"Voir du pays" : réparer les survivantes

Vincent Raymond | Mardi 6 septembre 2016

Photo : © DR


De retour d'une opération traumatisante en Afghanistan, un contingent de bidasses fait escale dans une résidence hôtelière à Chypre, histoire de procéder à un “débriefing” collectif. Perturbés par les touristes autant que par les sessions de reconditionnement psychologique, certains soldats, en particulier les engagées, reconsidèrent leur place sous les drapeaux…

C'est une armée de métier pas franche du collier — pléonasme ? — qui est ici décrite. Pour gommer ses bévues et échecs, elle fait preuve d'un raffinement suprême en usant d'une méthode de coercition psychique et non physique (donc, ne laissant pas de traces) déguisée en programme d'aide. Une opération blanche, puisqu'elle se montre par ailleurs incapable de gérer la mixité dans ses troupes, révélant que le pire danger pour des soldates, ce n'est pas le front, mais leur promiscuité avec leurs “frères” d'armes…

Une démonstration un brin pesante pour une issue ne faisant aucun doute dès les premiers plans : l'apathie de la hiérarchie bloquée sur son joujou numérique, les images folkloriques des nuits chypriotes, le côté hommasse surjoué des troufionnes… Tout cela marche un peu trop au pas. Rompez !

Voir du pays de Delphine & Muriel Coulin (Fr, 1h42) avec Soko, Ariane Labed, Ginger Romàn…


Voir du pays

De Delphine Coulin et Muriel Coulin(Fr, 1h42) avec Soko, Ariane Labed... Deux jeunes militaires, Aurore et Marine, reviennent d’Afghanistan. Avec leur section, elles vont passer trois jours à Chypre, dans un hôtel cinq étoiles, au milieu des touristes en vacances, pour ce que l’armée appelle un sas de décompression, où on va les aider à « oublier la guerre ». Mais on ne se libère pas de la violence si facilement…
UGC Ciné-Cité Confluence 121 cours Charlemagne Lyon 2e
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Vincent Segal fait salon

MUSIQUES | D'une pierre deux coups, d'un concert deux rêves, c'est ce que réalisent cette année les Nuits de Fourvière en inauguration de ces Salons de musique, qui du (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 18 juin 2019

Vincent Segal fait salon

D'une pierre deux coups, d'un concert deux rêves, c'est ce que réalisent cette année les Nuits de Fourvière en inauguration de ces Salons de musique, qui du 23 juin au 11 juillet offriront comme un genre de programmation parallèle au festival, entre l'Odéon, la Salle Molière et l'Opéra de Lyon. D'abord, il s'agissait d'exaucer le désir du violoncelliste protée Vincent Segal (révélé avec Bumcello et capable d'accompagner Enrico Macias et Susheela Raman, M et Mayra Andrade, Blackalicious et Agnès Jaoui) de proposer un autre genre de performance que celles régulièrement livrées par lui entre les marches des deux théâtres antiques, autour de quelques amis musiciens échangistes et sans amplification. Un salon de musique en somme. Ensuite, pourquoi pas en profiter pour fêter ainsi en grande pompe mais en toute modestie, les quinze ans du label No Format, fondé en 2004 par Laurent Bizot, défenseur des musiques singulières, immatures, métissées et improvisées, qui accueillit les premiers pas en piano solo de Gonzales,

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Michael Fassbender

ECRANS | Êtes-vous adepte des jeux vidéo ? Je ne suis pas un gamer, mais je me suis mis à Assassin’s Creed après avoir accepté d’entrer dans ce projet — par respect (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 décembre 2016

Michael Fassbender

Êtes-vous adepte des jeux vidéo ? Je ne suis pas un gamer, mais je me suis mis à Assassin’s Creed après avoir accepté d’entrer dans ce projet — par respect pour les gens d’Ubisoft d’une part, de l’autre parce que j’avais envie de connaître ce monde qu’ils avaient créé et qu’ils m’avaient tellement bien expliqué. Pour m’inspirer également de la “physicalité” du personnage que je devais interpréter, dans ses mouvements pour les combats, dans sa pratique du parkour… Mais je ne suis pas le seul à m’être totalement immergé dans cet univers : ma partenaire de jeu Ariane Labed a été plutôt hardcore dans sa préparation : elle allait tellement fort dans les combats avec les cascadeurs qu’elle a fini avec la main en sang ! Votre personnage est amené à puiser au fond de sa “mémoire génétique”. Avez-vous déjà éprouvé ce besoin pour un rôle ? Je suis pas sûr que cela soit le cas. En général, j’interprète à l’écran des personnages existant ou ayant existé ; je puise alors des informations sur eux en regardant des vidéos sur Youtube ou en lisant des livres qu’ils ont écrits, pour avoir

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La Danseuse

ECRANS | Rétablir dans sa vérité Loïe Fuller, l’une des fondatrices de la danse contemporaine injustement éclipsée par la postérité d’épigones plus charismatiques — ou plus (...)

Vincent Raymond | Mardi 27 septembre 2016

La Danseuse

Rétablir dans sa vérité Loïe Fuller, l’une des fondatrices de la danse contemporaine injustement éclipsée par la postérité d’épigones plus charismatiques — ou plus rouées, à l’image d’Isadora Duncan —, tel était le propos de Stéphanie Di Giusto. Une démarche louable et sincère… pour un résultat un peu bancal. Certes, la cinéaste mène à bien sa mission réhabilitation : Fuller ressort du film auréolée d’un statut de première artiste multimédia du XXe siècle ; d’instinctive de génie ayant su mêler spectacle vivant, sons et lumières avec un perfectionnisme confinant à la folie — le fait que la polyvalente (et gentiment… azimutée) Soko l’incarne contribue à dessiner la silhouette d’une créatrice éprise autant d’absolu que du désir de bouger les lignes. Mais la réalisation manque d’une audace à la hauteur du personnag

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La Danseuse

ECRANS | Au lendemain de l’ouverture de la 17e Biennale lyonnaise, la danse s’insinue partout, y compris au cinéma avec l’avant-première du premier long-métrage de (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 septembre 2016

 La Danseuse

Au lendemain de l’ouverture de la 17e Biennale lyonnaise, la danse s’insinue partout, y compris au cinéma avec l’avant-première du premier long-métrage de Stéphanie Di Giusto, La Danseuse. Retraçant la carrière de Loïe Fuller, célèbre pour ses chorégraphies serpentines et ses voiles virevoltants, il narre aussi sa relation passionnée avec sa future rivale, Isadora Duncan. La projection se fera en présence de la cinéaste et de l’interprète du rôle-titre, Soko. Au Pathé Bellecour le jeudi 15 septembre à 20h30

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Terry Riley prend un ticket pour l'Africa Express

MUSIQUES | Terry Riley est une figure de la musique minimaliste dont l'œuvre emblématique reste sans aucun doute la transcendante pièce In C, composée en 1964 en (...)

Sébastien Broquet | Mardi 21 juin 2016

Terry Riley prend un ticket pour l'Africa Express

Terry Riley est une figure de la musique minimaliste dont l'œuvre emblématique reste sans aucun doute la transcendante pièce In C, composée en 1964 en Californie et régulièrement interprétée depuis. Écrite pour 35 musiciens, potentiellement plus ou moins, elle est particulière dans le sens où elle laisse une grande liberté d'improvisation : elle est composée de 53 motifs qui doivent être joués dans l'ordre et répétés par tous les interprètes, mais ces derniers choisissent le nombre de fois où ils répètent chacun des phrasés, et ils doivent parfois s'interrompre pour écouter l'ensemble avant de reprendre. De plus, tous les instruments sont les bienvenus. Comme une impression d'infini, d'état onirique après des heures dans un train lancé au mitan de paysages inconnus, qui influença grandement le krautrock (cf. le E2-E4 de Manuel Göttsching). À la lecture de cette introduction, l'on saisit aisément tout l'intérêt du voyage effectué sur le continent africain par cette pièce historique : comme un retour aux sources de la m

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Dhafer Youssef au musée des Confluences

MUSIQUES | S'il est né en Tunisie en 1967, il est fort difficile de résumer Dhafer Youssef à une origine ou à une époque : ce joueur de oud virtuose s'ingénie au (...)

Sébastien Broquet | Mardi 26 avril 2016

Dhafer Youssef au musée des Confluences

S'il est né en Tunisie en 1967, il est fort difficile de résumer Dhafer Youssef à une origine ou à une époque : ce joueur de oud virtuose s'ingénie au fil des années à brouiller les pistes et à marier les répertoires, naviguant d'un monde à l'autre, d'un continent au suivant. Même quand on l'invite pour un concert comme le fait le musée des Confluences, le Tunisien multiplie les perspectives : car ce n'est pas moins de trois concerts qu'il offre à ceux qui sont aussi curieux que lui. Outre celui en compagnie de Dave Holland ce mardi, le voici se présentant ce jeudi pour un voyage aux confins de la Perse et surtout une exceptionnelle rencontre avec son ami Ballaké Sissoko le samedi 30, pour une virée dans les contrées des griots. Avec ce maître malien de la kora, connu aussi pour ses collaborations en compagnie de Vincent Ségal, l'accord s'annonce parfait d'autant que le Norvégien Eivind Aarset les épaulera solidement. Grand moment en perspective pour amoureux de musiques sans étiquette.

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Total look Cure

MUSIQUES | Soko se dit à ce point hyper-sensible qu'en réaction on finit par être hyper-sensible à son hyper-sensibilité de jeune femme/artiste torturée qui semble crier au (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 10 mars 2015

Total look Cure

Soko se dit à ce point hyper-sensible qu'en réaction on finit par être hyper-sensible à son hyper-sensibilité de jeune femme/artiste torturée qui semble crier au loup pour qu'on la regarde. Il n'en demeure pas moins que c'est dommage : car aussi agaçant que soit le personnage, l'"artiste", elle, n'a pas besoin de ça pour exister. Après I Thought I Was an Alien, qui l'avait fait plus que remarquer, Soko, également comédienne, avait laissé entendre qu'elle arrêtait la musique – un musicien qui déclare qu'il va arrêter est à peu près aussi crédible qu'un Jean-Michel Aulas affirmant intransférable sa star du moment, des dollars plein les yeux. Elle n'en a rien fait ou plutôt si, puisqu'elle en fait une autre, de musique : du folk façon "chaton violent", Soko est passée à la new-wave tubesque, Echo & The Bunnymen, The Cure (ses idoles) et Siouxsie sont entrés dans sa tête (qu'elle a aujourd'hui peroxydée façon Blondie). Une approche pas si saugrenue : là où son folk était très ancré dans le présent, son présent, ici Soko se soigne en regardeant en arrière et se glisse donc dans le costume ad hoc de sonorités eighties, celle

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Fidélio, l’odyssée d’Alice

ECRANS | "Une fille dans chaque port" : c’est une devise des marins, et elle en dit long sur l’univers hautement viril qui règne au sein des équipages. Fidélio, (...)

Christophe Chabert | Mardi 23 décembre 2014

Fidélio, l’odyssée d’Alice

"Une fille dans chaque port" : c’est une devise des marins, et elle en dit long sur l’univers hautement viril qui règne au sein des équipages. Fidélio, premier long de Lucie Borleteau, vient mettre un bon coup de girl power dans ce petit monde, en propulsant la trentenaire Alice sur un cargo pour une mission de trois mois en tant que mécanicienne. À terre, elle a laissé son copain Felix — Anders Danielsen Lie, le héros d’Oslo 31 août ; à bord, elle retrouve son grand amour, Gaël, capitaine du Fidélio — Melvil Poupaud. Le féminisme du film n’a pourtant rien d’un chemin de roses : Alice doit d’abord s’imposer face à des marins en manque, pensant trouver en elle une proie facile. Sa stratégie est double : d’un côté, marquer ses distances, de l’autre, jouer d’égale à égaux, quitte à accepter certaines coutumes très masculines — un boy black "offert" pour son anniversaire au cours d’une escale. Vient aussi se greffer le souvenir du mécanicien précédent, mort dans des circonstances troubles, dont le journal intime révèle ses failles affecti

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UN CNSMD sans frontière

MUSIQUES | Pour la cinquième édition de ses "nuits festives", le Conservatoire Supérieur de Musique et de Danse de Lyon entend nous faire passer une "Nuit (...)

Pascale Clavel | Mardi 4 novembre 2014

UN CNSMD sans frontière

Pour la cinquième édition de ses "nuits festives", le Conservatoire Supérieur de Musique et de Danse de Lyon entend nous faire passer une "Nuit transfrontalière" qui s'annonce étonnante. Et adresse là, en ces temps où les frontières ont plutot tendance à se fermer, un message quasi politique – qu'elle répètera à deux reprises ultérieurement dans la saison, articulant chaque soirée comme trois volets d’une seule et même œuvre. Et qui mieux que l’inclassable violoncelliste Vincent Ségal pour s'en faire l'écho ? Véritable touche-à-tout, le prochain invité de nos PB Live (au Temple Lanterne le 28 novembre avec Piers Faccini) expérimente avec avidité tout ce qui lui tombe sous l'archet : de la pop au hip-hop, de la musique africaine à l’électro, il cherche et recherche des mélanges d’une texture toujours inattendue. Dans une première partie en forme de carte blanche, il associera ainsi les classes de violoncelle, viole de gambe et violoncelle baroque pour ce qui promet d'être un beau moment de décalage, avant de s'offrir un tête-à-tête avec le griot malien et maître de la kora à vingt-et-une cordes Ballaké Sissoko. Les deux hommes ont beau être complices depuis longte

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Alps

ECRANS | Pour les admirateurs de Canine, le précédent film de Yorgos Lanthimos, Alps est une petite déception. Son pitch est pourtant tout aussi fort : un (...)

Christophe Chabert | Mardi 19 mars 2013

Alps

Pour les admirateurs de Canine, le précédent film de Yorgos Lanthimos, Alps est une petite déception. Son pitch est pourtant tout aussi fort : un groupuscule bizarre monte une société secrète dont les membres sont chargés de prendre la place de personnes récemment décédées pour atténuer la douleur de leurs proches. Cela dit, cet argument met du temps à se clarifier sur l’écran, Lanthimos choisissant une structure en tableaux où chaque séquence diffuse une étrangeté qui distrait de l’enjeu principal. Une fois le récit vraiment lancé, il embraie sur une réflexion sur le pouvoir, l’envie et la compétition qui là encore n’est pas d’une immense simplicité. Malgré sa confusion narrative, Alps garde toutefois une vraie force figurative : la mise en scène vise l’inconfort du spectateur, le mettant mal à l’aise par des situations extrêmes tout en les enveloppant d’un humour très noir. Un film d’auteur donc, dans le meilleur et le pire sens du terme. Christophe Chab

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Augustine

ECRANS | Si les images de Charcot n'ont cessé d'irriguer le cinéma (de Furie à A.I en passant par Carrie), rarement l'histoire du docteur et sa patiente star, (...)

Jerôme Dittmar | Mercredi 31 octobre 2012

Augustine

Si les images de Charcot n'ont cessé d'irriguer le cinéma (de Furie à A.I en passant par Carrie), rarement l'histoire du docteur et sa patiente star, Augustine, n'a fait l'objet d'un film. À Alice Winocour de compenser cette absence avec un premier long aussi ambitieux que petit à l'arrivée. La faute à une approche trop polie, presque scolaire, qui ouvre autant de pistes théoriques qu'elle enferme la mise en scène dans un carcan appliqué et limité. Tout est finalement si réfléchi, dans cette histoire sur les mystères de la sexualité féminine, qu'aucune ambiguité n'émerge. Là où devraient exister des personnages ébranlés par leurs désirs, fascinés par une attirance réciproque dans un monde aux portes de la psychanalyse et du spectacle permanent, surnagent deux acteurs filmés par une caméra proche de l'académisme télévisuel. Pas facile aussi d'être bouleversé par la semi-lourdeur de Soko dans le rôle d'Augustine. L'actrice, jamais troublante, plombant limite le film à elle seule. Jérôme Dittmar  

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Faust

ECRANS | Faust arrive sur les écrans près d’un an après son sacre à la Mostra de Venise, mais il paraît appartenir déjà à une autre époque. Reste à savoir si cette époque est un (...)

Christophe Chabert | Jeudi 14 juin 2012

Faust

Faust arrive sur les écrans près d’un an après son sacre à la Mostra de Venise, mais il paraît appartenir déjà à une autre époque. Reste à savoir si cette époque est un futur proche où l’image numérique aurait été assimilée par les metteurs en scène les plus exigeants pour transcender leur cinéma ou un passé renvoyant à l’avant-garde de l’Est (Faust rappelle autant l’onirisme tchèque que le cinéma soviétique)… Ainsi, le 4/3 aux bords arrondis et le sfumato d’une image tirant vers le sépia signée Bruno Delbonnel (le chef opérateur de Jeunet) rencontrent des effets spéciaux inattendus, comme lors de ce subjuguant plan d’ouverture où un miroir traverse les nuages pour aller se déposer sur une petite ville elle aussi hors du temps. Passé et présent, jeunesse et éternité : c’est aussi Goethe qui rencontre l’imaginaire stylisé d’Alexandr Sokourov ou, bien sûr, le professeur Faust qui croise le chemin du Diable. Le Diable par la queue Comme Cosmopolis de Cronenberg, Faust est un film de texte et de mise en scène. On ne peut pas vraiment

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Bye Bye Blondie

ECRANS | Bloquée dans les 80's, ses années rebelles, Virginie Despentes continue de brandir le drapeau usé d'un féminisme baddass. Pour preuve Bye Bye Blondie, (...)

Jerôme Dittmar | Vendredi 16 mars 2012

Bye Bye Blondie

Bloquée dans les 80's, ses années rebelles, Virginie Despentes continue de brandir le drapeau usé d'un féminisme baddass. Pour preuve Bye Bye Blondie, chronique sentimentale d'un couple de filles sous la forme vertigineuse et balourde d'un avant (l'adolescence et les années no future) après (l'embourgeoisement et l'âge adulte). Adaptation par elle-même de son roman, Despentes filme donc Gloria la punkette fan des Bérus devenue artiste au RSA, et Frances, son amoureuse en Fred Perry, qui deviendra star de la télé, mariée à un romancier gay pour une union libre. En se réunissant à quarante ans pour le grand amour, c'est évidemment plus que les sentiments qui sont mis à l'épreuve, mais les rêves de jeunesse au travers de la sexualité. Despentes se penche ainsi sur la fin des utopies, qu'elle découvre après tout le monde, pour un film nostalgique et utopique où l'âme punk (à choyer) fait un peu de peine. Depuis Baise moi, la mise en scène est devenue insipide et conformiste. Tout s'explique.Jérôme Dittmar

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Attenberg

ECRANS | D’où sort Marina ? À 23 ans, elle est encore vierge, ne sait même pas comment embrasser, ne connaît du monde que les documentaires de Richard Attenborough (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 15 septembre 2011

Attenberg

D’où sort Marina ? À 23 ans, elle est encore vierge, ne sait même pas comment embrasser, ne connaît du monde que les documentaires de Richard Attenborough et partage son temps entre son père malade et sa meilleure amie, serveuse de bar aguicheuse. Sa vie est une suite de rituels bizarres : jouer au baby foot seule, improviser des danses impossibles, imiter les cris des animaux. Synchrone avec ce bout du monde grec dans lequel elle évolue (un mélange entre station balnéaire et cité industrielle, plus glauque que glamour), Marina est une oubliée des temps modernes, une sauvageonne tranquille et un formidable personnage de cinéma, opaque, énigmatique, magnétique (le talent d’Ariane Labed, jeune actrice française, n’est pas étranger à cette fascination). Athina Rachel Tsangari n’est pas pour rien la productrice (et la compagne du réalisateur) de Canine : Attenberg est en quelque sorte son jumeau placide, empruntant dans la forme le canon Dodeskaden, cette manière de réduire la narration à une série de situations qui évoluent en vignettes déconnectées. C’est un peu sa limite : le film n’a pas la folie grolandaise de Canine, et répond un peu trop à la norme auteuriste européenne. C’es

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Hadewijch

ECRANS | Après avoir tourné autour du pot dans ses films précédents, Bruno Dumont se confronte franchement au mystique. À travers le parcours de cette aspirante (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 20 novembre 2009

Hadewijch

Après avoir tourné autour du pot dans ses films précédents, Bruno Dumont se confronte franchement au mystique. À travers le parcours de cette aspirante nonne redécouvrant le monde extérieur et ses enjeux humains, il oriente sciemment son discours en apportant un soin maniaque à la composition de ses cadres, formellement sublimes, magnifiant la quête du sacré de son héroïne. Avec toujours cette caractéristique envahissante de son cinéma, ce désir d’enfermer le spectateur dans un dispositif où la temporalité s’étire de tout son long afin de faire sens. Un procédé pas franchement agréable, auquel Dumont assortit l’éternel naturalisme de sa direction d’acteurs et la froideur rigoriste de son atmosphère. Dès que le film bifurque vers la découverte de l’Islam par le personnage principal, le système se retourne contre lui-même, et donne la fâcheuse impression d’un point de vue nébuleux (pour rester poli) sur la question. D’autant plus regrettable au vu des ambitions toujours aussi prégnantes du metteur en scène… FC

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