Heli

ECRANS | D’Amat Escalante (Mex-Fr, 1h45) avec Armando Espitia, Andrea Vergara…

Christophe Chabert | Mardi 8 avril 2014

Heli, ouvrier, mari, père, fils et frère modèle, va être entraîné dans une spirale de violence mettant en cause gangs et police, tout ça parce que sa sœur a eu le malheur de fréquenter un flic ripou acoquiné avec des trafiquants de drogue. Spirale de violence : c'est un doux euphémisme tant Amat Escalante ne lésine pas sur les images atroces — pendaison, torture à coups de bâtons avant immolation de testicules et, spéciale dédicace à Brigitte Bardot, chiot au cou brisé.

Pourtant, le film est plus intenable qu'insoutenable : Heli propose une sorte de version auteuriste d'un torture porn ou d'un rape and revenge movie, noyant le genre dans des séquences collées les unes aux autres comme des post-it interchangeables, où rien ne doit échapper au regard d'un cinéaste qui abolit le hors champ pour une complaisance évidente grossièrement déguisée en colère contre la société mexicaine. Preuve en est, dès qu'il peut faire un "beau" plan, il ne s'en prive pas, comme celui où le trajet d'une voiture épouse parfaitement les courbes d'une dune de sable au crépuscule… Escalante se regarde filmer et oublie de regarder ce qu'il filme : paradoxe absurde d'un film absolument malsain.

Christophe Chabert


Heli

D'Amat Escalante (Fr-Mex-All-PB, 1h45) avec Armando Espitia, Linda Gonzalez Hernandez, Andrea Vergara... Au Mexique, la famille d’Estela, une jeune fille de 12 ans est prise dans un engrenage de violence lorsque celle-ci tombe amoureuse d’un jeune policier impliqué dans un détournement de drogue.
Cinéma Comœdia 13 avenue Berthelot Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Kids of Kabul : "L'Orphelinat"

Drame | Kaboul, fin des années 1980. Errant dans les rues, Qoadrat vit d’expédients et n’a qu’une passion : les films de Bollywood. Serré par la police, il est expédié dans un orphelinat d’État où, entre rêve et réalité, il assiste aux prémices de la révolution islamique qui va renverser le régime…

Vincent Raymond | Mardi 26 novembre 2019

Kids of Kabul :

Après Wolf and Sheep (1996) — premier opus d’une série qui devrait compter cinq épisodes —, Shahrbanoo Sadat poursuit à hauteur d’adolescent sa relecture de l’histoire afghane contemporaine en changeant à la fois de décor et de style : fini, l’ambiance rurale et aride du conte pastoral, place à un décor urbain plus complexe puisque qu’il encapsule l’univers mental de Qoadrat habité par les “films qu’il se fait”, transpositions des productions bollywoodiennes dont il se gave et devient le héros. En l’intégrant dans des séquences reprenant les codes des comédies musicales héroïsantes indiennes, la réalisatrice signe davantage que d’habiles parodies ou contrefaçons : elle le dote d’un territoire et d’un imaginaire personnels, outrancièrement fictifs mais esthétiquement différents de la fiction tenue pour authentique qu’assènent d’abord les représentants de l’État puis les révolutionnaires. Les premiers colportent le mirage soviétique (avec une jolie propagande et un déplacement dans le pays grand-frère),

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L’Orphelinat

Avant-Première | Deuxième volet d’une ambitieuse série portant sur l’histoire récente de l’Afghanistan, L’Orphelinat décrit, après le rural Wolf and Sheep, la vie d’adolescents (...)

Vincent Raymond | Mardi 19 novembre 2019

L’Orphelinat

Deuxième volet d’une ambitieuse série portant sur l’histoire récente de l’Afghanistan, L’Orphelinat décrit, après le rural Wolf and Sheep, la vie d’adolescents dans une institution de Kaboul. Nourri d’images oniriques empruntées au cinéma bollywoodien, ce film dur et cependant empli de fantaisie est une réussite que vous pourrez partager en avant-première en compagnie de la réalisatrice Shahrbanoo Sadat. L’Orphelinat Au Comœdia ​le mercredi 27 novembre 20h

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Lacunes sur la lagune : "Venise n'est pas en Italie"

Comédie | De Ivan Calbérac (Fr, 1h35) avec Benoît Poelvoorde, Valérie Bonneton, Helie Thonnat…

Vincent Raymond | Mardi 28 mai 2019

Lacunes sur la lagune :

Tout sépare Émile de Pauline, la collégienne dont il est épris : lui vit avec sa famille bohème (les Chamodot) dans une caravane ; elle réside dans la villa cossue de ses parents bourgeois. Quand elle l’invite à Venise pour l’été, Émile se réjouit… brièvement. Car ses parents veulent l’accompagner. En adaptant ici son propre roman lointainement autobiographique (succès en librairie), déjà porté (avec autant de bonheur) par lui-même sur les planches, le sympathique Ivan Calbérac avait en théorie son film tourné d’avance — le fait d’avoir en sus la paire Poelvoorde/Bonneton parmi sa distribution constituant la cerise sur le Lido. Las ! Le réalisateur a jeté dans un grand fait-tout façon pot spaghetti les ingrédients d’une comédie familiale un peu Tuche et d’une romance d’ados un peu Boum, quelques tranches de road movie, un peu d’oignon pour faire pleurer à la fin, nappé le tout d’une sauce Roméo & Juliette. Et puis il a oublié sa gamelle sous le feu des projecteurs. Résultat ? Un bloc hybride et peu digeste, où l’on di

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Tous en chœur ! : "Dans la terrible jungle"

Documentaire | de Caroline Capelle & Ombline Ley (Fr, 1h21) avec Ophélie Lefebvre, Léa Lenoir, Médéric Sergott…

Vincent Raymond | Mercredi 13 février 2019

Tous en chœur ! :

Pendant plusieurs mois, Caroline Capelle & Ombline Ley ont suivi des ados en situation de handicap résidents de l’IME La Pépinière. Tout à la fois galerie de portraits singuliers et portrait d’un groupe uni par la musique, ce film capture le quotidien et l’extraordinaire… Dans la terrible jungle donne à voir au grand public l’immense diversité du monde du handicap. Et il interroge au passage sur ces établissements rassemblant des individus dont le seul point commun est précisément de ne pas être communs : une personne en fauteuil, une autre à la vue basse, une autre encore atteinte d’un trouble du spectre autistique ont des besoins spécifiques et différents deux à deux. Alternant saynètes jouées pour la caméra, conversations d’ados entre eux et instants pris sur le vif parfois spectaculaires — la crise du jeune Gaël, qui se projette dans le décor de toutes ses forces comme un cascadeur désarticulé devant l’air fataliste de son éducateur, risque de faire sourire nerveusement et parler d’elle —, le film trouve dans le

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"La Région sauvage" de Amat Escalante

Fantastique | de Amat Escalante (Mex, 1h39) avec Ruth Jazmin Ramos, Simone Bucio, Jesús Meza…

Vincent Raymond | Mercredi 5 juillet 2017

Le Mexique, de nos jours. Dans une cabane au fond des bois vit une créature tentaculaire capable de procurer à n’importe quel être vivant un plaisir sexuel intense, voire fatal. Veronica, qui lui rabat des proies à satisfaire, va rencontrer un couple en crise, Alejandra et Angel… À l’instar de ses confrères mexicains (Del Toro, Cuarón), Amat Escalante ne craint pas de recourir au fantastique pour asseoir la tonalité très réaliste de son film. De fait, La Région sauvage porte une lourde charge sociale : il interroge notamment la liberté d’aimer passé le Rio Grande, et les réactions rétrogrades que les écarts à la “norme” peuvent provoquer. Comme toujours, les victimes directes ou collatérales en sont les minorités : femmes, homosexuels, enfants… Région sauvage, part obscure, c’est surtout un refoulé que Escalante met au jour : l’expression d’une pulsion en désaccord avec les dogmes hypocrites et fossilisés de la société. De cette discordance naît la violence et le malheur du monde, dont l’ensorcelante créature n’est pas ici la cause. Un c

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"The Jane Doe Identity" de André Øvredal : chair inconnue

ECRANS | de André Øvredal (G-B ; E-U, int. -12 ans avec avert., 1h39) avec Emile Hirsch, Brian Cox, Ophelia Lovibond…

Vincent Raymond | Mardi 30 mai 2017

Un médecin-légiste et son fils entreprennent la dissection du corps incroyablement intact d’une jeune inconnue trouvée sur une scène de crime barbare. Peu à peu, d’étranges phénomènes paranormaux interfèrent avec l’autopsie, menaçant leur santé mentale, voire leur vie… Quasi huis clos en quasi temps réel, ce thriller horrifique dissimule sous sa gangue de série B une pulpe complexe, révélant à l’examen d’appétissants composants : traces d’Histoire, extraits de politique, essence de légendes urbaines… À la vérité, c’est la raison d’être du film d’épouvante que de transmuter des éléments sulfureux et de les hybrider avec des germes gothiques pour en tirer des allégories contemporaines : Hawks a ainsi évoqué le communisme dans The Thing (1951), Siegel le conformisme dans Body Snatchers (1956) et Coppola le sida dans son Dracula (1992). André Øvredal crée donc un jeu de piste pour carabins à travers les organes de la malheureuse victime qui montre bien comment l’Homme réagit face à l’irrationnel : l’obscura

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"Orpheline" : critique et entretien avec Arnaud des Pallières

ECRANS | De l’enfance à l’âge adulte, le portrait chinois d’une femme jamais identique et cependant toujours la même, d’un traumatisme initial à un déchirement volontaire. Une œuvre d’amour, de vengeance et d’injustices servie par un quatuor de comédiennes renversantes.

Vincent Raymond | Mardi 28 mars 2017

Enseignante et enceinte, Renée reçoit la visite surprise dans sa classe de la belle Tara, fantôme d’autrefois. Peu après, la police l’arrête, dévoilant devant son époux médusé sa réelle identité, Sandra. Elle qui avait voulu oublier son passé, se le reprend en pleine face : sa jeunesse délinquante, son adolescence perturbée, jusqu’à un drame fondateur. Comme vivre après ça ? Il faut rendre grâce à Arnaud des Pallières d’avoir osé confier à trois actrices aux physionomies différentes le soin d’incarner les avatars successifs d’un unique personnage. Ce parti-pris n’a rien d’un gadget publicitaire ni d’une coquetterie, puisqu’il sert pleinement un propos narratif : montrer qu’une existence est un fil discontinu, obtenu par la réalisation de plusieurs “moi” juxtaposés. À chaque étape, chaque métamorphose en somme, Kiki-Karine-Sandra abandonne un peu d’elle-même, une exuvie la rendant orpheline de son identité passée et l’obligeant à accomplir le deuil de sa propre personne pour évoluer, grandir, s’améliorer. Ce qui n’est pas le cas de son vénéneux génie, l’immarcescible Tara, qui revêt les traits de Gemma Arterton. Brelan de dam

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Chez Jérémy Galvan, le nouvel étoilé par le Michelin

Restaurant | Il y a la première étoile qu’on accroche sur sa combi de ski, dès qu'on sait faire le "chapeau pointu". Et il y a celle qui comble les restaurateurs (et leurs carnets de réservation) qui intègrent, comme Jérémy Galvan, la sélection élitiste d’un célèbre guide rouge.

Adrien Simon | Mardi 14 mars 2017

Chez Jérémy Galvan, le nouvel étoilé par le Michelin

Le Michelin, cette vieille institution, est-il encore LA référence mondiale des guides gastronomiques ? Décalons la question : le débat sur la crédibilité de sa sélection n'est-il pas lui même un peu fatigué ? Le dénigrement du guide rouge (trop élitiste, trop conservateur) participe à revigorer l'événement que constitue encore le dévoilement de son palmarès. Cette année, c'était le 9 février. Et parmi les 70 nouvelles étoiles, les heureux élus lyonnais n'ont guère fait débat : le Miraflores, dans le 6e et Jérémy Galvan, dans le 5e. Si à 50 ans, on ne s’est pas attablé chez un étoilé Michelin, a-t-on raté sa vie ? Sûrement pas. Mais le pouvoir (magique) du Bibendum tient justement dans le fait de rendre fiers à la fois chefs et convives. Quand le client pousse la porte de l'étoilé, il entre chez l'élite, et veut en faire partie aussi. On l'aide avec la belle vaisselle, la pléthore de serveurs, le pain servi à la pince, la serviette du sommelier, et puis la litanie des "bonne dégustation !". Chez Jérémy Galvan, dans le Vieux Lyon, on joue un peu à ce jeu-là. Sans trop en faire cependant : on a remi

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Deux nouveaux étoilés à Lyon

Guide Michelin 2017 | Le célèbre Guide Michelin a attribué aujourd’hui ses étoiles pour l’édition 2017 : à Lyon, Jérémy Galvan et Miraflores (où le chef Carlos Camino propose une (...)

Lisa Dumoulin | Jeudi 9 février 2017

Deux nouveaux étoilés à Lyon

Le célèbre Guide Michelin a attribué aujourd’hui ses étoiles pour l’édition 2017 : à Lyon, Jérémy Galvan et Miraflores (où le chef Carlos Camino propose une cuisine franco-péruvienne) obtiennent chacun un macaron. Ils viennent ainsi grossir les rangs des étoilés lyonnais, qui s’élèvent désormais au nombre de 18, aux côtés de Prairial, Pierre Orsi, L'Auberge de l'Ile Barbe, Au 14 Février, Les Loges, Takao Takano, Les Terrasses de Lyon, Têtedoie, Les Trois Dômes, Le Gourmet de Sèze, L'Alexandrin, Maison Clovis et Le Passe-Temps. Sans oublier les deux étoiles de La Mère Brazier et du Neuvième Art et bien sûr les trois étoiles de Paul Bocuse. Bon appétit ! Jérémy Galvan : 29 rue du Boeuf, Lyon 5e Miraflores : 60 Rue Garibaldi, Lyon 6e

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Ruptures de ton

SCENES | À 40 ans, toujours vieux garçon, Yaacobi se réveille, envoie valdinguer sa partie de dominos et ses tee-parties sur le balcon de son ami Leidental qu'il (...)

Nadja Pobel | Mardi 20 janvier 2015

Ruptures de ton

À 40 ans, toujours vieux garçon, Yaacobi se réveille, envoie valdinguer sa partie de dominos et ses tee-parties sur le balcon de son ami Leidental qu'il congédie sans ménagement car «cet homme est un bouchon, il empêche la vie de s'écouler». Yaacobi ne pense qu'à rattraper le temps perdu. Donc s'accrocher aux fesses de la première femme croisée au hasard, Laurence Besson, souvent vue sur les planches du TNP car elle appartient à sa troupe permanente, comme d'autres membres de cette jeune compagnie du Vieux Singe. Le premier mérite de ce travail est de porter à la connaissance du public l'écriture de l’Israélien Hanokh Levin, décédé prématurément en 1999. Fin observateur de nos petites misères et grandes solitudes, l'auteur sait transformer une matière sociologique en objet caustique, drôle, tendre et cruel à la fois, n'épargnant pas les croyances des hommes (et c'est plus que salutaire en ces temps malades) ; s'adressant à Dieu, Yaacobi s'agace : «il est temps que tu me donnes quelque chose de tangible, de palpable, de réel». Sans jamais les engluer dans le réalisme, Levin teinte ses personnage

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Beau tirage

MUSIQUES | Le récent trépas de Framboisier, le coureur permanenté qui tenait le micro des Musclés, est l'occasion de rappeler que sous leurs chemises criardes – à en (...)

Benjamin Mialot | Mardi 13 janvier 2015

Beau tirage

Le récent trépas de Framboisier, le coureur permanenté qui tenait le micro des Musclés, est l'occasion de rappeler que sous leurs chemises criardes – à en décoller la rétine de Magnum lui-même – se cachaient de fieffés salopiots. Une chanson en particulier est révélatrice de leur méconnue gaillardise : Son petit chat, sérénade dont les tournures félines sont autant de sous-entendus vénériens. Les rires des Bordelais de Cliché, énièmes ambassadeurs de la pop en français dans le texte dont bruissent les années 2010, ne se sont probablement jamais mêlés à ceux qui alourdissaient les frasques du backing band de Dorothée. Pas chat, le morceau qui clôt leur premier EP éponyme, sonnerait pourtant presque comme un hommage, s'il n'était aussi délicat et candide, dans son verbe («dans les pelages du monde, je plongerai mes doigts») comme dans sa partition (jeux de contraires vocaux à la Gainsbourg, patine burgalatienne et quelques miaulements chipés à Grandaddy). Car chez Cliché – un nom qui est autant un pied-de-nez qu'un aveu – ce n'est pas dans le jus de merguez que l'on fraie, mais dans l'eau de rose, combustible raffiné de tubes (

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¡ Feliz cumpleaños, les Reflets !

ECRANS | L’air de rien, les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain du Zola fêtent cette année leur trentième édition. Une endurance remarquable qui ne s’accompagne (...)

Christophe Chabert | Mardi 18 mars 2014

¡ Feliz cumpleaños, les Reflets !

L’air de rien, les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain du Zola fêtent cette année leur trentième édition. Une endurance remarquable qui ne s’accompagne d’aucun signe visible d’embourgeoisement. Au contraire : le festival affiche une santé insolente qui se traduit par une moisson de films très excitants. Ne reparlons pas de ceux que l’on a déjà défendus ici (Les Bruits de Recife, Gloria, Rêves d’or et Les Sorcières de Zugarramurdi, même si ce n’est pas le meilleur De La Iglesia) ; attardons-nous plutôt sur quelques inédits fort alléchants, comme cette jolie brochette espagnole qui réunit Martin Manuel Cuenca et son Cannibal, avec son tailleur assassin et amoureux, Enrique Urbizu et son th

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Vandal

ECRANS | D’Hélier Cisterne (Fr, 1h23) avec Zinedine Benchedine, Chloé Lecerf, Emile Berling…

Christophe Chabert | Mardi 1 octobre 2013

Vandal

Chérif, ado à problème, est envoyé à Strasbourg pour passer son CAP de maçon, où il est accueilli par son oncle pète-sec — un Jean-Marc Barr très bear — et où il retrouve son père démissionnaire mais sympa — étonnant Ramzy. Il découvre alors, fasciné, que son cousin, sous ses allures de gentil garçon propret, fait partie d’un collectif de graffeurs sévissant la nuit sous le pseudo de Ork, à la recherche de leur rival sans visage, Vandal. Auteur d’un court-métrage magnifique — Les Paradis perdus — Hélier Cisterne signe un premier long qui ressemble un peu trop à un premier long français : un récit d’initiation que l’on essaye de renouveler par son background plus que dans sa mécanique. C’est bien le problème : le scénario est vraiment trop appliqué, si scolaire que l’on a toujours une bonne longueur d’avance sur les événements. En revanche, Vandal possède une belle énergie dans sa mise en scène, que ce soit celle de ses jeunes comédiens, excellents, ou celle qui se dégage des scènes de graff, portées par une musique spatiale et emportées par l

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Avignon - Jour 2 - Tous azimuts

SCENES | "Ping Pang Qiu", "Orphelins" et "Concerto pour deux clowns".

Nadja Pobel | Vendredi 12 juillet 2013

Avignon - Jour 2 - Tous azimuts

Il nous a fallu laisser Angelica Liddell sur le côté pour enfin attaquer le Off du festival. Mais l'Espagnole n'est pas du genre qu'on oublie : récemment, son texte Belgrade avait résonné d'une manière absolument bouleversante au Théâtre des Ateliers,  grâce au collectif La Meute, et nous attendons depuis que cette création soit diffusée pour vous en parler plus longuement. À Avignon, elle met en scène ses propres textes, dont Ping Pang Qiu, dont le nom fait référence à la "diplomatie du ping-pong" - un échange de joueurs entre la Chine et les États-Unis dans les années 70, grâce auxquels les deux pays entretiennent depuis de bons rapports économiques, tant qu'il n'est pas question de droits de l'homme. Un travail documentaire à quatre voix, parfois trop délirant (le final où tout le monde se jette des nouilles chinoises à la figure) mais bien souvent instructif et intransigeant avec une Chine plus aimée que dénoncée.  De son côté, la comédienne Valérie Marinese, déjà aperçue au Théâtre de l'Elysée à Lyon joue dans Oprhelins, une très bonne pièce d'un dramaturge anglais contemporain, Den

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Cannes ou le petit air des (h)auteurs

ECRANS | Le festival de Cannes a à peine commencé, et il est déjà temps de pointer les déceptions et les bonnes surprises de sa sélection qui, une fois n’est pas coutume, ne sont pas là où on les attendait. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 17 mai 2013

Cannes ou le petit air des (h)auteurs

Bizarre, bizarre. Alors qu’on attaquait plutôt confiant ce 66e festival de Cannes, sa compétition nous a assez vite brinquebalé d’un sentiment à l’autre, au point de ne plus savoir dès le troisième jour à quel saint se vouer. Ainsi, que pouvait-on attendre du Gatsby le magnifique signé Baz Luhrmann en ouverture ? Pas grand-chose, sinon un film tapis rouge calibré pour monopoliser l’attention et garantir le minimum festif pour lancer la grand-messe cannoise. Surprise, Gatsby vaut infiniment plus que cela, et Luhrmann a réussi à s’emparer de manière fort pertinente du roman de Fitzgerald, cherchant à travers les ruptures de sa mise en scène à en capter les humeurs. De l’euphorie 3D pleine d’anachronismes pop de la première partie à la progressive nudité d’une seconde heure qui plonge dans le mélodrame, mais surtout dans le spleen et les regrets, Gatsby le magnifique enchante et déchante en deux temps et, bien sûr, beaucoup de mouvements — à commencer par ceux, parfaitement dosés, d’un impressionnant Leonardo Di Caprio. À l’inverse, on pouvait légitimement espérer de Fra

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Cannes - Jour 1 : attention ! film méchant…

ECRANS | "Heli" d’Amat Escalante

Christophe Chabert | Mercredi 15 mai 2013

Cannes - Jour 1 : attention ! film méchant…

Il y a du monde cette année à Cannes. L’explication facile serait de dire que la présence de Steven Spielberg comme président du jury et l’annonce d’une pléthore de stars dans les divers films de la compétition ont attiré le chaland. Il n’a pas été déçu par la disponibilité dudit Spielberg, qui signait des autographes à la sortie de la conférence de presse, puis par la classe internationale d’un Leonardo Di Caprio dont l’étoffe d’acteur mythique, à la hauteur d’un Pacino ou d’un De Niro, se peaufine film après film — et sa prestation grandiose dans Gatsby le magnifique le prouve encore. Il se trouve que, par ailleurs, il pleut cette année à Cannes. Et pas qu’un peu. Le souvenir du déluge tombé lors du premier dimanche de l’édition 2012 est dans toutes les têtes et les prévisions météo n’annoncent rien de bon pour les jours à venir. Le festivalier était donc déjà trempé jusqu’à l’os, et nous avons dû subir notre première longue queue au milieu d’une foule de parapluies serrés pour pouvoir accéder au  film en compétitio

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Mine de rien

ARTS | A l’occasion de deux expositions (Laurence Cathala à la Fondation Bullukian et "Le Dessin en couleurs" à la galerie Descours), nous avons voulu nous pencher sur le dessin. Le sujet est très à la mode, voire tarte à la crème. Aussi, pour lui redonner sa singularité, avons-nous donné la parole à plusieurs artistes lyonnais. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 18 avril 2013

Mine de rien

Dans une lettre datée du 8 septembre 1888, Vincent Van Gogh écrit : «Qu’est-ce que dessiner, comment y arrive-t-on ? C’est l’action de se frayer un passage à travers un mur de fer invisible qui semble se trouver entre ce que l’on sent et ce que l’on peut. Comment doit-on traverser ce mur ? Car il ne sert à rien d’y frapper fort. On doit miner le mur et le traverser à la mine, lentement et avec patience». Quand Christian Lhopital parle de la «légèreté du dessin», opposé au poids de la peinture, peut-être est-ce aussi pour ne pas frapper trop fort, asséner, aliéner. Même quand l’artiste lyonnais crée concrètement sur des murs, il préfère le crayon au pinceau, le jeu sur l’opposition de quelques valeurs plutôt que sur toutes les couleurs. «Un dessin ne doit jamais être lourd ou besogneux. Au fil du temps, l’habileté de la pratique nourrit cette entière liberté, cette puissance de possibilités de ce qui se passe sur l’espace blanc de la feuille de papier. Plus je dessine, plus je suis libre» dit-il. «Bing image à peine presque jamais une seconde temps sidéral bleu et blanc au vent »

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Elle greffe le rire à la nuit

ARTS | La galerie Jean-Louis Mandon présente une vingtaine de dessins, comme autant de nuits énigmatiques et ouvertes à l’éclosion de jours singuliers, de la jeune artiste lyonnaise Blanche Berthelier. Une très belle rencontre avec une œuvre en devenir. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 24 mars 2013

Elle greffe le rire à la nuit

«Travaux de liasse et de liesse, ils se délivrent selon la famine, selon l’altercation de mondes tournoyants qui s’engendrent, se détruisent… et si, de la fermentation de leurs grappes pressées surgit la foudre, elle greffe le rire à la nuit…» Citer Jacques Dupin (L’Ecoute) parce que c’est notre lecture du moment, citer Jacques Dupin parce qu’aussi nombre de ses poèmes résonnent étrangement avec les terres sombres, les mondes vibratiles, les grappes noires, les écorces et les nuits transfigurées que fait éclore puis, très vite, se refermer Blanche Berthelier dans ses dessins (au fusain ou à l’encre de Chine, sur de petits ou de grands formats). Après avoir fait gicler à grands traits de la peinture sur de grandes feuilles, dans des gestes explosifs et spontanés, l’artiste (vivant à Lyon et née en 1982) a voulu, plus patiemment, «faire apparaître des formes et des figures. Je ne sais pas ce que cela représente exactement et j’aime qu’on ait l’impression de reconnaître quelque chose sans savoir vraiment de quoi il s’agit. D’où l’importance aussi du noir et blanc qui fait immédiatement rupture a

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Coupable, forcément coupable…

ECRANS | En 1961, Elio Petri, jusqu’ici scénariste, signe son premier film en tant que réalisateur, L’Assassin. Débuts prometteurs, même si Petri n’a pas encore abouti (...)

Christophe Chabert | Jeudi 14 juin 2012

Coupable, forcément coupable…

En 1961, Elio Petri, jusqu’ici scénariste, signe son premier film en tant que réalisateur, L’Assassin. Débuts prometteurs, même si Petri n’a pas encore abouti pleinement ce qui fera par la suite la force de son cinéma. Un matin, la police vient arrêter Nello Poletti, antiquaire friqué, hautain et magouilleur (Marcello Mastroianni). On l’accuse du meurtre de sa maîtresse (Micheline Presle), mais lui clame son innocence. Ce pourrait être une fable kafkaïenne sur les méthodes arbitraires de la police (qui en prend pour son grade, toutefois), mais Petri et ses co-scénaristes (dont Tonino Guerra et Pasquale Festa Campanile) ont une autre idée en tête. Car si Nello est innocent du crime dont on l’accuse, chaque retour sur les lieux où il vécut cette liaison révèle une culpabilité plus profonde, plus morale : celle d’un possédant pour qui les femmes n’ont pas plus de valeur que les objets qu’il revend, et qui peuvent donc être sacrifiées si celles-ci troublent le cours de son existence. L’idée, très forte, de faire de Nello une victime (d’une machine étatique soucieuse d’efficacité) mais aussi un salaud forcé de reconnaître ses torts, circulera ensuite dans les

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Los Bastardos

ECRANS | D’Amat Escalante (Mexique, 1h30) avec Jesús Moisés Rodriguez, Rúben Sosa…

Christophe Chabert | Mardi 20 janvier 2009

Los Bastardos

Que nous vivions dans un monde pourri, violent, inégalitaire et ébranlé par les injustices économiques est un fait incontestable. Que l’on fasse des films qui n’ont pour unique but de nous mettre le nez dans cette merde-là est en revanche plus discutable. Escalante, après Sangre, semble décidé à faire un cinéma qui ne s’adresse qu’aux plus de 16 ans. Tant mieux, les mioches ont des œuvres plein les écrans et c’est marre. Mais le problème de Los Bastardos, c’est que ses plans composés avec méticulosité et lenteur pour décrire la misère et l’horreur, nous confine dans une posture voyeuriste avant de nous faire la leçon à coups de mère de famille fumant du crack, de crânes explosés et de clandestins exploités. Pléonasme achevé, Escalante, en disciple mexicain de Haneke et de Gaspar Noé, tire le rideau (rouge) et nous laisse les bras ballants et l’estomac retourné. A-t-on le droit de dire qu’on s’en fout ? Christophe Chabert

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L’Orphelinat

ECRANS | de Juan Antonio Bayona (Espagne, 1h47) avec Belen Rueda, Fernando Cayo…

Dorotée Aznar | Vendredi 29 février 2008

L’Orphelinat

Critique / Impossible de parler de L’Orphelinat sans évoquer son fulgurant succès public en Espagne : imaginez chez nous un film fantastique français trustant les hauteurs du box-office pendant de longues semaines, puis se retrouvant nommé dans toutes les catégories aux Césars ? Ce prodige-là est bien sûr le fruit d’une véritable culture du cinéma de genre local auprès des spectateurs, mais aussi du culot des producteurs et des distributeurs, associé au talent d’un jeune cinéaste de 32 ans qui, pour sa première œuvre, démontre une étourdissante maîtrise de la mise en scène. Certes. Mais L’Orphelinat est aussi la synthèse brillante et un peu facile de dix années de recherche où des cinéastes singuliers se sont réappropriés les codes du cinéma fantastique pour leur donner une nouvelle jeunesse. Cette relecture en forme de best of, Bayona prend soin de l’adresser, in fine, au plus large public, gommant le pessimisme qui règne en général dans le fantastique espagnol (mais on ne racontera pas la fin !). Il y a donc une mère et son fils dans une maison hantée, comme dans Les Autres ; des enfants fantômes qui communiquent avec des jeux effrayants comme d

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