"Ouvert la nuit" : À la Baer étoile !

Critique | Farandole joyeusement erratique à travers un Paris nocturne sublimé, cette déambulation d’un directeur de théâtre aussi fantasque qu’impécunieux signe le retour du cinéaste-interprète Édouard Baer pour un film-synthèse superlatif : la plus mélancolique, hilarante, aboutie et (surtout) réussie de ses réalisations.

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

Photo : © Pascal Chantier


Inconséquent charmeur jonglant avec les mots et les promesses, épris de l'instant et du talent des autres, Luigi gère depuis vingt ans un théâtre parisien grâce à de l'argent qu'il n'a pas. À la veille d'une première, il doit pourtant en trouver en urgence. Ainsi qu'un singe. Le voici en cavale dans la capitale, escorté par une stagiaire de Sciences-Po au caractère bien trempé. La nuit est à lui !

Accompagner Édouard Baer n'a pas toujours été chose aisée : les délires de ses personnages de dandys logorrhéiques en semi roue libre au milieu d'une troupe de trognes, nécessitaient d'être disposé à l'absurdité, comme à l'humour glacé et sophistiqué cher au regretté Gotlib. Mais de même que Jean-Pierre Jeunet a réussi à cristalliser son univers dans Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, Baer est parvenu à réunir ici la quintessence du sien. Si les deux auteurs partagent, outre la présence d'Audrey Tautou à leur générique, le plaisir d'entretenir une troupe fidèle et une affection certaine pour le Paris d'antan, les similitudes s'arrêtent là : Baer n'aime rien tant que faire voler les contraintes et les cadres, voir jaillir la vie et les imprévus, quand Jeunet se claquemure dans ses intérieurs et millimètre jusqu'à la moindre syllabe.

Nuit magique, nuit de bazar

Pareil à une invocation aux zigzags du destin, ou à une bouffée d'optimisme forcené dans un océan marasmatique, Ouvert la nuit s'autorise toutes les invraisemblances apparentes sans jamais verser dans l'invraisemblable. Au fil de saynètes magiquement agencées pour donner une continuité fluide, il traverse de part en part un territoire abolissant toutes les frontières d'espace, de classe sociale et de temps par la vertu unificatrice de cette nuit engendrant d'éphémères et brumeuses fraternités. Peuplé de personnages pittoresques et de rencontres, parsemé d'un amour inconditionnel et enfantin, cousu d'un humour potache et pas tache, Ouvert la nuit est enfin un film d'essence purement parisienne — mais il s'agit là, une fois n'est pas coutume, d'un compliment.

Ouvert la nuit de et avec Édouard Baer (Fr, 1h37) avec également Sabrina Ouazani, Audrey Tautou, Grégory Gadebois, Michel Galabru…


Ouvert la nuit

De Edouard Baer (Fr, 1h36) avec Edouard Baer, Sabrina Ouazani... Luigi a une nuit pour sauver son théâtre. Une nuit pour trouver un singe capable de monter sur les planches et récupérer l'estime de son metteur en scène japonais ; une nuit pour regagner la confiance de son équipe et le respect de sa meilleure amie - qui est aussi sa plus proche collaboratrice... et pour démontrer à la jeune stagiaire de Sciences Po, tellement pétrie de certitudes, qu'il existe aussi d'autres façons dans la vie d'appréhender les obstacles...
Pathé Bellecour 79 rue de la République Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Nova Lyon : les précisions de l'ex-directeur, Alfredo Da Silva

Médias | Suite à l'article paru sur notre site jeudi 14 janvier, révélant l'annonce de son licenciement début janvier par la direction parisienne de LNEI (le groupe possédant Radio Nova), Alfredo Da Silva — ex-directeur de Nova Lyon et toujours propriétaire de 49% des parts, les 51% restant appartenant à la SAS de Matthieu Pigasse — a souhaité publier un droit de réponse avec ses précisions.

Sébastien Broquet | Vendredi 15 janvier 2021

Nova Lyon : les précisions de l'ex-directeur, Alfredo Da Silva

« M. Da Silva souhaite démentir les propos avancés dans l'article du Petit Bulletin du 14/01/2021 au sujet de son travail, notamment la gestion dite "légère", les locaux sur la péniche, les résultats d'audience, et préciser : - La gestion budgétaire stricte en respectant le budget établi - La mise en place d'une équipe de professionnels pour l'éditorial avec l'augmentation de l'audience régulière depuis le début (cf. Médiamétrie) - Les nombreux soutiens culturels obtenus localement au moment de l'obtention de la fréquence - L'installation sur une péniche, visitée par la direction du groupe, lieu exceptionnel et emblématique pour une radio, bénéficiant d'un loyer très inférieur au prix du marché dans le quartier de la Confluence - Plus récemment, le travail sur le dossier déposé auprès de la Ville de Lyon ayant permis une aide de 25 000€ au titre du Fonds d'urgence pour la Culture, dans le cadre de la pandémie. »

Continuer à lire

48 heures pour faire votre film

48HFPLyon | Vous avez quelque chose qui filme (caméra, téléphone…), des potes et du temps entre le 16 et le 18 octobre prochains ? Le 48HFPLyon est fait pour vous ! (...)

Vincent Raymond | Jeudi 8 octobre 2020

48 heures pour faire votre film

Vous avez quelque chose qui filme (caméra, téléphone…), des potes et du temps entre le 16 et le 18 octobre prochains ? Le 48HFPLyon est fait pour vous ! Lyon figure en effet parmi les 130 villes à participer à ce concours offrant au vainqueur de chaque cité de présenter son œuvre à la finale internationale Filmapalooza, l’an prochain aux États-Unis. Compte-tenu de la situation sanitaire, impossible de dire si le billet pour l’Amérique sera compris ; d’ailleurs, cette édition 2020 n’a pu se maintenir en local qu’au prix d’une organisation totalement dématérialisée. Mais elle existe ! Rappelons le principe : des équipes de cinéastes doivent écrire-tourner-monter en 48h un court-métrage de 4 à 7 minutes intégrant des contraintes dévoilées au dernier moment et respectant un genre prédéfini. Un jury composé de professionnels lyonnais (Arnaud Mizzon, Aurélien Cavagna, Faustine Masingarbe, Jean-Baptiste Maunier) choisira le film lauréat au terme du marathon ; une cérémonie se tiendra au

Continuer à lire

Cinquième édition pour le Festival du Film Jeune

Festival | Sa 5e édition vient tout juste de débuter, sa clôture avec désignation des prix des différentes sections (fiction, documentaire, animation) est attendue pour le (...)

Vincent Raymond | Vendredi 25 septembre 2020

Cinquième édition pour le Festival du Film Jeune

Sa 5e édition vient tout juste de débuter, sa clôture avec désignation des prix des différentes sections (fiction, documentaire, animation) est attendue pour le 2 octobre au Comœdia ; entretemps, vous avez tout loisir de découvrir les fictions en lice (présentées samedi 26 et dimanche 27 à la MJC Monplaisir), les pitchs de scénarios ou les nombreuses séances spéciales dans les lieux partenaires offrant la quintessence des courts déjà programmés (lors de la soirée des Étoiles du Lyf le vendredi 25 à l’Aquarium) ou accordant des cartes blanches à d’autres festivals lyonnais (On vous ment !, Écrans Mixtes au Mob Hotel, German Films…). Itinérant et 100% gratuit (sur inscription), le “Lyon Young Film Fest” grandit sans vieillir. De bon augure.

Continuer à lire

Julie Gayet présente "FilmmakErs"

Avant-Première | Comédienne, productrice, distributrice, Julie Gayet est aussi réalisatrice d’une série de trois documentaires s’intéressant à la place ténue dont les femmes (...)

Vincent Raymond | Mardi 11 février 2020

Julie Gayet présente

Comédienne, productrice, distributrice, Julie Gayet est aussi réalisatrice d’une série de trois documentaires s’intéressant à la place ténue dont les femmes cinéastes disposent dans ce métier décidément toujours très masculin — pourtant, 50/50 en 2020, toussa… En compagnie de Mathieu Busson, co-auteur de ce film (vive la parité !), celle qui fut interprète d’Agnès Varda comme de Dominique Faruggia, présentera donc l’ultime volet de FilmmakErs et sacrifiera à la tradition du débat. FilmmakErs Au Comœdia ​le lundi 17 février à 20h

Continuer à lire

La mamatriarche : "Mamacita"

Documentaire | Bientôt centenaire, la Mexicaine Mamacita n’a rien d’une grand-mère gâteau. Partie de rien, cette femme à poigne ayant réussi à monter une chaîne de salons de beauté, avait fait promettre à son petit-fils parti étudier le cinéma en Allemagne, qu’il lui consacrerait un film. Le voici…

Vincent Raymond | Mardi 11 février 2020

La mamatriarche :

Impressionnante, irritante et attachante à la fois… Au fil de ses images, Jose Pablo Estrada Torrescano révèle sans filtre une maîtresse-femme assumant fièrement sa coquetterie et son autorité (voire, son autoritarisme) mâtinée d’une redoutable mauvaise foi chronique. Mais cet aplomb d’acier, conjugué à son tempérament baroque, apparaissent comme les piliers de sa résilience, Mamacita ayant eu à dépasser les revers de fortune de ses parents. Bien que volontiers rudoyé par son aïeule, Jose Pablo Estrada Torrescano va parvenir à force de présence et de bienveillance à lui arracher des confidences très intimes sur son rapport à ses “fantômes“ et lui faire fendre l’armure pour la première fois de sa tumultueuse vie. Mamacita aurait-elle livré toutes ces vérités sans l’interface artéfactuelle de la caméra, et donc la certitude d’une part de postérité ? Rien n’est moins sûr. Ce qu’elle livre, elle le livre en conscience et contribue à entretenir son aura de splendeur : d’ailleurs le film, dans une révélatrice mise en abyme, s’achève sur elle en train de se contempler visionnant le documentaire.

Continuer à lire

Hérisson carré contre Carrey hérissant : "Sonic le film"

Aventure | Exilé sur la planète Terre, le hérisson bleu Sonic vit heureux caché dans une petite ville, jusqu’au jour où il déclenche accidentellement une gigantesque décharge énergétique. Le gouvernement dépêche un savant fou, le Dr Robotnik, pour tirer les choses au clair…

Vincent Raymond | Mercredi 12 février 2020

Hérisson carré contre Carrey hérissant :

La nostalgie n’ayant pas d’âge, chacun éprouve une douce mélancolie à la remembrance des décors de sa jeunesse. Quand les septuagénaires susurrent Âmes fifties, les quinqua beuglent L’Île aux enfants et les trentenaires s’emparent de leur console pour se taper des parties de Sonic. Point commun à tous ces comportements innocents : la recherche d’un plaisir régressif et irénique ; le retour à ce fameux paradis perdu à l’âge adulte, auquel ils accèdent par saccades lors de ces plongées dans le bleu des souvenirs… ou du logo Sega, en l’occurrence. Sonic le film illustre bien cette quête sans fin (n’est-ce d’ailleurs pas le propre d’un jeu vidéo d’être construit en quête ?) en révélant le désir un brin réactionnaire des fans de tout retrouver intact — la polémique sur l’évolution morphologie de leur personnage fétiche née de la première bande-annonce en témoigne. Le scénario également suit cette idée, puisqu’on y voit un policier de bourgade rêver de s’épanouir à San Francisco… avant d’y renoncer parce que le home town de son enfance est plus taillé à ses dimensio

Continuer à lire

La sélection européenne

Festival du Film Court | Une fois encore, les membres de l’Association pour le cinéma ont eu fort à faire : parmi les 2000 courts-métrages qui leur sont parvenus, seuls 41 d’entre eux ont franchi le tamis de la sélection. Un échantillon suffisamment représentatif pour donner une tendance de l’année…

Vincent Raymond | Mardi 19 novembre 2019

La sélection européenne

La liste est, paradoxalement, fort longue de toutes les raisons rendant le film court passionnant. Si l’on place au premier chef sa diversité, il convient aussitôt d’ajouter sa plasticité de formes et son immense perméabilité à l’esprit du temps. Est-ce lié au fait que les cinéastes soient majoritairement jeunes, emplis d’énergie, de sincérité, de combativité — voire d’illusions ? Toujours est-il que chaque millésime d’un festival offre au public une double lecture successive de son époque : celle des réalisatrices et réalisateurs filtrée par le celle des sélectionneurs. Et comme lors du phénomène optique de polarisation — où un faisceau lumineux traversant successivement deux polariseurs sera coupé si ceux-ci ne sont pas en phase ; ou au contraire, privilégiera une onde s’ils partagent la même orientation — les sélectionneurs amplifient souvent des tendances profondes remuant la création cinématographique. Qu’elles touchent au fond ou à la forme. Statistique : nom féminin Première constatation en forme de chiffres (dont on dit qu’ils ne mentent pas) : sur les 41 films en lice, 13 sont signés par des réalisatrices. S'il en manque encore une demi-douzaine po

Continuer à lire

40e festival du film court, premier service

Court-métrage | N’en déplaise à la Jetée clermontoise, c’est dans la Métropole lyonnaise qu’on a d’abord rêvé un festival de courts-métrages il y a bientôt quarante ans. Avec un (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 novembre 2019

40e festival du film court, premier service

N’en déplaise à la Jetée clermontoise, c’est dans la Métropole lyonnaise qu’on a d’abord rêvé un festival de courts-métrages il y a bientôt quarante ans. Avec un certain sens de l’à-propos, la soirée d’ouverture de son édition anniversaire s’effectue autour du rêve, sous la houlette de Perrine Ruby — chercheuse en neurosciences, elle ne manquera pas de nous éclairer sur toutes les acceptions du terme “projection“. Cette ouverture sera précédée d’une bienvenue remembrance des 39 marches déjà gravies : le festival a en effet composé un florilège par décennie. Quatre programmes, donc, pour (re)découvrir des œuvres passées par Villeurbanne, emblématiques de leur époque, souvent primées. Tels Comme les doigts de la main d’Éric Rochant (1984), Acide Animé de Guillaume Bréaud (1998), Skhizein de Jérémy Clapin (2008), Logorama des H5 (2009) ou Avant que de tout perdre de Xavier Legrand (2012). Des films importants pour ce qu’ils sont, mais aussi pour ce et ceux qu’ils apportent au cinéma en génér

Continuer à lire

48h Film Project

ECRANS | Ce n’est pas deux jours à tuer, mais à filmer. Du 4 au 6 octobre derniers, les équipes lyonnaises du concours 48 Hours Film Project ont sué sang et eau pour (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 novembre 2019

48h Film Project

Ce n’est pas deux jours à tuer, mais à filmer. Du 4 au 6 octobre derniers, les équipes lyonnaises du concours 48 Hours Film Project ont sué sang et eau pour écrire, réaliser et monter dans les délais impartis un court-métrage. Voici qu’elles vous les soumettent. À la clef, des places de finalistes. Vous avez trois séances et une myriade de films à découvrir. Dans un sens, c’est comme si vous reviviez à chaque fois deux jours en concentré… 48h Film Project Au Comœdia ​le jeudi 14 novembre à 18h, 20h et 22h

Continuer à lire

Havre de cinéma.

ECRANS | Avec le printemps refleurit le Festival du Film Israélien porté par l’Espace Hillel en itinérance dans les salles de cinéma lyonnaises. Cette année, cinq films (...)

Élise Lemelle | Mardi 30 avril 2019

Havre de cinéma.

Avec le printemps refleurit le Festival du Film Israélien porté par l’Espace Hillel en itinérance dans les salles de cinéma lyonnaises. Cette année, cinq films seront diffusés et aborderont diverses thématiques, du combat d’une Working Woman, en passant par les péripéties d’un scénariste amateur dans Tel Aviv on Fire, jusqu’aux moments de vie quotidienne partagés par les passagers d’Un tramway à Jérusalem. Le festival s’ouvrira et se clôturera par les projections de Havre de paix (en avant-première) qui sera accompagné, pour la clôture, d’une dégustation de vin israéliens, ce qui, à la différence du cinéma, doit toujours s’apprécier avec modération. Festival du Film Israélien Dans plusieurs salles lyonnaises et alentours ​du 13 au 29 mai

Continuer à lire

Benoît Poelvoorde : « Sempé observe le détail et le rend énorme »

Raoul Taburin | En incarnant le personnage dessiné par son idole Sempé, Benoît Poelvoorde se laisse aller à son penchant pour la tendresse. Et force sa nature en effectuant une performance physique : du sport…

Vincent Raymond | Jeudi 18 avril 2019

Benoît Poelvoorde : « Sempé observe le détail et le rend énorme »

Pensez-vous que Raoul Taburin soit un conte philosophique ? Benoît Poelvoorde : En tout cas, c’est une histoire très humaniste. Il faudrait poser la question à Sempé — moi-même j’avais envie — mais il ne répondra jamais. Pour moi, faire du vélo, c’est l’image de l’apprentissage ; faire du vélo en retirant les petites roulettes, c’est entrer dans la vie. Une fois que tu commences à pédaler, c’est exponentiel, tu vas bouger et te dire : « comment ai-je pu avoir si peur ? ». D’ailleurs, on pourrait réfléchir : est-ce que mettre les roulettes n’encombre pas ? À force d’être tombé trois ou quatre fois, on se dit qu’on va faire du vélo uniquement pour le plaisir de ne plus tomber. Et une fois qu’on commence à pédaler, on se dit : « c’était aussi con que ça ? ». C’est un peu comme rentrer dans l’eau froide. Alors, est-ce qu’on a fait un film philosophique ? Sempé en tout cas a fait un ouvrage philosophique. On peut le prendre comme toutes les choses très simples et universelles, de manière philosophique : il est plus compliqué qu’il n’y paraît, mais en même temps on peut

Continuer à lire

Le supplice du deux-roues : "Raoul Taburin"

Comédie | De Pierre Godot (Fr, 1h30) avec Benoît Poelvoorde, Édouard Baer, Suzanne Clément…

Vincent Raymond | Mercredi 17 avril 2019

Le supplice du deux-roues :

En dépit de ses efforts, et depuis son enfance, Raoul Taburin n’est jamais parvenu à se tenir sur un vélo. L’ironie du sort fait que tous le prennent pour un crack de la bicyclette et qu’il est devenu le champion des réparateurs. L’arrivée d’un photographe dans son village va changer son destin… Cette libre adaptation de l’album illustré de Sempé ressemble à une rencontre entre L’Homme qui tua Liberty Valance (1962) — pour sa fameuse morale (« Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende ») condamnant certains imposteurs malgré eux à supporter leur gloire indue — avec le réalisme magique, rendant anodin le surgissement d’éléments surnaturels. Ici, la bicyclette verte de Raoul paraît douée d’une vie propre, et le feu du ciel frapper ceux à qui il s’ouvre de ses secrets. Cela pourrait aussi bien être des hallucinations ou des coïncidences ; à chacun de déterminer son seuil de tolérance à la poésie. Mettre en mouvement un coànte narrant l’impossibilité pour un personnage de défier la gravité sur son vélo tient de la g

Continuer à lire

19e Festival du Film Court Francophone

Court-Métrage | En 1984, Marco Ferreri titrait l’un de ses longs-métrages Le Futur est femme. Trente-cinq ans plus tard, le festival vaudais du court francophone exauce (...)

Vincent Raymond | Lundi 14 janvier 2019

19e Festival du Film Court Francophone

En 1984, Marco Ferreri titrait l’un de ses longs-métrages Le Futur est femme. Trente-cinq ans plus tard, le festival vaudais du court francophone exauce sa prophétie en revendiquant une 19e édition plus féminine — c’est-à-dire tendant à réaliser cet idéal de parité auquel chaque manifestation devrait aspirer. À la comédienne Sabrina Seyvecou échoit donc l’honneur d’ouvrir ce millésime avec une carte blanche. Celle que l’on avait découverte devant la caméra de Brisseau n’a plus quitté les écrans depuis Choses secrètes (2002), et participe encore régulièrement à des films brefs. Outre ses quatre programmes de compétition (soit 25 œuvres visibles en bloc durant le premier week-end) départagées par les six jurys, la semaine égraine un chapelet de rendez-vous thématiques ; autant de moments clairement labellisés drainant fidèles et curieux. Telle la soirée Francophonie — l’ADN du festival — pensée comme une rencontre avec des films et des intervenants pour dialoguer ; telle la soirée Regards animés consacrée, comme son nom l’indique à l’anim

Continuer à lire

39e festival du Film Court, acte 2 : les compétitions

Court-Métrage | Les années défilent et marquent de leurs différences chacun des millésimes du film court. L’an dernier flottait l’ombre bienvenue du cinéma de genre sur (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 novembre 2018

39e festival du Film Court, acte 2 : les compétitions

Les années défilent et marquent de leurs différences chacun des millésimes du film court. L’an dernier flottait l’ombre bienvenue du cinéma de genre sur une compétition européenne traversée par l’évocation des réfugiés. En 2018, si le retour au réalisme est patent, les problématiques migratoires restent présentes à travers l’arrachement à la terre natale pour un petit Réunionnais (Objectif Lune), la promesse de retrouvailles pour une vieille Hongroise (Last Call), la défense inhumaine des frontières (Zorn dem Volke) ; la situation, enfin, de ceux qui attendent un hypothétique passage (Third Kind, The Barber Shop, Song for the Jungle voire Kiem Holijanda). Autre thématique coutumière faisant un retour fracassant, la question de la souffrance des personnes LGBT. C’est à un tour du monde des oppressions ou de la défiance à leur endroit que l’on assiste : de la France des villes et campagnes (les fictions Malik, Un homme mon fils ; le documentaire

Continuer à lire

39e Festival du Film Court, acte 1

Court-Métrage | À l’aube de ses quarante ans, le Festival du Film Court de Villeurbanne s’offre une une petite cure non de rajeunissement (étant entendu que le format (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 novembre 2018

39e Festival du Film Court, acte 1

À l’aube de ses quarante ans, le Festival du Film Court de Villeurbanne s’offre une une petite cure non de rajeunissement (étant entendu que le format est par essence le terrain de prédilection des cinéastes novices) mais de renouvellement. Olivier Calonnec, qui a succédé cet été à Laurent Hugues à la tête de la manifestation, n’est évidemment pas étranger à ces revigorantes inflexions. Le mouvement s’empare de la programmation dès la soirée d’ouverture vendredi 16 novembre construite autour de la Danse, danse, danse ! Comme un écho à la Biennale de l’année, elle commencera par un film de la compétition européenne, Les Indes galantes de Clément Gogitore (récent lauréat du Jury des Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais pour L’Autre Continent) et s’achèvera par une œuvre issue de la sélection animation, Make it Soul, de Jean-Charles Mbotti Malolo. Un avant-goût transversal de la production annuelle sur laquelle on reviendra en détail la semaine prochaine. Le festival mettra ensuite l’accen

Continuer à lire

Emmanuel Mouret : « pour moi, le cinéma est dans les ellipses »

Mademoiselle de Joncquières | La rencontre entre Emmanuel Mouret et Diderot provoque celle de Cécile de France avec Édouard Baer. Conversation avec trois d’entre eux — Diderot étant naturellement excusé…

Vincent Raymond | Lundi 10 septembre 2018

Emmanuel Mouret : « pour moi, le cinéma est dans les ellipses »

On savoure dans le dialogue de Mademoiselle de Joncquières chaque détail de sentiment, chaque atome de langue. C’est habituel chez vous, mais n’y avait-t-il pas ici pour vous une gourmandise supplémentaire ? Emmanuel Mouret : Dans un film en costumes qui se rapporte à une époque assez éloignée dans le temps, et d’autant plus un film XVIIIe, on est d’emblée porté sur ce plaisir des mots choisis et des personnages qui peuvent faire l’examen de soi en maniant avec dextérité la langue. C’est mon producteur qui avait très envie que je fasse un film d’époque : il pensait que, justement, on entendrait mieux mes dialogues avec cette distance du temps qui permet finalement de connecter plus directement. C’est comme les films de science-fiction ou les dessins animés, on n’a pas d’idée arrêtée sur ce que ça doit être. C’est donc un film où j’ai pu faire parler les personnages beaucoup plus librement que dans un film contemporain. Cette époque porte à incandescence la langue et les sentiments… Emmanuel Mouret : Toutes les ép

Continuer à lire

Mensonges et trahisons (et plus si affinités) : "Mademoiselle de Joncquières"

Romance | de Emmanuel Mouret (Fr, 1h33) avec Cécile de France, Édouard Baer, Alice Isaaz…

Vincent Raymond | Lundi 10 septembre 2018

Mensonges et trahisons (et plus si affinités) :

Pour se venger du Marquis des Arcis, auquel elle a cédé malgré sa funeste réputation de libertin, Mme de La Pommeraye ourdit une complexe machination amoureuse contre ce lui en embauchant deux aristocrates déclassées, Mlle de Joncquières et sa mère. Mais peut-elle impunément user de l’amour comme d’un poison ? Deux pensées se télescopent à la vision de ce film. L’une, que le XVIIIe siècle, avec son amour des mots et ses mots d’amour, était taillé pour la plume stylisée prompte à (d)écrire les tourments chantournés qu’affectionne Emmanuel Mouret. L’autre, concomitante : que ne l’a-t-il exploré plus tôt ! Or rien n’est moins évident qu’une évidence ; Mouret a donc attendu d’être invité à se pencher sur cette époque pour en découvrir les délices. Et se rendre compte qu’il y avait adéquation avec son ton. S’inspirant comme Bresson d’un extrait de Jacques le Fataliste, Mouret l’étoffe et ajoute une épaisseur tragique et douloureuse. Là où Les Dames du Bois de Boulogne se contentait d’une cynique mécanique de vengeance, M

Continuer à lire

Pour découvrir les films en compétition à Cannes

Lumière Terreaux | Contrairement à Vanessa Paradis qui est repartie du Festival de Cannes sans aucun prix pour Un couteau dans le cœur, d’autres sont rentrés heureux, (...)

Margaux Rinaldi | Mardi 5 juin 2018

Pour découvrir les films en compétition à Cannes

Contrairement à Vanessa Paradis qui est repartie du Festival de Cannes sans aucun prix pour Un couteau dans le cœur, d’autres sont rentrés heureux, comme Hirokazy Kore-eda avec Une Affaire de famille, lauréat de la Palme d’or. Tous les deux sont de retour pour une avant-première au Lumière Terreaux, et seront suivis par sept autres films également présentés en compétition à Cannes. On pourra évoquer la vengeance avec Dogman (de Matteo Garrone), pour lequel Marcello Fonte a reçu le prix de l’interprétation masculine. Dans Cold War (de Pawel Pawlikowski), la Française Zula et le Polonais Wiktor continuent à vivre et à s’aimer fougueusement pendant la guerre froide... Cette année, le Festival de Cannes aura mis l’accent sur l’amour, qu’il soit alimenté par des secrets bien enfouis, comme dans Asako (Ryusuke Hamaguchi), ou par des doutes et des péripéties, comme c’est ad vitam æternam le cas dans Les Éternels (Jia Zhang-ke). Si seulement tout le monde pouvait simplement être Heureu

Continuer à lire

Michel Saint-Jean : la hauteur du politique

CANNES 2018 | Avec Pawel Pawlikowski (Meilleur réalisateur pour Cold War), Stéphane Brizé et Lee Chang-dong en compétition ainsi que trois autres réalisateurs dans les sections parallèles dont Lukas Dhont, Caméra d'Or pour Girl, le distributeur et producteur Michel Saint-Jean a contribué au succès du festival de Cannes 2018. Affable mais discret, le patron de Diaphana y fait souvent résonner des voix indépendantes et engagées. Rencontre.

Vincent Raymond | Samedi 19 mai 2018

Michel Saint-Jean : la hauteur du politique

Même si rien ne vient jamais amenuiser son prestige, la rumeur prétend que son éclat s’estompe avec le temps. C’est un fait chimique : l’oxydation est la pire ennemie des César. Celui décorant discrètement le bureau de Michel Saint-Jean a de fait gagné son pesant de patine. Sans doute s’agit-il de la statuette remportée en 1999 avec La Vie rêvée des anges ; sa petite sœur conquise en 2009 pour Séraphine demeurant chez ses producteurs. Un trophée du meilleur film toutes les années en 9, comme pour célébrer chaque nouvelle décennie de sa société Diaphana fondée en 1989… Le distributeur peut toucher du bois pour 2019. Et pourquoi pas dès 2018 grâce à En guerre, la nouvelle réussite de Stéphane Brizé ? Ce « combat pour la dignité et la justice allant au-delà de la photographie de la délocalisation », s’inscrit dans la cohérence des près de 350 films qu’il a portés sur les écrans depuis ses débuts, où l’on croise le Lucas Belvaux de la géniale Trilogie ou de

Continuer à lire

Graines d’Éluard : "Liberté 13 films-poèmes de Paul Éluard"

Animation | de 13 réalisateurs (Fr, 0h42) animation avec les voix de Isabelle Carré, Denis Podalydès, Christian Pfohl

Vincent Raymond | Mardi 6 mars 2018

Graines d’Éluard :

Ils sont 13 jeunes cinéastes achevant leur formation dans les plus prestigieuses écoles d’animation, et toutes et tous ont planché sur quelques vers de Paul Éluard (1895-1952), livrant leur vision originale de son univers poétique. En tout liberté, bien entendu. S’inscrivant dans la suite des programmes de courts-métrages dédiés à Prévert et Apollinaire, ce nouveau florilège de la série En sortant de l’école met en lumière l’œuvre d’un “apparenté surréaliste” dont la notoriété est souvent, hélas, réduite au seul — et incontournable — Liberté… Sa délicatesse, en amour comme en fantaisie, s’avère un combustible merveilleux pour de jeunes illustrateurs dont l’inspiration carbure à l’éclectisme. Et si le tableau final tient du coq-à-l’âne stylistique, des grandes lignes thématiques s’y répondent comme ce sentiment indicible qu’est l’attachement (moins grandiloquent que la passion et plus profond) ou la fascination pour la mer. On notera également quelques stupéfiantes réussites graphiques, tels Poisson de A

Continuer à lire

Le Nova Mix Club migre au Sucre

Clubbing | C'est une première : l'emblématique Nova Mix Club, l'émission de Nova qui prend le pouls de la scène électronique en prise directe avec sa source, le club, (...)

Sébastien Broquet | Mardi 9 janvier 2018

Le Nova Mix Club migre au Sucre

C'est une première : l'emblématique Nova Mix Club, l'émission de Nova qui prend le pouls de la scène électronique en prise directe avec sa source, le club, s'installe à Lyon pour une mensuelle au Sucre. Jusque-là, seul le Badaboum à Paris accueillait ce before retransmis en direct sur les ondes de 21h à minuit, trois fois par mois. Il n'y en aura plus que deux à Paris, le troisième migrant du côté de Confluence : première le vendredi 12 janvier, avec en guise de headliner le chantre de la house qu'est S3A. Membre du crew Concrete - il est résident de la péniche, Sampling As An Art (de son patronyme complet) se rapproche dans l'esprit d'un MCDE et pérennise l'esprit le plus utopique de la house nation, celui d'une musique chaleureuse, hypnotique et sexy ; pas étonnant que Laurent Garnier lui ait commandé un remix... On guettera aussi Patchworks, le plus connu des inconnus de la ville, producteur stakhanoviste aux multiples projets et mille et une nuits de fête (la dernière en date, c'était vendredi dernier pour l'anniversaire d'une Maison Mère blindée à craquer, sous son alias afro Voilaaa sound-system)

Continuer à lire

Bernard Zekri : « la ville naturelle de Nova, c'est Lyon »

Radio | Bernard Zekri est de retour au bercail : directeur de Radio Nova depuis le rachat de la radio par Matthieu Pigasse en mai 2016, le journaliste ranime la flamme d'une maison bouillonnante où il a débuté, débusqué par Jean-François Bizot qui en avait fait son homme dans le New-York des 80's et un pilier du magazine Actuel. Passé par la case Canal Plus, puis la direction de I-Télé et celle des Inrockuptibles, l'ami de Jamel Debbouze nous dévoile ici pourquoi entre Nova et Lyon, it's a match. Le reste (et c'est palpitant) est à lire dans son autobiographie rédigée à quatre mains avec le grand Michel-Antoine Burnier, Le Plein emploi de soi-même, parue en 2013.

Sébastien Broquet | Mardi 9 janvier 2018

Bernard Zekri : « la ville naturelle de Nova, c'est Lyon »

Lyon, c’est la ville de Jean-François Bizot, le défunt fondateur de Nova. J’imagine qu’il y a eu une certaine émotion dans les bureaux à l’annonce de l’obtention de la fréquence lyonnaise ? Bernard Zekri : Oui, c’est comme avoir le sentiment de retrouver des racines. Jean-François est originaire de Lyon, moi-même je suis allé m’y balader plusieurs fois avec lui. C’est un retour aux sources, mais surtout ça nous faisait vraiment de la peine de ne pas y être présent : c’est une ville qui a une vocation européenne, qui a toujours eu un amour de l’innovation, du progrès, de la modernité. C’est une ville de circulation. À Nova, on guette les nouveautés, on défriche et on partage ça avec les gens. On s’est toujours dit que la ville naturelle de Nova, c’était Lyon. C’est un vieux combat, cette fréquence, qui date des années 90 : c’était l’une des toutes premi

Continuer à lire

Être ou avoir l’été : "Les Films de l’été"

ECRANS | Loin des clichés plage/montagne, cet assemblage de deux courts-métrages ultra primés propose deux “faces B” de l’été se déroulant dans des “non-lieux“ de (...)

Vincent Raymond | Mardi 9 janvier 2018

Être ou avoir l’été :

Loin des clichés plage/montagne, cet assemblage de deux courts-métrages ultra primés propose deux “faces B” de l’été se déroulant dans des “non-lieux“ de vacances, avec des personnages pour le moins décalés. L’étrangeté ambiante doit sans nul doute aux ascendances belges des films ; un je-ne-sais-quoi d’absurdité faisant écho à cette intangible sensation que, durant la saison chaude, tout est possible. Et l’éternité, à portée de main. Vague décalque fantaisiste de L’Année dernière à Marienbad croisé avec Le Diable par la queue, Rien sauf l’été projette un jeune homme en recherche de quiétude dans un château en réfection, peuplé d’une famille bizarre mais accueillante. Quant au Temps de l’été, il suit l’autoroute vers le sud de la France en compagnie d’un fils, de son père et du vieux pote suicidaire de ce dernier. Dans les deux cas, les instants de vie se succèdent et s’empilent, sans qu’il y ait forcément d’histoire à raconter : le moment est capturé dans la fugacité de son évocation, comme la fraîcheur d’une glace à l’eau ou la morsure c

Continuer à lire

Édouard Baer en direct à Lyon le 11 janvier

Nova Lyon | Radio Nova installe au Sucre son Nova Mix Club en mensuel et délocalise pour un one shot sa matinale Plus près de toi.

Sébastien Broquet | Jeudi 21 décembre 2017

Édouard Baer en direct à Lyon le 11 janvier

Premiers effets de l'arrivée de Nova Lyon dès les foulées initiales de 2018 : Édouard Baer délocalise sa matinale à succès au restaurant À La Piscine, le jeudi 11 janvier. L'émission baptisée Plus près de toi, décomplexée et cultivée, se déroulera donc face au public lyonnais de 7h à 9h. Les invités ne sont pas encore connus, le live non plus. Autre nouveauté : le Nova Mix Club déboule au Sucre, une fois par mois. Ce before très clubbing se déroulait jusque-là trois vendredis par mois au Badaboum, club parisien dédié à la house et situé près de Bastille (et anciennement La Scène Bastille, donc un lieu historique pour Nova : c'est là qu'ont été créées les fêtes Nuits Zébrées). Il n'y en aura plus que deux à Paris, la troisième migrant du côté de Confluence. Le concept de l'émission : tro

Continuer à lire

38e Festival du film court de Villeurbanne : une édition fantastique

Court-Métrage | Vigie d’une production européenne très orientée genre cette année, le Festival du Film Court de Villeurbanne participe de surcroît au rayonnement de la création locale. Clap clap !

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

38e Festival du film court de Villeurbanne : une édition fantastique

Nul besoin de tortiller en tout sens la compétition européenne pour dégager la dominante thématique de ce 38e millésime villeurbannais : le fantastique infuse et irrigue près de la moitié des 48 films en lice. Et il ne s’agit pas d’une lubie hexagonale : tous les pays représentés connaissent la même résurgence pour ce cinéma de genre que les jeunes cinéastes maîtrisaient parfois mal autrefois. Ce n’est plus cas. Pour Laurent Hugues, directeur des festivals du Zola, « si le goût pour le fantastique a toujours été là, il avait du mal à passer le stade des commissions d’aide à la production, qui donnaient leur préférence aux films à caractère social. Aujourd’hui, on trouve davantage de personnes aspirant à élargir le spectre des œuvres financées. » Quant au volume… Le fantastique ne naît pas dans une société apaisée : « L’air du temps inspire une inquiétude grandissante chez les auteurs, un malaise qui s’accroit depuis deux ou trois ans. » Et le comité de sélection du festival a peut-être, lui aussi, gagné en audace. Mise en bouche

Continuer à lire

La saison des festivals est ouverte

Grand Lyon | Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

La saison des festivals est ouverte

Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des salles amies : au Théâtre Astrée, à la MLIS et l’ENM de Villeurbanne, mais aussi au Comœdia, au Ciné-Meyzieu et au Ciné Mourguet de Sainte-Foy-lès-Lyon. La période coïncide également avec le lancement d’autres événements locaux d’importance, qui bénéficient donc d’une dynamique croisée : pas de rivalité entre les salles indépendantes ! Le Mois du Film Documentaire fait ainsi escale jusqu’au 30 novembre au Toboggan de Décines avec quatre projections agrémentées de débats. Grégory Gomes accompagnera Frères Ennemis qu’il a tourné dans la proximité d’un derby Lyon-Saint-É ; quant à Charlotte Pouch, elle racontera la genèse de Des bobines et des hommes, une (més)aventure humaine et industrielle. Plus au nord de la Métropole, le Ciné-Caluire programme son Festival du cinéma italien. Une semaine placée sous le signe de l’amour,

Continuer à lire

Bruno Coulais, le Maître de musique

Master class | À quoi reconnaît-on un grand compositeur de musiques de films ? À l’adéquation existant entre ses mélodies et les images du metteur en scène avec lequel il (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

Bruno Coulais, le Maître de musique

À quoi reconnaît-on un grand compositeur de musiques de films ? À l’adéquation existant entre ses mélodies et les images du metteur en scène avec lequel il collabore, ou bien à la faculté qu’ont ses musiques à vivre indépendamment du support cinématographique, puis à s’imposer dans notre esprit ? Chacun a son avis sur la question, mais celui du prolifique Bruno Coulais mérite d’être entendu — non : écouté. Auteur de partitions pour près d’une centaine de longs-métrages de cinéma en trois décennies d’activité créative (on ne compte pas celles pour les courts et la télévision), le compositeur aux trois César de la meilleure musique originale (Microcosmos, Himalaya : l’Enfance d’un chef et Les Choristes) brille par son éclectisme, et sa sainte horreur des chapelles. Fidèle partenaire de Jacques Perrin, Benoît Jacquot ou Jean-Paul Salomé, il se consacre volontiers à l’habillage musical des œuvres documentaires ou d’animation pour lesquelles il trouve, à l’instar d’un Danny Elfman, des notes convoquant les territoires évanescents de l’enfance. En

Continuer à lire

Nova Lyon, c'est pour le 7 novembre

Médias | Cette fois, c'est officiel : Radio Nova arrive sur les ondes lyonnaises le mardi 7 novembre prochain. Le CSA en a décidé ainsi lors de sa séance plénière, (...)

Sébastien Broquet | Lundi 23 octobre 2017

Nova Lyon, c'est pour le 7 novembre

Cette fois, c'est officiel : Radio Nova arrive sur les ondes lyonnaises le mardi 7 novembre prochain. Le CSA en a décidé ainsi lors de sa séance plénière, le mercredi 18 octobre, et nous l'a confirmé par la voix de Christine Derville, secrétaire générale du CTA de Lyon, en ce lundi 23 octobre. Les premiers pas de Nova Lyon, fusion de RTU et de Nova, se feront donc en compagnie d'Édouard Baer et de sa matinale dès 7h.

Continuer à lire

Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 10 octobre 2017

Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

14.10.17 > TRANSBORDEUR GRAND MIX Une grande fête pour le mariage entre Radio Nova et RTU, à l'image de leur programmation : éclectique. Avec du live (la soul garage de Buttshakers, le hip-hop de Supa Dupa ou encore Joao Selva, Ashinoa et Uto) et des DJ sets des résidents de la plus groove des fréquences lyonnaises (Boolimix, Klaaar, Lotfi...). Comme d'hab', c'est gratuit mais il faut se procurer une invite au préalable sur le Net. Groovy. 14.10.17 > EUREXPO HYPNOTIK Direction Eurexpo pour la grand messe annuelle d'Hypnotik, rave à l'ancienne où l'on pourra se lobotomiser dans la grande salle au rythme démentiel des stars Len Faki et Ben Klock. La salle house est plus passionnante : le génial sud-africain Culoe de Song côtoie Âme, Manoo et Étienne de Crécy. Comme de cout

Continuer à lire

Alexandre Mallet-Guy : n’oublie pas que tu vas produire

Portrait | Il a révélé en France Asghar Farhadi ou Joachim Trier, et accompagne désormais Nuri Bilge Ceylan ou Bruno Dumont. À Cannes cette année, le patron de Memento Films présente quatre films, dont 120 battements par minute de Robin Campillo, en lice pour la Palme d’Or.

Vincent Raymond | Mardi 23 mai 2017

Alexandre Mallet-Guy : n’oublie pas que tu vas produire

Sur un plateau de tournage, il pourrait passer pour la doublure lumière de Pierre Deladonchamps ou de quelque jeune premier blond. Silhouette élancée et regard bleu franc, ce tout juste quadragénaire ne colle pas à ces portraits de producteurs dessinés par Hollywood : volumineux, grincheux, tonitruants ; bref, à l’image des frères Weinstein. Alexandre Mallet-Guy parle d’une voix mesurée. Et si son débit parfois se précipite avant de s’étouffer dans un sourire timide, n’en tirez pas de conclusions hâtives : il a le caractère aussi solide que son goût est affirmé. Depuis 2003 aux manettes de Memento Films, la structure de production, distribution et ventes internationales qu’il a créée ex nihilo, l’homme revendique une ligne éditoriale parmi les plus exigeantes de la profession. Ce qui ne le prive pas d’aligner un palmarès enviable. Le produit de la chance et d’un indubitable flair : « Chez Memento, il n’y a pas de comité de visionnement. Les personnes travaillant sur les acquisitions viennent avec moi sur les festivals, je les écoute… ma

Continuer à lire

Histoires Vraies (.doc) : regards partagés sur le doc'

ECRANS | Des gens, des causes et des films. Munies d’exclusivités de tous horizons, les 18e rencontres autour du film documentaire se placent du côté de l’Homme, (...)

Julien Homère | Mardi 28 mars 2017

Histoires Vraies (.doc) : regards partagés sur le doc'

Des gens, des causes et des films. Munies d’exclusivités de tous horizons, les 18e rencontres autour du film documentaire se placent du côté de l’Homme, tournées vers sa laideur extérieure comme sa beauté intérieure. Accompagnant un pot d’ouverture, Food Coop de Tom Boothe montrera que même Wall Street n’arrive pas à stopper le geste fraternel au sein d’une coopérative alimentaire new-yorkaise. Manger mieux pour vivre mieux, credo commun entre Rosa Maria, exilée de son village en 1931 et les migrants kurdes à Riace, dans le sud de l’Italie actuelle : Un paese di Calabria de Shu Aiello et Catherine Catella rappelle les heures sombres de l’actualité, en miroir avec son Histoire, démarche jumelle de Ils ne savaient pas que c’était une guerre. Avec l’association Coup de Soleil, favorisant les échanges culturels entre la France et le Maghreb, son réalisateur Jean-Paul

Continuer à lire

Radio Nova débarque à Lyon

Médias | Radio Nova est sélectionnée par le CSA pour émettre à Lyon, en association avec RTU. Rendez-vous à l'automne.

Sébastien Broquet | Jeudi 9 mars 2017

Radio Nova débarque à Lyon

On connaît l'heureux nouveau locataire de la précieuse fréquence 89.8 de la bande FM, jusqu'ici confiée à la locale RTU : il s'agit de Radio Nova, en association avec RTU. La décision a été prise mercredi 8 mars par le CSA lors de son assemblée plénière et rendue publique le lendemain. C'est à partir de septembre, octobre au plus tard, que la transition devrait être opérationnelle et que RTU devrait se transformer officiellement en Nova Lyon. L'équipe de RTU conservera ainsi ses cinq emplois salariés et assurera plusieurs émissions locales, réalisées à Lyon, tout en récupérant plusieurs émissions phares de Nova, à commencer par la matinale d'Édouard Baer qui n'en finit plus de faire le buzz depuis septembre. Entre dix et douze heures, selon la convention passée avec le CSA, seront réalisées en local, principalement l'après-midi et en soirées où les rendez-vous avec les DJs locaux (James Stewart, etc) seront conservés. « On rassure les auditeurs : l'équipe reste en place et à l'

Continuer à lire

La politique, c'est du sérieux

La Présidentielle vue par les humoristes | À l'approche du premier tour de l'élection présidentielle, les humoristes s'en donnent à cœur joie pour tourner en dérision les déboires des partis. Entre humour noir, satire et travail quasi journalistique, le métier de comique a évolué ces dernières années. On peut rire de tout ; et souvent avec tout le monde.

Gabriel Cnudde | Mardi 14 février 2017

La politique, c'est du sérieux

Mensonges, emplois fictifs, détournements de fonds publics, magouilles et ragots... Personne ne peut s'y tromper : la France est bien en période électorale. Si cette campagne présidentielle s'annonce morose et met déjà en lumière des affaires qui font certainement rougir Marianne, elle est aussi une mine d'or pour les humoristes. À la radio, à la télévision, dans la presse et dans les salles de spectacle, on rigole quotidiennement des déboires de la vie politique française. L'humour est-il le meilleur remède quand une société s'effrite ? A-t-on seulement déjà autant ri de nos politiques ? Si oui, le faisions-nous de la même manière ? Autant de questions qu'il convient de se poser à l'heure où chroniques et one-man-show s'enchaînent à un débit impressionnant. Plus profond, le regard Selon Stéphane Casez, directeur du Boui Boui, du Rideau Rouge et des Tontons Flingueurs, « on ne parle pas plus de politique dans les cafés-théâtres, on en parle simplement différemment. » Adieu l'époque des chansonniers rois, des blagues sur tel homme politique ou telle actualité. La période est à un regard plus profond. « Jim, qui a fait un an au B

Continuer à lire

Les Nuits Zébrées de Nova au Transbordeur

Plus Loin | Radio Nova investit de nouveau le Transbordeur pour l'une des ses programmations chamarrées qui font tout le charme des fameuses Nuits Zébrées, nées du côté de (...)

Sébastien Broquet | Mardi 24 janvier 2017

Les Nuits Zébrées de Nova au Transbordeur

Radio Nova investit de nouveau le Transbordeur pour l'une des ses programmations chamarrées qui font tout le charme des fameuses Nuits Zébrées, nées du côté de la Bastille pour conquérir le pays tout en étant retransmises en direct sur la FM (et le Net). Le 24 février, seront ainsi réunis le génial angolais Bonga, les groovy locaux The Bongo Hop, ou encore Juniore, Alltta et Neue Grafik. C'est gratuit : pensez à retirer vos places dès le 8 février sur lesnuitszebrees.com.

Continuer à lire

Édouard, le réveil malin

Plus près de toi | C'est à Radio Nova qu'Édouard Baer s'est fait un nom. Quand Jean-François Bizot, le maître de maison (à qui Ouvert la nuit est dédié), l'a mis à l'antenne et en (...)

Sébastien Broquet | Mardi 10 janvier 2017

Édouard, le réveil malin

C'est à Radio Nova qu'Édouard Baer s'est fait un nom. Quand Jean-François Bizot, le maître de maison (à qui Ouvert la nuit est dédié), l'a mis à l'antenne et en tandem avec un autre iconoclaste, Ariel Wizman. Les deux durant cinq années mirent le feu à la bande FM avec une émission nommée La Grosse Boule. Façon flipper, la boule : ça remuait dans tous les sens, sans peur du tilt. Culte. Depuis octobre 2016, surprise, Édouard Baer est revenu à la maison, ramené au bercail par Bernard Zekri, lui-même un ancien de la bande d'Actuel / Nova, chargé par Matthieu Pigasse (qui l'avait précédemment embauché puis écarté des Inrockuptibles, au profit d'Audrey Pulvar) de filer un coup de fouet à la radio qu'il a racheté l'an dernier. Zekri a fait ce que l'on n'attendait pas : retourner chercher les vieux. Moustic, pour une hebdomadaire, le samedi à minuit : Ok ok super FM. Gérard Davet et Fabrice Lhomme, pour une interview politique, chaque vendredi. Solide ! Et donc, Édouard Baer, propulsé sur la mat

Continuer à lire

Sabrina Ouazani : Chacune sa voix, chacune son chemin

Portrait | Séduit par sa fougue, Édouard Baer a récrit pour elle le premier rôle de Ouvert la nuit, initialement destiné à un comédien. Une heureuse inspiration qui donne à Sabrina Ouazani une partition à sa mesure.

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

Sabrina Ouazani : Chacune sa voix, chacune son chemin

Il n’y a pas eu de trimestre en 2016 sans qu’elle figure sur les écrans, enchaînant des films pour le moins éclectiques : la comédie Pattaya de Franck Gastambide, le biopic inspiré de l’affaire Kerviel L’Outsider de Christophe Barratier, et enfin les drames Toril de Laurent Teyssier et Maman à tort de Marc Fitoussi. Et 2017 s’engage sous les mêmes auspices, puisqu’après avoir partagé avec Édouard Baer la vedette du pléthorique Ouvert la Nuit, on la retrouvera deux fois d’ici le printemps. À 28 ans depuis la dernière Saint-Nicolas, dont (déjà) plus de la moitié de carrière, Sabrina Ouazani a le vent en poupe. Elle possède aussi un sourire ravageur, volontiers prodigué, qui s’envole fréquemment dans de tonitruants éclats communicatifs. On n’aurait pas à creuser longtemps pour faire rejaillir son tempérament comique ; pourtant c’est davantage vers la gravité de compositions tout en intériorité que les réalisateurs l’ont aiguillée, l’obligeant à canaliser son intensité native. La faute à Abdel Le cinéaste Abdellatif

Continuer à lire

Édouard Baer : “Je rêvais de constituer une troupe de cinéma”

Rencontre | On se l’imagine souriant, légèrement décoiffé, la main fouillant la poche droite de sa veste à la recherche d’un hypothétique briquet ou d’un trousseau de clefs fantôme. Et c’est ainsi qu’il apparaît, affable, érudit et charmeur. Tel qu’en lui-même, et en Luigi, son lui-autre…

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

Édouard Baer : “Je rêvais de constituer une troupe de cinéma”

Quelle est la distance entre votre personnage, Luigi, et vous-même ? Édouard Baer : Elle est totale parce que j’ai vraiment écrit un personnage de fiction à partir de choses que je connais ou que j’ai vécues ; à partir de gens que j’ai croisés, comme Jean-François Bizot [NDLR le créateur d’Actuel et de Nova] que j’admirais ou certains producteurs de cinéma. J’ai mélangé des sentiments, des peurs et des envies… Luigi, c’est moi, très exagéré, en bien et en mal : il est beaucoup plus enthousiasmant, plus courageux et, j’espère, plus sombre, plus menteur et manipulateur. Si on se croit suffisant pour être un personnage de cinéma, il faut aller voir un psy ! Même les grands maîtres de l’ego-cinéma comme Woody Allen — qui, dans la vraie vie, fait de la boxe — s’inventent un personnage de fiction. Que vous a apporté Benoît Graffin, votre co-scénariste, dans l’écriture d’un film en apparence aussi personnel ? Il a été une sorte d’accoucheur pour ce road movie que je ne voulais pas linéaire, ni plat. J’avais lu ses scénarios pour Pierre Salvadori (H

Continuer à lire

La fréquence de RTU attribuée en janvier

FM | On connaîtra bientôt le nom de tous les candidats, jugés recevables par le CSA, à la reprise de la fréquence libérée l'an dernier par RTU ; et avant fin janvier, celui du lauréat.

Sébastien Broquet | Mardi 13 décembre 2016

La fréquence de RTU attribuée en janvier

Un petit cataclysme s'est produit dans le paysage radio lyonnais en mai 2015 : RTU annonçait avoir rendu sa fréquence, ce 89.8 qui enchante encore les mélomanes (la radio continue d'émettre, bien entendu). Une denrée (très) rare dans la ville : la dernière fois que c'était arrivé, c'était en 2010. Le CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel) a mis en concurrence la fréquence libérée et les dossiers ont été déposés cette année. Du côté du CTA (Conseil Territorial de l'Audiovisuel), Christine Derville, la secrétaire générale, nous confirme que ceux-ci sont actuellement en cours d'instruction. Une soixantaine ont été déposé pour les fréquences disponibles en région Rhône-Alpes (Annecy, etc) qui seront prochainement réattribuées, mais l'on ne sait combien exactement concernent la fréquence lyonnaise rendue par RTU. Ce qui est sûr, c'est que l'arrivée de France Bleu, un temps pressentie, n'est pas d'actualité : le ministère de la Culture et de la Communication n'a à ce jour pas préempté la fréquence comme il en a la possibilité, au bénéfice du service public. « Mais c'est encore possi

Continuer à lire

Ouvert la nuit

ECRANS | Le nœud papillon savamment défait, le cheveu en bataille et un vers d’Aragon sur les lèvres, Édouard Baer promène sa nonchalante élégance d’artiste en quête d’un (...)

Vincent Raymond | Mardi 29 novembre 2016

Ouvert la nuit

Le nœud papillon savamment défait, le cheveu en bataille et un vers d’Aragon sur les lèvres, Édouard Baer promène sa nonchalante élégance d’artiste en quête d’un singe et d’argent (ne cherchez pas à comprendre, c’est ainsi) dans son nouveau film, Ouvert la nuit. Une brillante réussite qu’il vient présenter à Lyon en compagnie de la non moins talentueuse Sabrina Ouazani. Saurez-vous supporter autant de bonheurs et de délices d’un coup ? Je dis oui, car il faut savoir dire oui. Ouvert la nuit Au Comœdia le vendredi 2 décembre à 20h

Continuer à lire

Festival Sol’en Films : Et si on allait mieux ?

ECRANS | Inscrit depuis 2003 dans le cadre de la Semaine de la Solidarité internationale, le festival Sol’en Films est le fruit d’un partenariat sans faille (...)

Vincent Raymond | Mardi 22 novembre 2016

Festival Sol’en Films : Et si on allait mieux ?

Inscrit depuis 2003 dans le cadre de la Semaine de la Solidarité internationale, le festival Sol’en Films est le fruit d’un partenariat sans faille entre le réseau associatif SILYON et les salles indépendantes du GRAC. S’imprégnant de l’air du temps, l’édition 2016 s’est choisi pour thème ce si fragile acquis pour des pays riches, qui demeure un objet de conquête pour tous les autres : la santé. Sous-titré d’un exclamatif “Agir pour ce Droit universel !”, le programme aligne dix films sur dix-sept écrans pour des séances accompagnées de rencontres et d’échanges — une nécessaire plus-value. Parmi les incontournables, privilégiez les tout récents documentaires La Sociale de Gilles Perret, histoire de bien comprendre pourquoi la Sécu est un progrès indispensable (notez la projection aux Alizés de Bron le 23 à 20h30 en présence de M

Continuer à lire

Festival du film court de Villeurbanne : L’enfance du 7e art

37e festival du film court de Villeurbanne | Si la fusion Auvergne/Rhône-Alpes a porté le mastodonte clermontois au top des rendez-vous régionaux dédiés aux courts-métrages, celui du Zola conserve (malgré un budget trop modeste) l’avantage de l’antériorité, de la convivialité et de la curiosité.

Vincent Raymond | Mardi 15 novembre 2016

Festival du film court de Villeurbanne : L’enfance du 7e art

Année après année, le Festival du film court de Villeurbanne demeure LE refuge pour spectateurs avides de propositions cinématographiques inédites. La preuve avec cette 37e édition, parcourue par un souffle de nouveautés, perceptible notamment dans les 44 films de sa compétition européenne — sa principale sélection —, et accentuée par une étonnante surreprésentation d’enfants. D’enfants à naître, dans le superbe court animé de Roshanak Roshan, Yalda où une Iranienne exilée révèle sa crainte de devenir mère, ou d’êtres infantilisés, à l’instar du protagoniste de Nabelschur. Signé par la prometteuse Eliza Petkova, ce film à la direction artistique impeccable montre un jeune homme garrotté par une mère mutique et possessive à l’amour odieusement destructeur. Renouveau allemand Observateurs, messagers, parfois dépositaires de secrets écrasants, les enfants entrent dans un monde terrifiant auquel ils ne sont pas préparés : la fillette kurde réfugiée chargée d’annoncer un diagnostic médical à sa mère de Il Silenzio, ou le môme découvrant que son père doit dém

Continuer à lire

Où bosser tranquille ?

Spots inspirants | Bibliothèque : bondée. Café du coin : bruyant. Atelier de co-working : complet. Pas de panique : on a déniché les meilleurs lieux pour réviser votre dernier cours de macroéconomie et booster votre créativité.

Julie Hainaut | Mardi 4 octobre 2016

Où bosser tranquille ?

Au cinéma Non, on ne vous suggère pas de réviser votre cours de droit international dans une salle obscure devant le génial Buster Keaton (mais profitez d'une pause entre deux cours pour aller voir ses films, programmés dès le 9 octobre dans le cadre du Festival Lumière). On vous incite plutôt à tester les fauteuils moelleux de l’espace rencontre du Comœdia, situé à gauche de la billetterie. En accès libre, doté du wifi (code gratuit à demander au Bistrot, le restaurant du cinéma), ce coin — qui fait régulièrement l’objet d’expositions — est hyper calme en journée et en semaine (jusqu’à 19h30 environ). Dans un autre genre, le Hangar du Premier-Film de l’Institut Lumière

Continuer à lire

Jean Labadie, ou le 7e art délicat de la distribution

Festival de Cannes | Sa société Le Pacte présentait cette année douze films à Cannes, dont la Palme d'Or, Moi, Daniel Blake de Ken Loach. Distributeur de Desplechin, Jarmusch, Kervern & Delépine, Jean Labadie est un professionnel discret mais loquace. Parcours d’un franc-tireur farouchement attaché à son indépendance.

Vincent Raymond | Dimanche 22 mai 2016

Jean Labadie, ou le 7e art délicat de la distribution

N’était l’affiche de Médecin de campagne, le dernier succès maison placardé sur le seul bout de mur disponible — les autres étant recouverts de bibliothèques — on jurerait la salle de réunion d’un éditeur. Rangées dans un désordre amoureux et un total éclectisme, des dizaines de livres s’offrent à la convoitise du visiteur : ici les BD (Jean Graton, Hergé, Larcenet…), là Péguy et Zola côtoyant Hammett et des essais historiques ; ailleurs Tomber sept fois se relever huit de Philippe Labro… « Une fois que j’ai fini des livres, je les amène ici. J’aime l’idée que les gens peuvent se servir », explique le maître des lieux, Jean Labadie. La soixantaine fringante, le patron de la société de distribution Le Pacte confesse « passer aujourd’hui davantage de temps à lire qu’à voir des films. » À voir. Animé d’une curiosité isotrope et d’une énergie peu commune dissimulée sous la bonace, l’homme suit avec acuité l’actualité et la commente, pince-sans-rire, sur son très actif compte twitter

Continuer à lire

Le fabuleux FFAA

Festival du film artisanal et audacieux | Discret et libertaire, le 6e Festival du film artisanal et audacieux (le FFAA pour ses intimes) offre un contrepoint malicieux à Cannes. Sous le soleil (...)

Vincent Raymond | Mardi 24 mai 2016

Le fabuleux FFAA

Discret et libertaire, le 6e Festival du film artisanal et audacieux (le FFAA pour ses intimes) offre un contrepoint malicieux à Cannes. Sous le soleil du Sud Ardèche, il convie pour des projections, une foule d’ateliers et des tables rondes des invités de prestige : Robert Hossein, Richard Bohringer, Victoria Abril, Sylvain Chomet, Claude Duty, Bernard Menez, André Gardies, l’équipe de Golden Moustache, Abd al Malik pour l’ouverture et Jean-Pierre Mocky pour présider le tout. Parmi les films prévus, des courts-métrages réalisés en “48h-chrono-tourné-monté”, une nuit longs-métrages et une soirée Youtubeurs. Moteur ! En Sud Ardèche du 30 mai au 5 juin www.festivalfilm07.info

Continuer à lire

Encore heureux

ECRANS | De Benoît Graffin (Fr, 1h33) avec Sandrine Kiberlain, Édouard Baer, Bulle Ogier…

Vincent Raymond | Mardi 26 janvier 2016

Encore heureux

Quand des petits-bourgeois s’attellent à l’écriture d’une comédie vaguement sociale (chacun des mots mérite d’être pesé : on suit ici une famille dont le père, cadre sup’ au chômage depuis deux ans, squatte un studio des beaux quartiers parisiens) en faisant l’économie d’un script doctor, la vraisemblance et la dignité en prennent pour leur grade. Quelques exemples à la volée ? L’histoire est censée se passer autour du réveillon de Noël, de surcroît en week-end ; or tout est ouvert fort tard, y compris les administrations, qui n’hésitent pas à menacer d’expulsion… en pleine trêve hivernale. Un besoin urgent d’argent se fait sentir ? La mère s’en va troquer ses faveurs contre un chèque auprès d’un bellâtre de supérette — ah, le romantisme de la prostitution occasionnelle ! Même en ajoutant un macchabée voyageur en guise d’hypothétique ressort (au point où l’on en est...), le scénario continue de tirer à hue et à dia, atteignant à peine la cheville brisée de la moindre pochade d’humour noir belge. Miséricorde pour les comédiens, ils devaient avoir faim. VR

Continuer à lire

Sol'en Films : une certaine idée du cinéma engagé

ECRANS | En des temps éraflés par la barbarie, la chaleur humaine s’impose plus que jamais à nous. Et la solidarité, comme un corolaire nécessaire à la devise républicaine (...)

Vincent Raymond | Mardi 24 novembre 2015

Sol'en Films : une certaine idée du cinéma engagé

En des temps éraflés par la barbarie, la chaleur humaine s’impose plus que jamais à nous. Et la solidarité, comme un corolaire nécessaire à la devise républicaine "liberté, égalité, fraternité". Alors que s’achève la Semaine de la Solidarité, Sol’en Films, lui, ne fait que débuter. Organisé par le Collectif des Associations de Développement en Rhône-Alpes au sein du réseau des salles indépendantes du GRAC, ce festival place en regard cette année deux thématiques : l’une dédiée aux "changements climatiques et [au] développement durable", totalement en phase avec l’ouverture de la COP 21 ; l’autre à la Tunisie, pays à l’honneur. Documentaires, fictions, films d’animation, projections assorties de rencontres… toutes les séances présentées dans le cadre de ce rendez-vous constituent des arguments (certains naïfs, d’autres objectifs) en faveur d’une modification urgente de paradigme. La Glace et le Ciel nous oblige à réfléchir à l’effet de serre, Tante Hilda (malgré ses défauts) à la place concédée au végétal dans notre société, Discount à notre rapport à la grande distribution ; Regar

Continuer à lire

Au Transbo, Radio Nova fait sa Nuit Zébrée

MUSIQUES | Au moment où vous lirez ces lignes, les places encore disponibles pour la prochaine Nuit Zébrée (vendredi 27 novembre au Transbordeur), soirée annuelle (...)

Benjamin Mialot | Mardi 24 novembre 2015

Au Transbo, Radio Nova fait sa Nuit Zébrée

Au moment où vous lirez ces lignes, les places encore disponibles pour la prochaine Nuit Zébrée (vendredi 27 novembre au Transbordeur), soirée annuelle (auto-)célébrant l’éclectisme bon enfant de Radio Nova, devraient se compter sur les doigts d'une main – voire d'un moignon. Rien de très surprenant à cela quant on sait qu'elles sont à retirer gratuitement auprès des disquaires partenaires de l'événement. D'autant que l'affiche de cette troisième édition lyonnaise brille plus encore que les précédentes par son starpower et son potentiel festif. On pourra en effet y entendre les chansons viscérales et baroques de Mansfield.TYA, prendre une leçon de groove nord-africain avec la diva soudanaise Alsarah et ses Nubatones et voir l'insatiable Joeystarr enfiler son tout nouveau costume de Caribbean Dandee, du nom du projet dancehall (sidekick à dreadlocks et soundsystem inclus) qu'il a mûri au grand air chargé de particules psychotropes de la Jamaïque. Y compris le booty vissé sur son canapé, le tout étant retransmis en direct sur Nova, évidemment, mais aussi sur sa petite sœur locale RTU. Heureux les retardataire

Continuer à lire

Le Festival du Film Court, premier sur le renouvellement

ECRANS | ​Lancé à l’aube des années 1980 à Gerland puis installé dans la foulée au Zola de Villeurbanne, le Festival du Film Court a connu de nombreuses métamorphoses. Mais il demeure, à 36 ans, un phare précieux pour révéler les nouvelles générations. Et transmettre le témoin…

Vincent Raymond | Mardi 10 novembre 2015

Le Festival du Film Court, premier sur le renouvellement

Il faut avoir de l’endurance oculaire lorsque l’on appartient au comité de sélection villeurbannais : cette année, ces passionnés ont eu à se prononcer sur près de 1 300 courts métrages inscrits en présélection dans la section principale, la compétition européenne. C’est donc la quintessence de la production 2014-2015 qui a été retenue, soit 38 œuvres réparties en 7 programmes — auxquelles s’ajoute un bonus : une "séance de rattrapage" offerte à 5 films à la lisière de la sélection, méritant d’être vus même s’ils ne concourent pas pour un prix. Beaucoup de films, mais surtout «plus de cinéma en compétition que les années précédentes précise Laurent Hugues, le directeur des festivals, car ce n’est pas la même chose. Faire du cinéma, c’est employer un langage spécifique pour raconter une histoire, pour la véhiculer et caractériser ses personnages.» Un langage, mais aussi plusieurs idiomes, pourrait-on compléter, tant grande est la diversité des formes rassemblées durant la dizaine festivalière : certes, le documentaire est absent et la fiction dominatrice, cependant que l’expérimental possède son représentant et l’animation compose le cinquième de la sé

Continuer à lire

À l'Auditorium, les frères Lumière crèvent l'écran

ECRANS | Au commencement était le Cinématographe Lumière… Et plusieurs centaines de "vues" de 17 mètres filmées entre 1895 et 1905, sur lesquelles le temps a exercé (...)

Benjamin Mialot | Mardi 22 septembre 2015

À l'Auditorium, les frères Lumière crèvent l'écran

Au commencement était le Cinématographe Lumière… Et plusieurs centaines de "vues" de 17 mètres filmées entre 1895 et 1905, sur lesquelles le temps a exercé sa coupable entreprise, marquant ces très courts métrages de son sceau destructeur. Longtemps on crut que cette empreinte serait irréversible ; puis les outils numériques sont arrivés, permettant toutes les sorcelleries réparatrices. Plus d’un siècle après avoir été tournés, 114 de ces films bénéficient donc d’une nouvelle jeunesse. Un coffret DVD/BluRay (FranceTV Distribution) permet de les visionner à loisir chez soi, et une soirée de prestige à l’Auditorium le 29 d’en restituer la magie comme l'originalité sur grand écran — car, rappelons-le, le Cinématographe se distingua de ses concurrents contemporains par la projection publique. Accompagnés par le piano de Romain Camiolo et les commentaires érudits, piqués d’anecdotes, de Thierry Frémaux, les films seront montrés dans la splendeur de leur restauration 4K (le haut standard numérique actuel). Outre les indispensables Sortie d’usine et ses mul

Continuer à lire

Rentrée cinéma : du côté des festivals

ECRANS | Si le festival Lumière ouvre le bal des festivals de l’automne, une cohorte de rendez-vous se pressera dans son sillage, célébrant toutes les (...)

Vincent Raymond | Mardi 1 septembre 2015

Rentrée cinéma : du côté des festivals

Si le festival Lumière ouvre le bal des festivals de l’automne, une cohorte de rendez-vous se pressera dans son sillage, célébrant toutes les formes de cinéma. Ça va aller vite, autant être prévenu. Lumière s’achèvera en effet avec l’ouverture des vacances de la Toussaint… et donc le lancement du festival Les Toiles des Mômes dans les salles du GRAC (du 17 octobre au 1er novembre). Dédié au jeune public, complété par des animations, ce rendez-vous autrefois baptisé Toiles des Gones prend du galon en dépassant les frontières de la Métropole. Aux mêmes dates, Ciné Filou sillonnera les Monts du Lyonnais. Le cinéma Les 400 Coups de Villefranche accueillera ensuite la 20e édition de ses Rencontres du Cinéma Francophone (du 9 au 15 novembre) avec son lot d’avant-premières présentées par leurs auteurs, précédant le doyen des festivals de l’agglomération, l’incontournable 36e Festival du film Court de Villeurbanne au Zola (13 au 22 novembre). Plus discret, mais pas moins intéressant, Sol'enFilms programmera (dans les salles du GRAC à nou

Continuer à lire