Steve Jobs : iBiopics et colégram

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Photo : © Magnolia Pictures


Mélange de coups d'éclats, d'échecs cinglants, d'incessantes résurrections professionnelles et de drames personnels, la vie du fondateur d'Apple était de nature à inspirer les esprits romanesques — d'autant plus titillés par son culte maladif du secret et son art consommé d'une communication maîtrisée. Hollywood ne pouvait rester indifférent à cette poule aux œufs... ou plutôt aux pommes d'or.

Le petit écran fut le premier à s'intéresser au phénomène, avec Les Pirates de la Silicon Valley (1999) de Martin Burke, tourné juste après le retour gagnant de Jobs aux manettes de la firme de Cupertino. Racontant sur un mode semi-drolatique l'émergence d'une nouvelle industrie, ce téléfilm se centre sur le portrait croisé des deux frères ennemis Bill Gates (Anthony Michael Hall) et Steve Jobs (Noah Wyle, le Dr Carter de la série Urgences). L'original apprécia tellement la performance qu'il invita Wyle à l'imiter à ses côtés, sur la scène de l'Apple Expo 2000.

Jobs eut aussi droit à de nombreuses parodies ; la plus fameuse sous les traits de Steve Mobbs, patron de Mapple en 2008 dans l'épisode Les Apprentis Sorciers de la série Les Simpsons. Justin Long, interprète des pubs Get a Mac proposera la sienne dans une “biographie humoristique“, iSteve (2013), de Ryan Perez.

DEUS EX MACINTOSH

Le décès de Jobs, au terme d'une maladie dont la progression, scrutée par le monde entier et mesurée à chacune de ses (plus en plus rares) apparitions, constitua une apothéose dramatique… et augmenta considérablement le désir de l'immortaliser. Premier à dégainer la caméra, alors que le corps était encore tiède, Joshua Michael Stern pour jOBS (2013). Dans le rôle-titre, Ashton Kutcher, un comédien habitué aux bluettes romantiques, dont l'intérêt pour les nouvelles technologies n'était cependant pas feint (il est célèbre pour avoir investi à titre personnel des millions de dollars dans plusieurs start-up telles que Skype, Foursquare, Airbnb, Path), désireux de rendre hommage à son démiurge préféré. D'une facture sage et classique, ce biopic lisse et plutôt hagiographique (en tout cas, peu embarrassant) visait la ressemblance plus que la vraisemblance.

Reste un documentaire, Steve Jobs : The Man in the Machine (2015) de Alex Gibney, pour l'instant inédit et non daté en France. À la fois synthétique et critique — sans être une charge univoque —, foisonnant d'interviews, il s'agit pour l'heure de l'étude la plus approfondie du caractère si riche et paradoxal d'un entrepreneur qui se rêvait artiste et ascète. Sa conclusion élucide Jobs : « Il avait la concentration d'un moine, mais pas l'empathie ; il nous a offert la liberté, à l'intérieur d'un jardin dont il conservait la clef » VR


Steve Jobs

De Danny Boyle (ÉU, 2h02) avec Michael Fassbender, Kate Winslet... Dans les coulisses, quelques instants avant le lancement de trois produits emblématiques ayant ponctué la carrière de Steve Jobs, du Macintosh en 1984 à l’iMac en 1998, le film nous entraîne dans les rouages de la révolution numérique pour dresser un portrait intime de l’homme de génie qui y a tenu une place centrale.
UGC Astoria 31 cours Vitton Lyon 6e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Hello, Goodbye, Hello : "Yesterday"

Comédie | Un musicien sans succès se retrouve seul au monde à connaître le répertoire des Beatles et se l’approprie : sa vie change alors radicalement. Après Steve Jobs, Danny Boyle reste dans l’univers Apple pour cette fable morale, musicale, nostalgique aux inspirations multiples…

Vincent Raymond | Mardi 2 juillet 2019

Hello, Goodbye, Hello :

Jack Malik a du succès à la guitare auprès de ses amis ; un peu juste pour vivre de ses chansons. Une nuit, un accident mystérieux le laisse le visage en vrac et riche d’un trésor : il s’est réveillé dans un monde où les Beatles n’ont jamais existé. Et lui seul connaît leurs chansons… Quel musicien, n’a jamais rêvé (ou cauchemardé) connaître le sort de Jack Malick ? Puisque les Beatles, aux dires de Lennon en 1966, étaient « plus populaires que Jésus », cela équivaudrait-il à se retrouver en position mosaïque, recevant les Tables de la Loi ? Débordant largement du registre musical, l’influence du groupe a été — et demeure — telle dans la culture contemporaine pop que son effacement pourrait légitimement causer un hiatus civilisationnel. Le postulat de départ est intellectuellement séduisant et surtout réjouissant pour les amateurs des Quatre de Liverpool. Ils savourent non seulement la renaissance du catalogue entier, mais ont droit en bonus à des surprises moins prévisibles et plus authentiquement émouvantes que celles parfumant d’habitude les biopics musicaux.

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Paul Maréchal : « il est rare de voir autant de travaux de graphisme de Warhol réunis dans un même endroit »

Andy Warhol Ephemera | Andy Warhol est l'un des artistes les plus prolifiques qui ait existé, notamment par son activité commerciale qu'il n'a jamais cessée et encore moins dénigrée. En découle une importante production d'affiches, éditions, emballages et autres créations éphémères, morceaux du quotidien qui nourrissent notre regard. Entretien avec le collectionneur qui a permis l'exposition actuellement en cours au Musée de l'Imprimerie, Paul Maréchal.

Lisa Dumoulin | Mardi 27 mars 2018

Paul Maréchal : « il est rare de voir autant de travaux de graphisme de Warhol réunis dans un même endroit »

Pourquoi exposer Warhol au Musée de l’Imprimerie ? Paul Maréchal : Ce qui me frappe le plus dans cette exposition, c’est la variété et la destination des supports des œuvres qui sont présentées. Le premier mur en est un exemple tout à fait éloquent : vous avez un projet d’étiquette de vin, une couverture de livre, un article de magazine, une pochette de disque, une affiche de film, une invitation à une fête privée. Ça donne le ton ! Ce travail de graphisme chez Warhol dont tout le génie créateur est basé sur l’imprimé, trouve une place toute naturelle dans le Musée de l’Imprimerie de Lyon, ça devait arriver un jour où l’autre (rires). Les douze premières années de sa carrière sont consacrées à l’illustration de magazine. Il comprend ce qu’est le travail d’équipe et va répliquer ce modèle dans son atelier, la Factory, sauf que ce sera son projet artistique. Et même à la Factory, il va publier un magazine, Interview. Il est rare de voir autant de travaux de graphisme de Warhol réunis dans un même endroit. J’aime beaucoup cet autoportrait qu'il a fait à l’aide d’un photoco

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"T2 Trainspotting" : le retour des héro(ïnomane)s

Critique | Vingt ans après avoir entubé son monde, Mark règle ses dettes avec les intérêts. Quant à Danny Boyle, il fait sagement fructifier le capital sympathie de ses défoncés en dealant du shoot visuel et sonore aux quadras nostalgiques de leurs vingt ans. Une honnête rechute.

Vincent Raymond | Mardi 28 février 2017

Saisi par le remords (entre autres impérieuses raisons), Mark Renton quitte sa planque d’Amsterdam et retourne à Édimbourg où Sick Boy semble prêt à tout lui pardonner, à condition qu’il l’aide à ouvrir un bordel. Mais le pire est à craindre : Begbie s’est évadé de prison… Souvent, la suite tardive d’un succès “générationnel” se révèle honteuse ou paresseuse — on s’abstiendra, par charité, de rappeler les exemples des Inconnus, des Bronzés, de Trois Hommes et un couffin ou de tant d’autres merveilles. Montées pour de mauvaises raisons (aisément d€vinab£€$), elles déçoivent leurs fans transis, qui n’osent pas s’avouer désappointés devant le naufrage de leurs illusions. Sans scintiller ni déchoir, Trainspotting 2 peut se targuer d’être une “bonne” suite. On se ca(l)me ! Boyle donne ce qu’ils attendent à ses clients : il prolonge les péripéties de sa bande presque assagie de junkies en usant d’une intriguette prétexte à une suite de sketches parfois réussis — la méthode a jadis fait ses preuves dans les Don Camillo. Il ne se risque pas à la surenchère trash ou dest

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Culture interface : le futur au musée

ARTS | Le film Steve Jobs présente l’éphémère concept NeXTCube, une unité centrale bien nommée, aux dimensions inégales afin de corriger la perspective et d’offrir (...)

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Culture interface : le futur au musée

Le film Steve Jobs présente l’éphémère concept NeXTCube, une unité centrale bien nommée, aux dimensions inégales afin de corriger la perspective et d’offrir l’illusion d’une régularité parfaite. Une trouvaille de ce maniaque de Jobs. Obsédé par la symétrie, l’efficacité du trait, il permit à Apple de trouver un second souffle salvateur en lançant au tournant du XXIe siècle des ordinateurs à la robe acidulée et translucide, tranchant avec le beige ayant prévalu jusqu’alors. C’est grâce au mix entre un design attractif et la technologie intuitive des écrans tactiles que sa société régna sur le marché des smartphones dès 2007, devenant la première capitalisation boursière mondiale. Pas étonnant de retrouver aujourd’hui les fameux mobiles parmi les objets sélectionnés par Nicolas Nova comme représentatifs de cette Culture Interface, l’exposition de la Cité du Design dont il est le commissaire et qui célèbre les influences réciproques entre science-fiction et numérique. HOMO TECHNICOLOGICUS Organisée par îlots (réalité augmentée, visiocasques, surfaces interactives, montres intelligentes…) et décorée de schémas de br

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Pomme Star : Danny Boyle fait le Jobs

ECRANS | Après s’être égaré en racontant les tribulations gore d’un randonneur se sciant le bras pour survivre (127 heures), Danny Boyle avait besoin de se rattraper. Le natif de Manchester fait le job avec une évocation stylisée du patron d’Apple, première super-pop-star économique du XXIe siècle.

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Pomme Star : Danny Boyle fait le Jobs

« Penser différent »… Érigé en précepte par Steve Jobs lui-même, le slogan exhortant à la rupture créative et intellectuelle semble avoir guidé le scénariste Aaron Sorkin et le réalisateur Danny Boyle dans ce travail autour de la biographie (autorisée) du charismatique fondateur d’Apple, pavé signé Walter Isaacson détaillant par le menu l’existence de Jobs, listant les innovations à mettre à son actif - un livre paru en France en 2011 chez JC Lattès. L’un et l’autre ont emprunté un chemin de traverse, ne se lançant pas dans une illustration chronologique standard visant l’exhaustivité en suivant le sempiternel et prévisible "sa vie, son œuvre". Jobs ayant été, au-delà de toutes les controverses, une manière de stratège imposant sa vision d’une réalité distordue, modelant finalement la réalité à ses désirs, Sorkin et Boyle lui ont taillé un écrin biographique hors-norme. Pour le cinéaste, cela passait par l’abandon de marques de fabrique virant au tic, comme les effets de montage épileptoïdes ou le recours à une bande originale utilitaire, marqueur temporel ou folklorique. Pour l’auteur du script, par la conception d’une sorte

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Rentrée cinéma 2016 : une timide bobine ?

ECRANS | Après une année cinématographique 2015 marquée par une fréquentation en berne —plombée surtout par un second semestre catastrophique du fait de l’absence de films qualitatifs porteurs —, quel sera le visage de 2016 ? Outre quelques valeurs sûres, les promesses sont modestes…

Vincent Raymond | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée cinéma 2016 : une timide bobine ?

L’an dernier à pareille époque se diffusaient sous le manteau des images évocatrices illustrant la carte de vœux de Gaspar Noé et extraites de son film à venir, Love ; le premier semestre 2015 promettait d’être, au moins sur les écrans, excitant. Les raisons de frétiller du fauteuil semblent peu nombreuses en ce janvier, d’autant que, sauf bonheur inattendu, ni Desplechin, ni Podalydès, ni Moretti ne devraient fréquenter la Croisette à l’horizon mai — seul Julieta d’Almodóvar semble promis à la sélection cannoise. Malgré tout, 2016 recèle quelques atouts dans sa manche… Ce qui est sûr... Traditionnellement dévolu aux films-à-Oscar, février verra sortir sur les écrans français The Revenant (24 février) de Iñarritu, un survival dans la neige et la glace opposant Tom Hardy (toujours parfait en abominable) mais surtout un ours à l’insubmersible DiCaprio. Tout le monde s’accorde à penser que Leonardo devrait ENFIN récupérer la statuette pour sa prestation — il serait temps : même Tom Cruise en a eu une jadis pour un second rôle. S’il n’est pas encore une fois débordé par un outsider tel que

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Tours de force

CONNAITRE | Eddy Merckx et Lance Armstrong sont sans doute les deux coureurs cyclistes les plus haïs de l’Histoire. Coupables de trop gagner pour l’un, de trop et (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 mars 2014

Tours de force

Eddy Merckx et Lance Armstrong sont sans doute les deux coureurs cyclistes les plus haïs de l’Histoire. Coupables de trop gagner pour l’un, de trop et de mal gagner pour l’autre. Si La Course en tête, le curieux et rarissime documentaire de Joël Santoni sur la saison 1973 de Merckx, contribue à humaniser (sa famille, ses faiblesses, ses doutes, la détresse de ses – rares – défaites) "L’Ogre de Tervuren", il en fait aussi un objet de fascination, le filmant – musique comprise – comme un chevalier médiéval toujours sur le chemin de la guerre. Ce genre d’image, Lance Armstrong a échoué à la construire durablement. C’est cette déconstruction du mythe basé sur un mensonge lui-même basé sur un mythe que The Armstrong Lie, d’Alex Gibney, parti pour être un documentaire sur le comeback du septuple vainqueur du Tour en 2009, va finalement montrer. Tout part de ce cancer qui, en 1996, transforme le destin d’un jeune coureur fougueux en récit initiatique tel que les studios américains n’osaient le rêver. «Ma lutte contre le cancer était comme une compétition d’athlétisme. Soit on gagne, soit on perd. Si on perd, on meurt. J’ai injecté cette pe

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Trance

ECRANS | De Danny Boyle (Ang, 1h35) avec James MacAvoy, Vincent Cassel, Rosario Dawson…

Christophe Chabert | Mardi 23 avril 2013

Trance

La dégringolade continue pour Danny Boyle depuis qu’il n’a plus son scénariste Alex Garland a ses côtés. Après l’agaçant 127 heures, le voilà qui se fourvoie dans Trance, nanar improbable qui, à force de vouloir manipuler le spectateur, se perd lui-même dans son labyrinthe d’intrigues où un commissaire-priseur (MacAvoy) se fait hypnotiser par une médecin charmante (Rosario Dawson) pour retrouver la mémoire et, partant, le tableau de Goya qu’il a subtilisé au nez et à la barbe des voleurs avec qui il s’était associé (Vincent Cassel joue le chef). À partir de là, c’est du grand n’importe quoi, avec une mise en scène clipée sur fond de techno, des choix de production ringards, des incohérences à la pelle et surtout une avalanche de twists même pas amusants. Il suffit de dire que l’un d’entre eux, crucial pourtant, repose sur le rasage d’une toison pubienne, pour mesurer l’ampleur de la cata. Certes, cela conduit à une magnifique nudité frontale comme on en voit peu par les temps puritains qui courent. N’

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127 heures

ECRANS | De Danny Boyle (ÉU-Ang, 1h35) avec James Franco…

Christophe Chabert | Mercredi 16 février 2011

127 heures

Privé du souffle romanesque et euphorique qui faisait oublier les tics cinématographiques de "Slumdog Millionnaire", Danny Boyle se plante en beauté avec "127 heures". L’histoire vraie d’Aron Ralston, amateur de sports extrêmes coincé pendant cinq jours dans une crevasse, la main bloquée par un lourd rocher, devient à l’écran une centrifugeuse à images dont le but ultime est de ne pas assumer qu’il ne se passe rien à l’écran — et pas beaucoup plus dans la tête de son personnage. Comme si Sofia Coppola avait fait de "Somewhere" un reportage de "50 minutes inside" ! Boyle filme tout, dans toutes les positions, avec toutes les caméras disponibles, sauf… le calvaire de son héros et la performance de son acteur, ce qui pourtant constituait l’intérêt majeur du projet. À la place, on a droit à des plans récurrents sur des montres ou à l’intérieur d’une gourde, des travellings aériens traversant des centaines de kilomètres, des flashbacks sur des partouzes dans lesquelles on ne voit pas un seul sein (du puritanisme pur, car quand il s’agit de montrer Aron se sectionnant le bras, Boyle se délecte d’images gore !), et des séquences d’hallucinations pour, au propre comme au figuré, noyer l

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Slumdog millionaire

ECRANS | Cinéma / Avec beaucoup d’audace, d’enthousiasme et une absence d’ironie salutaire, Danny Boyle réussit un mélodrame indien drôle et émouvant, mélange de naïveté et de scepticisme. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 30 décembre 2008

Slumdog millionaire

Un Anglais en goguette à travers l’Inde pour y filmer le parcours, ô combien improbable, d’un gosse des bidonvilles qui touche le jackpot à Qui veut gagner des millions ? Autant dire qu’il faut quelques minutes pour perdre son scepticisme face à Slumdog millionaire, nouveau film de Danny «Trainspotting» Boyle. D’autant plus que le récit, déconstruit à partir des questions posées dans l’émission, et une mise en scène bourrée d’effets dopée à la musique branchée, ont tendance à donner le tournis, sinon la nausée. Temps d’acclimatation nécessaire donc, comme si Boyle propulsait l’Occidental que nous sommes sans boussole dans l’Inde contemporaine, son bruit et sa fureur, ses pauvres très pauvres et ses puissants très corrompus. La première bouée à laquelle on se raccroche, c’est le thème qui travaille le cinéaste depuis ses débuts : le conflit entre la volonté d’un individu et son désir de se fondre dans une communauté. Jamal, gosse des rues de Mumbai, s’en trouve une après l’assassinat de sa mère : son frère aîné, une jeune fille dont il tombe amoureux, puis d’autres gamins perdus, descendants conjoints des Olvivados et des kids des favelas dans La Cité de Dieu (film que Boyle a ma

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28 semaines plus tard

ECRANS | Juan Carlos Fresnadillo réussit l'exploit de surclasser son modèle, et teinte la franchise horrifique initiée par Danny Boyle de fines touches séditieuses, au service d'un habile renouvellement du genre. François Cau

Christophe Chabert | Mercredi 26 septembre 2007

28 semaines plus tard

28 jours plus tard démarrait sur les chapeaux de roue. Une bande "d'éco-terroristes" libéraient un cobaye simiesque porteur d'un virus rabique d'une violence démesurée, tandis que le personnage de Cillian Murphy sombrait dans le coma pour se réveiller dans une Londres désertique, qu'il arpentait, hagard, sur une musique signée Godspeed You ! Black Emperor. La séquence, magnifique, posait les jalons d'une œuvre aux influences digérées, transposée avec un art consommé du désespoir dans l'Angleterre paranoïaque et sécuritaire à outrance d'aujourd'hui. Le prologue du film de Juan Carlos Fresnadillo le classe directement au niveau de son prédécesseur : assiégé, un couple tente de fuir la maison où il se cachait. Le mari, Don (génial Robert Carlyle) parvient à s'échapper en laissant son épouse derrière lui. Une fuite éperdue, rythmée par un superbe morceau de John Murphy qui servira de leitmotiv sonore aux scènes de panique, où la mise en scène déploie son efficacité redoutable. Un acte fondateur empreint de lâcheté, qui signe la destinée funeste des personnages, de l'Angleterre, voire du monde. États sauvages Le réalisateur et ses co-scénaristes signifient dès le départ leur argument

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