Demain, j'arrête (ou pas) : "Never-Ending Man : Hayao Miyazaki"

Documentaire | de Kaku Arakawa (Jap, 1h12) Avec Hayao Miyazaki, Toshio Suzuki, Yuhei Sakuragi…

Vincent Raymond | Mardi 18 décembre 2018

Photo : © NHK


En 2013, après plusieurs faux-départs, le cinéaste Hayao Miyazaki effectue l'annonce solennelle de sa retraite définitive. Peu dupe, Kaku Arakawa entreprend de le suivre et enregistre son incapacité à demeurer inactif : le fondateur des studios Ghibli se remet rapidement au travail…

D'une insolente brièveté, ce documentaire tourné au plus près de Miyazaki — parfois sous son nez pendant qu'il déguste son bol de ramen — possède de nombreuses vertus. Dont celle de nous immiscer dans l'intimité du père de Totoro, révélant ses habitudes et ses manies (le port de la blouse, les cigarettes, les tressautements de jambes machinaux) d'un über perfectionniste conscient d'avoir, à l'instar d'un Cronos, dévoré ses enfants par crainte qu'il ne lui succèdent. On pourrait croire qu'il s'agit d'une charge contre un vieux maître reclus dans son égotisme et la certitude de son indépassable excellence ; or justement, Miyazaki ne cesse de s'ouvrir à la nouveauté (ici, à la 3D) et à la jeunesse. Et quand il ose avouer vouloir réaliser dans un premier temps un nouveau court-métrage, Boro la chenille, c'est (aussi) pour goûter à cette technique.

Rude à la tâche et éternel insatisfait, Miyazaki ne cesse de montrer la supériorité du dessin sur le numérique, notamment à de petits start-upers venus lui vanter un logiciel capable à terme de dessiner sans humains. Le vieux maître leur adresse une réponse philosophe (et néanmoins cassante) qui est une leçon pour tous ceux pensant que l'art peut se réduire à une modélisation et des algorithmes. Elle explique aussi pourquoi, jusqu'au bout, retraité ou pas, Hayao ne pourra jamais s'empêcher de créer…


Never-Ending Man : Hayao Miyazaki

De Kaku Arakawa (Jap, 1h10) avec Hayao Miyazaki, Toshio Suzuki... Le réalisateur Kaku Arakawa a suivi pendant deux ans le Studio Ghibli et Hayao Miyazaki après l’arrêt de leur activité, avec une complicité et une délicatesse qui lui ont permis de montrer le maître de l’animation japonaise tel qu’on ne l’a jamais vu. En 2013, à l’âge de 72 ans, Hayao Miyazaki, réalisateur oscarisé au sommet de sa gloire, surprend tout le monde par l’annonce soudaine de son départ à la retraite. Très vite, malgré cette décision, le maître a du mal à réfréner sa passion de toujours pour la création. Il se remet donc, dans la solitude d’un Studio Ghibli désormais réduit à sa quintessence, à explorer de nouvelles idées.
Cinéma Comœdia 13 avenue Berthelot Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Ici EST là : "Les Mondes parallèles" de Yuhei Sakuragi

Sur Canal+VOD | Un bon anime aux sous-textes écologistes réalisé par Yuhei Sakuragi, à découvrir sur Canal+VOD.

Vincent Raymond | Mercredi 9 septembre 2020

Ici EST là :

Tokyo, de nos jours. Shin et Kotori, deux lycéens proches, découvrent l’existence d’un monde en tout point identique au nôtre, où chacun possède son double : si l’un meurt, l’autre disparaît à son tour. Or ce monde parallèle est une dictature qui envoie des tueurs avec des cibles précises… Réduire ce film à un énième anime avec collégiens et collégiennes en uniformes, pseudo-Transformers et baston de fin du monde serait se priver de sa part de mélo et de sa très utile dimension métaphorique. Car au-delà de la variation sur les histoires à paradoxe temporel — comme si Terminator ou Retour vers le futur rencontrait Matrix — cette semi-uchronie résonne étrangement avec l’actualité contemporaine : à l’instar de la parabole sur “l’effet papillon”, elle rappelle en effet que nous habitons tous le même écosystème, et sommes plus interdépendant que nous le croyons. Dans la lignée, en somme, de Pompoko ou Lou et l’île aux sirènes aux sous-textes volontiers écologistes…

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"La Tortue rouge" : enfin, Michael Dudok de Wit passe au long-métrage

ECRANS | Présenté en ouverture du Festival d’Annecy après un passage à Cannes dans la section Un certain regard, ce conte d’animation sans parole mérite de faire parler de lui : aussi limpide que la ligne claire de son trait, il célèbre la magie de la vie — cette histoire dont on connaît l’issue, mais dont les rebondissements ne cessent de nous surprendre.

Vincent Raymond | Mardi 28 juin 2016

Le Néerlandais Michael Dudok de Wit aura pris tout son temps avant de franchir le pas du long-métrage. Pourtant, il devait se douter que, loin de l’attendre au tournant, le public ayant découvert — et apprécié — ses films courts multi-primés Le Moine et le Poisson (1994) ou Père et Fille (2000) avait grand hâte de voir sa poésie muette empreinte de tendresse se déployer dans la durée. Étonnamment, c’est du côté des studios nippons Ghibli que l’ancien résident de Folimage aura trouvé asile — il s’agit au passage d’une belle ouverture pour la maison fondée par Takahata et Miyazaki, qui n’avait jusqu’alors jamais accueilli d’auteur non-asiatique. Une collaboration somme toute logique : Dudok de Wit se trouve en parfaite communion philosophique et spirituelle avec ses aînés, chantres comme lui d’une relation pacifiée, d’une osmose retrouvée entre l’Homme et son envir

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Le Vent se lève

ECRANS | Pour ses adieux au cinéma, Hayao Miyazaki propose une fable ample, adulte et très personnelle mêlant histoire du Japon et envol romanesque pour dessiner un autoportrait en créateur aveuglé par sa passion. Magnifique. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 15 janvier 2014

Le Vent se lève

Ce n’est pas la première fois qu’Hayao Miyazaki annonce sa retraite cinématographique ; c’est même devenu un sujet de plaisanterie comme furent, en leur temps, les adieux des mythiques Compagnons de la chanson… Non seulement Le Vent se lève donne un crédit évident à ce départ longtemps reporté, mais il explique aussi en creux les tergiversations du maître. Le parcours de son protagoniste, Jiro, évoque ainsi métaphoriquement celui de Miyazaki lui-même : celui d’un homme mû par une passion si exclusive qu’elle lui fait passer à côté du monde et de la vie. Ainsi, dès son plus jeune âge, Jiro s’obsède pour l’aviation, ayant trouvé un mentor imaginaire en la personne de Giovanni Caproni, pionnier italien de la construction. Devenu ingénieur, il va tout faire pour donner au Japon des modèles dignes de ceux fabriqués en Europe, et notamment dans l’Allemagne hitlérienne. Car Le Vent se lève se déroule dans une période tumultueuse de l’Histoire japonaise que Miyazaki circonscrit à deux événements : le séisme qui dévaste la région de Kanto et la participation de son pays à la Deuxième Guerre mondiale. Une dernière envolée Du premier, spectaculairement re

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Ghibli fête sa révolution

ECRANS | C’est la dernière annonce (fracassante) du festival Lumière : comme le lapin sorti du chapeau, un hommage aux studios Ghibli du grand Hayao Miyazaki, qui (...)

Christophe Chabert | Vendredi 13 septembre 2013

Ghibli fête sa révolution

C’est la dernière annonce (fracassante) du festival Lumière : comme le lapin sorti du chapeau, un hommage aux studios Ghibli du grand Hayao Miyazaki, qui fêtent en 2013 leurs 25 ans. Miyazaki a jeté un petit froid au festival de Venise ; alors que son dernier film, Le Vent se lève… il faut tenter de vivre, était en compétition — d’où il est, au passage, reparti bredouille — le maître annonça sa retraite de réalisateur. Certes, tel un compagnon de la chanson, il n’en est pas à sa première tentative — depuis Chihiro au moins, il annonce son envie de raccrocher les pinceaux et la caméra — mais cette fois, ça a l’air sérieux. Quoiqu’il en soit, le patrimoine Ghibli est énorme, et le travail accompli par Miyazaki représente une révolution incontestable dans le domaine du cinéma animé. Abordant des thèmes nouveaux — la menace qui pèse sur l’écologie, la guerre — à travers le prisme de l’enfance ou du merveilleux, poussant l’interpénétration entre le réel et le fantastique jusqu’à les rendre indissociables, il a bâti une mythologie qui n’appartient qu’à lui, imposant un trait là encore extrêmement perso

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Ponyo sur la falaise

ECRANS | Cinéma / Après un Château ambulant spectaculaire mais gratuitement sophistiqué, Hayao Miyazaki retrouve une ligne claire avec ce film pour tous les publics, récit d’apprentissage aux accents cosmiques et wagnériens, dans la lignée de Chihiro et Totoro. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 1 avril 2009

Ponyo sur la falaise

Trait naïf, dialogues rares, couleurs primaires : l’ouverture de Ponyo sur la falaise clame haut et fort le retour d’Hayao Miyazaki à la simplicité. À mille lieux sous les mers, un homme amphibie, mi-commandant de bateau, mi-chef d’orchestre, règne sur un petit peuple aquatique de poissons somptueux et de créatures étranges, communauté réunie dans un sous-marin surpeuplé qui s’apprête à revenir à la surface. En démarrant son film par l’invention de sa mythologie, avant de la confronter avec la réalité terrestre d’un petit village côtier où vit une infirmière qui attend le retour de son marin de mari en compagnie de leur jeune fils, Miyazaki inverse les termes habituels de son cinéma. Dans Le Voyage de Chihiro ou dans Mon Voisin Totoro, les humains découvraient un autre monde enchanté et effrayant ; ici, c’est ce monde qui va à la rencontre du grand autre, à travers la figure de Ponyo, petit animal étrange qui, une goutte de sang humain absorbé, grandit et se transforme en petite fille. La Chevauchée des MérousEn filigrane, on retrouve donc le goût des parcours initiatiques et les grandes orgues écologiques du maître. Mais Ponyo sur la falaise est avant tout, notamment d

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Mon Voisin Totoro

ECRANS | de Hayao Miyazaki (1988, Japon, 1h26) animation

Christophe Chabert | Mercredi 29 juin 2005

Mon Voisin Totoro

Dans un monde idéal, l’empire Disney serait dissout au profit des seuls projets du studio Pixar, et nous n’aurions pas dû attendre toutes ces années pour découvrir les fabuleux chefs-d’oeuvre du studio Ghibli. En attendant cet idéal, foncez donc revoir cette merveille d’onirisme et de sensibilité, seul, avec des enfants, ou même avec des vieux.

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