La Guerre des boutons, film culte-nu

Vincent Raymond | Mardi 26 juin 2018

Photo : © DR


L'imminence des vacances d'été renvoie chacun à ses vertes années, emplissant l'atmosphère d'une bouffée de nostalgie et ressuscitant quelques images en noir et blanc. Le moment se trouve particulièrement bien choisi pour (re)voir La Guerre des boutons. Attention, on parle ici de la deuxième et plus fameuse adaptation de Louis Pergaud : celle réalisée par Yves Robert — la première, signée Jacques Daroy, est aujourd'hui confidentielle ; quant aux suivantes, en particulier les versions “rivales“ de Yann Samuell et Christophe Barratier, disons par pudeur qu'elle s'annulent.

Transposant le récit à l'époque contemporaine du tournage (1962, soit un demi-siècle après l'écriture du roman), le film n'en modifie pourtant nullement la substance, tirant profit d'un cadre ancré dans une rusticité rurale quasi-immuable — même si quelques gosses sont chaussés de Converse, preuve que le plan Marshall était arrivé au plus profond de nos campagnes. Lesté d'une cinquantaine d'années supplémentaires, il a même gagné une patine patrimoniale le rapprochant davantage de XIXe siècle dans lequel l'histoire est censée se dérouler.

Connue de tous, celle-ci raconte la rivalité guerrière entre les gamins de deux villages voisins qui en viennent à se chaparder leurs boutons en guise de trophées. Si le film est scandé de répliques devenues fameuses ( « si j'aurais su… », la chanson « mon pantalon est décousu… »), farci de seconds rôles adultes devenus des vedettes (Galabru, Jean Richard, Jacques Dufilho, etc.), il contient aussi des séquences impossibles à tourner telles quelles aujourd'hui (enfants culs-nus, buvant ou fumant). Mais surtout des multiples preuves de la virtuosité d'Yves Robert, réalisateur et directeur d'acteurs de grand talent sachant marier l'inventivité comme le rythme au service d'un récit drôle ou grave, mais toujours au poil.

La Guerre des boutons
À l'Institut Lumière ​les mercredi 27 et samedi 30 juin à 14h30


La Guerre des boutons

D'Yves Robert (1962, Fr, 1h30) avec André Treton, Michel Isella...
Institut Lumière 25 rue du Premier-Film Lyon 8e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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La Guerre des boutons

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Avec cette première Guerre des boutons, la catastrophe attendue est au rendez-vous. Le film est impitoyablement dénué d’intérêt et même de savoir-faire : les enfants sont très mal dirigés, leurs dialogues incompréhensibles ou bêtement récités (pauvre Petit Gibus !), la réalisation multiplie les faux-raccords et les plans illisibles à force de caméra secouée, certains postes techniques semblent avoir été désertés en cours de route (exemple hilarant : la maquilleuse se contente de faire des genoux au mercurochrome, toujours de la même taille !). Même les comédiens adultes pataugent dans la semoule (Alain Chabat mauvais, impossible ? Ben si, ici…). Yann Samuell, crédité au scénario, confirme son incompétence totale après L’Âge de raison : il n’a aucune affinité avec ce qu’il filme, déclinant des plans sans âme et des péripéties laborieuses, et sa tentative pour mettre le récit en perspective historique est expédiée dans la confusion. La Guerre des boutons est un téléfilm à 13 millions d’euro, ni fait ni à faire, d’un ennui incommensurable, qui du coup laisse le champ libre à la version de Christophe Barratier la semaine prochaine. Christophe Chabert

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Christophe Chabert | Mercredi 24 août 2011

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D’ordinaire, pour débuter la rentrée, il faut pousser quelques exclamations de joie et de bonne humeur. C’est vrai que c’est beau, la rentrée, toutes ces promesses de grands films faits par des réalisateurs intelligents, avec des histoires originales, des acteurs talentueux… Mais là, la rentrée cinéma nous accueille avec des culs de bus et des colonnes Morris placardés d’affiches mettant en scène non pas l’habituel défilé de longs-métrages alléchants, mais la rivalité absurde et pathétique entre deux films sortant à une semaine de distance et portant (presque) le même titre. C’est la guerre de "La Guerre des boutons", qui faisait déjà ricaner le monde entier à Cannes ; devenue réalité à l’orée de ce mois de septembre, elle ressemble au cauchemar d’un responsable marketing interné à l’asile. Du coup, plus question de se taire, sous peine d’être reconnu complice de la mascarade : tout cela n’a plus rien à voir avec le cinéma, et on aurait voulu révéler au grand jour les pratiques agressivement mercantiles de la production française actuelle, on ne s’y serait pas mieux pris. Car vouloir faire une nouvelle adaptation du livre de Louis Pergaud, après celle toujours regardable d’Yves

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