Dark touch

ECRANS | De Marina De Van (Fr-Irl, 1h30) avec Missy Keating, Marcella Plunkett…

Christophe Chabert | Mardi 18 mars 2014

Photo : © Kari Finegan


Après l'échec sans appel de Ne te retourne pas — et une dépression qu'elle évoquait dans son "roman" Passer la nuit — Marina De Van effectue un sursaut spectaculaire grâce à ce Dark touch tourné en Irlande, où elle consomme pour de bon son flirt avec le cinéma d'horreur. Tout en respectant les codes du genre et en installant un climat de terreur où suggestion et images chocs sont habilement dosées, De Van développe un propos particulièrement dérangeant sur les violences familiales et la résilience impossible.

On comprend très vite — peut-être un peu trop — que Neve, 11 ans, est victime de maltraitance de la part de ses parents et que son "don" — elle déplace les objets lors de ses crises d'angoisse — est le véritable responsable de l'incendie qui a ravagé sa maison. Cousine lointaine de la Carrie de Stephen King, Neve va se transformer en ange vengeur qui va faire payer aux adultes les abus commis sur les enfants. De Van prend clairement le parti de sa jeune héroïne, ne la diabolise jamais et cherche à comprendre par quel mécanisme terrible elle s'avère incapable de discerner les preuves de tendresse d'un potentiel assaut sexuel.

Sans compromis et d'une tristesse infinie, Dark touch prouve que c'est souvent grâce au cinéma de genre que l'on peut approcher au plus près les tragédies humaines et leurs ressorts psychologiques — comme dans le très beau Abandonnée, auquel il fait souvent penser.

Christophe Chabert


Dark Touch

De Marina De Van (Fr-Irl-Sue, 1h30) avec Missy Keating, Marcella Plunkett... Une nuit, dans la campagne profonde, une maison isolée prend vie. Meubles et objets se rebellent contre les occupants, laissant Neve, une fillette de 11 ans, seule rescapée du massacre sanglant qui a décimé sa famille. Des proches la recueillent et s’efforcent de lui faire surmonter cette épreuve traumatique en l’entourant d’amour. Mais la violence continue de se manifester et Neve ne retrouve pas la paix…
Cinéma CGR Brignais Rue de l'Industrie Brignais
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Ne te retourne pas

ECRANS | De Marina De Van (Fr-Lux-Belg-It, 1h51) avec Sophie Marceau, Monica Bellucci…

Christophe Chabert | Mercredi 27 mai 2009

Ne te retourne pas

Marina De Van, ancienne scénariste de François Ozon, avait signé un premier film intrigant, bancal mais intéressant, Dans ma peau. Rien ne laissait donc penser que son deuxième long serait une telle catastrophe… C’est pourtant le cas ici : rien ne passe, ni l’idée de départ (une femme se transforme en une autre sans que cela provoque de réaction particulière dans sa famille), ni sa mise en équation scénaristique (retour à l’enfance et au trauma oublié), ni sa mise en scène (une suite d’effets balourds traités avec une esthétique outrageusement lisse et laide). Le pire étant le jeu des acteurs, qui semblent paumés dans une sitcom métaphysique, récitant leurs dialogues avec un manque de conviction sidérant. On n’est pas loin du nanar complet, et l’ambition de De Van (placer son film quelque part entre Nicolas Roeg et L’Échelle de Jacob) vire au pensum prétentieux à fort potentiel de ridicule. CC

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