La Vie très privée de Monsieur Sim

ECRANS | De Michel Leclerc (Fr, 1h42) avec Jean-Pierre Bacri, Mathieu Amalric, Valeria Golino…

Vincent Raymond | Mardi 15 décembre 2015

Strictement considéré comme un objet illustrant le principe de résilience, ce film présente au moins trois intérêts. D'abord, on y voit Bacri camper un dépressif doux en phase de reconstruction, passant une grande partie de son temps à raccommoder une enfance écorchée et à sourire — ce qui vaut d'être souligné.

Ensuite, Michel Leclerc remonte la pente après son tragique Télé Gaucho (2011), même s'il est encore loin d'avoir retrouvé le niveau du Nom des gens (2010). Laborieuse, sa convalescence emprunte ici le chemin d'une adaptation aux faux airs de polar métaphysique ; une sorte de roman d'apprentissage pour homme dans la force de l'âge, dont la tension se dissout, hélas, trop vite.

Enfin, sans rapport avec la première séquence, citation (volontaire ?) de Y a-t-il un pilote dans l'avion ? (1980), le troisième impact positif se borne à un constat : on ressort du film avec une mélodie entraînante de Vincent Delerm en tête. Tout arrive…


La Vie très privée de Monsieur Sim

De Michel Leclerc (Fr, 1h42) avec Jean-Pierre Bacri, Mathieu Amalric... Monsieur Sim n’a aucun intérêt. C’est du moins ce qu’il pense de lui-même. Sa femme l’a quitté, son boulot l’a quitté et lorsqu’il part voir son père au fin fond de l’Italie, celui-ci ne prend même pas le temps de déjeuner avec lui.
UGC Ciné-Cité Confluence 121 cours Charlemagne Lyon 2e
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Télé Gaucho

ECRANS | Visiblement, en France, il est impossible de transformer l’essai d’un succès (critique et public) surprise. Michel Leclerc vient s’ajouter à une liste déjà (...)

Christophe Chabert | Mardi 4 décembre 2012

Télé Gaucho

Visiblement, en France, il est impossible de transformer l’essai d’un succès (critique et public) surprise. Michel Leclerc vient s’ajouter à une liste déjà longue (et pas encore close cette année…) de cinéastes trop confiants qui tentent de retrouver un esprit qu’ils réduisent à une formule creuse. Reprenant l’équation politique + romantisme + fantaisie de son Nom des gens, il la métamorphose en bouillie informe, scénaristiquement décousue, filmée n’importe comment, où l’humour pèse des briques et où les sentiments ont l’air fabriqués comme jamais. On suit donc le parcours d’un naïf qui, délaissant son stage chez TF1 (mais ce n’est pas TF1) pour aller faire ses classes dans la télé libre (Télé Bocal est devenue Télé Gaucho), y croise de vrais gens passionnés, sincères et de gauche, avec tout ce que cela implique de purisme et de prise de courge sur celui qui a la plus grosse conscience militante. Probablement autobiographique, le film est surtout incroyablement égocentrique : Leclerc fait la voix-off, chante en live et au générique

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Le Nom des gens

ECRANS | Il s’appelle Arthur Martin, c’est un quinquagénaire spécialiste du principe de précaution, autopsiant des oiseaux pour voir s’ils sont touchés par la grippe (...)

Christophe Chabert | Mardi 16 novembre 2010

Le Nom des gens

Il s’appelle Arthur Martin, c’est un quinquagénaire spécialiste du principe de précaution, autopsiant des oiseaux pour voir s’ils sont touchés par la grippe aviaire. Elle s’appelle Bahia Benmahmoud, elle est dans la vingtaine et couche avec des gens de droite pour les convertir à ses idées de gauche, héritage d’une complexe ascendance familiale. Ils se rencontrent au cours d’un direct sur "France Inter", ils ne se quitteront plus et les années qu’ils passent ensemble à l’écran sont celles que nous, spectateurs français, avons traversées. C’est l’énorme qualité, de celles qu’on n’attendait plus dans le cinéma hexagonal, du "Nom des gens" : parler d’une époque à travers le destin de deux personnages qui épousent (mais pas complètement, Michel Leclerc ayant l’intelligence de ne rien rendre mécanique dans son scénario) les soubresauts politiques du pays. Dans sa confession initiale, Arthur dit qu’il est «jospiniste», autrement dit coincé, modéré, austère, croyant dans les idées plus que dans la communication. Pour Bahia, être de droite, c’est être un «facho», mais personne n’est irrécupérable tant qu’on sait utiliser les bons arguments. Leclerc va fouiller dans leur passé les racine

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