Detective Dee 2

ECRANS | De Tsui Hark (Chine, 2h14) avec Mark Chao, William Feng…

Christophe Chabert | Mardi 15 juillet 2014

Le premier volet avait séduit par son alliance entre feuilleton à l'ancienne et démesure de l'action, se posant en pendant chinois d'Indiana Jones. On mesure pourtant, avec la sortie de ce deuxième épisode épuisant, ce qui déjà menaçait Tsui Hark : sa conversion au tout numérique et à la 3D. Loin de décupler les puissances chaotiques à l'œuvre dans ses classiques de l'ère argentique, elle en offre une caricature laide et boursouflée, rendant l'action illisible et mettant plus en valeur les effets spéciaux que les personnages ou l'intrigue.

Au bout de la trentième épée qui traverse l'écran de ses bords jusqu'à sa profondeur artificiellement recréée, on se demande vraiment qui peut encore être vraiment épaté par telle démonstration de technologie vaine et soulignée, que l'on peine à appeler spectacle ou mise en scène. Surtout que le film se paie le luxe d'un grand écart fatal entre ce côté dernier cri et une créature mi-homme mi-poisson qui renvoie plutôt aux nanars artisanaux des années 60 qu'aux superproductions actuelles.

C'est sans doute la grande différence entre Detective Dee et sa suite : là où Tsui Hark cherchait dans l'ampleur romanesque une profusion qui ferait le lien entre tradition et modernité, ce sont désormais les machines et les techniciens qui se chargent de la besogne. Devant un tel marasme, on se dit qu'il faut au plus vite organiser un Kodak-thon ou un Fuji-thon pour que cet immense cinéaste reprenne le chemin de la pellicule !

 

Christophe Chabert

Sortie le 6 août


Détective Dee II : La Légende du Dragon des Mers

De Tsui Hark (2h14) avec Mark Chao, William Feng, Carina Lau L’impératrice Wu règne sur la dynastie Tang aux côtés de l’empereur Gaozong. Elle envoie sa flotte vers l’empire Baekje afin de soutenir cet allié de longue date, envahi par le belliqueux empire Buyeo. Mais, juste après leur départ, les navires sont attaqués par une mystérieuse et gigantesque créature surgie du fond des mers.
Cinéma Opéra 6 rue Joseph Serlin Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Présages, faux mages et images : "Détective Dee 3 - La Légende des rois célestes"

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Présages, faux mages et images :

Mécontente que l’empereur ait confié une épée sacrée à Dee, l’impératrice charge une équipe de guerriers-magiciens de la lui subtiliser. Si leurs tentatives échouent, ils prennent un ascendant à la cour, au moment où s’abat sur le trône une menace conjuguant vengeance et sorcellerie… 3D, feux d’artifices, explosions, chatoiements d’étoffes, harmonies colorées, chorégraphies de haut vol… C’est à un flamboiement harkesque qu’il faut s’attendre. D’aucuns diront que c’était prévisible, mais il est toujours rassurant de voir ses attentes concrétisées, voire dépassées. Avec Détective Dee, Tsui Hark a trouvé un successeur de poids au Dr Wong pour ses sagas puisant dans l’histoire chinoise, et recarrossées en grand spectacles wu xia. L’importance du substrat historique n’a rien d’anodine. Il permet d’inscrire les aventures de Dee dans le riche passé glorieux de l’Empire, tout en explorant une zone particulière : le règne de Wu Zetian, unique impératrice chinoise ayant gouverné seule. Une parenthèse exceptionnelle autorisant d’autres singularités, à la lisière d

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Christophe Chabert | Mardi 16 juin 2015

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Depuis sa conversion au numérique, le génial Tsui Hark semblait avoir perdu la boussole de son cinéma, confondant effets spéciaux et mise en scène, ordonnancement du chaos et pure bouillie visuelle. De ce point de vue, La Bataille de la montagne du tigre est une bonne nouvelle : Hark parvient à garder une parfaite lisibilité des séquences tout en ne lésinant pas sur les capacités du virtuel et de la 3D. Il faut dire qu’au grand délire sériel de Detective Dee, il substitue ici un pur récit de guerre où, durant la guerre civile chinoise en 1946, une troupe de soldats tente de reconquérir une forteresse tenue par des bandits cruels et sans pitié. Le film avance ainsi comme une suite de morceaux de bravoure où tout fait spectacle : les combats bien entendu, réalisés avec une liberté totale, capables de concilier effets "bullet time" et découpage classique, mais aussi l’étonnant bestiaire de méchants, freaks aux corps difformes et aux looks improbables. Comme George Miller avec son

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Jerôme Dittmar | Jeudi 21 mars 2013

Made in Asia

Si l'âge d'or de la pépite venue d'Asie est depuis longtemps révolu, cette nouvelle édition d'Hallucinations Collectives offre malgré tout quelques titres à ne pas rater. Puisqu'on ne l'a pas vu, on ne dira rien de The Land of Hope, nouveau Sono Sion, auteur japonais à l'origine des iconoclastes Love Exposure ou Suicide Club. Présenté en avant-première, le film s'installe dans l'après Fukushima et promet un drame écolo-social sur fond de décors ravagés par le tsunami. Immanquable, Dragon Gate permettra lui de prendre des nouvelles de Tsui Hark, récemment revenu en forme avec Detective Dee après un gros passage à vide. Montré pour la première et dernière fois en France dans sa version 3D (il sortira ici en vidéo), le film pousse les expérimentations visuelles du hongkongais vers des cimes inédites. Celui qui autrefois renversait la géométrie euclidienne du plan et du montage s'attaque désormais au relief. Le résultat intrigue à défaut de révolutionner la technique, sans gâcher un pur film de sabre dans une tradition que l'auteur connait bien.

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Un peu vite transformé en auteur par l’intelligentsia française alors qu’il était avant tout un cinéaste mainstream aux mises en scène novatrices, Tsui Hark a connu un certain désamour dans les années 2000. Detective Dee devrait logiquement remettre les choses à leur place : si Hollywood a pillé son style et ses collaborateurs, Tsui Hark s’offre aujourd’hui le blockbuster que l’Amérique peine à réussir. Impossible, par exemple, de ne pas faire la comparaison avec le Sherlock Holmes de Guy Ritchie : on y trouve le même type de scénario à énigmes transplanté dans une reconstitution historique qui permet tous les délires numériques. Mais là où Ritchie n’arrive jamais à faire coïncider l’action et la progression de l’intrigue, adoptant une grammaire illisible d’un côté, plate de l’autre, Tsui Hark les imbrique par un geste baroque où tout est prétexte au spectaculaire, que ce soit une scène de combat, de comédie ou d’amour. Le gigantisme mégalo du film pourrait être sa faiblesse ; c’est au contraire sa raison d’être, la promesse d’un divertissement sans aucun temps mort. L’aventurier de l’Hark perdu Gigantisme : c’est justement l’érection d’un bou

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