Publicité
Publicité

Elle l'a à la bonne : "Monsieur"

Drame | De Rohena Gera (Ind-Fr, 1h39) avec Tillotama Shome, Vivek Gomber, Geetanjali Kulkarni…

Vincent Raymond | Mardi 18 décembre 2018

Photo : © Inkpot Films


Jeune entrepreneur issu d'une bonne famille de Mumbai, Ashwin vit en célibataire posé et mélancolique, son intendance assurée par la très efficace Ratna, la non moins jeune villageoise dévouée à son service. Séparés par leur naissance, pourraient-ils se rapprocher ?

Non, il ne s'agit pas d'une banale réactualisation de Cendrillon translatée en Asie, mais d'une chronique de l'Inde d'aujourd'hui, pays complexe et composite où les verrous sociaux sont encore nombreux, dans le regard des uns ou la tête des autres… Heureusement, certains rompent dans ce conte d'émancipation : le village de Ratna n'est ainsi jamais montré comme zone de régression, pas plus que la ville n'est idéalisée en lieu d'affranchissement. Et le progressisme d'une nouvelle génération masculine doit battre en brèche plusieurs siècles d'immobilisme pour faire changer les mentalités.

Sans doute que ce film donne une vision idyllique, ou très optimiste, d'un pays encore patriarcal, où subsistent des règles de dot, les mariages arrangés et d'où parviennent encore d'abominables récits d'agressions commises contre les femmes. Il est toutefois signifiant qu'une cinéaste porte un tel discours positif. À mettre en regard avec Les Lauriers-roses rouges (2016), très intéressant également dans sa manière d'évoquer la situation des femmes d'un sous-continent en mutation galopante (notamment urbanistique), piégées par les traditions et la vie domestique.


Monsieur

De Laurent Delahousse (Fr, 1h37) avec Jean d'Ormesson L'existence de Jean d'Ormesson ressemble à un roman. Un roman solaire. Au soir de sa vie, l'écrivain se demande pourtant s'il a écrit le chef-d'œuvre qu'il portait en lui. Pour combler ce doute, il écrit sans répit. La dernière ligne posée, le livre achevé, son esprit vagabonde déjà à l'idée d'une nouvelle source d'inspiration. Un livre, encore un. Peut-être, le dernier. L'écriture n'est plus une fin, c'est un moyen. Une fuite en avant contre le temps. "MONSIEUR" est le récit d’un crépuscule, celui d’un homme, d’un monde. Une quête d’éternité.
La Nef 18 boulevard Edouard Rey Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


restez informés !

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Street art : cuvée d’automne

ARTS | Après la vague d’expositions de street art à la rentrée dont on vous parlait ici, l’automne regorge encore de projets artistiques dédiés à cet art (...)

Lisa Dumoulin | Jeudi 6 décembre 2018

Street art : cuvée d’automne

Après la vague d’expositions de street art à la rentrée dont on vous parlait ici, l’automne regorge encore de projets artistiques dédiés à cet art urbain. Du côté du crew décidément superactif de Superposition, plusieurs projets d’envergure ont vu le jour. Comme la fresque peinte à même le sol de la rue Victor Hugo et de la place Ampère, un projet mené en partenariat avec la Taverne Gutenberg, Maison G et l’association My Presqu’île. Onze artistes ont mis la main à la pâte : Azed, Bambi, Alex Beretta, Laurent Claveau, Khwezi, Masta, Koey, Osru, Quetzilla, Sphinx et Yandy. Le résultat filmé en vidéo est bluffant. Autre projet ambitieux : la réunion d’une trentaine d’artistes lyonnais et internationaux sur les murs d’un magasin du centre commercial Confluence. Une “coque” vide dans le jargon, en attente avant l’emménagement prochain d’une nouvelle marque. La boutique est transformée en galerie ép

Continuer à lire

Monsieur

ECRANS | Après avoir été remarqué à la Semaine de la Critique cannoise, où il a remporté une aide à la diffusion, le beau film indien de Rohena Gera Monsieur, racontant (...)

Vincent Raymond | Mardi 27 novembre 2018

 Monsieur

Après avoir été remarqué à la Semaine de la Critique cannoise, où il a remporté une aide à la diffusion, le beau film indien de Rohena Gera Monsieur, racontant les rapports entre une domestique de la campagne et son jeune patron des villes arrive enfin sur les écrans. Il devance même l’appel pour une avant-première lyonnaise en présence de la réalisatrice. Petit détail croustillant : un repas indien est même organisé au Bistrot du cinéma à 19h (sur réservation) pour celles et ceux qui désireraient se mettre en bouche avant la séance. Monsieur Au Comœdiale mercredi 28 novembre à 20h30 a

Continuer à lire

La cuisine apaisante de Florent Poulard

GUIDE URBAIN | C'est l'histoire de Florent Poulard. Qui a commencé la cuisine "sur le tard", comme il dit, à 18 ans (sic), du côté de l'Institut Paul Bocuse. Et (...)

Adrien Simon | Mercredi 17 janvier 2018

La cuisine apaisante de Florent Poulard

C'est l'histoire de Florent Poulard. Qui a commencé la cuisine "sur le tard", comme il dit, à 18 ans (sic), du côté de l'Institut Paul Bocuse. Et qui, après quelques années de joyeux bourlingages, revient à Lyon pour ouvrir son premier restaurant. Il pensait, pourquoi pas, mettre son nom sur cette nouvelle enseigne. Sauf que son patronyme est déposé comme marque, par une usine de biscuits touristiques. Qu’à cela ne tienne, F. a plus d’un tour dans son sac. Il s'invente un patron anonyme : Monsieur P. Qui n’est pas chef, mais voyageur, épicurien et partageur. Poussant la porte du 14 rue Royale on entre donc chez ce bourgeois de fiction, et l'on s'attable dans son bar, sa cuisine, son bureau. Le storytelling n’est, certes, pas poussé hyper loin, mais justifie une déco et une ambiance (des tables rondes vernies, des chaises rembourrées comme chez mamie, du calme) à contre-courant des restos de jeunes chefs à la mode (meublés Ikea, avec ampoules nues arrache-rétine et service sous speed). Le jeune homme est pourtant bien dans son temps. Sa cuisine ? Une « gast

Continuer à lire

"M. & Mme Adelman" : un ego trip visant à côté

ECRANS | M. & Mme Adelman a une ambition qui va au-delà des a priori existants sur l’ex-miss météo et l’ex-chroniqueur tête à claques. S’inspirant ouvertement de (...)

Julien Homère | Mardi 14 mars 2017

M. & Mme Adelman a une ambition qui va au-delà des a priori existants sur l’ex-miss météo et l’ex-chroniqueur tête à claques. S’inspirant ouvertement de Citizen Kane, le film est un flashback fleuve, retraçant l’histoire d’amour entre Sarah Adelman et son mari décédé. Relecture des années 1970, ce long souvenir narré formule le seul atout de l’œuvre où les performances d’acteurs sont crédibles et le romantisme s’assume à travers une dramaturgie maîtrisée. Mais les défauts sur les scènes au temps présent trahissent cette note d’intention originelle. Au rayon des maladresses grossières, citons Jack Lang dans son propre rôle, lien ridicule malgré lui avec le réel et le twist final déplacé, sapant toute émotion post-générique. Se rêvant grands dés leur premier essai, Bedos et Tillier visent à côté, pris au piège par leurs citations écrasantes. M. & Mme Adelman De Nicolas Bedos (Fr, 2h) avec Nicolas Bedos, Doria Tillier, Pierre Arditi…

Continuer à lire

Nicolas Bedos & Doria Tillier : « on fait un cinéma de l’entre-deux qui est celui qui nous plaît le plus. »

ECRANS | Est-ce que l’époque du film était déjà plantée dés l’écriture ? Doria Tillier : On s’est très vite arrêtés sur les années 1970. On les aime visuellement, (...)

Julien Homère | Mercredi 15 mars 2017

Nicolas Bedos & Doria Tillier : « on fait un cinéma de l’entre-deux qui est celui qui nous plaît le plus. »

Est-ce que l’époque du film était déjà plantée dés l’écriture ? Doria Tillier : On s’est très vite arrêtés sur les années 1970. On les aime visuellement, humoristiquement et intellectuellement, avec l’état d’esprit dans lequel les personnages sont au début : la liberté, Beauvoir, Sartre, le quartier latin… Je trouvais cool que le film finisse aujourd’hui et pas en 2000 ou 2025. Cet univers correspondait naturellement aux personnages, et on ne s’est pas posé vraiment la question. Votre premier désir de cinéma découle-t-il de cette période historique ? Nicolas Bedos : Plus du côté des années 1990. Comme beaucoup de gens de ma génération, on s’était pris Tarantino, Kassovitz et Wong Kar-wai. Il y avait beaucoup de cinéastes dans des genres très différents à cette époque. C’était le début des grands formalistes américains comme Paul Thomas Anderson ou David Fincher

Continuer à lire

La danse du vice et de la vertu

CONNAITRE | L'ouvrage est paru en septembre dernier, associant pour la première fois un scénariste repéré, Hubert, (Miss Pas Touche et Ogres-Dieux) avec Virginie (...)

Sébastien Broquet | Mardi 10 janvier 2017

La danse du vice et de la vertu

L'ouvrage est paru en septembre dernier, associant pour la première fois un scénariste repéré, Hubert, (Miss Pas Touche et Ogres-Dieux) avec Virginie Augustin, qui signa les dessins de Alim le Tanneur ou encore Voyage aux Ombres. Celle qui a travaillé au préalable pour les studios Disney (sur Tarzan et Hercule) ou encore sur le dessin animé Corto Maltese, la cour secrète des Arcanes change ici radicalement d'univers, œuvrant sur un scénario lorgnant plutôt vers une rencontre entre le marquis de Sade et Oscar Wilde. Monsieur Désire ? conte les frasques d'un dandy blasé, Édouard, et de sa toute nouvelle domestique, Lisbeth. Dans l’Angleterre victorienne, le noble accumule les ébats et les frasques, s'en ouvrant ouvertement et par pure provocation à sa servante qu'il imagine effaroucher ; en vain, celle-ci restant de marbre, au point qu'une relation nouvelle naît entre les deux protagonistes, énième danse commune du vice et de la vertu enjaillée par de piquantes réparties où le riche Édouard n'affiche pas la supériorité qu'il envisageait sur la désargentée Lisbeth.

Continuer à lire

"M. Armand dit Garrincha" : Jouer juste avec Elmosnino

SCENES | On ne va pas se mentir : un solo a toujours un aspect un peu intimidant pour le spectateur, qui sait que toute l'émotion lui sera transmise par une (...)

Nadja Pobel | Mardi 21 juin 2016

On ne va pas se mentir : un solo a toujours un aspect un peu intimidant pour le spectateur, qui sait que toute l'émotion lui sera transmise par une seule et même personne. C'est assez redoutable, aussi, pour le comédien. Mais, dans cette reprise de rôle (la pièce avait été créée à son initiative en 2001), Éric Elmosnino s'en sort de façon absolument remarquable. Cela tient bien sûr à son talent que l'on ne découvre pas ici et aussi à Patrick Pineau (récemment vu à Fourvière dans le rôle-titre de Cyrano sous la direction de Georges Lavaudant) qui signe une mise en scène tout en décadrages, utilisant le hors-champ à bon escient. Des images sont parfois retransmises en direct quand l'acteur est dans sa cuisine avant qu'il ne revienne sur le plateau, parcelle de terrain entourée de deux bancs aux couleurs limpides évoquant le Brésil sans porter le pays en étendard non plus. Manoel dos Santos dit Garrincha, ailier droit de la seleção, double champion du monde en 1958 et 1962, réputé pour toujours dribbler en passant à droite et icône aussi célèbre que Pelé dans son pays, est sauvé par Monsieur Armand. Ce jeune footballeur de l'OM, véridiquement le premier qui en j

Continuer à lire

Court (En instance) : l'Inde sans complaisance

ECRANS | On est rarement déçu lorsqu’un cinéaste glisse ses caméras dans un prétoire, que ce soit pour un documentaire ou une fiction. Car un tribunal réunit en vase (...)

Vincent Raymond | Mardi 10 mai 2016

Court (En instance) : l'Inde sans complaisance

On est rarement déçu lorsqu’un cinéaste glisse ses caméras dans un prétoire, que ce soit pour un documentaire ou une fiction. Car un tribunal réunit en vase clos un condensé de la société dont il défend les intérêts ; les affaires qu’il juge témoignent de ce qui est considéré comme délinquance par un pays, et reflète le degré de liberté publique dont jouissent ses habitants. Une cour est donc, toute spectacularisation mise à part, un puissant révélateur. Sortant sur les écrans quelques semaines après le décevant La Saison des femmes, Court (En instance) ne se dissimule pas derrière le folklore pour affronter des questions dérangeantes. À travers un procès découpé en plusieurs audiences, il montre une Inde sans complaisance où perdurent des lois obsolètes datant de l’ère Victoria ; où des instructions fragiles peuvent être truquées par la police avec la bénédiction du ministère public, où les magistrats exercent un pouvoir discrétionnaire. Entre chaque session (on devrait dire “coup”, comme aux échecs, tant la défense et

Continuer à lire

La Vie très privée de Monsieur Sim

ECRANS | Strictement considéré comme un objet illustrant le principe de résilience, ce film présente au moins trois intérêts. D’abord, on y voit Bacri camper un (...)

Vincent Raymond | Mardi 15 décembre 2015

La Vie très privée de Monsieur Sim

Strictement considéré comme un objet illustrant le principe de résilience, ce film présente au moins trois intérêts. D’abord, on y voit Bacri camper un dépressif doux en phase de reconstruction, passant une grande partie de son temps à raccommoder une enfance écorchée et à sourire — ce qui vaut d’être souligné. Ensuite, Michel Leclerc remonte la pente après son tragique Télé Gaucho (2011), même s’il est encore loin d’avoir retrouvé le niveau du Nom des gens (2010). Laborieuse, sa convalescence emprunte ici le chemin d’une adaptation aux faux airs de polar métaphysique ; une sorte de roman d’apprentissage pour homme dans la force de l’âge, dont la tension se dissout, hélas, trop vite. Enfin, sans rapport avec la première séquence, citation (volontaire ?) de Y a-t-il un pilote dans l’avion ? (1980), le troisième impact positif se borne à un constat : on ressort du film avec une mélodie entraînante de Vincent Delerm en tête. Tout arrive…

Continuer à lire

Un incertain Monsieur Klein

ECRANS | Ce mois-ci, la Ciné-collection du GRAC propose un film essentiel, dans notre panthéon personnel de l’histoire du cinéma : Monsieur Klein. Loin d’être une (...)

Christophe Chabert | Mardi 3 février 2015

Un incertain Monsieur Klein

Ce mois-ci, la Ciné-collection du GRAC propose un film essentiel, dans notre panthéon personnel de l’histoire du cinéma : Monsieur Klein. Loin d’être une rareté — il triompha aux Césars l’année de sa sortie, en 1976 — il fait partie de ces œuvres mystérieuses vers lesquelles on retourne sans cesse. Alain Delon apporte le scénario à Joseph Losey qui l’avait dirigé dans L’Assassinat de Trotsky, conscient que le cinéaste américain, juif chassé par le maccarthysme, saura mieux qu’aucun autre trouver la note juste pour raconter cette histoire qui entrecroise questionnement identitaire, paranoïa sous le Paris occupé et préparation méthodique de la rafle du Vel’ d’Hiv’. Delon y est Robert Klein, marchand d’art égoïste et sans scrupule, qui n’hésite pas à profiter des persécutions juives pour racheter, à bas prix, les toiles de maître qu’ils vendent pour payer leur passage en zone libre. Un matin, il trouve sur son palier un exemplaire d’Actualité juive qui lui est adressé ; il part à la recherche de cet autre Monsieur Klein avec qui on l’a confondu, mais plus il met ses pas dans ceux de son double, plus il se retrouve pris au piège d’une machine étati

Continuer à lire

Temps anciens

SCENES | Utilisée chez Bergman, Fellini et même chez Truffaut (dans La Chambre verte), la lanterne magique est une résurgence des origines de la projection d’images (...)

Benjamin Mialot | Mardi 16 décembre 2014

Temps anciens

Utilisée chez Bergman, Fellini et même chez Truffaut (dans La Chambre verte), la lanterne magique est une résurgence des origines de la projection d’images que l’on peut voir exposée dans la Villa Lumière. Cet objet apparait en 1659 à La Haye dans le laboratoire d’un astronome, Christiaan Huygens. Pour la première fois, une image peut être diffusée et agrandie sur une surface lointaine, à partir d’une peinture sur plaque de verre, et éventuellement produire des effets de mouvements en superposant une autre figure et en en la faisant coulisser dans ce gros engin de bois. C’est toutefois au XIXe siècle que ce procédé connaitra un véritable succès. Ce sont alors surtout des dessins fantasmagoriques, des mises en forme de récits mythologiques, qui sont proposés. Depuis 2010, Louise Moaty le réhabilite, sillonnant les routes pour le porter à la connaissance du public dans des conditions ancestrales, c’est-à-dire éclairé à la bougie (saluts compris !), et s’inscrivant là dans le travail qu’elle mène en collaboration avec le metteur en scène Benjamin Lazar qui lui aussi travaille cette esthétique, parfois de façon trop aride (Les Amours tragiques de Pyra

Continuer à lire

C’est l’histoire d’un mec, y surprend

SCENES | Il fallait le voir l'été dernier au festival d’Avignon... où il n’était pas. Dans le capharnaüm d’affiches qui recouvraient les murs, abribus et autres (...)

Nadja Pobel | Vendredi 10 janvier 2014

C’est l’histoire d’un mec, y surprend

Il fallait le voir l'été dernier au festival d’Avignon... où il n’était pas. Dans le capharnaüm d’affiches qui recouvraient les murs, abribus et autres glissières de sécurité de la ville, il y avait la sienne : la photo d’un fil à linge sur lequel séchaient son polo rouge et son pantalon bleu de velours, surmontée du texte «Monsieur Fraize relâche du 8 au 31 juillet 2013». Pas de visage, à la différence de tous ses congénères comiques, encore moins de spectacle, alors que l’année précédente il remplissait le Palace. Voilà résumé ce que Marc Fraize essaye de faire avec son personnage : se décaler. Etre là où ne l’attend pas, ne pas être là où on l’attend. Pourtant, rien ne prédisposait ce quasi quadragénaire à être sur les planches, si ce n’est «une envie de connaitre des gens», née quand sa famille a quitté la banlieue parisienne pour celle de Lyon. Il est alors lycéen, suit un copain dans la troupe du Sol à Charly : «J’adorais l’idée de construire quelque chose à plusieurs. J’aimais ce vieux mythe du Café de la Gare, avec des potes qui jouaient, mangeaient des pâtes, se couchaient tard, gagnaient trois francs six sous et faisaient des choses ensemb

Continuer à lire

Il suffira d'un signe

SCENES | Avec ses prises de parole d'une insanité à faire passer le dératiseur obèse qui tenta d'assassiner Björk avant de filmer son suicide pour un parangon de (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 3 janvier 2014

Il suffira d'un signe

Avec ses prises de parole d'une insanité à faire passer le dératiseur obèse qui tenta d'assassiner Björk avant de filmer son suicide pour un parangon de mesure, Dieudonné a réussi son coup : ici comme ailleurs, on ne parle plus que de la possible interdiction de sa venue à l'Amphi 3000 (le 13 juin). Pas un mot, en revanche, sur la reprise de la survoltée mise à nu d'Alex Ramirès au Complexe du Rire en mai. Ni sur les autres étoiles montantes de la galaxie Jocelyn Flipo (qui mettra en scène la romance porno Trash en mars à la Comédie-Odéon et

Continuer à lire

C'est gentil chez eux

SCENES | «Je viens de Saint-Antoine-l’Abbaye [un village isérois, NdlR]. J’ai toujours eu envie de parler au plus grand monde, de faire un théâtre populaire et (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 5 décembre 2013

C'est gentil chez eux

«Je viens de Saint-Antoine-l’Abbaye [un village isérois, NdlR]. J’ai toujours eu envie de parler au plus grand monde, de faire un théâtre populaire et accessible pour des gens qui ne vont pas au théâtre, qui ne sont pas forcément "cultureux"... Un théâtre pour tous  » Bien sûr, le raisonnement n’est pas nouveau, et beaucoup de metteurs en scène affichent crânement les mêmes intentions. Mais dans le cas d’Aurélien Villard et de sa jeune compagnie Les Gentils, la démarche est sincère. Car nous avons affaire avec eux à un théâtre généreux, instinctif et non intimidant, comme en témoigne La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi, leur dernière création. «Ça faisait des années que je voulais que l’on fasse un spectacle qui irait de place de village en place de village. Un jour, mon père a trouvé une vieille carriole qu’on a retapée pour voir. Comme on n’avait pas de dates ni de lieu, on s’est dit que c’était le moment ! Faire une pièce de théâtre pouvait être compliqué pour alpaguer des gens dans la rue. Du coup, on est partis sur l’idée d’un cabaret avec de vieilles chansons françaises». Mais un cabaret théâtral. Les chansons choisies étant très n

Continuer à lire

Monsieur Lazhar

ECRANS | Première scène : une institutrice se pend dans sa classe, et l’élève qui découvre le corps en sort meurtri. L’onde de choc se propage à toute l’école, jusqu’à ce (...)

Christophe Chabert | Mercredi 29 août 2012

Monsieur Lazhar

Première scène : une institutrice se pend dans sa classe, et l’élève qui découvre le corps en sort meurtri. L’onde de choc se propage à toute l’école, jusqu’à ce que débarque un sauveur providentiel, Monsieur Lazhar (Fellag), qui va chercher à exorciser le trauma en imposant ses propres méthodes d’enseignement. Encore une bisounourserie venue du Québec ? Un Cercle des poètes disparus à la mode canadienne ? Oui et non. Falardeau est moins hypocrite que ses collègues et se coltine franchement la dimension mélodramatique de son histoire, qui brasse beaucoup de gros sujets : le principe de précaution appliqué à l’éducation, la parole sacralisée de l’enfant, l’immigration, le droit à la deuxième chance… Ambitieux, mais assez confus, le film s’avère parfois très douteux dans son côté "tout fout le camp, surtout l’autorité" ou "la pédagogie moderne, ça ne fait pas des élèves instruits". Le recours au sempiternel sentimentalisme québécois n’en est que plus gênant, chantage affectif et lacrymal là où l’on voudrait de la dialectique et de la mise en perspective d’un débat complexe présenté ici comme un fait accompli. Et pourtant, comme disait l’autre, «ça se discute».

Continuer à lire

Drôle de rentrée

SCENES | Humour / Après une fin d’année euphorique, la saison continue sur un rythme plus pépère, entre prolongations des succès avérés (Pipo et Molo dans Hollywood et (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 23 décembre 2011

Drôle de rentrée

Humour / Après une fin d’année euphorique, la saison continue sur un rythme plus pépère, entre prolongations des succès avérés (Pipo et Molo dans Hollywood et côtes de bœuf au Boui-boui jusqu’au 3 mars, le retour de Monsieur Fraize et son one man show au Rideau rouge du 31 janvier au 7 mars) et changement dans la continuité (au Complexe du rire, Jacques Chambon poursuit son O.P.A. sur la scène comique avec Un petit coup de blues, qu’il a écrit et qu’il met en scène jusqu’au 28 janvier, et Bilan provisoire, son one qu’il défendra du 6 au 28 avril). Quelques dates sont toutefois à retenir : on est curieux de découvrir le one woman show de Zazon, découverte sur France 4, qui se lance en public avec la même dose d’humour caustique (au Boui-Boui du 3 au 28 avril) ; quant à l’excellent Didier Bénureau, il présentera à la Salle Rameau son dernier spectacle, Indigne, le 28 avril. Niveau grosses pointures, les très populaires Audrey Lamy (Dernières avant Vegas, le 29 mars) et Thomas Ngijol

Continuer à lire

Passé, présent, futur

ECRANS | Actu / Le Festival À nous de voir de Oullins a 25 ans. Un quart de siècle que cet événement consacré aux films scientifiques explore tous les domaines de (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 10 novembre 2011

Passé, présent, futur

Actu / Le Festival À nous de voir de Oullins a 25 ans. Un quart de siècle que cet événement consacré aux films scientifiques explore tous les domaines de son concept : sciences dures, mais aussi sciences sociales, sciences de la terre et de l’environnement… Pour cette édition anniversaire, À nous de voir récapitule avec panache cette ouverture maximale. D’abord en choisissant la réactivité face à l’actualité : l’Histoire en marche du côté des pays arabes sera doublement représentée au sein de sa sélection, avec Tahrir (place de la libération) de Stefano Savona et Fragments d’une révolution, montage de documents amateurs tournés pendant l’insurrection réprimée en Iran. Actualité encore avec un double programme consacré à la crise financière où seront projetés Les Coulisses de la crise d’Hervé Vacheresse et La Stratégie du choc de Michael Winterbottom. Actualité enfin avec la venue d’Ariane Doublet, une des grandes documentaristes françaises, qui présentera son dernier film, La Pluie et le beau temps, où elle évoque la mondialisation à travers la production du lin en France et son exploitation en Chine. Dans ce festival riche en proposi

Continuer à lire

Monsieur Papa

ECRANS | Kad Merad est partout, dans tous les films français populaires, à la télé… Le voilà en plus derrière la caméra, et on affûtait déjà nos plûmes pour lui tailler un (...)

Christophe Chabert | Mercredi 25 mai 2011

Monsieur Papa

Kad Merad est partout, dans tous les films français populaires, à la télé… Le voilà en plus derrière la caméra, et on affûtait déjà nos plûmes pour lui tailler un beau costard. Raté ! Monsieur Papa, sans être un grand film (loin de là, Kad ayant une confiance très limitée dans la mise en scène), étonne par sa modestie et, surtout, par son désir de ne pas suivre le diktat embarrassant de la comédie à tout prix. Les qualités principales sont à chercher dans un scénario qui prend soin de ne jamais aller tout à fait là où on l’attend (de la supercherie montée par une mère pour faire croire à son fils qu’un type ordinaire est son père et le dégoûter ainsi de vouloir le connaître, on découvre assez vite que le gamin n’est pas dupe, renvoyant ainsi la balle vers les adultes et leurs préjugés) et dans l’atmosphère flottante et triste avec laquelle Kad le filme. Situé dans le 13e arrondissement (le quartier chinois), Monsieur Papa montre un Paris rarement vu à l’écran, populaire mais pas banlieusard, aux lignes de fuite étranges et à l’exotisme terne. Intéressant, tout comme la manière, parfois, de vider le cadre autour des personnages, de laisser durer un plan, de refu

Continuer à lire

Le Voyage de Monsieur D.

SCENES | Juste une lettre pour identité. Monsieur D. est dépourvu de parents, il apprend à se construire seul dans la solitude jusqu'à prendre la route pour voir la (...)

Nadja Pobel | Jeudi 9 avril 2009

Le Voyage de Monsieur D.

Juste une lettre pour identité. Monsieur D. est dépourvu de parents, il apprend à se construire seul dans la solitude jusqu'à prendre la route pour voir la mer. Ce projet est né dans la tête du comédien et metteur en scène Jérôme Sauvion. Il endosse le costume d'un professeur des années 50, mêle habilement à son récit des dessins en noir et blanc des aventures de son triste héros réalisés sous nos yeux. Ses élèves ponctuent ce cours par des passages musicaux et une traduction simultanée complètement intégrée au spectacle en langue des signes. Doux moment poétique à ne pas rater au Théâtre des Marronniers jusqu'au 27 avril.

Continuer à lire