Métamorphoses : cinéma européen contemporain

Vincent Raymond | Mardi 6 juin 2017

Photo : © DR


Comment commémorer les soixante ans de la signature du Traité de Rome, prémisse de l'actuelle UE, sans tomber dans la pompe ni l'institutionnel ? En montrant, par exemple, que l'Europe n'est pas une froide instance impalpable et qu'elle s'incarne dans une création culturelle aussi tangible que diverse. Sous le titre Métamorphoses (Ovide apprécierait l'hommage), les Cinémas Lumière proposent un panorama du cinéma européen contemporain conjuguant un florilège de films (pour la plupart inédits et souvent laurés) agrémentée de nombreuses rencontres avec leurs auteurs.

Parmi les douze œuvres présentées (longs et courts-métrages confondus), signalons l'avant-dernier Fatih Akin, Tschick (le suivant venant d'être montré en sélection à Cannes) choisi pour l'ouverture mercredi 7 à 18h15, représentant l'Allemagne. Le même soir à 20h30, le cinéaste polonais Jan P. Matuszynski accompagnera The Last Family, primé à Locarno. Pour l'Italie, Marco Segato sera présent le lendemain avec La Pelle dell'Orso, récompensé à Annecy le lendemain.

Vendredi 9, Jonas Trueba aura la lourde tâche de représenter le cinéma espagnol avec La Reconquista, le film qui lui a valu d'être distingué à Toulouse à CinéEspaña l'an dernier. Le documentaire Alentejo, Alentejo de Sérgio Tréfaut, meilleur film portugais IndieLisboa 2016, sera suivi par un concert des deux interprètes samedi 10 à 20h45. On attend avec beaucoup d'intérêt la venue du Roumain Cãlin Peter Netzer, le réalisateur de Mère et Fils (Ours d'Or 2013), qui assistera dimanche 11 à 18h15 à l'avant-première de son nouveau film Ana, mon amour, à nouveau au palmarès de la Berlinale cette année.

Enfin, pour boucler cette évocation non exhaustive, Anne Zohra Berrached effectuera en personne la clôture avec 24 semaines, à nouveau pour l'Allemagne. De quoi voir du pays.

Métamorphoses
Aux Cinémas Lumière Terreaux et Bellecour du 7 au 13 juin


Tschick / Goodbye Berlin

De Fatik Akin (All, 1h33) avec Anand Batbileg, Tristan Göbel... Alors que sa mère est en cure de désintoxication et son père en voyage d’affaires avec son assistante, le jeune Maik s’ennuie, seul dans sa villa, sans réussir à profiter de l’été. L’un de ses camarades de classe, Tschick, un jeune immigré russe et adolescent rebelle, l’entraîne alors dans une virée en dehors de la ville, aux commandes d’une voiture volée. Ainsi commence pour les deux garçons une aventure hors du commun dont ils se souviendront longtemps, pendant cet été que l’un comme l’autre ne sont pas près d’oublier.
Lumière Bellecour 12 rue de la Barre Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


The Last family

De Jan P. Matuszynski (Pol, 2h03) avec Andrzej Seweryn, Dawid Ogrodnik... Né en 1929, Zdzisław Beksiński, peintre surréaliste polonais connu pour ses inquiétantes œuvres post-apocalyptiques, est un artiste culte qui a peint des corps en décomposition et fantasmé d’ardentes expériences sexuelles SM. Réputé pour son vif sens de l’humour, il souffre également d’une peur maladive des araignées et s’occupe de sa mère malade. Son fils névrosé et suicidaire Tomasz est une idole de la radio comme DJ et un traducteur, à qui l’on doit notamment les versions polonaises des films des Monty Python. Sa femme Zofia, fervente catholique, supporte ces deux excentriques et maintient l’unité de la famille. Tandis que les parents tentent d’empêcher leur fils de se faire du mal, leur vie est régie par la peinture, une série d’expériences de mort imminente, des obsèques et les changements de tendance de la musique dance.
Lumière Terreaux 40 rue du Président Édouard Herriot Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


La Pelle Dell'Orso

De Marco Segato (It, 1h32) avec Lucia Mascino, Marco Paolini...
Dans les Dolomites, années 1950. mère nature règne sur ces montagnes tantôt hostiles, tantôt mystérieuses. Domenico, un jeune garçon de quinze ans, a grandi sur ces terres. Pietro, son père, est un homme usé par la vie, veuf, le dialogue avec son fils est quasi inexistant, son quotidien est rythmé par des silences et la boisson. Un soir dans le bar du village, Pietro tente le tout pour le tout : il parie 600 000 lires avec son chef peu scrupuleux qu'il tuera "El Diàol", le diable, l'ours que toute la population superstitieuse du lieu redoute. S'il échoue, il devra travailler un an pour lui sans rémunération. Lumière Terreaux 40 rue du Président Édouard Herriot Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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