Prémices de Smith : "England Is Mine"

Biopic new wave | de Mark Gill (G-B, 1h34) avec Jack Lowden, Jessica Brown Findlay, Jodie Comer…

Vincent Raymond | Mardi 6 février 2018

Photo : © Bodega Films


Binoclard passant le plus clair de son temps dans sa chambre à écrire tout le mal qu'il pense de la scène rock locale ou à mimer ses artistes vénérés, Steven Patrick Morrissey attend l'heure propice. Celle où il lâchera son boulot d'employé de bureau pour montrer ce qu'il a dans les tripes…

Des tripes de végétarien, cela va sans dire pour qui connaît le prosélytisme du leader des Smiths en la matière. Mais, et c'est le moindre des mérites de ce film, il n'a rien de ces biopics ordinaires rivés sur la légende dorée de la célébrité dont ils retracent le parcours, et qui insistent sur ses particularismes ou ses épiphanies avec une discrétion de marteau-piqueur. Ici, c'est à peine si un plan sur une assiette de légumes atteste du régime non carniste du futur chanteur. Autrement dit, si son “identité végane” est prise en compte, elle n'est pas considérée comme déterminante dans sa construction artistique. Corollaire : les exégètes de Morrissey n'apprendront rien qu'ils ne sachent déjà sur leur idole ; quant à ceux qui ne le connaissent pas, ils suivront l'itinéraire d'une jeunesse britannique presque lambda, entre punk et new wave.

Tout autant portrait d'une classe sociale que d'un témoin embarqué dans son époque, England is Mine s'arrête pile au moment où, après quelques faux départs, va démarrer la notoriété de Morrissey, à la formation des Smiths. L'histoire alors n'a plus besoin d'être contée ni montrée : elle s'écoute.


England Is Mine

De Mark Gill (Angl, 1h34) avec Jack Lowden, Jessica Brown Findlay... Portrait de Steven Patrick Morrissey et le début de sa vie à Manchester dans les années 70 avant qu’il ne devienne le chanteur emblématique du groupe: The Smiths.
Le Zola 117 cours Émile Zola Villeurbanne
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Reines à l’arène : "Marie Stuart, Reine d'Ecosse"

Drame | De Josie Rourke (É-U-G, 2h04) avec Saoirse Ronan, Margot Robbie, Jack Lowden…

Vincent Raymond | Mardi 26 février 2019

Reines à l’arène :

Son récent veuvage renvoie la jeune reine de France Marie Stuart dans son Écosse natale, où son trône est convoité par sa parente Elizabeth Ière d’Angleterre, laquelle se verrait bien doublement couronnée. Marie lui fait part de ses vues sur Albion. Diplomatie, trahisons et guerre à l’horizon… La Favorite vient récemment de prouver qu’il était possible d’être fidèle à l’esprit d’une époque en adoptant une esthétique décalée et volontairement anachronique. Sur un sujet voisin (grandeurs et misères des monarques britanniques) Marie Stuart offre a contrario l’exemple d’un dévoiement calamiteux de l’Histoire à la limite du révisionnisme, gâchant un bon sujet par des intentions politiquement correctes nuisant à la véracité et à l’authenticité factuelles d’un film semblant, en apparence, soigner le moindre détail au nom de son idée du “réalisme“. Ce n’est pas tant la lecture “fém

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Johnny Guitar, un ex Smiths à l'Épicerie Moderne

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Stéphane Duchêne | Mardi 20 novembre 2018

Johnny Guitar, un ex Smiths à l'Épicerie Moderne

Longtemps homme de l'ombre, Johnny Marr aura mis plus de trente ans, depuis la séparation des Smiths dont il était le guitariste carillonnant et l'ingénieux du son, pour investir le devant de la scène. L'ex-alter ego/Némésis de Morrissey a ainsi multiplié les collaborations, où ses talents de caméléon musical lui permettaient de briller dans le brouillard, que ce soit aux côtés de The The, des Pretenders, de Modest Mouse, de Bryan Ferry, des Pet Shop Boys, au sein d'Electronic, formation née de son association avec le chanteur de New Order et autre monument mancunien, Bernard Sumner, des dispensables Cribs ou de ses Healers, et n'a commencé à assumer de se produire en solo qu'en 2013 avec The Messenger immédiatement suivi de Playland (2014). Mais ces deux premiers

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On le pressentait, c'est désormais officiel (et triste) : le concert de Morrissey au Radiant-Bellevue, annulé suite à une ravageuse épidémie de gastro dans les rangs de son groupe, ne sera finalement pas reporté. Ceux qui avaient conservé leur billet dans l'espoir de son retour sont donc invités à se le faire rembourser dans leur point de vente.

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Stéphane Duchêne | Samedi 1 novembre 2014

Morrissey - World Peace Is None of Your Business

Il y a vingt ans, Morrissey publiait Vauhxhall and I. Une merveille de sensibilité combinant avec un souffle rare l'art de la torch song et du crooning soul. Le Moz a alors 35 ans – soit l'âge où, répète-t-il souvent, les compositeurs classiques sont déjà morts – et on peut dire ce qu'on voudra, en solo, il n'a jamais fait et ne fera jamais mieux. Ni même aussi bien. Il aurait pu mourir tranquille. Certains vous diront que World Peace Is None of Your Business, premier album post-autobio paru cet été, est justement son meilleur depuis Vauxhall. Il ne faut à peu près rien en croire. Déjà parce qu'on nous fait le coup à chaque fois, ensuite parce que même dans ses tentatives de recréer certaines des atmosphères singulières de Vauxhall (I Am Not a Aan est à sauver coûte que coûte) ou de renouer avec le glam contondant de Your Arsenal (Staircase at the University,

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Morrissey : libre, seul et insoumis

MUSIQUES | On le trouve génial ou insupportable, inspiré ou emphatique, classieux ou ridicule. Quand il sort un nouvel album, même médiocre, on crie au chef-d’œuvre. Quand il publie son autobiographie, c'est directement dans la Pléiade britannique et quand il passe dans les environs, on se précipite pour tenter de saisir ces fascinants paradoxes. Ce mélange d'insoumission, d'asociabilité et de narcissisme, auteur de chansons parmi les plus renversantes de ces trente dernières années, c'est Morrissey. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 28 octobre 2014

Morrissey : libre, seul et insoumis

Indécrottable et immuable, Morrissey est à l'image de deux des plus célèbres pochettes des Smiths : il est l'Orphée Narcisse incarné par Jean Marais chez Cocteau (This Charming Man) et L'Insoumis auquel Alain Delon prête ses traits dans le film éponyme d'Alain Cavalier (The Queen is Dead). Alors quand il publie en 2013 son autobio, vaste et brillant exercice masturbatoire rédigé dans une langue (de pute, la plupart du temps) absolument sublime, point de titre alambiqué en forme de clin d'oeil discographique comme il est d'usage pour les bio rock ; seul le mot Autobiography vient s'aligner sous le nom de son auteur, comme pour mieux le souligner. Un nom suffisamment lourd de sens pour se suffire à lui-même. Mieux (ou pire comment savoir ?) Morrissey a obtenu qu'Autobiography soit publié chez Penguin Classics, équivalent briton de la Pléiade où seuls les plus grands (et généralement les plus morts) ont droit de cité.   Devant la polémique naissante, l'éditeur répondait alors en se mordant la joue q

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Où qu'il puise ses origines éparpillées, le folk aura toujours été une affaire de transmission. C'est bien là l'esprit de la double rencontre organisée à la Maison du Livre, de l'Image et du Son de Villeurbanne. D'abord, autour de l'ouvrage Folk et Renouveau (Le Mot et le Reste), publié en 2011 par Bruno Meillier et l'immense Philippe Robert : une plongée dans pas moins de neuf décennies d'americana, d'Harry Smith à Bon Iver, en passant par les incontournables Dylan, Donovan, Young, Jansch et consorts pour comprendre non seulement d'où elle vient mais également où elle va. À ce titre, il sera aussi utile d'aller à la rencontre de Yann Tambour, alias Stranded Horse, petit gars du Cotentin bercé au rock anglais et toqué de kora, instrument traditionnel mandingue dont la pratique est traditionnellement réservée à la caste des griots mais dont il fait son miel en même temps qu'une drôle de tambouille, entre folk, musique africaine et pop anglo-saxonne. Sur le sublime Humbling Tides, il reprenait par exemple

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