Jonathan Caouette invité d'honneur d'Écrans Mixtes

Festival | Septième édition pour Écrans Mixtes, qui convie Jonathan Caouette en guise d'invité d'honneur d'une édition où l'on croisera l'ombre de Jean Genet comme "Priscilla Folle du désert".

Julien Homère | Mardi 7 mars 2017

Photo : Poison © Zeitgeist Films


Les coupes budgétaires de la Région n'auront pas eu la peau d'Écrans Mixtes : le festival a réussi à renforcer ses partenariats privés et publics pour cette 7e édition, sans atténuer son discours militant, ni réduire la voilure. Il offrira même une carte blanche à son homologue stéphanois Face à Face : solidaire dans l'adversité !

Invité d'honneur de la manifestation, Jonathan Caouette présentera son culte Tarnation, mais aussi Walk Away Renee et huit de ses court-métrages. Dans sa carte blanche, le réalisateur a choisi le premier film de Todd Haynes, Poison, hommage en trois actes à Jean Genet. Célébration identitaire, le festival cultive une ambition éducative, notamment via l'histoire de l'identité queer, retracée ici par le documentaire Alice Walker : Beauty in truth de Pratibha Parmar et Jeunes filles en uniforme de Leontine Sagan et Carl Froelich, œuvre pionnière et saphique dont Colette rédigea les sous-titres français en 1931.

En ouverture, moderne cette fois-ci, on trouvera l'avant-première du drame sud-africain Les Initiés, consacré à Sundance et à la Berlinade 2017, sur la persécution des homosexuels. Prolongeant la Queen Bitches Party au bar Les Feuillants, une note légère enchantera la clôture, puisque le trio de Priscilla Folle du désert travestira une nouvelle fois la réalité de ses couleurs dans une copie fraîchement restaurée, à l'occasion d'une soirée qui promet, elle aussi, d'être chamarrée.

Écrans Mixtes
Aux cinémas et Institut Lumière, Pathé Bellecour, Comœdia, Lavoir Public et divers lieux du mercredi 8 au mardi 14 mars


Tarnation

De Jonathan Caouette (2004, EU, 1h28) avec Jonathan Caouette, Renée LeBlanc... Autoportrait de Jonathan Caouette, 31 ans, qui dès l'âge de 11 ans, décide de filmer la chronique chaotique de son enfance dans une famille texane. Il nous entraîne dans un tourbillon psychédélique à partir d'instantanés, de films d'amateur Super-8, de messages enregistrés sur répondeur, de journaux intimes vidéo, de ses premiers courts métrages et de bribes de la culture pop des années 80, accompagnés de scènes reconstituées, pour tracer le portrait d'une famille américaine éclatée par de multiples crises mais réunie par la force de l'amour.
Institut Lumière 25 rue du Premier-Film Lyon 8e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Walk away Renée

De Jonathan Caouette (Fr-ÉU, 1h30) avec Jonathan Caouette, Joshua Caouette... En compagnie de sa mère, Renée, qui souffre d'importants troubles mentaux, le réalisateur Jonathan Caouette entreprend un voyage à travers les États-Unis, pour la déménager de Houston à New York...
Lumière Terreaux 40 rue du Président Édouard Herriot Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Poison

De Todd Haynes (1991, EU, 1h30) avec Millie White, Anne Giotta...
Un essai en forme d'hommage à Jean Genet, contant en trois volets, trois petites histoires sur la déviance sous toutes ses formes : "Héros", ou comment un garçon de 7 ans en arrive à tuer son beau-père ; "Horror" ou comment un scientifique désireux de percer le mystère de la libido devient accidentellement un meurtrier ; "Homo", ou l'histoire d'amour entre deux prisonniers. Institut Lumière 25 rue du Premier-Film Lyon 8e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Ça va mieux en dix ans ?

Écrans Mixtes | Projections, masterclass, rencontres-débats, soirées, invités et invitées de prestige… La dixième édition d’Écrans Mixtes est un îlot de réjouissances dans un océan d’incertitudes sociétales.

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

Ça va mieux en dix ans ?

Une décennie… Déjà le temps de faire des bilans. Pas uniquement celui d’un festival qui s’emploie depuis ses débuts à effectuer des rétrospectives, à désinvisibiliser des œuvres placées sous le boisseau par une censure qui n’en assume pas le nom comme à révéler les films de demain dans de multiples avant-premières (trois cette année, sans parler de la kyrielle d’inédits). Le bilan aussi d’un contexte sociétal : celui d’un monde où malgré l’adoption du mariage pour tous, une récente étude de l’association Autre Cercle révèle qu'une personne LGBT sur quatre a été victime d’au moins une agression LGBTphobe dans son milieu professionnel ; où l’association SOS homophobie signale une “progression alarmante du nombre d’agressions“ qui lui ont été signalées (231 en 2018) ; où

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Eaux sales et salauds : "Dark Waters"

Le Film de la Semaine | Quand des lanceurs d’alertes et la Loi peuvent faire plier une multinationale coupable d’avoir sciemment empoisonné le monde entier… Todd Haynes raconte une histoire vraie qui, étrangement, revêt une apparence patinée dans l’Amérique de Trump.

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

Eaux sales et salauds :

Tout juste promu associé dans un cabinet d'affaires spécialisé dans la défense des grosses firmes, un jeune avocat est sollicité par un fermier voisin de sa grand-mère désireux d'attaquer le chimiquier DuPont qu'il accuse de polluer son sol. Combat du pot de fer contre le pot de terre empoisonnée… Paranoïaques, attention ! Si vous ne suivez pas assidument la chronique judiciaire ni les publications scientifiques d’outre-Atlantique, vous ignoriez peut-être qu’un sous-produit de synthèse omniprésent dans notre quotidien (des batteries de cuisine aux vêtements en passant par les moquettes), miraculeux du fait de ses propriétés anti-adhésives, présentait le *léger* inconvénient de ne pas être dégradé par le vivant tout en provoquant des dommages considérables à la santé. Et que les sociétés l’ayant commercialisé, en toute conscience, avaient préféré arbitrer selon l’équation bénéfices/risques — bénéfices en dollars, évidemment. Nouvelles révélations Nul ne pourra accuser

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John Waters : « je crois que mes films sont politiquement corrects »

Écrans Mixtes | Dandy malicieux et provocateur, John Waters est une figure essentielle du cinéma underground puis indépendant étasunien. Son œuvre trans-courants et trans-genres (à tous points de vue) a fait de lui LE représentant de la comédie queer. Affublé du réducteur surnom de “pape du trash“, il est surtout un grand cinéaste. À l’honneur à Lyon. [Traduit de l'anglais par Lauranne Renucci & Vincent Raymond]

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

John Waters : « je crois que mes films sont politiquement corrects »

Comment devient-on John Waters, et surtout, comment parvient-on à le rester dans une industrie qui transforme l’underground en mainstream ? John Waters : Quand vous dites John Waters, vous voulez dire « un réalisateur aussi connu pour avoir fait plein d’autres trucs ? » (rires). Je suis devenu John Waters parce que je ne savais pas ce que j’aurais pu faire d’autre ! À 12 ans, je savais déjà que je voulais être dans le show business. J’étais marionnettiste dans les goûters d’anniversaires d’enfants. Et j’ai découvert les films underground de Jonas Mekas — à l’époque, je tenais une rubrique cinéma dans un journal underground de New York. En écrivant à leur propos, je me suis dit que j’étais capable d’en faire. Je ne sais pas pourquoi je l’ai cru, mais je savais que je pouvais y parvenir juste parce que j’y croyais ! L’industrie du film m’intéressait : très jeune, je m’étais abonné à Variety. Cela m’a fait comprendre qu’il fallait un appât pour attirer les gens quand on n’avait pas d’argent et faire en sorte qu’ils écrivent à

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Téchiné et Waters pour les 10e Écrans Mixtes

Festival | Après la venue l’an passé du vétéran James Ivory, le festival LGBT+ lyonnais ne pouvait manquer la célébration de son premier millésime à deux chiffres. Il s’offre donc deux têtes d’affiches d’exception pour sa dixième édition (du 4 au 12 mars prochains) : André Téchiné et John Waters. Excitant !

Vincent Raymond | Vendredi 3 janvier 2020

Téchiné et Waters pour les 10e Écrans Mixtes

Honneur pour commencer à la figure internationale de John Waters. La rumeur de la venue du pape du cinéma trash (déjà récompensé d’un Léopard d’honneur à Locarno l’an passé) était depuis quelques mois persistante, elle se confirme autour de quatre projections (Pink Flamingos, Polyester — qu’on espère en odorama —, Cry Baby et Serial Mother) et d’une masterclass. Gageons qu’il sera question de la mémoire de Divine, emblématique interprète de son œuvre. Déjà présent en ouverture à travers Quand on a 17 ans en 2016, André Téchiné revient pour une rétrospective de sept films plus un documentaire de Thierry Klifa, ainsi que deux masterclass — dont une réservée aux étudiants de la CinéFabrique. Son film

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James Ivory, l’edwardien à l'écran d’argent

9e Festival Écrans mixtes | À l’aube de sa décennie, le festival du cinéma queer de Lyon monte en gamme en accueillant un vénérable pan de l’Histoire du 7e art, James Ivory. (...)

Vincent Raymond | Mardi 26 février 2019

James Ivory, l’edwardien à l'écran d’argent

À l’aube de sa décennie, le festival du cinéma queer de Lyon monte en gamme en accueillant un vénérable pan de l’Histoire du 7e art, James Ivory. Peintre assidu des mœurs britanniques et de l’époque edwardienne, adaptateur régulier de Forster ou d’Henry James, le cinéaste étasunien en a exploré les moindres recoins — flirtant parfois avec la redite, voire l’auto-caricature — dans une œuvre marquée par son goût pour les grandes passions entravées par le conformisme social, son idéalisation de l’Italie et de la jeunesse. De Maurice (photo) à Call me by your name (dont il a signé le scénario, et qui lui a valu un Oscar), en passant par Chambre avec vue, Ivory est devenu l’un des plus féconds créateurs d’icônes — pour ne pas dire de mèmes — romantico-gays contemporains. On s’étonne encore que le Tadzio de Mort à Venise lui ait échappé ! Écrans Mixtes lui consacre donc une rétrospective en huit films, où flottera fatalement l’esprit de Ismail Merchant, son défunt alter ego et compagnon.

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Bruce LaBruce et Monika Treut à Écrans Mixtes

Festival | Vincent Raymond & Aliénor Vinçotte

Vincent Raymond | Mardi 6 mars 2018

Bruce LaBruce et Monika Treut à Écrans Mixtes

Labourant de plus en plus le terrain cinéphilique en programmant des hommages et de solides rétrospectives, Écrans Mixtes nous conduit à opérer d’étonnants constats. Ainsi, l'excellent choix de projeter Jeanne et le garçon formidable en ouverture, histoire de célébrer les vingt ans de cette comédie musicale (la première à inscrire sans romantisme malsain le sida dans un film populaire en France), nous rappelle que les auteurs Ducastel & Martineau n’ont jamais su depuis retrouver la grâce de ce coup d’essai. Tout le contraire de João Pedro Rodrigues, invité d’honneur, dont le magique L’Ornithologue (2016) avait balayé le très vain opus inaugural O Fantasma (2000). Le réalisateur portugais donnera en sus une masterclass. D’autres cinéastes sont attendus, telle l’icône allemande Monika Treut qui accompagnera notamment Virgin Machine. Ou le très attendu (car dérangeant) Bruce LaBruce, officiant à la lisière entre le regular, l’underground et le porno — Hustler White avait, en 1996, décontenancé bien des publ

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Lettre de Cannes #1

Festival de Cannes 2017 | Où  j'ai vu des portiques de sécurité, un film très noir et très fort de Zviaguintsev, et un beau film premier degré de Todd Haynes.

Christophe Chabert | Vendredi 19 mai 2017

Lettre de Cannes #1

Cher Petit Bulletin, M'y voici de nouveau, au soleil de Cannes, pour y humer l'air du temps cinématographique et y humer l'air tout court d'une Côte d'Azur désormais meurtrie par trop de jardinières géantes décourageant badauds et camions de se rencontrer en une étreinte assassine. Le Festival de Cannes fête son 70e anniversaire en étalant à son générique les noms de ses chers cinéastes disparus et en transformant chaque avant-projection en une vaste zone de sécurité pour aéroport : déposons donc quatre fois par jour nos clés, portefeuilles et téléphones avant de franchir de peu esthétiques portiques magnétiques ; ouvrons nos sacs pour en supprimer tout élément dangereux, à commencer par la crême solaire en tube, nous laissant ainsi plus de chances de mourir d'un mélanome que d'un attentat terroriste — pléonasme assumé. Ainsi, l'honneur est sauf car, comme disait Claudette Colbert dans La Huitième femme de Barbe-Bleue, avec l'accent français s'il vous plait : "Don't blame it on the Riviera". De plus, entre le moment où j'ai récupéré mon accréditation et celui où le festival a été officiellement déclaré ouvert, s'est produit un élément d'ampleur stratosphériq

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Genet, acteur politique

SCENES | Spécialiste du théâtre politique et militant, Olivier Neveux, professeur à l'ENS, se penche sur le cas Jean Genet dans un concis et implacable ouvrage où il (...)

Nadja Pobel | Mardi 22 novembre 2016

Genet, acteur politique

Spécialiste du théâtre politique et militant, Olivier Neveux, professeur à l'ENS, se penche sur le cas Jean Genet dans un concis et implacable ouvrage où il revient spécifiquement sur l’œuvre théâtrale de l'auteur (aux éd. Ides et Calandes), certes très connue et jouée (Les Bonnes, Les Nègres), parfois lissée aussi. Il éclaire ces textes par leur noirceur, cette "irréconciliation" qui les tend, et par la sorte de rage qui les sous-tend. Ce Jean Genet est aussi plus globalement une ode au théâtre et au spectateur rendu par un de ses plus sagaces observateurs. Olivier Neveux À la librairie Terre des Livres le samedi 26 novembre à 15h

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Écrans mixtes : allons-y gaiement !

ECRANS | Pour sa 6e édition, le festival de cinéma queer lyonnais affirme son attachement à la production hexagonale en conviant deux films très attendus pour leurs (...)

Vincent Raymond | Mercredi 2 mars 2016

Écrans mixtes : allons-y gaiement !

Pour sa 6e édition, le festival de cinéma queer lyonnais affirme son attachement à la production hexagonale en conviant deux films très attendus pour leurs premières françaises : Théo et Hugo dans le même bateau du duo Ducastel & Martineau en ouverture ; et surtout Quand on a 17 ans d’André Téchiné en clôture. Disons le tout net, c’est le second, œuvre de maturité (co-scénarisée par Céline Sciama, attendue le 8 mars) et témoignant d’une nouvelle jeunesse de l’auteur de J’embrasse pas qui devrait le plus enthousiasmer. Entre ces deux exclusivités nationales, Écrans mixtes propose la première rétrospective intégrale Alain Guiraudie, en sa présence. L’occasion de reprendre le parcours de ce poète militant, vif défenseur de toutes les minorités en terres rurales, dont la démarche intègre a donné lieu à une filmographie cohérente. Certes, Le Roi de l’évasion ou Pas de repos pour les braves sont plus aboutis et mieux joués que Ce vieux rêve qui bouge ou Voici venu le temps, mais la mise en

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Cannes 2015, jour 5. Oh ! Carol…

ECRANS | "Carol" de Todd Haynes. "Mon roi" de Maïwenn. "Plus fort que les bombes" de Joachim Trier. "Green Room" de Jeremy Saulnier.

Christophe Chabert | Lundi 18 mai 2015

Cannes 2015, jour 5. Oh ! Carol…

Il fait beau et chaud sur Cannes, et tandis que les plagistes ont les pieds dans l’eau, les festivaliers continuent de macérer dans une mare de sueur, brûlant au soleil de files d’attente désespérées, rabrouant les resquilleurs, espérant secrètement découvrir de beaux films. À la mi-temps du festival, on est encore dans l’expectative. Il faut dire que des films, on n’en voit moins que les années précédentes, et surtout que l’on se concentre sur les films événements. A perdre chaque jour entre trois et cinq heures à attendre, on doit forcément sacrifier la part de découverte pourtant essentielle à la manifestation. D’où l’impression d’assister à une grande preview des films importants de l’automne, plus qu’à une compétition en bonne et due forme. Carol : Tood Haynes sublime le mélodrame Si toutefois on devait jouer le jeu des pronostics, on dirait que Carol de Todd Haynes ferait une très belle Palme d’or. Ce n’est pas ce qu’on a vu de mieux dans ladite compétition — Le Fils de Saul a notre préférence — mais il marque une étape décisive dans la carrière d’un cinéaste plutôt rare, dont chaque œuvre était jusqu’ici pétrie de contradic

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Écrans Mixtes se fait un Grec

ECRANS | Cinquième bougie pour Écrans Mixtes, le festival de films LGBT, et jolie édition 2015 avec comme invité d’honneur le cinéaste grec Panos H. Koutras et des films inédits aussi pertinents sur leurs sujets que surprenants dans leurs formes. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 3 mars 2015

Écrans Mixtes se fait un Grec

Queer, festif, décalé, militant : Écrans Mixtes, le festival LGBT fête ses cinq ans avec à son frontispice ses adjectifs-là ; en 2015, il paraît plus que jamais au cœur des questions contemporaines, et pas seulement celles directement liées à l’homosexualité. Ainsi, l’invitation faite au cinéaste grec Panos H. Koutras n’est pas le moindre des symboles — même si sa venue a été annoncée avant la victoire de Syriza aux dernières élections. Koutras a bâti en quatre films une œuvre qui balance entre réalisme et fantaisie, tradition et modernité : de ce faux film Z qu’était L’Attaque de la moussaka géante au road-movie Xenia, Odyssée d’aujourd’hui à travers une Grèce dévorée par la crise et la violence, le cinéaste se plaît à empoigner les mythes, les sujets et les genres pour les passer au prisme d’une modernité queer. Écrans mixtes propose l’intégrale de ses films — dont l’inédit Real Life, tourné en 2004 — et lui a laissé carte blanche. Il a donc choisi deux films : le classique Stella, femme libre de Michael Cacoyannis — auquel son propre Strella rendait hommage — qu’il présentera à

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Écrans mixtes : feux d’artifices et amours monstres

ECRANS | Une nouvelle édition du festival LGBT Écrans Mixtes avec une journée consacrée aux femmes, des avant-premières dont le dernier et beau film de Bruce La Bruce, du documentaire et un hommage à Kenneth Anger… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 4 mars 2014

Écrans mixtes : feux d’artifices et amours monstres

Déjà quatre ans que le festival Écrans mixtes tente d’inscrire à Lyon une manifestation cinématographique L(esbian) G(ay) B(i) T(rans) majeure, à l’instar de celles, bien installées dans la région, que sont Vues d’en face à Grenoble et Face à face à Saint-Étienne. Avec quelques particularités, notamment un goût prononcé pour l’esthétique queer et l’envie de mettre en perspective l’actualité de ce cinéma avec son passé. Ce sera d’ailleurs un des événements de l’édition 2014 : un hommage à Kenneth Anger, cinéaste qui, après avoir longtemps été rangé dans la catégorie "expérimental", en sort peu à peu à mesure où des cinéastes mainstream viennent en repomper l’esthétique — comme Nicolas Winding Refn dans Drive ou Oliver Stone dans Tueurs nés. Autre facteur de reconnaissance : la traduction (tardive, puisque le livre date des années 50 !) l’an dernier de son génial bouquin Hollywood Babylon, où Anger raconte la fondation de la Mecque du cinéma par ses scandales sexuels, ses ragots et ses destins funestes, le tout avec une verve hallucinant

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Travellings et travelos

ECRANS | Nouvelle édition du festival Écrans mixtes qui met les travestis à l’honneur de sa sélection de cinéma gay, bi et lesbien, avec hommage, invités et événements, dont une séance appelée à faire date autour du "Rocky horror picture show". Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 28 février 2013

Travellings et travelos

L’an dernier, le festival Écrans mixtes avait frappé fort avec sa rétrospective John Waters, cinéaste qui avait su faire l’unanimité auprès des cinéphiles amateurs de transgressions. Disons-le, pas d’aussi gros morceau en 2013, et le choix du thème annuel — Sweet transvestite — donne lieu à un panorama hétéroclite un peu fourre-tout, avec documentaires cultes et fictions où la question du travestissement est parfois de l’ordre du clin d’œil. On s’amusera d’ailleurs à voir revenir Divine, acteur-trice fétiche de John Waters, dans un film non signé par son mentor, mais par l’iconoclaste Paul Bartel, dont un autre festival bien aimé (Hallucinations collectives) avait osé une jolie rétrospective il y a deux ans : Lust in the dust, une parodie de western foutraque dans le pur style Bartel, mélange d’outrances et de références bis.   Éclaboussures Pour le cinquantenaire de la mort du peintre-poète-romancier-cinéaste Jean Cocteau, le festival présente un hommage en trois temps. D’abord un documentaire de Jean-Paul Fargier, puis une conférence d’Henry Gidel, biographe de Cocteau, les deux à la MLIS de Villeurbanne. Ensuite, au CNP Terreaux, pr

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Hospitalité bavaroise

ECRANS | Si l’on en croit Scènes de chasse en Bavière, que Peter Fleischmann réalise en 1969 d’après la pièce de Martin Sperr, il ne faisait pas bon être une jeune fille (...)

Christophe Chabert | Dimanche 4 mars 2012

Hospitalité bavaroise

Si l’on en croit Scènes de chasse en Bavière, que Peter Fleischmann réalise en 1969 d’après la pièce de Martin Sperr, il ne faisait pas bon être une jeune fille libérée, un étranger ou un homosexuel dans la campagne allemande de l’époque. Dire que l’on est surpris par ce constat serait être un peu de mauvaise foi, et l’intérêt du film n’est pas tellement dans sa démonstration que dans l’incroyable violence avec laquelle elle s’abat à l’écran. Tout est parfait, pourtant, dans cette communauté pieuse d’agriculteurs et d’éleveurs. Le maire va être réélu, les enfants jouent, on badine avec les filles dans les champs. Mais le retour d’Abram (Martin Speer lui-même) fait ressurgir toutes les rancœurs : il sort de prison, on l’accuse d’être «pédé», la belle Hannelore prétend qu’il l’a mise enceinte. On ne saura jamais si tout cela est vrai, car Abram refuse tout aveu face aux brimades répétées. Mais plus il se tait, plus la brutalité se déchaîne. Fleischmann organise à l’écran, dans un noir et blanc charbonneux un incroyable chaos où l’on éprouve plus d’empathie pour un cochon égorgé que pour les villageois frustres et méchants aux trognes déformées par la haine. La sc

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Le port de la drague

ECRANS | Manifestations quotidiennes pendant le tournage, protestations véhémentes des associations gays, ajout d’un carton introductif tentant maladroitement de (...)

Christophe Chabert | Jeudi 1 mars 2012

Le port de la drague

Manifestations quotidiennes pendant le tournage, protestations véhémentes des associations gays, ajout d’un carton introductif tentant maladroitement de dédouaner le film de toute homophobie… C’est peu dire qu’à l’époque (1981), Cruising de William Friedkin n’avait pas été goûtée par la communauté homosexuelle américaine. Trente ans plus tard, non seulement sa présence dans un festival de cinéma gay ne surprendra personne, mais le film paraît avec le recul un témoignage crucial et unique dans le cinéma mainstream d’un monde qu’Hollywood se refusait encore à représenter dans ses fictions. En l’occurrence, celui des pédés cuirs de San Francisco, où le culte de la virilité va de pair avec le port de la moustache. L’intrigue principale montre un flic hétéro (Al Pacino, si mal à l’aise avec le rôle qu’il n’a plus jamais voulu entendre parler du film) traquer un serial killer qui choisit ses victimes dans les clubs gays, en allant à son tour draguer dans les boîtes pour identifier le criminel. Mais Friedkin ne s’intéresse jamais vraiment au thriller, d’une nonchalance totale. Cinéaste de la circulation du mal, il fouille les névroses de ses personnages, source d’une

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La contre-culture dans les Waters

ECRANS | Connu pour son sens du mauvais goût, John Waters a enfin droit à l’hommage qu’il mérite avec une rétrospective de son œuvre au cours du festival Écrans mixtes. Où la question du cinéma gay sera déclinée à travers des films aussi divers que passionnants. Textes : Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 1 mars 2012

La contre-culture dans les Waters

Il fut un temps (que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, même s’ils ont téléchargé comme des malades sur Megaupload) où le cinéma avait une fonction subversive. Si, si… Une époque où des cinéastes se contrefoutaient de tourner avec quatre dollars cinquante, persuadés que cette contrainte-là leur autorisait toutes les libertés. Mieux encore : leur marginalité leur permettait de s’adresser directement aux vrais marginaux, quand ils ne les montraient pas sur l’écran. Et, cerise sur le gâteau, leurs films faisaient figure de gros fuck lancé à la face du cinéma commercial, dont ils n’hésitaient pas à détourner dans une version underground et satirique les pires clichés. Leur pape s’appelait John Waters et derrière son élégance (costard impeccable et moustache finement taillée) se cachait un sens admirable du mauvais goût et de la vulgarité. Un gentleman punk — et gay. Divine mais dangereuse La réputation de John Waters commence avec son troisième long-métrage, Pink flamingos (1972) qui va devenir un classique des Midnight movies, ces films diffusés le week-end à minuit mais qui tiennent l’affiche pendant des années. Cela fait

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«Ils ne pensaient pas qu’un blanc ait pu écrire ce genre de choses»

SCENES | Entretien / Emmanuel Daumas, comédien et metteur en scène talentueux formé à l'École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre, à Lyon, présente les Nègres de Jean Genet. Ou l’aboutissement d’un projet de longue date. Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 6 juin 2011

«Ils ne pensaient pas qu’un blanc ait pu écrire ce genre de choses»

La GenèseVoilà cinq ans qu’Emmanuel Daumas préparait sa participation aux Nuits de Fourvière. L’un des enjeux de sa mise en scène des Nègres était de développer une véritable collaboration avec l’Afrique. Emmanuel Daumas : «Les Nègres, c’est un projet qui s’est fabriqué sur le long terme. C’est un projet global, pas un spectacle pittoresque sur l’Afrique. Le spectacle a été créé à Cotonou avec treize acteurs, dont 12 Béninois» Genet et l’AfriqueED : «Je ne sais pas si Genet connaissait bien l’Afrique noire, mais la première didascalie des Nègres fait référence à la lumière, aux néons. Or, j’ai été marqué par les lumières en Afrique, très différentes de ce que l’on connaît en Europe. J’ai donc pris Genet au pied de la lettre et tout éclairé au néon». L’Afrique et GenetED : «Au Bénin, Jean Genet est un inconnu, aussi inconnu que sa pièce, Les Nègres. Les acteurs avec lesquels je travaille étaient étonnés, ils ne pensaient pas qu’un blanc ait pu écrire ce genre de choses». L’Afrique et les AfricainsED : «Les Nègres est une pièce qui joue en permanence avec les clichés. Les personnages passent leur temps à dir

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Le Condamné à mort

SCENES | Emprisonné à Fresnes, Jean Genet (1910-1986) écrit en 1942 "Le Condamné à mort", long texte poétique et érotique, et première publication de l'écrivain. Il (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 3 juin 2011

Le Condamné à mort

Emprisonné à Fresnes, Jean Genet (1910-1986) écrit en 1942 "Le Condamné à mort", long texte poétique et érotique, et première publication de l'écrivain. Il s'inspire du personnage de Maurice Pilorge, jeune homme guillotiné en 1939 pour meurtre, autour duquel Jean Genet fantasme, digresse, invente, imagine même une amitié fictive... Ce texte superbe et puissant emprunte autant à Baudelaire ou à Rimbaud qu'aux faits divers du journal "Détective". «Soixante-six strophes de quatre à cinq vers d'un raffinement suprême et d'une extrême crudité, trouant d'insanités de somptueux alexandrins, mariant l'argot des rues à la grande langue classique, mêlant indistinctement le masculin et le féminin, le sacré et le blasphème, le sexe et la prière», résume Albert Dichy. Dans les années 1960, Hélène Martin mit en musique ce texte de Genet, et c'est sa version, avec quelques arrangements supplémentaires, que reprennent Jeanne Moreau et Étienne Daho avec ses musiciens. Le duo créé pour l'occasion (un spectacle entre concert et lecture, et un CD sorti en 2010) peut paraître surprenant, mais fonctionne en réalité à merveille avec le texte de Genet. La voix parlée, rauque et lente de Jean

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Films de genres

ECRANS | Lyon a enfin son festival de cinéma gay, lesbien, bi et trans : Écrans mixtes a choisi de visiter l’Histoire de ce cinéma plutôt que son actualité, notamment via une heureuse rétrospective autour de Gregg Araki. CC

Christophe Chabert | Jeudi 24 février 2011

Films de genres

Saint-Étienne et Grenoble avaient depuis longtemps leur rendez-vous annuel consacré au cinéma gay (au sens large du terme) ; à Lyon, l’association Écrans mixtes, qui s’était fait remarquer par ses nombreuses avant-premières, mijotait depuis un moment son festival. Le voilà en ce début du mois de mars, et il réserve quelques surprises. On pouvait penser qu’Écrans mixtes irait fouiner du côté des œuvres récentes abordant, de près ou de loin, la question de l’homosexualité ; cette part de nouveautés ou d’inédits est réduite à la portion congrue, même si on y trouve au moins un petit événement à ne pas rater : la projection en séance de minuit du dernier film de Bruce LaBruce, le plus original et percutant des cinéastes de porno gay. Après son excellent "Hustler White", faux documentaire très cul et très drôle, LaBruce a semé son sens du hard dans le cinéma de genre, et cela aboutit aujourd’hui à "L.A. Zombie", le premier film gore, porno et gay ! Le zombie du titre est incarné, dans tous les sens du terme, par François Sagat, sans doute plus à l’aise ici que dans la daube de Christophe Honoré "Homme au bain". Interdit aux moins de 18 ans, pour pas mal de raisons !

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I'm not there

ECRANS | I'm not there : le titre d'une chanson de Dylan, mais aussi le premier rébus d'un film à clé particulièrement bien verrouillé... I'm not her, I'm not he, I'm (...)

| Mercredi 5 décembre 2007

I'm not there

I'm not there : le titre d'une chanson de Dylan, mais aussi le premier rébus d'un film à clé particulièrement bien verrouillé... I'm not her, I'm not he, I'm other : ici, Dylan n'est ni un homme, ni une femme, les deux peut-être, un autre sûrement, jamais appelé par son nom, démultiplié en une myriade de personnages et d'acteurs différents incarnant ses «nombreuses vies». Todd Haynes prend soin de maquiller ces vies-là, en bousculant les formats et les genres : noir et blanc chic ou crado, couleurs chatoyantes ou volontairement ternes, western hors du temps, road movie, drame intimiste... Le tout mélangé selon un sens du montage musical et jamais chronologique. Dans son précédent film, Loin du paradis, Todd Haynes se nourrissait aussi au sein d'une référence esthétique, en l'occurrence les mélodrames de Douglas Sirk. Mais il n'en oubliait pas pour autant de raconter une histoire forte avec des personnages qui vivaient leur vie au-delà de ce mimétisme cinématographique. Dans I'm not there, il ne reste plus que le corpus référentiel, la collection d'images sonores copiées puis extrapolées ; un matériau tellement complexe et fétichiste qu

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