Tenir tête à la méchanceté : "Wonder"

ECRANS | de Stephen Chbosky (E-U, 1h51) avec Jacob Tremblay, Owen Wilson, Izabela Vidovic…

Vincent Raymond | Mardi 19 décembre 2017

Photo : © Studiocanal / Dale Robinette


Auggie, dix ans, redoute un peu plus la rentrée des classes que ses camarades. Affligé d'une sévère déformation du crâne et du visage, il n'a en effet jamais été scolarisé. Le brillant garçonnet fera pourtant face aux moqueries et humiliations, avec l'aide des siens et de ses nouveaux amis…

On en voit à longueur d'année, de ces portraits plus ou moins ornés de l'estampille ”inspiré d'une histoire vraie”; de ces leçons de vie plus onctueuses et édifiantes les unes que les autres finissant toutes par la plus merveilleuse des concordes et l'harmonie humaniste. Sans échapper totalement à ce schéma (ah, l'insupportable musique standardisée, jouée au piano par trois doigts arthritiques, et qui souligne au lieu de susciter !), Wonder consent à de nombreux efforts pour ne pas être un tire-larmes bonne conscience de plus.

Car si Auggie est le héros, il n'est pas la seule “voix” d'un film raconté également par son entourage (ses copains, sa grande sœur, l'ancienne meilleure copine de celle-ci…) Ce choix de narration “diffractée” ne change rien à la place de l'enfant au centre du récit, puisque chaque intervenant tourne autour de lui et de sa différence ; il permet en revanche de s'ouvrir aux affects de ses proches, de sortir d'une vision trop égoïste ou parcellaire des choses. Un détail ? Pas vraiment : Stephen Chbosky met ainsi concrètement en application le message d'un film plaidant simplement pour l'altruisme et la gentillesse. Deux valeurs qui ne se démonétiseront jamais.


Wonder

De Stephen Chbosky (EU, 1h53) avec Jacob Tremblay, Julia Roberts... L'histoire de August Pullman, un petit garçon né avec une malformation du visage qui l'a empêché jusqu'à présent d'aller normalement à l'école. Aujourd'hui, il rentre en CM2 à l'école de son quartier. C'est le début d'une aventure humaine hors du commun. Chacun, dans sa famille, parmi ses nouveaux camarades de classe, et dans la ville tout entière, va être confronté à ses propres limites, à sa générosité de coeur ou à son étroitesse d'esprit. L'aventure d'Auggie finira par unir les gens autour de lui.
Cinéma CGR Brignais Rue de l'Industrie Brignais
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Ma vie avec John F. Donovan

ECRANS | Jeune acteur dans le vent, Rupert Turner raconte à une journaliste pète-sec dans quelles circonstances il entretint enfant une correspondance épistolaire (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

 Ma vie avec John F. Donovan

Jeune acteur dans le vent, Rupert Turner raconte à une journaliste pète-sec dans quelles circonstances il entretint enfant une correspondance épistolaire avec John F. Donovan, un autre comédien à l’existence torturée, et comment cet échange influa sur leurs destinées… Un petit saut de l’autre côté de la frontière et voici donc enfin (pour lui) Xavier Dolan aux manettes d’un film étasunien. Mais, outre la langue et donc les interprètes la pratiquant, point de métamorphose dans son cosmos : la structure nucléaire basique de son cinéma reste inchangée (une relation fusion/répulsion entre un fils et sa mère renforcée par l’absence du père, le sentiment teinté de culpabilité de se découvrir habité par des pulsions différentes de la “norme hétéro“, de la musique pop forte plaquée sur des ralentis, des éclats de voix…). Certes, le maniérisme formel est (un peu) mis en sourdine au profit de l’histoire — elle mérite toute l’attention de l’auteur, puisqu’il s’agit d’un enchâssement de récits —, mais il demeure quelques facilités consternantes empesant inut

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Tchaïkovski et féérie à l'Auditorium

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Sébastien Broquet | Mardi 11 décembre 2018

Tchaïkovski et féérie à l'Auditorium

C'est en compagnie de Piotr Ilyitch Tchaïkovski que l'Auditorium nous convie à passer le réveillon cette année. Fruit d'une nouvelle production spécialement conçue pour les fêtes, ce spectacle scénographié par Véronique Seymat (également costumière de renom, nominée aux Molière en 2001) et Laurent Castaingt (spécialiste des lumières, lui aussi fut nominé, trois fois, dans ce cadre aux Molière) pioche dans le répertoire de l'éclectique compositeur russe, incarnation du romantisme, avec au programme les airs les plus connus de ses trois ballets : Casse-Noisette, La Belle au bois dormant et enfin Le Lac des cygnes. Évidemment, l’Orchestre national de Lyon est à la manœuvre et sera dirigé pour la première fois par Aziz Shokhakimov, un jeune chef venu d'Ouzbekistan, actuellement en pleine ascension. Le tout étant mis en scène par Parelle Gervasoni. Plongée dans un univers féérique promise par les protagonistes : rendez-vous le samedi 29 décembre à 18h, le dimanche 30 à 16h, le lundi 31 à 20h et enfin pour les retardataires le mardi 1er janvier à 16h, à l'Auditorium de Lyon, pour ce r

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My Wonder Women

ECRANS | Université de Harvard, années trente. Chercheur en psychologie avec son épouse, le Pr Marston recrute pour l’assister une étudiante, qui devient l’amante du (...)

Vincent Raymond | Mardi 17 avril 2018

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Université de Harvard, années trente. Chercheur en psychologie avec son épouse, le Pr Marston recrute pour l’assister une étudiante, qui devient l’amante du couple. Ce ménage à trois leur vaut d’être virés. Marston rebondit en instillant ses théories dans une BD féministe, Wonder Woman… La première authentique héroïne de comics méritait bien qu’on rétablisse les conditions particulières de sa genèse faisant d’elle un personnage ontologiquement transgressif, épousant les penchants SM et le goût pour le bondage de son créateur que la censure et le politiquement correct tentèrent d’atténuer à plusieurs reprises. Dominatrice, indépendante, désinhibée, dotée d’un audacieux caractère, Wonder Woman est un fantasme accompli en même temps qu’un modèle d’émancipation. Hélas, le révisionnisme esthétique dont la fiction s’est fait une spécialité ordinaire (en glamourisant, notamment, à outrance les protagonistes) résonne ici comme une contradiction absolue. Plutôt que de préférer l’évocation réaliste (on ne parle pas de ressemblanc

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Lettre de Cannes #1

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Christophe Chabert | Vendredi 19 mai 2017

Lettre de Cannes #1

Cher Petit Bulletin, M'y voici de nouveau, au soleil de Cannes, pour y humer l'air du temps cinématographique et y humer l'air tout court d'une Côte d'Azur désormais meurtrie par trop de jardinières géantes décourageant badauds et camions de se rencontrer en une étreinte assassine. Le Festival de Cannes fête son 70e anniversaire en étalant à son générique les noms de ses chers cinéastes disparus et en transformant chaque avant-projection en une vaste zone de sécurité pour aéroport : déposons donc quatre fois par jour nos clés, portefeuilles et téléphones avant de franchir de peu esthétiques portiques magnétiques ; ouvrons nos sacs pour en supprimer tout élément dangereux, à commencer par la crême solaire en tube, nous laissant ainsi plus de chances de mourir d'un mélanome que d'un attentat terroriste — pléonasme assumé. Ainsi, l'honneur est sauf car, comme disait Claudette Colbert dans La Huitième femme de Barbe-Bleue, avec l'accent français s'il vous plait : "Don't blame it on the Riviera". De plus, entre le moment où j'ai récupéré mon accréditation et celui où le festival a été officiellement déclaré ouvert, s'est produit un élément d'ampleur stratosphériq

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Room

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Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

Room

Étonnante symétrie que celle de ce film, construit en diptyque : deux volets successifs sur l’enfermement. Au mitan de Room intervient la libération (haletante) de la mère et du fils qu’elle a eu en captivité. Au huis clos entre ces deux êtres fusionnels succède alors le traumatisme… de la gestion post-traumatique : le fils découvre un monde infini et s’épanouit, sa génitrice se claquemure en elle-même. Un concentré d’Œdipe qui se résoudra dans la séquence finale. Malgré quelques lourdeurs — le pesant accent porté sur le fiston, sur lequel il faudrait qu’on s’extasie — Room s’en sort plutôt bien dans la catégorie enlèvement-réclusion : une vision du très mitigé À moi seule (2012) de Frédéric Videau, inspiré de l’affaire Natascha Kampusch, permet de s’en convaincre… Il est à plus d’un titre intéressant que les votants de l’Académie des Oscars aient salué l’interprétation de la comédienne principale de Room. Une fois n’est pas coutume, ils ne se sont pas fait embobiner par la prestation de l’enfant (le critère “mignon” biaise toujours le jugement critique), m

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Inherent Vice

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Christophe Chabert | Mardi 3 mars 2015

Inherent Vice

Quelque part dans les volutes de la Californie psychédélique au début des années 70, Doc Sportello semble sortir d’un rêve évaporé lorsqu’il voit surgir chez lui son ex-petite amie, Shasta Fay, qui lui annonce qu’elle est tombée amoureuse d’un richissime promoteur immobilier — marié — et dont elle soupçonne qu’on ourdit un complot contre lui. Sportello, qui exerce la fonction de détective privé, décide d’enquêter, moitié par amour envers cette fille qu’il n’arrive pas à s’enlever de la tête, moitié par curiosité professionnelle envers un monde bien éloigné de celui de la contre-culture beatnik, adepte de drogues et de nonchalance cool, dans lequel il baigne. Raconté comme ça, le point de départ d’Inherent Vice rappelle inévitablement les romans noirs de Raymond Chandler, ainsi que ses relectures iconoclastes par Robert Altman — Le Privé — ou les frères Coen — The Big Lebowski. Sauf que Paul Thomas Anderson n’adapte pas l’auteur du Grand Sommeil, mais un autre immense romancier américain, Thomas Pynchon. Et si Vice caché se nourrissait de cette mythologie propre à la littérature criminelle, il la cabossait par un réf

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Le mythe Mitte

ARTS | Bien avant que les easyjetters ne jettent leur dévolu sur Berlin et que Mitte, le quartier central de la ville réunifiée (Porte de Brandebourg, (...)

Nadja Pobel | Mardi 3 février 2015

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Bien avant que les easyjetters ne jettent leur dévolu sur Berlin et que Mitte, le quartier central de la ville réunifiée (Porte de Brandebourg, Alexanderplatz...) ne soit inscrit au programme de tous les tour operators, la capitale allemande a été une gigantesque friche urbaine. Exposées au Goethe Institut (et dans une moindre mesure à la boutique Blitz), les photos du quotidien de sept Berlinois, prises au début des années 90, quand le mur est à terre mais que rien n'est encore reconstruit, en rendent compte, montrant ce que l'on n'avait jusqu'ici jamais vu. Si les images de la guerre, de la dévastation qui s'en est suivie en 1945, de la construction du mur, des no man's lands qui le borderont pendant les 28 ans de son édification et de sa chute sont célèbres, cette période-ci était en effet aveugle. Mitte était alors le seul cœur de Berlin, et les quartiers périphériques aujourd'hui très fréquentés de Friedrichshain et Kreuzberg des zones lointaines, désertées. La vie était à Mitte, là où, selon un des témoignages qui accompagnent les clichés, il y avait «un sentiment de liberté à couper le souffle». Un autre ajoute : «C'était comme si l'humanité avait dé

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Stevie in Wonderland

MUSIQUES | A l'occasion de la mort de Michael Jackson, Stevie Wonder rendit à son ancien collègue de la Motown un hommage vibrant et un peu inattendu au milieu de ce (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 juillet 2014

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A l'occasion de la mort de Michael Jackson, Stevie Wonder rendit à son ancien collègue de la Motown un hommage vibrant et un peu inattendu au milieu de ce concert mondial de sanglots : «Le plus important est l’héritage musical qu’il nous a laissé. Nous devons le célébrer et pas le pleurer. Il ne faut pas tomber dans la négativité». Il joua ensuite une version personnelle d'I Can't Help It, composée par lui-même pour l'album Bad de Jackson, puis I Never Dream You'd Leave in Summer et They Won't Go When I Go, deux titres fortement connotés. Quelques jours après la disparition d'une autre légende, Bobby Womack, initialement programmé à Fourvière (voir encadré), voilà une phrase à méditer : lorsque les grands artistes meurent, on les pleure un peu bêtement, alors qu'ils nous ont fait cadeau d'oeuvres et d'émotions éternelles.  Comme Jackson, Wonder, né Stevland Judkins, est un rare exemple d'enfant star ayant mieux que vaincu l'adolescence. Car le gamin de Detroit rendu aveugle par un accident d'oxygénation en couveuse n'est pas

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Stéphane Duchêne | Mardi 8 avril 2014

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Qui dit "extra night" dit sans doute forcément un peu "nuit extra". Or la fête que nous promet l’annonce pour le 14 juillet de ce concert supplémentaire de Jazz à Vienne risque fort de surpasser celle, nationale, à laquelle on est paresseusement habitué. Pensez, c’est rien moins que Stevie Wonder qu’on nous sert sur le plateau du Théâtre Antique de Vienne en guise de postface au festival. «A la merveille», comme dirait l’autre. Les tickets étant en vente à partir du 15 avril, il s’agira de se précipiter les yeux fermés pour quérir un sésame bien précieux.

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Le Monde de Charlie

ECRANS | Avec ses airs de Breakfast Club ressuscité par le sentimentalisme existentiel d'un Cameron Crowe, Le Monde de Charlie est un peu ce teen movie fragile (...)

Jerôme Dittmar | Mercredi 19 décembre 2012

Le Monde de Charlie

Avec ses airs de Breakfast Club ressuscité par le sentimentalisme existentiel d'un Cameron Crowe, Le Monde de Charlie est un peu ce teen movie fragile et précieux qu'on n'attendait plus. Un film servant les clichés du genre à la louche (début des années 90, un lycéen timide de banlieue découvre la vie au contact d'une nouvelle bande de potes marginaux), mais avec une folle envie de cristalliser ces moments miraculeux qui ont fait de l'adolescence une légende américaine. Ces moments où sur une pop song de Bowie, l'infini vous tend les bras en même temps que le regard d'une fille ou d'un ami. Aussi fin qu'appuyé, truffé de références has been, le film menace toujours de s'effondrer, jusque dans un final explicatif d'une balourdise absolue, et pourtant c'est beau. Peut-être parce que plus qu'une énième histoire de fin d'innocence à l'orée des rêves adultes, Stephen Chbosky (adaptant son best seller) tourne un film tendre et bienveillant sur une époque appelée à devenir un moment symbolique. Jérôme Dittmar

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8th wonderland

ECRANS | Un mystérieux site communautaire lancé sur Internet fédère un nombre conséquent de personnes à travers le monde. Liées par un désir d’action concrète, ces bonnes (...)

Dorotée Aznar | Lundi 10 mai 2010

8th wonderland

Un mystérieux site communautaire lancé sur Internet fédère un nombre conséquent de personnes à travers le monde. Liées par un désir d’action concrète, ces bonnes volontés se lancent dans une série de happenings internationaux de plus en plus audacieux… Disons-le tout de suite, il faut faire preuve d’une colossale indulgence envers ce premier long-métrage pour pouvoir en apprécier les qualités – la suspension d’incrédulité, tu la prends, tu la roules, tu te la mets sur l’oreille et tu la fumeras plus tard. Avec un budget probablement équivalent à celui des cotons-tiges sur Avatar, Nicolas Alberny et Jean Mach tentent en effet de composer une intrigue chorale complexe, touchant de près ou de loin à tous les sujets sociopolitiques de notre époque, sous forme d’un zapping incessant en plusieurs langues – soit une orgie de fonds verts, de dialogues pas toujours très heureux dans leur caractère hautement démonstratif, et de références pop aussi énormes que téléphonées. Passés ces défauts envahissants, 8th wonderland parvient cependant à séduire dans le fond : tous maladroits qu’ils soient dans leur démarche, les deux réalisateurs ont le souci de pousser leur délire dans ses derniers r

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