Sacro GRA

ECRANS | De Gianfranco Rosi (It-Fr, 1h29) documentaire

Christophe Chabert | Mardi 25 mars 2014

À la dernière Mostra de Venise, Sacro GRA a obtenu un Lion d'or inattendu ; pour la première fois, un documentaire se retrouvait tout en haut du palmarès. Le sujet du film — une déambulation autour du périphérique romain à la rencontre de ceux qui y vivent et y travaillent — intensifiait la perplexité face à une telle décision. Celle-ci ne se dissipe pas une fois l'œuvre vue, tant Gianfranco Rosi se mure dans une radicalité un peu opaque, affichant sa neutralité en étendard — pas de voix-off, pas de trame narrative, juste la juxtaposition de vignettes et l'impression de tourner en rond comme les voitures sur ce fameux périphérique.

On y voit un homme qui creuse des trous dans des palmiers pour y écouter le fourmillement des insectes grouillant à l'intérieur, un bourgeois qui loue sa grande demeure pour y tourner un roman-photo, des prostituées vieillissantes, un ambulancier, les habitants d'une cité HLM… Des visions parfois fortes — le cadre unique sur les fenêtres de l'immeuble — parfois à la limite du racolage ou de l'esthétisation gratuite — le périph' sous la neige, les lumières des voitures perdues dans le flou de l'image — toutes fondues dans une démarche qui ne dépasse jamais l'impressionnisme cinématographique, un peu vain et, pour tout dire, un peu chiant.

Christophe Chabert


Sacro Gra

De Gianfranco Rosi (It, 1h33) documentaire Au volant de sa mini-fourgonnette, Gianfranco Rosi est parti à la découverte de la GRA (Grande Raccordo Anulare), plus connue sous le nom de Grand Contournement de Rome. Derrière le vacarme continu, un monde invisible...
La Nef 18 boulevard Edouard Rey Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"Fuocoammare, par-delà Lampedusa" : un Ours à la mer

ECRANS | de Gianfranco Rosi (It-Fr, 1h49) documentaire…

Vincent Raymond | Mardi 27 septembre 2016

Quelques fragments de la vie ordinaire d’habitants de la petite île méditerranéenne de Lampedusa, où arrivent (échouent ?) les réfugiés en provenance d’Afrique du Nord ; le contraste saisissant entre l’insouciance des gamins de pêcheurs, les difficultés de leurs parents renonçant à affronter la mer par gros temps, et puis les migrants prêts à tout pour fuir la misère, y compris à braver les éléments… En décernant l’Ours d’Or à Fuocoammare, le jury de la Berlinale a eu la certitude d’accomplir un “geste politique”, ce documentaire abordant un sujet d’actualité urticant. Sauf que le traitement choisi laisse, à tout le moins, perplexe. Rosi filme “l’omniprésente absence” des migrants pendant la majorité du temps, histoire de transformer en abstraction la catastrophe humanitaire, puis assène une séquence de sauvetage en filmant avec une crudité bien frontale des malheureux à l’agonie. Un procédé des plus douteux mettant à mal l’éthique — mais pas l’esthétique, soignée avec un amour indécent. Empilant les saynètes tirées du quotidien, Rosi passe à côté de son sujet : il aurait dû faire du médecin de Lampedusa — le seul à

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