recruté pour s'occuper du «langage» au sein du cabinet, Tavernier met en lumière le bordel intégral que le ministre sème autour de lui, mélange d'égocentrisme, de cuistrerie, de copinage et d'agitation pure et vaine.

Tant qu'il reste dans l'enceinte du Quai d'Orsay, le film est franchement plaisant, notamment grâce à la double prestation de Lhermitte et Arestrup, antinomiques comme le feu et la glace. La lourdeur de Tavernier revient dès qu'il en sort, notamment pour aller filmer les scènes parfaitement inintéressantes entre Arthur et sa compagne, aération inutile d'un récit qui méritait plus de radicalité.

Se plaçant sous la Présidence symbolique de Jean-Paul Rappeneau, qui aurait sans doute fait des merveilles avec un matériau pareil, Tavernier surprend grâce à sa conclusion, brillante, qui prend la satire à rebrousse-poil et montre que du plus grand foutoir peuvent sortir des instants de grâce. Ce qui vaut pour la politique, mais aussi, et Tavernier en a sans doute eu conscience, pour un tournage de cinéma…

Christophe Chabert


Quai d'Orsay

De Bertrand Tavernier (Fr, 1h53) avec Thierry Lhermitte, Raphaël Personnaz... Alexandre Taillard de Worms est grand, magnifique, un homme plein de panache qui plait aux femmes et est accessoirement ministre des Affaires Étrangères du pays des Lumières : la France. Sa crinière argentée posée sur son corps d’athlète légèrement halé est partout, de la tribune des Nations Unies à New-York jusque dans la poudrière de l’Oubanga.
UGC Astoria 31 cours Vitton Lyon 6e
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Bertrand Tavernier (1941-2021)

Disparition | Un mois avant son quatre-vingtième anniversaire, le jour du centenaire de Simone Signoret, Bertrand Tavernier est décédé dans sa propriété de Sainte-Maxime. C’est davantage qu’un cinéaste ou que le président de l’Institut Lumière qui disparaît avec lui : un amoureux total et sincère des films et de ceux qui les font, un promoteur de leur restauration et de leur projection. Sa trace n’est pas près de s’effacer.

Vincent Raymond | Vendredi 26 mars 2021

Bertrand Tavernier (1941-2021)

En ouverture de ce qui demeurera son ultime long-métrage sorti sur grand écran, Voyage dans le cinéma français (2016), Bertrand Tavernier avait placé une citation de Jean-Luc Godard : « il y a quelque chose qui nous lie, Bertrand et moi, c’est que nous sommes tous les deux les enfants de la Libération et de la Cinémathèque ». Certes, on ne peut que relever les concordances objectives dans la formation puis le parcours des deux hommes qui les a fait converger plus d’une fois — et ce en dépit de leur onze années d’écart. Tavernier fut l’attaché de presse de Pierrot le fou de JLG (1965), l’année où celui-ci rafla l’Ours d’Or à Berlin pour Alphaville, récompense que Tavernier emporterait en 1995 pour L’Appât… Tous deux sont des enfants d’une bourgeoisie intellectuelle provinciale, qui vont trouver dans le cinéma une sorte épiphanie, passeront par l’adoration compulsive de l’ère des cinés-clubs, une phase (de) critique avant de s’emparer d’une caméra pour tourner… Mais si avec le temps Godard n’a eu de cesse d’étrécir son audienc

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Bertrand Tavernier est mort

Disparition | On vient d’apprendre la disparition à 79 ans du cinéaste, scénariste et producteur Bertrand Tavernier, par ailleurs président de l’Institut Lumière depuis sa création en 1982. Une perte immense.

Vincent Raymond | Jeudi 25 mars 2021

Bertrand Tavernier est mort

Né à Lyon en 1941, celui qui fut attaché de presse et critique avant de s’emparer de la caméra en 1964 pour son premier court-métrage, puis en 1973 pour son premier long L’Horloger de Saint-Paul, aura signé une des œuvres les plus prolifiques et éclectiques du cinéma français contemporain. Sans pour autant renier ses précurseurs à la différence de la génération précédente — Bertrand Tavernier n’hésitera pas à travailler avec les scénaristes Aurenche et Bost conspués par la Nouvelle Vague. Touchant à tous les styles, du polar à l’anticipation en passant par le documentaire ; manifestant en homme engagé son amour pour le rétablissement de la justice sociale (L. 627, Histoires de vies brisées…), le jazz (Autour de minuit), le cinéma (l’extraordinaire Laisser Passer, Voyage à travers le cinéma Français), sa filmographie est émaillée de nombreux prix — il fut le premier récipiendaire du César du réalisateur en 1976 pour Que la fête commence

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Bertrand Tavernier sur Netflix : ça commence aujourd’hui

Plan Canapé | Après Truffaut, Demy, Sautet, Resnais, la plateforme de streaming continue d’élargir son offre en inscrivant dès ce 1er mars quelques-unes des premières œuvres de Bertrand Tavernier. Une mise en bouche avant l’intégrale ?

Vincent Raymond | Lundi 1 mars 2021

Bertrand Tavernier sur Netflix : ça commence aujourd’hui

Rien n’arrête l’appétit de Netflix. Au moment où son concurrent direct Disney lance une plateforme, Star, ayant vocation à le titiller sur le segment “adulte” en proposant notamment des films ou des séries du patrimoine, la firme de streaming opère un nouveau coup d’éclat médiatique en intégrant à son volumineux catalogue cinq titres d’un emblématique auteur français : Bertrand Tavernier. Outre le fait qu’il s’agit pour la plupart d’œuvres parmi les plus primées et célèbres de la première partie de carrière du cinéaste lyonnais (L’Horloger de Saint-Paul (photo), Que la fête commence, Le Juge et l’Assassin, Coup de torchon, La Vie et rien d’autre), elles sont paradoxalement signées par un éminent cinéphile dont on sait l’attachement pour la projection en salle et son soutien au travail d’édition sur support physique des films, qu’il relaie sur son blog. Mais aussi par celui qui assume les f

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L’Institut Lumière aux rayons X de la Chambre Régionale des Comptes

Cinéma | Coutumier d’une certaine discrétion, parfois autarcique, l’Institut Lumière a été contraint à plusieurs séances de rayons X économiques prescrites par la Chambre Régionale des Comptes. Le bilan vient d’être rendu public : si la santé est plutôt correcte, le médecin formules quelques recommandations. Et pour commencer, de bien suivre les protocoles…

Vincent Raymond | Mercredi 24 février 2021

L’Institut Lumière aux rayons X de la Chambre Régionale des Comptes

La CRC (Chambre Régionale des Comptes) vient de publier trois Rapports d’observations définitives portant sur trois structures ayant leur siège rue du Premier-Film : Association Institut Lumière, Société Cinémas Lumière, Société Sortie d’Usine Productions. Trois études connexes puisque la même entité, l’Institut Lumière, les unit et la même personne, Thierry Frémaux, les chapeaute. Trois mémoires mettant au jour non ces

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Tavernier, Huston et Lang à l’Institut Lumière

Reprise | L’Institut Lumière fait d’une pierre deux, voire trois coups, en conviant son président Bertrand Tavernier pour un rendez-vous autour de la réédition de son (...)

Vincent Raymond | Mardi 17 décembre 2019

Tavernier, Huston et Lang à l’Institut Lumière

L’Institut Lumière fait d’une pierre deux, voire trois coups, en conviant son président Bertrand Tavernier pour un rendez-vous autour de la réédition de son pavé d’entretiens avec des cinéastes d’Hollywood, Amis Américains. Tout juste auréolé d’une Étoile d’Or remise à Marrakech par son ami Harvey Keitel, le cinéaste-historien dédicacera son volumineux ouvrage à l’entracte de la soirée composée de deux films — difficile de faire moins. D’abord, Quand la ville dort (1950) de John Huston (Asphalt Jungle, à ne pas confondre avec While the City Sleeps, La Cinquième Victime de Fritz Lang), qui vit Sterling Hayden, bien avant L’Ultime Razzia, camper le cerveau d’un casse. Suivra fort logiquement puisque le cycle Fritz Lang bat son plein à l’Institut Lumière, une réalisation américaine du maître allemand, Espions sur la Tamise / Le Ministère de la peur (1944). Adapté de Graham Greene, ce thriller d’espionnage censé se dérouler en Angleterre mêle malgré lui le personnage de Ray Milland à

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Paris vaut bien une danse : "Noureev"

Biopic | De Ralph Fiennes (G-B, 2h07) avec Oleg Ivenko, Adèle Exarchopoulos, Raphaël Personnaz…

Vincent Raymond | Mardi 18 juin 2019

Paris vaut bien une danse :

1961. Danseur au Kirov, Rudolf Noureev se distingue par son talent hors normes autant que par son caractère entier. En tournée à Paris avec le ballet russe, il se laisse griser par la vie à l’Ouest, suscitant l’ire du KGB. Au moment du départ, son destin va se jouer en quelques instants… La sympathie immense que l’on éprouve pour le comédien Ralph Fiennes ne doit pas tempérer le jugement que l’on porte sur le travail de Fiennes Ralph, réalisateur amateur de grandes destinées — Coriolan, Dickens et maintenant Noureev. Car si la fresque qu’il nous livre ici possède bien des vertus mimétiques (choix d’un clone de “Rudy” pour le rôle-titre, soin méticuleux dans la reproduction d’un Paris de cartes postales ou de pub de parfum, jolies couleurs satinées d’époque, etc.), elle évoque surtout ces cupcakes au glaçage impeccable mais dépourvus de saveur originale. Diluée dans ses deux heures bien tapées d’allers-retours temporels (un non-sens, quand on y pense, puisqu’il s’agit quand même de l’histoire d’un transfuge, donc d’un passage irrévocable d’un état/État à un autre), l’évocation touris

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En attendant Jane Fonda

Institut Lumière | Star majuscule de l’automne dans le quartier Monplaisir (et l’ensemble de la Métropole), la future récipiendaire du 10e prix Lumière verra un choix de ses (...)

Vincent Raymond | Lundi 3 septembre 2018

En attendant Jane Fonda

Star majuscule de l’automne dans le quartier Monplaisir (et l’ensemble de la Métropole), la future récipiendaire du 10e prix Lumière verra un choix de ses films projetés en guise d’hommage lors du festival. Pour mettre le public en appétit, et permettre à certaines œuvres risquant de ne pas bénéficier d’une séance entre les 13 et 21 octobre, l’Institut en programme trois extraites de la carrière de Jane Fonda ; trois moments assortis de présentation ou de conférences pour se remémorer le parcours de cette icône ayant marqué tant la pellicule par ses rôles que la vie politique mondiale par ses engagements. C’est Julia (1977) de Fred Zinnemann qui ouvrira le bal le 13 septembre, durant les séances de présentation du festival. Inspiré par un épisode de la vie de l’autrice et scénariste Lillian Hellman, ce drame se déroulant durant les prémices de la

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"Ma famille t’adore déjà" : mytho dans un bateau

ECRANS | de Jérôme Commandeur & Alan Corno (Fr, 1h24) avec Arthur Dupont, Déborah François, Thierry Lhermitte, Valérie Karsenti…

Vincent Raymond | Mercredi 9 novembre 2016

Avant de convoler avec Eva, Julien demande à rencontrer la famille de sa promise. Mais la belle, menteuse compulsive, a “embelli” la situation de son fiancé pour impressionner les siens. Piégé, l’amoureux va devoir pagayer pour lui sauver la face… Ce scénario bateau tenant sur un Pass Navigo (genre Mon beau-père et moi, avec Thierry Lhermitte cardiaque à la place de Robert De Niro, et régate sur l’île de Ré en sus) était promis au naufrage. Jérôme Commandeur évite de boire la pleine tasse grâce à de bonnes inspirations : faire court, partager la réalisation avec un technicien chevronné et confier les premiers rôles à un duo inattendu venu du cinéma d’auteur : Arthur Dupont et Déborah François. D’un naturel moins cynique que tendre, Commandeur semble préférer la composante sentimentale à la pure comédie — que ses activités d’humoriste lui donnent l’occasion d’explorer ordinairement. Voilà pourquoi son petit couple se révèle plus attachant dans ses désarrois que celui formé par les beaux-parents, usine à stéréotypes déjà mille fois caricaturée.

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"Voyage à travers le cinéma français" : c’était sa première séance

ECRANS | Bertrand Tavernier raconte son rapport affectif aux films qui l’ont construit, dévoile son Panthéon intime. Édifiant, enthousiaste, touchant : trois quarts de siècle d’un compagnonnage actif avec le cinéma, à tous les points de vue et d’écoute.

Vincent Raymond | Mardi 11 octobre 2016

Bertrand Tavernier ne pouvait choisir meilleur public que celui du Festival Lumière — manifestation organisée par l’institut homonyme, qu’il préside, dans la ville où il est né — pour présenter les premières séances du documentaire-somme retraçant son parcours. Car davantage qu’une audience acquise, celle-ci se révèlerait surtout réceptive au projet de ce ciné-fils/cinéphile, l’accompagnant bien volontiers dans l’exploration de sa mémoire d’ogre. Promis depuis des années, ce Voyage dans le cinéma français offre un retour très personnel aux sources primitives de sa passion pour l’écran d’argent ; aux origines de sa curiosité fervente et contagieuse, devenue avec les années prosélytisme chaleureux en faveur de tous les types de cinémas, peu importent les chapelles, du moment qu’ils lui apportent du plaisir — son emploi immodéré du superlatif absolu et de l’épithète “formidable” est d’ailleurs légendaire. Oncle Tatave, celui qui se souvient de tous les films Tout aussi prodigieuse se révèle sa mémoire cinématographique, presque indissociable du contexte folklorique des séances qu'il ressuscite : le voisin fa

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"Dans les forêts de Sibérie" : Safy Nebbou adapte le roman de Sylvain Tesson

ECRANS | Dans les forêts de Sibérie de Safy Nebbou (Fr, 1h45) avec Raphaël Personnaz, Evgueni Sidikhine…

Vincent Raymond | Mardi 14 juin 2016

Manger des fraises au sucre peut donner envie de les accommoder sur un fond de pâte sablée ; on se trouve alors en présence d’un dessert fort différent (tout aussi savoureux, sauf pour les allergiques) que la logique recommande de désigner, par convention, sous le nom de “tarte aux fraises.” De la même manière, lorsqu’un cinéaste trouve un roman à son goût et se met en tête de l’adapter pour l’écran, si l’envie lui vient de modifier substantiellement l’histoire, ne devrait-il pas en changer le titre ? Le roman de Sylvain Tesson raconte la solitude d’un homme face à lui-même et à la glace du lac Baïkal, son besoin de vide intérieur et de contemplation. Safy Nebbou a-t-il eu peur de lasser le spectateur avec une quête initiatique ? Quelle besoin a-t-il eu d’ajouter un compère ermite, qui sert de potiche visuelle quand Raphaël Personnaz a de longues tirades à faire, et que vraiment, il ne doit les sortir qu'en français (à un Russe qui n’y comprend goutte, évidemment). Ce personnage purement utilitaire se révèle en définitive to

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À Vaulx Jazz comme des images

ECRANS | Chaque édition d’À Vaulx Jazz donne l’occasion de rappeler combien fécondes peuvent être les noces entre ce genre musical et le cinéma, combien intacte demeure leur complicité.

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

À Vaulx Jazz comme des images

L’un et l’autre nés à la fin du XIXe siècle, ces deux vecteurs d’expression populaire ont prospéré en marge dans les rues ou les foires, avant de se tailler leur place parmi les disciplines artistiques considérées comme ”nobles“. On en arrive même à un formidable paradoxe aujourd’hui, où tout film pourvu d’une bande originale jazzy se trouve d’emblée doté d’une aura de raffinement vintage, voire d’un brevet d’intellectualisme woodyallenien ! Parfaites girouettes, les mentalités ont une stabilité comparable aux gouvernements de la IVe République… Quatuor de choc Justement, parmi les quatre films retenus dans la programmation de cette année figure un classique de cette époque : Rendez-vous de juillet (1949). Signé par Jacques Becker, le Howard Hawks français, ce film aspire l’air ambiant autant qu’il s’en inspire — en particulier celui des caveaux jazz ayant fleuri après la Libération à Paris. Révélant les comédiens Maurice Ronet et Nicole Courcel, il a aussi le flair de capter les notes du jeune Claude Luter et de ses “Lorientais”. Revendiquant en musique des goûts éclectiques (« de Duke Ellington

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Une nouvelle amie

ECRANS | De François Ozon (Fr, 1h47) avec Romain Duris, Anaïs Demoustier, Raphaël Personnaz…

Christophe Chabert | Mardi 4 novembre 2014

Une nouvelle amie

Argument de vente déjà bien calé en Une des magazines, la transformation de Romain Duris en femme dans le nouveau film de François Ozon est son attraction principale. Il faut prendre le mot "attraction" au pied de la lettre : non seulement un phénomène freak plutôt réussi — Duris a souvent joué sur son côté féminin, mais le film se plaît à mettre en scène ce grand saut d’abord comme un apprentissage maladroit, puis comme une évidence naturelle — mais aussi le centre d’une névrose obsessionnelle qui saisit Claire — formidable Anaïs Demoustier, aussi sinon plus troublante que son partenaire — lorsqu’elle découvre que le mari de sa meilleure amie choisit de se travestir après le décès de son épouse. Embarrassée, troublée et finalement séduite, elle accompagne sa mue tout en la guidant pour des motifs opaques — voit-elle en lui une «nouvelle amie» prenant la place de la précédente ou un pur objet de désir ? Autant de pistes formidables qu’Ozon ne fait qu’ébaucher, préférant jouer à l’auteur démiurge épuisant les possibles de son scénario. On passe ainsi sans transition de Vertigo à La Cage aux folles, de Chabrol à Mocky, de la peinture iro

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96 heures

ECRANS | De Frédéric Schoendoerffer (Fr, 1h36) avec Niels Arestrup, Gérard Lanvin, Laura Smet…

Christophe Chabert | Mardi 22 avril 2014

96 heures

Pris en otage par Kancel, un truand suave mais très méchant, le patron de la BRB a 96 heures pour avouer quel est l’enfant de salaud qui l’a balancé et l’a envoyé croupir derrière les barreaux. Entouré d’hommes de main aussi bêtes que sadiques, Kancel boit du bon vin, fait un barbecue, va rendre visite à sa fille et à son petit fils et s’énerve de temps en temps, de préférence quand on ne s’y attend pas. Un rôle sur mesure pour un Niels Arestrup excellent mais qui, cette fois-ci, ne sauve pas le film de la médiocrité totale. Entre un Gérard Lanvin qui laisse ses couilles tranquilles pour s’occuper exclusivement de l’oreillette très visible dans laquelle on lui souffle ses dialogues, des rebondissements que l’on devine en moyenne vingt minutes avant leur arrivée à l’écran et une direction artistique calamiteuse qui souligne le budget visiblement serré de cette série B mal assumée au scénario débile, tout est au bas mot grotesque et dépourvu de toute intensité dans le suspense. Depuis son nanar Truands, on ne croit plus trop en un sursaut de Schoendoerffer ; 96 heures confirme qu’il ferait mieux d’aller tourner des épisodes de Braquo — à moins qu

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Diplomatie

ECRANS | De Volker Schlöndorff (Fr-All, 1h24) avec Niels Arestrup, André Dussollier, Charlie Nelson…

Christophe Chabert | Mardi 25 février 2014

Diplomatie

Dans la nuit du 24 au 25 août 1944, le général allemand Von Choltitz, gouverneur de Paris, s’apprête à exécuter l’ordre d’Hitler : faire sauter les principaux monuments parisiens et provoquer une crue gigantesque de la Seine. Le consul suédois Nordling va, dans sa suite de l’Hôtel Meurice, tenter de le dissuader de pratiquer cette politique de la terre brûlée qui ne fait que reculer la débâcle inéluctable de l’armée allemande. Le sujet avait donné lieu à une pièce à (grand) succès de Cyril Gély et Volker Schlöndorff l’adapte ici à l’écran avec les deux comédiens qui avaient créé les rôles sur scène, Arestrup et Dussollier. Ce duo-là vaut le déplacement — mais Charlie Nelson en concierge bourru n’est pas mal non plus — même si, de manière assez curieuse, Arestrup a choisi d’adopter un accent allemand assez artificiel pour faire parler son personnage en français. Cela résume assez bien les vaines tentatives de Schlöndorff pour faire muter son matériau théâtral en œuvre de cinéma : les aérations du récit comme les possibilités d’y faire en

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Jeunesse des rencontres

ECRANS | Pas évident d’organiser en janvier un festival consacré au cinéma français quand celui-ci garde ses meilleurs films pour Cannes… Drôle d’endroit pour des (...)

Christophe Chabert | Mercredi 15 janvier 2014

Jeunesse des rencontres

Pas évident d’organiser en janvier un festival consacré au cinéma français quand celui-ci garde ses meilleurs films pour Cannes… Drôle d’endroit pour des rencontres réussit malgré tout cette année encore à proposer un programme certes éclectique, certes inégal — cf notre Flop 10, où figuraient deux des films présentés ici — mais cohérent. C’est dans le documentaire et le film "jeune public" que le festival réussit ses plus belles pioches, avec les avant-premières de La Cour de Babel de Julie Bertuccelli et de Minuscule de Thomas Szabo et Hélène Giraud. Bertuccelli filme une année scolaire dans une classe d’accueil d’un collège parisien, où se retrouvent des enfants de toutes origines pour rattraper leur retard en français. Cette somme d’expériences individuelles dessine une carte des troubles politiques mondiaux — juifs persécutés en Serbie, liberté bafouée des femmes en Afrique, violence urbaine en Colombie — et leur parole témoigne de l’importance que ses jeunes mettent dans la réussite de leurs études — sans que la

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À perdre la raison

ECRANS | Pour ce film plus ouvert mais tout aussi dérangeant que ses précédents, Joachim Lafosse s’empare d’un fait-divers et le transforme en tragédie contemporaine interrogeant les relents de patriarcat et de colonialisme de nos sociétés. Fort et magistralement interprété. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 13 juillet 2012

À perdre la raison

Il y a, à la fin d’À perdre la raison, une séquence admirable — ce n’est pas la seule du film. Murielle sort de chez sa psychanalyste et se retrouve dans sa voiture à écouter Femmes je vous aime de Julien Clerc. Elle en fredonne approximativement les paroles, puis s’arrête et fond en larmes. En trois minutes et un seul plan, c’est comme si le film, le personnage et l’actrice (Émilie Dequenne, comme on ne l’avait jamais vue) lâchaient tout ce qu’ils retenaient jusqu’ici, dernière respiration avant le drame ou l’asphyxie. Car À perdre la raison est construit comme une toile d’araignée, un piège qui se referme sur son personnage, d’autant plus cruel que personne n’en est vraiment l’instigateur. Ce qui se joue ici, ce sont les nœuds d’une société où les choses que l’on croit réglées (le colonialisme, la domination masculine) reviennent comme des réflexes inconscients, provoquant leur lot de tragédies. Patriarche de glace Celle du film a pour base un fait-divers : une mère qui assassine ses quatre enfants. On ne révèle rien, puisque Lafosse en fait l’ouverture de son film. Cette honnêteté-là est aussi celle qui amène le cinéaste à ne jamai

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L’affaire du Meurice

SCENES | Il faut toute la force de persuasion de Niels Arestrup et d’André Dussollier pour faire de Diplomatie une réussite incontestable. La pièce, écrite par Cyril (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 6 avril 2012

L’affaire du Meurice

Il faut toute la force de persuasion de Niels Arestrup et d’André Dussollier pour faire de Diplomatie une réussite incontestable. La pièce, écrite par Cyril Gély, s’intéresse au général nazi Dietrich von Choltitz, qui avait reçu d’Hitler l’ordre de réduire Paris en un champ de ruines, et au rôle du diplomate suédois Raoul Nordling dans la Libération de Paris. L’auteur imagine alors l’échange entre Nordling et von Choltitz, le 24 août 1944, dans une chambre de l’hôtel Meurice, quartier général des forces d'occupation allemandes. Si le texte de Cyril Gély a le mérite de mettre en lumière un fait historique rarement étudié, le résultat n’est à la hauteur ni des enjeux, ni des interprètes. Son récit, qui se perd dans de longues tirades redondantes sur la beauté de Paris, balaie en revanche en quelques secondes la question, essentielle, du retournement de von Choltitz. Et pourtant, Diplomatie est un spectacle rare qui réunit pour la première fois sur un même plateau Dussollier et Arestrup. La rencontre ne déçoit jamais, la finesse d’André Dussollier éclairant l’imposant, le colossal Niels Arestrup, magistral dans son uniforme nazi étriqué. La complicité entr

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Tavernier, Fuller : deux révoltés

CONNAITRE | Lors du dernier festival Lumière, Bertrand Tavernier semblait en colère contre la tournure que prenait le système de production français des studios, (...)

Dorotée Aznar | Lundi 12 décembre 2011

Tavernier, Fuller : deux révoltés

Lors du dernier festival Lumière, Bertrand Tavernier semblait en colère contre la tournure que prenait le système de production français des studios, participant au parfum de mélancolie qui avait imprégné la manifestation et ses invités. Cela éclaire sans doute cette soirée qui lui est consacrée à l’Institut Lumière mardi 20 décembre. D’abord, il dialoguera avec Thierry Frémaux et Noël Simsolo, à qui il a consenti de donner une série d’entretiens parus le mois dernier sous le titre Le Cinéma dans le sang. Il y retrace sa carrière à travers ses rencontres décisives, notamment avec les grands cinéastes hollywoodiens d’hier (Ford, Walsh) ou d’aujourd’hui (Scorsese, Tarantino). Le titre du livre trahit cette passion cinéphile, mais aussi ce besoin de tourner qui semble aujourd’hui se compliquer pour lui. Est-ce un hasard s’il présentera, pour la deuxième partie de la soirée, le film d’un autre grand révolté, Samuel Fuller ? J’ai vécu l’enfer de Corée (1950) élabore ce qui deviendra son thème de prédilection : la guerre filmée du point de vue du simple soldat (ce que Fuller a été), sans romantisme ni héroïsme, au plus près de la réalité. Avec une économie de série B

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Viens voir les comédiens…

SCENES | Une saison de théâtre, c’est aussi, n’en déplaise aux puristes, une saison d’acteurs exceptionnels à découvrir sur scène. D’Arestrup à Catherine Frot, de Cantona à Romain Duris, passage en revue des «stars» de cette rentrée. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Jeudi 1 septembre 2011

Viens voir les comédiens…

S’il y a un acteur qu’on n’attendait pas là, c’est bien lui. Qu’Éric Cantona, pour qui on a une affection particulière, s’associe à Dan Jemmett, metteur en scène ayant l’habitude de mettre en pièces le répertoire (on se souvient de sa Nuit des Rois d’après Shakespeare), pourquoi pas ? Mais que les deux aient trouvé comme terrain d’entente Ubu enchaîné d’Alfred Jarry, voilà qui a de quoi stimuler les attentes et laisser s’épanouir tous les fantasmes. Ce qui fascine chez Cantona, c’est ce corps à la fois massif et sportif, cette voix puissante et chantante (combien d’acteurs en France ont le droit de jouer avec leur accent d’origine ?) ; un drôle de comédien dans une drôle de pièce, où le tyran devient esclave mais conserve ses humeurs et ses emportements. Romain Duris aussi a su faire de son corps souple et nerveux un instrument de fascination pour les metteurs en scène de cinéma. C’est en le filmant pour son très raté Persécution que Patrice Chéreau, qui ne rechigne plus autant à revenir au théâtre, a décidé de le pousser sur scène, faisant de lui le nouvel interprète (après Pascal Greggory, qui a fait le trajet inverse de Duris, des planches à l’écran) de son auteur fétiche, Berna

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Je n'ai rien oublié

ECRANS | De Bruno Chiche (Fr, 1h33) avec Gérard Depardieu, Alexandra Maria Lara, Niels Arestrup…

Dorotée Aznar | Jeudi 24 mars 2011

Je n'ai rien oublié

Involontairement grotesque et d'une lourdeur sidérante, "Je n'ai rien oublié" s'impose comme le pinacle d'une longue tradition de nanars dont nous sommes les garants. Roman de gare jamais sublimé autour d'une famille bourgeoise menacée par son lourd secret, le film de Bruno Chiche ressemble à du Chabrol dégénéré. Du chacha téléfilmé, avec un Depardieu alzheimerisé (toute l'intrigue repose là-dessus), qui n'a jamais été aussi je m'en foutiste et aberrant. Pauvre en tout, ce thriller pour grabataires définitivement perdus invite à se poser cette question : c'est quoi, finalement, le cinéma français ? À bien regarder son histoire, la grandeur y est presque une anomalie dans un océan de médiocrité. Jérôme Dittmar

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La Princesse de Montpensier

ECRANS | De Bertrand Tavernier (Fr, 2h19) avec Lambert Wilson, Mélanie Thierry…

Christophe Chabert | Mardi 26 octobre 2010

La Princesse de Montpensier

Nicolas Sarkozy a involontairement remis Madame de La Fayette à la mode. Après "La Belle Personne" de Christophe Honoré (d’après "La Princesse de Clèves"), Bertrand Tavernier s’attaque à "La Princesse de Montpensier". Pour le moderniser ? Non, le film est une reconstitution d’époque proprette, très qualité française. Pour en faire ressortir la pertinence ? À la rigueur, on voit bien qu’à travers le personnage de Mademoiselle de Mézières, qui oscille romantiquement entre l’homme promis et l’homme aimé, c’est la question toujours d’actualité de la liberté féminine qui est envisagée. Mais le film est littéralement aspiré par un académisme plombant, que la caméra en mouvement perpétuel dissimule à grand peine. Cela se traduit par une absence de quotidienneté frappante, des scènes d’action pataudes, un texte étouffe-chrétien et surtout la raideur quasi cadavérique des jeunes acteurs recrutés pour l’occasion. Que Tavernier ait choisi de les faire jouer comme dans une dramatique télé de l’ORTF, laissant aux seuls Lambert Wilson et Michel Vuillermoz le droit d’apporter un peu de liberté dans le film, en dit long sur son affinité avec son sujet : une certaine perplexité, sinon un vrai mé

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Un prophète

ECRANS | Choc (et Grand Prix) du dernier festival de Cannes, le cinquième film de Jacques Audiard ose une fresque somptueuse et allégorique où un petit voyou analphabète se transforme en parrain du crime. Après ce Prophète, le cinéma français ne sera plus jamais comme avant… Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Jeudi 9 juillet 2009

Un prophète

Un cercle de lumière vient faiblement éclairer une partie de l’écran, comme une ouverture à la lampe de poche en lieu et place de l’antique ouverture à l’iris. Il vient éclairer quoi ? Les gestes désordonnés d’un jeune garçon dans un fourgon… Il planque maladroitement dans sa chaussure un billet de cinquante francs. Quelque part dans un XXe siècle finissant, Malik el Djebena s’est fait serrer une fois de trop par la police, pour ce qu’on devine être une agression sauvage lors d’une rixe — on verra plus tard d’impressionnantes cicatrices sur son dos. Ce n’est donc sûrement pas un tendre, mais certainement pas un caïd non plus. Phrasé hésitant, corps voûté, yeux en panique : Malik, papillon nocturne aux ailes brûlées prématurément, s’apprête à passer six longues années en prison. Une condamnation lourde pour ce petit voyou récidiviste, aller simple vers l’enfer des vrais mafieux et des criminels endurcis. Lui qui parle à peine français, qui ne sait ni lire ni écrire, s’avère donc une proie facile pour les affranchis qui l’entourent. Leçons de vie en prison Un prophète, le nouveau et fabuleux film de Jacques Audiard, est donc un

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Dans la brume électrique

ECRANS | Cinéma / Tiré d’un roman noir de James Lee Burke, ce film américain de notre Tavernier national ne manque ni d’ambition, ni de bons acteurs, mais d’un rythme suffisamment prenant pour faire tenir ensemble son complexe écheveau d’intrigues. CC

Christophe Chabert | Jeudi 9 avril 2009

Dans la brume électrique

Longtemps attendue, sortie directement en DVD aux Etats-Unis dans une version raccourcie d’une vingtaine de minutes, cette adaptation de James Lee Burke par un Bertrand Tavernier délocalisé pour l’occasion sur le sol américain intriguait. Mais assez vite, la déception pointe son nez. Ce que l’on peut reprocher d’ordinaire au cinéma de Tavernier (sa lourdeur démonstrative, l’épaisseur de ses dialogues) est pour une fois mis en sourdine : Dans la brume électrique possède une certaine fluidité d’exécution et une attention réelle aux personnages dont on ne cherche pas à expliquer toutes les motivations. En revanche, là où le cinéaste se casse les dents, c’est pour trouver un rythme à cet enchevêtrement ambitieux d’intrigues courant sur près de cent cinquante ans. Pas de pays pour un vieuxLes crimes d’aujourd’hui, crapuleux, ceux d’hier, raciaux, et ceux, fondateurs, de la guerre de sécession, se rejoignent donc dans la ballade désabusée d’un flic alcoolique et humaniste, Dave Robichaud, fort justement campé par le toujours parfait Tommy Lee Jones. Mais ce récit touffu paraît pourtant particulièrement délié, plein de temps morts, comme une accumulation indolente de séquence

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Amicalement. Bertrand.

ECRANS | Pour finir en beauté l’événement Tavernier de l’Institut Lumière, un week-end de films américains choisis et présentés par le cinéaste-cinéphile illustrera le beau livre paru chez Actes Sud. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 15 janvier 2009

Amicalement. Bertrand.

D’abord, un mot sur Amis américains, le livre de Bertrand Tavernier. On a dit un peu vite qu’il s’agissait d’un recueil d’entretiens, mais il ne faudrait pas oublier les analyses consacrées à chaque cinéaste par Tavernier. Il s’y avère un formidable commentateur de cinéma, capable d’englober dans ses textes tous les aspects d’une œuvre, des variations de mise en scène jusqu’aux thèmes et aux idées qui relient chaque film. Sans vouloir faire de la nostalgie rance, on a un peu perdu cette manière de regarder les films, de communiquer des plaisirs de spectateur au plus près de ses émotions, tout en conservant une mémoire du passé pour manier des perspectives historiques. Une petite leçon, donc, qui va s’accompagner le week-end prochain d’une grande : la confrontation avec les films présentés par Tavernier au public de l’Institut Lumière. Des spectateurs gâtésChoix surprenant, d’ailleurs, car on n’y retrouve pas les piliers du livre que sont John Ford, Henry Hathaway ou André de Toth, ni les amis récents que sont Joe Dante, Tarantino et Alexander Payne. Tavernier a même profité de l’occasion pour rajouter un chapitre inédit et bienvenu avec l’hommage rendu au récemme

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Amis américains

CONNAITRE | La réédition d’Amis américains est un événement à plus d’un titre. Non seulement il reprend, dans une version luxe (en grand format avec près d’un millier (...)

Christophe Chabert | Jeudi 27 novembre 2008

Amis américains

La réédition d’Amis américains est un événement à plus d’un titre. Non seulement il reprend, dans une version luxe (en grand format avec près d’un millier d’illustrations) les textes et entretiens avec les cinéastes, célébrés ou peu connus, de la première édition (de Ford à Altman en passant par les vrais «amis» de Tavernier que sont De Toth, Daves ou Boetticher, et les «blaklistés» du MacCarthysme) ; mais il y ajoute une passionnante préface où l’intervieweur est interviewé (par Thierry Frémaux) et trois nouvelles interviews inattendues avec Alexander Payne, Joe Dante et Quentin Tarantino. Stimulantes par leur érudition gourmande, elles permettent de jeter un éclairage sur des personnalités dont les cinémas se rejoignent par un même souci de s’inscrire dans une histoire des images, classique ou iconoclaste. Un livre indispensable ! Amis Américains (Actes Sud/Institut Lumière).

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Intégrale Tavernier à l’Institut Lumière

ECRANS | Bertrand Tavernier est un cas à part dans l’histoire récente du cinéma français : de tous les cinéastes apparus dans les années 70, il est un des seuls à n’avoir (...)

Christophe Chabert | Jeudi 27 novembre 2008

Intégrale Tavernier à l’Institut Lumière

Bertrand Tavernier est un cas à part dans l’histoire récente du cinéma français : de tous les cinéastes apparus dans les années 70, il est un des seuls à n’avoir jamais cessé de tourner pour le cinéma (à la différence des cinéastes à éclipses que sont Séria, Thomas, Boisset, Jessua ou même Garrel !). Son œuvre semble aujourd’hui estimée à sa juste valeur, ses meilleurs films étant aussi ses plus populaires (Le Juge et l’assassin, Coup de torchon, Un dimanche à la campagne, Autour de minuit, La Vie et rien d’autre, L627, L’Appât et Capitaine Conan). Dans cette rétrospective, le plus rare reste l’activité documentaire de Tavernier. Son chef-d’œuvre sur la guerre d’Algérie notamment (La Guerre sans nom), mais aussi les films qu’il a réalisés sur la banlieue (De l’autre côté du périph’) ou la double-peine (Histoires de vies brisées). Intégrale Tavernier jusqu’au 25 janvierWeek-end hommage les 13 et 14 décembre.

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Gentleman Bertrand

ECRANS | Rencontre avec Bertrand Tavernier, cinéaste-cinéphile revendiqué, à l’occasion de la rétrospective de l’Institut Lumière et de la réédition de son livre «Amis américains». Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 27 novembre 2008

Gentleman Bertrand

Petit Bulletin : La nouvelle version d’Amis américains, avec trois interviews nouvelles, surprend par ce choix de trois cinéastes-cinéphiles, ce qui n’était pas le cas des cinéastes que vous aviez interviewés pour la première édition.Bertrand Tavernier : C’était pour aborder la raison d’être du livre, à savoir un livre écrit par un cinéaste qui est aussi cinéphile. J’ai pu écrire sur un certain nombre de réalisateurs et de scénaristes qui, à l’époque où je parlais avec eux, n’étaient pas vraiment reconnus. Budd Boetticher, c’est la première interview, Herbert Biberman, c’est la seule interview… Il y avait deux manières de prolonger ce livre : ou on continuait vers les nouveaux metteurs en scène et il n’y avait pas de frontière. J’aurais pu ajouter des interviews de gens que j’ai rencontrés comme Clint Eastwood, les frères Coen, Scorsese... Mais avec Thierry Frémaux, il nous a paru plus intéressant de prendre un autre angle, de trouver des gens proches de moi qui, dans leur propre pays, affichaient le même genre d’idées et qui parfois écrivaient. Joe Dante inonde les gens de mails et a beaucoup écrit dans Video Watchdog, Tarantino a fait connaître toutes ses opinio

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