Turc ne tueras point : "Qui a tué Lady Winsley ?"

Polar | De Hiner Saleem (Tur- Fr-Bel, 1h30) avec Mehmet Kurtuluş, Ezgi Mola, Ahmet Uz…

Vincent Raymond | Mercredi 2 janvier 2019

Photo : © Memento Films


Drame sur une petite île turque : Lady Winsley, une romancière américaine, a été retrouvée assassinée. Pour résoudre ce mystère, on a dépêché d'Istanbul un fin limier, l'inspecteur Fergan. Après analyse des indices et investigations diverses, Fergan découvre un mobile inattendu…

Il faut se défier des apparences. Cet adage convient admirablement à ce whodunit : commençant à l'image d'un Petit Meurtre d'Agatha Christie par une enquête un brin décalée dans une esthétique joliment désuète, promenant son héros parmi une population aussi bizarroïde que suspecte dans un décor non moins inquiétant, la tonalité globale va progressivement changer quand émergera le mobile du crime. Car comme dans Millenium, l'énigme possède un double-fond politique donnant une perspective plus trouble à ce qui semblait relever du banal crapuleux ou du classique passionnel. Cela n'étonnera pas de la part de Hiner Saleem qui, depuis sa trépidante comédie Vive la mariée... et la libération du Kurdistan, parvient toujours à inscrire l'Histoire dans ses histoires…


Qui a tué Lady Winsley ?

De Hiner Saleem (Turc-Fr-Bel, 1h30) avec Mehmet Kurtuluş, Ezgi Mola... Lady Winsley, une romancière américaine, est assassinée sur une petite île turque. Le célèbre inspecteur Fergan arrive d’Istanbul pour mener l’enquête. Très vite, il doit faire face à des secrets bien gardés dans ce petit coin de pays où les tabous sont nombreux, les liens familiaux étroits, les traditions ancestrales et la diversité ethnique plus large que les esprits.
Cinéma Mourguet 15 rue Deshay Sainte-Foy-lès-Lyon
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Si tu meurs, je te tue

ECRANS | D’Hiner Saleem (Fr, 1h30) avec Jonathan Zaccaï, Golshifteh Farahani…

Dorotée Aznar | Lundi 21 mars 2011

Si tu meurs, je te tue

Philippe, sympathique paumé, se lie d’amitié avec Avdal, Kurde de passage à Paris pour y traquer un criminel de guerre irakien. Manque de bol, son nouvel ami décède de façon pour le moins impromptue, et Philippe se retrouve avec son cadavre et sa famille sur le dos… Le caractère instable du premier acte nous fait redouter un film carte postale, une sorte de Paris je t’aime avec un tout petit peu plus de substance sociopolitique – une impression confirmée par les apparitions clin d’œil plus ou moins pertinentes de Jane Birkin et Maurice Bénichou. Mais avec une finesse appréciable, Saleem a la judicieuse idée de partager son film entre un aspect comique, figuré par la communauté kurde parisienne (autoproclamée «démocrate, progressiste, socialiste et patriote» à tout bout de champ !), et un côté tragique incarné par le père traditionnaliste d’Avdal. Avec comme enjeu central Siba, la fiancée endeuillée de ce dernier, qui trouvera dans ce drame l’occasion de s’émanciper. Certes, à force de courir plusieurs lièvres à la fois, le film s’égare souvent, écarte des pistes narratives jusqu’à les oublier, mais son équilibre maîtrisé dans l’énergie tragi-comique et sa lumineuse conclusion at

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